‹ Cours d'agriculture (volume 2)Chapitre 88 sur 105 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Eaiplacement.

5 I". — Do la salubrité.

La première condition dans le choix d’un emplacement est la salubrité. Il est même un assez grand nombre de cas où il devient nécessaire de séparer entièrement les bâtiments d’exploitation du domaine : c’est là une condition fâcheuse, mais à laquelle le propriétaire doit savoir se soumettre; ainsi, dans les pays de mauvais air, où régnent des fièvres endémiques d’une mauvaise nature ou des fièvres pernicieuses, il ne faut pas hésiter, si à proximité il se trouve un emplacement saluhro, à en faire le siège de l’exploitation. Il résultera certainement de cette disposition du temps perdu, mais qui ne peut être mis en balance avec la vie des hommes. Assurément il y a une limite à ce sacrifice , mais on n’est que trop porté à la réduire outre mesure ; cette tendance fâcheuse tient à ce que les propriétaires cherchent toujours à exagérer leur capital ; ils ne veulent pas considérer que l’insalubrité doit nécessairement réduire sa valeur. L’assimilation entre ces terres et des terres de même qualité placées dans un pays salubre n’est possible qu’autant qu’on tient compte, soit du danger auquel les cultivateurs sont exposés, soit dos mesures nécessaires pour l’atténuer.

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C’est cette considération qui doit fixer la limite du sacrifice ; cette limite ne peut pas se déterminer sur-le-champ par la dilTércnce du prix de ferme; les habitudes prises, l’insouciance, quelquefois surprenante, des cultivateurs, leur feront d’abord probablement tenir très peu de compte des avantages qu’on leur aura procurés : mais bientôt la réputation de la ferme s’établira, et le propriétaire se trouvera amplement payé de scs sacrifices par la facilité d’affermer, par l’élévation des baux, par l’augmentation du capital, et par des sentiments plus relevés de satisfaction, dont il faut aussi savoir tenir compte.

Néanmoins, quand cette limite est dépassée, il y a deux partis à prendre : si l’air est trop pernicieux, comme dans certains cantons de la Sardaigne, delà Corse, de l’Italie, c’est dans le changement de culture même qu’il faut trouver le remède au mal. On doit modifier la culture de manière à ce que les travaux se fassent et les produits se recueillent dans les saisons où le danger est le moindre, et que les produits puissent, en raison de leur valeur, supporter les frais d’un transport considérable. Les constructions agricoles ne consistent plus alors qu’en abris passagers.

Si, au contraire, l'air n’est pas assez mauvais pour empêcher l’habitation, il faut au moins en combattre les effets par tous les moyens connus ; interposer un rideau d’arbres entre les bâtiments et les marécages , placer toutes les ouvertures du côté opposé aux sources du mauvais air, s’asseoir aussi près que possible des eaux courantes, s’il y en a à proximité, garantir les issues par des châssis, voûter les appartements et donner de l’épaisseur aux murs pour éviter les variations do température, et par suite la précipitation des miasmes, enfin prendre toutes les précautions hygiéniques recommandées, tant pour les hommes que pour les animaux, et dont l’énumération sortirait de notre sujet.

ARCHITECTURE RURALE

S II. — De l’humidité du sol.

Toutes les causes qui peuvent affecter la santé générale des hommes et des animaux , et la conservation des récoltes , doivent être pesées chacune en raison de son importance quand il s’agitduchoixd'unemplacement.L’humiditédu sol est un des inconvénients les plus graves; souvent elle affecte les animaux plus que ne ferait le mauvais air. Quand elle est inévitable , l’art offredes moyens pour la combattre, et nous parlerons de ces moyens dans la seconde partie; mais, en général, il est facile de trouver dans une propriété un emplacement à l’abri de l'humidité ; ces emplacements sont, du reste, ceux sur lesquels la construction est d’ordinaire lu plus économique, car les sols humides présentent des difficultés de fondations qu’on ne surmonte que par une augmentation de dépense. Ainsi on doit éviter les fonds de tourbe ou de glaise, dont la présence indique la stagnation des eaux ; on doit éviter aussi les sous-sols argileux, car leur imperméabilité cause une humidité constante à l’endroit de leur contact avec les terrains perméables. Les coupes naturelles du terrain dans les chemins creux, dans les fossés, dans les éboulis, la disposition générale du pays ou l’inclinaison des couches, la végétation spontanée elle-même, sont des indices précieux que le propriétaire ne saurait examiner avec trop de soin pour fixer ses idées sur la sécheresse d’un emplacement.

