DBS EQUIPAGES RÉGULIERS, OU SOIT DES ÉQUIPAGES MILITAIRES
§ T', — • J)^ rorganisQtion des équipages militaires^
pour le service de compagne.
Le train dea équipages militaires forme ce que l'on appelle les équipages réguliers, ou, en d'autres termes plus explicites, les équipages de V administration. Telle est, en effet, la pensée qui présida à la création de ce corps (1). Le texte des règlements d'alors (voir, entre autres, le considérantde l'instruction précitéedu 14 juin 1812) porte que les équipages militaires sont institués pour faire aux armées les transports du ressort de l' administration de la guerre.
Ainsi, et comme nous l'indiquions tout à l'heure, ce principe a reçu, du décret impérial du 11 juin 1853, une nouvelle et très-opportune consécration.
Les équipages militaires ont trois devoirs qui leur sont plus particulièrement imposés et auxquels ils doivent avant tout satisfaire (2) :
f • Transporter des points de manniention à ceux de distribution :
Le pain de munition ;
(1) L'organisation militaire donnée anx éqaipages de l'administration date de 1807. (Voir dans Berriat, vol. Il, p. 340.)
(S) L'article 5 du décret précité du 11 juin 1853 comprend au nombre des transports k effectuer aux armées par le train des équipages militaires^ celiii du matériel de la trésorerie et des postes.
Nous n'ayons pas cru devoir en faire mention ici, par les raisons éaomr*
Le biscait;
Le riz;
Les légumes secs ;
Le sel ;
L'avoine; 2<» Conduire à la suite des divisions actives tout le matériel de lewrs ambulances, et à la suite des quartiers généraux, les réserves en mobilier et en médicaments qui y sont entretenues, tant pour servir aux premiers moyens d'établissement d'hôpitaux temporaires, qu'au remplacement des objets consommés ou perdus dans les ambulances des divisions et dans les cantines des corps de troupe ; 3<» Transporter le matériel de l'habillement et du campement à la suite des quartiers généraux.
Ils servent ensuite, maïs subsîdîairement et concurremment avec les équipages auxiliaires ou à leur défaut :
!<" A retirer des champs de bataille les blessés mis hors d'état de marcher, et à les transporter, soit aux dépôts d'ambulance pour y être pansés, soit, après leur pansement, aux hôpitaux temporaires ou autres gttes d'évacuation désignés pour les recevoir (1) -,
cées plus haut. Pour que nous fussions dans Terreur, il faudrait qu'un accord , contraire à tous les précédents, eût été fait entre les Ministres de la guerre et des finances, et cet accord serait peu probable, surtout si l'organisation simultanée de plusieurs armées devait exiger l'emploi de toutes les ressources des équipages militaires.
(1) n ne serait pas prudent de faire un trop grand fond sur les équipages militaires pour cet objet, car l'emploi n'en pourrait être tenté sur une certaine échelle, qu'en les détournant de leur véritable et trôs-importante destination.
La construction de voilures légères exclusivement destinées à recueillir les blessés sur le champ de bataille et à les transporter k l'ambulance, construction dont on s'occupe activement, vient fort k propos à l'appui de cette observation. (Voir la note n« 1 de la page 296, au chapitre précédent.)
2*^ Â transporter l'eau-de-vie à la suite des troupes ;
â** A transporter, des magasins de deuxième et de troisième ligne sur ceux de première, les grains, farines, effets de campement, d'habillement, d'équipement et de harnache* ment, et tous antres objets susceptibles d'être chargés sur des caissons, sans les endommager (le foin et la paille exceptés).
La force et rorganisation d'une armée qui va être créée ; l'état des routes dans les localités qu'elle est destinée à parcourir; les habitudes que l'expérience du climat, du sol et de la qualité des animaux de trait et de bât y ont fait contracter pour les charrois et les communications de pays à pays; enfin, les besoins présumés des services des subsistances et des hôpitaux en moyens de transport qui puissent être convenablement employés à leur usage : telles sont les bases essentielles de l'organisation particulière des équipages réguliers.
Cependant, nos équipages réguliers consistent principalement dans des voitures à quatre roues, autour desquelles sont groupés, et le personnel nécessaire pour les diriger et les mouvoir, et le matériel nécessaire pour les construire et les réparer. Mais, lorsqu'il s'agit d'une guerre à entreprendre dans des pays de montagnes ou dans des contrées privées de routes ou de charrois, on substitue à ces voitures, en toutou en partie, suivant le cas, soit des équipages de mulets de bât, soit tout autre système d'équipages conforme à celui dont l'usage est fondé sur les besoins du sol et du climat, et le genre ou la qualité des animaux que le pays produit (1).
