‹ Cours d'agricultureChapitre 15 sur 174 · AGROLOàlE · texte numérisé non relu

AGROLOàlE

'fermée par le haut. Celle-ci est usée à l’émeri, dans sa partie inférieure, pour pouvoir pénétrer dans un obturateur ou cap*snlc en verre qui s’y adapte parfaitement. L’obturateur est ’ long de % centimètres et profond de 3 centimètres, son diamètre intérieur est égal au diamètre extérieur de l’éprouvette.

On met un morceau de potage dans l’obturateur, on le passe * sous la cloche et on l’y adapte par un mouvement de torsion.

On agite ensuite pendant 3 ou 3 minutes; on plonge dans l’eau l’extrémité du tube, on dégage l'obturateur et l’on note le point où l’eau remonte dans le tube, qui ne contient plus alors ' de gaz acide carbonique, mais seulement de roxyde'd’azote et de l’azote. On introduit dans l’obturateur 3 grammes de potasse caustique et 5 grammes de protoxyde de fer ; on |e plonge dans l’eau pour faire dégager lés bulles d’air adhérentes, puis on le fixe au tube; on retire l'appareil de l’eau, et on l’agite horizontalement pendant une demi-heure qui suffît pour que tout l’oxygène soit absorbé. On le replonge alors dans l’eau ; on retire l’obturateur ; on note le point où remonte * l’eau, et l’on a ainsi la quantité d’aaote restant.

C’est le dernier degré de simplification auquel soit arrivée cette opération. ' >

• Cette opération est assez facile quand il ne s’agit que de '. doser l’azote, sans se préoccuper des autres gaz comme dans notre supposition. Elle est fondamentale pour l’agriculture ‘ . pratique, puisque c’est encore par son moyen que nous analyserons plus tard les engrais et que nous, déterminerons leur valeur relative et leurs équivalents. '

La méthode de MM. Warentrappe et Will qui dosent l’azote .par lé poids et non parle volume, en transformant ce gaz en' ammoniaque par l’action de la potasse et de la chaux , et faisant 'passer l’ammoniaque à travers l’acide chlorhydrique • ' qui l’absorbe et d’où on le ^cipite par le chlorure de platine,' ‘

' n’est pas applicable aux terres et aux engrais qui peuvent ren-

P lRTlpS CONSTITUANTES DES TERRAINS AGUICOLKS. 51

fermer des nifrates. D’ailleurs elle est plus longue, plus pénible, plus délicate que celle de la détermination de l’azote à l’état gazmix, telle que nous venons de ia décrire.

S n. — Analyse des substances solubles dans l’eau.

C’est seulement à l’état de solution que les substances qui se trouvent dans le sol peuvent passer dans la végétation et lui fournir les éléments qui doivent devenir les prtics con- ’stituantes des plantes; nos recherches les plus importantes doivent donc tendre à nous faire découvrir la nature et la qualité de ces substances ; ce n’est pas, au reste, qu’elle soit permanente et que l’on trouve toujours dans un même sol d’égales qnantitésde ces substances; elles sont susceptibles d’y augmenter et d’y diminuer par plusieurs causes : ainsi l’ammoniaque de l’atmosphère est entraînée sur la surface dé la terre par. la pluie; les pluies d'orage fournissent de l’acide nitrique qui, -avec les bases alcalines et terreuses, forme des sels solubles ; les eaux de pluie et les eaux courantes imprégnées d’acide carbonique sursaturent de cet acide les carbonates de chaux et de magnésie, et les rendent aussi solubles ; les débris de la vé- . gélation et les engrais apportent de nouveaux principes au -soi, et toutes ces substances solubles, provenant de tant de sources difiérentes, sont ensuite entraînées dans les profon- ' deurs de la terre, ou même, si le terrain est en pente sur des parties plus basses, par les pluies abondantes ou les eaux d’irrigation. Ainsi l’on ne peut pas regarder comme Stable la masse • des substances solubles contenues dans un terrain, et d’autant ‘moins qu’elles sont plus volatHes, comme, les sels ammonicaux, puisque ces substances peuvent en outre être enlevées du sol par la chaleur.

