A6R0L0GIE
en sus de 542 kilogr. de grain valant 142 fr. Il y, a eu pins d’avantage, d’après cette expérience, à appliquer ces sels à la production de grain qu’à celle de foin.
M. Sol>atteninann a employé les sulfates, chlorhydrates et phosphates d’ammoniaque. Il n’en a obtenu aucun effet sur les juzernes et sur les trèfles, tandis que l’action était très marquée sur les prairies composées de graminées et sur les blés. Cela . s'explique facilement quand on sait le peu d’effet que produit la fumure de la luzerne en couverture. Cette plante puise toujours sa nourriture par l’extrémité de ses racines fusiformes. Piour déclarer que les sels ammoniacaux sont sans effet sur elle, il faudrait les avoir essayés sur les semis de cette plante. Nous pensons, sans l’allirmer , queles mêmes raisons seraient applicables au trèfle, quoiqu’il ait des raciues plus ramifléés et plus ' rampantes que celles de la luzerne. L’auteur dissout ses sels dans l’eau en dormant à sa dissolution la force de 1 degré à l’aréomètre de Baumé. Il faut 2 kilogr. de sulfate et de chlorhydrate pour saturer 100 litres d’eau. La végétation du froment a été très active, 200 kilogr. de sel par hectare ont déterminé le couchage des épis ; ses résultats sur les grains sont beaucoup moins réguliers que ceux de M. Kuhimann. Sur une prairie haute et sèche, dans un terrain léger, avec 400 kilogr. de sulfate d’ammoniaque, il a obtenu en moyenne 8,900 kilogr. de foin par hectare, tandis que le terrain non arrosé en donnait 5,100 kHogr; La dépense était de 240 fr. pour lesquels on a obtenu un excédant de 3,800 kilogr. de foin valant 304 fr. à 8 fr. les 100 kilogr. Mais l’auteur a constaté depuis que l’effet de ces sels se prolongeait pendant plusieurs années.
Dans l’état actuel de la fabrication des sels ammoniacaux, on vpit qu’ils ne peuvent être d’un usage général en agriculture. On ne peut y employer que ceux qui proviennent des excré- ■tions animales saturées comme nous le dirons, et avant que les fhbricants s’en Soient emparés. On voit de plus qu’il y a encore
de rincertitudc sur la convenance d’employer ces sels à la cul-' ture de toutes les natures de plantes et qu’il faut attendre à •• cet égard les leçons de l’expérience.
■ Au reste, aucun de ces sels, pris dans le commerce, ne peut servir habituellement d’engrais à cause de son haut prix. En effet, ils sont rarement purs ; en supposant qu’ils le fussent, le' carbonate d’ammoniaque contient 17,23 p. 100 d’azote, et se ■ vend 60 fr.; son kilogr. d’azote reviendrait donc à 3 fr. 47 c.;
le sulfate d’ammoniaque ayant 21,24 d’azote et valant 50 fr., , son azote reviendrait à 2 fr. 35 c. seulement, à peu près le même prix que celui qui provient du nitrate de soude. Mais la véritable valeur de leur azote dépend entièrement de leur do^ sage qui varie beaucoup dans les sels de commerce. On entre-’
■ voit cependant qu’il ne serait pas impossible d’en tirer parti ' dans un grand nombre, de cas pour' augmenter le titre des au- 1 très engrais. ' .
, S III, — Emploi dos sels azotes. • *
La grande solubilité des sels dont nous traitons dans cet ar- .
• ticle et la volatilité du carbonate d’ammoniaque ne permet- * , tent pas de déposer en terre l’alimentation nécessaire à plu- ' sieurs récoltes. Leur application doit être répétée pour chaque culture ; on doit donc en proportionner la dose à ce qui est exigé pour la consommation des plantes, et à ce qui manque d’azote à la terre. Pour simplifier, supposons que l’on se borne
• . à Une simple fumure telle qu’elle est pratiquée; celle de 30,000
kilogr. de fumier de ferme contenant 0,40 d’azote p. 100 par hectare, c’est 120 kilog. d’azote que l’on trouvera au moyen do
fr. e.
891 kilogr. de nitrate de potasse coûtant 490 5
696 kilogr. de carbonate d’ammoniaque 417 60
729 kilogr. de nitrate de soude 291 60
564 kilogr. de sulfate d’ammoniaque 279 •
30,000 kilogr. de fumier de ferme . 193 •
518 AGBOLOGIE. •* :
■ Uai&H faut remarquer .que Tou u’auraitàceUe dose que0,09 de nitrate de potasse, c'esb-à-dire une pincée à répandre par mètre carré. On conçoit l’impossibilité de bien répartir une si petite quantité ; c’est donc seulement après les avoir fait dissoudre dans l’eau et sous une forme liquide que ces seh peuvent être appliqués , même en supposant que l’on douUât ou quadruplât k fumure^ et si les plantes en culture devaientètre espacées, c’est seulement à leur pied que l’on devrait répandre la solation pour qu’elle leur profitât immédiatement. On ppurrail aussi mélanger les sels avec du terreau pour le semer à la main.
On a cru remarquer qu’a près l’emploi deces sels, le terrain restait dans une position moins fertile qu’avant d’en avoir fait usage. Il le faut attribuer principalement à l’abondance même . des récoltes qu’ils procurent, et faire attention que les plantes ' ne se bornent pas à absorber de l’azote, mais qu’en même temps elles s’emparent des phosphates, des alcalis et du carbone du terrain ; substances qui ne se trouvent dans le sol qu’en quantités limitées. C’est toujours l’inconvénient que l’on rencontre en faisant usage des matériaux simples de nutrition, tandis que l’alimentation végétale exige un grand nombre de substances. Il sera donc toujours plus utile de se servir des sels en combinaison avec d’autres engrais, si l’on veut éviter ce genre d’épuisement relatif.
L’usage des sels azotés dans l’agriculture a encore été trop restreint pour que nous puissions proposer d’en faire immédiatement l’emploi en grand , et ce que nous venons de dire s’adresse jusqu’à présent plutôt aux recherches des savants qu’à la pratique des cultivateurs.
Digiltzed*by Càcîiîglc
AUMEKTATIOM VÉaÉTACE. ?19 * ' •
Section II. — Débrit d’animaux. < ■
S 1". — Chair musculaire. , ■ ,
A Paris, une grande masse de chair musculaire est livrée chaque année au commerce , qui la réduit en engrais. On fait ' bouillir la chair des chevaux dans des chaudières, on la des- ' sèche au moyen de la chaleur même qui sert à la cuisson; . *
on la pulvérise ensuite, et, dans cet état, elle est expédiée . principalementpourlescoloniesauprixdel6fr.lesl00kilogr. A son état normal, elle renferme plus de la moitié de son ,.
poids d’eau ; à l’état de dessiccation auquel elle est amenée , elle en retient encore 8 à 9 centièmes, et renferme 13,04 d’azote; le kilogr. d’azote coûte doue seulement alors 1 fr. 23 c.
Comment se fait*il que les cultivateurs français se laissent ■* enlever un engrais pareil et à si bon marché qui se fabrique à ' leur porte? ’ . • . ’ '
S II. — Poissons. . ’
Les poissons qui ont un commencement de putréfaction sont aussi employés comme engrais dans les pays de pèche. La morue complètement sèche contient 1Q'‘,86 d’azote; le hareng 10<‘,54 p. 100; mais ce dernier, quand il est frais, renferme . *
0,91 d’eau, et par conséquent n’a que 0k,09 d'azote p. 100. ' - .
On peut utiliser les débris musculaires, sans les préparer, en
le» découpant en petits morceaux et les enterrant au pied des
arbres; les poissons peuvent être séchés et réduits en poudre, . '
ou répandus en nature sur le champ après avoir été divisés ; ■ . ' • ^
on les enterre ensuite à la charrue. M . de Woght se servait de
harengs frais dans ses cultures, mais il ne parait pas en avoir
retiré de grands avantages. Il les employait à trop petite dosé, .
. * sé trompant apparemment sur leur valeur réelle, qui, dans cet .
