TESTAT. POUR APPRÉC. LA VALEUR DES TERRAINS
et très bien grainée, par exemple, annonce un bon sol ; que la grosseur du chaume, le nombre des tiges qui sortent d’une même racine, est aussi un excellent signe quand on examine le tèrrain après la récolte, comme il faut alors se défier des chaumes minces et des tiges isolées sur chaque racine. Mais il ■ faut se garder de négliger l’examen des plantes pérennes. Ainsi l'on conclura qu’un terrain est hon et profond si les rameaux des arbres sont allongés, les feuilles écartées, les branches rapprochées de l’horizontale ; si les cercles qui séparent les couches concentriques du bois sont écartées ; si l’écorce des jeunes arbres est unie, peu gercée, sans mousses et lichens.
Quand la terre est gazonnée, on remarquera si le gazon est composé de dactyle pelotonné, de pâturin trivial, de fétuque de fléole et de vulpin des prés; si les bords des champs montrent, le chardon lancéolé, le mille-feuille, la bardane, l’ortie, l’yèble, *la saponaire; ces plantes aiment tous les terrains gras.
Si; au contraire, les arbres présentent un aspect rabougri, que les pousses annuelles soient courtes, airisi que les espaces interfoliaires, que les couches de bois soient pressées, que l’écorce des jeunes arbres soit gercée, couverte de mousse et de lichen; si'Ia végétation du gazon est composée de nard resserré, d’agrostis vulgaire, d’eriophoruras, de caille-lait, d’airas, d’arenaires, d’oseilles, de joncs, d’euphraises ; que les bords de$ champs présentent la bruyère, le genêt, le pnique des marais, on pourra juger que les terres sont de qualité inférieure.
Un grand nombre d’auteurs ont cherché ensuite à donner un caractère général auquel on put reconnaître les bonnes terres. M. Symonds* regardait comme une preuve de leur excellence quand elles se pulvérisent après une longue pluie ; nous en • avons dit assez pour montrer que ce signe peut être équivoque. Gomme, après chaque découverte, les imitateurs cherchent à s’en emparer par quelque bout, M. Ross cherche à appliquer (1) ilnn. ef’a^rtcuUured’ArthurYoung, t. XV, p. 117 de scs œuvre?.
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les recherches d'Erhenberg sur les craies, et prétend que les terres fertiles renferment des milliards 'd'animaux infusoires; sans doute, elles renferment un grand nombre d'animaux vi> vants et de dépouilles d'animaux, mais quant à des infusoires, ' - . nous avons soumis au microscope des terres d’une grande fer^ tilité, et soit que nous observions mal, soit que l’observatmn • de M. Ross ne soit qu’un cas particulier dont il a fait une ré- • gle générale, nous n’avons rien vu de ce qu’il annonce, quoique nous ayons suivi la méthode indiquée par M. Erhenberg. * , Enfin plusieurs autres agriculteurs ont voulu nous donner . ^ des formules de composition normale des terrains; ainsi Giobert indiquait, dans les environs de Turin, un sol qui coutiendrait : ,
Pour un terraÎD fertilt.
Pour on lerrain «torile.
Silice.
Silice.
Argile
Argile
Chaux
Chaux
• Ces terrains, dont les limites âont d’ailleurs si mal définies, ‘ peuvent être bons ou mauvais, selon le spüs-sol et l’humidité.
Pour montrer le peu de cas qu’il faut faire de pareilles for- • mules isolées de ceS circonstances, nous opposerons à celles de Giobert pelle que donne M. Vilmorin ; elle est intitulée composition de la terre franche de Clamart. L’auteur ajoute que non-seulement cette terre esttrès fertilesur le lieu, maisqu’ello est encore la seule estimée et employée parles plus habiles jardiniers de Paris comme base de leurs compositions :
Argile sableuse. 57,0
Argile fine . 33,0
Sable siliceux on gros grains 7,4
Carbonate de chaux en fragments 1,0
Carbonate de chaux eh poussière 0,6
Débris ligneux . 0,5
Terreau. • • •
’ 100,0 Malheureusement, nous n’avons ici qu’une analyse iopomplète et une lévigation de cette terre ; mais telle qu’elle est.
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. elle nous suffit pour voir qu’avec 1,6 dé carbonate de chaux, dont 1 en gros grains, Giobert l’aurait rangée parmi ses plus inférieures. Maintenant (] 845), on ne se sert plus de la terre franche deClamart, mais de celle de Massy, que M. Neumann, chef des cultures au Jardin du Roi, regarde comme au moins égale à celle de Clamart. Son lotissement ést le suivant
* Gravier 05 '
lot. . . . . . 467
2* lot , 387
3« lot 53
Sa ténacité est de le poids' d’un mètre cube 1,04411.
* Son analyse nous a donné :
Silice 3Sd
Alumine ' 170
Quartz . 240
• . Sulfate de chaux . ' 100
Fer ; ,. . .84
Acide phosphorique -.2
Matières organiques ............ 30
' Perte ; 2
• ^ . ïôüô
Aibsi, nous trouvons ici une argile mêlée de gypse, ayant {leu de carbonate de chaux, 'assez de quartz, et rien de ce qui constitue, d’après Giobert, une bonne terre. On voit cepehdant qu’elle peut prendre assez de consistance et que, par la Va' riété de ses éléments, elle^eut convenir à beaucoup de plantes.
M. Girardin, dans ses leçons de chimie agricole', nous fait connaître des expériences plus récentes de M. Drapier sur des mélanges de sable, (J’argile et de calcaire, pris dans le plus grand état de pureté ; elles donnent ce l'ésultat : que ce qui est le plus favorable aux plantes, c’est un mélange par parties égales de ces trois substances ; mais, faites trop en petit, ces expériences présentent des faits que la pratique eu grand rend (1) Du sol arable, p. 37.