COURS
Du cerveau^ des nerfs et des organes
des sens, ^^^^00"^^^^^
DU C E R V Em^l^
v>i'est ainsi que l'on appelle le viscère qui remplit la cavité du crâne , en y comprenant le cervelet, la moelle allongée, qui en font partie j on y comprend aussi la moelle épinière , qui est un prolongement de celle-ci, et qui est contenue dans le canal vertébral.
Le cerveau occupe seul la partie antérieure du crâne; avec la moelle allongée , il occupe la portion moyenne j et avec le cervelet, la portion posterieuré,' Il est placé au-dessus de ces parties.
Membranes. Le cerveau est revêtu de trois membranes. La plus extérieure, qui tapisse immédiatement le crâne , est appelée la dure-mère. La plus interne , qui recouvre et s'enfonce dans le cerveau ,
a A NATO MIS MÉDICAI.B,
' est nommée la pie-mère; et la moyenne , qu'on a comparée à une toile d'araignée , est connue sous le nom ài arachnoïde (i).
Dê la dure-mèi^e.
Etendue. Cette membrane recouvre intérieurement le crâne , sans laisser aucune espèce de jvide j elle est très-dense , épaisse , et résistant plus à l'extension que les autres membranes du corps.
Structure. En la froissant entre les doigts, on la croiroit composée de deux membrânes réunies ensemble par un tissu cellulaire intermédiaire ; ce qui fait que les anatomistes la divisent ordinairement en deux lames (2) , l'une externe , adhérente dans toute son étendue à la surface interne du crâne , avec plus ou moins d'intimité j l'autre interne , qni a des replis dans le crâne et des prolonsemens hors de cette cavité.
(1) Les Grecs ont connu les membranes du cerveau sous le nom de méninges. Ce sont les Argbes qui les ont appelées mères ^ parce qu'ils croyoient que toutes les autres membranes du corps en étoient une continuation : leur opinion a été pendant long-temps celle des anatomistes. Voy. Riolan , Anthrop. lib. IV, p. i53. Ludwig victorieusement détruit dans ces derniers temps cette opinion; il a de plus prouvé que l'enveloppe des nerfs hors du crâne n'appartient en aucune manière à la dure-nière. C'est vers i565 que la meral)rane arachnoïde a été bien distinguée de la pie-mère , et qu'elle a reçu le nom de membrane arachnoïde de la société hollandaise, parmi les membres de laquelle étoit le célèbre Swammerdam. f^an Home la démontra à ses disciples en 1669. Ployez notre Histoire de l'anat. t. VI , p. 5o3.
(2) Il y a même des anatomistes qui ont voulu qu'elle fût composée d'un plus grand nombre de lames , selon qu'ils aroient plus ou moins de dextérité pour diviser cette membrane eu plusieurs feuillets.
DUCBRVBAU. .3
La Jure-mcre est formée de tissu cellulaire plus ou moins rapproché , l'eau s'y iiiiiltre après une longue macération (i).
Adhérences. La lame externe cle la dure -mère adhère intimement à la face interne du crâne , et principalement sous les sutures, et encore très-intimement aux petites ailes du spliénoïde , aux apophyses clinoïdes «de ce même os , aux portions pierreuses des os temporaux, à l'éminence cruciale de l'occipital , etc.
Ces adhérences (2) sont formées par divers filamens qui s'élèvent de la face extérieiire de cette membrane, et qui se perdent dans les os du crâne; elles sont aussi formées par des vaisseaux artériels et veineux , qui communiquent avec ceux du périoste qui revêt extérieurement le crâne.
La face externe de cette membrane est comme veloutée oti cotonneuse j mais la face interne est polie , imie , blanchâtre. On y voit divers linéamens fibreux, qu'on a comparés à des ligamens ou même à des tendons , qu'on a cru aboutir à des trousseaux musculeux , auxquels on a attribué la faculté de se contracter (3).
(1) On y trouve quelquefois des hydatides par état de maladie, comme Kaau Boerhaave l'a observé *.
(2) Les plus anciens anatomistes ont parlé des adhérences de la dure-mère au crâne , sur- tout aux sutures. Galien les a décrites , ainsi que Carpi^ Âfassoj Charles Etienne et enfin tous les anatomistes exacts , San'orini ^ Duvemey^ etc. 5 mais Glaser^ Bartholin^Pa£chioni^i:tc. ont admis sans fondement un espace vido entre le crâne et cette membrane. Quelques anatomistes ont rpgardé les adliérences au cràue comme cont^-e nature , tels c|ue SÎevogt , Didier f etc.
(3) Pacchioni a accrédité cette opinion. Ba^livi et Santorini * /'ojcs iialler, EhineiU. physioL t. IV, p. 91,
4 ANATOMIE MKDICALE,
La lame externe cle la dure - mère a beaucoup inoins d'étendue que la lame interne qui forme plusieurs replis, dont deux sont grands et d'autres sont petits. Les deux grands replis sont le vertical ou l^fauloc ; le transversalement oblique , ou la terUe du cervelet.
La faulx est ainsi appelée par rapport à sa figure. Elle sépare les hémisphères du cerveau j on peut y considérer deux faces , une droite et une <^auche , qui sont contiguës aux faces internes des hémisphères du cerveau, ou plutôt à la membrane arachnoïde qui les revêt j deux bords , l'un supérieur et l'autre inférieur ; deux extrémités , l'une antérieure , l'autre ])Ostérieure.
Le bord supérieur est large, formé par la lame externe de la dure-mère, et se troixve placé sous le milieu du frontal , sous la suture sagittale , et devant le milieu de la face interne de la moitié supérieure de l'os occipital, jusqu'à son tubercule interne auquel la {"aulx adhère.
liC bord inférieur, grcle, concave, est aigu comme le tranchant d'une faulx; il correspond au corps calleux , auquel il touche postérieurement.
L'extrémité antérieure est très - grêle , comme pointue et attachée au crista-galli de l'oethmoïde.
L'extrémité postérieure , plus épaisse et large , adhère au tubercule de l'os occipital j elle est ensuite fixée sur la partie moyenne de la tente du cervelet.
Il est rare que les hémisphères du cerveau communiquent ensemble à travers la faulx j on l'a ce-
l'ont soutenue, ainsi qi.e Stancari ^ Kulnus et beaucoup d'autres anatomistes j mais Duverney y Cowper^ Fanton , l'ont combattue victorieusement. La dure-mère en effet n'est ni irritable ni sensible, n'ayant point de fibres musculaires et étant dépourvue de nerfs.
jîUCERTBAtT. O
pendant trouvé percée, et c'est alors par ces trons qne ces hémisphères du cerveau communiquent entre eux (i).
Le ^rand repli de la dure-mère , ou la tente du cervelet présente antérieurement une ouverture fini a la forme d'un double croissant dont l'extrcmité supérieure de chacun d'eux est unie à la laulx, et l'inférieure est attachée à la pointe des portions pierreuses des temporaux et aux apophyses clinoïdes postérieures du sphénoïde. C'est dans cette ouverture antérieure de la tente que le cervelet et 3a moelle allongée sont unis ensemble.
La tente du cervelet et la faulx se maintiennent par leur réunion dans une tension très - forte j ce qui empêche que le cerveau et le cervelet se com^ priment réciproquement (a) : mais lorsqu'on coupe l'une de ces parties, l'autre tombe dans le relâchement (3j.
La face supérieure de la tente est convexe , et l'inférieure est concave. Sa sommité qui est unie à
(1) On assure avoir tu des sujets chez lesquels la faiilx n'existoit pas , et chez lesquels les hémisphères étoient tellement confondus , qu'il n*y avoit pas de séparation apparente. Ve.yre.t , chirurgien de Paris , citoit un cas semblable. Snemmen'nçr « remarqué que la faulx^ dans quelques animaux , a si poTi de largeur qu'elle s'enfonce à peine entre les hémisphères du cerveau j ce qui l'a porté à croire que l'usage qu'on lui a attribué dVmpècher la pression de la moitié du cerveau sur l'autre moitié étoit mal fondé.
(2) Il y a des animaux chez lesquels la faulx du cervea>i et la tente du cervelet soïit cortiingineuses , et d'autres chez lesquels elles sont osseuses. En général , selon la remarque de Soemmering ^ plus le cerveau des animaiix est petit, plus ces replis de la dure-mère sont minces.
(3) Voyez Winslo v^ , Traité du cerveau.
la faulx , est dans un plan à peu près horizontal ; elle est, dans le reste de son étendue, obliquement inclinée de derrière en devant, et encore de haut en bas, en suivant sur les côtés la direction des sinus latéraux qui sont légèrement contournés et qu'elle concourt à Ibrmer.
Il y a au-dessous de la tente un repli vertical , qui est placé entre les deux petits lobes du cervelet. On lui donne le nom de peike faulx. Ce repli, d'abord seul, se divise en cîeux autres petits replis inféri eu rement, qui vont se perdre autour du trou occipital ; ils soutiennent une partie des deux sinus occipitaux postérieurs.
Les deux lames de la dure-mère laissent en certains endroits un intervalle plus ou moins considérable, d'où il résulte des canaux triangulaire^ ou sinus. Le longitudinal supérieur, le longitudinal inférieur , le sinus droit, les sinus latéraux, les sinus pierreux supérieurs, les sinus pierreux inférieurs, les sinus caverneux , les sinus coronaires , les sinus occipitaux et les sinus transverses.
La dure-mère accompagne les nerfs à travers les divers trous ou fentes du crâne, en se confondant avec le périoste qui revêt la face extérieure de l'os, et en abondonnant les nerfs , comme Ludwig et autres anatoraistes l'ont dit , contre l'opinion des anciens, qui croyoient que la dure -mère leur donnoit une enveloppe dont ils ne se dépouilloient, disoient-ils , qu'à leurs dernières terminaisons dans les diverses parties du corps.
Le prolongement de la dure - mère par la fente sphénoïdale est très - remarquable ; il se réfléchît dans l'orbite et se confond exactement avec son périoste.
Le prolongement de la dure - mère dans le trou
DUCBRVBAi:. 7
optique, que des anatomistes (i) assurent avoir suivi non seulement sur toute la portion du nerf optique dans l'orbite , mais encore sur le globe même de l'œil dont ils ont voulu que la première enveloppe fut formée j ce prolongement, dis-je , m'a toujours paru se confondre autour du trou optique avec le périoste qui tapisse l'orbite , en même temps qu'il fournit une expansion cellulaire qui se répand sur la partie postérieure du globe de l'œil.
La dure - mère forme une espèce de tuyau qui renferme la moelle épinière et la queue à cheval qui en est nne suite j ce tuyau se prolonge jusque dans l'os sacrum ; sa grosseur n'est pas toujours la même , étant plus ample dans la portion du canal vertébral formée par les vertèbres cervicales, que dans celle qui résulte de la réunion des vertèbres^ lombaires, où elle est cependant plus considérable que dans la portion du canal formée par les vertèbres dorsales , et sur-tout que dans le canal sacré.
Elle fournit dans ce trajet des enveloppes aux nerfs vertébraux lorsqu'ils sortent du canal verté-r brai j mais elle les abandonne en traversant les trous de conjugaison où elle s'unit .avec le périoste j sa, face interne est polie et humectée de sérosité j sa face externe est couverte de tissu cellulaire dans lequel' rampent des vaisseaux sanguins.
Elle est séparée par un interstice plus ou moins grand , des ligamens qui tapissent l'intérieur du canal vertébral.
Nerfs. 11 y a plusieurs opinions sur les nerfs de
(i) Selon Moeller , la dure-mère, parvenue dans l'orbite, s<j divise en deux feuillets, dont l'un adhère à la surface osseuse et l'antre se répand sur la sclérotique dont il forme la lames extérieure. Obs, circQ tunlcam. et nervum opticum. Hallcr^
la dure-mere 5 des anatomistes lui en attribuent beaucoup, et d'autres ne lui en accordent aucun. Vieusseus prétendit que la dure-mère recevoit beaucoup de rameaux des nerfs qui sortent de la moelle allongée, et principalement de la cinquième paire. Suivant .Falsah-Uj la dure-mère reçoit deux branches de nerfs de la septième paire. Les nerfs de la dure-mère sont en petit nombre , lit-on dans les ouvrages posthumes de Duverney : « c'est principay> lement le tronc du nerf de la cinquième paire, qui, » en perçant la dure-mère , lui fournit quelques filets; 5> les rameaux qui rétrogradent de la portion dure T> du nerf auditif en forment aussi; ceux de la cln- ■» quième paire viennent de l'endroit où elle se paras tage en branches ». A l'égard des nerfs de la duremère , dit "Winslow , on découvre quelques filets détachés du tronc de la cinquième paire , à l'endroit du sinus caverneux, et du tronc ou paquet commun de la huitième paire, et du nerf accessoire ou spinal dans leurs passages par le trou déchiré. Lieutaud a admis encore un plus grand nombre de nerfs dans cette membrane. Il y a apparence, dit-il, que la dure-mère reçoit des filets de tous les nerfs qui sortent de la hase du crâne; et, dans le détail , Lieutaud parle des filets de la cinquième, de la septième, de la huitième et de la dixième qui se répandent dans la dure-mère.
Cette diversité d'opinions a sans doute fixé l'attention de Haller. Cet anatomiste s'est occupé à rechercher les nerfs que ses prédécesseurs disoient aMoir découverts : mais bien loin de se convaincre de leur existence, il n'a jamais pu les trouver, et le résultat de toutes ses dissections a été qu'il n'y avoit aucun nerf dans la dure- mère. Caldcni , célèbre anatomiste d'Italie ; Asclie , anatomiste suédois ; Lobstein , savant professeur d'anatomîe à Strasbourg, et plusieurs autres que je pourrois nommer , ont
en vain clierclié les nerfs qu'on avoit attribués à la dure-nièrej ils n'ont pu les découvrir.
Nous pouvons citer nos propres dissections: nous n'avons jamais pu voir de nerfs assez distinctement dans la dure-mère pour oser contredire l'opinion de Huiler et celle de ses partisans.
Vaisseaux sang/uns. La dure-mère est couverte de vaisseaux sanguins, artériels et veineux; les artères sont des branches de la carotide externe, de la carotide interne et des vertébrales. L'artère œtlimoïdale distribue ses rameaux à la portion antérieure de la dure-mère. L'artère épineuse, branche de la maxillaire interne, se répand sur sa partie moyenne et supérieure. Ils est des rameaux du côté droit qui s'anastomosent au-dessus du sinus longitudinal supérieur avec les rameaux gauches , et d'autres rameaux des deux artères épineuses se réfléchissent dans la laulx.
Les artères vertébrales donnent des branches en entrant dans le crâne qui se dispersent dans la partie postérieure de la dure-mère ; le tronc de la basilaire fournit aussi des artérioles à cette membrane ; la carotide interne donne une ou deux petites branches à la dure-mère avant de fournir l'artère qui accompagne le nerf optique; il parvient aussi une artériole à la partie antérieure de la dure-mère par la fente sphénoïdale qui provient de la carotide externe (i). Les veines de Ta dirre-mère accompagnent les artères , et se distribuent sur ton le son étendue.
Glandes. L'existence des glandes dans la duremère, et dans les sinus particulièrement, est un sujet de controverse parmi les anatomistes (2).