AGROLOGIE,
MO
état, n'est guère que quatre fois et demie celle du fumier d’auberge, poids pour poids,
, . S ffli — Sang.
Le sang, que l’on a qualifié à juste titre de chair coulante, est très riche en éléments azotés et en alcalis ; à ce titre il con- ’stitue un engrais très énergique.Quand, après son émission, on le laisse en repos , il se sépare en deux parties : l’une solide, composée de fibrine et de globules qui constituent, chez les animaux domestiques, de 83 à 108 millièmes de son poids; et' la partie liquide, le sérum, qui en forme la 900 millième partie environ;
Le poids de la fibrine et des globules desséchés se réduit des trois quarts qui retiennent 19,93 p. 100 d’azote, mais point d'alcali, si ce n’est celui qui résulte de la séparation imparfaite du sérum.
Le sérum cômpo.sé d’environ 90p partfes d’eau, de 76 d’al-, bumine et do 94 de sels alcalins, contient , quand il est desséché, 15,70p. 100 d’azote.
Le sang desséché devrait donc contenir, en totalité, 18,73 d’azote p. 100*.
.La difficulté que l’on éprouve à dessécher le sang est une cause qur s'oppose le plus souvent à la diffusion de son emploi. Quand on n’en a qu’une petite quantité , on peut le répandre immédiatement sur la terre après Pavoir étendu d’eau, ou en arroser les fumiers; on peut aussi conserver Je sang à l’état liquide en y mêlant une lessive alcaline; enfin, ce qui vaut mieux, on peut le mêler à de la terre desséchée, en le gâchant comme quand on fabrique du mortier. M.Hayward, auteur de la Science de f'âorltcMilure, conseille den’employer que le sérum, et pour cela d’attendre quelques jours pour que la séparation se fasse naturellement. Il se sert ensuite de cet engrais à la dose de
(J) M. Payen a trouvé 17 par l'analyse directe. ■ - v ‘ '
ALIUEKTATION TÉOÉTALE.
3,000 kilogr. par hectare, délayé dans cinq à «ix fois son poKk d'eau. Il en a obtenu des effets décisifs , mais il perd par là le ■ quart de la valeur de l’engrais total.
M. Desrono le faisait coaguler par l’ébullition, puis le desi ‘ >
«échait à l’étuve ou à l’air ; 1 kilogr. de sang sec représentait 4 kilogr. de sang liquide. ^
Le sang sec en poudre a une couleur rouge noirâtre et peu d'odeur. On en exporta en 1831 près de 400,000 kilogr. à la Guadeloupe. Mêlé à la terre humide, il se décomposait rapide^ ' . • ‘ '
ment et proGtait entièrement à la plante. On le mêle avec une; certaine quantité de terre sèche pour n’en répandre que la ‘ '
quantité convenable, parce que 3^ kilogr. de son poids repré- . sentent plus de 100 kilogr. de fumier de ferme. i '
M. Desrone ne pensait pas. que le sang desséché pût jamais ■ se vendre au-dessus de 20 fr. les 100 kilogr., prix auquel il le ‘
vendait après s’en être assuré le monopole par l’achat du sang |
de tous les bouchers de Paris, il contenait 14,87 p. 100 d’a--' xote qui, à ce prix, serait revenu à 1 fr. 34 c. le kilogr, . ‘ ' •
§ IV. — Noir de raffinerie. • ' ;
Dans le raffinage du sucre on se sert de charbon d’os en pou- , * '
dre très fine pour dépouiller le sirop de l’albumine du sang •
que l'on emploie pour la clarification. Les effets de ce noir ani- '•
malisé avaient paru peu d’accord avec le chiffre de son dosage . ^ '
en azote, et on en faisait un argument principal pour chercher . * à prouver que l’action de cet engrais consistait surtout dans un autre élément que l’on supposaitèlre le phosphate de chaux^ ' *
Ce qui venait corroborer ce raisonnement, c’était le doute que l’on élevait sur la réalité de ce dosage. En effet, disait-on, le noir des raffineries ne pèse pas 100 kilogr. l’hectolilrc, , . .
comme l’assurent MM. Boussingault et Payen, mais il se com- ; •’
pose de 85'‘,5 de noir animal et de 9k, 5 de sang coagulé, qui ‘ ‘
ne doit renfermer que O'’, 4288 d’azote (1 7 p. 100). Jl est donc
. &23 < AGBOLOOIE. - , , .
HRpossible que i'oQ ait (^tenu en azote lk,342 p. tfiO da noti animal contenant 48 centièmes d'eau, d’autant plus qu’aucun rafllneur ne peut employer une quantité pluè considéralde de sang sans risquer de donner un mauvais goàt au sucre Ces objections , l’incertitude qui régnait encore sur les résultats agricoles de l’emploi du noir , devaient d’autant plus nous porter à soumettre cette qi^süon à un nouvel examen, queia question dethéo rie s’y trouvai tengogée avec une question pratique d.’une immense importance, puisque le seul dépeuiement de la Loire-Inférieure reçoit 5 millions de kîlogr. de cet engrais provenant principalement de Russie et de Marseille, et qu’on paie au prix de 10 à 12 fr. l’bectolitre pesant 95 k.ilogr. ; tandis que les raflineurs de Nantes le vendent, pôs chez eux , de 14 à 15 fr., parce que sans doute le soupçon dé falsification et d’altération plane sur le noir de commerce.
Nous avons donc prié M. Payen ^ vouloir bien refaire avec -smn l’analyse du noir animalisé venant des fabriques de Namtes, et cette expérience a confirmé sa première analyse. Nous avons repris de même le dosage de sang coagulé ; |Hiis enfin, ce qui était le plus important , nous avons recueilli dans les différentes raffineries les difiérents noirs dont on se servait, et ayant choisi celui qui paraissait le plus calciné, le plus dépoinUé de tout principe animal, nous avons trouvé qu’il contenait encore à l'état sec 1,4 p. 100 d'azote et 85,25 de cendres.. ~
. Le noir animalisé des raffineries sera donc composé ainsi qu’il suit : • -, ,
Sang coagulé donnant 4k. 514 d'azote p. 100, ou par 9 k. 5
de sang Q,4Î ‘
85 k. 5 de noir animal tenant 0,48 d’eau et donoanl 0 k. 81 p. 100 d’azote 0,72
, . Total pour 95 küogr.. ...... 1,14
on pour 100 de 1,20
■' (Il Bartin, StafisUaue-des o», p. 79. et sai.v. . -, - ■■ . • >
ÀLIMENTATIOM TÉGÉTALB. 9Î3
L’analyse directe avait donné l'‘,06, parce que sans doute on avàit opéré sur un noir on peu moins riche; mais nous partirons de la base que nous venons de trouver.
Comparons maintenant ce dosage aux réscritats obtenus par M. RieffeF*. 9f. BiefTel a opéré sur une terre qui, sans engrais, par loseul secours de l’écobuage, avait donné, la précédente técolte, un produit de 20 hectolitres (1,460 kilogr.) de seigle, équivalant à 766 kilogr. de froment. Il a fumé ensuite avec 2,160 kilogr. de noir animal et a obtenu 25 hectolitres de froment (1 ,950 kilogr.); comme nous n'avons pas les ehilTres de la paille, nous la laisserons de côté de part et d'autre. L'expé-' rience sera donc représentée comme il suit :
QtMoiiU
produit
Asnte
Aaoie
Atote
Axoïe toial
Aliquoie
d'axQie
drofirtii.
eo fVotiient.'
du gmin.
de U leirc. de l«ngr«>i. .
eu Ivrtt.
prit par U
rêcaltc,
2160 kilogr. de noir animalisé.
Le même agriculteur a tenté une autre expérience sur un terrain glaiseux absolument infusibJe et non écobué. Voici les résultats de celte expérience :
él60 kilogr. de
noir animalisé. 324 12,30 0,00 25,92 25,92 0,49 -
La nature des terres parait avoir nui à la rapide décomposition et à l’absorption de l’engrais.