S III. — De l’expositioni

L’exposition a aussi une grande influence sur la santé générale des habitants de la ferme ; nous en avons déjà parlé au sujet des pays de mauvais air ; nous avons à traiter cette question d'une manière générale. En principe, et sauf de rares

EMPr-ACEMF.NT,

exceptions, la meilleure exposition pour l'homme est aussi la meilleure pour les animaux domestiques et pour lu conservation des denrées ; mais comme il est difficile, sans des développements fâcheux sous d'autres rapports et notammeut sous celui de la dépense, de donner à tous les bâtiments d'une ferme la même exposition, il faut poser une limite à l’application du principe , et se contenter de se rapprocher le plus possible des expositions reconnues les plus avantageuses dans le pays où l’on construit.

En générai, dans les latitudes tempérées, l’exposition du midi est do beaucoup la meilleure. Nous en avons donné les raisons dans l’agrologie (exposition des terrains); à cette exposition, les variations de température sont plus graduées. On y passe moins rapidement du mtntmum au maximum qu’aux expositions de l’est et de l’ouest ; et personne n’ignore que la variation brusque des températures est une des sources les plus ordinaires des maladies qui affectent l’homme et les animaux tout aussi bien que les plantes, en altérant les fonctions respiratoires.

L’exposition nord, quoique froide, ne présente certainement pas les inconvénients de celle du couchant et du levant, et nous ne craignons pas d’affirmer que l’orientation sud pour les terrains, en les supposant légèrement inclinés, et l’orientation sud et nord pour les bâtiments doivent être préférées en général. Il est bien entendu que dans l’orientation sud et nord les ouvertures principales doivent être placées au sud.

Si la disposition du terrain s’oppose à ce choix rationnel , on doit préférer les inclinaisons qui passent du sud au nord par l’est , à celles qui passent du sud au nord par l’ouest , et on doit tâcher de corriger le défaut d’exposition du terrain par l’orientation du bâtiment et des ouvertures, ce qui sera facile et peu dispendieux si l’inclinaison des terrains est faible , ce que l’on doit rechercher avec soin , car une

ARCBITECTDBE RURALE.

forte inclinaison est en général une source d'incommodités et de dépenses.

§ IV. — De l’élévation auKlessus du sol.

Malgré toutes ces précautions, on ne garantirait pas encore complètement les bâtiments de la ferme de l’humidité , si on n’avait soin de leur donner une légère élévation au-dessus du terrain naturel ; on peut, pour le logement du fermier, porter cette élévation à 50 centimètres ; pour la cour et les bâtiments d'exploitation, on doit se contenter d’une surélévation de 25 centimètres; cette précaution indispensable, et malheureusement trop négligée , n’entralne pas d’augmentation sensible dans la dépense, en permettant d’utiliser les remblais qui proviennent des fouilles pour l’exhaussement du sol et de la ferme : tous les agriculteurs comprendront du reste quel avantage leur donne cet exhaussement pour faciliter l'écoulement des eaux ménagères et autres.

SV. — Des plantations d’arbres.

