AVANT-PROPOS, XV
Aussi le Gouvernement accorde-t-il de plus en plus sa protection à ces établissements. La création de l'École d'application du corps royal d'état-major fut un nouvel hommage rendu à leur utilité, et fut aussi un nouveau bienfait.
Tout ce qui vient d'être exposé suffit pour faire comprendre et apprécier la nécessité où je me suis trouvé d'arranger, pour ainsi dire, l'administration. militaire, de façon à en pouvoir raisonner et combiner l'enseignement.
Former un tout bien coordonné des diverses parties dont l'administration militaire se compose ; disposer c/iacune de ces parties suivant le rôle quelle joue dans l'ordre le plus co?i forme à la marche naturelle des idées ; en un mot, créer par la doctrine, sans blesser la législation existante dans tout ce qu'elle a de positif, une méthode qui conduise de la connaissance des généralités à celle des spécialités : tel fut le plan que je formai , et que je commençai à exécuter dès 1825, au moyen d'un tableau synoptique et analytique de l'administration militaire considérée dans son ensemble.
Soumis à M* le marquis de Clertnont-Tonnerre, alors Ministre de la guerre, et imprimé par ses ordres , ce tableau reçut quelque publicité et fut accueilli avec fa-* veur. Devenu le régulateur de mes leçons , depuis que l'expérience de plusieurs années en a confirmé l'utilité* il avait sa place marquée en tête du cours que je publie aujourd'hui ; mais son étendue, sa forme, et les diffi*
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cultes de l'impression, m'ont forcé de renoncer au projet de le livrer ainsi au public.
Au surplus, l'objet essentiel que je me serais proposé par cette publication, celui de montrer le vaste et important domaine de l'administration militaire , dont si peu de personnes soupçonnent ou comprennent l'étendue, se trouvera jusqu'à un certain point rempli par la table des matières ; mes explications sur le classement des choses, et sur les rapports qui les rattachent les unes aux autres, achèveront d'en rendre l'intelligence facile et sûre.
J'hésitai quelque temps à me déterminer pour celui des deux partis entre lesquels il me fallait choisir : de traiter d'abord de l'administration dans Y état de guerre , ou de finir par elle.
L'armée étant créée pour la guerre, ce simple raisonnement plaidait en faveur du premier parti. Mais je considérai que si la guerre est l'état naturel de l'armée, elle n'est pas son état le plus habituel ; je considérai que l'administration étant essentiellement fondée sur l'ordre et l'économie, Y état de paix permettait mieux d'en étendre les moyens, d'en obtenir les garanties et d'en composer un système complet et permanent; je considérai, enfin, que l'état de guerre, toujours dominé par des nécessités plus pressantes, par des difficultés plus grandes, comportait ainsi l'emploi de moyens plus prompts et moins réguliers, et que la législation, pour