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CHAPITRE VI

■o^euM «le deseëclier le» terrain» lininl<les. '

Quand les terrains sont trop humides ou habituellement couverts d’eau, dessécher un étang, un marais, c’est transforn)er le sol et non l’amender; c’est en traitant de l’hydraulique que cette opération peut être décrite; quant au terrain seulement humide, c est-à-dire qui conserve habituellement plus de 0,21 de son poids d eau, l’amendement qui lui convient dépend de la cause qui entretient l’humidité; si le terrain a de la pente et qu’on puisse en faire écouler les eaux, il suflit

Fig. 8.

d ouvrir un fossé principal BB {fig. 8), se rendant' au niveau .

■ DES’AlIErrDEMENTS., 463

. itir(^Mcur d'où les eaux peuvent s’écouler duns un ruisseau ou une rivière A, de faire aboutir à ce fossé principal d’uUtres fossés tirés obliquement (éperons) CGC; le terrain se trouve .'ainsi desséché et propre à la culture.

* La multiplicité de ces fo'-sés est très gênante pour la marche ' ' des charrues, et tte peut être admise que dans les terrains soumis à la petite culture; pour éviter cet inconvénient, on substitue des tranchées couvertes aux fossés ; ces tranchées sont ■ ou comblées de pierres et de cailloux à travers lesquels l’eau s’inGItre, ou formées d’un conduit avec deux murailles en pierres sèches, et recouvertes de pierres plates, ou enfin creusées en se rétrécissant par le bas et remplies de fascines qui ne peuvent pénétrer jusqu’au fond à cause de leur diamètre plus large que le fossé, laissant un conduit au-dessous d’elles. Nous ■ avons vu des tratichécs de cette nature, remplies par des fas^ cipes de saules, servir, pendant une dizaine d’années, dans Une terre argileuse. Mais avec le temps elles ont besoin d’être renouvelées ; il en est de même, au reste, de presque toutes les ■ autres espèces de conduits.

Si l’humidité ne provient pas seulemênt d’une source que . ' l'on atu'a pu saisir et conduire dans les fossés d’écoulement ou des eaux pluviales, si elle est causée par des filtrations nombreuses qui ont eu lieu sur la ligne où se rencontre une conche imperméable* supérieure au sol, comme on le voit dans la figure 9, où l’eau coule à travers une mince couche de sa-

Fig. 9.

' ble C, entre la couche argileuse A supérieure, et le sol B,' U faut entourer le terrain par un fossé de ceinture, creusé ou

464’ * ’acbologie. < •• • ■

dans le sol, ou dans la couche d!argile, et, dans ce dernier cas, ' il faut en creuser le fond jusqu’à ce qu’on rencontre l’eau,, et si cela n'est pas possible ,, le percer au moins de nombreux coups de tarière, pour que l’eau pénètre dans le fossé, et ne . puisse pas continuer à couler au-dessus de la couche d’argile, jusqu’à ce qu’elle rencontre le sol à découvert. ■ •

Quand le terrain à dessécher est un bassin fermé sans moyen naturel d'écoulement, il faut examiner si les bords du bassin ne peuvent être percés, ou à jour, ou souterrainement pour faire écouler les eaux dans une rivière, placée à un niveau inférieur. C’est par un canal souterrain à travers une montagne que, dans le midi de la Fiance, on a desséché : à Orange, l’étang d’Aglan ; à Courthézon, l’étang salé ; à Sérjgnan, l'étang de Rut, et qu'on a mis à la disposition de l’agriculture les terrains que les eaux recouvraient. Si le tunnel nécessaire pour faire écouler les eaux présentait trop de difficultés, il ne resterait que le moyen de faire un forage au point le plus Las du terrain, d’atteindre avec la sonde les couches perméables inférieures, et d’y précipiter les eaux qui se perdraient alors dans l’intérieur de la terre. Ce moyen a pu être suppléé par les embues naturels qui se trouvent dans quelques bassins fermés, comme à Cujes, prés Marseille; mais depuis longtemps l’art a imité la nature; on peut citer entre autres le dessèchement du marais de Larchant en Câlinais. Depuis peu d’années, un puits a été foré, à Bondy, à 74 mètres de profondeur, pour y faire écouler les eaux vannes des vidanges de Paris; il absorbe environ 133 mètres cubes en vingt-quatre heures Il y a une foule de circonstances, surtout quand il s’agit de se mettre à l’abri des eaux pluviales, où un puits absorbant ou boil-tout est le moyen le plus simple elle moins coûteux pour préserver un terrain de l’humidité; mais il ne faudrait pas se faire une idée trop exagérée de sa puissance ; malgré son em- (1) Annaks des ponts et chaussées, t. IX, p. 128.