Le noir des raflineries se vendant 14 fr. 50 o. l’hectolitre ou 15 fr. 80 c. les 100 kilogr., on a obtenu dans la première ex->périence on excédant de récolte de 1 ,184 kilogr. de froment valant 303 fr., avec une valeur de 341 fr. d’engrais. En reste-, 't-il encore pour une seconde récolte oa, comme on l'aDirme, son effet est-il épuisé dés la première? On voit qu'alors cet en-, grais serait trop cher pour être consacré à la culture du blé
(t) itjricuhure de l’ouest, t. I, p. 77 et 303. ,
• '• AGBOLOGIE.
Dans la seconde c;(péricnco , l'auteur a obtenu 334 kilogr. de i)lé valant 83 fr. avec la même Valeur de 341 fr. d’en-' grais.
Le seul eiïet obtenu dans ces expériences parait avoir été de présenter aux jeunes plantes un engrais tout préparé et de facile absorption, qui, en leur donnant une vigueur précoce, les a mis à même de soutirer plus tard des terrains, sans le secours de l’écobuage, une plus grande partie des sucs fécondants qu'ils contenaient.
Celte propriété explique le grand emploi que l'on a fait du. noir animal sur lesdéfrichemehts, et par conséquent datfs l'ouest où ils ont été les plus fréquents, et que son azote a pu monter au prix extraordinaire de 13 fr. ; c’est qu’en même temps on trouvait le moyen de mettre en action immédiatement . tout celui qui reposait inactif dans le sol.
Exposé quelques heures à l’air et surtout à la pluie, le noir animal se dépouille peu à peu de ses matières organiques. M. Hectot; de Nantes, a constaté qu’après six mois d’existence, le noir ne contenait plus aucune substance fécondante quand • il n’avait pas été bien desséché et passé à la meule ; ce qui le préserve de toute altération. Il a cru pouvoir fixer l’ammoniaque qui se volatilise par son mélange avec la chaux délitée. On obtiendra sans doute des effets plus certains eu mêlant le noir auaulfate de chaux. D’Un autre côté, on a éprouvé de mauvais effets des noirs employés trop peu de temps après leur sortie des raffineries. Il paraîtrait que le sucre qu’ils contiennent donne , par la fermentation, des alcools, puis des acides qui nuisent à la végétation; mais quand la matière animale a subi à son tour' la fermentation et engendré l’ammoniaque, il se forme des sels de cette base qui sont évideibment favorables aux plantes.
. Il' ne faut donc employer les noirs que quand ils sont parvenus à cette période où ils ramènent au bleu le papier de tournesol rpugi. ,
AUMËHTATIOM VÉGÉTALE. 525
' Le noir de sucrerie convient surtout auT terrains et aux climats humides , l’eau s’emparant des sels et des gaz retenus par le charbon.
L’azote de cet engrais valant 12 fr. le kilogr. et l’azote de ' fumier ne valant que 5 fr. 60 c. , il est évident que la récolté absorbftt-^lle tout l'azote de l’engrais , oh serait encore en perte dans une culture continuée sur un sol qui ne contiendrait pas des engrais naturels.
S V. - Os.
L’effet des os se présente sous une double face, comme fournissant, aux végétaux l’azote contenu dans les matières grasses et en même temps tes approvisionnant de phosphates qui forment la partie la plus considérable de leurs éléments miné- • taux. ' ‘
Usités de temps immémorial par les cultivateurs d'oliviers et d’orangers do la rivière de Gènes., pays qui manque d’engrais , les os sont devenus d’^n usage beaucoup plus général depuis que les cultivateurs anglais ont pris le parti de ics broyer et les réduire en poudre à l’aide de machines puis- -santes. Les effets des os ont été fort contre versés. MM. Wrède, Kôrte, M. do Dombasie, n’èn ont obtenu aucun bon résultat;
' au contraire, dans le duché de Bade, dans le Wurtemberg , en Angleterre, on y a attaché tant d’importance que les os y sont devenus l’objet d’un grand commerce. L’importation anglaise est immense; elle a mis à contribution tout le nord de l’Europe et jusqu’aux débris glorieux de la bataille de Waterloo; elle , charge des vaisseaux d’os à Buenos-Ayres. La ville de Thiers, en Auvergne, où l’on reçoit beaucoup d’os pour faire des manches de couteaux, et celle de Strasbourg , ont établi des moulins pour les pulvériser. M. Darcct a trouvé dans la poudre d’os de Thiers 43,86 de matière animale combustible, et 56,14 de phosphate de chaux ; on mêle souvent du nitrate de potasse à
526 AGROLOGIE. ■ . , -
la poudre d’oe fabriquée à Strasbourg , pour en augmenter *
l’effet*. ' .
M. Darcet, qui s’est beaucoup occupé des os sous le rapport alimentaire, a été un des premiers qui ait cherché à définir leurs effets comme engrais : « J’ai vu souvent, dit-il*, fies tas d'os exposés à l’air dans le voisinage d’une fabrique de soude factice, se couvrir, toutes les fois que les vapeurs acides étaient portées de ce côté, d’un nuage blanc très épais, formé des sels ammoniacaux en vapeur et suspendus dans l’air. Ayant ensuite essayé des os soumis à l’influence de l’air, jclesai toujours. trouvé légèrement alcalins , et doonant, avec l’eau distillée, une eau de lavage contenant de la matière animale en dissolution. J'ai exposé des os sur un pré pendant un an; ils étaient devenus . blancs ; toute la graisse qu’ils contenaient s’était lentement infiltrée de proche en proche, et avait été absorbée par le sol,, ou décomposée; ces. os a’a valent perdu que 0,02 de gélatine*, ■environ^ . , I
, O Je pense, d’après ce qui précède, que lorsqu’on emplçie les os comme ongrais, la graisse qu’ils contiennent sç liquéfie par la chaleur du soleil, est en partie absorbée par la térre^ que les os ainsi dégraissés mécaniquement deviennent plus facilement attaquables par l’action de l’air et de l’eau; qo’,8-' lors des réactions chimiques ont lieu ; qu'une partie de la gélatine se convertit en ammoniaque; que cette ammoniaque saponifie la graisse, la rend soluble daps l’eau de pluie, qui., .entraînant cette espèce de savon, le répan^ sur le terrain où il agit comme engrais. Les mêmes causes raqaènent les mêmes, effets, tant qu’il reste de la graisse et de la gélatine dans les os. Mais cette action devient d’autant plus lente qu’elle a lieu bot des os plus compactes, plus épais, plus vieux ; c’est parce que les os n’éprouvent ainsi qu'une décomposition presque insenr * * •
(1) Bulletin de la Société d'encouragement, sept, et déc. 1826.
(2) .tn.iolasrfé cAirwi, t, XVI, p. 3«. • . . • -
D :1 . (.iôOgU
. • ÀLIMESTATrOK VÉGÉTALE. * 527 ’ •* . '
‘siblè, et parce qu’ils contiennent, terme moyen, près de 0,40 de matière animale , qu’ils forment on engrais si durable et .
dont les effets sont si sûrs et si constants. €’est ainsi probablement qu’agissent une foule d’autres engrais, tels que la corne, les poHs, les vieux cuirs, le^ débris d’animaux, etc. , « .
C’est précisément cette lenteur des os à céder les matières' ...
gra^s «t gélatineuses qu’ils contiennent, qui a fait naître ' . l’idée de les rédmre en poudre fine-, on dégage ainsi, on Inet à DU les matières fécondantes, emprisonnées dans une si forte ' *•
proportion de phosphate de chaux. Alors,- en efiet, les 05 s’^ . '
puisent bien plus rapidement et livrent plus aisément à la-terré les substances azotées qu’ils contiennent. M. Payen a constaté que les os entiers et anciens n’avaient perdu en quatre ans qpe 0,06 de leur poids, tandis que, quand ils sont traités par Teéu bouillante, ils en cèdent 0,25 à 0,30. L’eau bouillante, cii • • pénétrant les tissus, agit comm'e l’atmosphère sur l’os broyé et ‘dont 1^ éléments graisseux sont misé découvert. •.
