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D’après tous ces résultats, nous devons croire, avec le professeur Johnston, que l’action du guano se prolonge plus d’une année. Il croit avoir remarqué aussi que cet engrais profitait d’une manière plus spéciale, employé à la fumure des récoltes racines.
; Ce professeur a pensé que l’on forcerait les importateurs à maintenir leurs prix dans les limites naturelles, si l’on parvenait à iabriquer un guano artificiel qui fût l’équivalent du natu-
rel. Voici la recette qu’il propose* ;
Ponli.
'Prix,
kilogr.
fr. e.
■ Os en poudre
Sulfate d'ammoniaque. ...
Cendres
Sel marin
• Sulfate de soude
qui égalerait, selon lui, 200 ki|ogr. de guano, qui Se payait d'abord à Londres de 65 à 75 fr. les 100 kilogr. Le prix est’ descendu aujourd’hui, depuis les importations d’Afrique, à (1) Journal d'agriculture pratique, rtov. 18M., p 213.
ALtMEXTAtlON VÉf.l-'TALE.
S5-fr. Jes IDO kilogr. Il y aurait donc peu d’inti^rèt à fabriquer le guano artificiel qui, d'ailleurs, serait aussi loin peutêtre de produire les effets du naturel que le vin fabriqué avec de l’eau-de-vie, de l’eau , de l’acide tartrique, ne serait propre à représenter du vin provenant de la fermentation du raisin..
D’après une note deM. Bidard ', le guano d’Afrique, acheté à Liverpool et rendu au port de Rouen , revient i 20 fr. 79 c. les 100 kilogr. Mais, comme nous l’avons déjà dit, le guano ne, peut être acheté sans être titré, -c’est-à-dire sans qu’on ait constaté fa quantité d’azote qu’il renferme à l’état sec. Le guano qui a servi jusqu’ici aux expériences était du guano * du Pérou , reçu par M. le ministre de l’agriculture. Son prix naturel, en le comparant à celui du fumier, serait (l’azote étant à 1 fr. 62 c. le kilogr.) de 22 fr. 68 c. au titre de 14 d’azote p. 100. Nous verrons plus tard que ce prix devrait être augmenté à cause de la facilité des transports pour une mptière qui' offre une' grande valeur sous un petit poids.
5 VI. — Colombme.
Les excréments de pigeons , mêlés aux débris de plumes et de graines qui couvrent le sol des colombiers, ont pris le . nom . de colotnbine qui, à l’état normal , contient 9,6 d’eau et 8, .30 ’ p. 100 d’azote, et à l’état sec 9,02 d’azote. Ce puissant engrais n’est abondant que dans les pays où existent encore de grandes ' fermes, partout ailleurs il a disparu. Dans le département du Pas-de-Calais on achète, à raison de 100 fr. par an, la colom- ’ bine de 6 à 700 pigeons qui donnent une forte voiturée d’engrais. Si l’on supposé son poids de 1,200 kilogr., on obtient par cette somme 9>‘,96 d’azote, qui revient à environ 1 fr. le kilogramme.
• (1) Travaux de la Société d’aijricullurc de la Seine-In/crieure, jan~ .vier 1844. ■ ' ' '
AGROLOGIE.-
Les excréments des foules, quoique encore très actifs, oftt, d'^après l’expérience des cultivateurs, moins de valeur que ceuk des pigeons : ils n^ont pas encore été analysés. Ces deux genres . d’engrais sont surtout recherchés dans le midi par les jardiniers ; en Flandre , on s’en sert pour la culture du lin ; ils entrent aussi dans la composition dés engrais liquides. On a‘la mauvaise habitude de laisser séjourner toute l’année ces excréments dans les colombiers et les poulaillers ; il s’y engendre une multitude d’insectés qui tourmentent les volatiles ; en ou*' tre, l'amoncel lement provoque une fermentation qui cause une grande déperdition de gaz ammoniacaux. Il serait donc utile d’enlever souvent ces engrais, de les déposer dans un lieu sec, et, si l’on voulait en faire usagé soi-mème , de les mêler avec tine terre charbonneuse ou avec du sulfate de fer.
• Quand on veut employer ces engrais, on les pulvérise au fléau et on les répand par un temps calme et sec, à la dose de 2,500 kilogr. par hectare.
S VII. — Excréments de poissons.
La fertilité que manifestent les étangs empoissonnés lorsqu’on les met à sec, quoiqu’ils soient généralement établis sur un sol argileux et stérile, met hors de doute la valeur des ex- . créments des poissons. Nous l’avons éprouvée directement et à . plusieurs' reprisés', en faisant transporter sur nos champs le dépôt qui se trouvait.au fond des bassins bien peuplés do poiksons. . . Les luzernes qui recevaient cette fumure étaient remarquablement belles. . .
§ VIH. 1— Excréments dès insectes..
Chacun connaît et apprécie dans le midi les bons elTets des litières chargées des excréments des vers à soie, des vers morts • et des débris de feuilles de mûrier. Dans les magnaneries bien
. Digiltcd by vjOOglc
AlimÈjitation végétale. ’ A53
(eaues, oà apt>lique rarement ces litières à fumer les champs ; mais après les avoir fait sécher, on les emploie à engraisser des moutons. Cependant quand, par négligence, on n’a pas pu parvenir à une bonne dessicéation , et qu’on est forcé de les faire * servir aux cultures, il est bon de connaître la valeur de cet engrais. MM. Boussingault et Payen ont analysé les litières du -ciRquième et du sixième âge de ces insectes. Les premières contenaient â l’état sec 3,^S3 d’azote p. 100; les secondes, •3,709. • ■ '
- . • Section IV. — Substaneet végétales.