La disposition des ombrages aux abords de la ferme exerce aussi une influence marquée sur la santé et la sûreté de ses habitants. Mous ne pensons pas qu’il convienne en général de placer les arbres à trop grande proximité des constructions et dans toutes les directions; iis -gêneraient la circulation de l’air et l’action bienfaisante du soleil, contribueraient ainsi à rendre humides les bâtiments , et particuliérement les greniers , par l’clfet des feuilles accumulées sur les toits. Mais il n’en est pas moins certain que dans chaque localité telle ou telle direction du vent aflccte, d’une manière fâcheuse, pendant toute la durée de son action, la santé dès colons, des animaux d’exploitation, provoque la fermentation des grains et accélère la corruption des pro-

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visions de ta ferme. Quelle que soit la cause à laquelle on poisse attribuer ces effets, il est positif que l’interposition d’un massif d’arbres , dans la direction du vent , a des effets salutaires et peut présenter, dans d’autres circonstances , des abris, un ombrage et de précieuses ressources. En ménageant dans le massif des arbres à tige élevée , on prévient en outre, en partie , le danger de la foudre , et cette considération n’est pas sans importance. Enfin l’agrément de l’aspect du corps de ferme doit aussi être mis en ligne de compte, et il gagne beaucoup à cette disposition. Il est un antre genre de plantations que les conditions particulières du climat peuvent rendre utiles : ce sont celles qui sont destinées è préserver les bâtiments de l’action des vents qui, sans être insalubres, affectent désagréablement les habitants de la ferme en hiver par leur violence et leur température, et occasionnent quelquefois des maladies inflammatoires, particulièrement dans l’espèce ovine. Ces abris, qui sont nécessairement formés d'arbres verts, ont toutefois des effets fâcheux en empêchant la circulation de l’air en été, et l’exagération de leur emploi a ordinairement plus d’inconvénients que d'avantages. Nous pensons qu'il vaut mieux atténuer les effets du vent par l’épaisseur deS murs qui font face au nord, l’aménagement des ouvertures, les bonnes fermetures, et au besoin les fermetures doubles. Nous n’entendons pas néanmoins proscrire l’usage de ces abris , d’autant mieux qu’il est toujours facile de les supprimer dès qu’on s’aperçoit que les inconvénients surpassent les avantages.

§ VI. — De la configuration du domaine.

De toutes les questions que soulève le choix de l’emplacement d’un bâtiment de ferme, la salubrité est de beaucoup la plus grave. Mais, cette condition satisfaite, il en est beaucoup d’autres auxquelles il est imprtant de pourvoir et

ARCniTECTORE RÜRAI.E.

qu'il est ordinairement fucilc de concilier avec elle. La position des bâtiments relativement aux terrains de la ferme est généralement considérée comme étant fort grave. Cette position est déterminée par la condition de donner le minimum de fatigue pour le service des terres et la rentrée des produits. En supposant un domaine horizontal , et dont les terres sont homogènes, cette position est le centre de ligure du domaine. Elle varie dans les terrains inclinés, par la considération que les poids les plus lourds sont tantôt ceux de sortie, tantôt ceux de rentrée : l’emplacement de la ferme devrait être placé, dans le premier cas, en amont du centre de figure, dans le second cas en aval ; cette position devrait descendre encore si, comme il arrive ordinairement , les terrains les plus élevés étaient d’un produit moindre que ceux qui occupent le bas du domaine, et demandaient ainsi moins de charrois de toute nature. En général, à notre avis, entre de certaines limites, la question n’a pas toute l’importance qu’on lui attribue; elle est dominée par la disposition des chemins ruraux, la forme des terres, qu’il est souvent essentiel de ne pas altérer, la possibilité de se procurer des eaux pérennes pour le service de la ferme , la proximité de chemins publics en bon état, qui facilitent les transports et rendent moins lourde la charge de l’entretien qu’un propriétaire soigneux ne manque pas de s’imposer; néanmoins il convient de déterminer, dès à présent, l’influence de la position géométrique de la ferme.

Supposons, pour plus de simplicité, une ligne sur laquelle les transports doivent être également distribués ; en représentant les transports par des poids, et les distances de transports par des bras de levier, les forces de traction nécessaires aux transports ruraux seront exprimées par la somme des moments des diflérents points de la ligne par rapport au point qu’on aura choisi pour centre d’exploitation. Si le centre d’exploitation est placé au milieu de la ligne , la somme des

RMPLAr.KMF.NT.

moments est exprimt^e par la masse vi des Iranspoi ls, mulU-

pliée par le quart de la longueur l de la ligne, soit — . Si le

centre d’exploitation est à une extrémité de la ligne , cette somme est exprimée par — .