•• ' Au reste , les os et la poudre que l’on en fabrique sont loin . •
d'avoir toujours la même valeur. Souvent on ne les livre au ' . ‘
commerce qu’après les avoir épuisés en grande partie de leur ^ •
matière grasse , et l’on ne peut ÿ avoir une entière confiance , qu’a prés avoir dosé leur azote. La poudre des os non épuisés , , * •
contient, à l’état sec, 7,56 p. 1 00 d’azote. Dans l’état normal, où on la livré au commerce, elle contient 0,30 d'eau et se vend . •
13 fr. les WO kilogr. ; elle possède alors 5,30 p. 100 d'àzote ; •
qui revient à 2 fr. 87 c. le kilogr. On assigne dix à vingt-cinq' . ■ •
ans à la durée totale de cet'eiigrâis ; cependant il parait que , . ; l’effet en est sensible, surtout les deux premières années. Dans * les pays où il est Usité, on emploie de 15 à 40 hectolitres dq . ! >
poudre <Tos par hectare. ” •
Les phosphates se retrouvent dans les cendres de toutes les plantes. Il n'est pas douteux que si on se les rendait pas à la . .*■ '
terre sous forme d’engrais, qui continuent pendant long- * , . - •
' temps à exporter tous les matériaux de ces récoltes, le sol, ap,' ..pauvri, n'ea Tintànepius nourrir la végétation', ctquesidans cés matériaux on en exportait on de préférence , tout en lui rendant tous les autres, les phosphates, par exemple, on ne parvint aussi à avoir une végétation languissante, pubqu’elln. MUanquerait d’un de ses éléments essentiels. Or, c’est- ce qui turive quand des prairies sont destinées à nourrir des vaches . laitières : le lait contient une grande proportion de phdsphates qui manquent alors aux déjections. Aussi le docteur Johnson, de ' Durham, a-t-il rapporté que les prairies do Cheshire, quoique •• .‘recevant tout le fumier des vaches laitières, ne purent retrou- * ver leur fertilité première que quand elles furent amendées ' •avecune certaine quantité d’os pulvérisés ' .
' Mais qûoi ! sans recourir à un fait aussi saillant, n’est-il pas constant que, prises en masses, les terres arables ne reçoivent > jamais tout le résidu des récoltes qu’elles portent' une partie ■des déjections se perd sur les chemins, est entraînée par les’ eaux, pu va au bin pour être consommée par des populations ^'étrangères. Un grand nombre de récoltes ne sont pas consommées par les animaux, mais servent aux vêtements, à la teinture, et ne restituent jamais rien au sol . Il y a donc, non une déperdition, mais un déplacement continuel des éléments. de fertilité, et bs terres cultivées tomberaient dans la stérilité, si leur richessc-n’était qu’un dépôt fait une bis -pour toutes, et si au contraire la Providence n’avak pas doué les plantes d’une '
• faculté d'absorption en rapport avec la vigueur de la végéta- . tion, et les sols de cette même faculté en rapport avec leur étatdo .porosité et d'ameublissement.
Ainsi, soit que, comme le dit Liebig *, toutes les terres lal)0urables contiennent du phosphate en quantité très notable, soit qu’on effet, comme .vont le prouver les analyses, cette
»■ (1) /Iciruetritanm^ué, mars 1842, p. S05. ■ . ' •
(2} C/iimk agi ipok, p. t7t, ' *
AUMESTATIOK VÉGÉTALE. 629
quantité soit le plus souvent très faible (0,002 à 0,008), ce trésor finirait à la longue par s’épuiser, si une autre source ne venait le renouveler, comme cela arrive pour les alcalis, pour l’ammoniaque, pour les acides, pour les bases; et cette source, ce sont les eaux courantes et la vapeur aqueuse de l’atmosphère qui , élevée de la mer, doit contenir aussi en petite • quantité du phosphate, comme elle contient des chlorures et des sulfates terreux et alcalins, si l’on en juge par la quantité de poissons osseux qui dorent y puiser cette substance.
Cent kilogrammes de froment enlevant à la terre :
kilojr.
Pour le grain 1,14 d’acide pbosphorique,
Pour la paille 0,44
une récolte de 20 hectolitres (1,560 kil.) lui enlèvera 24'‘,65. Supposons que le sol actif ait 0"',2Ô do profondeur, la terre pesant 1 ,200 kilogr. le mètre cube, le poids total de l’hectare sera de 2,400,000 kilogr. ; et si la terre contient d’acide phosphorique, cet acide pèsera 19,200 kilogr., pouvant fournir à 779 récoltes pareilles, en supposant que l’on ne restitue rien au terrain; s’il ne contient que ü pourrait fournir encore, dans les mômes conditions, à près de 200 récoltes; et, en admettant la restitution do la plus grande partie des phosphates par les engrais, on reconnaît la presque perpétuité de cet élément dans le sol, même avec une culture très épui- . santé.
- On voit donc qu’il ne faudrait pas trop se préoccuper de ' l'addition spéciale de phosphates dans les terres qui en contien* draient déjà cette dose.
La chose change de face si la terre est privée de phosphate ou si la faible dose qu’elle en possédait a été épuisée; alors, en effet, la végétation spontanée doit y être faible, ne recevant « sans doute que le contingent peu abondant que lui dispense la
AGROLOGIE.
vapenr atmosphérique. C'est dans ces cas assez rares que l'oa observe surtout le succès des os.
Mais ce n’est pas assez que 1^ sols manifestent Fexistence des phosphates à l’analyse, il faut encore que ces sels soient solubles. Or, pour cela, il faut qu’ils soient en contact avec do. l’eau saturée d’acide carbonique, ou contenant des selsalcalias QU ammoniacaux. Ainsi un terrain quartzeux, sans terreau,* contiendrait-il des phosphates, qu’il ne pourrait en transmettre qu’une faible partie aux plantes ; mais par l’intermikliaire du terreau et de l’engrais le phosphate se dissoudra et entrera dans la végétation.
L’absence de ces dissolvants explique le peu d’eflet des os sur beaucoup de terrains.
On rend le phosphate des os soluble en les attaquant d’ayance au moyen de l’acide sulfurique. C’est le mélange que l’on emploie le plus communément en Angleterre. On mêle 20 kilqgr. de poudre d’os avec 10 kilogr. d’acide sulfurique, on ajoute 30 litres d’eau, on agite le mélange ; au bout de viugt-quatre heures, il a pris la consistance d'une bouillie épaisse-, on le mêle à 1,000 litres d’eau, et on le transporte sur les champs.
La Société d’agriculture de Londres a publié, en 1 842, le détail do résultats obtenus par le moyen de cet engrais -, mais elle n’a ni donné la composition du terrain, ni fait connaître d’expériences comparatives avec le terrain sans engrais, de telle sorte qu’on ne peut tirer aucune conclusion de ces expériences.
On utilise aussi les plumes, les sabots, les cornes et les débris, dont on trouve la valeur relative dans le tableau qui termine cette partie de notre ouvrage.
g VI. — Pain de créton.
Les résidus que laissent dans les chaudières les graisses des
Digiî:.
ALfMESTATlOS VÉGÉTALE.
Ml
animaux que l'on convertit en suif sont un engrais très riche en azote ; il faut, avant de s’en servir, briser et pulvériser cette matière qui est très dure, et même la faire (rcmj^erdans l’eau. Telle qu’on la livre au commerce, elle contient 11 à 12 pour 100 d’azote.
S Vil. — Suint.
On se sert aussi avec beaucoup d'avantages du suint, provenant du lavage des laines. On fait écouler les eaux des lavoirs sür des terres poreuses ou dans des fossés remplis de paille qui s’en imbibent. Le titre d’un tel engrais, dépendant de la proportion de suint qui entre dans sa composition, ne peut être assigné d’avance et doit être déterminé par l’analyse pour chaque cas particulier.
S Vm. - Chiffons.
Les chiffons, provenant des débris des étoffes de laine, offrent des ressources d’engrais assez importantes. On compte en moyenne, par année, en France, sur une consommation de dr^ps qui s'élève à un poids de 43 millions de kifogrammcs * ; or, comme les chiffons qui en résultent contiennent à leur état pormal 17,98 p. 100 d’azote, il en résulterait une masse totale de 7,731,400 kilogrammes d’azote, représentant plus dé . 193,228,500,000 kil. de fumier de ferme pouvant produire |>lus de 241,606 hectolitres de blé. Mais il s’en faut beaucoup que cette richesse agricole soit toute recueillie et utilisée; la plus grande partie en est gaspillée dans les campagnes, et ce n’est que dans les grandes villes qu’on peut en réunir une quantité un peu considérable.
