CHAPITRE III
Hycroscopiclte de* lerrea.
■ Section P«. — Moyens de reconnaître l'hygroscopicité
d une terre.
• Nous entendons par liygroscopicité d’une terre, la quantité • d’eau qu’elle peut retenir entre ses molécules, sans la laisser égoutter, après en avoir été satüréo\. Pour constater cette propiété, on prend 20 grammes de terre desséchée à l’étuve ; on les verse dans un filtre de papier Joseph, placé dans un entonnoir de verre ; on les sature d’eau; on laisse filtrer, et quand les gouttes ont cesséde tomber, on pèse le filtre avec son contenu. On retranche de ce poids celui du filtre mouillé, puis les 20 grammes, poids de la terre sèche, et le reste est la quantité d’eau retenue.
Ainsi, l’on a pour le poids de la terre. . . 200 •
Pour celui du filtre mouillé . 50
Terre saturée d’eau et filtre mouillé. . . . 350
Quantité d’eau absorbée . lOO
ou 0,50 du poids de la, terre.
150 '• .AGROLOGIE. ’ •
D’après Schubler, voie» dans quelles proportions 1cs diverses terres élémentaires retiennent l’ean ;
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pMr 100 partÎM
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Eau
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d« l«rre. '
d« letnf. '
sable siliceux. .
Terre calcaire fine. . .
Gvpse. . . i *
Terreau
Sable calcaire. .
Magnésie
Terre de jardin ....
Glaise grasse. .
Terre arable d’Hoffwil.
Terre argileuse.
Terre arable du Jura. .
. la
Argile pure. . .
Si nous étudions cette propriété sur un grand nombre de terres, nous ne tardons pas à rencontrer des dilTicultés de plus d’un genre. Une terre fortement fumée, contenant beaucoup de détritus animaux et végétaux, une hygroscopicité beaucoup plus grande que celle de même nature qui n’a pas reçu d’engrais ; nous avons trouvé un limon de la vallée
Galaure ayant, dans le même champ, avee la mémo composition minérale^ .49 et 34 d’hygtOscopicité; c’est qu’une partie du champ avait été écobuée, et que soa argile était passée à l’état de brique. La faculté de retenir l’eau varie donc selon beaucoup de circonstances et surtout selon l’état plus ou moins grand d’amaigrissement d’un champ.
On a souvent donné, l’hygroscopicité d’une terre comme un caractère propre à indiquer sa valeur; mais cette valeur résulte d’une bien plus grande complication de données; et par t là non-seulement je veux parler de la valeur positive.d’une * terre, mais aussi de sa valeur relative. Ainsi une terre qui, par sa composition, aura une grande hygroscopicité, pourra être inférieure à une autre où cette propriété sera plus faible, si la première est dans un climat humide, si le sous-sol imperméable est placé à peu de profondeur, si elle est sur un plan horizontal ne donnant pas de pente à l’eau, et qu’elle constitue le fond d’un bassin où les eaux se rendent de toutes parts,
. . i>ROPBIÉTÉS raVSIQITES DES TSKBKS. 'IM
tandis que la seconde sera placée dans dés circonstances plus favorables. -
. ’ Les cinq terres suivantes oat une valeur locative de 1 50 fr. Tbectare.
V tl5|roscopfrité.' BjrgroMOpicviè '
Le Bordelet.. . . 0,40 Le Vistre (Nimes). . . 0,475
La Pibouleltc. . . . 0,47 Le Tbor (Vaucluse). . 0,55 ,
Anduze ( alluvion) . . . 0,45
La sixième n’a qu'une valeur de 70 fr. l’hectare. .
Le Prébois (Orange). .0,4» ;
Elle a cependant plus d’hygroscopicité que la plupart dés précédentes; elle est de formation paludienne, comme celle de Tbor, et comme elle abondante en calcaire et propre à la ga-' rance ; que lui manque-t-H donc pour' avoir la même valeur? I^’épaisseur de son sol et un sous-sol perméable.
Section H. — Fraîcheur de la terre (hygroscopicité variable). ■
Nous avons cru devoir désigner par le mot de fraîpheur de la terre, cet état où elle n’est ni trop humide, ni trop sèche, mais où elle conserve en toute saison la quantité d’eau convenable pour que là végétation y ait lieu d’une manière continue; faute d’un autre mot français qui indique rigoureuse^ ment cet état, nous avons adopté celui dont se servent nos. cultivateurs. •
Un terrain , quoique très hy'groscopique , peut n’êtrc pas frais; il peut êlte humide,' quoique retenant peu d’eau. Cela ne dépend pas de ce que sa faculté de filtration est plus ou ‘moins grande, car cette propriété, que l’on a voulu examiner à part, se confond avec' l’hygroscopicité et est précisément en raison inverse de celle-ci ; mais cela tient plutôt à la profon- . dèur de la couché perméable du terrain, à ses pentes, à sa situation ü l’égard des terrains environnants, et enfin à l’état