CHAPITRE I
Examen de Téta* des partlenlea du aol.
. Quand on examine une terre, telle qu’elle ^trouve dans la nature, il est assez difficile de se rendre raison de l’état de ses partirâles; on n’y trouve qu’une véritable confusion : les fragments les plus gros mêlés aux plus fins, l’argile confondue avec latprre
agrologïe» •
calcaire, l’une et l’autre couvrant de leur enduit les faces des cristaux et les fragments les plus caractérisés des minéraux . On ^ . ne tarde pas à reconnaître que tout examen sérieux est impossible avant d’avoir séparé les particules selon leur ordre de grandeur et de densité; alors seulement on peut juger de leur nature et de leur figure. Cette séparation se fait au moyen de la lévigation. En recommandant ce procédé, nous ne lui accordons pas le mérite de suppléer à toute autre espèce d’analyse, comme ont voulu le faire quelques auteurs ; en effet, la plupart des analyses de Tbaër ne sont que des lévigations qui succèdent à l’action.d’un acide faible, destiné à enlever les carbonates; la lévigation toute seule a même été proposée par
• Cadet de Vaux et par Herpin, comme suffisante pour arriver la connaissance des terres. Nous en avons dit assez dans la pr^ mière partie de ce cours pour faire juger de cette ««ertion I
• fauteinvenir avec M. Mathieu de Dombasle que le r^ulUt de la lévigation est vague, peu satisfaisant, surtout s. on pe
Unit pas tout arbitraire sur l’époque où doit s’arrêter la précipitation; arbitraire qui rend toute- comparaison impossible
entre plusieurs essais complètement différents. . .
Section E®. — Métlioit de Uvigalian- 10 On prend une poignée de terre desséchée à 30 ou 40
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et demi de dijmètre ; loul 0» qui reste sur le cribl»«t I éld-
meut pierreux de la terre ; on en détermine le poids que 1 on compare au poids de la partie qui a passé par le crible.
2» On prend 20 grammes de la partie criblee, que 1 on fait digérer pendant quelques heures dans un vase de verre plein d’eau. AprèSun tempssuffisant pour que l’eau ait pénétré toutes
les particules de terre, on agite vivement et oirculaireinent le h-
^1) Annales de flooilfC) t’f> P-
HODIFIC. DSS PROPRIÉTÉS PHYSIQUES DES TERRES. 173 quide avec une tige de vérce ; quand on a obtenu (e maximum du mouvement rotatoire, ôn décante en versant avec l'eau toutes les parties qui y sont suspendues, mais en ayant soin de réserver celles qui se sont précipitées au fond du vase. .
3** On. remet de l’eau sur ce précipité, on agite de nouveau et on décante de la même manière. On renouvelle cette opéra- .tion jusqd’à ce que l'eau reste claire pendant l’agitation. On fait alors, sécher le précipité et on le pèse : c’est le lot n<> 1 de la terre.
On agite alors vivement et de la manière prescrite. l’eau de décantation, puis on l'abandonne à son mouvement ckcu~ iatoirc et au moment où elle cesse de se mouvoir ^ee que l’on .reconnaît à l’immobilité d'un corps léger placé à la surfacedu vase), on décante, en laissant au fond tout ce qui s’est précipité.
3® On remet de l’eau sur le précipitée! on renouvelle l’opération-précédente jusqu’à ce que l’eau reste claire à la cessation du mouvement. On réunit les matières déposées, on les sèche, on les pèse et on a le lot n° S.
6® On attend alors que l’éau de décantation soit entièrement claire, ce qui exige quelquefois 24 heures; on l’écoule,' on ‘sèche te dépôt-qui constitue le lot n° 3 •
; , ,'SEeiiOH II. ~ Formt de$ parlicult*. : , .
