‹ Cours d'agriculture (volume 2)Chapitre 63 sur 105 · SRS · texte numérisé non relu

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I Moyenne....

1ÜÜ,9

Section IV. — Quantité d'eau tombée par jour de pluie.

On tirera facilement des deux tableaux précédents la quantité moyenne d’eau qui tombe par jour de pluie, et qui n’est autre chose que le quotient de la quantité tombée, par le nombre de jours entre lesquels elle est répartie. Ce nouvel élément n'indique pas l'état de sécheresse ou d’humidité du climat , car au Caire, par exemple, il tombe très peu d’eau en un petit nombre de jours de pluie ; k TrieSle, beaucoup d’eau dans un petit nombre de jours, et l’une et l’autre localité peuvent passer pour sèches. Mais s’il ne détermine pas la pluviosité d’un lieu, il nous indique la nature de scs pluies, plus ou moins calmes ou torrentielles, et cette connaissance est essentielle pour juger des chances de crues rapides des torrents, de la nécessité de leur opposer des obstacles, là où la somme des pluies se répartit entre un petit nombre de jours ; tandis qu’ailleurs où

DISTRIBÜtIOX DES PLÜIIÎS. 2S9

Jilill. 1

iuiUet.

AoOt,

Septembre

Octobre.

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OBSERrJTlOttS. I

(tuile).

jours.

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jours.

Jours.

jours.

8 ans. £/>A, Manlu

Kaemtz.

12 ans. Kaemiz.

10 ans. Euler. 2 ans. Kiipprcr.

27 ans. PeteTOtschikoU.

4 ans. Kaemiz.

3 ans. Kuppfer. "

3 ans. Kuppter.

3 ans. Kuppfer.

3 ans. Ktippfer.

3 ans. Kiippl'er.

2 ans. Kuppfer.

2 ans. Kuppfer.

6 ans des miss. 1 an de Kuppfer.

cette somme se partage sur un grand nombre de jours , on n'a que des ruisseaux paisibles, et des rivières toujours pleines, ne dépassant pas leurs bords. Voici les résultats que nous offrent les différentes régions pour les saisons de l’année.

Uoj'ciinc par jour pour

l'vonre. l'Iirrrr. ^ printemps i’élé. l'auiomna.

milt.

mill.

milt.

mill.

mill.

1® Angleterre à l’ouest 5,9

2“ Angleterre à l’est 4,5

3® Côtes de l’ouest 5,4

4® France mérid., Italie du sud. 8,9

5° Italie du nord 9,8

6® France septentr., Allemagne. 4,7

7® Scandinavie 3,8

8® Russie 3,6

A la lecture de ce tableau, on ne s’étonnera plus des crues d’automne des torrents et des rivières do la France méridionale II. 19

MÉTÉOROLOGIE AGRICOLE

et de l’Italie; ni de la belle agriculture de l’Italie du nord, où des pluies aussi abondantes pénètrent profondément la terre en été; ni do l’égalité du climat des trois premières régions, sous le rapport des pluies comme sous tant d’autres. Kous y voyons aussi que les lieux où les jours de pluie de l’été versent le plus d’eau en comparaison des autres saisons, sont tous situés dans l'intérieur du continent, Tltaiio septentrionale, la France, l’Allemagne et la Russie.

Mais si nous scrutions ce qui se passe dans quelques localités particulières, nous trouverions des chiiTres bien plus frappants. Ainsi, en ne consultant que les chiffres moyens de l’année, nous avons :

mill. miU.

A Gènes 10,2 A Joyeuse. ... 12,8

A Milan 10,5 A Toulon 12,7

A Cumajorc . . . 11,1 A Trieste 31,5

Ces nombres no sont rien encore à coté du peu que nous savons sur les pluies majeures. Il faudrait avoir les observations originales, au lieu de simples résumés, pour pouvoir les énumérer dans les différents pays. M. Arago en cite différents exemples* : ainsi, à Bombay, on recueillait en un seul jour, en 1819, 162"'"’, 4 d’eau; à Cayenne, M. Roussin vit tomber, en 14 heures, 277'"'", 8 d’eau, ce qui n’égale pas la pluie observée à Gènes en 1822, le 25 octobre, qui donna 812"’“’, 1 d’eau. Dans cette même ville, MM. Garibaldi et Grillo ont observé, le 22 août 1835, une pluie de 141"’"’, 7, et le 16 septembre 1838, une autre de 159“’°’,0. Nos propres observations nous donnent, pour Orange :

mil}.

