‹ Cours d'agriculture (volume 2)Chapitre 13 sur 105 · ORANGE · texte numérisé non relu

ORANGE

Tfmpérature

Trotprraiurt-

Tampérat

ira

Uinimum

\ au MoycDoe.

Minimum

• tu

Movenne.

Minimum, au Moyrnna

•olail.

•Olril.

•oleiL

Janvier. . .

Février. . .

Mars ....

Avril ....

Mat

Juin. ....

Juillet. . . .

Aoat ....

Septembre.

Octobre . .

Novembre .

Décembre .

Moyenne.

Ces résultats sont très remarquables. Nous voyons d’abord ce que la chaleur solaire ajoute à la température que reçoivent les plantes. Ainsi , la moyenne annuelle de chaleur atmosphérique est :

A Paris, de. . 10*8 la chaleur solaire de 14,0 Augmentation 3,2

Peissenberg. . 5,65 — 9,45 — 3,80

» Orange. . . 13,1 — 19,9 — 6,8

C’est une influence énorme ; les plantes jouissant du soleil pendant le jour sont transportées à Paris à une latitude de prés de 3 degrés plus méridionale que si elles étaient constamment é l’ombre, celles de Peissenberg à prés de4 degrés, celles d’Orange à près de 7 degrés ; mais la comparaison ne serait pas exacte, car il faudrait prendre surtout la température de la saison végétative, en nous bornant à celle du printemps ; nous trouvons :

Température moyenne

à l'ombre au toleil l>iffcrenrt.

A Paris 10*6 14,8 4,2

'Peissenberg.. . 8,20 19,32 11,12

Orange 12,0 19,4 7,4

On voit ici l’influence de la latitude et du temps clair des

(1) Ces températures sont prises sur 7 ans, de 1791 à 1797, dans les * observations de Cotte.

(2) Ce sont les minima de l’année même (1786).

r>ü caloiuoük.

montagnes de la BavitVe, qui donne, à Peîssenberg, une chaleur solaire du printemps plus grande que celle de la Provence , et entre Orange et Paris celle de la latitude et du ciel plus serein du midi ; mais c'est surtout en été et en automne que les différences se prononcent, alors les montagnes rentrent dans l’ombre, et le climat des bords de la Méditerranée promet tous ses bienfaits aux lieux qui, suppléant à la sécheresse par les bienfaits de l’irrigation, peuvent profiter de ce beau soleil.

Nous ne pousserons pas plus loin ces considérations, elles suffisent pour faire comprendre l’importance des observations de la chaleur solaire, et l'inutilité des efforts que l’on fera pour établir solidement les limites des climats agricoles, tant qu’on ne sera pas en possession de cet élément.

Les effets de la chaleur solaire sur le sol, quand le thermomètre est abandonné aux effets de la pluie , de la rosée et de l’évaporation, sont différents de ce qu’ils sont sur les plantes, surtout à cause de l’évaporation qui refroidit naturellement les couches supérieures de terrain. Ainsi, à Orange, nous avons obtenu les résultats suivants de 1 7 ans d’observations ; nous les mettons en regard avec la chaleur solaire sèche :

Chaleur de le terra i 1 heuree.

Cbakur

de la terre sèehe.

Oifféraoea.

Janvier. . .

Février. . .

Mars ....

Avril. . . .

Mai

Juin

Juillet. . . .

Août. . . .

Septembre .

Octobre. . .

Novembre. .

Décembre. .

Ainsi la couche supérieure de la terre est habituellement

80 HÉTÉOHOLOGIE AGRICOLE,

à deux heures du soir de 8®, 3 inférieure en température aux tiges verticales des plantes et aux murs verticaux qui leur servent d’abri; cette diflérenre augmente dans les saisons humides, elle se réduit presque à rien dans les temps secs. N’iniluerait-elle pas sur le mouvement de la sève, et pour que ce mouvement eût lieu, ne serait-il pas nécessaire que les tiges et les racines éprouvassent des températures diverses; l’humidité est-elle pour toutdans le phénomène de la végétation, et dans les bienfaits de l’irrigation ne faut-il compter pour rien la température des tiges plus élevée que celle des racines?

Section VI. — DiHribution de la chaleur selon les altitudes.

Nous ne devons pas négliger d’indiquer la loi selon laquelle la chaleur décroît à mesure qu’on s’élève au-dessus du niveau de la mer. On sait que cette élévation prend le nom d'altitude. Elle indiquera aux habitants des montagnes jusqu’à quel point ils peuvent s’approprier les cultures et les procédés agricoles des habitants des plaines qu’ils dominent.