I Avant la lévigation, les plus gros fugments étaient recouverts d'une poussière qui empêchait d’en distinguer les formes; tout prenait rapparonco grisâtre de l’argile, si çe n'est dans certaines terres composées de roches cristallines en décoipposiUon où le quartz est très abondant relativement aux autres éléments. Mainteoant, la lévigation achevée, on .recoupait, à la loupe ou au microscope, plusieurs états différents des particules. 1® Les cristaux de quartz, de mica, sont entiers ou pe.u usés; Une partie notable de calcaire est restée en gros grains ;
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AGROLOGIE.
les éléments de la terre sont à peine mêles, snrtoat dans les terrains qui ont été Tormés en place et n’ont pas été transportés par les eaux. 2” D'autres fois les fragments de quartz sont recouverts d’une couche noirâtre ou ocrcuse que l’eau n’enlévc pas, mais que l’acide nitrique détache. Cette espèce de rouille est caractéristique des diluvium* anciens.. 3P L’enduit des grosses particules n’est que pulvérulent, et après la JévigaUoq les fragments de quartz paraissent translucides. Dams les deut derniers cas ces particules sont arrondies, et on voit clairement qu’elles ont été roulées. Les silex conservent cependant encore leurs formes tuberculeuses. . , .
‘ Les matières pulvérulentes se comportent aussi de plusieurs manières dilTércntes ; lés calcaires se groupent quelquefois en. forme de stalactites éu en masses 'figurées; l’argile en se séchant se prend en plaques unies et solides. Il est impossible d'évaluer la ténuité extrême de ses plus petites particules, parce qu’on ne parvient jamais, avec les pointes les plus fines, à les séparer entièrement, et qu’elles paraissent toujours former un assemblage de plusieurs particules^
' Le terreau peu consommé conserve encore quelqiœs parties de son organisation végétale; c’est ainsi qu’en Je trouve dans les terrains modernes et les terrains paludiens, où les débris végétaux sont parvenus rapidement â la carbonisation avant d’avoir perdu leurs formes. Dans les terrains anciens le terreau apparaît sous forme de pétits grains charbonneux,' roui ou noirâtres. * ‘ • ' >. '
On distingue aussi. dans certaines terres dés débris do test de mollusques, qui ont conservé leur apparence nacrée; c!est ' surtout dans les terrains paludiens et dans ceux d'eau douce ^qu’ils sont abondants. M. Ehrenberg, en examinantks craies,, à reconnu qu’elles étaient presque uniquement composées (Tune foule de' débris de mollusques polytbalames, da.nombrc de 1 3 â 1 ,'390,000 dans 20 centimètres cubes. Dour les rendre
HODIFIC. DBS PROPRIÉTÉS PHYSIQUES DES TERRES. 175 visibles, on passe sur une lame de verre une couche très mince de craie, et, quand elle est sèche, on la recouvre de baume de Canada ; on l’échaufle un peu, et on l'observe sous le grossissement de 300 fois le diamètre primitif. Les craies du Midi renferment les tests presque entiers, tandis qu'ils sont brisés dans cêllès du Nord.
Cette découverte indique le degré d’utilité dont peut être Texamen microscopique des terres. Avant qu'elle fût faite,* personne ne pouvait expliquer le singulier état de la chaux dans la craie ; on ne pouvait pas parvenir à produire artiriciellement un carbonate de chaux qui lui ressemblât, qui eût, comme elle, le toucher âpre, qui fût craquant sous la dent, qui se divisât par les labours, à la manière du sable. Aujourd’hui que l’on sait qué la traie est formée de l'assemblage d'une quantité innombrable de petites coquilles, on s'explique ce phénomène qui sépare si complètement la véritable craie des autres terrains calcaires provenant des débris de roches de cette nature.
L’examen microscopique des terresne nous a donné jusqu’à présent que des résultats généraux; mais il faut dire aussi qu’en nous faisant pénétrer plus intimement dans la composition et fa structure des terres, cet examen forme singulièrement le coup d’oéil et nous accoutume à juger de leurs qualités par les apparences extérieures. Il suffit d'un grossissement de 40 à 130 pour distinguer parfaitement toutes les parties consti- 4uentes du sel ; une goutte d’acide nitrique, mise en contact avec la terre sur le porte-obj et, achève d’éclaircir tous les doutes que fait naître une première vue, et cette connaissance empirique de la forbie et de la situation des différents éléments dë la terre, sans pouvoir être traduite en principe, nous habitue à démêler certains caractères, qui, par la suite, analysés avec sagacité, pourront peut-être prendre une grande place dans la science. . . •
AGROI.OG1E.
