ST
Mai
Juin
25 jours do juin. .
Juillet
On voit que l’égalité se rétablit, et que c’est en effet la chaleur solaire moyenne qu’il faut employer pour connaître l’influence de la chaleur sur la végétation.
Ce principe n’est exact que si l’on compare entre eux des lieux qui ne sont pas i des latitudes très différentes. Mais, dans le Nord, près du cercle polaire, il se passe des phénomènes qui doivent nous rendre très circonspects sur sa généralisation et nous amènent à le modifier profondément. A Lyngen, près le cap Nord à 70 degrés environ de latitude boréale, on a des récoltes de blé abondantes dans les lieux abrités des vents de mer. Cependant la neige n’y disparaît que le 10 juin; mais alors,
MéTEOROLOOIB A6R1C0LB.
pendant un mois, l’on a un jour continuel non interrompu par la nuit. La moisson se fait à la fin d’aoùt ; le froment a poussé, fleuri et fructifié en 72 jours, pendant lesquels la chaleur atmosphérique est ainsi qu’il suit :
10 jours de juin loi®
Juillet 313
Août 261
La chaleur solaire à midi est de 19°10; à minuit,
6,47, ou en moyennè, 12,78 907
Ainsi le blé mûrit à Lyngen avec 1582” de chaleur totale, 886* de moins qu’à Orange. Mais il faut remarquer que, d’après les expériences de Meyer (AcI. de la sac. d’hart. de Berlin 1828, et Linnœa 1829), l’accroissement des plantes no cesse pas durant la nuit ; seulement cet accroissement n’est que la moitié de celui du jour, et il est tout-à-fait étiolé, sans fixation do carbone et sans progrès vers la fructification, qui ne peut avoir lien en l’absence do la lumière. Pour comparer les effets solaires de chacun des deux pays, il faut donc soustraire du chiffre d’Orange toute la chaleur nocturne. Pour y parvenir, nous retranchons dans le tableau ci-dessus, page 87, ce qui appartient à la chaleur solaire. Cherchons les températures nocturnes, d’après les tableaux des températures horaires, nous aurons pour :
Mars, 12 heures de nuit 248
Avril, 11 heures 198
Mai, 9 heures . . 226
25 jours de juin, 6 heures 144
Retranchant 816 do 2468, il reste 1652, c’est-à-dire, aussi approximativement que l’on peut l’obtenir, faute d’ob-
DD CALOKIODB.
senrations assez exactes des chaleurs solaires de jour et des températures horaires de nuit, la même influence calorifique aidée de la lumière qu’à Lyngen. Cette expérience faite dans des lieux éloignés de 27 degrés de latitude nous permet donc d’établir le principe que, pour amener le blé à maturité, il faut qu’il reçoive 1582<> au moins de chaleur totale, solaire et atmosphérique, sous l’impression de la lumière solaire. Ainsi, l’on déterminera à l’avenir si un lieu est propre à la culture du froment, en connaissant la chaleur moyenne obtenue pendant les heures de la journée par la surface du sol au soleil, depuis l’époque où la température moyenne de l’air atteint -{* 6° au printemps, jusqu’à celle où elle descend à — 8*’ après l'été : c’est à ce dernier point que la maturité cesse de pouvoir s’accomplir. En additionnant les températures diurnes pendant ce laps de temps, si l’on n’obtient pas la somme de près de 1600 degrés, on sera assuré que le froment n’aurait pas le temps d’y fructifier. Ce n’est que quand deux pays sont placés sous des latitudes peu éloignées qu’on peut se borner à les comparer seulement par leur température du jour, à moins que d’autres circonstances ne viennent compenser les différences locales.
MM. Edwards et Colin avaient annoncé que le froment ne pouvait pas fructifier, mais continuait à monter en herbe quand il était soumis à une température atmosphérique de plus de 22<*. Ce fait, qu’on appuyait sur l’expérience de semis faits au mois de juin et qui n’avaient pas produit de graines dans l’année, est formellement contredit par l’expérience en grand. M. Codazzi à vu dans la vallée d’Aragua, dans l’Etat de Venezuela, le froment venir à maturité sous une température constante de 23 à 24 degrés * . En Provence, on voitsouvent des grains égrenés, lors de la moisson, pousser en terre, et monter en épi à la fin d’aoùt ; alors en effet la plante a reçu :
(I) Compte rendu de f Académie des Sciences, t. XII, p. 47S.
MBTÉOftOLOGIE AGRICOLE.
En juillet 861°8
En août.' 753®3
en ne comptant que ia chaleur observée au soleil , défalcation faite de la chaleur nocturne, et la température moyenne de l’air a été en juillet 99,5, en août 91,9. Mais si l’on sème épais et que l’on maintienne le terrain frais par des irrigations, en un mot, que l’on fasse ce qu’il faut pour que l’humidité soit excédante, on n’aura que des tiges et des feuilles, comme le remarque M. Boussingeult à propos des travaux de M. Codazzi. Nous examinerons plus loin cette influence de l’humidité sur les différentes périodes de la végétation.