(1) Voyez le Traité d'angéïologie.
{(^z) Vesale avoit parlé de qiieltjues lubercules log^s dans des
10 AKatomie mkdicai^b,
Les petits corps tiiberculeux qu'on trouve dans quelques enfoncemens des os du crâne et dans les sinus sont de simples pelotons de vaisseaux ou des corps cellulaires pleins d'une humeur graisseuse. Leur nature n'est pas bien connue.
V aisseauoo lymphatiques. On n'a pas non plus encore distinctement vu et décrit des vaisseaux lymphatiques dans la dure- mère. Mascagnl (i) croit cependant en avoir découyert quelques-uns ; mais
11 n'a pu les remplir d'injection en aucune manière malgré sa grande adresse, et les bons instrumens qu'il a inventés. Cependant on peut présumer d'après les découvertes qu'on a faites sur les membranes en général et d'après les conneissances qu'on a des vaisseaux lymphatiques qui sont placés, en sortant du crâne, le long des veines jugulaires internes, que la dure-mèrq et les autres membranes du cerveau en reçoivent un très-grand nombre (3).
Nous ne devons paS passer sous silence que Cotunni (3) et Meckel (4) ont décrit des conduits
fossettes du crâne le long du sinus longitudinal. BartJiolin^ qui a admis des glandes dans la dure-mère, les a comparées, par rapport à leur volume et à leur figure, à un pois- Harder a décrit quelc|ues corps glanduleux situés le long du sinus longitudinal j et, suivant ^ew/er, il y a beaucoup de glandes dans les petites lacunes de Vos coronal^ mais Fanton et P^icc/i/o;i/ ont admis , dans la dure-mère elle-même et dans les sinus qu'elle forme , un très-grand nombre de glandes que les anatomistes modernes n'ont pu voir.
(1) Prodrom. d'un ouvrage sur les vaisseaux lymphatiques. Siena y 1784) in-4*'.
(2) Quelques anatomistes, et en dernier lieu Bichat*, ont prétendu qu'elles en étoient tissues , et que c'étoit à ces vaisseaux seuls qu'il lalloit attribuer l'absorption qu'elles opèrent.
(3) De aquae ductihus auris humanae internae. Keapoli, 1760. Tab. 2.
(4) De lahyrinild auris contentis. Ârgent. yjfj'
Valsalva croyoit que la sérosité filtrée par les glandes lym-
* Traité des membranes. Paris , an VIII , in-8%
DUCERVEAU. 11
aquciïx de roreil.le qu'ils ont dit communiquer avec des raieseaux lymphatiques de la dure-mère : ces découvertes pourront sans doute conduire à d'autres dans la suite.
Sinus. Les sinus de la dure-mère sont des canaux de fi^^ure à peu près triangulaire, principalement formes par l'écartement des deux lames de la dlureïuère ; ils sont plus ou moins amples. On y voit divers, orifices des troncs des veines du cerveau lesquelles s'y ouvrent obliquement et pour la plupart de derrière en devant.
Il y a dans les sinus, d'espace en espace , des bandes ligamenteuses un peu saillantes, qui paroissent destinées à les fortifier et à prévenir leur trop grande dilatation et leur rupture , qui a cependant eu lieu à la suite de quelques chutes violentes ou de quelques coups et même par des causes internes (i).
Quelques corps ronds de la grosseur d'une tête d*é])iiigle adhèrent aux parois des sinus ; on a cru qu'ils éloient formés par des vaisseaux lymphatiques, sans le prouver.
Les sinus reçoivent le sang des veines du cerveau , lesquelles y parviennent après avoir serpenté obliquement entre la pie-mère et l'arachnoïde (2) 5 ils se vident dans les veines jugulaires internes par divers endroits, dont il a été fait mention dans la description que nous avons déjà donnée de ces veines (3).
pliatiques de la dure - mère passoit du crâne dans le tambour de l'oreille.
(1) Voyez les Kemarques pathologiques à la suite de cet article.
(2) Hower^ et Duverney après lui , ont dit que la direction des Teines du cerveau , relativement aux sinus, n'étoit pas la même dans l'homme que dans les quadrupèdes par rapporté. la situation différente de la tète. OEuvr. posth. de Duverney ^ t. I, p. 28.
(3) Ainsi , à mesure que ces veines se vident dans les sinu» ,
il A N A T O M I E MÉDICALE,
^ lo. Le sinus longitudinal supérieur Q^\.^\diQ.é immédiatement sous la calotte du crâne, dans son milieu et entre les deux lames de la dure-mère; il est trèsgrêle et comme pointu à son extrémité antérieure au trou, mal- à- propos nommé borgne. C'est dans cette extrémité du sinus longitudinal que s'ouvrent, au rapport de quelcpies anatomistes , des veines qui viennent du nez api ès s'être répandues dans la membrane pituitaire et d'autres qui viennent de la peau extérieure du nez (i) , passant par des trous creusés dans les os carrés, entrant dans le sinus longitudinal par le trou borgne.
Ce sinus longitudinal supérieur est de figure triangulaire, ayant trois faces, une supérieure , formée par la lame externe de la dure-mère, et deux latérales, réunies en forme de prisme, lesquelles sont formées par l'écartement du fouillet de la lame interne j il s'élargit à proportion qu'il s'éloigne d© l'apophyse crista-^alli de l'ootmoide, jusqu'au tubercule de l'os occipital où il est très-ample j ses parois deviennent aussi à proportion plus épaisses.
Le sinus longitudinal supérieur reçoit le sang de
et ceux-ci dans les veines jugulaires, le cerveau se dégorge; mais la moindre compression de ces veines donne lieu à leur ' engorgement, et elles ne peuvent plus recevoir le sang que les artères y apportent, d'où résultent bientôt la compression du cerveau et les divers accidens qui en sont la suite.
Ceux qui ont l'habitude de se coucher la tête fort basse se plaignent souvent le matin d'avoir la tète pesante, douloureuse ; ils ont une propension à l'assoupissement, ou ils tombent dans des affections comateuses graves ; d'autres ont des vertiges, de l'enflure au visage 5 il y en a qui saignent du nez : il est donc eescntiel , dans les dispositions du cerveau à l'engorgement, de conseiller aux malades de s'habituer à dormir ayant la tête trèsélevée.
(t) Elles sont quelquefois très-gonflées dans certains maux de tête, et ce gonflement a été l'avant-coureur d'une hémorragie du nez,
DtrCEIlYEAU". l3
quelques troncs veineus par les trous du pariétal situés à son angle postérieur et sujDerieur ou le long de la suture 'sagittale. Il le reçoit aussi de la partie superlicielle du cerveau.
Sous le bord grêle et comme tranchant de la faulx, est un autre petit sinus, ou plutôt une veine grêle si petite qu'on a quclqiielois de la peine à Tapercevoir. C'est le sinus longitiidinal inférieur qui s'ouvre dans le sinus droit ou dans le pressoir d'HéropIiile, pour y porter le sang qu'il a reçu des parties profondes du cerveau.
3^. Le sinus droit ou pressoir d'Hérophile est immédiatement situé sous l'extrémité large et postérieure de la faulx : placé dans v\n écartement qu'elle laisse en cet endroit, il communique antérieurement avec le sinus longitudinal inférieur et les veines du plexus choroïde, et par son extrémité postérieure il communique avec un des sinus latéraux, ou àléur embouchure dans le sinus longitudinal supérieur et rarement à la fm de ce sinus.
4^. Le sinus longitudinal supérieur, parvenu vers le tubercule interne de l'os occipital', se divise en deux autres qu'on nomme sinus latéraux mais cette division ne se fait pas toujours au même endroit, et la grosseur des deux sinus latéraux varie aussi considérablement (i).
La direction de ces sinus latéraux est d'abord trans-
(i) LoviCT croyolt que le droit étoit ordinairement plus aniplo (|iie le gauche ; et Hunauld a soutenu que cela venoit ordinairement de ce qu'on couchoit plus souvent les enfans du côté droit que du côté gaiiclie *. Cette opinion n'est pas toujours justifiée par l'observation, puisqu'on a observé quelquefois le contraire. Licutaud dit avoir vu entièrement manquer îe sinus latéral gauche **.
» Voyez ce qui a été dit, à cet égard, à l'article de VOccipital. Anat. hist. t. I , p. 565.
versale et ensuite légèrement contournée, comme on. peut le voir en examinant l'intérieur du crâne où ces canaux sont empreints sur la face interne de l'os occipital et sur la face interne de l'angle larabcloïdien du temporal. .
Parvenus à. la base du crâne aux fosses jugulaires, ces deux sinus latéraux s'abouchent avec les. veines jugulaires internes , ils conununiquent aussi avec des veines extérieures de la tête par les trous lambdoïdiens postérieurs , mastoïdiens et coudyloïdiens postérieurs.
5". Les sinus pierreux. 11 y a ordinairement de chaque côté du crâne deux sinus pratiqués sur la portion pierreuse de l'os temporal* ce qui les a fait nommer sinus pierreux : l'un, est supérieur ; l'autre est inférieur.
Le sinus pierreux supérieur est situé dans le bord antérieur de la tente du cervelet qui s'attache au bord supérieur du rocher j il est plus large à son extrémité externe (jui s'ouvre dans le sinus latéral qu'à son extrémité interne qui s'ouvre dans le sinus caverneux. Ce sinus pierreux supérieur reçoit le sang qui vient d'une portion du sinus caverneux , de la partie moyenne et inférieure du cerveau, de la partie antérieure du cervelet, de la moelle allongée , et de la portion voisine de la. duremère.
Le sinus pierreux inférieur est pratiqué dans l'endroit où le bord inférieur de l'os occipital est réuni au bord postérieur du rocher j il s'ouvre par son extrémité antérieure dans le sinus caverneux , et par son extrémité postérieure dans le golfe de la veine jugulaire j il reçoit le sinus transverse , quelquelbis les sinus occipitaux, quelques veines de la moelle allongée , de la moelle épinière , et quelquefois de la dure-mère.
Quelques anatomistes ont voulu faire un sinus
DUCERVEAU. l5
particulier, qu'ils ont appelé sinus pierreux antérieur externe y lequel, ont - ils dit, est très-petit : placé vers l'extrémité antérieure du rocher, il communique avec le sinus caverneux.
6". Les sinus caverneux sont situés à côté du corps du sphénoïde, ce qui les a aussi lait nommer spliénoïdaux y ils reçoivent un tronc veineux assea considérable , nommé veine , et par quelques-uns , sinus ophtkalrnique , auquel aboutissent diverses veines de l'oeil. Ils reçoivent aussi plusieurs veines des lobes antérieurs du cerveau , et communiquent avec les sinus supérieur et inférieur du rocher et encore avec les sinus qui entourent la tige pituitaire.
Dans ces sinus passent les carotides internes , la branche ophthaimique des trijumeaux et le tronc du nerf moteur externe de l'œil j et c'est dans ce sinus qu'on trouve le filet de l'intercostal qui communique avec le moteur externe : ces sinus s'ouvrent dans les * . sinus pierreux supérieur et inférieur j une partie du sang qui y est contenue va aussi dans les rameaux de la veine jugulaire interne par le trou ovale et y)ar les trous ronds du sphénoïde.
7". Deux sinus ■à'^^elés coronaires o\x circulaires Gntourent, conjointement avec le sinus caverneux, la tige pituitaire du cerveau j ils sont placés sur la selle turcique : l'un est antérieur et l'autre posté-» rieur. Le sinus postérieur n'est souvent qu'une veinule qu'on ne voit pas même, quelquefois 5 ce qui a fait que Lieutauii it'a parlé que d'un seul sinus » l'antérieur: Duvernej , qui les a décrits tous les deux, les a appelés les, sinus pituitaires. Ils communiquent avec le sinus caverneux.
b", lies sinus occipitaux ^ décrits par Duverney y sont pratiqués sur le bord postérieur de la petite faux du cervelet, de chaque côté de la crôte occipitale interne, lorsqu'il y en a deuxj et le plus souvent du côté droit , lorsqu'il ii'y en a qu'un. Us •
l6 ANATOMIE MÉDICALE,
reçoivent les veines de la portion de la dure-mère qui tapisse la face postérieure du crâne et de celle de l'extrémité supérieure du canal vertébral. Ces sinus communiquent supérieurement avec les sinus latéraux; inférieurement , ils sont placés.surle côté postérieur du trou occipital, et vont se rendre dans, le golfe des veines jugulaires, près des sinus pierreux inférieurs, s'ils ne s'ouvrent aussi en eux. Lorsqu'il n'y a qu'un sinus, il se biffurque vers le troui occipital, pour se rendre aussi de chaque côté dans le^ golfe des veines jugulaires.
lo*^. Le sinus transverse ou V occipital antérieur est placé sur l'apopKyse basilaire de l'os occipital à; sa réunion avec l'os sphénoïde; il est double quelquefois , communiquant par ses extrémités avec les sinus pierreux inférieurs. Il communique aussi avec les veines qui passent par les trous condyloïdiens antérieurs de l'os occipital.
De ces sinus le longitudinal supérieur , le longitudinal inférieur, le droit , les occipitaux , less sinus pierreux supérieur et inférieur s'ouvrentt dans les sinus latéraux , qui s'ouvrent eux - mêmes> dans le golfe de la veine jugulaire interne ou de Lo'wer : les sinus transverses, les sinus caverneux,, les sinus circulaires , s'ouvrent dans les rameauxc de la veine jugulaire interne par divers trous du' crâne, dont Santorini a connu quelques-uns souss le nom à! émissaires (i).
(i) Le sang de ces sinus trouve dans l'état naturel, par cess communications , une libre issue du crâne , mais qui peut êtreeênée par beaucoup de maladies. La moindre compression dess Teinfs jugulaires dans le cou peut empêcher le sang des sinusde s'écouler assez abondamment; ce qui le fait séjourner dans lesveines , dans les sinus et même dans les artères du cerveau :: d'où résulte une pléthore qui a tant de fois produit des convul- »ions et uu assoupissement mortel.
DU CERVEAU
De la membrane arachnoïde (1).
Nom. Cette membrane a si peu d'épaisseur, qu'elle a été comparée à une toile d'araignée , dont elle a reçu le nom sous lequel on la désigne ordinairement (Zy.
Situado-n. Elle est placée entre la dure et la piemère , et recouvre cette dernière sur le cerveau , le cervelet, la moelle allongée et la moelle épinière. Par sa face externe , elle est contiguë à la dure-mère ; mais elle y adhère assez intimement dans les endroits oià les veines du cerveau vont s'ouvrir dans les sinus : elle est légèrement collée par sa face interne à la surface extérieure de la pie- mère, sur les parties éminentes des circonvolutions du cerveau et du cervelet, et sur les autres parties saillantes de la moelle allongée et épinière ; mais on l'en détache facilement en introduisant du souffle entre ces deux: membranes (3).
Prolongeniens L'enveloppe qu'elle forme à la
(1) Membrane muqueuse de Soemmering.
(2) Elle a été ainsi appelée en i665, par la société des savans hollandais, comme nous f avons dit précédemment.
(3) Ce qui prouve combien est peu fondée Topinion de Lieu" taud ^ de Caldanî, etc. qui ont regardé l'arachnoïde comme la. lame externe de la pie-mère.
