‹ Cours d'agricultureChapitre 31 sur 174 · CHAPITRE P · texte numérisé non relu

CHAPITRE P

' Peaai|t«nr ■pêclflqne et poids des terres»

, Section P®. — Mélhode de recherche.

On pèse un vase rempli d'eau.distillée à une balance sens!-- 'ble ; on le vide ; on y verse une portion de la terre dont on re^ cherche la pesanteur spécifique, après l’avoir séchée et pesée, et l'on achève de remplir le vase d’eau distillée', on le sèche lüen' à l’extérieur ; on l’agite de manière à ce qu’il ne reste pas de globules d’air attachés à la terre ou au vase, ce que l’on n’obtient rigoureusement qu’en plaçant le vase dans le vide; on lé pèse. La pesanteur spécifique de la terre est donnée par la formule suivante : soit a le poids de la terre,'y> le poids du vase plein d’eau, P le, poids du vase plein d’eau et de terre, x la pesanteur spécifique cherchée : on a ' -

AGROLOGIE.

Soit, par exemple,

on aura

1665 + 200 — 1788 Section -II. — Résultats obtenus.

En sé serrant de cette méthode, SchüWer a trouvé, pour les diflérentes terres décrites plus haut, les résultats suivants :

Sable calcaire. .

Carbonate de chaux fin.

Bable siliceux. .

Terreau

Gypse.

Carbonate de magnésie.

.Glaise maigre. .

Terre de jardin; . •. . .

Terre d’Hoffwil

Glaise grasse! .

Terre argileuse. .

Terre du Jura

Argile pure. . . .

Schübler a trouvé que les sables calcaires et siliceux pesaient plus que les mêmes substances réduites en poudre très fine. C’est l'effet d’une erreur dans les pesées, provenant de ce qu’il ' ne les avait pas faites après avoir soumis lés terres, sous l’eau^

■' à l’action de la machine pneumatique, et qu’ainsi de petites bulles d'air restaient attachées aux parcelles de terre, et en nonObre d’autant plus grand que ces parcelles étaient plus fines. 'En prenant cette précaution, on ne trouve pas non plus, ainsi que l’avait cru notre auteur, que les mélanges des terres di-‘ verses augmentent en pesanteur spécifique , comme le font les alliages dont les molécules se pénétrent.

On se tromperait, cependant, si l’on croyait, avec quelques personnes, pouvoir conclure de la pesanteur spécifique d’une ■ terre, la nature de ses composants. Dès qu’ils sont nombreux, le problème devient indéterminé; mals.ee n'en est pas moins.

PKOPBIÉTÉS PHYSIQUES DÈS TERRES. . lS9’,

uo (Doyen précieux de TériGcation pour les' analyses : ainsi, l'on peut toujours conjecturer qu!une terre qui a une grande pesanteur spécifique (de 2,50 à 2,60) contient beaucoup de • siJice, et que ceile qui en a une très petite (de 2 à 2,20) est abondante en terreau. ,

Section III. — Poidt d'une maise de terre.

Mais le poids d’un volume quelconque de terre peut-il être déterminé lorsqu’on connaît sa pesanteur spéciGque?Un mètre . cube d’eau pèse 1,000 kilogr.. S’ensuit-il qu'un mètre cube de terre, dont la pesanteur spécifique est de 2,60, pèsera 2,600 kilogr. ? Gela arriverait, sans doute si l’on pouvait mettre les parcelles de la terre en contact pàriait ; mais commc.qlles conservent toujours un certmn écartement qui varie selon le degré de tassemént qu’elles ont subi, il en résulte une diminution . plus ou moins considérable dans le poids d’un vo- . lume donné de terre. Un sol ayant 2,5 de pesanteur spéciGque^ ’ ayant été passé à un crible percé de trous de ^ millimètre de diamètre, et placé au-dessus d'une mesure d’up litre, ]a mesure étant remplie, elle n’a pesé que 1 kilogr., le même poids que l’eau : la terré ayant été bien pilonnée dans la mesure, elle a pesé l'‘,39. Le sable pur éprouve peu de tassement : une terre où il abonde pesait 1,39 par litre. .

En pressant ainsi la terre dans la mesure, on n’obtient pas' , encore le. plus grand degré de tassement: pour y parvenir, il faut pétrir la terre avec de l’eau, et la mouler comme pour en . faire line brique.. Comme la pression qu’on lui fait subir alors est inégale, nous avons cru devoir régulariser l’épreuve en< ' versant la terre liquide dans un moule, la laissant sécher sous une pression de 1 kilogr., et la desséchant ensuite à 100 degrés. Quoique les terres acquiérent une plus grande densité encore, si elles sont corroyées, nous nous en sommes tenus la.

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à cause de l’uniformité de préparatton que Pon donne ainsi aux terres. Voici les résultats que nous avons obtenus :

TeHnieyr

•pteiCque.

ruûi*

d’un met (ubc.

Glaise' sablonneuse du Grand-Serre (Drôme). .

Terre siliceuse ocreusc de Bagnols (Gard). . .

2,se

Terre argilo-calcaire de Camargue, dite forte.

GJaiso micacée d’Aulas (Gard),. .

Terre argilo calcaire de Camargue, dite légère.

Terre argilo-calcaire d’Orange (Prébois). . . .

Glaise sablonneuse de la Valoire (Drôme), . .

Loam d’HoIfwyl assez chargé do terreau. . . .

Loam sablonneux de la valléo de Galaure

(Drôme) ' •

Terre siliceuse des Amas (Rhône) .

Loam d’Orange richü en terreau (Grenouillet).

' €e tableau prouve bien évidemment que -la' pesanteur des. terres est une propriété toute diiïérenté du poids des masses.'

■ Mais ces poids ne représentent encore qn’imparfaitement celui des terres dans l’état où elles se trouvent dans les champs. Celui-ci est très variable selon la nature du sol et selon le traitement que le champ a subi- Ainsi la terre est moins dense dans les champs qu’on laboure profondément, elle le devient davantage dans les prairies, plus encore dans les pâturages. Une terre fouillée et chargée sur une voiture pèse moinsqu’elle ne le faisait quand elle était tatsée avant son extraction. Ainsi nous avons trouvé une terre avant la fouille pesant 1 400 kilogr. le mètre cube; un mètre cube chargé sur un tombereau ne pesait plus que 1,120 kilogr. • . ^

Le poids d’un volume donné de terre est doUc essentiellement variable et doit être déterminé pour chaque cas par- • ticnlier. Cette conséquence lait comprendre ce que les cultivateurs entendent par une terre pesante, celle qui charge beaucoup les tombereaux et les brouettes : c'est une terre qui se tasse fortement, qui a besoin de nouveaux labours si elle est surprise par les pluies, qui a le défaut d'étouffer la sc-

PBOPRIÉTÉS PHYSIQUES DDS TERRKS. 141

mencc en empêchant l'accès de l'air. C’est principalement ce' genre de pesanteur qui mérite d’ètre étudié par les agriculteurs, bien plus que la pesanteur spécifique, qui pour eux est une propriété purement abstraite. Ce sera d’autant plus fa-* cile, que la recherche de la ténacité, qui est aussi très importante, exige, comme on le verra, que l’on .prépare, par le même procédé, des, briquettes semblables à cel,les qui peuvent servir d’abord pour établir le poids d’un volume de terre, que

. l’on rapporte ensuite facilement, par le calcul^ au mètre cube,

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