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EN CAMPAGNE

IfOTIONS PRfiLIMINÀIRES.

Le service de Thabillement, y compris le campement, son annexe accoutumée, n'est susceptible, en campagne, ni d'un très^grand développement de moyens, ni d'un

(i) n faudrait Conter : et du offieiem. (â) Ce chapitre correspond au titre V du livre IV, volume II. Nous y avons ajouté quelques notions sur le baraquemewi considéré au point de vue de l'état de guerre, et comme une sorte d'annexé du campe-

252 TIT. m. — ADMIN. PARTIC. DES ARMÉES ACTIVES.

mouvement journalier. Son action demeure presque tout entière concentrée dans Tintérieur, où se préparent et se rassemblent tous les effets de remplacement nécessaires aux détachements employés dans les armées, pour être expédiés, au fur et à mesure des besoins, sur les points mêmes qu'ils occupent.

Ce n'est qu'éventuellement, et subsidiaîrement aux dispositions générales exécutées en France, que des fournitures et des confections peuvent avoir lieu par les soins directs de l'administration de Tarrnée. Toutefois, cette coopération, qui a pour objet essentiel d'utiliser les ressources des pays ennemis occupés, peut acquérir une grande importance, soit qu'elle vienne alléger les charges de l'État, soit qu'elle doive suppléer à l'insuffisance, quelquefois même au défaut absolu des moyens qui avaient été promis.

Des approvisionnements d'effets d'habillement, de campement et de linge et chaussure, sont formés à proximité de l'armée (1), afin de satisfaire plus promptement et plus sûrement aux besoins des troupes. Le

ment, ainsi que l'a fait rordonnance du 3 mai iS3l, sur le service des armées en campagne.

Consulter les instructions des 23 avril i855, Journal militaire, p. S09, et 23 mai 1859, Journal militaire, p. 393, sur l'administration et la comptabilité du service de l'habillement , du campement , du harnachement, du petit équipement et des colis des corps de troupe, rédigées, la première pour l'armée d'Orient, la seconde pour Tannée d'Italie, et Tinstruction provisoire sur le service du campement imprimé par l'Imprimerie impériale au mois de juillet 1858.

(1) Pendant la campagne d'Italie, en 1859, des magasins furent formés k Lyon, à Marseille et à Gènes.

CHAP, IV. — SERVICE DE l' HABILLEMENT. 253

Ministre de la guerre en détermine la composition et la force, eu égard aux circonstances et au développement plus ou moins grand qu'il prévoit dans les opérations militaires.

Le Ministre de la guerre détermine aussi, et d'après les mêmes considérations :

r Les fabrications extraordinaires d'étoffes à commander; ¥ Le degré d'activité à imprimer aux confections, tant dans

les corps de troupe que dans les magasins de TËtat où il

aurait été formé des ateliers d'ouvriers ;

3* La hauteur de l'approvisionnement de précaution à entretenir dans les dépAts des corps de troupe en effets confectionnés, en raison du nombre plus ou moins considérable des recrues à y recevoir, et des détachements à y organiser pour l'armée;

4"* La composition du personnel à attacher à l'armée, pour la gestion des établissements temporaires, et l'exécution de toutes autres dispositions prescrites par l'intendant de l'armée sur les lieux mêmes.

11 résulte de ce qui précède, qu'en temps de guerre, le service deThabillemeutdoit être considéré sous deux rapports entièrement distincts et opposés :

1" Sous le rapport de la règle générale, habituelle^ qui est de laisser à l* administration territoriale le soin de pourvoir;

2* Sous le rapport des causes accidentelles qui associent à ce soin l'administration de Varmée.

