C. — naseaux
• L’emploi des roseaux {arundo phragmites) à l’état frais et sec est si considérable dans le voisinage des étangs du midi, cette plante y est l'objet d’on si grand commerce et a tellement élevé. le prix des terrains inondés qui la produisent; qu’il Kt important de bien fixer sa' valeur comme engrais. A
AGROI.OCIË.
noire prière, M. Payen a bien voulu se livrer à cette recherche.
Le roseau coupé au moment de la floraison et séché sur place, 'tel qu’on le livre au commerce, contient encore 0,30 d’eau, plus ou moins, selon le degré de dessiccation. Desséché complètement, il donne 1,10 pour la cendre. A l’état normal, il . renferme 0,75 p. 100 d’azote, près de trois, fois autant que la paille de froment, et à l’état sec 1,0678 ; c’està-dire qu’à l’état normal il représente, poids poUr poids, presque le double du fumier de ferme non desséché. Réduit par la macération au même degré d’humidité que le fumier, sans adjonétion d'un mélange animalisé, il a 0,367 p. fOO d’azote, c'est-à-dire un peu plus de la moitié du fumier de ferme qtii en a 0,40; C’est sur cette valeur relative que l'on doit calculer'
• pour fixer la' convenance de l’emploi des roseaux. Il faut que, rendu sur les lieux, son prix soit à. celui du fumier de ferme :: 367 : 400, ou que, complètement desséché ainsi que le fumier ( ce qui sera plus exact ) ^ son prix soit à celui^i ' :: 1,0678 : 0,950. En 1843, les gerbes de roseaux pesant 3 kilogr. se vendaient 4 fr. le 100 ou 3 fr, les 100 kilogr.; aux environs d’Arles. On avait ainsi l’azote au prix de 3 fr. 67 é.
■ Il y a de plus à ajouter les frais de transport ; c’était donc lAi ‘ engrais très cher, et l’on ne peut s’expliquer flue pjr.
la disette de litières dans une grande partie du pays.
On fume souvent les oliviers en Provence en plaçant à leurs peds des gerbes de roseaux. Cet engrais dure deux ans avant d’être entièrement consumé. On s'en’ sert pour litière, et pt» les soumet à la femtentaltou pour obtenir un engrais plus soluble.
D. — Sarments.
On. a aussi éprouvé de bons eifets de l’enfouissement des sarmepts frais au pied des souches, ^'ous n’avons pas d’analySc . de cette substapce; il est probable qu’elle est supérieore à la sci,ure d’acacia-dont il faut 513 parties à l’étatAec pour équi-
varoir à 100 parties de fumier également sec. Le prix auquel les sarments se vendent comme chauiïage, comparé à celui du fumier, en desséchant complètement l’un et l’autre, résoudra la question de convenance de leur emploi. , . t
* - rf . , ,
E. — Goémon. ' ■ ,
Le goémon, que l'on emploie en si grande abondance sur les cétes pour l’engrais des terres, est un mélange des dilTér'entes plantes de la famille des algues, que l’on recueille soit^
* quand elles ont été détachées par les flots du fond de la mer, soit par une récolte régulière que l’on obtient en labourant la surface des roches et le fond de la mer au moyen de grands râteaux. Des règlements Axent ordinairement pour chaque' localité l’époque et le mode de la récolte^
Ces plantes entraînent avec elles un grand nombre de coquillages, des corallincs, etc.; elles sont d’ailléurs riches en sels de soude et de potasse qui accroissent leurs vertus fécondantes.
On les emploie soit à l’état frais, soit après qu’elles ont été entassées et qu’elles ont subi un commencement de putréfaction, soit enfin brûlées au moins .en . partie. On n’est pas d’accord sur les effets de cet engrais dans ces deux états ; on le croit nuisible s’iln’apassubipendantquelquesjourslesinfluencesde l’atmosphère et quelques ondéesde pluie qui le dépouillent de iKm sel excédant ; sans quoi l'on pense qu’il pourrait altérer-les
* germes des graminées. Lesvarecs sont très favorables aux euftuïes de pommes de terre. Cet engrais a l'avantage de ne pas souiller la terre de'semences nuisibles.
Les différents fucus sortant de l'eau et simplement égouttés reUennent 0,75 d’eau; desséchés à l'àir, ils «i contiennentencore 0,40. Leur richesse en azote varie en cet état de 1 ,58 p. 100 (fucus sacchariuus) à 0,86 (fucus digitatus). On n’â-
(!) HechoTcbes pour servir à l'histoire naturelle du' littoral, par .4udouin et Milne-Edwanfjs.t. I, p. 217 et aa»., ....
