‹ Cours d'administration militaireChapitre 126 sur 166 · DES POSITIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

DES POSITIONS GÉNÉRALES

Les positions générales sont :

Le pied de paix;

Le pied de rassemblement (1) ;

Le pied de guerre.

Elles s'appliquent aux armées, aux corps et divisions d'armée, aux corps et détachements de corps de troupe, et généralement à toutes les réunions de troupes organisées militairement.

depuis un temps qui remonte à la création des armées régulières, en possession du soin de déterminer les positions. Il y a là un vice flagrant ; et, en effet, du moment que les positions décident des droits à toute espèce de prestations, soit en deniers, soit en nature, le service de la solde ne peut ni ne doit, plus qu'aucun autre, recevoir la mission de les réglementer. La raison tirée de sa plus grande importance relative ne nous semble nullement concluante. Aussi avons-nous persisté dans l'opinion qui, dès 1829, nous avait déterminé à assigner aux positions une place du haut de laquelle elles puissent dominer tous les services.

(1) On ne peut nier l'existence de cette position, quoique l'ordonnance réglementaire du 25 décembre 1837 se soit abstenue de la reconnaître. Nos derniers camps de manœuvres, comme ceux qui les ont précédés avant 1848» en fourniraient au besoin des preuves irréfragables.

TITRE Ier. — POSITIONS. 387

La position du pied de paix se subdivise : 1 • Pour les corps et détachements de troupe :

En position de station; En position de route ;

2° Pour les militaires de troupe et sans troupe, considérés individuellement :

En position de présence ; En position d'absence.

La position du pied de rassemblement est comme intermédiaire entre celle du pied de paix et celle du pied de guerre; elle participe de Tune et de l'autre, et le traitement qu'on lui attribue se compose, avec plus ou moins de modifications, des prestations attachées à ces deux positions, selon que l'intention qui préside à la création du rassemblement est plus ou moins éloignée ou rapprochée d'une pensée de guerre.

Pour rendre ces distinctions sensibles, il nous suffira de citer, d'une part, les camps de Saint-Omer, Lunéville, Compiègne, Fontainebleau, Versailles (Satory), Helfaut, Châlons-sur-Marne , Sathonay, dont la création fut bien évidemment rattachée au seul intérêt de l'instruction des troupes et du perfectionnement des manœuvres ; d'autre part, les camps de Boulogne et de Bruges (ans xi, xn et xm), qui, après avoir menacé et fait trembler l'Angleterre, se levèrent, première grande armée, pour aller dicter la paix dans les champs à jamais célèbres à'Amterlitz. Enfin, le cordon sanitaire formé en 1822 sur les Pyrénées renfermait aussi une pensée de

guerre sur laquelle personne ne se méprit, et dont la réalisation ne se fit pas, en effet, attendre longtemps.

Quant à la position du pied de guerre, elle est nécessairement une, c'est-à-dire qu'elle n'admet dans son application aucune modification ni distinction.

Les positions générales sont créées par des décrets impériaux qui déterminent, soit les armées actives, soit les portions d'armée auxquelles elles seront appliquées. Ainsi, une armée active, une armée d'observation, un camp de manœuvres ou tout autre rassemblement de troupes, ne peut être formé ni dissous, pour passer du pied de paix au pied de guerre ou de rassemblement, et vice versa, qu'en vertu d'un décret ou d'une décision impériale.

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