En Angleterre, on en importe beaucoup du continent et de
(I) Voir notre Mémoire sur l’éducation des mérinos. Paris, Li-,
brairie agricole.
AOttOLOGIE. ■
la Sicile pour la culture du houblon; en Provence, on se sert de chiflbns pour toutes sortes de cultures, principalement dans les terrains secs. L’ouvrier a son tablier retroussé rempli de cbiiïons, et, à chaque coup de bêche, il insinue une loque dans la terre, qu’il recouvre ensuite par le coup de bêche suivant.
MM. Boussingault et Payen * citent l’économie que M. De-’ longcbamp réalise, près de Paris, sur une terre de 1 83 hectares, par l’emploi des cbiiïons. Il achète cet engrais à raison de 180 fr; les 3,000 kilogr. qui suffisent pour fumer un hectare. L’eiïet s’en fait sentir au delà de la troisième apnée. II remplace ainsi 45,000 kilogr. de fumier qui lui auraient coûté 315 fr. ; il alterne tous les trois ans l’emploi des cbiiïons et celui du futnier ; il diminue notablement ies frais de transport par cette méthode judicieuse. Les cbiiïons doivent être divisés le plus possible pour être répandus facilement et également.
Cette division et ce remaniement ne sont pas sons inconvénient : la gale fut introduite à la colonie agricole de Mettray parmi les enfants qui en avaient été chargés ; il faudrait donc les passer à l’eau bouillante ou à la vapeur de soufre avant de procéder à cette opération. Si l’on se servait habituellement de cbiiïons, il j aurait lieu d'installer une machine pour les diviser. Le hache-paille ordinaire ne pourrait servir à cet usage.
Les cbiiïons de laine retiennent quelquefois assez d’humidité. . Ceux que MM. Boussingault et Payen ont analysés contenaient 12,28 p. 100 d’eau; à l’état de siccité, ils donnaient 20,26 d’azote. . .
Nous venons de voir qu’à Paris on obtient le chiiïon à G fr. les 100 kilogr. ; ce qui ferait revenir le kilogramme d’azote à ' 0,33 seulement. En Angleterre, on paie le chiffon 17 fr.GSc., et, par conséquent, l’azote revient à 1 fr. Si l’on considère que, dans l’exemple cité plus haut, on remplace 450 quint, de fu-
(i) Mémoire sur les engrais, ilnnales de chimie, a<> série, t. III,
ACIMENTATION VÉGÉTALE. 533
miér, rcofermant 355 kilogr. d’azote, par 300 quint, de chiffons qui en contiennent 540 kilogr., on verra que probablement reflet s’en prolonge sept à huit ans.
Section III. — Matières excrilées.
Le corps des animaux no contribue qu'une fois à l’accroissement des engrais, tandis que leurs excréments offrent jour-’ nellemcnt de riches matériaux à l’alimentation végétale. On se sert ordinairement des matières fécales et des urines réunies dans le fumier, mais on les emploie aussi séparément dans un grand nombre d’exploitations rapprochée^ des grandes villes. 11 faut donc les étudier d'abord en particulier.
S I®’’. Urine.
L’urine est un liquide très composé, formé de plusieurs âcides, de divers sels de potasse, de soude et d'ammoniaque, d’urée et de certaines matières grasses. L’urine a des propriétés qui varient selon l’espèce des animaux, mais elle contient toujours une forte proportion d’azote.
Les différentes urines analysées contiennent, pour 100 :
• Lioo.
Horome.
Clievât.
Vacbe*
Eau. .1
Matières organiques.
Matières salines. . .
Mais la quantité d’eau est très variable, selon le genre d’alimentation des animaux. Ainsi, M. Lassaigne a trouvé 87,50 d'eau dans l’urine d’un cheval, M. Payen 79 seulement dans celle d’un cheval qui buvait très peu ; M. Boussingault a trouvé 88,3d’eaudans l’urine d’une vache nourrie aux pémmes de terre . etau foin, mais^qui buvait beaucoup. On ne peut donc rien eta^ bfir de certain sur la proportion absolue des éléments des urines;
(I) Gicardi», Des en^raw, et Berjïélias.
^4 1 ~ AGKOLOCIE, < V- ■
mais si l’on se borne, d’après ces analyses, à chercher les proportions relatives des matières animales et salines, on tronver^L:
Lâoo.
HomuM.
> Cbfvét
Tneh*.
'Matières animales. . . .
Matières salines
Si l’on fait ensuite le dosage de l’azote de ces extraits, le$ quantités n’en sont plus concordantes avec celles des matières animales trouvées ; il est donc évident que celles-ci ne représentent pas des substances identiques^ et qu’on aurait tort de juger de la valeur d’une urine comme engrais sUr le seul aperçu des extraits ainsi groupé.
Ces extraits desséchés ont présenté à l’analyse les quantités d’azote suivantes : .
L’extrait de l’urine humaine 17,55S et 23,108 p. 100.'
L’urine de cheval 12,50
L’urine de vache 3,80 et 2,94
Ainsi, quand on voudra déterminer la valeur des urlneSyOn devra constater la quantité d’extraits parfaitement secs que l’on obtiendra d’un volume donné (l’extrait séché au bain-marie retient encore 25 à 26 p. 100 d’eau; il faut donc sécher à 1 50 degrés au bain d’buile et même dans le vide), et ensuite analyser l’extrait à l’appareil indiqué page 47.
On voit d’ailleurs, par ce qui précède, que les urines des herbivores, et principalement des vaches, sont très riches en matières salines. '
S IL — Excréments èn général
Si l’on prend la moyenne arithmétique des dbiffres résultant des observations de Sauvage dans le midi de la France, de binson et Kiel enËcusse, et de Gorter en Hollande, peur exprimer les rapports des urines et des excréments solide (fèces) k la nourriture, pn trouve quedes atiments solides ët IV quides étant représentés par, 100, l'bommq on évaeœ 7,2
SOUS forme de fèces, 42,0 par les urines , et par conséquent 51,1 par la transpiration insensible on la respiration -, que le poids moyen des aliments consommés journellement par les hommes soumis à ces expériences était de 2‘‘,382, ce qui don> nail 0'‘,171 de fèces, et 1 kilogr. d’urine.
D’après les observations de M. Liebig faites sur une compagnie dé la garde du duché de Hesse -Darmstadt, chaque homme donnait chaque jour 0,135 de fèces et 0,625 d’urine.
En. partant de l’évaluation de l’azote contenu dans la poudrette et lui restituant 75 p. lOO d’eau trouvée par M. Lie* hig dans les fèces , les excrémente solides contiendraient 0,86 . p. 100 d’azo^c; l’urine en contient 0,715, d'après les analyses de M. Payen; Nous aurons donc, selon les auteurs cités :
Azote.
Pour 0'‘,171 de fèces o,00î8
Pour 1 kilogr. d'urine ... J 0,0071
ou, par an, 3^,61 d’azote.
Selon M. Liebig, nous aurions :
Asm*.
0,165 de fèces 0,001419
0,625 d’urine 0,004469
ou, par an, 2^,149.
Selon M. Boussingault, 100 kilogr. de blé à l’état normal . (non complètement desséché) et 200 kilogr. do paille absorbent 3, 549 d’azote’ ; ainsi les excréments humains fourniraient annuellement à la reproduction de 1 02 kilogr. de froment, d’a- . près le premier calcul, et de 60 kilogr. seulement d’après celuj . de M. Liebig. Il faut observer cependant que c’est sur la quantité d’urine émise par les soldats que cet auteur peut avoir été le plus facilement trompé, et que son évaluation est bien moins juste que celle qui résulte des expériences fuites par les médecins.
(1) Économie rsi'u’c, t. Il, p. 27'J el 288.
636 ' . AGROLOGIE. . .
