‹ Cours d'agricultureChapitre 46 sur 174 · Les Amas (Rhône · texte numérisé non relu

Les Amas (Rhône

Ici l’épreuve est complète; la réunion du deuxième lot au troisième, loin 'de rendre plus frappants les rapports qui existent entre la dimension des particules et l’bygroscopicité, tend

.MOUIFtC. D£$ PROPRIÈTKS PHYSIQUES DES TERRE?. 179

à augmenter les discordances. La diqaepsion des particules n'influe donc que d’une manière secondaire sur cette propriété.

$ III. — Influence de la dimension des particules sur la ténacité.

Après avoir essayé de ranger les terres, psr rapport à leur ténacité, selon l’ordre de grosseur de leurs particules, nous avons eu popr résultat le tableau suivant :

Tcnaeilé.

S« et lotj.

T^n«ité |Mr rlioqite initié dvs ileui lolf

Argile du Moore Rouge (Orange) .

Prébois (Orange)..- ........

Palus au Ghemin-Réal (Orange). .

Lancy (Suisse, Gfinève)

Masd’Agonn”! (Camargue) . '. .

Bolléne (Vaucluse)

Grenoudlei (Orange). .

La Valoire (Drôme)

li;i7

La Piboulelte (Vaucluse)

Bruyère de- Grand-Serre (Drôme):

Hoffwyl..

Le Pevron (Orange)

Masd’Agon 2. .

Galaure (Drôme). ..........

St-Paul-Trois-Châteaux (Drôme) .

• Aulas (Gard)

JiontreuH (Seine).

Clermpnt-Ferrand •

En examinant ce tableau, que -nous protongerionseans fruit.

on est frappé d’abord de la tendance des terres>à se ranger pat

ordre de ténacité, selon la plus grande abondance de particules •fines qu’elles possèdent; en effet, ce sont les terres qui ont In plus de parties des deuxième et troisième lots qui sont à la tète, et celles qui en ont le moins qui le terminent. Mais les fréquentes anomalies qui' y régnent, les interpositions' que l'on remarque, font reconnaître aussi qu’il y a un autre élément qui agit de concert avec la ténuité des particules pour dèter-

AGHOLOGIE.

ISO*

' miner 1a ténacité des terres. Ainsi, chaque unité de particules fines n’entratne qu’une ténacité de 28,3 dans les terres de Cbemin-Réal, et une de 44 dans les terres du Prébois, quoiqu'elles aient l'une et l’autre un même nombre de ces particules; ainsi la terre du Grand-Serre n’a que 8,8 de ténacité par unité de particule fine, et vieiit s’intercaler, par sa ténacité totale, entre des terres qui en ont 12 ; et à' la fin du tableau, à partir d’Aulas, la ténacité, déterminée par les particules fines, semble diminuer à mesure que leur nombre augmente. H est trop évident qu'il faut chercher la cause de ces irrégularités non plus seulement dans la masse, mais dans la nature de ces particules.

Si l’on examine attentivement au micrdscope les troisièmes lots, la cause de cette diminution de ténacité se discernera facilement. Au bas de l’échelle se trouvent les terres qui ont ce lot formé de particules plates, de débris de schistes ou de gypse, ou enfin d’argiles brûlées, substances qui toutes ne ^ont pas susceptibles de liaison-: ainsi la terre d’Aulas, à particules micacées, celle de Montreuil, à débris gypseux, et .celle dé Clermont-Ferrand, formée de détritus très ténus de laves, n'ont que 2 à 4 grammes de ténacité par unité de particules lineÂ. Vient ensuite une autre série, dont le troisième lot. est formé de quartz plus ou moins arrondi et très fin, presque sans mélange; c’est dans cet'ét$t que. se trouvent les terres du Grand-Serre, de Galaurc, dont la ténacité est de 8 à 9 par chaque unitéde particules fines; s’ils’yméle une petite quantité d’argile, sans cependant que le troisième loi pui^e faire corps après sa dessiccation, nous voyons la ténacité monter jusqu’à 11 et 15, comme àUoiïwil, àla Piboulette, au Peyron,à la Valoire, et même jusqu’à 31 à Lancy. La ténacité suit ici une progression annoncée par l’état du troisième lot, qui, de sec ét rude, devient doux au toucher. Enfin, si la proportion d’ar. gile augmente, si elle constitue eofièrement ce lot, si elle

MOMFIC. DES PROPRiérÉS PHYSIQCES DES TERRES. 181 forhie uné plaque adhéreote et solide' par Itf dessiccation, chaque unité de ce lot réprésente une ténacité de 69, comme dans l’argile du MoureRouge.Ces conséquences concernent les terres dont le troisième lot ne fait pas eiïprvescence avec les acides. ' '