5{)S '• AGfiOLOGlE. ‘ •
pas analysé ta zostera, la plus commune des ptankSTCcueitliês sar les bords de la Méditerranée. Complètement desséché, lé focus saccbarinus contient 2,89 d’azote p. 100 ; le fucus digitatus, 1,41. Dans cet état, cé dernier a, poids pour poids, une valeur triple de celle du fumier de ferme à l’état normal.
Le goémon brûlé contient 0,40 p. 100 d'azote. La combustion lui fait donc perdre une grande partie de cette substance, mais, d’un autre côté, elle rapprodle les matières solides et diminue les frais de transport.
> • ‘F. — FxMrragtt- ■ ’ ■
. On à élevé la question de savoir s’il y avait des cas où le prix des fourrages fût si bas qu’il conviendrait de les destiner iètré, enterrés comme engrais plutôt qûe de les consacrer à la nourriture des animaux. Pour la résoudre, il suffit de savoir que le
foin contient 1,15 û 8 p. 100 d’azote dans son état habituel de dessiccation, la luzerne 1,38, le trèfle 1,54; ainsi, le prix de l’azote étant de 1 fr. 66 c.,
Ugi kil.de foin employés comme famiervandraienl de IL. 90 à 3f.-32.
100 kil. de luzerne • •
100 kil. de trèQe 2 56
Au-dessous de ces prix^ il pourrait donc être avantageux de destiner les fourrages à servir directement d’engrais,; mais ils. supposent une valeur si faible de la viande, de la laine e| du ’ travail, qu’ils doivent se présenter rarement et dans des pays, où probablement les engrais eux-mémea serajeqt à si bas prix, qu’on ne serait pas embarrassé 4 s’en procurer.-. ;
§11. — ^Bgraia verts cultivés sur place.
' ' ' ‘a. — ' Prairies. ' ■ ' ' ‘
Les frais qu’occasionnent les engrais verts cultivés sont ceux
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ALIMPïîtÂTlOïf V^fiÉTALE. .^39.
(lecuUurc, dç semence, d’enfouisseiBent, et la rente de laierre pendant la durée de leur végétation. Le rapport de la somme de ces frais à la valeur propre de l’engrais détermine l’opportunité économique de leur usage.
Quoique les prairies pcrirmnentcs n’aient pas été semées et conservées dans le but .d’en faire un engrais, elles rentrent > cependant tout â fait dans le sujet qui nous occupe. Il arrive même assez souvent que la nature du sol ne permet pas de garder éternellement une prairie en bon état, et qu’il faut la défricher de temps en temps pour la remettre plus tard en na- . ' ture de pré. Cela arrive principalement dans les terres plus favorables à la croissance des légumineuses qu’à celle des graminées perennes» • '
La richesse du. gazon dépend beaucoup de la manière dont la prairie a été traitée, et par conséquent elle est en rapport très direct avec les récoltes de fourrage que l’on a obtenues.
Dans les prés qui rapportent 15.,000 kilogr. de foin par hec<^ tare et par-nn, on trouve, dans le gazon ün engrais qui équivaut' à 668 kilogr. d’azote par hectare, et qui est propre è fournir 178 hectolitres de.bié.
Les prairies qui ont été traitées sans engrais et dont on a seulement recueilli l’herbe croissant naturellement, si elles produisent seulement 9,000 kilogr. de foin, donnent 934 kil. d’azote propre à produire ô9 hectol. de blé. ‘
On peut donc évaluer la fertilité des gazons à 0,044 d'azote pour chaque kilogramme de foin recueilli sur la prairie par' récolte moyenne. ’ "
Il faut observer encore que la terre qui a été longtemps eit prairiaeopserye, même après avoir perdu son azote, Une grande supériorité, sur les terres de même nature qui n’ont pas été soumises au même traitement, à cause de la quantité dé carbone qu’elle retient , et qui , outre qu'il coloce le .sol , l’ameublit, le rend plus léger, plus poreux, plus bygrpsco-
pique, et«nfin lui fournit un élémentqui est certainement ulile à Ja végétation.
B. — Lupin.
• I^’usage du lupin , comme engrais vert date de l’antiquKé. Pline nous apprend * que les Romains le semaient en septembre' pour l’enterrer à la charrue au mois de mai suivant, ou bien qu’ils le ramassaient, le déposaient au pied des vigqes et des arbres, et le recouvraient avec la terre.
