DC CALORIQUE
Paris, puisqu'on a D=6,4 et que la température moyenne de son mois le plus chaud est 18^,7, nous aurons :
A 0 de hauteur. . .
A 400 mètres, . . .
A 100 mètres
La plupart de nos arbres se développent à la température de -{-10. On voit qu’à l’altitude de 1500 un grand nombre d’entre eux n’aurait qu’une très faible existence dans ce climat, et qu’à 1000 mètres déjà le mûrier ne pourrait pousser ses bourgeons, à 100 mètres la culture de la vigne ne serait plus praticable.
Section VII. — Répariitionde la chaleur dans l'année. Effets de la température des saisons sur les végétaux.
La température moyenne la plus basse de l’atmosphère n’a pas lieu le jour du solstice d’hiver, ni la plus élevée le jour du solstice d’été, parce qu’elle résulte non-seulement des effets des rayons solaires quoiqu’ils soient, à ces deux époques, à leur minimum et à leur maximum, mais encore du rayonnement de la terre qui, au solstice d’hiver, n’a pas encore perdu tout le calorique accumulé pendant les longs jours de l’été, et au solstice d’été, n’a pas encore récupéré tout celui qu’elle avait rayonné pendant les longues nuits de l’hiver. Les époques du minimum et maximum sont en général vers le 15 janvier et le 15 juillet; mais ces époques avancent ou reculent selon les situations topographiques et aussi selon les séries d’années. A Orange, les observations de vingt-sept ans nous donnent le minimum de température moyenne le 5 janvier, et le maximum le 15 juillet. A Paris, les observations de M. Bouvard , consignées dans les Mémoires de l'Académie, t. Vil, donnent le minimum au 25 janvier, et le maximum le 1 5 juil-
MKTKOROI,OfilF A(iRtCOI.E.
let. La température moyenne du jour atteint la température moyenne de l’année en Europe, prise en général, les 24 ayril et 21 octobre. Mais dans l’intervalle qui sépare le maximum et le minimum , la température ne s’accroît ni ne décroît par une marche uniforme.
Après l’équinoxe de printemps, la longueur des jours l’emporte sur celle des nuits, et le soleil, s’élevant davantage vers le zénith, la chaleur augmente rapidement par ces deux effets combinés; de même qu’elle ne décroît rapidement qu’après l’équinoxe d’automne.
Ces irrégularités générales ne sont pas les seules; il y en a d’autres qui dépendent de la situation topographique des lieux. Ainsi, en Europe, on remarque un retour de froid vers le milieu de février. On a voulu attribuer ce refroidissement très marqué du 10 an 13 février, de même que celui du 8 au 13 mai, à l’opposition d’astéroïdes entre le soleil et la terre*. Cette opinion ne parait pas soutenable ; mais Brandes fait observer que, le 10 février, le soleil se lève par le 84° de latitude sur les mers qui sont au nord-est de la Russie, ce qui pourrait occasionner un courant d’air froid qui arrête l’accroissement de la température de tout le centre et le midi de l’Europe.
Du 28 mars au 3 avril régnent souvent , dans le midi de la France, des vents appelés vacarious, qui refroidissent l’atmosphère ; d’autres vents froids se manifestent vers le milieu d’avril. A Paris, c’est à des causes semblables que l’on doit attribuer la marche stationnaire de la température du 25 mars au 15 avTÜ. Selon la situation des lieux, on retrouvera dans les différents pays de pareils temps d’arrêt à diverses époques.
Dans le midi de la France, la chaleur moyenne atteint deux fois son maximum en juillet et en août; à Paris, ces deux maximum paraissent avoir lieu au commencement et è la fin de juillet. La diminution rapide de la chaleur commence à la fin
(1) Annales (le chimie, 1810. mai. p. 320.
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d'août, et la courbe de descente est beaucoup plus régulière que celle d’ascension.
La température ne suit pas toutes les années la même marche; les moyennes, à l’aide desquelles on distingue ce qui appartient aux traits les plus généraux et les plus constants du climat de ce qui n’est qu’accidentel, ne sont elles-mêmes que le résultat de la combinaison de tous ces accidents. Ceux-ci déterminent le caractère particulier de chaque année et de chaque saison, et ont une influence directe sur la végétation. Nous dirons plus loin ec que nous pensons de ces influences, quand nous aurons parcouru la série de tous les phénomènes qui concourent à caractériser les saisons. Nous nous bornerons pour le moment à celles de la température sur les progrès de la végétation.
Qui n’a pas observé que la floraison des plantes, la fructification est plus ou moins avancée selon que la chaleur de la saison a été plus ou moins forte ? De là à conclure que chaque végétal exige une certaine somme de degrés de chaleur pour mûrir, il n’y a qu’un pas. Dès le commencement du siècle dernier Réaumur avait conçu cette idée. « Il serait peut-être curieux, dit-il', de continuer des comparaisons de cette espèce (celles de la chaleur des années et des époques de maturité), de les pousser même plus loin, de comparer la somme des degrés de chaleur d’une année avec la somme entière des degrés de plusieurs autres années ; de faire des comparaisons de la somme des degrés de chaleur qui agissent pendant une même année dans les pays les plus chauds avec la somme des degrés de chaleur qui agissent dans les pays froids et tempérés; de comparer entre elles les sommes de chaleur des mêmes mois en différents pays.» C’est ce qu’ont faitM. de Humboldtet Mahlman en publiantles tables de température moyenne, si ce n'est par mois, au moins par saisons météorologiques.
(1) Méntoires de l’Académie dei Sciences, 173$, p. $59.
MKTÉOROLOC.IE AGRICOLE.
Réauniur continue ; « On fait des récoltes des mêmes grains dans des climats fort différents ; on verrait avec plaisir la comparaison de la somme de degrés de ebaleur des mois pendant lesquels les blés prennent la plus grande partie de leur accroissement, et parviennent à une parfaite maturité dans les pays chauds, comme en Espagne, en Afrique, etc. ; dans les pays tempérés, comme en France, etc. , et dans les pays froids, comme ceux du Nord. »
Ce passage est le germe des travaux que l’on a exécutés depuis Adanson jusqu'à M. Boussingault pour déterminer la quantité de chaleur totale nécessaire à la maturation des différentes plantes introduites dgns la culture.
Un fait très frappant peut, dès le début, nous porter à douter que la température moyenne de l’air soit la seule condition nécessaire, et qu’elle puisse se traduire en une loi générale ; c’est que la moisson se fait à Upsal en même temps que dans le midi de l’Angleterre. Or, la température de l’été est à Londres de 17,1, et à Upsal do 15,1; laissant de cAté ce qui donnerait trop d’avantages à l’argumentation, et ne prenant pour comparaison que l’été, saison dans laquelle s’accomplit la maturité du blé, on voit qu’elle se fait à Londres sous l’influence d’un été qui donne une somme do 1573 degrés, et à Upsal seulement de 1389.
Mais si nous ajoutons que dans les étés du Nord le ciel est plus clair, que les jours sont plus longs qu’à Londres avec son ciel brumeux et sous une latitude qui lui donne des jours bien moins longs, on comprendra que la chaleur solaire joue ici un rAle qu’il ne faut pas méconnaître.
M. Boussingault admet que le blé exigi; 2000 degrés de chaleur moyenne, du renouvellement de sa végétation au printemps jusqu’à sa maturité. Le blé commence à végéter d'une manière sensible quand la température moyenne atteint — 6° ; cette température est atteinte à Orange le 1*' mars, à Paris le