(4) Bicîiat croyoit que la membrane des ventricules, analogue par son apparence et sa nature à l'arachnoïde, en est un prolongement , et que la voie de communication entre elles est un canal dont l'ouverture ovalaire se trouve située entre le cer- Telet et le corps calleux, et qui conduit au troisième ventricule dans lequel elle se déploie, d'où elle descend en arrière par le calamus ^criptorius dans le quatrième qu'elle revêt, et où elle bouche les ouvertures par lesquelles pénètre la pie-mère pour apporter les vaisseaux, Il croyoit qu'ensuite le prolongement
l8 ANATOMIE MÉDICALE,
moelle allongée et à la moelle éplnière est beaucoup | moins unie avec la pie-mère que sur le cerveau et le cervelet; c'est elle qui concourt à former par un repli le ligament appelé dentelé (i), qu'on trouve placé de chaque côté de la moelle épinière entre les deux faisceaux; antérieurs et postérieurs des nerfs vertébraux.
Cette membrane, quoique détachée delà" dure-mère dans la majeure partie de son étendue, accompagne les nerfs qui sortent du cerveau et de la moelle épinière jus(ju'à ce qu'ils parviennent dans des gaines de la dure-mère, lesquelles, comme on l'a dit, finissent par se perdre dans le périoste des os du crâne ou des vertèbres.
Structure, Cette membrane, qui est aussi mince qu'une toile d'araignée, est molle; elle paroît composée de feuillets cellulaires, minces, larges, rapprochés, et unis par un suc glutineux.
Y a-t-ii en elle des vaisseaux, des nerfs et des glandes f quel([ues anatomistes ont assuré y avoir vu,, ! d'après d'heureuses injections, des vaisseaux san- i
de l'araclinoMe se porte en devant à travers les deux trous de; coiurnunicali'>n des ventricules latéraux , où il se réfléchit surles p exus choroïdes, bouche, tout le Tong do la concavité des; | liy pocampes , Il commuuication qu'il y a entre ces cavités et ( l'extérieur; communication par laquelle s'introduit la pie-mère i pour se continuer avec le plexus choroïde.
Bichat dit aussi n qu'il est évident que la membrane séreuse,, »> tapissant les ventricules., est à l'arachnoïde ce qu'est au pé- ' « ritoine celle de la cavité des épiploons, et que la plus par- f »5 faite analogie existe entre l'ouverture qui conduit au troisième [ w ventricule, et l'ouverture située sous la vésicule du fiel, et » <jui mène à la cavitç épiploïque. «
Cps remarques de Bichat^ qui paroissent aussi curieuses qu'in-téressantes, n'ont point été assez soumises à notr^ examen pour ^ pouvoir les garantir. U
( 1 ) Ligamentiim denticulatum , bien décrit en 1739 par Hubert, , ^ De m du lia sf in a li. t
DUCERVEA.U.
Eiiliis; mais ces observations aiiatomiques ne sont rien moins que bien constatées. N'a-ton pas pris pour des vaisseaux propres à cette membrane des troncs veineux qui Ja traversent pour se rendre dans les divers sinus de la dure-mère ? C'est de cette même manière qu'on pourroit dire qu'elle reçoit des nerfs, parce qu'elle leur donne passage et leur Ibvirnit des gaines jusqu'à ce qu'ils parviennent à la duremère, qu'ils traversent, comme il a été dit, sans s'y répandre.
11 n'y a point de glandes dans l'arachnoïde j on a pris pour des glandes des concrétions qui s'y forment quelquefois par état de maladie (i). On n'y a pas non plus encore démontré de vaisseaux lymphatiques.
De la pie-mère.
Situation , étendue. Cette membrane recouvre non. seulement la face externe des circonvolutions du cerveau, du cervelet, et la face externe de la moelle allongée et de la moelle épinière, mais eneore, après s'être enfoncée dans leur substance corticale et médullaire en général, et même dans les parties les plus ténues de ces substances, elle accompagne encore les nerfs jusque dans leitrs terminaisons les plus éloignées.
La face externe de la pie-mère est polie^ à peine lice avec l'arachnoïde par quelques filets cellulaires et par quelques petits vaisseaux j quant à sa lace interne , elle est très-intimement unie avec la subs-
(i) On souvent trouvé clans cette membrane des indurations blancliàtres , lympliati(|ues , graisseuses, et même de vraies hydatides. Ces concrétions contre nature ont été prises pour des glanJes, quoiqu'elles ne fussent que l'effet des maladies, prin-» cipalement du vice scropliuleux.
tance cendrée du cerveau par beaucoup d'autres lilamens qui s'y plongent.
Structure. La pie- m ère est très- mince, et formée de tissu cellulaire. On a remarqué que les veines de cette membrane n'avoient pas la même direction que les artères ; les veines suivent assez fréquemment la direction des sillons pour^ après avoir traversé la membrane arachnoïde , se rendre dans les sinus de la dure-mère ; mais les artères traversent les sillons plus particulièrement pour se porter d'une partie éminente' du cerveau à une autre partie après s'être plus ou moins enfoncées ou relevées, et enfin divisées en des ramifications les unes plus petites que les autres en s' enfonçant de plus en plus dans la masse cérébrale.
La pie-mère, quoique très-ténue, contient un si grand nombre de vaisseaux, qu'elle paroît presque toute vasculaire ; elle est beaucoup plus forte qu'on ne pourroit le croire, si on en jugeoit par sa seule ténuité.
Remarques physiologiques et pathologiques.
Les membranes que nous venons de décrire ont des usages communs et des usages particuliers. Elles revêtent l cerveau, le cervelet et la moelle allongée , ainsi que la moelle épiïiière-, mais l'une d'elles, la plus extérieure, la dure-rnère, est très -adhérente au crâne, et non au canal vertébral, comme il a été dit. Indépendamment qu'elle diminue les effets de la compression des surfaces osseuses sur la substance du cerveau , elle fait en quelque manière, à l'égard des liémisplières du cerveau, par le repli de la faulx , l'effet du médiastin à l'éi^ard du poumon } le plancher transversal ou la tente , qui en est aussi une production , est l'appui des deux lobes postérieurs du cerveau , et les empêche de comprimer le cervelet. D'autres plus petits replis de la dure-mère, co.ume celui qui sépare les deux petits lobes du cervelet, forment autant de cloisons qui étoient absolumnnt nécessaires pour conserver le cerveau dans son état d'intégrité. Formant une masse pesante et molle, sa substance n'auroit-elle pas été plus viveaient ébranlée
par les chocs les plus légers ou par les seuls mouvemeiis du corps et par son seul poids, si elle eût été renfermée dans une seule cavité? La nature industrieuse a placé, pour ainsi dire, chaque partie du cerveau dans des loges particulières pour les empêcher de se comprimer réciproquement.
La dure nière remplit encore d'autres usages essentiels. Elle concourt à la formation des divers sinus dans lesquels le sang que les veines y versent circule pour retourner dans de grosses veines : ces sinus sont comme des espèces de réservoirs, dans lesquels la circulation du sang souffre quelque modification qui ne nous est guère connue.
La dure-mère forme aussi d'autres prolongemens qui sortent hors du crâne , et qui ont des usages particuliers qui seront déterminés en lenr lieu.
Elle est formée de fibres qui ne sont ni irritables ni sensibles, et dont la surface interne laisse continuellement suinter de la sérosité limpide en plus ou moins grande quantité.
La membrane arachnoïde, qui recouvre la pie-mère sur le cerveau et ses appartenances , est d'une texture plus molle que la dure et la pie-mère , et sert à soutenir les vaisseaux sanguins et à donner passage aux nerfs : n'opère-t-elle pas aussi l'absorption des diverses sérosités qui découlent de la dure et de la pie -mère? ou ne réunit-elle pas elle-même les deux facultés d'excerner et d'absorber la lymphe, comme quelques physiologistes l'ont dit?
La pie-mère paroît destinée à réunir les diverses parties du cerveau comme une espèce de mésentère , et d'une manière bien plus réelle que la membrane arachnoïde, à laquelle on a attribué cet usage, quoiqu'elle ait incomparablement moins de ténacité qu'elle.
C'est par la pie-mère que les hémisphères , les lobes des diverses parties du cerveau , du cervelet , la moelle allongée et la moelle épinière , sont plus ou moins intimement liés ensemble. Cette membrane leur fournit d'abord des enveloppes générales , et ensuite de partielles jusque dans leurs parties les plus ténues } elle remplit à leur égard les fonctions de tissu cellulaire , dont elle a la structure, non seulement pour les unir, mais pour leur porter les vaisseaux dont elle est couverte.
Les trois membranes du cerveau n'étant pourvues ni de fibres musculaires ni de nerfs , ne sont ni irritables ni sensibles dans rétat naturel, comme l'ont bien prouvé les. expériences que les. physiologistes ont faites sur les animaux vivans j et que nous.
2,2 ANATOMIE MÉDICArE,
avons réitérées nous-mêmes dans nos cours publics (i), ainsi que le résultat des opérations chirurgicales.
Les douleurs que les malades ressentent à la tète ont donc leur siège dans la substance médullaire du cerveau, qui est trèssensible, et non dans ses membranes- Divers malades qui avoient éprouvé des douleurs de tête affreuses , ayant été ouverts , on leur a trouvé toujours le cerveau plus qu moins atteint d'inflammation ou d'autre altération, souvent avec celle des membranes , il est vrai, mais souvent aussi sans qu'on pût apercevoir en elles aucune affection morbiflque.
Résultat des ouve futures des corps.
1**, Les membranes du cerveau peuvent acquérir un surcroît d'épaisseur et de consistance.
2°. Il peut se former en elles des tumeurs de diverse nature ; 3°. Elle? sont sujettes à l'inflammation et à contracter des adliérences entre elles et avec le cerveau.
4''. Il peut se faire des ëpanchemens entre la dure-mère et le crâne , entre cette membrane et l'aracimoïde , entre celle-ci et la pie - mère , et entre cette membrane et la substance du cerveau.
5°. On trouve des ossifications dans la dure-mère.
6". Les sinus qu'elle renferme sont quelquefois oblitérés f d'autres fois engorgés de sang, dilatés outre mesure, ou rompus.
Nous dirons un mot sur chacune de ces altérations morbifiques , ne pouvant dans cet ouvrage entrer dans tous les détails dont un sujet aussi vaste qu'intéressant seroit susceptible.
1°. La dure ■< mère acquiert quelquefois un degré d'^épaisseuf et de consistance contre nature^ dans toute son étendue, ou dans quelques endroits seulement ; et celte altération est l'effet de diverses causes. D'autres fois l'humeur qui lubrifie le tissu cellulaire se ramasse fn trop grande quantité , et forme dans cette membrane des collections de sérosité ou des amas fChydatides ; car l'on on a trouvé, qui éloient très-nombreuses et fort grosses , non seulement contenues dans les parois de la dure-mère , mais même placées ou sur sa face externe ou sur sa face interne : çes hydatides ne tenant à elle que par quelques ftleis cellulîtires ,
(i) Voyez le Cours de physiolagie expérimentale de l'année j;^7i , et \^ Recueil de nies Mémoires.
DUCERVEAtT. ^3
et même en étant détachées q^iielquefois , et plusieurs d'elles, adliérHutes ou non à U diire-mère , ayant, parieur rupture , donné lieu à \u\ épaiicheinent d'eau entre cette membrane et l'arachnoïde.
2°. Tumeurs. Au lieu de l'eau épanchée dans le tissu cellulaire lie la dure - mère , on y trouve quelquefois une matière épaissie comme du suif, ou molle comme du miel : ce sont alors de vraies congestions stéatomateuses } mais ces engorgemens sont quelquefois formés de véritable graisse. On eiv a reconnu de scpirreux après des inflammations , et d'autres qui étoient vér'lablement cancéreux.
Des tumeurs d'une autre nature ont élé observées : elles étoient fongueuses , et tantôt elles étoient placées entre le crâne et la membrane dure-mère, et tantôt entre cette membrane et l'arachnoïde. On en a vu de polypeuses adhérer aux membranes du cerveau ou aux os du crâne par des prolongemens en forme de racines plus ou moins nombreuses , plus ou moins longues, d'une consistance plus ou moins grande, et souvent avec carie des os et comjiression du cerveau , dont la substance étoit plus ou moins altérée (i).
Le sang ramassé dans les vaisseaux de la dure-mère , artériels ou veineux , les a tellement dilatés dans quelques sujets , qu'il s'v est formé des anévrismes ou des uarices considérables qui ont été quelquefois suivis de rupture avec épanchement de sang plub ou moins abondant.
Ces tumeurs peuvent provenir de diverses causes externes ou internes, comme de contusions, de coups à la tête, de gales, de dartres rentrées , de gourmes supprimées , de vices scrophuleux , scorbutique, vénérien : or, de telles altérations dans la duremère ont été reconnues dans des personnes qui avoient éprouv» des céphalalgies opiniâtres , continues , ou avec des intervalles plus ou moins grands. Les céphalalgies ont été accompagnées de spasmes ou d'affections convulsives des divers muscles du corps, do l'épilepsie, des paralysies, ou même de l'apoplexie. Quel([uef(ns cependant les accidens se sont bornés à l'affection d'un seul organe, à la diminution ou à la perte de la vue, de l'oJorat , de l'ouie , à la foiblesse ou à la stupeur d'un membre , ou à des mouvempns spasmodiques de ces diverses parties , selon que les congestions sur les membranes du cerveau produisoient la compression plus ou moins grande de telle ou telle partie du cerveau dont tels ou tels nerfs affectés émanent.
fi) Voyez notre table nosolo^iquc : Jlist. anat. mcd. t. II, p. 571.
Les légères compressions de ce viscère produisent les douleurs et les spasmes , et les fortes occasionnent la paralysie ou l'apoplexie : de sorte que les altérations des membranes ne sont que la. cause médiate des accidens morbiiiques, dont le véritable siège réside dans le cerveau.
3°. On n'est pas surpris quand on considère le grand nombre de vaisseaux artériels et veineux des membranes du cerveau, et sur-tout de la dure-mère, qu'elles soient sujettes à Yinflam-' mation^ les ouvertures des corps le démontrent souvent: tantôt elle est très-étendue, tantôt elle est bornée dans quelqu'une des trois membranes •'OU dans les trois. Or leur inflammation peut se terminer par l'induration, parla suppuration, par l'ulcération , par la gangrène, par le sphacèle : les ouvertures des corps ont mis sous les- yeux des exemples de toutes ces diverses altérations (i).
Naturellement la membrane de la dure - mère est d'un gris blanchâtre ; l'inflammation la rougit , la noircit même ; sa texture, qui est si forte, se ramollit, se putréfie 5 elle devient inégale , granuleuse 5 on la trouve détachée quelquefois de la surface osseuse, à laquelle elle adhère naturellement ; ses vaisseaux sanguins sont aussi remplis de sang que s'ils étoient injectés.
ôn a même trouvé dans la dure-mère de vrais anévrismes et des varices. Le célèbre S tore k en a rapporté une observation trèsremarquable. La femme qui en fait le sujet avoit éprouvé des batteniens affreux dans la partie droite de la tête ; il s'y forma une tumeur avec pulsation, qui devint aussi grosse qu'un œuf de poule; la pulsation diminua par degrés, et la malade mourut dans le marasme. On trouva un sac anévrismatique adhérent à la dureinère , avec carie des os du crâne (2).
