DES ÉCOLES MILITAIRES
NOTIONS PRÉLIMINAIRES
Il est curieux et intéressant d'observer les nombreuses vicissitudes que subirent les écoles militaires, à partir de 1751 , époque de la fondation de l'École royale militaire de Paris, où des élèves de huit à treize
(1) Noos n'avons point eu l'intention de donner une nomenclature complète de ces établissements , ni d'indiquer tous les actes qui les ont si rapidement créés, déplacés, modifiés, défaits ou transformés. Mais on trouvera dans les diverses sections de ce chapitre, sur chacune de nos écoles militaires actuelles, des notions suffisamment développées : fruit de recherches et d'indications puisées à des sources qui nous permettent d'en garantir l'exactitude. Nous sommes heureusement parvenus aujourd'hui à une situation telle, que de nouveaux bouleversements ne semblent plus à redouter.
Le rang assigné dans ce chapitre à chaque école, en partant du premier degré d'infériorité, quant aux études et à l'avenir qu'elles ouvrent aux élèves, suit, à la vérité, un ordre différent de celui observé dans les budgets, dans les comptes généraux et dans Y Annuaire, mais il nous a paru plus logique. Le Prytanée de La Flèche conduit à Saint-Cyr, Saint- Cyr à l'École de Saumur ou à celle d'application d'état-major, et ainsi de suite à l'École polytechnique et à celle de Metz.
Voir au Journal militaire l'arrêté ministériel du 13 septembre 1852, 2* sem., p. 196, relatif aux examens dans les écoles spéciales du Gouvernement, et conséquemment applicable à nos écoles militaires.
de l'organisation de l'armée. H 3
ans, pouvant justifier de quatre générations de noblesse de père, étaient seuls admis.
Dès 1776, l'École militaire de Paris ne subsistait plus à ce titre, et les élèves étaient répartis dans douze collèges de province* dont les plus renommés furent ceux de Sorrèze, de Brietme et de Vendôme. Ces collèges portaient également le nom d'Ecoles militaires.
En 1793, toutes ces écoles furent supprimées, et le 13 prairial an n était créée, dans la plaine des Sablons, près Paris, Y Ecole de Mars, dont les élèves, logés sous la tente , étaient exercés aux diverses manœuvres de l'infanterie, de la cavalerie et de l'artillerie ; cette École dura une année à peine.
Vinrent ensuite :
Le Prytanée français, créé par arrêté consulaire du lw germinal an vin, et divisé en quatre collèges qui étaient fixés à Paris, Versailles, Saint-Germain et Fontainebleau, sous la surveillance du Ministre de V intérieur;
Le Prytanée militaire, substitué au Prytanée français par décret du 14 fructidor an xm, et placé, par un autre décret du 8 août 1806, sous la surveillance du Ministre de la guerre, puis transféré à La Flèche en mars 1 808 ;
L'Ecole spéciale militaire, créée à Fontainebleau par arrêté du 8 pluviôse an xi (elle a fourni un grand nombre d'officiers distingués), puis transférée à Saint-Cyr en 1808;
V École militaire spéciale de cavalerie, créée à Saint- Germain par décret impérial du 8 mars 1809, aujourd'hui à Saumur;
L'ancienne École royale militaire de Saint-Cyr, rétai. 8
blie en juillet 1814. — Suppression à la même époque du Prytanée militaire de La Flèche, devenu École préparatoire, et de Y École de cavalerie de Saint-Germain ;
Les deux Ecoles préparatoires de Saint-Cyr et de La Flèche, réunies en une seule à La Flèche, en décembre 1817;
L' École spéciale militaire établie à la même époque (181 7) à Saint-Cyr, aux lieu et place de l'École préparatoire supprimée au même moment ;
L'École centrale des travaux publics, créée en Tan h, réorganisée en Tan m, sous le nom d' Ecole polytechnique, etc.;
V École d application de l'artillerie, établie à Chàlons, et celle d'application du génie, établie à Metz, réunies en vendémiaire anxi.
Nous dirons ici, pour n'avoir point à le répéter dans chacune des douze sections comprises dans ce chapitre, que toutes les écoles militaires sont régies :
Pour la comptabilité en deniers, par le règlement du 1" décembre 1838;
Pour la comptabilité en matières, par le règlement du 25 janvier 1845, postérieurement amendé dans des vues de simplification, notamment en 1849.
Tous ces actes sont insérés au Journal militaire.
Nous ajouterons que le contrôle à exercer parles fonctionnaires du corps de l'intendance militaire, sur l'administration intérieure de tous ces établissements, est le même que sur celle des corps de troupe.
SECTION PREMIÈRE