(i) C'est ce qui a été fait pour l'Algérie, et s'y pratique avec un rein. 22
Le train des équipages militaires , composé, en temps de paix, d'un état-major, de cinq escadrons à quatre compagnies chacun, et de quatre compagnies d'ouvriers, recevrait, en temps de guerre, un accroissement proportionné aux besoins de cette nouvelle position.
Cet accroissement consisterait :
En des compagnies temporaires igoutées à chacun des escadrons mis sur le pied de guerre (1);
En des compagnies auxiliaires (1) dont les cadres seraient formés par voie de dédoublement, et qui se complète* raient, si le besoin l'exigeait, au moyen de cond acteurs civils de voitures et de chevaux ou mulets requis ou pris à loyer.
Un accroissement analogue serait opéré dans le matériel de ce corps, qui, ainsi que nous l'avons déjà vu (vol. II, pages 463 et suivantes), possède des parcs de construction et de réparation organisés et régis en imitation des arsenaux de construction de l'artillerie et du génie.
L'état-major, les troupes et le matériel du train des équipages militaires sont employés, aux armées actives, dans le double but d'assurer l'exécution des transports ordonnés par la voie de ce service, et de pourvoir à l'entretien des voitures qui servent à cette exécution.
Un officier supérieur de Tétat-major du corps, dé-
marquable succès, ainsi qu'on le verra au titre spécial qui clôt ce volume.
Un système mixte de caissons de mulets de bât, adopté pour l'armée d'Orient, répond aussi à nos indications. (Note de 4854.)
(i) C'est ainsi qu'on a procédé pendant les jruerres de Crimée et d'Italie.
signé par le Ministre de la guerre et pourvu à cet effet d'une lettre de service, est placé au grand quartier général de l'armée, avec le titre de directeur en chefj pour commander et diriger tout le service, sous les ordres immédiats de l'intendant de Tarmée.
Il est, de plus, attaché à chaque corps d'armée un officier de l'arme, en qualité de directeur principal^ qui exerce sous l'autorité immédiate de l'intendant militaire de ce corps.
Le directeur en chef est assisté, tant pour le service de la direction que pour le travail des écritures, par quelques officiers (un capitaine et deux lieutenants) et par un garde de première ou de deuxième classe.
Quant aux directeurs principaux, ils prennent dans le personnel des parcs de réparation, avec l'autorisation de l'intendant militaire, les aides qui peuvent leur devenir nécessaires.
Le directeur en chef travaille directement avec l'intendant de l'armée, et lui soumet tous les projets d*organisation et de répartition du personnel et du matériel, de grandes réparations, voire même de constructions neuves, si la nécessité s'en faisait éventuellement sentir.
Il expédie tous les ordres de service, de mission ou de déplacement ; mais ces ordres ne sont valables et exécutoires qu'autant qu'ils ont été préalablement visés et approuvés par l'intendant de l'armée.
Il transmet aux directeurs principaux, ses intermédiaires constants et obligés, lesdits ordres, avec toutes instructions nécessaires.
Il donne, de son propre mouvement et de sa propre autorité, les ordres et instructions concernant le service intérieur et l'administration intérieure des compagnies et des parcs, à charge par les directeurs principaux d'en référer aux intendants militaires, qui peuvent, selon les cas et sous la condition d'en informer l'intendant de l'armée, interdire, suspendre ou modifier leur exécution.
Les attributions des directeurs principaux sont subordonnément analogues à celles du directeur en chef, avec lequel ils correspondent, mais sous la condition, avant tout, d'exécuter les ordres des intendants militaires des corps d'armée auxquels ils sont respectivement attachés.
Les compagnies d'équipages sont réparties entre les quartiers généraux, les divisions actives et les arrondissements. Elles sont réunies, divisées et subdivisées, selon que l'exigent le mode d'administration et le système d'exécution adoptés, l'emplacement et la force des établissements, et le caractère particulier de la guerre entreprise. L'intendant de l'armée est le juge de ces circonstances et de ces besoins, et donne, en conséquence, tous les ordres. Ces alternatives n'^existent, au surplus, que par rapport au service des subsistances, attendu que, hors les cas d'événements forcés ou imprévus, les équipages employés au service des hôpitaux et à celui de l'habillement leur doivent demeurer affectés pendant toute la campagne.