Souvent encore , par l'effet de l'inflammation , la dure-mère s'épaissit, ou parce que l'humeur lymphatique se coagule, se fige dans le tissu cellulaire dont elle est composée , ou parce qu'il se forme sous sa face interne , entre elle et la membrane arachnoïde , une fausse membrane qui en augmente extraordinaireynent l'épaisseur, qui colle même ces deux membranes ensemble dans quelques points seulement ou dans une grande étendue , quelquefois dans tout le côté droit, d'auires fois dans le côté gauche; au sommet , ou à la base du crâne, ou le long de la faulx du cerveau , ou sur la tente du cervelet. Rien n'est plus commun que
(1) Voyez Morgagni, De sed. et caus, morb. L'historia anatomico-medica de Lieutaiid , t. II.
(a) Lieutaud, Ilist. anat. med. t. II, lib. III i obs. 54, p. iSj.
DU CEKVEAU.
'de trouver do pareilles adhérences de la dure-mère arec l'arachnoïde , et de celle-ci avec la pie-mère. On a recueilli des exemples de toutes ces espèces d'adliérences (i).
Mais la matière qui épaissit ou qui unit les membranes entre elles peut varier par sa quantité , par sa consistance et par sa qualité ; elle forme quelquefois des congestions assez volumineuses ) arrondies comme de petits pois , quelquefois axissi dui's que de petites pétrifications , d'autres fois ayant moins de consistance ; souvent ces concrétions sont ailongées comme des vers. Cette matière épanchée ressemble à du miel, et souvent j par sa couleur grise et joar son peu de consistance , à du pus ^ ou bien étant mêlée avec de la sérosité rougeâtre , elle paroît fi an i et'. 5 1.'.
L'inflammation peut donc occasionner des altérations nombreuses de l'humeur lymphatique et de la sérosité dans la propre texture des membranes, ou entre la dure-mère et le crâne, entre cette membrane et l'arachnoïde, entre celle-ci et la pie-mère, et encore entre la pie-mère et le cerveau.
Les ouvertures des corps ont fait connoître toutes ces diverses altérations , qui ont été souvent annoncées par des douleurs de tête plus ou moins vives , avec une fièvre aiguë , de la rougeur dans le globe des yeux , des nausées ou des vomissemens même, dei> rétractions dans les membres , des insomnies , des rêves affreux , des convulsions , et quelquefois tous ces accidens ont fini par un assoupissement comateux.
Les endurcissemens squirreux , les suppurations , les ulcérations des membranes du cerveau, ont été précédés des mêmes accidens , sans doute parce que la substance cérébrale a été aussi affectée , et que sa compression avoit donné lieu à l'assoupissement le plus profmd ; car je ne doute pas qu'on n'ait souvent fixé le siège de ces divers symptômes dans la dure-mère et dans les autres membranes du cerveau quoiqu'ils fussent dans ce viscère lui-même. On le doit regarder comme démontré , quand on sait que très-souv«nt ces altérations ont été trouvées dans la dure-mère des sujets qui n'avoient éprouvé ni délire , ni con-» vulsion, ni assoupissement; et. quand on sait que, dans ceux qui ont éprouvé ces affections morbifiques , on a toujours trouvé la substance cérébrale plus ou moins enflammée.
4». Les collections ou cpanchemens qui se font entre la duremère et l'arachnoïde, entre celle-ci et la pie -mère, ou entre
cette membrane et le cerveau, sont, i". de l'air; 2°. de Teaui plus ou moins claire, sanguinolente; 3°. du sang liquide oui concret; 4". du jius ou des matières puriformes ; 5°. des matières gélatineuses , lymphatiques , muqueuses.
Ces épanchemens ont lieu dans des fièvres malignes et pU' trides ; ils sont aussi souvent l'effet d'une maladie chronique qui produit des endurclssemens de la dure ou de la pie-mère, ou encore plus des congestions dans le cerveau qui troubk-nt la circulation du sang, comme cela a lieu dans les scrophuleux et dans les rachitiques.
Les maladies inflammatoires ont aussi produit de pareils épancliemens, même les aqueux. J'en ai vu de bien considérables dans des sujets qui avoient péri promptenient par des convulsions auxquelles l'assoupissement apoplectique avoit succédé. Certaines portions du cerveau étoient endurcies , quoiqu'il y eût beaucoup d'eau épanchée entre les membranes du cerveau et dans les ventricules.
Mais ce qu'il y a de plus fréquent , c'est do trouver des matières vraiment purulentes épanchées entre les membranes du cerveau apiès des fièvres putrides ou malignes. Haller en rapporte des exemples (1), et il y a peu de médecins qui, ayant fait ouvrir des corps morts de pareilles maladies , n'aient alors trouvé des epanchemens de semblable matière d;ins le cerveau ou entre ses membranes. J'en ai vu des exemples dans des sujets qui avoient éprouvé tous les accidens de l'inflammation du cerveau; mais dans deux autres qui étoient morts d'une affection comateuse , j'ai trouvé des épancliemens de pus ou d'une maiière qui lui ressembloit beaucoup , sans apercevoir d'érosion ni même d'inflammation dans les membranes : ce qui m'a fait augurer que celte matière y avoit été transportée par l'effet d une métastase.
Des chutes, des coups sur la tête, ont produit l'inflammation des membranes du cerveau, et la formation d'un pus qui s'est épanché entre elles. Ces malades ont éprouvé des mouvemens convulsifs avant la mort, et d'autres fois ils sont morts d'un» affection comateuse ; d'autres fois cette suppuration a été occasionnée par des humeurs acrimonieuses qui ont été répercutées, comme des dartres , la gale et autres , dans des personnes qui ont ensuite éprouvé de véritables accès d'épilepsie ou qui sont devenus maniaques ; mais alors aussi cette matière morbifique a-t-elle affecté le cerveau.
(i) Ils sont consignés dans VHht. anat. deLieutaud^ t. II, obs. 21 , 2a.
DUCERVEAir. 2.7
On trouveroit dans les auteurs divers exemples d'ulcération des méninges dans des personnes qui avoient été affectées de la vérole. J'en ai rapporté un exemple remarquable (1) , et l'on en a observé d'autres dont la cause de la maladie étoit inconnue , et qui avoient éprouvé des céphalalgies affreuses, qui avoient terminé par des épilepsies , des phrénésies , des manies , et enfin par une apoplexie mortelle.
Les épanchemens d'eau, de sang, de pus, entre la dure-mère et le crâne, sont rares ; niais ils ont été observés et confirmés par les observations de Lieutaud (o.).
5°. Les ossifications de la dure-mère sont fréquentes sur-tout dans les vieillards , et aussi quelquefois dans un âge moins avancé ; celles de la membrane arachnoïde et delà pie-mère ont élé observées , mais beaucoup plus rarement.
La dure-mère sert, pour ainsi dire, de périoste au crâne ; c'est par la partie qui y adhère qu'elle s'ossifie principalement dans divers sujets. Je l'ai cependant trouvée ossifiée du côté du cerveau dans sa lame interne , quoique l'externe ne le fût pas.
Ces ossifications varient non seulement par leur étendue , mais encore par leur forme et par leur consistance (3). Toute la membrane de la dure-mère a été trouvée ossifiée , même le repli falciforme qui sépare les deux hémisphères du cerveau y ainsi que la tente qui sépare le cerveau du cervelet; mais trèsfréquemment les ossifications sont bornées ou à la portion de la dure-mère contiguë au crâne, ou à ses replis^ ou à quelqu'un d'eux seulement.
Ces ossifications paroissent formées de filets qui se répandent du centre à la circonférence , en laissant des interstices plus ou moins grands comme des espèces de coupures ; souvent une ossification est composée de plusieurs noyaux réunis.
Ordinairement ces ossifications sont unies, polies du côté du cerveau ; cependant quelquefois elles sont inégales et très-sail-
0) Voyez VHist. atiat. de Lieutaud, t. II , cbs. 26; et le ti-aité Z>e sed. caiis. et morb. de Morsasni.
(2) Ceux d'eau, lib. I, Obs. 346, d'après Manget ; ceux de sang, ibid , Obs. ?)5o, d'après Deidier; et enfin ceux de pus, Obs. 5i3 , d'après Bonnet.
'V) 3Ioigagni a remarc\né que la «iurc-mère conrenoit, tantôt des concrétions durc-s, {granuleuses , £pist. I et II , et que d'autrel'ois , sans avoir \our dureté, elles étoient de diverses couleurs , cendrées , jaunâtres , !ivi<'es,^ poires. Consultez les nombreuses recherches de cet illusue auaioiuisie»
28 ANATOMIE MÉniCALE^
lantes, pointues (i). J'ai trouvé des ossifications nombreuses du premier genre dans des sujets dont je ne connoissois pas la cause de la mort 5 mais dans deux que j'ai ouverts, et qui ne s etoient plaints d'aucune espèce de mal de tête , j'ai aussi trouvé des ossifications très - inégales et enfoncées dans le cerveau. On a trouvé , au rapport de Licutaud , une ossification dans la faulx , de l'étendue d'un pouce , et qui étoit pourvue de diverses inégalités, dans un homme qui devint maniaque à l'âge de quarante ans. Il avoit éprouvé de violentes douleurs de tête depuis sa jeunesse, et il périt de syncope; mais on trouva aussi dans le même sujet une ulcération dans le cerveau, autour de l'ossification; on trouva aussi de l'eau dans les ventricules , et des hydatides dans les plexus choroïdes : or, ces altérations
■n'n in»^\i »- J 'I* . ' . . . • ,
capables de produire la maladie et la mort ?
La dure-mère est insensible : aussi on ne peut pas y démontrer des nerfs; on la pique, on la cautérise dans les animaux, sans qu'ils donnent la moindre marque de douleur. Les chirurgiens l'ouvrent tous les jours pour donner issue aux épancheluens qui se sont faits sous elle , et ils se sont souvent plaints fie ne l'avoir pas incisée dans une étendue convenable (3) ; ec sans doute que les expériences sur l'ara cl; noïde et sur la piemère offrircient les mêmes résultats , si on pouA'oit les faire sans affecter le cerveau.
Pourquoi donc regarder les membranes du cerveau comme 1» siège principal des douleurs de tête et des autres accidens qui ont précédé la mort ? n'cst-il pas naturel d'en fixer le siège ou dans le cerveau , ou plus particulièrement dans la substance médullaire, qui est la partie du cerveau la plus sensible, ou dans les nerfs même qui en émanent; puisque, dans ceux qui ^ont éprouvé des douleurs de tête et les autres symptômes dont nous avons parlé , il y avoit des altérations morbifiques dans le cerveau capables de produire ces symptômes.
On peut donc regarder tout ce qu'on a dit sur le siège de
(1) Morgagni, epist. XXV, 16.
(2) Voyez les Mém. de l'^cad. ; le Sepulchreturn artàt, de Bonnet; les ouvrages de Haller, Morgagni, de JVepj'er, Ae Boideu , etc.
(3) Voyez le Précis de mon cours de physiologie expérimentale , mémoire 6° , vol. II.
DU CERYEAU.
la phrénêsis dans le cerveau et de la paraphrénésie dans la duremère et les autres membranes du cerveau , comme entièrement dépourvu de preuves.
Dans divers sujets qu'on a ouverts et qui aVoient éprouvé la phrénésie la plus complète , on n'a point trouvé d'inflammation dans les membranes du cerveau 5 et si l'on y a quelquefois reconnu de l'inflammation dans de pareils sujets , il y avoit aussi de l'inflammation ou des engorgemens dans le cerveau , ou dans le cervelet , ou dans la moelle épinière y seule cause des symptômes qui s'étoient manifestés.
6°. Les du cerveau sont sujets à diverses altérations que
les ouvertures des corps ont fait reconnoîtrej au rétrécissement , à l'oblitération, à la dilatation, à la rupture.
On a trouvé la cavité du sinus longitudinal entièrement effacée , soit parce que ses parois s'étoient ossifiées , soit parce qu'elles s'étoient gonflées et endurcies , ayant la consistance d'un cartilage. On a aussi trouvé des sinus pleins de concrétions très -dures» même pierreuses , dont quelques-unes adhéroient à leurs parois Comme par des racines polypeuses. La reine , épouse de Louis -X^F", s'étoit plainte pendant long-temps de très-grands maux de tête; elle mourut d'une espèce d'hydropisie générale. A l'ouverture de son corps, qui fut faite en présence des médecins de la cour, Senac , Lassone ^ Lieutaud , et des médecins de Paris, Vernage ^ An~ toine Petit ^ au nombre desquels je fus aussi admis, on trouva le sinus longitudinal supérieur entièrement oblitéré et ossifié dans toute son étendue, ainsi qu'une portion du repli faloiforme de la duremère. Le sinus longitudinal inférieur étoit beaucoup plus ample qu'il n'a coutume de l'être. J'ai vu dans d'autres cadavres le sinus longitudinal obstrué, effacé même : or alors les autres sinus ou quelques-uns d'eux paroissoient plus amples 5 cependant , une femme dans laquelle on ne put découvrir de trace du sinus longitudinal supérieur , n'avoit éprouvé aucune espèce de douleur à la tête , quoiqu'elle ne parût pas avoir les autres sinus plus amples.
On n'a point trouvé le sinus longitudinal supérieur dans un sujet ouvert par Veyret , chirurgien de Paris , et qui avoit cependant toujours joui de la meilleure santé.
On a remarqué plusieurs fois que tous les sinus , ou quelquesuns d'eux seulement, étoient plus dilatés d'un côté que de l'autre
(i) Morgagni, De scd. et caus. morb. Eplst. lib. Il, art. 33.
ÔO A N A T O M I E MÉDICALE,
Ces sinus sont quelquefois très - dilatés par la stagnation Ôtî sang qui s'est faite en eux, comme dans quelques apoplectiques} quelquefois même se sont-ils rompus (i) sans aucune contusion m chute , et alors on juge bien qu'il s'eçt fait un épanchement de sang qui a été bientôt mortel (2).
cerveau.
Volume. Le cerveau remplit la cavité du crâne si exactement, qu'on a de la difficulté à le recouvrir avec sa calotte quand on l'a une fois séparée de sa base. Il paroît cependant que le cerveau des vieillards remplit moins exactement cette cavité , que celui des adultes, et sur-tout que celui des enfans chez lesquels ce' viscère est très-volumineux relativement au reste du corps.
Figure. Le cerveau à la forme d'un sphéroïde allongé de devant en arrière, ou d'un ovale dont la petite extrémité est en avant et la grosse en arrière.
Densité. — Voids. L'homme a un cerveau plus gros et plus pesant que celui des animaux (3). Le cerveau , le cervelet et la moelle allongée bien lavés et leurs vaisseaux vides de sang , pèsent dans l'adulte environ trois livres; le cerveau seul pèse plus de la moitié. Chez les vieillards, le cerveau est proportionnellement beaucoup plus dense et plus pesant que chez les enfans (4), chez lesquels ce viscère a si peu de densité, qu'il ressemble, dans les premiers
(1) Morgagni , ibid. Epist. lib. II, art. a5.
(2} On trouvera, tians le Recueil des obserrations relatives aux ouvertures des corps, plusieurs exemples île ces malaiiies du sinus, et particulièrement dans le traité JJe sea, et caus. morbor. de JUorgngrii , et dans Vkist. anat. med. île Lieutaiid.