Nous ne pouvons être satisfait ni des unes ni des autres; nous devons réclamer de nouvelles expériences toutes spéciales et faites avec Je plus grand soin , en dosant expressément les excréments et les aliments , et ce qui nous le fait désirer vive-; ment , c’est la singulière déperdition d’azote qu’indiqueraient les résultats cités , mis en parallèle avec l’azote que contiennent les aliments. Ainsi, la nourriture de nos pajsans du midi peut se réduire, toute compensation faite, à l'‘,50 de froment, qui nous donnent par an 547‘‘,6, contenant 19*^, 43 d’azote.
Les soldats sur lesquels M. Liebig a expérimenté consomment pour 855 hommes par jour :
kilofr. ^ kiio|r.
. Viande 129,88 contenant d’azote 4,80
Pois, haricots, etc. . .
Pommes de terre . . .
Pain
ou par individu. . . .
ce qui nous donne par an 12*‘,775 d’azote.
Ainsi l'homme serait un bien mauvais producteur d’engrais si nous nous en rapportions à ces résultats. Une grande partie de l’azote qu’il consommerait ne passerait pas dans les excréments, ce qui serait contraire aux résultats que fournissent les autres animaux. Ainsi le cheval consommant par jour:
• kilogr* kilogr.
Foin 7,50 donnant en azote 0,097
Avoine. ; . . . . 2,27 — 0,042
Eau . 16,00 — ’ •
Ses excréments ont rendu : ' •
Urine. ...... 1,33 — 0,038
' Fèces 14,25 ' — 0,078
Différence en azote 0,023 ou 0,17
• ALIMENTATION VÉpÉTALE. 537
Le cheval restitue les 0, 83 de l'azoteqa’il a pris en nourriture. ' La vache a reçu pour nourriture :
kil.
kil.
Pommes de terre. •
donnant en azote
Regain de foin . .
' Eau
Ses excrétions ont produit :
Urine
Fèces
Lait ........
Différence en azote.
La quantité d’azote de la nourriture, reproduite par les excrétions, a été de 0,86.
La tourterelle qui a servi aux expériences de M. Boussi'ngault* consommait 153'', 33 de millet par jour, contenant 03<',434 d’azote; elle rendait 73'', 46 d’excréments, contenant .OS', 27.8 d’azote; la quantité d’azote de la nourriture reproduite par les excréments était de 0,64 , c’est-à-dire beaucoup moindre que pour les herbivores. Il serait à désirer que les carui vorés et l’homme fussent à leur tour l’objet de semblables recherches qui , outre l’intérêt agricole , auraient un grand intérêt physiologique. '
• .Quant à la préparation des engrais humains, on à prôné longtemps, sous le nom d’urolés, les mélanges par parties égales de plâtre pulvérisé et d’urine; on réduisait en poudre le mélange solidilié ; 100 kiiogr. de plâtre- mêlés à 100 kilogr. d’urine ne contenaient que 0,36 p. 100 d’azote. Ainsi, la'valeur du plâtre, celle des urines, les frais de la fabrication et lés transports ne procuraient qu’un engrais qui avait, poids pour poids, moins'de valeur que le fumier de ferme. Cetteraison suffîsaitpour faire tomber cette fabrication , dont la çhute a été accé- ■(1) Comptes rendus, t. XIX, -p. W et sulv.
ACnOLOCiE.
léréc par la dose excessive de mélanges terreux que l’on' a employés pour compenser les pertes que donnait cette spéculation.
Le meilleur procédé pour conserver aux urines toute Ifeur valeur serait, sans contredit, leur évaporation et leur réduction en extrait, après avoir saturé les gaz ammoniacaux par le moyen de l’acide sulfurique, ou mieux par le sulfate de fer à la dose d'un centième do leur poids. Mais cettë évaporation est coûteuse et embarrassante. Un kilogr. de charbon vaporise C kilogr. d’eau ; ainsi 1 00 kilogr. d’urine, contenant 93 kilogr. d’eau, emploieraient 16 kilogr. de charbon; on aurait pour ce prix et celui de la main-d'œuvre 7 kilogr. d’extrait d’uriné contenant 1*‘,40 d’azote valant 2 fr. 32 c.; et si le charbon va-' lait 2 fr. le quintal , 100 kilogr. d’extrait d’urine, contenant au moins 17 kilogr. d’azote, coûteraient 4 fr. 57 o. de charbon, aii moins autant pour les frais de main-d’œuvre, total 9 f. 1 4 c. ; plus le prix de transport de l’urine. Le prix d'une pareille quantité d’azote obtenu dU fumier serait de 27 k.
La hottüle étant à 2 fr. le quintal métrique, on aurait donc. pour0',32de charbon , autant pour la mam-d’œu vre;total ,0^,64 . Ainsi le prix réel du quintal d’urine serait d'environ 1 fr. 68 c. rendu sur place. Ce moyen est surtout convenable quand l’engrais doit être transporté au loin, mais quand- les terres exploitées sont voisines du lieu où se produisent l’urine et les excréments , il vaut mieux les utiliser à la mode flamande. Nous parlerons plus loin de l’engrais flamand. ■
En employant 21,666 kilogr. d’urine de cheval sur un béctare de prairie, M. Kuhimonn a obtenu une récolte de 2,240 kilogr. de foin en sus de la récolte produite par -le terrain non fumé, et donnant un prix de 274 fr. 64 o. Ainsi l’urine dè cheval, dosant 12\5 p. 100, aurait eu une valeur réelle de 1 fr. 26 c. les 100 kilogr., d’après ce résultat pratique.
On emploie les excréments humains soKdes , tels qu'ils sortent des fosses, aux environs de Grenoble , pour la culture du
AUï}B»TAT10II VÉGÉTALE. 6.19
cban>Te‘, à Nioe, poar engraisser les oliviers et les champs ; à Lyon, on les délaie dans l'eau, et l'on en arrose les champs, et surtout les luzernes; à la Chine, on les pétrit avec de l’argile, et l’on réduit ensuite ces masses en poussière ; aHIeürs encore on les stratifie avec de la terre pour les dessécher et les rendre susceptibles d’ètre étendus sur les champs ; à Paris, oq les con> vertit en poudrette.
Pour faire la pôudrette , on construit des bassins peu profonds en pierre ou en argile , on les dispose en étages , de 'ntaniére à ce qu'ils puissent s’écouler les uns dans les autres.
Le produit des fosses étant déposé dans les besoins supérieurs , on fait écouler la partie liquide dans ce qui est immédiatement inférieur, aussitôt que les matièrei solides se sont déposées ; pn opère de même pour le second bassin, dont les liquides se ver- • sent plus tard dahs le troisième, et ainsi de suite. Les dernières eaux se perdent dans des égbuts. C'est par ce procédé que l’on finit par n’avoir dans chaque bassin que des matières péteuses ’ que l’on extrait avec des dragues^ pour les placer sur un ter- ' rain en dos d’âne, où, à mesure qu’elles se .sèchent, on les retourne à la pelle.
En analysant la poudrette de Montfaucon, M. Jacquemart
a trouvé qu’elle renfermait : . ,
Eau. 52,5 p. 100
Matière sèche 47,2 .
Un hectolitre pesant 67 kil.donnait4^,5Qdesulfated’ammo- > niaque par la distillation dansl’eauchargéed’acide sulfurique*.
M. Payen y avait trou.vè 41,4 d’eau, 1,56 d’azote p. 100,. et 2,67 quand elle était complètement desséchée. Elle coûtait 7 f. 15 c. les 100 kil- L’azote revenait donc à 4 f. 50 b. le kil.
La poudrette donne une grande activité à la végétation, mais ,
(I) ilnrtales decAiiriH!, marsT8i3,'p. 378.
AGROLOGIE.
ses effets sont promptement épuisés ; on croit s’apercevoir quel* quefois qu’ils ne se prolongent même pas jusqu’à l’époque de fa fructification des céréales. On lui reproche de communiquer aux herbages un goût qui répugtie aux animaux. C’est par cette raison aussi que les jardiniers se refusent à employer des engrais qui, comme celui-ci, émettent en peu de temps une grande quantité de vapeurs ammoniacales, retenues et absorbées par les feuilles. On répand 1 750 kilogr. de poudretfe par hectare pour une fumure.