Aux termes d'un décret impérial du 1 8 mai J 81 1 (voir, à défaut du Journal militaire^ le Recueil de Bernât^
volume II, p. 340), les treize bataillons des équipages, dont le nombre fut porté à vingt-deux l'année suivante, subirent une réorganisation.
Chaque bataillon était composé de quatre compagnies, et avait un état-major comprenant :
Un capitaine commandant ;
Un lieutenant adjudanirmajor *,
Un sous-lieiiteDaDt;
Ud quartier-maître sous-lieutenant;
Un chirurgien aide-major ;
Un adjudant sous-officier;
Un artiste vétérinaire ;
Un mattre trompette;
Un mattre armurier ]
Un maître sellier ;
Un maître maréchal ferrant ;
Un mattre charron;
Un mattre bottier;
Un maître tailleur.
Chaque compagnie était composée comme il suit :
Un lieutenant commandant ; Un sous-lieutenant ; Un maréchal des logis chef; Quatre maréchaux des logis ; Un brigadier-fourrier; Huit brigadiers ; Deux trompettes ; Sept ouvriers;
Cent quatre soldats, dont vingt haut-le-pied ; Cent vingt-neuf hommes, officiers compris»
Il était attaché à chaque compagnie :
Quarante caissons ;
Une prolonge pour toutes les rechanges; Une forge de campagne ; Quarante-deux voitures.
Dix-huit chevaux de selle } Cent quatre-vingt-huit chevaux de trait ; Deux cent six chevaux.
Enfin, chaque compagnie formait deux divisions, et chaque division, deux escouades.
Cette organisation, beaucoup plus simple et moins chère que celle de 1823, avait surtout l'avantage de correspondre aux besoins de la grande unité de service et d'administration qui, dans les armées, est la division active. De plus, elle se prêtait commodément aux fractionnements qu'exigent fort souvent les brigades et autres moindres détachements destinés à agir isolément.
Par ces motifs, et aussi par la considération déjà plus d'une fois invoquée, qu'il s'agit moins pour nous d'indiquer ce qui devrait être fait dans de nouvelles guerres que ce qui a été fait dans les guerres de la Révolution et de l'Empire, nous avons abandonné, dans les détails qui suivent, les données de l'organisation actuelle, pour nous appuyer sur celles de l'an m et de 1811.
Deux sortes de caissons sont nécessaires dans une armée active :
i* Les caissons proprement dits, ou soit les caissons ordi^ naires ;
2<^ Les caissons légers.
Les caissons ordinaires, tous construits sur un même modèle, sont également propres au transport du pain et à celui des effets d'hôpitaux et d'habillement et de campement, leur objet le plus constant.
Les caissons légers ^ ainsi nommés par allusion à leur
destination et au poids comparativement moindre de leur chargement, sont exclusivement affectés au service des hôpitaux, et, dans ce service, à l'usage spécial de la portion d'ambulance qui forme l'ambulance volante (1).
Les caissons ordinaires pèsent sept cents kilogr. (2) ; ils contiennent mille rations de pain, pesant sept cent cinquante kilogrammes : poids que leur chargement, quel qu'il soit, ne doit point excéder.
Les caissons légers pèsent huit cent trente kilogr, (3); le poids réglementaire de leur chargement est de quatre cent vingt kilogrammes.
Les uns et les autres caissons sont à avani-train et couverts en berceau par une toile cirée.
Les prolonges, dont le poids est de sept cents kilogrammes (4), servent à transporter les effets, outils et ustensiles des ouvriers, les objets de rechange et les matières nécessaires aux réparations et aux construc^ tions.
Les forges, dont le poids est de huit cents kilogrammes (5), servent à la ferrure d^ chevaux, et au travail du fer pour tout autre objet qui en comporte l'emploi*
(1) Voir l6 chapitre précédent, p. S96 et mmlcs.
(2) Exactement, 688 iûlogr. 500 grammea.
(3) Exactement, 830 kilogr. S55 grammea.—D est k rimiarquer qae les caissons nommés caiêioni iégers sont plus lourds que les emsêons crêi^ nairesy mais la charge totale (1 ,250 kilogr.) est sensiblement plus légère (200 kilogr. de moins).
(4) Exactement, 716 kilogr. 500 grammes.
(5) Exactement, 811 kilogr. 995 grammes.
344 TIT. ni. — ADMIN. PARTIC. DES ARMÉES ACTIVES.
Toutes les voitures du train des équipages sont attelées de quatre chevaux ou mulets et menées par deux soldats.
La longueur d'un caisson, depuis la naissance du timon jusqu'à rextrémité du derrière, est de 4 mètres 000 mill.