(3) Cette observation a été faite pa<- Aristote, Ruffus d'Ephèse^ Pline ^ et par les naturalistes modernes. Voyez la Physiol. de Haller-, t. IV, p. 11.
(4) Voyez les Ohs. de Meckel dans les Mémoires de Berlin ; celles d'^r/e/;, dans les Mémoires de la société royale de Montpellier.
DUCERVEAU. Ol
temps de la vie, à de la graisse, ou à de l'huile figée
par le froid. , r • ^
Division. Le cerveau est supérieurement divise en deux hémisphères (i), l'un droit et l'autre gauche, lesquels sont séparés par le repli falcilorme^ de la dure-mère ; ils sont plus distans en arrière l'un de l'autre qu'en avant. L'on peut considérer trois faces^ dans chacun d'eux 5 l'une interne , l'autre externe et supérieure , et la troisième inférieure. On çeut aussi y considérer deux extrémités, l'une antérieure et l'autre postérieure. Les anatomistes divisent encore chaque hémisphère en trois lobes , un antérieur , l'autre moyen , et le troisième postérieur.
La face interne de chaque hémisphère est perpendiculaire ; l'externe et .supérieure est assez régulièrement convexe , l'iniérieure est bosselée et inégale.
La face interne correspond au repli falciforme de la dure -mère.
La face externe et supérieure de chaque hémisphère est recouverte par les membranes, et répond antérieurement aux bosses frontales j supérieurement et à la partie moyenne , à une portion du coron a!l et aux os pariétaux ; postérieurement^ aux deux fosses supérieures de l'occipital; latéralenicnt , aux pariétaux et à une partie des porllons écailleuses des temporaux.
La face inférieure des hémisphères porte sur les
Î)ortioiis du coronal, qui forment les voûtes des orbites , sur les petites ailes et sur les grandes ailes du sphénoïde , sur la portion écailleuse du temporal, sur la face antérieure du rocher, et sar la tente du cervelet.
Cette lace inférieure des hémisphères est divisée en trois portions, qu'on nomme lobes {2.) ; l'antérieur.
(1) C/iauxsisr les a appelés lobes,
(2) Lybules* Chaussicr.
Sa ANATOMIE MÉDICALE,
le moyen et le postérieur. Le lobe antérieur est séparé du moyen par un siJlon profond , le moyen n'est presque pas séparé du troisième ; de-là vient sans doute que plusieurs anatomLstes modernes n'ont voulu admettre que deux lobes dans chaque hémisphère du cerveau de l'homme , un antérieur et l'autre postérieur.
' Le lobe antérieur est un peu concave et d'une manière assez irrégulière , pour s'accommoder aux inégalités de la voûte des orbites ; le sillom qui le sépare du moyen , reçoit le bord postérieur et saillant de la petite aile du sphénoïde, et donne passage à une grosse branche de la carotide: interne (i). ,
Le lobe postérieur peut être divisé en deux por-tions , l'une irrégulièrement convexe qui est logée dans la fosse temporale interne du crâne, l'autre qui est plus unie et placée sur la tente du cervelet..
L'extrémité antérieure de chaque hémisphère est; plus rétrécie et plus mince que l'extrémité posté-rieure qui est arrondie et a plus de volume.
Les deux hémisphèies du cerveau communiquent: assez souvent ensemble par des productions qui passent à travers des trous de la faulx. C'est ce que^ Haller a observé plusieurs fois, et ce que j'ai vu dans sujet. Ve^ret les a trouvés réunis dans toute leur étendue (2).
On voit dans les trois faces des hémisphères, des circonvolutions plus ou moins grosses et plus ou moins saillantes, à la manière des intestins grêles; elles sont séparées par des sillons tortueux plus ou moins larges et plus ou moins profonds, appelés
(1) Artère qu'on a souvent trouvée ouverte dans les sujets qui étoient morts après d<s chutes ou des coups à la tête, dans des apoplexies par cause externe ou même interne.
(2) Voyez ce qui a été dit ci-dessus à l'article de la dure» mère. \
PUCERVEAir. 33
anfracluosltés clans lesquelles la pie-mère s'enfonce, tail lis ([ue la membrane araclinoÏLle passe sur les circonv'olutlons et ne s'enfonce pas clans leurs interstices. C'est dans ces sillons ipie sont logées les veines superficielles dn cerveau.
Ces sillons sont plus profonds à la partie moyenne et postérieure de la face ext.nne des hémisphères, que dans ses deux autres faces , et les circonvolutions sont aussi moins grosses dans le lobe antérieur c[ue dans le lobe postérieur (i).
La plupart des o-ganes du cerveau sont doubles s'ils ne le sont tous ; car le corps pinéal et la tige pituitaire , qu'on pLice ordinairement parmi les parties du cerveau tpii sont non paires , sont cependant sensiblement divisées en d:'ux portions par une espèce de rallié. Le cerveau pourroit donc être considéré comme formé de d^ux moitiés cjui se ressemblent mieux c|ue les deux poumons , et mieux f|ue les deux reins ne se res euiblent entre eux : il suit de là (pie le dedans de la tête est aussi symétricjue que le dehors.
Substances. Le cerveau est composé de deux substances bien distinctes.
L'externe, qui est comme une espèce d'écorce , relativement à l'autre , a été appelée corticale , ou cendrée par rapport à sa couleur , et la seconde, médullaire ou blanche.
(1) Lfs arifractuosités du cerveau sont bipn plus profondes dans les adultes et encore plus dans les \ieillards que dans les enfans; ellos sont presque effacées dans les hydrocéphales * , et sont profondément e3« primées dans les cerveaux secs et durs • souvent elles sont très-profondes dans les maniaques.
(2) Dans les personnes mortes d'apoplexie, cette couleur est très - foncée 5 dans celles mortes de leucophlegmasie , elle est
* Huiiautd, Acad. des sciences, iv/Jo.
54 ANATÔAlIE MEDICALE,
Oii trouve ces substances clans chaque circonvolution : la cendrée ou corticale, qui en occupe le contour , et la substance médullaire l'intérieur.
La substance corticale ou cendrée (ij est ainsi appelée, parce qix'eile entoure le cerveau et le cervelet , et qu'elle est de couleur cendrée , d'un gris rougeâtre , sur-tout quand elle n'est pas sèche : elle est beaucoup plus rnolle que la substance médullaire ,, fit peut-être est-elle la partie la plus molle du corps; humain , qu'on ne comprend |pas parmi les liqiiides j; elle ne se borne pas à l'extérieur , mais elle s'enl'once intérieurement plus ou moins dans le cerveau,, et encore plus dans le cervelet.
On y observe tant de vaisseaux sanguins après> id'heiireuses injections , qu'elle en paroît entièrement formée. Ces vaisseaux viennent pour la plus, grande partie de ceux qui rampent dans les circonvolutions du cerveau , et qui se dispersent dans lai pie - mère. Cependant , il est dans cette substancecorticale nne partie indépendante des vaisseaux; sansuins (2) , et dont on ne connoît pas la structure.. Ma/pighi vouloit qu'elle lût glanduleuse.
ce Elle est, tlit-il, comyiosée de petites glandes> ■>•> qui forment par leur réunion des cordons con-- »5 tcurnés comme les intestins j elles se terminent ài » la substance blanchâtre qni n'est qu'un assem- 55 bl.Tge de nerfs : chaque glande est ovale ; et sii 35 elle paroît quelquefois anguleuse, ajoute-t-il, celai >» dépend de la compression qu'elle a éprouvée de-
pins blaiicW, Je l'ai vue ayant une teinte jaunâtre dans un biinini' qui étoit mort à la suite d'une nialaHie du foie avtc un,"»; ïbite jaunisse. La coulmir cendrée du cerveau devient plus pâitsrf à uroportic.ii qu'elle s'éloigne de l'état Irais ; elle devient blau «hàife et s'af^aiè!^e éh desséchant.
(1) Pars cincren ccrehri.
(3) Voyez Annotât, acadctti. et B. S. Alhinus^ lib. I.
D U C E R V E A tr. PO
5ï la part des glandes collatérales : chaque glande » est revêtue |)ar la pie-niôre , et par les vaisseaux a> sanguins qui s'insinuent dans sa substance ; la 3' partie intérieure de la glande se joint à une filVre 3> médullaire blanchâtre , ({ui a de l'analogie avec 33 le canal excréteur des véritables glandes (i). »
Ruysch n'a pu découvrir dans la substance corticale , les glandes décrites par Malpighi. Cette substance n'est, suivant cet anatomiste , qu'une masse de vaisseaux diversement modihés et repliés Ruysch a défié les anatouiistes d'y trouver des glandes.
Indépendamment de ces vaisseaux, quelques nombreux qu'ils soient , on y voit clairement un. tissu cellulaire abondant, qui n'est peut-être qu'une production de la pie-mère ; on y voit une substance moelleuse , indépendante des vaisseaux , qu'on regarde comme la vraie substance parenchymateuse. Vlais est-elle cylindrique , vasculaire ou vésiculaire? C'est ce qu'on ne peut décider sans se plonger dans des systèmes qui ne doivent point trouver place dans cet ouvra j,e (3).
La substance médullaire ou blanche est beaucoup
(1) De cerebri cortice ^ cap. III.
(2) Voyez-en la description dans le troisième Trésor de cet immortel éinatomiste.
(3) Selon Soemmering ^ célèbre anatomiste allemand. , entre les deux substances corticale et médullaire que nous venons de décrire, on en peut découvrir une troisième, qui est aussi médullaire, f-t qui a très-peu d'épaisseur : elle est pi-esque linéairi ,
i moins blancbr; que la substance médullaire, moins £;ris« que la ! corticale ; elle est d'une couleur jaunâtre : mais celte différence < de couleur n'est - elle pas l'effet du rapprochement de la couleur •grise (le la substance corticale , < t de la couleur blanche de la substance médullaire? Ce point d'anatomie mérite d'autant plus d'être soumis à de nouvelles recherches que Soemmering ^ qui a adopté cette troisième substance , est l'un des premiers anatot mis:es d^e nos jours.
Z6 A Tf A T O M I E MÉDICALE,
plus dense que la corticale ; elle paroît par - tout Formée de divers filets (i) adossés les uns à côté des autres. On les distingue facilement dans le corps calleux , dans les corps cannelés et dans le pont de Varole. Elle est plus blanche dans les vieillards que dans les adultes, et dans ceux-ci beaucoup plus que chez les en fans ; elle est plutôt rouge que blanche dans les embryons; aussi la distingue - t - on plus difficilement, à cet âge, de la substance corticale.
On peut voir à l'œil nu des filets de la. substance corticale qui s'enfoncent un peu dans la substance médullaire. Le Cat et Meckel ont avancé que la substance médullaire des nègres etoit d'une couleur blevâtre. Cependant je n'ai pas aperçu cette différence de couleur de la substance médullaire dans le cerveau de deux nègres que j'ai dissé([ués ; car chez eux la substance blanche m'a paru avoir sa blancheur ordinaire (2,).
La substance médullaire est traversée par tant de vaisseaux sanguins qu'on ne peut la couper sans en. ouvrir un très-grand nombre ; les plus considérables sont indiqués par des points rouges (3); mais ces. vaisseaux ne sont pas à beaucoup près aussi nombreux ou du moins aussi apparens que dans la subs-tance corticale.
La substance médullaire occupe l'Intérieur dui cerveau , et elle est en général incomparablement: plus copieuse que la substance corticale.
Il y a une bien grande différence dans la distribution et dans les proportions de la substance griser
(1) C'est sur-tout dans les cerveaux qui ont été macérés et conservés dans l'fesprit-de-vin , qu'on voit cette structure.
(2) C'est ce que Gavard a aussi observé , Traité de splan^chnologie , p. Sg.
(3) Ils ont été vus depuis Carpi par le plus grand nombre de», anaiomistes.
D TJ C K R V E A tr. T^J
avec la substance blanche, dans le cerveau, dans le cervelet, dans la moelle allongée, et dans la moelle épinière. La substance médullaire ou blanche dans le cerveau est incomparablement plus abondante que la corticale ou grise; tandis que dans le cervelet ■celle-ci y est beaucoup plus copieuse 3 dans la moelle allongée , il n'y a à peu près que la substance blancue , et dans la moelle épinière c'est la substance blanche qui est extérieure et très-copieuse , relativement à la substance grise ou cendrée qui en occupe l'intérieur, et qui est peu considérable.
Ces différences dans la distribution des substances sont invariables. Il n'y a point de partie dans le corps hunîain 011 l'on observe plus constamment la même configuration et la même structure que dans le cerveau : ce qui pourroit nous faire croire que leurs usages sont constans et bien déterminés, quoiqu'ils ne nous soient pas malheureusement connus.
Centre ovale. Le cerveau étant coupé horizontalement dans toute son étendue , au - dessous de la division verticale des hémisphères, de niveau avec le corps calleux , on n'y voit qu'une substance blanche ou médullaire , entourée seulement de la partie cendrée, en forme de bord flexueux ; dans cette substance blanche, on distingue un amas de libres bien apparentes et distinctes les unes des autres , plus ou moins rapprochées en trousseaux plus ou moins gros.
C'est à ce grand espace blanc que Vieussens a donné le nom de centre-ovale (1). On y voit une multitude de points rouges , formés par des vaisseaux qui ont été ouverts dans la coupe du cerveau ; ces points rouges sont si nombreux dans les cerveaux bien injectés et dans ceux des sujets morts
(0 Ovale cantrutn nominarnus : Vieussens , Nevrologia univers.
OO -4 K A T O M I E M lï O I C A X E ,
d'une violente inflaimnatiou , qne la substance me- i
dullairp en est quelque Fois toute rougie. (
Corps caUeux (i). Au iniiieu de ce grand es- t
, .pa.ce, un peu plus près de sa partie antérieure' i
que de sa partie postérieure , on ol)set ve rui corpss i
allongé, pins large eu avant qu'en arrière, dont les^ ]
côtés sont presque parallèles : on lui adonné le nomi I
-peu signifiant de corps calleux y et on le connoîl. i vulgairement sous ce nom.
Le corps calleux , l'orme une grande partie de?| c
la véritable voûte des erands ventricules. li réunit: t
une portion des deux liémispbères du cerveau (2). li
Division. On peut y considérer deux faces, deux: c
extrémités, deux bords; des deux faces, l'une est: ^ supérieure et l'autre inférieure ; des extrémités i
l'une est antérieure et l'autre est postérieure -, des^ /
bords, l'un est à droite et l'autre à g-iuclie. e
La face supérieure est légèrement convexe. On y c
voit divers trousseaux de libres blanches, d'inégale' 11 grosseur , qui passent d'un hémisphère à i' autre
presque transversalement. Il y a dans le milieu de^ 1
cette face du corps calleux une ligne blanche et: 1
plus iréquemment deux , très-rapprochées , qui par- \ couretnt toute son étendue de devant en arrière eni
Ibrme de raphé , lequel répond au horà inférieur ,
de la faux. (
Indépendamment de ce raphé ou de la ligne
moyenne du corps calleux , on voit à côté deux f
sillons qui lui sont parallèles, et qui paroissent t
(1) Méso-lobe 5 Chaussier.
