SECONDE NOTE
IIELATIVE A LA LIMITE DE LA RÉGION DE L’oLIVIER EN ESPAGNE.
Nous n’avons jusqu’à présent que des notions très imparfaites sur la végétation des côtes occidentales de la péninsule ibérique, et ce que nous en avons dit à la page 331 se ressent de celle imperfection des documents imprimés. Les notes qui suivent et qui nous ont été communiquées par M. Gay, d’après les souvenirs de M. Durieu qui connaît si bien la botanique de l’Espagne, compléteront les notions que nous avons données sur la région de l’olivier et de l’oranger. Elles nous prouvent que, hormis dans les lieux qui en sont exclus par leur altitude, toutes les côtes de la péninsule entrent dans cette région.
L’oranger à fruit doux {citrus auranlium) est partout cultivé sur les côtes orientale et méridionale d’Espagne, et sur les côtes du Portugal, ‘d’où il s’avance sur la côte de l’Océan , jusqu’à el Padron, au milieu de la Galice.
L’oranger à fruit amer {citrus vulgaris) accompagne partout le précédent, mais s’avance un peu plus loin vers le nord. A Bergondo, près la Corogne, il y a une maison de campagne à laquelle on arrive par une véritable avenue, toute plantée d’arbres do cette espèce.
Il on est do même du citronnier {citrus limonium), avec celte différence que l’oranger à fruit amer s’arrête à la Corogne, tandis qu'on retrouve le citronnier à cent lieues do là, vers l’est, sur la côte du golfe
ARCIlITeCTÜRE RURALE.
do Gascogne, à Santona, province de Sanlander, en si grande quantité que c’est un objet de commerce. Je ne sache pas qu’il soit cultivé sur aucun point intermédiaire, entre la Corogne et Santona, ce qui p:'ut s’expliquer par la nature des lieux, et notamment parce que sur cette côte les montagnes sont plus ou moins éloignées de la mer. C’est seulement à Sahtona qu’elles s’abaissent directement sur la plage.
, C’est un abri contre les vents du sud; c’est une digue qui retient les vents du nord chargés des vapeurs de la mer. Tout le long do l'année, beaucoup d’humidité, par conséquent température basse et égale, très favorable aux végétaux qui craignent la gelée, sans avoir besoin d’une grande chaleur.
Entre ces deux points extrêmes (Santona et la Corogno) sont les Asturies, où les montagnes se tiennent à plusieurs lieues de la mer, dont le climat est comparativement sec, et où, par conséquent, on no voit nulle part le citronnier, au moins dans les lieux visités par M- Durieu.
Climat sec et tempéré. Cela devrait convenir à la vigne et à l’olivier. L’olivier cependant y manque complètement, et, quant à la vigne, il n’y en a jusqu’ici que quelques toises carrées essayées avec succès, par^;i ]>ar-là, par des agriculteurs intelligents. Ainsi la vigne n’est pas dans les habitudes du pays , mais elle peut y réussir. En est-il do même de l’olivier? Je ne sais, mais ce qui pourrait faire croire à l’affirmative, c’est qu’il y a, à une lieue d’Oviedo, plusieurs assez grands dattiers qui s’y maintiennent en plein air depuis longues années, quoique dans l’hiver de 1835-36 le mercure soit descendu, à Oviedo, à sept degrés au-dessous de zéro (Réaumur).
L’olivier ne parait pas non plus croître en Galice.
Dans sa Météorologie do la France, page 19 1 , M. Martins cite Schouw (Europa 28j , qui nous apprend que la vigne est cultivée en petit en Danemark, et Meyer (Pllangen, géogr., page 437), qu’elle existe aux environs de Kœnigsberg, où l’on se contente do vendanger tous les six à sept ans. >