La largeur de sa voie est de 1 — 200 —
La longueur de l'attelage, y compris
la voiture, est de 12 — 600 —
Remisées ou emmagasinées > quatre
voitures occupent en surface. ... 30 — 000 —
Parquées, elles occupent, de timon à
timon, en largeur 3 — 000 —
Ces indications et celles qui précèdent ont dû suffisamment avertir nos lecteurs qu'elles ne sont applicables qu'à nos anciens caissons de mille rations.
Cela posé, nous regardons comme un devoir de ne pas laisser ignorer que l'administration de la guerre opère aujourcthui sur d'autres données, c'est-à-dîre sur des voitures ayant d'autres dimensions, d'autres capacités, d'autres distributions ou aménagements intérieurs, et recevant des chargements plus pesants.
Ces voitures sont (1) :
i* Le caisson suspendu, de la contenance de douze cents ra-
(1) Nous ne parlons point ici du eharioi-fourragère qui entre dans le matériel actuel des équipages militaires. S'il peut avoir quelque utilité dans les grandes places de garnison de Tintérieur, on comprendra aisément qu'il n'en offrirait aucune dans les armées actives.
Voir le titre final du présent volume, pour ce qui concerne spécialement V Algérie, où tout le système des équipages militaires consiste dans des mulets de bât chargés de cantines et munis de litières et de cacolets.
lions de pain, prise pour type, et nommé caisson unique, qui est destiné, dans cette condition, à transporter indistinctement le matériel des services des subsistances, de l'habillement et du campement, et des hôpitaux, sauf un aménagement spécial pour ce dernier service;
2<» Le chariot de parc, destiné principalement au service des parcs de réparation, et subsidiairement, dans les armées, au transport des barriques de liquides, transport pour lequel il est très-préférable au caisson ;
3* La forge de campagne.
Selon nous, et probablement personne ne nous contredira, un caisson d'armée doit nécessairement :
Être solide et peu pesant;
Pouvoir passer à peu près partout, et par tous les temps \ Pouvoir être promptement chargé^ déchargé et rechargé; Pouvoir être facilement réparé.
Ces conditions se rencontrent-elles dans les nouveaux caissons? Nous ne le pensons pas.
Il y a toutefois un progrès dans la substitution du caisson actuel de douze cents rations à celui de seize cents (1), qui avait quelque temps prévalu et qu'une appréciation plus réfléchie des nécessités du service de campagne devait faire abandonner.
Mais, pour satisfaire à ces nécessités sans se jeter dans l'inconnu, l'administration de la guerre aurait dû tout au moins, ce nous semble, revenir franchement à l'ancien caisson de mille rations.
(1) C'est en 1848 que ce caisson, adopté en 1842, a été remplacé par celui actuel de lâOO rations, qui, nous sommes autorisé à le croire, ne servira, dans la pratique en campagne, qu'à transporter 1000 rations. (Note de 1854.)
346 TIT. m. — ÂDMIN. PARTIG. DES ARMÉES ACTIVES.
Et pourtant, combien de foia ne dûmes-nous pas en réduire la charge, déjà reconnue trop pesante? Dieu sait combien restèrent semés sur les routes de l'Europe! Que sera-ce donc avec la charge nouvelle ?
Il faut, ne nous lassons pas de le répéter, il faut en campagne des convois qui arrivent, et pour qu'ils arrivent, il faut que les voitures ne soient pas surchargées : huit cents rations de vivres reçues valent mieux que douze cents restées en chemin.
Les chevaux sont d'ailleurs à prendre en grande considération. Le service qu'ils auront fait la veille, ils devront le recommencer le lendemain, et le continuer, sans repos, le plus souvent mal nourris, toujours au bivouac et exposés à toutes les intempéries, pendant le cours de la campagne. Est-ce avec une charge de cinq cent quinze kilogrammes par cheval qu'on pourra se tenir assuré d'un pareil service?
Les caissons ne peuvent pas, ne doivent pas toujours suivre de grandes et belles roules, car souvent les opérations militaires obligent à s'en éloigner. Ce sont donc aussi des chemins de traverse qu'il faut être en état de franchir. Or, les pluies et le mouvement de nombreux convois, de ceux de l'artillerie surtout, tant de l'ennemi que de nous, auront bientôt défoncé ces chemins, et avec de lourds chargements, avec des dimensions et un système de construction qui ajoutent considérablement au tirage, on n'en sortira pas.