Quoi qu'il en soit, le service de rhabilleraent mérite à un très-haut degré la sollicitude des fonctionnaires du corps de l'intendance militaire employés dans les armées actives. L'intendant de l'armée et ses subordonnés, chacun dans Je rang qu'il occupe, ne doivent

254 TTT. III.-^ÀimiN. PARTIG. DBS ARMÉES ACTIVES.

pas perdre de vue qu'en procurant au soldat de bons vêtements, n'importe de quelle source les effets proviennent, ils contribuent effectivement à la conservation de sa santé et au soutien de son moral, si prompt à s'affecter dans le dénûment et la souffrance. Ils doivent songer, enfin, que ce devoir, alors même qu'il ne serait pas commandé par un sentiment humain, est imposé là comme l'une des premières conditions de l'exécution et du succès des opérations militaires.

Les soins que réclame Thabillement des troupes s'étendent au harnachement des chevaux; à vrai dire, ils s'étendent à tout, car à l'armée il n'est pas un besoin qui ne soit pressant, et dont l'oubli, de la part de l'administration, ne soit une faute, une calamité.

SECTION PREMIÈRE

va PBlSOimBL DU 8BRTICB DA1I8 IM àMWÈtS ACIim.

Dans toute armée active (1), les officiers d'administration du service de l'habillement sont mis à la dispo-

(i) Le service de l'habillement , da campement, du petit équipement et des colis des corps de troupe, en ce qui concerne la direction et la gestion des établissements destinés & Texploilation du service, & l'armée d'Italie, est dirigé et contrôlé par Tintendant général de l'armée, qui demeure chargé de la formation des approvisionnements et de la centralisatioA des comptables, y compris ceux de ces établissements qu'il pourrait y avoir Heu de créer pour le service spécial de la garde impériale.

Le service est régi, selon les cas, conformément aux dispositions des règlements du 1 1 juin 1811 et du 25 janvier 1845, et à celles que contient la ^ partie de l'instruction du 18 mars 1845 (Extrait de l'instruction du 23 mai 1859, rédigée pour l'armée d'Italie).

GHAP. IV* -— SERVICE DE l'hABILLEMENT. 255

sition de Tintendant de l'armée, Don-seulement dans la prévision du besoin que feraient naître des réquisitions de matières premières ou d'effets tout confectionnés dans les pays occupés, mais encore pour la gestion des réserves d'effets d'habillement et de campement qui doivent être formées à la suite de l'armée^ ainsi que des établissements intermédiaires à créer temporairement sur la ligne de communication, dans le cas où elle acquerrait une certaine étendue.

A moins de circonstances spéciales qui ne comporteraient pas l'application des règles accoutumées, le personnel du service de Thabillement, dans une armée supposée forte de 100,000 hommes et partagée en quatre corps d'armée, doit être composé comme il suit (1) :

Un officier d'administration principal,

chef du service, Un adjadant d'administration en pre-T an grand quartier

mier, pour assister le chef de service > généraU

dans les travaux de la correspon-^ (Service général.)

dance et de la centralisation des

comptabilités,

(i) Un personnel d'administration est mis, par le Ministre, à la dispoaiiioa de riatandant léfiéral de l'armée qui le répartit saivaiit les circoDStaiiceft et les besoins i tant dans les magasins do quartier général et des annexes et des points de débarquement, que dans les magasins qu'il y aurait lieu d^affecter à des eorps d'année , ou à des divisions qui se trouveraient trop éloignés du centre des approvisionnements.

Lorsque ee personne) sera insuffisant» l'intendant gtoéral peut y sup** pléer par la nomination d'élèves d'administration provisoires, pris parmi les sous-oflSeisrs des eorps de troupe de toutes armes, après l^ir avoir fait subir les épreuves réglementaires. (Instruction du 23 nuii 1S59.)

256 TIT. m. — ADMIN. PARTIC. DES ARMÉES ACTIVES,

Un officier d'administration compta-) au grand quartier

ble > génerah

' i TGeslion de la ré*

Deux adjudants d'administration. 1 ^ .

* ' / serve.)

Deux officiers d'administration comp-\

tables^ I au grand quartier

Deux adjudants d'administration en\ général.

premier, / (Pour les besoins

Quatre adjudants d'administration enl imprévus.)

second, /

Un ofiQcier d'administration comptaA

ble, I par corps d'armée.