Ainsi la somme des transports effectués entre la ferme et les différents points du domaine peut varier du simple au double, suivant l’emplacement de la ferme : apprécions-en l’importance. Dans un domaine exploité par l’assolement triennal avec jachères, la quantité des transports de la ferme aux champs et réciproquement est annuellement de neuf voitures à deux colliers par hectare.

La formule du prix des transports est ;

cc=LÜ£±£)

X exprimant le prix de transport d’un mètre cube;

D la distance de la ferme au lieu de chargement ;

P le prix du tombereau à deux colliers, dans les usages du pays;

d l’espace que parcourrait le chariot s’il se mouvait pendant le temps perdu au chargement et au déchargement;

l le parcours journalier d’une charrette marchant sans interruption ;

c le cube du chargement.

Posons :

P = 7 fr.

ce qui est une condition assez ordinaire en France. Si nous supposons D = 500" nous trouvons pour le prix du transport II. • 29

ARCHITKCTÜBK RURÀLR.

du métro cube 44 cent. , et 35 cent, pour le prix du voyage portant 0“,8.

Si 500“ est égal au quart de la longueur totale du domaine, la limite supérieure du prix des transports sera trouvée en faisant, dans notre formule D= 1000“, toutes choses égales d’ailleurs, et nous trouvons x = 68 cent., le prix du voyage est donc de 68 cent. X 0“,80 ou de 54 cent. •, la différence entre les deux limites est donc de 19 cent, par voyage, et, pour les neuf voyages par hectare, de 1 fr. 71 c.

Si le domaine est de cent hectares, la perte peut donc aller à 1 7 1 fr. par an, pour les transports. Il faut compter, en outre, le temps perdu, soit par les hommes, soit par les animaux, pour se rendre aux cultures, et qu’il est facile d’évaluer en journées. Les journées do cheval, pour les cultures d’un domaine de cent hectares, sont de 400 ; un excès de distance moyenne de 500“, pour l’aller et le retour, représente 15 minutes de perte par journée; on perdra donc, pour les 400 journées, 10 journées d’animaux à 3 fr. 50 c., soit 35 fr.; pour les journées d’hommes, le nombre en est de 800 environ : la perte est donc de 20 journées d’hommes, soit 40 fr.

La perte totale due au mauvais emplacement de la ferme peut donc, pour une ferme de cent hectares exploitée par l’assolement triennal ayec jachères, s’exprimer de la manière suivante:

Pertes sur les transports 171 fr.

Pertes sur les journées de bétes de trait. 35

Pertes sur les journées d’hommes. ... 40

Total 246

Ce qui représente un capital de 5,000 fr.

Si l’emplacement ne s’écarte pas du centré de figure de plus du quart de la plus grande dimension, ou de l’axe prin-

ml

cipal du domaine, la somme des moments est exprimée par —

et celte perte se réduit à moitié; nous osons dire, dans ce cas,

BMPLACKHRTTT.

que, tout en tenant compte de la position géométrique, on doit la faire céder ou la modiâer en raison des circonstances accessoires qui ont une grande importance pour la ferme.

5 VII. — Des chemins d’exploitation.

Dans le choix de l'emplacement d’une ferme, il importe d’avoir égard à la disposition des chemins d’exploitation et, '

par suite, à la forme des terres. Quand les chemins existants |

sont fortement en déblai ou en remblai, on s’exposerait à une charge très lourde en voulant changer leur position, surtout '

en raison du nivellement des terres dans les nouvelles formes |

qu’elles affecteraient par suite de ce changement. Il faut donc ^ '

alors les conserver et rejeter les emplacements qui forceraient à en altérer notablement le système. Néanmoins il faut avoir soin de ne pas s'exagérer les conséquences d’un changement, car il arrive souvent qu’il est avantageux à l’exploitation, surtout s’il tend à substituer, sans trop de frais, un parcours facile à des communications mauvaises en tout temps et impraticables pendant une partie de l’année. Dans ce cas, les calculs établis plus haut pour le coût des transports ne peuvent plus i

