CHAPITRE I
' • Examen de« «fixera a>'a<êntea de clamlfleaflon. .
Les classifications proposées jusqu’ici pour les terrains agricoles ont pour base, ou la composition minérale, ou les propriétés physiques, ou le genre.de culture auxquels ils sont propres, ou enfin on mélange plus ou moins judicieux de ces diflérents éléments. Il serait trop long et assez inutile de recueillir, dans tous les traités d'agriculture, les classifications diverses que les auteurs ont cru devoir proposer; nous nous bornerons à choisir quelques exemples dans chacune des divi-
M: LA rOBMATIONJtES TERBAIKS AGRICOLES.
sions que nous venons d’indiquer ; ce que nous en dirons pourra s'appliquer aux classifications faites sur les mêmes principes.
Section 1'«. — Claai/lcation fondée mr la compotUion minérale du sol.
Parmi les anciens, Varron est le premier qui ait proposé un système de classification, fondé sur la composition minérale du .sol. Il divise scs terres: 1° en crayeuses; 2° sablonneuses; 3” argileuses ; 4® graveleuses; 5®ocreuses; 6« charbonneuses. Il admet ensuite les combinaisons deux à deux de ces diffé* rentes terres, et les divise en trois degrés, • en disant qn'eltes sont fortement, médiocrement, faiblement crayeuses, sablonneuses, argileuses, etc. Rien de plus vaste que ce cadre : il ‘ possède, en vertu de l’association de mots qu'il autorise, une élasticité qui se prête à la formation de tons les groupes imaginables; mais^pii ne voit qu’il n'est qu’une véritable abstraction fondée sur des principes étrangers à l’agriculture, un travail de cabinet, un de ces systèmes que l'on construit si aisément à l’aide d’un caractère 'donné et de quelques accolades ?
Si nous l’examinons en détail, nous remarquons d’abord que ses, trois premières classes sont en effet très naturelles, qu’elles indiquent des natures déterminées, connues, et qui annoncent le tact de l’autenr ; niais les trois dernières ne sont plusii^e même ordre; du gravier dans une terre n’est qu'une circonstance accessoire ; le principal, c’est la naturede la terre qu’accompagne le gravier. Dire d’une terre qu’elle est graveleuse, sans ajouter qu'elle est argileuse, crayeuse et sablonneuse, ce n’est pas en donner une idée sulïisante. Il en est de même de la terre ocreusc et de la terre charbonneuse. Yarron n’a donc réellement admis que trois classes primor-
(i) Varcoi», cop IX. ‘ - ■' • '