Section III. — Dimension des particules.
Avant toute étude détaillée de l’influence de la dimension des particules sur l’état du sol , l’expérience la plus vulgaire a appris aux cultivateurs que ceux qui sont réputés les meilleurs possédaient unecertaine proportion de particules grosses et fines. Les premiers servent à rendre le terrain meuble, les seconds à combler les intervalles qui se trouvent entre les particules qui ont une grande dimension, maintiennent dans la terre l'bu- .midité nécessaire, oiïrentdes conducteurs aux racines, lespré^ servent du contact immédiat de la lumière,, des rayous solaires et de l'air atmosphérique sec. H. Davy affirme que les terrains qui avaient 95 parties sur 1 00 du troisième lot étaient complètement stériles. Quand un tel sol est détrempé, il forme une espèce de boue dont la chaleur resserre à un tel poiut les parties qu'elles ne laissent aucun accès à l’air, et par suite les racines ne peuvent remplir leur fonction.. C’est l’influence de la proportion des différents lots produis de la lévigation sur les terres que nous allons examiner dans cette sectiqn.
§ 1^'. — Influence de la dimension des particules sur la pesanteur . spécifique.
Dans les terres que nous avons esaminées,-la pesanteur spé;- . cifique de la partie terreuse du sol nvarié de 3,1S dans la terre de Grenouillet à Orange, à 3,63 dans une tene de la Yaloirè (Drème), et voici quel était le lotissement de ces deux termes extrêmes : .
Grcnomilet. La Valoirt. *
Ces deux lotissements de terre, si différents par leur pesan-
Loti D*^.
MODIFIC, DES PROPRIÉTÉS PUYSIQIES DES TÉBBES'. 177 leur spécifique, se rapprochent tout à fait; le poids d'un pa^ reii Tolume de cesterres diflére beaucoup aussi ; le mètre cube de Grenouiliet pèse 11S6'‘,5 ; celui de la terre de la Valoire 1458^5. *
Au contraire, la terre du Peyron (Orange) et celle de Pitébois (Orange), qui toutes deux ont la même pesanteur spéci- . 'fiquedc 3,50, ont les lotissements suivants :
Lot* n**. • Le Pejron. Le Préboi». :
La terre.du Peyron pèse 1330 kil. le mètre cube, et celle de Prébois 1509,^6.
De ces deux exemptes, nous concluons que la dimension des 'particules n’t> aucune influence sur 1» pesanteur spécifique des terres. . . . , ' ' .
S IL— .Influence de ta dimension des particules sur l’hygroscopicité.
Pour nous assurer dés effets de l’atténuation des particules sur l'hygroscopioité, nous avons cherché d’abord si l'hygroscopicité avait un rapport constant avec le poids du troisième lot ; * nous avons obtenu alors les résultats suivants ;
Noms d«« terres.
Pnids du 3' loi.
Ujgroocopicité.
Solimani (Bagnols)
Le Peyron (Orange). .'....
La Bussière ( Loiret)
Saftït-Paul (Drôme)
Clermont (Piiy-de- Dôme). . i
Le Thor (Vaucluse). ......
Le Prébois (Vaucluse). . ... .
' 'On voit bien iei qu'il existe un certain rapport entre le poids du troisième lot et la propriété de retenir l’eau, mais que ce rapport est dérangé par une autre cause' qui doit être la nature I. . • . 8-
178 AOROLOGIE. •
des purticiHes. Pour mieux nous assurer si la matière, déjà bien fine, du deuxième lot n’entrait pas pour une part considérable dans les anomalies que nous remarquions, nous avons réuni.le deuxième et le troisième lot, et nous avons eu alors les résultats suivants :
Terrei. •
Lot
Lql n* S.
Sotnine dc« 2 lots.
DjRfrmco»
picité.