Trois adjudants d'administration en( (A répartir

premier, / dans les divisions

Six adjudants d'administration enl par l'intendant.)

second, y

Lorsque ce personnel devient insuffisant, l'intendant de l'armée y supplée par la nomination d'agents auxiliaires.

Des soldats détachés des sections d'ouvriers d'administration sont mis à la disposition des comptables, pour le service intérieur des magasins. A leur défaut, ou en cas d'insuffisance momentanée, les souâ-intcndants militaires autorisent l'emploi d'hommes requis sur les lieux, qui sont payés à la journée (1).

(1) Autant que faire se peut, les sous-intendants militaires doivent s'abstenir de demander aux oflSciers généraux le prêt d'hommes de troupe. Cette mesure, & laquelle on avait souvent recours autrefois, a le très-grave inconvénient de dégarnir les rangs des combattants.

Pendant la campagne d'Italie, une section d'ouvriers militaires d'administration du service de l'habillement et du campement , fut mise à la disposition de l'intendant général de l'armée. En cas d'insuffisance de son effectif, les manutentions du matériel devaient être exécutées par des corvées militaires, permanentes autant que possible, prises dans les corps

CHAP. IV. — SERVICE DE l' HABILLEMENT. 257

L'officier d'administration chef du service de l'habillement exerce sous les ordres immédiats de l'intendant de l'armée (1).

Il lui propose et soumet le placement des divers employés, pour la gestion des magasins et pour les missions temporaires ou accidentelles à remplir.

Il lui propose et soumet pareillement toutes les mesures d'exécution, ainsi que les instructions y relatives.

En cas de marchés à passer pour achats ou exécution de grandes confections, il est appelé à débattre les prix et à donner son avis, qui n'est toutefois que purement consultatif.

Chargé de la centralisation de tous les comptes particuliers de gestion, et, lorsqu'il y a eu achats ou frais quelconques, des comptes de dépenses à l'établissement desquels ils donnent particulièrement lieu, le chef de service les soumet, avec les pièces justificatives, à l'arrêté définitif de l'intendant de l'armée.

Les officiers d'administration comptables placés dans

de troupe et dont l'intendant général était autorisé k faire la demande au commandant.

A défaut d'ouvriers militaires, il était aussi autorisé à faire emploi d'ouvriers civils.

(i) Un officier d'administration principal ou, à défaut, un officier d'ad-^ ministration comptable de i'^ classe du service de l'habillement et du campement, auquel est conféré le titre de ch^fâe service et de centraiisa/îofi, exerce , sous les ordres de l'intendant général , les fonctions de chef direct de tous ceux des officiers d'administration et des élèves de ce service qui sont attachés à l'armée, y compris ceux affectés au service de la garde ircpériale. (Instruction du 23 mai 1859.)

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les quartiers généraux, et ceux chargés en d'autres lieux d'une gestion manutentionnaire quelconque, exercent sous la police administrative d'un sous-intendant militaire désigné par l'intendant du corps d'armée ou de l'arrondissement. Us correspondent d'ailleurs avec le chef du service, dont ils exécutent les instructions, après les avoir préalablement communiquées au sousintendant militaire, et lui adressent périodiquement, mois par mois, les pièces justificatives et les comptes arrêtés de leur gestion, suivant les mômes formes que dans l'intérieur de l'Empire (1).

SECTION n.

DE L'BlÉCtJTIOlf DU 8ERYICB DlIVS LBS àRMABS ÀCTITIS.

g I". — He la part d exécution dévolue à l'administration

territoriale (2).

Les hommes de troupe désignés pour faire partie des bataillons ou escadrons de guerre doivent être pourvus.

(1) Pendant la campagne d'Italie en 1859, l'ofiicier d'administration, chef de femoe et de 4;eiitnli8atloii nepoavBnt, en raison de la nature des attributions toutes spéciales qui lui étaient dévolues, être chargé de la gestion d'aucun établitsement , cette gestion fui ainsi divisée au point central des approvisionnements de l'armée.