DES AMENUEMENTS. •

bue naturel qui a un diamètre et une puissance incomparablement plus grande que celle des puits forés, la plaine de Cujes est quelquefois inondée dans les grandes pluies. Quand dans le midi de la France, par exemple, il tombe en vingt-quatre heures 140 à 150 millimètres d’eau, un puits semblable à celui deBondy n’absorberait pas Feau tombée sur 2 hectares; il fau- . 'drait donc multiplier beaucoup de pareils forages; ensuite il ne faut pas avoir tine confiancè absolue dans la possibilité de trouver près du sol des couches absorbantes; la sonde peut, entrer dans des masses d’argile, dont quelques-unes que nous connaissons ont jusqu’à 400 mètres de puissance; mais comme ’ce dernier cas est rare et que le forage des puits absorbants ne présente pas des chances aussi graves de non-réussite qu’un puits jaillissant, nous pensons qu’on fera bien d’essayer de ce nioyen avant de recourir à d’autres procédés qui seraient plus coûteux. Des succès obtenus en Allemagne et en Angleterre > doivent encourager ces tentatives. .

Quand on a un vaste terrain à préserver des filtrations d'eau et des invasions de celles qui proviennent des terrains environnants, ou des rivières dont le niveau est supérieur, on doit commencer par s’entourer d’une digue fondée sur l’argile (si bn les fondait sur le terrain tourbeux supérieur, l’eau filtre-

* rait au-dessous de la digue) et élevée un peu au-dessus du maximum d’élévation des eaux extérieures. La partie inté-

• rieure de la digue est bordée d’un fossé dé ceinture auquel viennent aboutir des fossés partant des différents points du terrain et y amenant les eaux. Sur le fossé de ceinture sont établies des machines d'épuisement d'une force proportionnée à l’eau à élever, et propres à la jeter par-dessus la digue. C’est ainsi que les Hollandais sont parvenus à dessécher ot à mettre en état de culture des terrains surmontés par les hautes marées.

. -j(l) Eiicyclopédie britannique, art. Draining.

A6ROLOGIE.

Mais le moyen le plus sûr de garantir à perpétuKé le sol de riiuniiUité consiste à l’exhausser au moyen de terres rapportées, non pas par des procédés' mécaniques, ce qui ne saurait être exécuté que pour de petits espaces, mais par des colmatages que nous décrirons dans le chapitre VII, et qui réussissent très bien et sont économiques pour de très vastes surfaces, pour des pays tout entiers.

Enfin , si l’humidité dp sol ne tient qu'à’ un excès d’argile dans un climat pluvieux , on peut y apporter des matières sablonneuses et calcaires , quand on peut les trouver près du champ et les mélanger à la terre arable ; mais il ne faut pas sp faire illusion sur ce procédé conseillé dans tous les traités d’agriculture ; bien qu’il semble le plus simple, il est le plus coûteux. Supposons, en effet, que la terre ait 60 p. 100 d’ai^ile et qu’on veuille ramener la proportion à 40 , il faudra ajouter . 20. centièmes de sable, ou le cinquième de la couche laboura- * ble , ou 2,000 mètres cubes; la fouille et le transport d’une pareille masse peuvent excéder le prix de la terre amendée , et remarquons que c’est toujours dans de grandes proportions que doivent se faire ces mélanges pour produire un effet remarquable..