7 octobre 1820 153,3

14 septembre 1830.. . . 145,4 4 octobre 1843 128,0

Les inondations de l’Ardèche, en 1827, furent causées par (1) Annuaire ihi Bureau des longitudes, 1824, p. ICO.

tjlSfRrtmON DES PLUTES. 29 1

des pluies qui donnèrent, les 8 et 9 octobre, à Joyeuse, 791”, 7 d’eau en 24 heures*, ce qui, attendu l’exactitude de l’observateur, M. Tardy de Brossy, met hors de doute la quantité observée à Gènes.

Ce sont là do véritables trombes quf transportent sur un point une quantité considérable de vapeurs ; c’est par un semblable effet que le village de Goncelin (Isère) fut entièrement submergé, renversé par une pluie torrentielle qui s’engouffra dans le vallon à l’entrée duquel il est situé; celle qui ravagea la ville de Saint-Étienne, en 1834, versa à Saint-Symphorienle-Château plus de 324™, 8 d’eau. C’est dans les régions où les chiffres moyens signalent des quantités de pluies les plus fortes que se présentent ces phénomènes dangereux.

De pareils déloges, dans la région méridionale, sont très fâcheux pour l’agriculture, en ce qu’ils couchent et renversent les plantes sur pied , qu’ils ravinent les terres, obligent à les soutenir par des murs partout où elles présentent un peu do pente ; mais ils le sont surtout pour les propriétés limitrophes des rivières et des torrents dont ils rompent les digues, en se frayant un passage à travers les terres, qu’ils couvrent de pierres et de graviers et jamais de bon limon , s( ce n’est dans les parties les plus éloignées de leur point de départ. C’est à ces pluies d’averse que l’on doit attribuer surtout la nudité des montagnes de ces régions. Sans doute , il a été très imprudent de les priver de bois et de gazon ; la transhumance des troupeaux qui ont transformé les forêts des Alpes en pâturages, et surtout les défrichements ont accéléré la dévastation ; mais il n’est pas douteux que, sous un climat dont les pluies s(>raient plus régulières, le rocher n’cùt pas été mis à nu, comme il l’a été dans tous les pays anciennement habités de la région méditerranéenne. La main de l’homme parviendra-t-elle à réparer le mal dont elle a été complice? C’est là un grand problème

(1) Bihliot. univers., t. XXXVII, p. 7 et 8.

MRTKOROLOr.IR AGRTCOI.E.

qui doit être mieux étudié qu’il no l’a été jusqu’ici, car l’étendue du mal est encore ignorée, l’on n’cn a signalé que la nature, et quant au remède, il faudrait savoir à qui il est possible do demander les moyens de l’appliquer; quelle main est assez forte pour l’obtenir et le diriger ; quelle institution, mise à l’abri des révolutions d’opinion et de politique, peut perpétuer le traitement qui devra durer des siècles , avant d’avoir rétabli nos montagnes dans l’état dont tant de siècles d’incurie les ont fait sortir.

Section V. — Groupement des pluies.

Si l’on considère l’effet de l’évaporation sur la terre, celui de l’imbibition, les facilités ou les obstacles que peut avoir l’écoulement dans un grand nombre de sols , on concevra que tous les éléments que nous venons d’énumérer sont encore insuITlsants pour caractériser un climat, mais qu’un de ceux qu’il nous importe le plus de connaître , c’est le groupement des pluies, c’est-à-dire leur succession pendant plusieurs jours consécutifs, et les intervalles qui les séparent. Supposons en effet un pays qui reçoive 10 pluies de 3 millimètres (Berlin), dans le mois de la plus grande végétation, et un autre qui en reçoive 4 de 1 5 millimètres (Trieste) ; supposons que ces pluies soient également distribuées dans le mois, il pleuvrait à Berlin tous les trois jours, à Trieste tous les sept à huit jours ; tous les trois jours, à Berlin, les plantées se satureraient d’eau par leurs feuilles, leurs poils, leurs pores, leurs radicules, en un mot, par toute leur surface extérieure ; à Trieste, cette saturation n’aurait lieu que tous les sept jours. La terre, au moins, serait-elle imbibée assez fortement pour que, dans ce dernier lieu, l’absorption des racines pût suppléer à celle des feuilles? Le serait-elle assez peu à Berlin pour qu’il y eût ainsi compensation? Mais il faut observer qu’un retour de pluie

