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CHAPITRE ix

Ëcliaiifremént deé terres par la cbaleytr lumineuse.

Cette propriété est une des plus importantes en a'giicultore,^ mais elle dépend d’un grand nombre de circonstances ^u’il ■faut savoir isoler : 1® de la .couleur de la surface du sol ; 2" de' ’k composition minérale du terrain ; 3*^ d’autres circonstances tenant à la disposition générale du sol, telles que son iucliuaison, et que nous examinerons plus loin. Dans chaque climat,' cet échauffement dépend, de plus, de la nébulosité du ciel-, mais ceci est une considération que nous réserverons pour la météorologie agricole.

’■ Section. P«. — Couleur êe la surface du sol.

; La couleur du sol est la cisconstance principale à examiner pour juger de sa faculté d’échauiïeUient ; elle fait varier considérablement la chaleur réçue par la terre. Dans une expérience, l’argile teinte en blanc marquait 4l*,25 ; k même argile teinte en noir avait une température *4e ceHe de

PROPRl^tÉS PHYSIQUES UES TERRES. ‘ >63

Tair étant de S5 degrés. Le solcU éehauiTait donc la première de ces terres de 16*, 25, et la seconde de S3",88.

Quand les terres blanches sont des glaises, comme elles retiennent beaucoup d’eau, on peut attribuer le retard <]e leur végétation à leur .humidité. Mais r]uel est le cultivateur du midi qui n’a pu comparer le degré d’avancement des récoltés des terroirs calcaires rougeâtres avec celui des terres blanches de même nature , l’humidité des deux terres étant égale d’ailleurs? Qui ne sait combien les vins des terrains blancs sont moins spiritueux que ceux des tcrrains.colorés? Dans le nord, les terrains blancs sont exclusivement consacres à la culture des raisins blancs., M. Creuxé-Latouche, qui a fait une étude approfondie des vignobles des bords de la Loire, cootirme ce résultat généraL « J’avais observé, dit-il, que les cotedux du Cher, de la Creuse, de l’Indre,, depuis Chàtellerault jusqu’à l'embouchure de cette rivière dans la Loire, et jusqu'aux envir rons.de Tours et de Saumur, avaient toujours pour base uqe espèce particulière de pierre calcaire bfanebe, tendre, poreuse, généralement répandue dans toutes ces contrées. On voit sur ces coteaux des intervalles plus ou moins longs où la substance calcaire se trouve à une plus.grande profondeur sous la terre végétale ; cette terre, n’est plus blanche, sa couleur est assez ordinairement nuancée de jaune et derouge. C'estpar ces indications que peuvent se distinguer très aisément dans ces contrées* les terres à vins rouges et, celles à vins blancs; Quelquefois les veinesrougesetblapchesalternentde proche en proche, eta^lors on vqit des vignobjesà vins rouges et des vignobles à vins blancs également alternés; tels sont les environs de Tours et les coteaux de la Vienne. Ailleurs un ne voit que des terres blancbes,et tclest l’aspect quo présentent constamment les coteaux de Saumur, sur celte même pierre calcaire où l’on ne récolte le plus communément que des vins blancs. Mois, dans d'autres partiesde ècmème banc calcaire^ où l’en cultive indistinctement des rai-

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sins noirs et des raisins blancs sur la terre blanche, il est coihstant que les vihs rouges qui s'y récoltent sont petits, faibles, décolorés, de peu de durée, et Jans le même état d’infériorité et d’imperfection que les vins rouges- du département de In Marne. Les vins rouges, au contraire, qui, dans d’autres par^ tiesdeces mêmes cantons, et souvent dans le mémedomaine^ se récoltent sur la terre rouge ou rougeétre, ont une intensité ’ de couleur, une fermeté et une qualité tout opposée*. »

■ L’expérience en grand confirme donc complètement l’espérjence en petit, et ée n’est pas seulément sur la vigne que cet efict se remorque: quoique les blés, les fourrages j en gazonnant la terre, la préservent en partie du contact des rayons solaires^ ils ne la couvrent pas tellement que l’effet de la coloration ne se fasse sentir, surtout au premier printemps, quand l’herbe est encore peu épaisse. D’ailleurs on doit compter pour beaucoup; • dans Télévatiou dé le température* d’un pays, le rayonnement nocturne des terres colorées en jachère et en état de culture, échauffées, pendant le jour. Cet effet- local SO' manifeste très .clairement, et nous aurons occasion 4’eii parler ailleurs,

Cette question de la coloration du terrain amène celle .de la coloration dqs'murs en noir. Doit -on les maintenir blancs ou les colorer en noir? Dans le premier cas, le mur n’absorbe pas la chaleur solaire, mais la reflète sur l’es-^ "palier; dans le second, le mur absorbe la chaleur solaire ët la rayonne pendant la nuit. Ainsi , d'un côté , on constitué ün climat extrême à l’arbre, de l'autre un climat moyen. Dans les pays froids, où il importe de hâter la maturité par des varia-^ lions successives de température capables de provoquer le mouvement de la sève, que la chaleur moyenne serait insnilisanté à mettre en mouvement, on a adopté généralement les murs blancs. Mais nous pensons que les pays méridionaux reti-

(J) Ménwires de la Soçiété d’agriculture de là Seine, t.' IH; p. 86ff.

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