Dans les pays où la jachère est conservée et où l'on q’a pas à redouter des froids de 14 degrés, auxquels le lupin rie résiste pas, la meilleure époque pour le semer est l’automne; il a'c.^ quiert toute sa croissance au mois de juin, pour alors être enterré, et sa décomposition est avancée au moment de la aemail(e des blés. • . ’ •
Dans la vallée du Rhône, près de Vienne, on le sème, le 24 juin, sur les terres en jachère, mais seulement sur des terres sahlqnneuses de qualité inférieure , et pour préparer la récolte dn seigle. On sème en avril celui que l’on destine à porter graine. Les semences de cette lég'umineuse ne mûrissent.pas en Allenaagne, on les tire du midi. ’Bürger croyait que son usage était borné aux pays qui peuvent cultiver la vigne ; cependant elle s’est répandue depuis quelques années dans r£i(Tel, où elle remplace le fumier sur toutes 1^ pentes de montagnes qui n’avaient pu être cultivées, parce .que'le transport du fumier y était impossible. De vastes étendues de, terrains, autrefois abandonnées, sont mises en culture tous les dix ans, grâce au lupin. Il prospère sur les points lea plus élevés et les pluÿ Iroids, au milieu des bruyères, sur un sol tout à. fait ingrat, comme dans les eorttrées' basses , entourées- de ' brouillards épais, et malgré le froid de la nuits, '
(ty fftSi.vwf., IHt». XVlt, cap. 9.
(2) lacqqenùn, /IKmaync apicole, p. 17. • . , •
ALIMENTATION VEGETALE.
Cette plante se sème assez épais, (le 2 à 3 hectolitres eMemi
* par hectare, sur un labour, à la volée ou dans les lignes de
• labunr ; on recouvre à la herse ou par un nouveau trait de charrue. Quand le lupin a sa troisième fleur, on fait passer un rouleau qui couche la plante, et on fait un labour assez profond pour l'enterrer.
Le lupin réussit mal dans les sols calcaires ; il préfére ceiik qui ne le sont pas, surtout s'ils sont un peu ocreux. Il est assez , ' bizarre dans ses exigences relatives au terrain, et jusqu'à présent on ne s’est pas bien expliqué, faute d'observations asset étendues, pourquoi il réussissait bien darts certaines situa- . tions, dans des terres qui paraissaient épuisées, tandis qu’il semblait manqutnr de vigueur dans d’autres qui manifestaient leur fertilité par la bonne croissance des plantes d’une autre, nature. Cette plante mérite d’élre étudiée très attentivement, jiarce qu’outre le problème économique, elle pourrait présen-, ter des phénomènes physiologiques propres à faire faire un pas â la science
La plante du lupin, séchée à Pair, nous à dopné 1,65 p. 100 d'az()te, et, séchée à 100 degrés sous le vide, l,S7p. lÔO. Or,
’ un lupin bien venu, semé au printemps, ou mieux encore on automne , pour être enterré en juin , donne autant de fane qu’un sainfoin, c’est-à-dire 5,000 kilogr. de fane sèche, ce qui équivaudrait .à 26,000 kilogr. de fumier de ferme. Dans les très bons terrains cette quantité va même plus loin. Dans les médiocres, .on obtient encore plus de 2,000 kilogr. de fane. Il parait (j[ue là durée de cet engrais est de plus d’une année, car M. Roland fait souvent, près de Nîmes, deux récoltes consécutives do blé sur cette préparation.
En Italie, on emploie aussi la semence de cette plante, après . l’avoir ébouillantée, pour fumer les oliviers et les orangers, aü pied desquels on la dépose. Cette semence a été analysée par M. Payen, et renferme »,49.d’azote pi IDO à l’état normal I. ‘ . • i*-
AcnoLOcrE. '
• eft 4,^ à l’état complètement sec; c'est donc un engrais fort ' riche, mais qui serait très cher dans les pays où la culture dU
lupin n'est pas générale ; au contraire, quand on cultive beau-' ’ coup de lupin et que, faute d’attention, on laisse un cert&in nombre de pieds monter en graine, il y a une production accidentelle qu’on trouve aussi avantageux à employer comme engrais qu’à faire macérer longtemps dans l’eau, pour enlerér son amertume et la faire manger aux moutons. Aucun bétail ne touche à la plante sur pied. • ' ' •