UISTUIBUTION DES PLCIES. 293

tous les trois jours suppose un climat habituellement nébuleux, par conséquent , peu de chaleur solaire et peu d’évaporation tenestre; tandis que le climat où il ne pleut que tous les sept jours suppose un ciel ordinairement serein où l’évaporation est très forte.

Mais si , au lieu d’une pluie tous les sept jours, les 4 pluies du mois avaient lieu à Trieste en un seul groupe de 4 jours, suivi de 27 jours de sécheresse, les plantes soufiriraient manifestement. Il est donc important, surtout pour les contrées où les pluies sont rares, de connaître les intervalles moyens qui séparent les pluies entre elles, et de déterminer les probabilités de régularité ou d’irrégularité de leur retour, car ce sont ces probabilités qui rendent l’agriculture régulière ou chanceuse, et qui doivent déterminer le choix de telles ou telles cultures spéciales. Il est donc fortement à désirer que l’on puisse, par un système d’observations mieux coordonné et plus régulier, obtenir sur chaque localité les renseignements nécessaires, afin que la science agricole cesse de se tenir dans un vague nuisible à ses progrès.

L’étude des intervalles moyens des pluies est encore à faire, et nous n’avons pour la tenter qu’un petit nombre de lieux dont nous possédions les observations complètes; car il ne suffit pas ici de résumés où l’on ne trouve souvent que ce qu’on ne cherche pas. Heureusement ces lieux sont placés de manière à donner une idée du groupement des pluies dans toute la partie occidentale de notre continent ; pour former ces groupes, nous comptons dans chaque mois le nombre de pluies qui se suivent , le nombre de jours d’intervalle entre elles ; nous additionnons séparément ces deux séries ; nous divisons le total par le nombre des groupes, et nous avons ainsi le chiffre moyen du nombre de jours d’un groupe moyen, et celui de l’intervalle moyen. C’est de cette manière que nous avons trouvé les chiffres suivants :

H^TÉOROLOGiE AGRICOLE.

Nicolosi Orange Paris

Jours

d'inUrrallo.

Jour* de pluie eoneécut.

inlertaUe.

pluie.

iulerralle.

pluie.

Janvier.. .

Février. .

Avril.. . .

Mai

Juin. . . .

Juillet. . .

.4oùt.. . .

Septembre.

Octobre. .

Novembre.

Décembre.

Année. . .

Ainsi l’on voit que les intervalles de pluie deviennent toujours plus grands en allant du nord au midi, et que le nombre des jours de pluies groupés ensemble diminue aussi dans le même ordre. On volt qu’en moyenne, on a à Jiicolosi 1,7 jour de pluie, suivis de 10,8 jours do sécheresse; à Orange 1,7 de pluie, suivis de 4,6 de sécheresse ; à Paris 3 jours de pluie, suivis do 4 jours de sécheresse. On remarque ensuite que les intervalles sont les moindres pour chaque localité, dans le mois où se développe la végétation : celui de mai à Nicolosi, d’avril à Orange et à Paris; dans ces mois aussi le groupe des pluies est plus fort à Nicolosi et à Orange, mais à Paris, c’est en juillet que le groupe de pluies est le plus considérable.

Si, de l’examen de cet état moyen, nous voulions passer aux probabilités d’un état extrême, il nous faudrait connaître l’état de l’évaporation dans les trois lieux ; nous avons déjà dit combien les observations de ce genre que nous possédons présentent d’inexactitude, et, en particulier, que nous ignorons presque partout le'chiffrede l’évaporation terrestre ; cependant, pour offrir un type de nos raisonnements, nous nous servirons

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