AGfcOLOGIE
^ Au reste, on obtient ce sel comme le prêchent et le nitrbte de chaux, par le moyen que nous avons indiqué; il existe aussi tout formé dans le sol des bergeries et des cav(». Ces sels sont le principe de la fertilité que communiquent à la terre les débris des vieux murs qui s’en clmrgent, surtout dans leur partie inférieure, au-dessus de la limite de l’humidUé constante.
S II. — Sels ammoniacaux. '
Les expériences qui avaient pour but de faire végéter des plantes dans des dissolutions de sels ammoniacaux n'ont pas toutes été suivies do succès. Si M. Lecoq a vu prospérer des graines placées sur du coton mouillé et constamment arrosées de solutions contenant un dixième de leur poids en sel ; si le’ sulfate d’ammoniaque en particulier a produit ainsi des eflets remarquables'; si nous-mème avons vu végéter vigoureusement des fleurs liliacées dans de fortes solutions de carbonate d'ammoniaque, M. Bouchardat, de son côté, a vu des branches de mimosa périr en peu de temps dans les solutions do tous les sels ammoniacaux*.
Mais aussi toutes les fois que ces sels, au lieu d’ètre administrés aux plantes en solution, ont.été mélangés avec le sol, leur succès a été remarquable. Déjà Rigaud de Lisie avait' constaté les bons résultats obtenus du sulfate d'ammoniaque sur le blé et dans ces derniers temps les belles expériences de MM. Kuhlmann et Schattenmann * ont complété la démonstration. Ce dernier arrosait le sol avec des dissolutions de sels marquant 1 degré à l’aréomètre de Baumé, et à la dose de . 100 hectolitres par hectare; le blé et les prairies ont donné
(1) Rech. sur Vemploi des engrais salins, p. 20 et suiv.; te tableau . ■ (2) Comptes rendus, t. XVI.
(3) Mém, de la Société centr. d’agricult., 1814, p. 167.
. (4) Compte» rendus, novembre 1813.
. ■' ALIMESTATION VEC.:iALE. 513
des produits presque doubles sous l’influence de cet arrose>^ ment avec le chlorhydrate et le sulfate d’ammoniaque. Mais il ne parait pas avoir eu un elîet marqué sur les fourrages de la famille des légumineuses; fait très remarquable si l’on considère que c’est sur eux qu’agit principalement le sulfate ' de chaux.
M. Boussingault, en discutant ces résultats*, remarque d’ahord que l’azote contenu dans les plantes soumises à l’action des sels ammoniacaux autres que le carbonate ne peut provenir de l’absorption en nature de ces sels; en effet, dans 100 gerbes de blé il entrera 800 grammes d’azote, et dans les cenilres 42 grammes d’acide sulfurique et 22 graihmes de chlore, tandis que €00 grammes d’azote qui se trouveraient dans les plantes exigeraient, pour former du chlorhydrate ou du sulfate d’ammoniaque, 2056 parties de chlore et- 2264 d’acide sulfurique. Il est donc évident que l’azote n’est pas absorbé à l’état de sulfate ou de chlorhydrate d’ammoniaque, mais que ces deux sels se décomposent pour fournir la quantité d’azote qui se trouve dans les plantes. Il n’en serait pas de même du carbonate d’ammoniaque, puisque les plantes contiennent au delà de la quantité de carbone nécessaire pour former l’acide carbonique propre à saturer l’ammoniaque. Il est donc tout à fait probable qu’avant de pénétrer dans la plante, les sels ammoniacaux, au moins en grande partie, se sont changés en carbonates.
Si l’on met en contact une solution de carbonate d’ammoniaque et de chlorhydrate, ou de sulfate de chaux, il se forme, au lieu de carbonates, des chlorhydrates et dés sulfates d’ammoniaque et du carbonate de chaux; il semblerait donc, au premier abord, que cette explication ne peut subsister. Mais si, au lieu de solutions dans lesquelles se forme et se précipite le composé insoluble, |es deux sels sont mis en présence
(1) jEconomie rurale, t. Il, p. 236. , ■ ’ - • .
AGROLOGIE.'
à l’état pülvérulent possédant la quantité d’humidité nécessaire pour facHiter la réaction sans dissoudre le produit, il $e forme un composé volatil qui est le carbonate d’ammoniâ- ' riue. Ainsi, un morceau de craie placé dans une solution de sulfate d’ammoniaque émet pendant plusieurs jours des vapeurs de carbonate d’ammoniaque. C’est de cette manière qu'a lieu dans le sein de la terre la décomposition des différents • sels ammoniacaux et que, changés en carbonate, ils pénétrent > dans les suçoirs des plantes avec les molécules d’eau dans lesquelles ils sont dissous' sous cette nouvelle forme.