(l'habillement, le

Un comptable pour l le campement,

(le harnachement,

., ^ , , \ le petit équipement,

Ln comptable pour | ^J^^^^^^ i^^, ^^ troupes.

(i) Voir au Journal mililaire l'instruction ministérielle du ^ février

CHAP, IV. — SERVICE DE l'hABILLEMENT. 259

avant et entrer en campagne^ de tous les effets d'habillement, d'équipement et de linge et chaussure que les règlements déterminent (1).

Les chevaux des corps de troupes à cheval et du train doivent être également pourvus de leurs effets de harnachement.

C'est à l'administration territoriale qu'il appartient de veiller à ce que ces divers effets soient au complet déterminé et en très-bon état de service. L'intendant militaire fait toutes vérifications et revues de détail nécessaires, pour s'assurer de l'exécution d'une recommandation aussi essentielle.

A ce premier devoir accompli succède immédiatement le soin de se faire préparer les effets de remplacement qui seront ultérieurement dus aux détachements de guerre.

1823, 1*' semestre,?. 92, et celles des 23 avril 18SSet23 mai 1859 (Journal militaire, p. 509 et 393.

(1) Lors de la campagne d'Italie, les grenadiers et les Toltigenrs de la garde n'emportèrent pas Thabit , mais conservèrent le bonnet à poil et le shako. Il ne fui délivré aux hommes des dépôts des corps d'infanterie faisant partie de Tarmée, que des vestes, des capotes, des bonnets de police et des pantalons.

Les hommes durent emporter des effets en bon état de service. Les effets d'habillement avaient, autant que possible, une année de durée à parcourir, ceux de grand équipement, au moins deux années.

Chaque corps ou fraction de corps appelé k l'armée fut suivi d'une réserve d'eiets d'habillement, composée ainsi qu'il suit :

Une veste j

Une capote | par 50 hommes.

Quatre pantalons) (Instruction du 23 mai 1859).

Les conseils d'administration centraux, restés dans rintérîeur, sont chargés des confections^ et môme, à regard de certains effets, des achats qu'un pareil service comporte ; ils reçoivent, en conséquence, par les dispositions du Ministre de la guerre, les étoffes et les fonds nécessaires pour entretenir les travaux dans une activité qui réponde à l'étendue et à l'urgence des besoins (1).

Il est formé sur les deux ou trois points principaux de la frontière qui doivent servir de pivot aux opérations militaires, des magasins centratix d^ entrepôt destinés à recevoir et à conserver en dépôt les effets d'habillement, d'équipement et de linge et chaussure, ainsi que les pièces d'armes, expédiés par les conseils d'administration principaux pour les remplacements et renouvellements d'effets, et les réparations d'armes, dans les bataillons ou escadrons de guerre de leurs corps respectifs.

Les expéditions doivent être dirigées sur celui des magasins centraux dont les détachements sont le plus rapprochés, et faites à des époques calculées et fixées de manière qu'en raison des distances à parcourir, elles

(1 ) Chacun descorps ou fractions de corps appelés^ faire partie de rarmée d'Italie, adressait tous les trois mois, au dép6t du régiment dont il disait partie, Tétat des effets présumés nécessaires pour le second trimestre suivant. De leur côté , les dépôts se tinrent constamment en mesure de satisfaire aux demandes qui leur étaient transmises, et de disposer leurs envois de manière que les effets arrivassent à destination, un mois au moins avant l'expiration de la durée de ceux qu'ils devaient remplacer.

CHAP. IV. — SERVICE DE l'hABILLEMENT. 261

puissent y être rendues un mois avant Texpiration de la durée des effets à remplacer.

Quant aux souliers^ les conseils d'administration des dépôts doivent toujours faire en sorte d'avoir un approvisionnement calcu/é à raison de deux paires par hjomme^ au complet de leurs détachements. Cet approvisionnement est fait au compte de la masse de linge et chaussure, et l'avance couverte par les imputations à faire aux hommes qui ont part aux distributions (1).