(2) Suivant Vesale ^ les fibres du cerveau s'entrecroisent et forment par leur réunion le corps calleux. F. Petit a, dans la suite, décrit avec précision l'entrecroisement des fibres c^u'on y observe *.
* Lettre d'un médecin des hôpitaux dn roi à im autre médecin de ses amis. Namur, 1710, p, 12, //i-4". Petit ouvrage bien précieux.
DUCERVEAU.
formés par la pression des artères calleuses. On voit encore en divers endroits de cette face externe j d'antres sillons plus ou moins superficiels, longitudinaux , destinés à loger quelques vaisseaux sanguins. Il en est aussi qui sont transverses et formés par les interstices des trousseaux fibreux médullaires 3 ils sont tous inégaux en profondeur et en largeur.
.1 face inférieure du corps calleux est divisée en deux parties par une cloison très-mince et comme transparente, placée perpendiculairement au-dessous du raphé 5 chacune de ces parties latérales du corps calleux est légèrement concave et sert de voûte aux ventricules latéraux: c'est pour cette raison que Duverney nommoit le corps calleux le plafond des ventricules, et que Vieussens pensoit que le corps calleux étoitla véritable voiite des grands ventricules, et (|ue c'étoit à tort que l'on donnoit ce nom à un cordon médullaire placé par dessous.
L'extrémité antérieure du corps calleux est un peu moins large, moins épaisse, et plus proche de ia base du crâne que l'extrémité postérieure , qui est échancrée et comme concave.
Les deux bords latéraux du corps calleux sont confondus et continus avec la substance médullaire des hémisphères.
Structure, La structure du corps calleux est telle qu'il paroît presque entièrement composé de substance médullaire dont les libres sont pour la plupart transversales î on y en distingue cependant quelques-unes qui ont une direction à peu près longitudinale : parmi ces fibres on trouve quelques stries de substance grisâtre bien, grêles. On a déjà dit à l'aniclG des vaisseaux sanguins du cerveau , quels sont ceu:^ qui parviennent au corps calleux, et de quelle manière ilp s'y distribuent.
Ventricules latéraux ^ grands ventricuîçs. Sous
les deux parties latérales de la fkce inférieure du corps c."llenx, sont deux cavités nommées les grands ■veittricnies ou verficules latéraux : ils se trouvent placés à peu près dans la partie moyenne du cerveau , un pvn plus en avant qu'en arrière , et plus près de sa partie inférieure que de la supé^ rieure.
Lexir forme est s'ngulière : ils ressemblent à un croissant dont l'extrémité postérieure seroit douole ou avant deux cavités.
'La position des deux ventr'cules , relativement l'un à l'autre, est telle, qu'ils ne sont séparés antérieurement que ]>ar une léî^ère cloison médullaire et membraneuse qu'on appelle le septum lucidum; ils sont plus rapprochés en avant par leur liord interne et convexe : de sorte (|ue chaque croissant est tourné de manière que la concavité n sarde les bords latéraux du cei veau , et la convexité d'un ventricule est tournée vers celle de l'autre.
L'extrémité antérieure du grand ventricule est presqx^e dans le même plan que son milieu, ensuite le ventricule descend en formant un contour où il communique extérieurement avec tine pi tite cavité terminée en pointe, qu'on appelle digitale i il revient vers et sous son extrémité antérieure au-devant de la couche optique, et renferme le pilier postérieur de la voûte à trois piliers , et une très- grande portion des plexus choroïdes.
Ces deux ventricules sont tapissés d'une membrane fine qui a paru aux anatomistes être une dépendance de la pie- mère, à l'exception de Bicliaty qui y admet aussi un prolongement de l'arachnoïde. Cette membrane est continuellement humectée d'une sérosité , qui peut par état de maladie aiigmenter et donner lieu à une espèce d'hydrocéphale, dont il sera question dans l'article concernant les maladies de ce viscère.
IJUCERVEAtr. 4^
Septuni lucidum (i^ Entre ies deux ventricules et sous le raphé du corps calleux, il y a une cloison formée de deux lames médullaires , couvertes par la pie-mère; et cérame cette cloison est si niince qu'elle est transparente lorsqu'on la place devant une lumière , on lui a donné le nom de septum lucidum.
Division. On peut y considérer deux faces, deux Lords et deux extrémités : des deux faces , l'une reo^arde et forme la paroi interne du ventriciile droit ; et l'antre celle du ventricule gauche ; elles touchent en avant aux corps cannelés, et en arrière aux couches des nerfs optiques: le bord supérieur est continu avec la partie moyenne de la face inférieure du corps calleux j et le bord inférieur est uni à la partie moyenne de la face supérieure de la voûte à trois piliers. Les extrémités antérieure et postérieure touchent inférieurement à la voûte à trois piliers , et en haut au corps calleux.
Quehjues nnatomistes ont admis, entre les deux lames du septum lucidum, un écartement ou une cavité , qui , selon eux , est remplie de sérosité (2) 'y mais je c ois que dans l'état naturel il n'y a rien de semblable : les deux lames de la cloison étant si rapprochées qu'il n'y a aucun intervalle entre elles, et qu'il n'y a pas non plus aucune communication entre les ventricules (3) , puisque le souille poussé
(1) Septum médian Chaussier.
(2) Vieussens , Duverney , FJ'inslow , Soemmering^ et divers autres anatornistes , ont regardé cette cavité comme constante dans tons les sujets ; mais Santorinz , et quelques autres, parmi lesquels Gavard mérite d'être cité , ne croyoient point qu'il y eût naturellement aucune cavité : c'est seulement par état de malaiie. Desault ^ au rapport de Gavard , disoir, dans ses leçons, avoir trouvé entre les deux lames de cotte cloison une hyrlatide qui contenoit [dus d'une demi -once d'eau : mais dans quelle partie du cerveau et autres n'a-t-on pas trouvé des hydatides?
(3) Le plus grand nombre^ des anatomistes modernes a admis
doucement dans un ventricule ne s'insinue pas dans l'autre , que l'on trouve quelquefois un ventricule plein d'eau et l'autre vide, et que dans certains sujets les ventricules sont remplis d'une liqueur di- Yersement colorée (i).
F oûte à trois piliers (2). Elle est située au-dessous du septum lucidum et à la partie inférieure des grands ventricules.
^Q- Jigure est triangulaire; sa base étant en arrière.
Division. On peut y considérer une face supérieure qui est convexe , unie dans son milieu à la cloison transparente et contlguë par les côtés au corps calleux j une face inférieure qui est concave et qui confronte en avant avec l'ouverture antérieure commune , et dans sa partie moyenne avec les
dans cette cloison des ouvertures de communication du ventri~ cule droit avec le gauche ; mais ils ont varié sur leur nombre et sur le lieu où elles étoient placées. Nous avons aussi vu tantôt un espace vide au-dessous du septum lucicum , dont J^Vinslov/ a parlé, et encore une autre ouverture derrière la cloison transpart nte , dont Lieutaud a fait mention 5 mais je crois que ces trous sont l'effet du tiraillement des parties, car, cliez quelques sujets, cette cloison étoit entière.
( 1 ) Tulpius parle d'un hydrocéphale qui avoit deux livres d'eau dans l'un des ventricules 5 l'autre étoit à sec. En parcourant l'histoire de l'ouverture du corps de Malpighi , faite par Baglivi ^ j'ai vu qu'on avoit trouvé un dt s grands ventricules du cerveau de ce célèbre anatomiste , rempli d'eau , quoiqu'il n'y en eût presque point dans l'autre. Depuis Galien jusqu'à VaroU , on avoit regardé les ventricules latéraux comme deux cavités particulières et indépendantes l'une de l'aulre. Varoli a prétendu qu'elles communiquoient entre elles; et les anatoraistes qui lui ont succédé ont presque tous soutenu celte opinion. Senac eut cependant des doutes fondés sur cette communication , et je me suis convaincu qu'en quelques sujets il ai'y en avoit aucune *•
(3) Trigone cérébral , Cliaussier.
* Voyez notre Mémoire de l'Académie des sciences, 1770, p. 240. Tulpius, Mcckcl, Gnvaid, et (iiu-hiiies autres iiuatonustes célèbre» „ «jat a-ussi cru que la cloison n'étoit nullement ouverte.
nu CERVEAU.
conciles optiques. Cette face est remarquable^ par plusieurs lignes y deux longitudinales et plusieurs autres transversales. On, lui donne le nom de 1/yre ou psalter'iuni.
Les bords latéraux de la voûte sont situés entre les couches optiques et le corps calleux; son extrémité antérieure qu'on regarde cùrnme la pointe de la voûte, et qu'on appelle aussi pilier antérieur, est formée par la réunion de deux f aisceaux médullaires séparés postérieurement, et formant les piliers postérieurs, dont le bord interne de cliacun d'eux est uni aux cornes d'ammon et aux corps frangés.
Plexus choroïdes. Ce sont des réseaux de vaisseaux sanguins artériels et veineux , communiquant ensemble et soutenus par des expansions de la pie - mère , lesquels se répandent dans les grands ventricules depuis leur partie antérieure jusqu'à leur partie postérieure. Ils correspondent par leur face supérieure au corps calleux, et à une portion de lavoûte à trois piliers 3 par l'inférieure, aux couches des nerfs optiques, et aux cornes d'ammon. Leurs bords internes sont continus au-dessous du pilier antérieur de la voûte à trois piliers par l'intermède d'une membranemince, transparente, entre les parois de laquelle sont les veines de Galien ; la partie postérieure de ce bord interne est comprise entre la partie postérieure de la voûte et le corps pinéal , ensuite entre les couches optiques et les cornes d'ammon. Le bord externe des plexus choroïdes est libre.
La toile meml)raneuse qui soutient les vaisseaux des plexus choroïdes est une expansion de la piemère. Les artérioles postérieures de ces plexus , qui naissent de l'extrémité antérieure de l'artè 3 basilaire, entrent dans les ventricules latéraux ou grands ventricules près de leur grande ouverture, placée sous l'extrémité postérieure du corps calleux, sur le sommet des quatre éminences et de la glande piiiéale. C'est
cette ouverture qui transmet clans les ventricules la grande veine de Galieii. En outre, ily a deux autres ouvertures antérieures qui donnent issue aux nerfs optiqiies , et qui laissent entrer une ou deux artérioles qui tirent leur origine d'une et quelquefois de deux branches de la carotide interne dont nous avons déjà parlé.
Les diverses artérioles des plexus choroïdes ont de nombreuses communications avec celles de la piemère ; et comme celle-ci est couverte d'anastomoses, les unes étant formées par les seuls rameaux des carotides communiquant avec ceux de l'artère basilaire , et celles-ci communiquant ensemble ou avec les rameaux des deux branches de l'artère carotide interne , les lacis des plexus choroïdes et ceux de la pie-mère ont ainsi de nombreuses communications.
Indépendamment des artères , on découvre dans les réseaux du plexus choroïde beaucoup de veines ; quelques-unes sont si considérables qu'on peut les regarder comme des espèces de sinus. La piemère est donc couverte de lacis ou plexus vasculaires qui s'anastomosent réciproquement et qui communiquent avec ceux qui sont répandus sur toute la surface du cerveau, dans ses enfoncemens et dans les ventricules, et qui finissent enfin par s'anastomoser avec les vaisseaux du plexus choroïde qui terminent dans les veines appelées de Galien, réunies en un tronc qui s'ouvre enfi.a dans le sinus droit.
Parmi les artères et les veines de ces lacis vasculaires on observe, dans quelques sujets, des corps glandilbrmes qui peuvent bien n'être qu'un amas de vaisseaux sanguins, ou de concrétions morbifiques , que plusieurs anatomistes ont cependant pris pour de véritables glandes.
Ces corps glandiformes n'étant rendus apparens que par la maladie , ne sont-ce pas des concrétions iormées dans le tissu cellulaire de la pic-mère , qui
DU CERVEAU. ^5
acquièrent plus ou moins de volume et de dureté? On en a trouvé quelquefois qui étoient aussi gros que le plus gros pois ; quelquefois , au lieu d'être durs et plâtreux, ce sont de véritables hydatides.
Plus d'une fois on a pu croire que l'eau trouvée dans les ventricules , sur-tout dans les enfans , étoit pro venue de la rupture de quelfju'une de ces hydatides. C'est d'après cet état contre nature des plexus choroïdes, que Faroli y a admis des glandes. Selon cet anatomlste, elles sont très - nombreuses. Leur structure , dit-il, est analogue à celle de la glande pinéale , et chaque glande du plexus est recouverte et entourée d'un grand nombre de vaisseaux sanguins , entortillés et soutenus par des membranes (i). Wartiion a aussi admis beaucoup de glandes dans les plexus choroïdes, et son opinion a été adoptée de la plupart des anatomistes. Ruysck l'a cependant fortement combattue; et en effet il ne paroît pas que dans l'état naturel, il y ait rien de glanduleux dans les plexus choroïdes, ou du moins le caractère des glandes n'est pas assez prononcé pour qu'on puisse en admettre l'existence.
Corps cannelés (2). A la partie antérieure des ventricules latéraux, sont situés deux corps oblongs de couleur g! isâtre extérieurement , et intérieurement parsemés de couches blanchâtres, qu'on appelle , par rapport à ce mélange de couleur , les corps cannelés , corpora striata. Ces corps sont par leur bord interne qui est arrondi , rapprochés de la cloison transparente : leur bord externe est contigu au centre ovale j supériement ils répondent au corps calleux, inférieiirement aux nerfs olfactifs. L'extrémité antérieure de chacun des corps cannelés est contiguë à l'extrémité antérieure du ventricule dans lequel il est plaeé. Les
(1) Plexus glandulosi retiforines, Anat. iSj'i ^ P'^g* 8.
(2) Corps striés. Chaussier.
46 A N A T O 1M I K JVI É D I C A L E ,
extrémités postérieures de ces corps cannelés sont "bordées d'une bandelette médullaire plus élevée, à laquelle l'extrémité antérieure de la couche optique répond , mais dont elle est séparée par des vaisseaux ; elle va se terminer par son extrémité antérieure aux éminences niamillaircs , cette bandelette, appelée demi - circulaire par sa ligure , et cornée par rapport à sa consistance, fournit aussi une expansion médullaire qui s'épanouit sur la couche optique.
Les corps cannelés diminuent peu à peu par leur bord externe en se perdant dans la substance médullaire cérébrale. Les stries de substance blanche et de substance grise des corps cannelés sont en général alternativement disposées, dans quelque sens qu'on fasse les incisions pour les examiner.
Couches des nejfs optiques {\). Ces couches sont placées à côté l'une de l'autre dans l'écartement des extrémités postérieures des corps cannelés , qui sont terminées , comme on vient de le dire , par un limbe un peu élevé (2) , duquel partent quelques filets médullaires qui se répandent sur les couches des nerfs optiques. Elles sont situées devant les corps frangés et les cornes d'ammon^ au-dessus du troisième ventricule et de la protubérance annulaire, au-dessous du corps calleux et des plexus choroïdes qu'on y observe ; elles sont composées presque entièrement de sidDStance blanche ou médullaire; les stries grisâtres très-déliées sont en petite quantité 5 leur lace supérieure est inégale sur- tout antérieurement, où il y a une élévation remaïqualjle.