Ces rapports n’existent qu’entre les températures de l’air et non entre les températures solaires qui agissent sur les corps opaques; en effet, le soleil agit autrement sur la pente inclinée des montagnes que sur les surfaces horizontales, la réverbération et le rayonnement y sont tout autres; enfin l’air des montagnes est beaucoup plus sec, moins brumeux, plus transparent; le brouillard règne souvent à leur base tandis que les parties élevées sont illuminées d’un brillant soleil ; ici donc, comme quand il s’agit de comparer deux climats en plaine, c’est à l’observation directe qu’il faut recourir pour évaluer la chaleur solaire, le calcul ne pourrait y parvenir.

Depuis M. de Saussure père, on a fait d’assez nombreuses observations sur le décroissement de chaleur selon l’altitude des lieux. M. Kamtz en a déduit les deux tables suivantes in-

DD CAI.ORIQDK.

(liquaiit la diiïércncc de niveau qui rorrcspond ^ un abaissement thcrniométrique de 1® dans la température moyenne pour les diiïérents mois de l’année. •

Janvier

et Saiat'BcrnftH.

mêtree.

Allemtgiie tnéridIoneU ei Italie lepUnlrionale.

mèlrei.

Février.

Avril

Mai

Juin

Juillet

Août

Septembre

Octobre

Novembre

Décembre

Année

On voit par ces deux tableaux que la disposition des lieux, et certaines influences difliciles à déterminer, amènent des dilTérenccs sensibles dans la décroissance de la chaleur; ainsi le plateau central de la Suisse rayonne vers les cimes qui le regardent la chaleur qu'il reçoit du soleil, tandis que les cimes qui s’élèvent vers les plaines d'une manière abrupte comme celles qui regardent l’Italie et l’Allemagne méridionale ne sont pas soumises à une influence aussi directe. C’est ainsi que la décroissance moyenne pour le montVentoux, cime isolée de la chaîne des Alpes, n’est que de 144 métrés , selon M. Martins, c’est-à-dire que la chaleur y décroît plus rapidement encore que sur les cimes du Saint-Gothard. Il y a donc dans le relief du pays une raison qui fait varier la décroissance et ne permet pas d’assigner une formule générale, sans avertir qu’elle doit être modifiée selon les lieux.

Quand on aura donc à évaluer la décroissance pour un lieu quelconque, on l’appréciera d’après celle des lieux qui par leur H. 6

Di-

Bi HÉTÉOROLOfilE AORICOLIt.

•ituation topographique et leur latitude se rapprochent le pins de celui dont on reut connaître la température.

M. B. Vais, diitcteur de l’observatoire de Marseille, a donné une formule basée sur le décroissement de Genève au Saint-Bernard qui peut aussi, avec quelques modiCcations, représenter les autres décroissements* . Si nous appelons D le décroissement de température pour 1000“, t, la température de la plaine,

celle de l’espace cthéré supposé — 52 ; on a D = de

1000 mètres jusqu’à 1500 mètres; D = — X — 1000

mètres jusqu’à 2500 mètres. Nous nous arrêterons là. Pour les

décroissements de l’Asie* nous aurions D = — — jusqu à

1500 mètres, D = - jusqu’à 2500 mètres; D = ^-- —

jusqu’à 3500 mètres.

Appliquons la première de ces formules à chercher la température du Saint-Bernard dont l’altitude est de 2491 mètres, en partant de celle de Genève dont l’altitude est de 407“; l’élévation du Saint-Bernard au-dessus de Genève est de 2084 mètres; la température moyenne de Genève est de 9®, 81, nous Q ftl 4- 5^ 10

aurions D = — — — — X — = 5, 1 par 1 000 mètres ou pour 11 11

2084 mètres D = 10,62, d’où soustrayant 9,81, il nous reste 0,72 pour la température moyenne annuelle du Saint-Bernard . On trouveraitde même, mais seulement par approximation, la température des jours et des nuits.

Nous pourrions établir par ce moyen l’échelle de décroissance de température d’un lieu, pour juger jusqu’à quelle hauteur certaines cultures peuvènt y être admises. Ainsi, pour

(1) Bibliothèque universelle de Genève, t. XLIV.

(2) Humboldt, Asie, t. III, p, S16.

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