Pour l'exécution de ces dispositions, les sous-intendants militaires chargés de la police administrative des dépôts se font représenter les comptes d'habillement des détachements de guerre, déterminent la nature et la quantité d'effets à expédier, ainsi que les proportions à observer, et fixent les époques de départ des expéditions.

Tous les effets, de quelque nature qu'ils soient, sont empreints d'une marque particulière au corps expéditeur, et renfermés ensuite dans des colis cordés et plombés sous le cachet du conseil d'administration.

Les colis ne doivent, autant que possible, renfermer que des effets d'une même nature, et jusqu'à concurrence d'une quantité déterminée, afin de faciliter les chargements et les vérifications.

(i) Les conseils d'administration centraux devront entretenir Tapprovisionnement des effets de petit équipement, les chemises exceptées, à raison d'une paire de souliers, d'un caleçon, d'une paire de bottes on de bottines par homme, à pied ou à cheval (Instruction du 23 mai J850).

Chaque colis porte extérieurement, et en gros caractères, son numéro d'ordre, l'indication du corps auquel il appartient, et l'adresse du magasin sur lequel il est expédié (1).

Le colis n* 1 renferme une facture détaillée portant les numéros d'ordre des colis, le contenu de chacun en particulier, ainsi que son poids.

Les factures portent, de plus, la configuration de la marque du corps expéditeur.

Il est adressé une expédition de chaque facture au conseil d'administration éventuel, pour l'avertir des ressources qui lui sont destinées, et le comptable en reçoit le double, pour servir à la justification de ses écritures et opérations ultérieures.

Les envois sont, en outre, accompagnés d'une lettre de voiture.

A l'arrivée des expéditions, et pendant le séjour des colis dans les magasins où ils sont entreposés, toutes les reconnaissances et vérifications utiles sont faites, à la diligence des officiers d'administration comptables, par les sous-intendants militaires chargés de la police de ces magasins, non-seulement dans le double intérêt des parties, mais encore pour la réparation de ceux des

(i) Chaque colis ne devra avoir, autant que possible, qu'une dimension d'un mètre cube, et peser de 70 h, 75 kilogrammes, afin qu'il soit facile de le faire transporter à dos de mulet au besoin. U portera extérieurement et en gros caractères : le numéro du colis, le poids, l'indication et le numéro du corps auquel il appartient , et le nombre d'effets qu'il renferme (Instruction du 23 mai 1859).

CHAP. IV. — SERVICE DE l'hABILLEMENT. 263

colis qui auraient souffert pendant le transport. Ce n'est toutefois que dans le seul cas de signes extérieurs d*avarie, que les colis entreposés doivent être ouverts.

Lorsque les conseils éventuels sont dans le cas d'appeler à eux tout ou partie des ressources qu'ils possèdent dans un magasin central, ils dressent uo état de fifemawflfe indiquant les colis, leurs numéros d'ordre «et leur contenu, d'après la facture reçue du conseil d'administration du dépôt de leur corps. Cet état, vérifié et approuvé par le sous-intendant militaire chargé de la police du détachement de guerre, est transmis par lui à rintendant de la division territoriale, qui délivre, au pied même de l'état, l'ordre de remettre ou d'expédier (1).

Il y a lieu aussi de remettre les colis, lorsque le conseil éventuel a commis un officier muni d'un pouvoir ad hoc pour les recevoir ; mais le pouvoir de Tofficier doit être préalablement visé par l'intendant.

Dans tout autre cas, il y a expédition, et l'ordre de l'intendant doit alors énoncer la voie qui devra être suivie ou employée par le transport, sauf à se concerter à l'avance avec l'intendant de l'armée ou les intendants des corps d'armée, qui, selon les distances ou l'urgence des besoins, peuvent quelquefois se déterminer à fournir

(1) Si rintendant militaire ne réside pas dans le lieu où le magasin central est fixé, il doit nécessairement déléguer ses pouvoirs, pour les ordres de remise ou d'expédition, au sous-intendant militaire chargé de la police de rétablissement , afin d'éviter les lenteurs et les retards fâcheux qui résulteraient de son éloignement.