Les couches optiques sont contiguës , ayant supérieurement entre elles un sillon longitudinal ; entre ces couches vers leur partie moyenne et antérieure , est un cordon de couleur griscîire (3); leur face
(1) Couches des nerfs oculaires, Chaussie.r. (3) Willis paroît l'avoir décrit sous le nom de linihç posterieur du corps cannelé. Tarin en a aussi parlé. (3) Sabatier. Splanchnol, t. III , pag. 33.
DUCEB-VEAU. \J
inférieure présente un tubercule, d'où partent les nerfs optiques ; au - dessous de cette réunion des deux couches est une fente profonde mais étroite, qui forme le tJ'oisi.ème ventricule , ou le ventricule antérieur ou inférieur j espèce de fente supérieurement couverte par la voûte à trois piliers , et inférieurement placée sur le pont de Varolij dans sa partie antérieure, est une espèce de fosse trèsimproprement appelée infundihuluni. Postérieurement et inférieurement le ventricule commumc[ue avec l'aqueduc de Sylvius.
Postérieurement les couches optiques sont écartées, fct les tubercules antérieurs quadrijumeaux sont en partie placés dans cet écartement ; des bandelettes moelleuses se propagent des couches optiques sur les tubercules et jusque sur le corps pinéal.
Cornes d'anunon, pedes hyppocampi (i). Elles sont continues avec l'extrémité postérieure de la voûte à trois piliers ; mais se divisant ensuite en deux parties en forme d'ancre , dont l'une , antérieure et plus longue , est dirigée de derrière en avant, et est placée au côté interne du pilier postérieur de la voûte, avec lequel plusieurs anatomistes l'ont confondue.
L'autre partie de la corne d'ammon est plus postérieure et moins longue que la précédente \ elle est tournée en sens contraire de l'extrémité supérieure de la corne d'ammon , se porte presque horizontalement en arrière dans l'extrémité postérieure et inférieure du ventricule latéral, dans une petite cavité, qui est appelée par quelques anatomistes la cavité digitale (2), et l'on a donné le nom d'<?r^o£
(1) Arantius paroît être un des ])remier.s qui les aient décrits : De ^umanofœtu , 1571 , z/z-4Q , p. 43. Chaussitr ies appelle piotul bérancts cy liiidroïdes.
(2) Van Home , Bartholin , Duvemey , etc.
48 A If A T O M I E MÉDICALE,
à la production de la corne d'ammon qui s'y enfonce, ]iar ra|)port à sa ressemblance avec la partie de la patte d'oiseau qui porte ce nom , mais avec cette dilïérence que sans en représenter toute l'épaisseur , elle en montre le relief seulement (i).
Ces productions des cornes d'ammon paroissent souvent divisées en deux ou trois parties en forme de dents de scie, comme Tarin l'a observé.
Leur base répond à l'extrémité postérieure des cornes d'ammon, et leur sommet se termine dans le fond de la cavité digitale.
La^ substance de V hyppocampus est blanchâtre extérieurement et grisâtre intérieurement. Le bord externe des deux cornes d'ammon est relevé d'une "bandelette que des anatomistes ont appelée les accessoires des cornes d'ammon^ et le bord interne est surmonté d'une Irange interposée entre elles et les couches optiques. C'est ce corps frangé de quelques anatomistes qui se perd antérieurement sur les cornes d'ammon, et dont l'extrémité postérieure se continue avec la ûte à trois piliers.
Telles sont les parties qu'on trouve dans les ventricules latéraux.
Ouverture antérieure commune du cerveau. On voit, après avoir soulevé le pilier antéiieur de la voûte à trois piliers, immédiatement au-devnnt des couches optiques , un enfoncement dans le cerveau , connu de quelques anatomistes sous le nom peu
(i) Morand est l'auteur de cette comparaison * , mais non routeur dp la décoiiverte. Duvernoi ^ anatomisie de Pétorsbourg, avoit parlé aiiparavant de cette partie de l'l]y|)Ocampp , et oa f n trouve la description dans une disse rtation de C. j4 . Bergen y soutenue en i^Sô. L'auteur dit que Vhyppocampvs a trois coinfs, line supérieure et deux inférieures. Lietitaud a comparé les cornes d'ammon à l'ancre d'un vaisseau. Chaussier a donné à cette production le nom d'éminence unciforme.
* Mémoires de V^cadcmic des sciences } i74^'
convenable de vulve , et qu'on nomme aujourd'lnù Vom ertiire antérieure commune du cerveau. La partie antérieure de cette ouverture est pourvue d'un faisceau médullaire transverse qu'on appelle la commissure antérieure du cerveau et dont les extrémités sont unies à la substance des corps cannelés.
Ouverture commune postérieure du cerveau. Derrière les extrémités postérieures des couches optiques, est une autre ouverture que l'on a connue sous le nom à: anus , laquelle couimunique avec le troisième ventricule et avec le canal moyen. Winslovy la noramolt V ouverture commune postérieure , pour la distinguer de celle placée au-devant des couches optiques, qui conduit à la tieje pituitaire , qu'il appelle ouverture commune antérieure . Cette ouverture est terminée ])ar une bandelette médullaire qui se perd dans les couches optiques , et qu'on appelle la commissure postérieure.
Corps pinéal. Au - dessus des deux tubercules antérieurs, improprement appelés nates , au-dessous de la voûte à trois piliers, devant l'éminence vermiculaire supérieure du cervelet, et derrière la commissure postérieure, est placé le corps pinéal y appelé communément glande pinéale , concirion de Galien et des autres anatomistes grecs (i).
Ce corps est de figure conique et ressemble à une très-petite pomme de pin, d'où il a tiré le nom qu'il porte. U est de la grosseur d'un petit pois. Sa pointe est en haut et ordinairement inclinée en arrière (2,).
(1) Conarium des anatomistes latins et de Chaussicr.
(2) C'est ainsi que l'ont cru S tenon y Lieutaud et antres, contre l'opinion de Descartes , qui pensoit que la glande piiu'.ile étoit inclinée eu avant , (juoique Vcsale et Eustachi ciissi ni dit que la pointe de celte prélendue glande éloit perpendiciihiire à
5o ANATOMIE MÉDICAI.E,
Sa partie antérieure est nnie à deux cordons médullaires qui vont se continuer sur le pilier £intérieur de la voûte à trois piliers ; Gal'ien, et Descarlesi ont attribué à ces cordons des usages chimériques.
Sa couleur est grisâtre et sa consistance est presque toujours plus grande que ne l'est celle du reste du cerveau (i) ; souvent même elle est pleine de? concrétions pieri^euses plus ou moins grosses et de; consistance diverse (2). J'en ai vu qui étoient d'abord transparentes et comme cristallines, mais quii devenoient plus opaques eu se desséchant. Ces pétrifications entourent quelquefois le corps pinéal j ont en a trouvé plusieurs à sa partie antérieure : Lieu-taud croit ces pétrifications si communes qu'il as-sure qu'il est très- rare de n'y en pas trouver.
Le volume du corps pinéal est très-variable , étant: quelquefois très-petit et d'autres fois fort gros. Oni l'a trouvé d'un volume et d'une densité considérables dans des sujets qui n'avoient eu aucune aliénation! d'esprit , comme aussi on a trouvé le corps pinéal'. saiji par sa structure , par son volume et par sa consistance dans des sujets qui étoient morts frénétiques ou maniaques (3). Kulinus prétend que le:
sa base : mais ces diverses opinions re vienJroient-elles pas de ce qu'on n'a pas considéré les objets dans leur position naturelle ?
(1) Gunzius^ Obs. circa papillos glandulaa pinealis. Lips
(2) King , observations sur la glande pinéale , pétrifiée dansi le cerveau. Trans. phil. 1686.
(3) Galien avoit déjà fixé le siège de l'arae dans la glandepînéale. Il nrétendoit qu'elle pouvoit être tantôt mcl.nee d un-, ïôté et tantôt de l'autre par les filamens qui l'attacho.ent auxc parties voisines, et par-là qu'elle présidoit à la d.stnbut.on des. esprits. Anat. de Galien par Orihase , éà\t. de Dundas. .7^5
Wis Descartes a présenté celte opinion sous une nouvel!»-
DU CERVEAU
corps pinëal manque quelquefois, mais cela n'est nullement confirme par les observations des autres anatomistes; il est un peu plus large à son milieu qu'à ses extrémités.
Tubercules quadrijumeaux {i). Les tubercules qua^ àT\]unxe(Lu:K. f corpora quadrigemina ^ sônt placés sur la moelle allongée, sous le corps pinéal , derrière les couches optiques ; des quatre tubercules , deux sont antérieurs et deux postérieurs (2)^ les deux antérieurs sont toujours plus gros, quoique leur volume, relativeînentauxpostérieurs, varie beaucoup. Ils sontarrondis, continus l'un à l'autre, mais laissant antérieurement un sillon assez profond qui les sépare. C'est sans doute ce qui leur a fait donner par les anciens
forme * ^ quoiqu'elle soit la même pour le fond. Ce philosophe a fait sur elle une espèce de roman qu'on a lu dans le monde avec plaisir : et ce n'est pas la seule fois que les écrivains se sont enipar^'s des opinions des médecins j mais le peu de fondement de celle-ci est démontré par les observations pathologiques, qui pro\ivent qu'on a trouvé le corps pinéal désorganisé dans des sujets qui avoient eu beaucoup d'instruction et d'esprit, et qu'il étoit dans l'état sain dans d'autres qui avoient été stupides. Le célèbre Pic la Mirandole , ce jeune enfiint dont on a dit tant de prodiges , avoit le corps pinéal gros et très - dur , graveleux , quoiqu'il n"eût éprouvé , avant de mourir , aucune altération dans ses facultés intellectuelles.
(1) Eminences bigéminées , Chaussier.
(2) Il y a une grande variation dans le volume de ces tubercules dans les animaux , soit relativement entre eux, soit relativement à la masse totale du cerveau ; dans le cheval et le hœiif, ils sont plus gros que dans l'homme, qui a cependant beaucoup plus de cerveau: dans le bœuf, les tubercules postérieurs so;it plus gros que les antérieurs ; dans le chien , les tubercules antérieurs sont à peu près de la même grosseur que les postérieurs. Soemmering.
* Voyez l'homme de Jiené Z>eicaries, p. Sa, éd. de Paris, 1677, in^",
5a AKATOMIB MÉDICALE,
«matomistes le nom de nates (i)j le sillon longitudinal qui sépare les tubercules antérieurs , et qui se prolonge entre les tubercules postérieurs , est coupé par un autre sillon transverse qui les distingue.
Les tubercules postérieurs qui sont continus avec les antérieurs , et encore entre eux ( car les quatre tubercules ne forment ensemble qu'un seul corps), sont beaucoup plus petits que les antérieurs j ils OHt été appelés testes.
Aqueduc de Sjlvius. Ces tubercules laissent sous eux iin écartement, d'où résulte un canal étroit, triangidaire , appelé le canal moyen ou Vaquéduc de Sjlvius f dont l'extrémité antérieure communique avec le troisième ventricule ; et l'extrémité postérieure conduit au quatrième ventricule. C'est sur celui-ci que se jette une espèce de feuillet médullaire , qui provient des tubercules , auquel Vieus" sens a donné le nom de grande valvule du cerveau.
Quatrième ventricule. Le quatrième ventricule est placé entre la moelle allongée et le cervelet : on peut y considérer quatre faces , comme l'a fait Lieutaua : l'antérieure appartient à la moelle allongée j elle présente dans son milieu une rainure longitudinale, qui, conjointement avec quelque lilets tméduUaires, qui semblent partir de la pointe qui la termine inférieurement, imite la figure d'une plume à écrire , calamus scr'iptorius. Les deux latérales sont formées par les avancemens médullaires du cervelet. La postérieure appartient au cervelet. Ce ventricule répond supérieurement à l'aquéduc de Sylvius y au moyen duquel il communique avec le troisième î inférieurement il communi(|ue avec un
(i) Galien trouva ces noms indécens , et fVinslow à'it qu'ils ëtoient iinpertinens : c'est pourquoi il leur a substitué celui do tubercules quadrij'jnieauii. Traité c^e la tete y u°. 79.
DUCERVEAU. 53
canal qui se prolore;e plus ou moins loin dans la moelle épinière , d'une manière quelquefois trèsapparente par état de maladie, couvert en forme de vovite par la production médullaire des tubercules quadrijumeaux , laquelle est renfermée dans un repli de la pie-mère , de figure ovale, mince et molle, que le souffle poussé dans Vaquéduc de Sylvius soulève en forme de valvule : ce qui a sans doute donné lieii à Vieussens y de le nommer la grande valvule du cerveau (i).
Il résulte de ce qui vient d'être dit des ventricules du cerveau, qu'ils communiquent ensemble j les ventricules latéraux avec le troisième ventricule audevant des couches optiques, par l'ouverture commune antérieure , et postérieurement derrière ces mêmes coiiclies optiques au-devant des éminences nates , par l'ouverture commune postérieure.
Le troisième ventricule communic|ue, moyennant Vaquéduc de Sjlvius , avec le quatrième, et on peut ajouter que ce dernier communique encore avec une espèce de ventricule qui appartient à la partie «upérieure de la moelle épinière, et qui a été plusieurs fois très-apparent (2).
Entonnoir y tige pituîtaire. Au-devant du pilier antérieur de la voûte à trois piliers , est une fosse assez profonde qui se rétrécit à proportion qu'elle devient inférieure ; elle aboutit à une espèce de cylindre qui n'est nullement creux, et dans lequel cependant les anciens avoient admis un canal qu'ils croyoient être la continuation de la fosse, ou cavité supérieure; ils avoient comparé le tout à un
(i) Illam valvulae vices gerere asserimiis, et quo fit ut ipsam valvulam cerebri majorem nominemus. R. Vieussens | Nevrol^
(?.) Voyez notre Mém. à l'Inst. 2* an»ée.
entonnoir infundi h ulum. Ce cylindre, que JÀeutaud appelle tige pituitaire (i), est formé de substance cendrée, percé par de très-petits vaisseaux sanguins, et descend dans l'excavation du corps du sphénoïde, appelée la selle turcique ^ et c'est cette partie du cerveau, un peu renflée, à laquelle on a particulièrement donné le nom de glande pituitaire (2). Les anciens ont regardé ce corps comme une lande , plutôt d'après des usages qu'ils lui attriuoient de filtrer la pituite qu'ils croyoient découler dans le nez à travers des trous qu'ils supposoient exister dans le corps du sphénoïde , que d'après l'observation anatomique.
De l'eau des ventricules. Les parois des ventricides sont continuellement humectées par une abondante vapeur qui transsude de la surface interne de la membrane qui les revêt ; cette vapeur les lubrifie et empêche leurs adhérences. C'est sous ce point de vue seulement qu'on peut dire qu'il y a de l'eau dans les ventricules, dont la sécrétion avoit été attribuée par quelques physiologistes à des glandes existantes dans les plexus choroïdes.
Cette vapeur qui découle continuellement des parois des ventricules est repompée à proportion. Quelques physiologistes attribuent cet usage aux veines du plexus choroïde, mais ils ne peuvent. les démontrer ; d'autres croient que cette absorption se fait
f)ar des vaisseaux lymphatiques , comme elle se fait dans es autres cavités du corps, quoique encore on n'ait pu démontrer l'existence de ces vaisseaux dans le cerveau.