La culture du mais confirmerait au besoin tout ce que nous venons de dire sur l’influence de la chaleur solaire. Le mais mûrit mal à Paris, et il mûrit en Alsace ; la différence des températures de l’air n’explique pas cet effet dont la chaleur solaire rend très bien cçmpte, parce que le climat d’Alsace est beaucoup moins nébuleux que celui de Paris. Semé à Orange au commencement d’avril et récolté au mois de septembre, il reçoit en totalité 4108 degrés de chaleur de jour et de nuit, tandis que le blé mûrit avec 9460 à 9500. En 1836, année où M. Boussingault a vu fructifier lemais, en Alsace, du l^^juin au 1®' octobre, ce grain semé à Paris en mai fut mûr le l*® novembre, après avoir reçu 4000 degrés de chaleur. Schwcrz affirme que de l’autre cûté du Rhin , lè maïs met cinq mois pour parvenir à maturité ; en 1836, on l’obtint en 199 jours en Alsace;
La récolte de la pomme de terre , qui se fait à Orange après avoir reçu 1,800 degrés de chaleur atmosphérique (de mars à juillet, ou de juillet à octobre), en exige 9800 en Alsace et 9900 à Santa-Fè de Bogota, selon M. Boussingault. Mais c’est une plante qui ne peut servir à établir une loi, parce qu’outre qu’elle présente des espèces beaucoup plus précoces les unes que les autres, ce n’est pas la maturité du fruit que
DU CAI.ORIODE.
l’on recherche, mais la production des tubercules, c’csl-à-dire l’accroissement de racines qui suivent d’autres lois que la fruo tification.
Section VIII. — Rapports entre la marche des saisons et celle de la végétation.
La distribution de la chaleur qui se fait entre les jours, les mois et les saisons, est aussi accompagnée de quelques phénomènes naturels qu’il ne faut pas perdre de vue, c’est le développement de la végétation spontanée et les mouvements des animaux qui ont si longtemps tenu lieu de calendrier aux peuples non civilisés. Chaque organisation végétale ou animale obéit à des influences météorologiques qui se traduisent par des actes de sa vie; veille et sommeil, floraison, puberté, fructification, maternité, dessèchement et mort. Mais ces influences ne sont pas égales pour chaque espèce ; tel végétal exige proportionnellement plus de chaleur pour se charger de feuilles, pour épanouir ses fleurs, pour nouer et mûrir ses fruits, qu’il n’en faut à un autre végétal ; celui-ci se contente de chaleur et de lumière diffuse, cet autre veut la lumière directe, et probablement préfère la prédominance de certains rayons colorés.
L’étude de ces phénomènes offre le spectacle le plus attachant et le plus instructif : aussi avons-nous depuis longtemps des calendriers de Flore et des calendriers Géorgiques. Il y a peu de temps, l’académie de Bruxelles a recommandé à l’observation des botanistes les époques de la foliation, de la floraison, de la fructification et de la défoliation d’un assez grand nombre de plantes vivaces, dans le but de déterminer les rapports de la végétation et de la température. Elle désire que ces plantes soient observées dans un même lieu, sous les mêmes influences météorologiques, c’est-à-dire dans des jardins, pour
HÊrÉOROLOGIE AGRICOLE.
éviter les différences notables qu’introduisent' les stations des plantes observées dans la nature. Les observations recueillies par Schübler, en différents lieux et sous des circonstances fort diverses, présentent, en effet, des anomalies qui ne permettraient pas d’en faire la base d’un travail sérieux.
Ce physicien zélé qui a étudié successivement les points les plus curieux et les plus pratiques de la science cherchant à déterminer les rapports des saisons, admettait que par les latitudes moyennes de l’Europe et d'Amérique, les époques d’inflorescence retardaient de quatre jours par degré de latitude. Ainsi , les naturalistes qui avaient observé la floraison de la même plante, l’avaient trouvé en retard sur Parme :
A Munidi, de. . . . 6 jours. A Hambourg, de . . 33 jours.
Tubingue 13 Greisswald
Berlin 23 Christiania
Mais dans les hautes latitudes la végétation était beaucoup moins retardée ; la différence n’était plus que de trois, quatre jours entre Hambourg et Christiania, alors se faisait sentir l’influence de la longueur des jours. ÜJ^’r
Quant aux effets de l’altitude, nous avons une série d’expériences faites en Saxe enl833 etl834par Schübler, àll7— 4l0 et 933 mètres d’élévation ; il en résulte qu’une différence d’altitude de 33 mètres cause dans ce pays les retards ci-après, dans les époques végétales des plantes : .= n ü a
Froment
Seigle
Avoine
Orge
Pommes de terre
Ploraiion.