264 TIT. 111. — ADMIN. PAriTIC. DES ARMÉES ACTIVES.

des moyens de transport pour la totalité ou seulement pour une partie de la route.

Avant de remettre ou d'expédier les colis, le comptable du magasin compare la demande du conseil éventuel à la facture du conseil d'administration du dépôt, pour s'assurer de leur concordance, et il annote sur cette deî*nière pièce les numéros des colis qu'il va délivrer.

Le sous-intendant militaire chargé de la police du magasin est appelé, en cas de difficultés ou de contestations, quelles qu'elles soient; résout les questions avec l'assistance d'experts, s'il y a lieu; donne dos ordres en conséquence, et constate le tout par un procès-verbal.

Le comptable entreposeur établit une facture en deux expéditions, des colis à remettre ou à expédier : l'une, destinée au conseil éventuel, qui la doit garder à l'appui de ses comptes, comme titre justificatif des effets reçus; l'autre, destinée à revenir, acquittée par ce môme conseil, au comptable expéditeur, pour opérer sa décharge.

Des états de mouvement et de situation des magasins centraux sont fournis chaque mois aux intendants des divisions territoriales et au Ministre de la guerre, pour les mettre à même de connaître exactement les ressources disponibles, et d'aviser aux mesures nécessaires pour les accroître ou les entretenir à la hauteur déterminée.

De semblables états sont adressés, de dix jours en dix jours, par la voie la plus sûre, à l'intendant de Far*

CHAP. IV. — SERVICE DE l' HABILLEMENT. 265

mée, afin qu'il connaisse lui-même la situation des ressources, et qu'il puisse en diriger ou surveiller l'opportun usage. Les sous-intendants militaires chargés de la police des magasins centraux doivent faire directement ces envois, pour plus de célérité, et ce nonobstant la correspondance suivie qui doit s'établir entre les intendants des divisions frontières et Tintendant de l'armée.

Les intendants des divisions oîi les magasins centraux sont établis, ont la mission spéciale de veiller à ce que l'approvisionnement en souliers soit toujours tenu au complet. Ils doivent, en conséquence, prévenir les intendants des divisions où résident les dépôts des corps, de chaque sortie de souliers qui a lieu dans les entrepôts, afin que ces fonctionnaires puissent en ordonner et faire opérer immédiatement le remplacement dans l'approvisionnement.

§ IL — De la part d exécution dévolue à l' administration

de r armée {\).

L'intendant d'une armée et les autres fonctionnaires du corps de l'intendance, chacun dans le cercle de son administration particulière, doivent s'occuper avec une constante sollicitude, du remplacement des effets par^ venus à leur terme de durée, ou mis hors de service avant ce terme par quelque accident que ce soit.

D'un côté, les états de situation des magasins cen-

(i) Voir les articles 26 et 27 de rinstrnction du 23 mai 1859.

266 TIT. m. — ADMIN. PARTIC. DES ARMÉES ACTIVES.

traux adressés tous les dix jours à Tintendant de l'armée, lui font connaître distinctement pour chacun des corps employés à l'armée, la masse des ressources préparées pour eux par les soins de l'administration territoriale.

D'une autre part, les sous-intendants militaires des divisions actives placés le plus près des troupes, en observent chaque jour Tétat et les besoins. Ils établissent leur droit, vérifient et approuvent les demandes des conseils éventuels, et constatent Tarrivée des expéditions qui leur parviennent. Avertis par leurs fréquents rapports, les intendants des corps d'armée rendent des comptes exacts et suivis à Tintendant de l'armée, qui se trouve ainsi éclairé sur la marche du service, et sur les démarches et mesures qu'il exige de sa part.