Les substances Végétales , quoique très riches en carbone ,
' recèlent cependant Une quantité d’azote assez grande pour qu’elle puisse expliquer les bons résultats que l’on obtient des engrais verts, des récoltes enterrées; et de toutes ocs pratiques qUT ont été trop négligées jusqu’ici pour qu’il ne soit pas utile ■ 'de les rappeler à la mémoire des cultivateurs.
' On emploie lès végétaux transportés de la place où ils ont .crû sur la place que l’on véut améliorer.; ou bien on lès fait croître sur la place même à améliorer et .on les y enterre; ou bien, soit à l’état sec , soit à l’état frais, on les soumet préalablement à la fermentation avant de les enIbUtr. Nous âllons énumérer ces différents procédés. • . *
• S I"'. — Végétaux transportés peur être enfouis. '
• Les frais do ce genre d’engrais consistent dans la valeur des . végétaux pris sur place, dans les frais de transport et dans ceux d’enfouissement. C’est la balance de ces frais et de la valeur de l’engrais qui doit décider si l’opération est utile. ...
' Qnand .on transporte des débris secs de végétaux , comme
des feuilles tjré^ des forè.ts , les - écorces, épuisées dea-taouie- I.' ' ' . •. . .
&54 ■ acholocie; ' t
TÎes , etc. , on IftE les emploie généralement qu^après les avoir fait fermenter', mais on enterre souvent en vert les fougères «t les bruyères qui sont abondantes dans certaines localités. Nous . ne savons pas encore la quantité d'azote fourni par la fougère, mais nous savons qu’elle renferme beaucoup de potasse, et que ' Sous ce rapport elle peut être avantageuse aux terres qui en • . manquent. Les feuilles de bruyères sèches renferment jusqu’à 1,74 d’azote. Si on enfouissait la tige en même temps, on aurait un engrais bien moins riche ; mais comme les feuilles se séparent biendc'la tige par la simple percussion après la dessiccation, on aura plus d'avantage à employer la tigeau çbauffage.
A.—Jeunespoustei depin.
jM. Kéramel cite un procédé employé , dit-il , .avec succès dans les environs de Baud, en Bretagne, pour faire servir les. pousses de pin maritime à l'engrais des terres, et. particulièrement au défrichement des landes de cette province. On sème lé * ' pin très dru à raison, de 1 6 kilogr. par hectare ; on répand eb fUmure 3 hect. de noir animal pour exciter la végétation.- Au bout de 4 à 5 ans, on a un terrain couvert d’un massif serré comme une chènevière. On coupe les plants ras de terre ; 1^ . . souches sont extraites et brûlées avec unç partie de la motte.
Ou fait une première coudie. de cette terre màléç de cendres , de 16 centimètres de hauteur, qnel’onTecouvred’Unecoucbcde • tiges de pins de 37 centimètres, suri aquellc on jette 4in dehiiküogr. de chaux vive en poudre. par mètre carré. Une seconde couche de terre est suivie d’une nouvelle couche de pins , et l'on élève ainsi le tas à la hauteur de 3 métrés., On arrose de ' temps en temps , et au bout de six mois le tas est converti cr\
'un terrreau fertilisant. L’auteur dit que 30 tombereaux de cet . engrais, du peidsdè l,OOakUQgr., suffisent pour fumer 1 hect. de terre. C’est une espèce d’engrais laulfret , moins la lèSsivo cômposéêj usitée pour celui-jci. . • ■ •
ALléEXTATIOS VÊCÉTAI,E. ‘ 555
Le buis est un engrais d'une grande ressource dans iês' pats entourés -de montagnes calcaires, qui en sont quelquefois couvertes. A.Bouquet (Gard), commune surmontée par lepuy ^de Bouquet, la culture repose entièrement sur l’engrais de buis. On veille attentivement à ce qu’on n’en arrache pas les racines, et tous les habitants de la commune ont droit d’aller en couper pour lenr provisîoh . C’est à qui, parson activité, en recueillera •une plus grande quantité. Mais quand on considère l’exiguité' du'ierritoice de cette commune, en comparaison de la vaste sur- .face qui produit le buis nécessaire à sa fertilisation, on ne peut 'regarder cette ressource comme apiplicable à de Vastes territoires. L’exemple que nous venons de citer se reproduit dans quelques communes de UJ)rèroe, des Basses-Alpes, dcl'Ain, etc.
' Les rameaux feuillés de buis apportés de la montagne sont placés pendant quelque temps dans les rues du village et sur les chemins qui y aboutissent, où iis sont foulés et écrasés par ‘ ie^ pieds des chevaux. On les dispose de la sorte à la fermentation. Ils possèdent à l’état vert 1)17 p. 100 d’azote, avec près de .60 d’eau; à l'état sec, ils présentent 9,89 d’azote; c’est . donc un engrais végétal très riche, puisqu’il dépasse de beaucoup le titre du fumier luî-méme. ' '
En Provence et dans les pays de montagne, on emploie aussi 'au même usage les tiges feuillées des pins, qui n’ont pas encore été analysées. '