Nous parlerons plus loin de l’engrais flamand, qui est un mélange des excréments liquides et solides.
§ 111. — Engrais désinfectés.
Sous les différentes formes que nous avons indiquées, les excréments ou sont bien difliciles à enaployer, ou bien ils petrdent avec rapidité lés principes fertilisants et communiquent aux .plantes une fort mauvaise odeur. On connaissait les propriétés absorbantes du charbon et lés effets du noir animal ; il n’était . donc pas difficile d’imaginer que si l’on mêlait la matière fécale avec une quantité suffisante de charbon, on aurait un engrais puissant et sans odeur. Mais le prix d’un tel véhicule devait 'éloigner l’idée de s’en servir. En 1833, M. Salmon pensa qu’il serait possible de se procurer à bas prix une matière charbonneuse qui remplirait le but que l’on se proposait. Il la trouva . dans le terreau carbonisé. On prend une terre calcaire chargée . de terreau, on la calcine à vase clos, et on obtient ainsi un ' mélange de carbonate de chaux divisé et de charbon, mélange très poreux et très absorbant. Jeté-ctJbrassé dans les fosses, il s’empare de tous les gaz volatils, fait disparaître la mauvaise odeur et fournit un engrais contenant tous les principes des . excréments, et ne les cédant qu’avec lenteur, ayant par conséquent plus de durée- dans ses effels sur la végétation. On cm-
AÜMENTAtlON VÉGÉTALB.
ploie en ce moment ce procédé dans les fosses des camps autouit ^ de Paris (1843). Le noir animalisé de M. Salmon contenait 60 kilogr. de matières organiques, matières fécales, sang, chair musculaire, mêlés à 40 kilogrammes de poudre désinfectante.
Le charbon lui-même absorberait moins que la terre charbon* neuse ; son éclat métallique annonce assez qu’il est peu poreux. Le charbon de tourbe est aussi compacte et brillant, et offre le même inconvénient. M. de Villeneuve voudrait employer les houilles et les lignites réduits en poudre et altérées par la fermentation ; mais ils exigent le plus souvent une préparation pour' les amener à cet état, et, de plus, un lavage coûteux pour leur enlever l’acide sulfurique produit par la décomposition de leurs parties pyriteuses, ce qui les rend plus coûteux que la terre charbonneuse. La valeur réelle de i’éngrais désinfecté dépend de la quantité de terre mélangée ; elle varie donc selon les fabricateurs. Celui des camps, analysé par MM. Boussingault et Payen, contient 0,42 d’eau, elt il offre 2,96 d’azote p. 100 à l'état sec, et 1,24 à l’état normal.
Les excréments de la vache renferment 2,30 p. 100 d’azote ‘à l'état seo, ceux de cheval 2,21, Au reste, ces matières ne s’emploient jamais isolément, mais seulement à l’état de fumier, dont nous parlerons plus loin, ..
■ § IV. — Excréments des bêles à laine.
II en est autrement des excréments solides des brebis qui contiennent 2,99 p. 100 d^azote à l’état sec, et 1,11 à l’état normal ; on les emploie souvent sans autre préparation. Dans les grandes .bergeries du midi, on balaie chaque matin le sol uni de la bergerie, on met les crottins en tas, et on les vend à Ja. mesure à raison de l à 2 fr. l’bectol. de 70 kilogr., ou de 1 fr. 50 c. à 2 fr. 60 c. le kilogr. d'azote. •
. AGBOLOGIE.
Mais la manière la plus usitée de se servir de cfottins de brebis et des urines de oet animal, c’est le parcage. Cette méthode consiste à réunir le troupeau pendant le temps de la chaleur du jour et pendant la nuit, intervalles où il cesse de manger, sur un espace de terrain resserré que l’on enclôt au moyen de claies. Le parcage a plusieurs avantages notables : il dispense de l’emploi de la litière, il nejaisse perdre aucune partie des excrétions, et, aihsi dispersées sur le sol, la volati~ lisation en entraîne moins que quand elles sont excitées à la fermentation par leur entassement et la chaleur des bergeries; enfin, on économise les transports.
Cette dernière considération indique clairement la convenance du parcage pour les terres éloignées ou d’un abord diffi- . cile. Dans les terres labourables, lé parcage doit avoir lieu après Un labour, et être suivi d’un autre labour peu profond. On s’en sert aussi sur les récoltes languissantes que l’on ranime, en les faisant parquer, et enfin sur les prairies sèches. Quant à celles qui sont arrosées, il y aurait à craindre que l’eau courante n'entrainât une grande partie des crottins. Le parcage doit toujours avoir lieu par un temps sec, pour éviter que la terre no se pétrisse sous les pieds des moutons.
On calcule les dimensions du parc à raison d’un lùètro* carré par mouton. Si on l’élargissait, on ne parviendrait pas à fümer Un plus grand espace de terrain, car les moutons se réunissent et se serrent toujours les uns contre les autres. Ou compte qu’une nuit donne une forte fumure, et qu’on a une demi-fumure en déplaçant le parc au milieu de la nuit.
•Schinalz assure n’avoir jamais obtenu un si grand effet du fumier recueilli pendant une nuit à la bergerie que d’une nuit de parc. Selon luij le blé venu sur le parcage donne plus de paille que l’engrais ordinaire, les terrains sont plus exempts de mauvaises herbes. Il a obtenu jusqu’à vingt fois la semence de beau froment sur un cbaûme de trèfle parqué. La seconde-
coupe de Irèflë devenait ma^ifique quand on avait parqué après la première. ' ' . • .
• ün parc de 100 moutons pour une nuit équivaut à 0,56 ‘d'azote ou à 140 kilogr. de fumier de ferme, ce qui représente 14,000 kilogr^ par hectare. On voit que c’est une fumure très légère, et son grand effet ne s’explique que par sa rapidité et son peu de durée, qui ne dépasse pas un. an. On doit renouveler un tel engrais à chaque récolte.
Certaine» grottes, entres autres celle d’Arcis-sur-Eure , près d’Auxerre, fournissent une quantité assez considérable d’excréments^e chauves-souris, considérés comme un très bon engrais. Kous nous rappelons avoir marché sur une couche, épaisse de ces excréments dans les. caves du château de Yigevano (Piémont).
§V.—. Guano. , •
Nous voici arrivés à no engrais qui, signalé d’abord au' ' commencement du siècle par M. de Humboldt lors de son voyage, en Amérique, a acquis depuis peu une grande célé- . brité quand il a commencé à être importé en Europe. Mais sa consommation prend on cours si rapide, que peut-être dans' quelques années les masses d’où on l’extrait étant épuisées, comme elles le sont déjà à Itchaboë, sur la côte d’Afrique, cet article ne sera plus que de l’histoire. En atténdant, mettons à * ‘ profit cette ressource inattendue, et sans nous cxagérçr ses résultats,commecetAnglaisquiaffirmaitque, grâceau guano, • ' la Grande-Bretagne allait se passer de toute importation de grains, sachons au juste ce que nous devons en attendre, servons-nous-en assez utilement pour pouvoir nous passer plus tard de son secours. . ‘
' Dans un grand nombre d’IIots de la mer du Sud, sur la côte du Pérou et du Chili, les habitants des côtes voisines exploi- ‘
AGBOLOeiS.
tent de temps immémorial des couches épaisses’ de matière qui paraissent être les e](crémcnts d'une multitude d’oiseaux, surtout des ardea et des pkénicoptères qui s’y réunissent la nuit et dont les excréments Sont entièrement identiques au produit*
. de ces énormes amas qui ont quelquefois jusqu’à 20 mètres d’épaisseur. En supposant la surface de ces Iles entièrement couverte de ces oiseaux, le calcul ne donnerait, après trois siècles, qu’une épaisseur de 9 à 12 millimètres d'excréments, et l’imagination est confondue par la puissance des couches existantes.
Le guano du Pérou, de première <}ualité, a une couleur .brune, une odeur putride et marquée; celui qui a une couleur orangée, et où l’odeur musquée domine, parait être d’une qualité inférieure.
