HUITIÈME PARTIE
DES AMENDEMENTS
Nous ayons cherché jusqu’ici à connaître les terrains agricoles en eux-mômesv à déterminer leurs qualités et leurs défauts; nous avons cherché à traduire en noipibres lèurs propriétés physiques et leurs propriétés agricoles. Nous ne nous sommes pas borné là ; après avoir fait cet examen analytique , nous avons voulu déterminer les conditions qui constituaient Jes meilleurs sols agricoles et les rapports de Valeur qu’ils acquièrent par leur, possession ou leur privation. Ces recherches nous ont conduit à définir ce que nous entendons par un sol parfait, bon, médiocre, mauvais. Cette étude préliminaire d’un des instruments de l’art agricole n’était pas encore de l’agriculture proprement dite, qui met en ceuvre ces instruments ; c’était, comme nous l’avons dit dans l’introduction, une science nécessaire pour bien commencer l’étudede la science principale. . Après avoir reconnu cc qui manque aux terres pour être aussi propres que possible à l’agriculture, il senible qu'il ne reste plus qu’à rechercher les moyens par lesquels on peut remédier à leurs défauts, et rapprocher chacune d’elles de l’état de perfection que nous avons indiqué. Ce sujet découle directement de celui que nous avons traité jusqu’ici , il en est le corollaire immédiat et tient aux mêmes principes. C’est le complément naturel de l’agrologie; mais l’ordre logique que nous nous sommes prescrit exige que nous nous bornions à décrire ici les amendements et les engrais en eux-mêmes , réservant pour l’agriculture proprement «jite l’application , la J. • ti '
ACnOtOGIE.
mise en œuvre de ces ressources qui viennent compléter, pour ainsi dire, la terre qui devient le théâtre des travaux agricoles, Nos lecteurs voudront bien se rappeler tout ce que nous avons dit sur l’acquisition, la préparation, la valeur relative et absolue des amendements et des engrais, quand nous décrirons |a préparation des terres pour la culture des plantes. '
Nous avons vu , dans la septième partie , ce qui constitue une terre parfaite , et nous avons dit combien il est rare d’en trouver. Les terres s’éloignent do cet état de perfection ^ ou par leurs propriétés physiques, ou par leurs principes constitutifs. Si elles ont trop ou trop peu d’humidité, de ténacité, de coloration, et si elles manquent de principes azotés, charbonneux, alcalins, on peut rechercher les moyens de les compléter sous ces différents rapports ; ce que nous avons à faire en ce moment, c’est l’étude de ces compliments des propriétés physi: ques, de ces iomplémenls des principes composants. Ce sont deux grandes classes de moyens auxquels noos donnons les , noms d’amendement et d’alimentation végétale.
Ceux qui nous ont précédé, égarés, à ce que nous croyons, par le mot d’en^rats, qui semble indiquer Une matière grasse» et le plus souvent azotée, ont répugné à appliquer ce nom aux substances minérales d’apparence sèche. Ils ont exclu ces dernières de leurs engrais, et ont cru devoir créer pour elles une nouvelle classe à laquelle ils ont donné le nom de stimulants. V» ont donc eu des amendements, des stimulants et des engrais ; CCS deux dernières divisions comprennent la classe que nous désignons sous le nom d'aliments végétaux; ils ont été aussi conduits à cette division par une théorie que nous ne croyons pas. exacte,'et qui ferait consister l’alimentation des végétaux unfquement dans l’assimilation du carbone, de l’oxygène, de l'bj»drogène et de l’azote. Dans la. neuvième partie , nous discuterons cette opinion , et nous montrerons que si la vie végétale peut exister sous ces conditions, elle reste imparfaite et ne
DES AMENDEMENTS
prend son développement complet , tel que le demande l'agritullure, qOe par l'intervention de substances fixes.
Mais dans ce moment nous n'avons à nous occuper que des amendements ; or, les amendements ne s’adressent qu’aux propriétés physiques du sol ; ils ont pour but de modifier ces pro- . priétés au profit de la culture.
' La marche que nous suivrons en parlant des amendements ést' toute tracée par ce que noos avons dit en commençant notre septième partie , et en traçant l’idéal d’une terre parfaite; la fraichour, alliée à une faible ténacité, tel a été pour nous ce type dont il fallait chercher à se rapprocher; et quant aux terres décidément sèches , nous avons vu qu'il y avait un équilibre à chercher entre les avantages de la conservation des engrais et de l'humidité pour les terres fortes et la facilité de travail des terres légères. Le but dei amendements est donc de ramener les terres à Un de cés deux types ; ainsi augmçnter l'humidité des terres sèches, diminuer célle des terres humides,
augmenter le ténacité des terres légères, diminuer celle des*
terres- fortes, c’est sur ces quatre points que roule ce que nous aurons à dire sur les amendements. Il y a en outre à considérer les moyens d’accrottre la surface des terres rocheuses et caillouteuses par renièvement des roches et des cailloux qui eu bccupent une partie, et les moyens de rendre dans certains 'cas les terrains plus aptes à absorber la chaleur et la lumière.