CHAPITRE III
Communication dn sol avec le réstervolr Infêrlenr des éaux.
Quand le sol est privé de communication avec le réservoir inférieur des eaux par l’interposition d’un sous-sol imperméable , ce n’est que des eaux pluviales qu’il reçoit la portion d'humidité nécessaire à la végétation ; et dans beaucoup de pays , des pluies sont distribuées de manière qu’après avoir été abreuvé d’une manière excessive, le terrain se trouve complètement desséché par l’évaporation, sans pouvoir ni répartir, ses excédants d’humidité sur les couches inférieures, ni leur en re-, tirer une partie par la capillarité quand il vient à en manquer.
On change la nature du sol si l’on parvient à rétablir sa .communication avec le réservoir inférieur, communication interceptée par la couche imperméable, et pour cela il y. a deux
DES AMENDEMENTS
moyens à prendre, ou détruire celte couche, ou la perforer.
Un trou fait avec la bêche nous apprendra bientôt s'il est possible de la détruire, car il faut pour cela deux conditions : 1“ que cette couche soit peu profonde; 2® qu’elle soit peu épaisse. Après avoir constaté la situation du terrain, l'existence du réservoir des eaux; après s’ètre assuré qu’il est permanent en été et qu’il n’est pas enfoncé de plus do 2 mètres, il ne s’agira plus que de comparer la dépense du défoncement du sol et le mélange du sous-sol au sol, avec la plus-value de la terre quand elle aura passé de l’état de terre sèche en été, et humide en hiver, à celui do terre fraîche. Dans la plaine de Trentcn (Vaucluse), la couche imperméable argileuse de quelques décimètres d'épaisseur, qui prive le sol de la communication avec un réservoir permanent d’eau courant sur des cailloux, a été brisée par la culture de la garance, et les terres ont sur-lechamp octùplé de valeur, de 468 fr. à 3,750 fr. l’hectare.
Au reste, les labours profonds seuls, en augmentant la masse du terrain qui peut s’imbiber d’eau pendant les pluies, et en la soustrayant à l’action de l'évaporation, accroissent ]a fraîcheur des terres, de même qu’ils diminuent leur humidité.
'Si le réservoir des eaux n’est pas à une trop grande profondeur, et que cependant l’épaisseur du sol ou de la couche imperméable soit telle qu’il y eût perte ù entreprendre son défoncement, ou que l’on craignit do mêler en trop grande proportion cette couche argileuse avec le sol de bonne qualité, on pourrait encore se procurer la communication du sol avec l'eau par le moyen de forages très répétés à travers la couché imperméable. L’humidité remonterait par les trous de sonde, et pénétrerait jusqu’au sol par la capillarité des parties de ce sol qui combleraient le trou de sonde.' On a proposé de remplir ces trous au moyen de cordes qui transmettraient à la surface l’humidité prise au fond. Mais, dâns tous les cas, nous doutons que si l'eau elle-même n’est pas comprimée sous la
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couche imperméable et ne remonte pas par la force de son niveau, ces communications, quelque fréquentes qu'elles soient, puissent être d’un grand effet.
Notre confrère, M. Bory de Saint-Vincent, noos a assuré que son grand-père était parvenu à faire croître de superbes ' chênes sur le sol aride et peu profond des landes, en perçant avec un fleuret de mineur la couche de conglomérat ferrugineux (atios) qui forme la croûte imperméable, et en insérant dans le trou de fleuret le pivot du jeune chêne qui allait s’en-^ raciner dans les sables humides qui sont au-dessous de l’alios. * Cette méthode peut être suivie dans un grand nombre de cas semblables.