^ Les substances solubles contenues dans les terres arables sont toujours en assez petite quantité pour qu’il soit'néces—

AGRÜLOGIE.

saire d'agir sur une masse un peu. considérable de terre afin d'en obtenir une quantité suffisante pour pouvoir être analysée. On doit opérer au moins sur 5 hectogrammes * que l’on fait digérer dans de l'eau distillée, en agitant de temps en temps pour mettre toutes les particules en contact avec l’eaU, * On laisse reposer, on coule ensuite, on filtré, et l’on a alors à analyser une véritable eau minérale pour laquelle on emploie les procédés indiqués.

1° On fpit bouillir l’eau pour chasser l’acide carbonique çn ex cés qui tient certaines bases en dissolution ‘ ces bases se précipitent et l’on peut avoir de la chaux, de la magnésie^ du fer, que l’on sépare par la décantation ; le précipité est lavé jusqu’à épuisement et évaporé à sec. On le reprend par une petite quantité d’eau alcoolisée qui laisse à nu le sulfate de chaux que l’oti desséche et que l’on pèse.

2° On acidifie le résidu encore mêlé à une petite quantité . d’eau avec l’acide nitrique; on précipite le fer par l’hydrosulfate d’ammoniaque. Le précipité est filtré, lavé, calciné et pesé.

3" L’eau de lavage (2°) est mêlée avec un excès d’oxalate • d’ammoniaqud qui précipite la chaux à l’état d’oxalate de chaux; on filtre, on lave, on calcine ét l’on pèse; on a la chaux pure.

4" On traite la liqueur de filtration (3°) par un excès de carbonate de potasse, on évapore à sec et on reprend par l’eau bouillante, qui laisse la magnésie à l’état de carbonate. On ' calcine vivement et l’on a la magnésie.

5" On prend une portion déterminée des eaux de décantation (2"); on l’acidifie par l’acide chlorhydrique, on fait éva- -

porer ; le résidu, s’ily en a, est du chlorhydrate d’ammoniaque,*

(1) Comme en obtient toujours une petite quantité de matières solubles, et. que l’analyse exige alors beaucoup de délicates.se dans, le.s pesées, il est bon d’opérer sur une grande masse de terre, 5 ou G kil, ‘.par exemple, quand on peut les obtenir facilement. . '

PARTIES CONSTITUANTES DES TERRAINS AGRICOLES. 53 provenaut de la composition du carbonate d'ammoniaque que contenait l’eau ; on le sèche et son poids donne celui de ce carbonate.

6° On procède alors sur l’eau de décantation restante (5") à un essai pour s’assurer si elle contient des nitrates. On met au fond d'une éprouvette de l’acide sulfurique pur et concentré ; on verse sur l’acide quelques gouttes de l’eau à éprouver; on l’agite ; quand le mélange est refroidi, on y verse goutte à goutte une solution concentrée de protosulfate de fer. Si la Solution contient des nitrates, il se manifeste alors une couleur rose ou pourpre * .

7° Quandla solution contient de$ nitrates, on l’évaporeâsiccité; on pèse le résidu. '

‘ 8° On le traite à plusieurs reprises par l'alcool chaud, on filtre, on lave le filtre avec de l’ajcool, on évapore la liqueur alcoolique, on pèse le résidu. Il peut contenir des chlorures et des nitrates de c^ux, de magnésie et de soude.

9° On dissout le résidu (8") dans l’eau, et on verse dans la moitié de cette eau de l’oxalate d’ammoniaque en excès. La chaux se précipite ; on filtre.

1 0* L’eau de filtration (9°) évaporée à siccité est calcinée. Il restera clans le creuset du chlorure de sodium et de la magnésie. On le sépare par l'eau qui dissout le sel et n’à point d’action sur la magnésie. On le; sèche et on les pèse séparément.

1 1° Ayant ainsi obtenu les bases contenues dans la solution alcoolique, il reste à déterminer les acides. On prend l'autre

(1 ) Pour que ce procédé de M. Desbassins de Richemonl soil concluant, il faut être bien sûr de la pureté de l'acide. On la conslatcen versant de la solution de protosulfate do foC dans l’acide lui-niéme, sans autre addition. 11 est rare qu’il soit assez pur pour ne pas se colorer un peu, et l’on juge alorsde 1a présence des nitrates dans les solutions essayées quand la coloration s’accroît sensiblement par leur addition.

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