Le docteur lire a fait l’analyse du guano du Pérou et a . • trouvé:
Matière organique azotée contenant do l’urate d’ammoniaque et pouvant donner^ par une décomposition lente, 8 à
17 p. 100 d’ammoniaque ; 50
Eau ...... j ..... fl
Phosphate de chaux .''25
Phosphate ammoniacal de magnésie, phosphate d’ammo- • '
niaque, oxalate d’ammoniaque, contenant 4 à 9 p. 100 de ces
alcalis 13
Bilice 1 1
Le guano du Chili a donné moins de matière azotée et plus d’alcalis fixes et de terre; son azote, dosé par MM. Boussingnult et Payen, leur a donné des proportions diverses selon lei échantillons ;..tel guano desséché leur a fourni 15,73 d'azote, tel autre 6,201. Aucun engrais n’exige donc aussi impérieusement que celui-ci d’èlrc séché et analysé, si l’on veut connaître sa valeur réelle. Le mot de guano couvre des marchandises ■ fort différentes, et quelques-unes, outre leur qualité inférieure
. ÂLIMESTATION VÉCÉTALE. 545
provenant d'une détérioration naturelle, sont très suspectes de falsification. Il faut ici ne payer que l’azote que contient l’échantillon.
A peine {’importation du guano américain a-t-elle commencé en Europe, que l’on a découvert des dépôts semblables d'excréments animaux sur des lies de la côte d’Afrique. Celle d’Itcbaboë fournit en ce moment les restes dosa richesse; mais on annonce que dans la 'baie de Saldanbe, près le cap de 'Bonne-Espérance, une nouvelle Ile de gUano, celle de Malaca,vient d’étre découveïte, et son exploitation régularisée par le .gouvernement anglais.
Le guano d’Itchaboë est d’un brun chocolat, parsemé de beaucoup de points, blancs ; on y voit un très grand nombre dé débris de plantes à demi décomposées, des plumes, des fragments de coquilles, d’œufs et d’os de poissons. Sir Francis y a trouvé : . • ‘
^Is volatils aonmoniàcaux, oxalate, chlorhydrate, carbonate , matières combustibles contenant 9,7o p. 100
d’ammoniaque 42,59
Eau 27,13
Phosphate de chaux et de magnésie 22,39
. Matières terreuses . 0,81
Sels alcalins • • . 7,08
On ne trouve pas d’urate dans ce guano, ou du moins on n’en trouve qu’en petite quantité (3 p. 100 selon le docteur lire) ; ce qui a fait penser qu’il n’était pas entièrement le produit des déjections des oiseaux, mais que celle des phoques y entrait dans une proportion très forte.
Les prévisions de la science à l’égard du guano ont été complètement confirmées par l'expérience. Il était facile de çonce-‘ voir qu’étant un composé assez complexe de toutes les matières! qui servent à la nutrition des végétaux, et étant d’ailleurs très riche en azote, cet engrais aurait des effets très marqués ’
AGROLOCIB. •
sur les récoltes. Nous possédons à cet égard plusieurs séries d’expériences bien faites, qui offrent des faits très précieux non-seuleinent sur cet engrais en particulier, mais sur son effet comparé à celui d’autres engrais. Nous avons choisi da préférence les expériences où la fertilité native de la terre était constatée par une culture comparative sans engrais; celles où une assez grande variété de doses de guano nous permettait d’apprécier celle qui convient le mieux ; et laissant de côté pour le moment l’application du guano à des genres' divers de plantes , c'est son effet sur le froment qui , ayant été l’objet du plus grand nombre d’expériences et des plus soignées, a été pris par nous pour type de cette comparaison. Enfin, nous avons supposé que tous ces guanos étaient pareils, pour leur titre, à celui qu’avait reçu en France le ministre du commerce, et qui dosait environ 14 d’azote p. 100. Nous .avons placé ces expériences en allant du plus grand au plus petit rendement , relativement à la quantité d’engiais. Nous avons réduit les expériences à la surface uniforme d’un hectare.
FEBME-MODÈLF. D’IILE-ET- VILAINE, A RENNES.
' — E.XPÉIIIMENTATION DE M. BODIN.
Terrain déjà riche.
Engrais guano.
Bcrolta
de
fromeM.
Asoie
de la*réeol|«|
Aaotv naturel d« toi.
Asotc
de r«i)graîi.
i^ole total du soi.
Engrais pria par U récohe.
ÎIOO
250 kil. . .
500 kil. . .
1000 kil. . .
La récolte qui, sans engrais, était déjà de plus de 30 hecto- Ikres par hectare , a été poussée à plus de 58 hectolitres , avec 1,000 kilogr. de guano; elle a absorbé jusqu’é 47'' p. 100 de l’engrais.. • ' ♦ • •. . ' • •
rtBME-JIODÈLE DES BOUCHES-DU'-BIIÔME, A I.A niONTAtnONNE. ' — EXrÉUlMEKTATION DE M. DE BEC.'
■ • ■ . ' Saison sèche,
Rÿrelte Ai*W Axota Amlt , Amla Aaote Engraix
Enfrtil. *ti (l« dn 4^ 4r I& •MurrI d» pri*
fromvBt. graitit. paille, p^tle. rérohe. du toi. l'engrait. larèfoUc»
0 «7* *7^ 9G0 %Mi ÎO.riO TT, 3 » Î.T,.-! .D^W
i-îOOOk. frnnîcr 1404 4C,(9 1430 R,73 49.94 73,3 100,0 173,3 0,î8
E>UU kil. guano» . 1^ 40,»0 4tS0 I0J5 S0,9T> 73,5 70,0 143,3 0,33
000 1211 30, K4 4300 ll.Ctt 31/9 73.3 B*,0 157,5 0,33
70y 1IS8 38,10 4000 10.30 4(t,i(i 73,5 98,0 171,5 0,Î7 .
800 liA'J 40,47 :>30U 1S,‘3 54,90 73,5 119,0 18.5,5 0,99
aoO 1988 49.37 6.300 16,32 !;8,f,9 . 73.5 190.0 185,5 0.30
1000....... lOeO «6,00 5150 |3;S4 79,31 73,5 140,0 913,5 0,37
Nous voyons ici l’absorpiion du fumier d’écurie descendre à
0,98, tandis que celle du güano monte à 0,37. La prix du guano était à 95 fr.; celui de son azote est.de 1 fr. 78 c.; or, l’azote du froment valant 5 fr. 40 c., on voit qu’il y a intérêt .
à pousser remploi du guano jusqu’à l’entière limite où son ab-
sorption par le froment sera possible. Ce que nous disons du guano s’applique à tous les engrais dont l’azote a un prix infér* rieur à celui du firoment quand il s’agit de la ciilture dé ce grain, ou inférieur à celui de l’azote du produit auquel ou l’applique quand il s’agit d’autres cultures.
On voit aussi dans cet exemple la proportion db grain à la paille téndre à décroître 1 mesure que la quantité de guano augmente. Ainsi l’on a les rapports : ' *
Grain.
pailla.
Quelque irrégularité. que présente le foin, en raison des circonstances de terrain que l'on ne peut apprécier ÿ l’accroissc-
548 ' AGBOLOGIS.
ment de rapport de la paille est si sensible en passant du fumier d’établc (n® 2) au guano (n° 8 et suiv.), que l’on voit se vérifier ici la loi qui, dans les plantes vigoureuses, donne la supériorité aux productions herbacées, tiges et feuilles, sur la production des fruits et semences. L'engrais du guano serait donc très propre à favoriser la production des prairies.
GBANO-JOL'AN. — EXPÉniMENTATION. DB M. BIEFFEL. . '
Terre de bruyère brûlâc.'
RécoUe Azot* Réeolle Asote I)«se â'cpgrBît. (le de de de*
grains, graiiit. paille, paille.
wigJe.,
* frooieot.
20000 kil. fumier d&
ferme % 1054 34»68 3000 5,18
1060 kil. guaoo . . 3331 ’ 76,30 5500 14,34
Aznte Aapte Azote de lii iiatiirrl de n-culte. du kuI. 1'
Ainle
loiat
eiiiyais .
terre.
Aliqnote d alnlr pri. pur la rpeolic.