ACTIVES
Dans les armées actives, le service des transports constitue à lui seul le service de marche.
Là, plus ai indemnités de route : les vivres de campagne qui sont alloués dans toutes les positions autres que celle d'hôpital, en tiennent lieu.
(4) Ce service eorrespond au titre VIU du Utto IV» v^hune 11^ auquel il convient de se reporter, notamment :
Pour les feuilles de route ; Pour les frais de poste ;
Pour les transports par relais, si tant est qu'aujourd'hui, malgré nos chemins de fer, il pût y avoir lieu de recourir à ce moyen
extraordinaire.
GHAP. VI. — SERVICE DBS TRANSPORTS. 331
Là, plus de convois tmlitaires : les hommes de troupe, en santé ou en maladie, ne marchent pas isolément dans un pays exposé aux insultes des partis ennemis. On ne met en route que des détachements de troupes et des évacuations collectives de malades convenablement escortées : mouvements pour l'exécution desquels des moyens de transport sont obtenus par voie de réquisition sur les lieux mêmes, sauf à utiliser d'abord, toutes les fois que l'occasion s'en présente, les voitures de l'administration qui vont ou reviennent à vide pour une cause quelconque.
Là, enfin, plus de transports directs^ qui, tant pour les corps de troupe que pour les différents services du matériel, se confondent, à la guerre, dans un tout autre système d'exécution, et, en particulier pour l'administration, dans un système unique.
Sans subsistances assurées y disions-nous, ou plutôt répétions^nous dans un ^es chapitres précédents (voir page 174), une armée ne peut rien entreprendre. Ajoutons ici que sans moyens de transport^ une armée ne peut subsister.
Et ce n'est pas seulement le service des subsbtances dont rcxéculion dépend partout et toujours du service des transports : les autres services, et plus particulièrement ceux des hôpitaux et du campement, en éprouvent le même besoin; sans lui| ils ne sont rien, ils ne sont pas (1).
(1) Les chapitres i*' et tu da présent titre font cauaaltre qiw les
L'instruction du 16 ventôse an ni définit l'objet et l'importance du service des transports dans des termes trop remarquables, pour que nous puissions négliger cette occasion de les remettre en lumière et de nous fortifier de leur autorité.
« Il ne faut pas se le dissimuler (dit cette instruction, « art. 8), le service des transports est le plus néces- « saire aux succès d'une armée, et souvent même à sa « conservation. C'est par lui qu'elle se transporte sur « les divers points vers lesquels on peut diriger son « action ; c'est par lui qu'elle reçoit ses moyens de subit sistance, tous ses bagages, toutes ses munitions (i) ; « c'est par lui, enfin, qu'elle se retire sans désordre et « sans perte. Le service des transports est l'âme d'une « armée, puisque lui seul il lui communique la vie et le « mouvement. Et c'est un objet qu'un sage administra- (( teur ne perd pas un seul instant de vue, et auquel il « doit donner une attention particulière ; car le succès « de ses opérations, et par conséquent son honneur, « en dépendent presque toujours. »
Cependant, la pensée de créer un système assez large pour pourvoir à l'exécution de tous les transports qu'exigent la nourriture et l'entretien d'une armée en
vices de la trésorerie et des postes ont eu, pendant tontes nos guerres, des équipages qui leur appartenaient en propre. Nous supposons, nonobstant le décret du 11 juin 1853, que le ministère des finances continuera d'y pourvoir.
(1) Le service des transports fournissait alors ce que Ton nommait les c'quipageê d^artillerie, pour le transport des pièces de campagne et de siège et des munitions.
campagne, ne saurait entrer dans l'esprit d'aucun homme raisonnable, bien moins assurément dans l'esprit d'un administrateur éclairé. On comptera donc, comme on a toujours fait, sur les ressources généralement abondantes et commodes dont l'occupation d'un pays peut procurer la libre disposition. On comptera sur ces ressources pour pourvoir aux besoins qui n'au-ront pu être prévus ou satisfaits par le moyen des équipages réguliers, et pour prêter à ces derniers une assistance puissante et continue.
Mais ce serait pécher contre toutes les règles de la prévoyance et professer le plus coupable mépris pour les leçons de l'expérience, que de vouloir se confier uniquement dans les ressources locales, et subordonner à leur éventualité le sort des opérations militaires. Il est beaucoup de transports que des équipages réguliers peuvent seuls exécuter avec la ponctualité nécessaire, et pour lesquels ils donnent seuls sécurité et garanties. Ce sont des moyens propres, toujours prêts, toujours sûrs, dont les services acquièrent d'autant plus d'importance et de prix que les circonstances deviennent plus graves, et qui ne sauraient être refusés à l'administration d'une armée, sans Texposer à voir échouer à tout instant ses conceptions et son zèle.
Ainsi, dans les armées actives, deux espèces différentes et distinctes de moyens servent et concourent à exécuter les transports ; ce sont :
1<> Les équipages réguliers, ou soit les équipages militaires^ 2^ Les équipages auxiliaires.
334 TIT. in.— ADMIlff. PARTIG. DBS ARlfÉBS ACTIVES.
L'intendance militaire exerce lautorité, non-seulement du contrôle, mais du commandement, sur les hommes et sur les choses qui constituent ces moyens et qui les font mouyoir (!)•
Ces premières notions suffisent pour montrer la part considérable que l'administration possède ou apporte dans les bagages d'une armée, et la nécessité d'établir dans leur maj^he un ordre qui prévienne la confusion, les accidents et les retards dont les suites sont toujours si fâcheuses en campagne.
(i) n fut un temps, pea éloigné de nous, où ce mot eommandemeni, aujourd'hui consacré par le décret impérial du il juin 1853^ excitait les plus vives susceptibilités. Et cependant, nous avions vu l'Empereur Napoléon I*' ne pas hésiter à l'inscrire dans ses décrets, et nos anciens généraux l'accepter, sans trouver que leur dignité en fût blessée ou méconnue.
Si l'intendance militaire n'avait pas, aux arméeê turtout, la libre et entière disposition des moyens de transport affectés aux services administratifs, et eonséquemment des équipages militaires, il faudrait la supprimer, car elle serait hors d'état de remplir sa mission.
C'est ce que l'Empereur Napoléon JII a parfaitement compris, comme l'avait fait son illustre prédécesseur.
Voir au Journal mUitaircy pour être fixé sur cette grave question : V Une instruction ministérielle du 5 mai 1808, V^ partie, p. 254, dont l'article 45 est conçu dans les termes suivants :
« Conformément h l'article 9 du décret impérial du 96 mars « 1807, les bataillons du train des équipages sont placés sous « les ordres des commissaires ordonnateurs et ordinaires des « guerres. Néanmoins, sous le rapport de la tenue, des exercices « et de la discipline, ils doivent être subordonnés aux chefis mi- « litaires. > â^* Une autre instruction du 14 juin 1812, T* partie, p. 279, qui est non moins explicite.
Li sont les vraies doctrines, les doctrines sorties d'une longue expérience pratique de la guerre, et que le décret précité du 11 -juin 1853 a de nouveau consacrées.
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SECTION PREMIÈRE