DISTRIBUTION DES PLUIES
des observations que nous avons, en supposant que l’évaporation terrestre soit le tiers de celle de l’eau.
Il tombe à Nicolosi, pendant le mois d’avril, 11““, 3 d’eau, par jour de pluie ; les séries de pluie sont de 1 ,9 jour, et donnent par conséquent 21””, 6 d’eau. L’évaporation à Catane, près de Nicolosi, est de 1””,4 par jour, pendant ce même mois , et par conséquent de 1 3““, 4 pour les 9, 2 jours qui séparent les pluies ; il reste donc habituellement alors 8“”, 2 d’eau dans le sol au profit des plantes ; et pour que la sécheresse fût complète, il faudrait, ou qu’il n’y eût eu qu’un seul jour de pluie, ou que l’intervalle des pluies fût de 14,4 jours. Or, nous trouvons que Tune ou l’autre de ces combinaisons s’est présentée 24 fois sur 23 années. Ainsi, à peu près chaque année, on doit trouver dans ce pays et dans ce mois un intervalle plus ou moins long de jours pendant lesquels les plantes souffrent de la sécheresse. Il faut donc avoir recours à l’irrigation, ou bien rendre la cul-
ture des arbres prédominante.
A Orange, nous avons pendant le mois de mai ;
nüU.
Par jour moyen de pluie 7,0
Pour chaque série de pluie de li,§ 1S,6
Evaporation terrestre pour chaque intervalle moyen de Si,l* 7,5
Reste d’eau en terre. .... 5,1
Si la durée de la pluie moyenne n’est que do 1 jour, ou que l'intervalle soit de 6 jours, il y aura sécheresse en terre pour les plantes; ces combinaisons se sont rencontrées 12 fuis sur 17 ans, il y a donc une probabilité de 2 contre 3 environ, qu’il y aura un intervalle de quelques jours où, pendant le mois de mai, les plantes souffriront de la sécheresse, à Orange.
Relativement aux céréales, c’est le mois de juin qui, à Paris, offre la période de végétation qui se présente au mois de mai, à Orange.
(1) Fotr le tableau do l’évaporation terrestre à Orange, p. llfl,
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396 MÉTÉOROLOGIE AGRICOLE
Nous avons pendant ce mois une pluie moyenne par jour de et pour chaque groupe de 3i,5, une
quantité de * 14,3
L’évaporation de l’eau est par jour, pendant ce mois, de l’évaporation de la terre, de O'"'"-, 8, et
pour l’intervalle moyen de 4i,2 3,3
Reste d’eau en terre 11,0
Pour qu’il y eut sécheresse, il faudrait qu’avec 1 seul jour 4 1
de pluie l’intervalle fût de — = 5 jours ; avec deux jours de
pluie, l’intervalle de 10 jours, ainsi de suite. Ces circonstances se sont présentées 11 fois en 33 ans; il y a donc probabilité, seulement de 1 sur 3, qu'il y aura un intervalle de quelques jours où , pendant le mois de juin , les plantes souffriront de la sécheresse à Paris. Mais ce risque est déjà suiBsant pour faire apprécier les avantages de l’irrigation dans cette contrée.
Si l’on faisait une semblable analyse pour un grand nombre de lieux, nous pourrions avoir une idée complète de l’état des cultures dans leurs rapports avec les climats ; surtout si, ne se bornant pas à la saison du printemps, on recherchait aussi les probabilités de la sécheresse au moment des récoltes, d’une humidité suflisante au mom*ent des ensemencements, etc. Le pénible travail que nous venons de faire pour trois localités seulement peut donner une idée de ce qu’il importe d’obtenir en ce genre, si l’on veut établir définitivement les climats agricoles sur des bases rationnelles. „
Section YI. — Des vents de pluie.
Nous avons vu dans la première partie les conditions qui constituent un vent pluvieux pour une localité donnée ; il ne sera peut-être pas inutile de voir l’application de ces principes en Europe ; nous plaçons donc ici les résultats de nos investigations à ce sujet. Nous remarquerons d’abord que le vçnt
DISTRIBUTION DES PLUIES, qui donne les pluies les plus fréquentes n’est pas toujours celui qui est le plus pluvieux ; je m’explique par un exemple. Il pleut è Orange 32 fois par le vent du nord, 25 fois par le vent du sud, 8 fois par le vent du sud-est; mais le vent du nord souille 209 jours de l’année, le vent du sud 68 jours, et le vent du sud-est 8 jours ; ainsi , bien que le nombre des jours de pluie soit le plus grand dans l’année pour les vents du nord, puis pour les vents du sud, et enfin, en dernière ligne, pour ceux de sud-est, il n’en est pas moins vrai que chaque fois que le vent du nord souffle, il n’y a que 0,1 5 de probabilité pour qu’il pleuve, tandis qu’il y a 0,36 par le vent du sud, et 1 ,00 par le vent de sud-est. Celui-ci est donc en réalité le vent le plus pluvieux de ce pays, puisque chaque fois qu’il parait, on peut parier presque à coup sûr qu’il sera accompagné de pluie. La quantité de pluie qui tombe sous l’influence des dif- V férents vents est ordinairement la plus forte pour les vents qui ont la plus forte probabilité d’amener la pluie. Nous distinguerons donc dans les vents, considérés par rapport aux pluies, les probabilités que tel ou tel vent amènera la pluie, et celles que tel ou tel vent amènera telle quantité de pluie. Ce dernier terme n’a pu être obtenu partout, faute de pouvoir disposer d’observations complètes pour la plupart des lieux. Nous n’avons d’ailleurs fait ces calculs que pour un petit nombre de localités choisies dans les différentes régions ; mais on conçoit combien il serait avantageux que de semblables résultats fussent obtenus pour toutes les localités. Il faudrait pour cela que toutes les circonstances spéciales de chaque lieu furent tout-4-fait définies. On pourrait alors régler presque avec certitude le travail agricole, et s’arranger pour que le mauvais temps fit faire aux cultivateurs le moins de pertes possible.
Dans le tableau suivant, la première ligne de chaque localité indique le nombre des pluies qui tombent chaque année, par chaque direction de vent ; la seconde, la probabilité qu’il
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