- M.M. Kubimann, Schattenmann et Charterley ont étudié avec beaucoup de succès les effets des sels ammoniacaux sur le . végétation. M. Kuhlmann a employé le chlorhydrate d’ammoniaque, le sulfate d’ammoniaque, et une eau ammoniacale provenant de Tusiite de gaz do Lille, qu’il convertissait en chlorhydrate par l’addition d’une eau acide provenant de la fabrication de la gélatine.
Le premier de ces sels contient 26,439 d’azote p. 106; le second 21 ,375. L’eau ammoniacale n’a pas été dosée. Voici les résultats obtenus par M. Kuhlnàann : .
Quantité * tTeograit.
néeolte du foio.
Irtl
Aïote du foin.
Atote naturel de la terre.
Atolc
de
l'eDgrait.
Atoie toial en (erre.
Aliifuete
d'asote
absorbé
p. U récolte. ,
Point d’engrais. .
206 k. chlorhydr.
Bil.
d'ammoniaque.
266 kilog. sulfate
d'ammoniaque.
5400 litr. eau am-.
moniacaie . . .
Si l’on supposait que l’absorption de l'azote a été dans l’eau . . ammoniacale de 0,33 comme poiu les autres sels, elle en au^ ■ rait contenu 121 kilogr.; r^ranchaat 100 de fmtilité de i« terre, il reste 21. kil. ou enyiroa O'^jSS pour cent litres. .
Digilized by (. .(Kiglt
• ALISEKTATIOM VéGÉTALË. ' ‘ 'SIS.
Oa voit ici que le tiérs seukment de»sdâ fournis à là (>rairie est passé dans la végétation, les deux autres tiers restent en terre à l’usage des récoltes qui suivront.
Le chlorhydrate d’amuioniaqtie a coûté fr. o« 100 fr. les .
1 00 kilogr. Son azote revient donc à 3 fr. 66 c. ; prix qui excède d’un tiers celui du fumier d’étable. Il a rapporté ici un excédant de récolte de 1,716 kilogr. de foin valant 137 fr. 28 c. Il y'a ‘ '
donc eu perte de 12g fr. 72 c. dans son emploi.
■ Le sulfate d’ammoniaque a coûté 1 59 fr. 60 c. ou 60 fr. les ' ' •
100 kilogr. Son azote revient à 2 fr. 80k c. Il a rapporté un ex> • .
cédant de récolte de 1,233 kilogr. de foin valant 98 fr. 6A e.; il y a eu perte de 60 fr. 96 c. L’eau ammoniacale a coûté 54 fr. •
et rapporté un excédant de récolte de 2,300 kilogr. de foin va* • lant 184 fr.; il y a donceu.un bénéficé de 130 fr. Mais l’on conçoit que le prix d’achat de cette eau n’a rien de fixe, et *
qu’une plus grande consommation ne tarderait pas à l’élever â sa valeur réelle. ' •
M, Chatcrley a fait apssi des expériences agricoles sur l« . ‘
eflets des sels ammoniacaux, et voici le résultat par hectare* : , *
Quinlité
d’Mgraii.
RéûoUe Atnt« Rêrolle Axetc A*oie Axotc Axnle Aliqiiot®
«ai du «n de I. •*“ ■ “”'1'
gmini. graïnf. paille, paille. *al- *'**'e'^**** *"**'’''*•
kit
Poinul’engrais. . 1307 :»,S3 9IIS 10,36 G(r,G8 I3I,7Û 0.00 151,70 0,40
SAk. 9 de siillaie . .
d’ammoniaque 1491 67,40 911» 10,36 07,70 131,70' S,S3 157,93 0,43
195k. 5 de nitrate
On voit ici que l’absorption de l’engrais augmente avec sa dose, et que l’on pourrait en fournir une plus grande quantité àla plante. A60fr. les 100 kilogr., l’on aurait obtenu de 25'‘,9 de sel coûtant 15 fr. 54 c. un excédant de grain de 184'* valant (à 20 fr. l’hectolitre) la somme de 47 fr., sans compter la valeur de la paille, et de 1 29'^, 5 de sel valant 77 fr. 70 c.; le produit ’•
(1) Mémoires de Ib Société chimique de Londres, t. I, p. IM.-