COURS
MÉTÉOROLOGIE AGRICOLE
I.es plantes vivent dans la (erre et dans l'air : nous venons d'étudier le premier de ces deux milieux ; nous avons recherché sa composition, les éléments qui le constituent, puis ses propriétés physiques, celles des difl'érents sols relativement aux végétaux, et leur valeur relative; c’est maintenant à l’atmosphère que nous allons nous attacher pour reconnattre avec le même soin sa nature, ses modifications et leurs effets sur les plantes. Ce n’est que par l’étude sérieuse des climats que l’on peut parvenir à la connaissance approfondie de l’agriculture, à déterminer les végétaux propres aux différents pays, les assolements qui leur conviennent, et à éviter les fautes qu’a trop souvent causées une imitation servile. « Dans les avantages naturels d’un pays, dit Arthur Young*, le climat est aussi essentiel que le sol, et il est Impossible de se former une idée nette de ses propriétés et de ses ressources, à moins de connaître clairement les avantages et les désavantages de ses différents territoires et de savoir les distinguer des effets accidentels
(f) foyaÿe «n ÉVrtMce, l. Il, p, 188.
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de l’industrie et des richesses; » et, en effet, la même nature de terre qui, en Norwège, produit quelques sapins, porte d’abondantes récoltes de blé en Allemagne, se couvre de riches vignobles en France, et sous le Tropique devient le siège de ces belles cultures de végétaux précieux qui donnent le sucre et les épices. ffHu pour amener des effets si différentsT
Des modifications dans la chaleur, la lumière, l’humidité, qui tiennent elles-mêmes à d’innombrables diversités dans les latitudes, dans la situation respective des terres et des mers,, la direction des vents, etc. La science qui traite de ces modifications prend le nom de météorologie; elle peut se diviser en trois branches principales ; 1° la météorologie ptoprement dite , qui s’occupe des phénomènes divers qui se passent dans l’atmosphère , qui les étudie en eux-mêmes, sans chercher à comparer leurs effets dans les différentes parties du globe; 2° la climatologie , application de la météorologie pure à la surface de la terre, qui nous apprend la répartition et la succession de phénomènes atmosphériques sur les différents points de sa surface; 3® enfin la méteorognosie , qui cherche à déduire les phénomènes futurs de l’observation des phénomènes passés et présents.
La météorologie agricole a sa tâche propre , qui consiste à reconnaître les effets de chacun des météores et de chacun des climats sur la végétation. Des tentatives ont été faites dans ce but par Adanson , Duhamel , de Humboldt , Boussingault, etc. , mais nous nous apercevons à chaque pas combien elles laissent encore à désirer. Nous verrons ici , comme dans l’agrologie , le nombre des problèmes surpasser de beaucoup celui des solutions. Est-ce à dire pourtant que nous devions nous abstenir de tracer le cadre qui doit à la fois nous montrer et nos acquisitions encore si faibles et notre trop réelle indigence? Nous ne le pensons pas. Nous croyons qu’ici , somme dans l’agrologie, une exposition complète de l'état de
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la science appellera sur elle l’attention des hommes studieux, et ne pourra qu’être avantageuse à ses progrès.
Dans cette partie du cours comme dans le précédent, noos passerons rapidement sur l’exposition des principes que nous devons présumer être familiers à nos lecteurs. Nous n’en dirons que ce qui sera nécessaire pour les préparer aux applications agricoles, et si nous insistons davantage sur quelques notions générales, c’est qu’elles n’ont pas encore reçu les développements dont elles sont susceptibles ou qu’elles font partie de nos recherches particulières et que leur importance pour la science agricole nous a fait un devoir de les détacher du reste de nos travaux scientifiques.
Nous suivrons dans notre exposition l’ordre que nous avons indiqué plus haut pour la division de la météorologie. Ainsi, nous commencerons à traiter des phénomènes pris en eux-mômes, sans rapport avec leur distribution géographique; ensuite nous traiterons des climats agricoles et enfin de la météorognosie. La tâche que nous nous imposons est trop difficile et trop nouvelle pour que nous n’ayons pas besoin d’un redoublement d’indulgence de la part de nos lecteurs.