Quant aux terres qui, contenant du calcaire, donnent un troisième lot faisant circrvescence,‘ou ce lot contient une (Quantité ' d’argile suffisante pour qu’il forme une plaque toujours àsste friahlè après la dessiccation, ou bien ce lét n'est formé que de ' calcaire et de silice, et quelquefois de calcaire seulement. Les terres qui se forment en pkiques, composées d’argile et de calcaire, Ont 44 de ténacité par unité de matièré fine, comme au Prébois; la ténacité descend', avec la proportion d'argile, à 28 et à 1 5, comme à Bolléne et à Grenouillct. Si l’àrgile manque dans le troisième lot, le cakaire se forme en flocons qui ne sont- . . pas adhérents, 'comme à Saint-Paul ou au Mas d’Agon n^SiCfalors la ténacité retombe à 4,9.

Cet examen démontre donc que si l’atténuation ()es matières constituant une terre est une des grandes causes de son augmentation de ténacité, la nature* de ses particules moefilie . singulièrement cette propriété, et qu’ainsi il serait téméraire de vouloir conclure d’une manière absolue des résultatsde la lévigation à ceux des expériences physiques qui établissent la cohésion des terrains. Cet examen suffît cependant pour faireentfevoir'quc.sur uncterrcdoonée,leslal)ours fréquents, qüi, par leù’rs frottements et l’ëxposition des parties à l’ahr, tendent à atténuer les particules, peuvent en changer à la longue les propriétés physiques, en augmenter la ténacité, èt accroître aussi sa faculté de retenir l’eau, de s’emparer des engrais et de fournir ses propres éléments à la végétation.

Section IV. — Diminution de la cohésion par la gelée.

' Tout le monde a pu remarquer l’effet de la gelée sur la, terre;

1S2 • • '• , AOBOLOGIE. . .

aucune herse ne la pulvérise aussi complètement; les mottes les plus grosses se réjuisent en poussière. Cet effet n’a lieu que sur les terres humides, car les fragments de terre desséchés et placés sous l’inlluence de la gelée restent parfaitement entiers, et dans le midi nous avons vu, après des hivers secs, les tprres rester couvertes de grosses mottes, qui ont passé l’été suivant dans cet état et n’ont pu se réduire qu’à l’arrivée des grandes pluies. d’automne. Mais c’est un cas extraordinaire, et les terres que l’on soulève en si gros fragments sopt abondantes en argile, qui conserve presque toujours une ^midité suffisante pour que les gelées aient action sur elles. Il y a donc une relation intime entre l’effet des gelées et la faculté de retenir , i’.eau que possède chaque espèce de terre; les terres siliceuses n’en éprouvent presque aucun effet, tandis que les marnes, les • glaises et les argiles sc délitent complètement. •

Cette propriété résulte de l’accroissement du volume de Teau qui. passe à l’état de glace.; dans ce nouvel, état, l^eau exerce, du centre à la circonférence du bloc de terre, une pressiqn fatézale qui tend à en séparer les particules.

.Qn n’a fait aucune expérience directe sur l’effet que pro- • . duisent les gelées sur les terres humides. Schübler a bien essayé d’exposer les prismes de terre humide à la gelée, de. les faire sécher ensuite, et de déterminer leur tcriacké par je procédé indiqué. 11 trouvait généralement que cette propriété suhisàait une diminution d’un tiers dans les limons ; l’argile tombait en poussière. Mais ces essais n'ont pas été faits régulièrement et sur toute la série des terres élémentaires. On avait pensé aussi à faire subir aux prismes l’épreuve que Brard conseille pour reconnaître si les pierres sont gélives, c’est-à-dire à les imbiber d'une solution de carbonate de soude et à rechercher • la quantité de parties de ces prismeà qui seraient désagrégées parla dessiccation ; mais toutes les terres en cet état sont porauses; plies admettent toutes la solution entre leurs molécules,

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çt quand elle vient à sc cristalliser par la dessiccation, elles se réduisent en poussière. Au reste, les indications de Schübler., autant que l’expérience en grand, nous. prouvent que la düniniition de ténacité par les gelées est proportionnelle à la faculté de retenir l’eau.que possèdent les terres, et à l’humidité du sol ;3u moment des gelées.

. Section V. — E^xHUtien de la cohésion par la calematiot} de la terre.

Quand on soumet l’argile à une chaleur rouge, elle perd sa plasticité, et ne la regagne pas même après avoir été mouillée. . Elle ne fait plus dans Icsol que l’oITice de la silice. C’est en partie sur cette propriété que se fijnde- l’amélioration déterminée par l’écobuage dans les terres argileuses. Cette opération tend donc à introduire dans ces terres un élément moins cohérent. L’alumine étant modifiée en grande partie, c’est seulement la portion qui n’a pas été atteinte par le feu qui contribue à la ténacité du soh, à l’état sec, et k sa cohésion à l’état hutnide.

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