être admis, la dépense pouvant, par le mauvais état des communications, devenir le triple de ce qu’elle devait être, et affecter les revenus du domaine d’une manière beaucoup plus forte que ne sauraient le faire, soit la position géométrique de ta ferme, soit la dépense capitale d’établissement et l’entretien d’un bon système de chemins d’exploitation. Il est vrai que l’énorme quantité de journées perdues dans la plupart des propriétés rurales rend moins sensibles les imperfections de viabilité ; mais c’est là un système vicieux et qu’on doit tendre incessamment à modifier. Toutes les journées des habitants j

de la ferme doivent être employées, soit dans la ferme, soit au dehors ; et des pertes dans les transports d’exploitation , qui

ARO-inTECTCRK RURALE.

peuvent aller à 90 journées de voiture à deux colliers avec leur conducteur, pour une ferme de cent hectares, doivent être considérées comme des pertes sèches, et évaluées en argent au prix courant des journées, ce qui, en France, revient annuellement à plus de 600 fr. On conçoit donc combien il importe d’avoir égard à la distribution des chemins d’exploitation, quand il s’agit du choix d’un emplacement, puisque tous les transports doivent partir de la ferme et lui aboutir, et combien il est utile par conséquent de se placer près d’une voie de grande communication, s’il s’en trouve par bonheur une traversant ou longeant la propriété sur une assez grande étendue.

5 Vin. — De la proximité des cours d’eau et du forage des puits.

On doit prendre en très grande considération la possibilité d’avoir des eaux salubres et abondantes pour les besoins des hommes et des bestiaux, pour l’arrosement du potager, pour la confection des fumiers, et pour tous les différents usages de la ferme ; la meilleure condition est celle où l’on peut amener les eaux , par une simple dérivation, au niveau de l’emplacement choisi ; il est rare, quand cette heureuse circonstance peut se rencontrer, que la commodité qui en résulte ne paie pas amplement les dépenses d’amenée.

S’il est impossible de satisfaire à cette condition, et c’est malheureusement le cas le plus ordinaire, on doit au moins s’assurer s’il est possible d’établir des puits pérennes sans frais trop considérables : nous avons conseillé plus haut d’éviter, pour l’emplacement des constructions, les sous-sols argileux, à cause de l’humidité qu’ils entretiennent ; mais on doit considérer que ce sont ceux qui offrent le plus de chances de donner des puits pérennes; on peut concilier ces deux conditions en ayant soin, ce qui est souvent facile, de choisir un point où la profondeur du sous-sol soit supérieure à celle des maçonneries

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de fondation des bâtiments ; bien qu’il résulte de cette profondeur des frais plus considérables pour l’établissement des puits et pour l’extraction de l’eau, on doit considérer que la profondeur elle-même est une garantie de l’alimentation, et qu’il est important pour la ferme de pouvoir établir des caves pour son service et la conservation de certaines denrées, sans craindre do les voir noyées. Une profondeur de r> mètres est très convenable, et nous conseillons, avant toute décision sur le choix d’un emplacement, de s’assurer par la sonde de la condition du terrain sous ce rapport, quand il est impossible d’amener des eaux courantes.

A défaut de puits pérennes de surface, il est souvent possible d’y suppléer par des puits artésiens ; l’expérience des voisins, et à défaut la constitution géologique du pays, doivent être prises en considération. Au besoin, on procédera à un sondage avant de rien arrêter.

Enfin, si le sol ne présente nulle part les conditions favorables à l’alimentation de la ferme, il est évident que les constructions peuvent sans inconvénient être placées dans l’un des points les plus déprimés, et on suppléera par un puits profond au vice de la perméabilité du sol.

§ IX. — Résumé.

Les différentes conditions qui doivent guider le propriétaire dans le choix d’un emplacement peuvent se résumer ainsi qu’il suit :

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