Ce n'est pas tout; rien n’est plus difficile que de mêler, d’incorporer ensemble le sable avec l’argile ; celle-ci faisant corps, ' . ne se séparant que par masse, laisse le sable arriver dans ses . fentes, sans qu’il puisse se mêler mécaniquement particule à particule avec l’argile; il s’entasse au fond des sillons, et ce n’est qu’à la longue que s’établit un mélange imparfait. Cependant, une partie de l’effet est obtenu quant à l’humidité, et la présence du sable ménage à Teau certaines issues pour s’écouler. Toutes ces difficultés nous font préférer l’emploi des menus graviers qui ne se rassemblent pas par l’action de ■Teair, •’ et que l’on parvient par les labours à bien mélanger au sol. ■'

. On obtient un effet plus sûr par le brûlement de l’argile,

Digilized b/G()Ogli

DES ahen&emeSts. ' *467

qui n'«St pas l'écoboagc dont noos parleroh» phi^ loin. Le bnï- . 'lementdo l'argilo n’exige pas que l’on pèle, pour ainsi parler, le terrain en enlevant la couche supernciellc garnie de fibres végétales ; mais, dans ce cas, on divise l’argile par mottes, on en construit de grands fourneaux, on les remplit de bois, et . quand la masse est incandescente, on ne cesse d’j jeter de nouvelle argile qui se brûle à son tour. On produit ainsi une assez grande masse d’argile brûlée qui a perdu sa plasticité , sa falOulté de retenir l’eau, et le terrain devient plus poreux et plus . sec. Ce procédé, fort recommandé par le major Bentson, exige seulement que l’on puisse se procurer du bois à bon marché.

Mais un moyen de dessiccation des terres qui ne doivent ■ leur humidité qu’à la nature de leur sol et à l’atmosphère pluvieuse, moyen qui est à la portée de tous et qui s’'allic avec ' * tous les autres procédés d’unp bonne culture, consiste dans les labours profonds. Il n’arrive que trop souvent que le sol arable est limité inférieurement, moins par un sous-sol rècllément imperméable que par le terrain sans cesse durci , coniprimé par le talon du soede la cbarrue, et par le piétinement des animaux, lors des labours faits à une profondeur invariable et ordinairement trop faible. Augmenter la profondeur du labour, c’est augmenter le récipient où peuvent s'écouler les eaux $u> rabondantes ; rompre le glacis formé parla pression de la chat- ^ rue. c’est détruire lesous-sol artificiel, et permettre à ces eaux de descendre plus avant. Nous avons vu nombre de terrains humides perdre ce défaut par la seule application des labouqt profonds; dans le midi surtout, où depuis quelques années tant de terres ont été soumises à la culture de la garance, qui exige qu’on aille chercher fort avant- les racines qui forment son produit, nous avons vu des terres que l’on ne pouvait te-nrr égouttées qu’au moyen de fossés et de coulisses, devenir d’ej;ccllents sols d’une fraîcheur modérée, ef propres à porter d© la luzerne, tandis qu’auparavant celte plante ne pouvait pqs y*

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vivre plus d’un ftu ou deux. Dans le cas aotuèl, c’est donc aux lai)Ours profonds que nous conseillons d’abord de reGourirl Quelquefois le minage SC fait en ouvraüt des tranchées dans toute la longueur du champ, la terre extraite delà seconde tranchée servant à remplir la première; quand la terre supérieure . meilleure que celle du fond, on a soin de la réserver pour, la replacer à la surface du fossé que l’on vient de combler. Mais nous pensons que d’autres travaux, que nous décrirons, en parlant des labours, pourront suffire et seront moins coûteux.)

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