Le rôle habituel de l'intendant de larmée est de demander, et de se plaindre quand on ne lui donne pas en qualité bonne, en quantité suffisante et assez vite. Il ne doit, quoi qu*il en soit, négliger l'emploi d'aucune des ressources que les pays occupés offriraient.

La chaussure des hommes constitué un besoin de première nécessité qui n'est jamais trop assuré ni trop exactement satisfait. On doit donc faire confectionner des souliers et des bottes de cavaliers partout où il est possible de s'en procurer, en usant de préférence de la voie de réquisition, et, si elle est interdite, en recourant même aux achats, sauf à être alors un peu moins large dans ses dispositions.

Les souliers qui proviennent de Tune ou de l'autre de ces origines sont distribués et imputés, comme ceux

CHAP. IV. — SERVICE DE l'HABILLEMENT. 267

expédiés par les conseils d'administration des dépôts, au compte de la masse individuelle; l'intendant de l'armée en règle le prix.

Cependant, il peut arriver parfois que le général en chef accorde, à titre de gratification, une distribution de souliers, et même de pantalons, à tous les hommes présents sous les drapeaux; mais ces gratifications ne sont ordinairement accordées, surtout celle des pantalons, que dans le cas d'une campagne très-laborieuse, et sur le produit des réquisitions qui ont pu être frappées.

Nous avons vu plus haut les mesures prises dans rîntérieur de TEmpire, pour procurer aux troupes employées à la guerre les efi'ets de remplacement qui leur seront successivement dus.

Mais il ne suffit pas que ces effets aient été rassemblés sur la frontière. Rien n'est fait, tant qu'ils ne sont pas parvenus sur les lieux mêmes où se trouvetit les troupes qui combattent. Le mauvais état des routes, le défaut ou l'insuffisance des moyens de transport, l'intempérie des saisons, le débordement des fleuves et des rivières, les distances, l'apparition inattendue départis ennemis, les insurrections de populations, sont autant de causes qui peuvent retarder l'arrivée des expéditions, et même en occasionner la perte.

C'est principalement pour se prémunir contre de tels accidents, toujours à craindre à la guerre, que l'intendant de l'armée doit mettre à profit toute occasion de faire confectionner dans les grandes villes occupées, des effets d'habillement, de ceux surtout qui sont in-

dispensables, tels que les capotes^ les pantalons et les souliers : détermination qu'il soumet préalablement au général en chef, et dont il concerte avec lui les moyens d'exécution (1).

L'intendant de Tarmée frappe, en conséquence , les réquisitions autorisées en étoffes ou en effets confectionnés, fait organiser des ateliers de confection dont il confie la direction et la conduite à des ofBciers comptables du service, requiert les ouvriers civils ou militaires , répartit les effets entre les corps qui éprouvent les besoins les plus pressants, et en retient, s'il y a lieu, une partie comme réserve, à la suite du grand quartier général, pour parer aux autres besoins urgents qui se feraient ressentir.

A défaut de réquisitions, lorsque les convenances politiques ou d'autres nécessités en interdisent l'usage, l'intendant de l'armée a recours à des achats, et passe ou autorise à cet effet tous marchés nécessaires. Mais, surtout alors, avant de se résoudre à contracter de semblables engagements, il doit prendre conseil des temps et des lieux, calculer toutes les chances, peser tous les motifs; il doit, en un mot, s'abstenir de toute opération qui ne serait pas commandée, ou par des besoins immédiats, ou par une prudence nécessaire.

Quelles que soient ses déterminations, l'intendant

(i) En pareils cas, les confections devront être faites :

Sur trois tailles pour Tinfanterie ; Sur deux tailles pour les autres armes.

CHAF. IV. — SEUVICE DE l'iIâBILLEMENT. 269

de l'armée doit en rendre au Ministre de la guerre un compte exact et suivi, afin que les achats et les confections à exécuter dans l'intérieur puissent être augmentés ou diminués, pressés ou ralentis, selon que la nature ou l'importance des ressources obtenues ou espérées des pays ennemis qui sont occupés, sembleront l'exiger.

SECTION m.

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