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CINQUIÈME PARTIE

CtASSlFICATION DES TERRAINS AGRICOLES.

En tout temps, les agriculteurs ont senti le besoin d’une nomenclature pour nommer et désigner les terres qu’ils cultivent, et celles dont ils veulent rendre compte de vive voix ou par écrit. Partout on a créé une telle nomenclature, mais elle n’a pu être basée dans chaque lieu que sur le petit nombre d’objets de comparaison qui se présentaient à l’observation. Ainsi, dans certains pays, ou a admis des terres ronges et blanches ; ailleurs, des terres fortes et légères. La pratique a fait ses classifications sur un caractère unique qui renfermait pour elle tous les autres caractères des natures de sol que l’on considérait; mais l’idée complexe qiie représentait chacun de ces mots n’était pas la même à quelques kilomètres plus loin t ici, les terres rouges étaient aussi des terres légères; ailleurs, des terres fortes. L’utilité de ces nomenclatures ne pouvait donc s’étendre plus loin que le champ de l’observation.

Quand on a voulu étudier scientiGquement l’agriculture, quand on a voulu comparer les cultures et les résultats de deux pays éloignés , des aperçus aussi superficiels n’ont plus suffi. Les descriptions, les préceptes devenaient vagues et inexplicables sans une langue qui traduisit les perceptions des sens, qui retraçât à tous les yeux les mômes images ; sans elle, chacun se trouve réduit à son expérience individuelle , et les Arthur Young, les Schwérz, les BUrger, les Luilin de Châteauvieux ne*

AGROLOGIE.

transmettent plus qu'idcomplétemeot à notre espritrie résultat de leurs courses instructives.

Au milieu du mouvement scientiGque actuel, qui s'est fait aussi sentir à l’agriculture, il était impossible que la nécessité ne produisit pas quelque chose de pareil à ce qui s'est passé dans toutes les sciences naturelles, et qu’une pareille langue ne se formât pas spontanément ; mais le travail individuel se fait trop sentir dans la nomenclature adoptée ; faute de s'ètre entendu et d’avoir fixé, par de bonnes définitions, la valeur des mots, tous les écrivains sont loin d’attacher le même sens aux mêmes termes. La classification entière est à refondre, et il faut fe faire en ne perdant pas de vue les propriétés agricoles des terres, et sans se laisser dominer par des notions scientilTques d’un autre ordre. Nous allons l’essayer dans cette cinquiénie partie ; mais nous commencerons par jeter un coup d'œil rapide sur les divers systèmes de classification, et, après avoir reconnu leur insuffisance, nous essaierons d’établir les principes qui doivent dominer un pareil travail, et d’en faire • nous-même l’application.

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