‹ Cours d'agriculture (volume 2)Chapitre 39 sur 105 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Béparlltlon de la lumière et de la chaleur solalresi été* «olalre*.

Les jours nébuleux, ceux où le soleil est obscurci, se répartissent sur la surface du globe, selon deux conditions : le voisinage d’un réservoir d’eau, et la proximité d’un réfrigérant qui condense les vapeurs et les fait passer de l’état aériforme à l’état vésiculaire. Quand le réservoir des vapeurs est rapproché et qu’on est dans une région chaude, l’air est saturé d’bumidité, et les moindres abaissements de température donnent des jours couverts; si les vents soufflent dans une direction venant du réservoir de vapeur, il n’est pas nécessaire qu’il suit très rapproché pour que l’humidité soit extrême; enfin si le réfrigérant est très puissant, comme quand on se trouve dans le voisinage d’une grande chaîne de montagnes, le ciel est souvent couvert par l'effet de l’abaissement de la température, quoique d'abord l’air soit éloigné du point de saturation.

Ceux qui ont étudié les tableaux météorologiques, tels que nous les possédons, savent la difflculté qu'on éprouve à y distinguer les jours véritablement couverts, de ceux où le soleil ne se montre que par faibles intervalles, et de ceux où des nuages isolés parcourant le ciel ne cachent la lumière que par moment et lui laissent toute son intensité après leur passage. Les observateurs font ordinairement trois classes de ces différents états du ciel : dans la 1" ils placent les jours absolument clairs ; dans la 2* les jours moyens , sans distinguer l’étendue des nuages et la région du ciel qu’ils occupent ; enfin dans la 3° les jours couverts. Nous avons cherché, et cela nous a coûté un grand travail, à faire le départ de ces divers éléments; nous u’y sommes parvenus que pour quelques lieux.

314 UÉTÉOHOLOUIK AGRICOLE.

Si les chiffres que nous avons obtenus n'ont pas une valeur absolue qui soit irréprochable, nous croyons au moins qu’ils représentent assez bien les rapports qui existent entre les nébulosités des divers pays.

Les observations directes nous manquent pour faire connaître la répartition de la nébulosité hors de l’Europe. Puisse la force avec laquelle nous insistons sur sa nécessité,' décider les observateurs à ne plus la négliger ! Cependant ce que nous avons dit sur l’évaporation et les vapeurs aqueuses peut nous faire prévoir que sous un même méridien ces vapeurs sont plus abondantes en approchant de l’équateur, mais qu’elles y sont mieux dissoutes, qu’elles sont plus rares vers le pôle, et que c’est sous les latitudes moyennes que leur abondance, jointe à leur dissolution moins complète, rend le ciel plus brumeux, et en lui faisant perdre de sa transparence, abaisse la température solaire. Sous le même parallèle, en Europe, la nébulosité e.st d’autant plus grande que l’on se rapproche plus de l’ouest où se trouve le réservoir des vapeurs ; et d’autant plus faible que l’on avance dans l’intérieur des terres. Ainsi, la ligne d’égale chaleur solaire ne devrait pas s’éloigner beaucoup de la ligne isochimène. La direction des différents courants aériens, selon leur caractère de chaleur et d’humidité propre, devra apporter de nombreuses exceptions à cette loi; de même que le voisinage des grands réfrigérants, les Alpes, les Pyrénées, etc., qui condensent les vapeurs autour de leurs cimes et dans les vallées inférieures, quand elles ne sont pas balayées par les vents.

Pour qu’on puisse se rendre raison de la distribution de la lumière dans les différents lieux, nous les avons rangés sur trois colonnes, par ordre de latitude : la première comprend ceux qui sont situés sur les côtes occidentales des continents et des lies; la seconde, les pays continentaux, et la troisième, les montagnes élevées.

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