CHAPITRE III
.De«abrl«.
-* Nous entendons par abri un obstacle qui s’élève au-dessus del’horixon dans une certaine direction. L’abri placé au midi iutcrcepte les rayons solaires qui parviendraient au terrain, en . raison directe de son élévation et en raison iaversc de son éloi-’ • gneraent; l’abri placé d?ns la direetton du vent régnant en détourne aussi le cours dans les mêmes proportions.de s’on ëléva-
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tion et de son él<rignei>ient, et, de plus, en raison de l’angle sous lequel le vent arrive à la surface de la teite.
Il faut un obstacle bien élevé et bien rapproché au midi pour que la droite menée au sommet fasse avec le terrain un angle plus grand que la hauteur du soleil . Ordinairement ce sont des haies, des murs, des maisons, qui produisent cet effet sur une petite partie du champ. Les abris au levant et au couchant peuvent porter longtemps leur oïdbre sur le terrain, quoique . moins élevés, parce que, dans ces régions du ciel, la hauteur.* du soleil est moindre. ■
Sous le rapport des vents, les ahris.ont une grande utilité, parce que les courants atmosphériques parallèles à l’horizon ne font un angle peu ouvert qu’au pied des montagbes, «tqu’dhe élévation de quelques décimètres protège toujours un assez grand espace de terrain. L'abri est surtout important quand il est placé dans la direction du vent le plus froid, qui, en hivef , amène un courant glacial et accroît la éigueur de la.saisoh. Le. vent qui pas.se par-dessus la'crôte de l’abri ne se mêle pas immédiatement avec l’air échauffé par le soleil qui est à son piedj ce mélange ne se fait qùe lentement. Ainsi, dans les plaines d'Orange, le vent du qord, qui franchit les moatagnes du ï)aùphiiié, vient fouetter Jes terres sous un angle de 15® environ, d’où il suit qu'une hauteur de 200 mètres préserve un espace de2,î60 mètres, lisière toujours consacrée aux récoltes les plus précieuses et qui craignent le plus le froid. Sous l’influence • d'un pareil abri, la température moyenne de l’année s’élève . de plus de 1®. C!esl ainsi que lès orangers viennent en pleine terre à Ollioules et à Hyères, tandis qu’ils ne résistent pas aux hivers de Marseille ; c’est ainsi que la température des hords ‘ des lacs de Côme et de Guarda permet de cultiver l’olivier, qui , n’ose se montrer dans les plaines de la Lombardie. . . ■
Une simple haie de 2 mètres d’élévgtion protège, dans nette yqllée R^ne, une distance de 22 mètres. C’est à des abrrs
liOpiFIC. DES PROPRIETES PHYSIQUES DES TERRES. l‘97.
pareils que l’on cultive les pois, Jes nœlons, les artichauts, que la violence des vents ne permet pas de cultiver à déeoavert. Dansles plaines ouvertes de la Provence, on obtient des haies encore plus élevées-en plantant des cyprès et des lauriers^ ^
'■ £d Italie, les plantations au midi préservent aussi de Tinfluenoe du mauvais air les maisons qu’elles abritent. • .
: Maïs il ne faut pas se dissimuler qu’en maintenant à leur pied une humidité qui n’est pas enlevée par les vents, les abris deviennent la cause des rosées qui, au priatumps, dégénèfcpt en gelées blanches. • , . .. / ‘
Cn.VPITRE IV.
. ) OIlserTatlonM géncrAlcm «nir Ie« propriété* ’ pliysiqué» dé» terres. ."• ■
En terminant ce que nous avions à dire sur les propriétés physiques des terres et sur les modifications qu’cllçsfubissent, nous devons résumer en peu de mots ce qu’elles présentent d’important pour ^agriculture. Parmi ces propriétés, il en est de premier ordre qui supposent les autres et dispensent de les ‘ rechercher, savoir r la fraîcheur du sol, sit ténacité, sa faculté de s’échaûlTer au moyen de ces qualités, souvent réunies aux donnéeschimiques que nous avons indiquées comme essentielles, 6n approche autant qu'il est possible aujoujrd.’hui de U solution. , du problème fondamental de l’agrologie. Encifet, la fraîcheur moyenne de la terre nous indique si les plantes y trouveront l’humidité convenable pour (oiurnir â leur consommation ; par la faculté d’échauiïement, nous jugeons si la végétation a ur degré d’activité en rapport avec l’huniidité ; par la ténacité, nous connaissons enfin les didicultés de la culture. La recbercbe de ces propriétés n’a que le défautde ne pouvoir être futé dtms le laboratoire. La ténacité seule peut y être délcrminée. .
198 ' ■ . AGROLOGIE. . ; .
-.Quant à réchauffement, il eyiffe une observation assez lengRc et qui peut cependant être abrégée par des procédés que nous décrirons dans la météorologie ; la fraîcheur nécessite des e;^péueoces qui embrassent au moins Je cours d’une année. G'est que ces deux propriétés sont de véritables synfbéses qui' embrassent un grand nombre de circonstances que l’On combinerait imparfaitement, en supposant qu’elles fussent toutes' bien connues. Nous les avons étudiées en détail, et cela était nécessaire pour nous rendre bien compte des eauses qui pro> duisaient l’effet total ; mais dans la pratique leur combinaison deviendrait impuissante pour remonter à l’eflet.
Ainsi, supposons que nous connaissions bien l’hygrosçopi^ cité d’un terrain : comment remonter à sa fraîcheur qui est la propriété qui importe surtout au Cultivateur? N’avonvnous pas vu qu’un terrain peu bygroscopique, dont le sol aura péu d'épaisseur, qui aura un sous-sol imperméable, une inclinaison nidle, et qui constituera le fond d’un bassin, sera humide quoiqu’il retienne peu d’eau ; et quant à là propriété de réchauffement, le terrain aura beau être fortenaent coloré, s'il est incliné au nord, si un abti s’interpose entre lui et le soleil, s’il est habituellement bumide, il sei;a froid 'nonobstant sa faculté énergique d’admettre la chaleur lumineuse. La connaissance de tous ces détails pourra bien donner des -indicés plus ou moins utiles, mais qui ne peuvent conduire à une certitude. Et voilé justement contre quels abus se sont élevés les agronomes distingués qui, jugeant de l'agrologie par l’imperfection des moyens de recherches qu’elle avait employés jusqu’ici, niaient le pouvoir de la Science et'Iui préféraient la routinedes paysans; Mais à l’avenir, cessant dé s’isoler, les savants elles praticiens sentiront la nécessité de s’éclairer mutuellement; La . longue querelle qui régnait entre ,eux est prête-à s’éteindre à l’aspect des services que tous les arts reçoivent de cette union,
• et que l’agrioullurc doit chércheé à cimenter à son tour;