CHAPITRE XIV
Prix de production de l'engrais.
Les différents engrais que nous avons décrits ne sont, à proprement parler, que des auxiliaires des fumiers ; ceux-ci,, fabriqués partout avec plus ou moins d-’avantages, sont le fondement de l’alimciitation végétale, et ce n’est qu’à leur défaut
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que l’on rècberche les autres substances. Cette insonisance est presque générale, et on ne troure guère de pays et de situation agricole arrivée au point de craindre l’excès de richesse * de ses terres. Nous venons de voir cependant que le fumier bien employé peut donner de riches résultats, et que le défaut d’intelligence agricole est la principale cause de cette disette volontaire où l’on se trouve de tous côtés. Par cela même que ■ l’usage du fumier est général, il doit devenir le régulateur du'
' prix des autres engrais, et sa valeur doit dépendre de son prix de revient. • .
Cette valeur ne serait l’objet d’aucun doute, si la produc- • tion du fumier était une branche d’industrie séparée de l’agri-. * culture ;.mais les nourrisseurs qui nesont pas cultivateurs ne' se trouvent qu’aux portes des grandes villes, et le haut prix qu’ils obtiennent des autres produits animaux ne leur permet pas d’assigner aux engrais une part bien distincte, dans leurs Mcettes. La confusion qui règne dans la comptabilité des fer-* miers, et que nous avons cherché à signaler dans le chapitre précédent, leur:fait attribuer à une vertu occulte de la térr.e et à leurs propres travaux les résultats de l’application des en* grais. Essayons cependant de dégager la vérité des erreurs qui la cachent, et de déterminer, s’il est possible, le prix de revient des engrais dans des situations agricoles différentes. Les obserr vations qui suivent ont été faites dans le midi de la France, pays '* où la nature du climat rend cette production plus coûteuse; . nous les faisons connaître ici , au risque d’entrer sur le domaine de la zootechnie.
Le prix que coûtent les fumiers à celui qui les produit se . compose de plusieurs éléments-, à leur crédit nous trouvons :
leur prix de vente, ou celui de la récolte réalisée par leur application à la culture ; la valeur du travail des animaux qui l'ont produit, ou celle des produits divers qu’ils ont donnés, tels que lait, laine, chair, etc., ou leur prix de revicuL- A jeur
ALIMENTATION VÉaiÎTALE. 677
«kbit : 1» le prix du fourrage consommé ; 2<> celui des litières ; 3') celui des soins donnés aux animaux producteurs ; 4" la dé^ térioration annuelle des animaux et l'intérét de leur prix d'a> cbat; 5® l’entretien et l’intérét de la valeur capitale des bâtiments qui les abritent.
Dans les parties du département de Vaucluse, où se trouvent des landes ou garigues, pâturages fort pauvres, un troupeau de . 100 moutoiis a donné les. résultats suivants ;
AVOIK.
Dépaisunce de chaume. . . . 200' a, 000 ktlogr. de paîtle. . . MO
50 lulogr. sel. . 13
Eotrelieu du mobilier. .... 6 •
Toodage 6
Jeune berger (nourritui>;). . . 190 Intérct de la valeur de la ber*
gerie et enirelien 120
Entretien du cbe(ifel 100
Intérêt de la valeur du cheptel 60
100 toisons de 2 kilogr. . . . 200' Vente de moutons 80
Reste pour lavak deéS.OOO k.
de fumier 55S .
Le fumier coûte donc ici 1 fr. 23 c. les 100 kilogr. Nous avons vu que le crottin de mouton contient d'azote p. 100 ; on obtient donc ici l’azote à 1 fr. 20 c. le kilogr.
Il® siTüATioi». — Troupeau de 1,000 brebis aux environs d’Arles (comptes de 1823).
DOIT
AVOIB.
ÿ bergers noarris et gagés. .
700 agneaux
5,60Of
Péturages sur le Ctau ou en (lamargue, à 3 fr. par tète,
1,000 (oisons et agnelins (2^,5 par toison; 130 fr.
pour rtiiver.
Péturage d’été à la montagne
les 100 kilogr.)
Fromages, pour mémoire ; ils
et frais de route
sont généralement consom*
Perte, l/io. v
Intérêt du cheptel. .....
‘ méa par les bergers.
Tondage et menus frais . . .
Fumier, 30,000 k., revient à
. II se fait peu de fumier dans cette industrie errante. |l re-
073 ' AaSOLOCIE.
,ient à 1 fr- 83 c. les WO kil., et le kil. d'azQte à 1 fr. 20 c.
■,;.e „Tr VTION. - 200 brebis de forte taille, vente d’agneaux de lait, à Tarascon ( Bouches-du-Mône),
, iiVOiR.
• i„ 7»0* 160 agneaux Je lait 1,201^
tin berger cl son awe . . . . /»“ . , • ■ «a*
b, . , <Kn 28 brebis de reforme >49
3i 400 ki\. luzerne pour loO .. jîfm
, . . t a f. 1 576 200 toisons a 3 fr. . - . . « «PO
brebis nieres, ■ • • > Laine de 28 agneaux, à 75 c. 21^