Pour quelle raison l'administration n'adopteraitelle pas, pour tovtes ses voitures , le système si simple
et si commode de quatre grandes roues égales (1), appliqué avec tant de succès dans lartillerie, qui, grâce à lui, passe aujourd'hui joar/ow/ avec ses équipages?
Pour quelle raison ne calculerait-elle pas, à son exemple, sur une charge de trois cent soixante kilogrammes au maximum et de deux cent soixante-dixhuit au mimmtim^ par cheval, au lieu de cinq cent quinze? Depuis longtemps, les hommes les plus compétents la sollicitent de ramener ses constructions à la proportion de huit cents à mille rations au plus.
Quant au système de n'avoir qu'une seule et même sorte de caisson pour tous les services administratifs d'une armée active, on doit laisser à l'expérience le soin de le juger.
Cependant, sî la similitude paraît devoir être sans inconvénient pour le transport du pain et des effets d'habillement et de campement, voire même pour le transport du matériel des hôpitaux, le doute est au moins permis à l'égard du service spécial des ambulances, lorsque, à l'approche d'une guerre qui peut être longue, l'administration est entraînée d'elle-même à prescrire pour ce service la construction d'autres voitures (les voitures légères dont nous avons parlé plus haut, p. 336). Louons-la de cette mesure, tout en la félicitant du soin qu'elle a pris d'aménager son matériel dans le caisson unique, de la manière la plus
(i) Les roaes de devant du caisson actuel (caisson unique) sont moins hautes que celles de derrière.
propre à en faciliter l'emploi sur le terrain , comme elle l'a déjà fait pour les cantines d'ambulance de l'Algérie.
Et, en effet, ce n'est pas le luxe des moyens qu'il faut rechercher dans les armées actives, mais bien le strict nécessaire, dont la disposition soit possible, sinon toujours certaine, à l'heure imprévue et instantanée du besoin. Comment admettre la possibilité de déployer, d'utiliser sur un champ de bataille, dans la confusion qui y règne, et par tous les temps, d'innombrables objets qui seraient accumulés comme dans une sorte de nécessaire de voyagel
Au surplus, nul doute que l'usage des caissons ne doive continuer de dominer dans notre sytème général d'équipage, parce qu'il répond mieux qu'aucun autre aux besoins des guerres dans lesquelles la France se trouve le plus souvent engagée.
Mais devrait-on tenter de franchir la Vistule, d'autres voitures, des voitures plus légères deviendraient nécessaires. Tous autres équipages seraient sans objet et en pure perte. Les Polonais et les Russes font leurs charrois, tantôt avec des briskas, tantôt avec des traîneaux que deux petits chevaux mènent aisément à travers les neiges, les boues et les sables du pays. Il faudrait les imiter.
Une armée française serait-elle appelée à franchir les Pyrénées, l'usage de nos caissons devrait être combiné avec les équipages de mulets de bât, tels que les créa un décret impérial de février 1811, aGn de satisfaire aux diverses exigences de l'état du pays.
Aurait-on quelque expédition maritime à entreprendre, il faudrait attendre tout du pays même, à quelques éléments près d'organisation dont on aurait soin de se munir. Les mulets envoyés de France en Morée n'y rendirent que de très-faibles services, et ils succombèrent presque tous. Le pays, au contraire, une fois observé et connu, fournit à l'intendant militaire baron Volland d'abondants et précieux moyens en hommes et en animaux acclimatés, qui se nourrissaient en marchant et vivaient sans abri.
En Egypte^ les chameaux furent notre unique et excellente ressource pour les transports. Ils reçurent l'organisation que l'aspect et l'étude des lieux eurent bientôt indiquée.
Enfin, comme on le verra dans le titre final de ce volume, nous avons dû adopter pour V Algérie un système approprié à la spécialité du pays, et qui ne pouvait être de prime abord ni pressenti ni improvisé.
Rentrons maintenant dans le mouvement de l'exécution, et faisons remarquer que, les équipages parquant continuellement en campagne, l'assiette des parcs sera aisément déterminée à l'aide des dimensions indiquées plus haut, page 344 (1).
Chaque compagnie du train des équipages doit être
(1) Il ne sera pas sans intérêt de comparer les indications données cidessus, page 344, qui s'appliquent à V ancien caisson de mille rations , avec celles que contient le tableau suivant, appliquées au nouveau caisson de douze cents rations, ainsi qu'aux autres voitures qui se relient à ce système :
pourvue, en campagne, d'objets de rechange^ à'outils et autres objets divers nécessaires à l'entretien et aux réparations courantes des voitures, savoir (i) :