CHAPITRE V
ÉTUDE DE LA SÉRIE e. — LEilITE DE ( 1+ - ) QUAND CROIT INDÉFINLMENT. — SÉRIE e^.
Étude de la série e.
398. La série connue sous ce nom et qui joue un rôle si important en Analyse est la suivante :
III I
Nous allons démontrer que cette série est convergente et qu'elle a pour limite un nombre incommensurable, qu'on peut calculer avec une approximation quelconque en prenant dans la série un nombre suffisant de termes.
399 1° Convergence de la série.
Nous avons ici (373)
Un-^\ i
Un ~ « H- 1
Ce rapport, plus petit que i, tend vers la limite zéro, lorsque n croît indéfiniment : la série est donc convergente.
iOO. ?." Limite de l'erreur commise sur la somme de la série, en s' arrêtant à un certain terme.
Supposons qu'on s'arrête au terme u^ inclusivement, et cherchons la limite de l'erreur que l'on commet alors sur la valeur de la série.
ALGÈBRE SUPÉRIEURE. SSq
On a
et, à partir de ce terme, le rapport d'un terme au précédent est égal, puis inférieur à — On a, par exemple,
On peut donc prendre le nombre fixe A"< i, au-dessous du-
quel le rapport "^' finit toujours par tomber en tendant vers
sa limite (371, 373), égal à Alorr, le premier terme
négligé M„+i a pour expression ku„, et les suivants sont moindres que /<■-«„, k^u„, .... de sorte que (371) la limite de l'erreur commise en conservant les (n + i) premiers termes de la série est inférieure {Alg. élém., 3i2) à
ku„
c'est-à-dire à
= - Un.
Si l'on désigne par s l'erreur commise en s'arrêtant à «„ inclusivement, on a finalement
401. 3° La limite de la somme de la série est un nombre incommensurable compris entre 2 ~ et 3.
La somme de la série est comprise entre les nombres 2 { et 3.
En effet, les trois premiers termes de la série constituant une somme égale à 2 ^, la valeur de la série est supérieure à ce nombre.
D'autre part, les termes suivants de la série satisfont évi-
34o ALGÈBRE SUPÉRIEt RE.
demment aux inésalités
Le reste de la série, au delà du troisième terme, est donc
inférieur à la limite de la somme des termes de la progression
par quotient, décroissante et illimitée, qui a pour premier
terme — et, pour raison, -, c est-a-dire a 2- 2
La limite de la série est, par conséquent, inférieure à 2
ou au nombre 3.
Il reste à prouver que cette limite est un nombre incommensurable.
Admettons, pour un instant, qu'elle soit égale à un nombre
commensurable -• On aurait alors évidemment, p et a étant des entiers,
I (f/^lj(<74-2) (^-|-lj(^-+-2)(grH-3)
Multiplions les deux membres de cette égalité 5«/>/:>o5ee par le produit 1 .2.3. . .^. Le premier membre deviendra le nombre entier /». 1 .2.3. . .(9- — i). Dans le second membre, tous les
termes, depuis i jusqu'à la fraction
> se transfor-
nieront en nombres entiers dont on représentera la somme par l'entier N, et le multiplicateur de la parenthèse se trouvera réduit à l'unité. On aura donc finalement
ALGÈBRE SUPÉRIEUriE. 34 I
Mais, à partir du second terme, les différents termes de la parenthèse du second membre sont respectivement inférieurs aux fractions
La parenthèse elle-même est donc inférieure à la limite de la somme des termes de la progression par quotient, décroissante et illimitée,
qT'l ^ (7 + T7 ^ {q + I)^ + (^ + i)-* + • • •'
c'est-à-dire à