L'eau s'accumule après la mort dans les ventricules. C'est pourquoi on est toujours sûr d'en trouver
(1) Vieusscns avoit auparavant fait quelques remaiq\ies eu rieuses sur la structure de ce cylindre laéilullaire.
(2) Corps sus-spliénoïJal , Chaussier.
dans les sujets qu'on ouvre quelque temps après la mort. Par état de maladie , les ventricules peuvent aussi se remplir d'eau qui peut être diversement altérée. C'est ce que nous exposerons ailleurs.
L'existence de i'eau dans les ventricules du cerveau a été admise par les plus anciens anatoniistes : Carpi et Massa assurent en avoir trouvé en petite quantité. Charles Etienne qui ne révoquoit point en doute l'existence de cette eau dans les ventricules , disoit qu'elle avoit une légère consistance. Suivant Schneider j elle est limjjide et semblable aux larmes.
Cette diversité d'opinions donna lieu à des dissections dans les écoles. Les anatomistes disputoient encore sur la qualité de l'humeur des ventricules , lorsque Bohnius avança qu'il n'y en avoit pas naturellement. Son opinion fut suivie, et Lieutaud c^uï l'a adoptée en dernier lieu, a entraîné le suffrage de la plupart des anatomistes français. Le vrai est que naturellement il n'y a qu'une vapeur aqueuse dans les ventricules , et que par état de maladie , ou après la mort , l'eau s'y ramasse en grande quantité ; et c'est parce que les anatomistes ont confondu Pétat naturel avec celui de maladie , qu'ils ont pu se tromper à cet égard.
Du cervelet (i).
Situation. Le cervelet est renfermé dans l'espace qui est sous le repli transversal de la dure - mère , appelé la tente du cervelet , devant les fosses inférieures de l'os occipital, derrière la moelle allongée et les faces postérieures de la portion pierreuse de l'os temporal.
(0 Curebellun»
Figure. 11 est de forme globuleuse, plus étendit? d'un coté à l'autre que de devant en arrière, arrondi postérieurement et encore plus sur les côtés; on remarque sur la partie moyenne et antérieure de ses faces supérieure et inférieure une élévation arrondie, qu'on a appelée éminence vermiforme ou ver/nicul aire (i).
Les sillons qui sont creusés sur la surface externe du cervelet sont profonds et très-rapprochés , et les circonvolutions entre lesquelles ils sont placés sont très-2;rêles ; elles ressemblent à des portions d'arcade placées verticalement et ne sont pas contournées en forme d'intestin comme celles du cerveau. Il y a cependant , relativement à leur nombre et à leur direction , quelques variétés remarquables comme i'a observé le célèbre Malacarné.
A la partie postérieure du cervelet est une division, d'où résultent deux lobes, entre lesquels est placé le petit repli inférieur longitudinal de la dure-mère.
Voids. Le cervelet coupé antérieurement dans le sillon qui le sépare des laisceaux médullaires du cerveau , derrière l'origine des nerfs moteurs des yeux, n'a qu'environ lu septième partie du poids du cerveau (a).
La densité du cervelet est à peu près la même que celle du cerveau, étant considéré en général j on la jugeroit différente si l'on n'avoit égard qu'à l'excès de substance corticale sur la médullaire, la corticale étant la plus légère et étant beaucoup plus abondante que dans le cerveau: mais les sillons sont en proportion plus nombreux et plus profonds j
(1) Galien l'a connue, Columhus l'a décrite, et plusieurs anatomistes qui lui ont succédé en ont parlé avec beaucoup de détail en lui attribuant des usages extraordinaires.
(2) C'est à peu près constant , quoique Vcsale ait dit ç[u'il n'étoit que la onzième partie du cerveau.
la pie-mère le pénètre davantage et y soutient aussi proportionnellement plus de vaisseaux (i) : ce qui lait que la densité du cerveau et du cervelet sont à peu près les mêmes ; on ne peut du moins y voir aucune diiïérence établie sur des preuves solides.
Substances. On distingue dan s le cervelet les mêmes substances que dans le cerveau , la corticale ou cendrée , et la blanche ou médullaire. La substance cendrée est plus cojneuse que l'autre , ce qui est le contraire dans le cerveau : la substance blanche dans le cervelet est arrangée de telle sorte que , de quelque manière qu'on le coupe , perpendiculairement ou transversalement , on y voit des espèces de rameaux formés par cette substance j cependant, dans le cervelet coupé transversalement, on découvre des faisceaux médullaires plus larges que dans ce viscère coupé verticalement j et, dans la réunion générale de tous les faisceaux médullaires, on a cru voir une espèce d'arbre qu'on a appelée Y arbre de vie (2).
Pédoncules du cervelet. En examinant la partie antérieure du cei'velet séparé du cerveau par une coupe continuée dans le sens de la scissure qui sépare
(1) Galien avoit avancé que la substance du cervelet étoit plus dure que celle du cerveau 5 opinion que Columhus a combattue ^ que JVillis a réhabilitée pour favoriser le système des anciens sur les causes du sommeil, pendant lequel ils croyoient que le cerveau, plus mou, étoit comprimé, et non le cervelet, qu'ils supposoient être plus dur; mais Haller et d'autres anatomistes célèbres ont démontré que ces opinions étoient fausses.
(a) Douglas prétend que Cortesius est le premier qui ait parlé do l'arbre du cervelet 5 mais il se trompe, car Arantius et Varoli avoient couni» avant lui l'arrangement de la substance médullaire du cervelet, et l'avoient même comparée à un arbre. Voyez les ouvrages de ces anatomistes, et, si l'on veut, les extraits que j'en ai donnés dans V Histoire de l'anat. et de la chir ^ l. 11 , p, 447-
la partie postérieure du cervelet en deux lobes , oni| y découvre deux très - gros cordons en forme de? péduncules y de lecartement desquels résuite um espace qu'on appelle le quatrième ventricule dont: on a parlé précédemment : chacun de ces deux: cordons paroît se diviser en trois faisceaux, dont, l'un monte aux tubercules quadrijumeaux j le se-cond, qui est le plus gros, va concourir à former lai protubérance annulaire , et le troisième descend l dans la moelle épinière et s'y réunit.
De la moelle allongée.
Cette troisième partie du cerveau n'en est point séparée par des marques distinctes , elle n'est pas. non plus distinguée du cervelet j elle est commune et continue à l'un et à l'autre, et contient peu de parties qui lui soient propres j on pourroit, d'une part , la regarder comme la réunion du cerveau et du cervelet, et, de l'autre, comme l'origine de la moelle épinière.
Situation. La moelle allongée est située sur l'apophyse basiiaire de l'os occipital , derrière la selle turcique du sphénoïde , et devant le grand trou occipital , au-dessous du cerveau et devant le cervelet.
Substance. Sa substance paroît presque toute médullaire ou blanche, et on n'y remarque que très-peu de substance cendrée dans son milieu, laquelle se prolonge dans la moelle épinière.
En considérant la moelle allongée à sa face supérieure , on peut y comprendre plusieurs parties dont nous avons déjà parlé à l'article du cerveau , tels que les corps cannelés , les couches optiques , les tubercules quadrijumeaux j mais si on l'examine après l'avoir renversée avec le cerveau et le cervelet , on y remarque :
,'10. Les Jeux éminerces mamillaires (i), uniqueiieut composées de substance médullaire, qui sont iituées entre les prolongemens du cerveau, au-dessous ie l'ancrle antérieur de la voûte à trois piliers, derrière la tige pituitaire, et devant la piotubérance
innulaire. ,
2». Deux productions médullaires, situées derrière les coj ps cannelés, devant la protubérance annulaire, sont continues au cerveau, dont elles sont appelées es cuisses, cr///a cerebri (2), lesquelles vont postérieu-^ rement se réunir avec deux autres productions méiullaires du cervelet , avec lesquelles elles se confon-, ient; ce qui fait que Lieutaud n'en a admis qu'une îeule (3). Ces productions du cerveau et du cervelet, non seulement se confondent entre elles , mais encore paroissent s'entrecroiser.
Z^. La protubérance transversale annulaire (4) ou plutôt demi-annuUaire, embrasse les productions, médullaires du cerveau et du cervelet , mais plus' 3articulièrement celle du cerveau ; en elle abouissent les deux productions médullaires du cervelet , qui concourent par leur écarteraent à former le quatrième ventricule. Cette protubérance^ qui se continue sur les côtés avec les couches des nerfs optiques et les tubercules qu adri jumeaux , est logée par sa face inférieure dans la gouttière basilaire de
(1) Éminences piriformes , Chaussier.
(2) Les jambes antérieures de la moelle allongée, péduncules du grand cerveau, bras , cuisses de la moelle allongée. JVinslovi ^ Traité de la tête^ n° io5.
(3) Il a comparé celte réunion à la lettre- Y, Anat. prat. t. I, p. 5c)i .
(4) Varolî a donné à celte réunion transversale le nom de vont., parce qu'il lui sembloit que la moelle se portoit sur elle (le cerveau étant considéré de bas en haut) comme l'eau d'un canal coule sous un pont. C'est pourquoi , dit Varoli ^ clarioris doctrinae gratid app(dlarern pontem cercbelli. Anat. p. 3. Chaussier a nommé cette protubérance meso-cephale.
pi!
Vos occipital , on remarque sur la partie moyenne d« cette face un si lion qni loge le tronc de l'artère basilaire..
4°. De la partie postérieure et moyenne de Véminence transversale , sort un cylindre médullaireun peu aplati qu'on appelle la a'ueue de la moelle' 3^ allongée , lequel est continu à la moelle épinière.. On y remarque quatre éminences de diverse forme,, dont deux moyennes, qui ne sont séparées que parr api un léger enfoncement linéaire , ont été appelées; par Vieussens les corps pyramidaux. Les latérales? sont nommées , par rapport à leur ligure , les corpsi olivaircs (1) ; mais ces éminences sont si peu marquées dans divers sujets , qu'on ne peut les distinguer : dans quelques animaux , elles sont très-prononcées. Cependant on observe en cet endroit de? la moelle allongée, que les tubercules sont formési par un mélange de substance ressemblant à celui du: cervelet.
V aisseaux. Le cerveau , le cervelet et la moelle* allongée ont une grande quantité de vaisseaux sanguins. Les artères viennent des carotides internes et: des vertébrales (2). Les veines naissent des diffé-' rentes parties du cerveau, et vont s'ouvrir dans les. sinus. Nous avons déjà dit que l'inspection anatomîque ne démontroit pas des vaisseaux lymphatiques dans l'intérieur du crâne.
ne
(1) Ces tubercules sont bien exprimés dans les belles planches ^Eustachi.
(3) La quantité de sang qui est apportée au cerveau par ces artères a été différemment évaluée par les anatomistes. Malpighi la regarJoit comme le tiers, Hallcr comme le cinquième de celui qui se distribue dans les autres parties du corps j mais il est impossible de rien dire de bien précis à ce sujet.
DU CERVEAU
De la moelle épinière (i).
Etendue. La moelle épinière est un prolongement le la moelle allongée ; elle commence au trou occipital , là où finit la moelle allongée, au-dessous l'un léger rétrécissement de la partie ordinairement ippelée la queue de la moelle allongée.
La moelle épinière se prolonge jusque vers la première vertèbre lombaire , où elle fournit divers lerfs dont la réunion l'orme la queue à cheval , cauda equina.
Enveloppes^ La moelle épinière est renfermée l'abord dans le canal osseux, formé par la réunion des vertèbres , lequel est intérieurement recoiivert d'une :)0uche ligamenteuse, ensuite par un prolongement le la dure-mère , qui en est séparé , comme il a été dit plus haut , par du tissu cellulaire contenant un acis vasculaire.
Au -dedans de la dure - mère est la membrane irachnoïde qui couvre la portion de la pie -mère :|ui revêt la moelle épinière, quoique encore d'une manière ample et lâche ; cette membrane arachnoïde en se repliant dans le sillon latéral qui est le long de la moelle épinière et en se réunissant à la pie-mère, forme de chaque côté une espèce de cloison qu'on a appelée le ligament dentelé^ laquelle est interposée entre les ne ris antérieurs et les nerfs postérieurs de la moelle épinière ; la pie-mère placée au-dedans de la membrane arachnoïde s'enfonce entièrement dans la moelle épinière, et y soutient des lacis vasculaires ; elle donne des gaines aux fibres médullaires qui vont former les nerfs qu'elle accompagne encore , à ce qu'il paroît , jusqu'à leur terminaison.
Figure» La moelle épinière forme une espèce do
(i) ProloDgeniciit rachidien , Chaussivr.
corps cylindrique, plus gros dans la partie qui correspond aux vertèbres cervicales, un peu plus grêle^ vers les vertèbres dorsales supérieures et moyennes,, un peu moins rétréci ensuite dans les dernières vertèbres dorsales et dans la première vertèbre lombaire,, où elle finit par une espèce d'arrondissement d'om sortent divers faisceaux de nerfs, qui Ibrment lai queue de cheval dont il sera question à l'article des nerfs.
pans quelque endroit qu'on considère la moelle épinière , elle laisse un intervalle vide entre ellee et le canal vertébral ; on voit de chaque côté surr la partie latérale de la moelle épinière un sillon quii semble la diviser en deux portions , ou en deuxs demi-cylindres, dont l'un seroit antérieur et l'autre» postérieur : ce sillon est peu profond , et correspond au ligament dentelé.
Substances. Il y a deux substances bien distinctes l'externe qui est blanche 3 elle est la plus considérable et fournit les nerfs vertébraux : l'interne estt de couleur cendrée , mais moins foncée que cellœ du cerveau.
I/exnmcn de la moelle épinière de divers sujets,, a fait voir dans son milieu un canal grêle qui des-cendoit plus ou moins bas , et qui coinmuniquoitt supérieurement avec le quatrième ventricule j il paroîtt convenable de penser que ce canal existe naturelle nient, mais qu'il ne devient bien apparent que parr état de maladie, comme dans les sujets morts du; spina hifjida (i) : chez eux on trouve quelquefois uni canal bien formé au milieu de la moelle épinière? et dans une assez grande étendue ; c'est du moins; ce que j'ai eu occasion d'observer (2,).
(1) Voyez Mém. de l'Acad. des sciences y ^7^7} V Institut' national , 3* année.
(2) Cette remarqué viendroit à l'appui de l'opinion de quel-j-
Vaisseaux sanguins et sinus delà moelle épinière.
La moelle épinière et les meml^ranes qui la recouvrent ou qui la pénètrent, reçoivent divers vaisseaux artériels et veineux, dont nous avons déjà parlé dans leurs articles respectifs. On a vu que les artères provenoient des vertébrales , des intercostales , des lombaires , des sacrées ; qne ces artères communiquoient ensemble en avant et en arrière , avec deux artères spinales que leur situation a fait appeler spinale antérieure et spinale postérieure, dont nous avons décrit ailleurs les ramifications.
H y a aussi des veines le long de la moelle de l'épine , tant antérieurement que postérieurement , lesquelles sont plus grosses que les artères ; ordinairement elles sont au nombre de quatre qui marchent le long de la moelle épinière ; l'une est antérieure , et l'autre est postérieure, et deux sont latérales : ces veines sont assez amples pour avoir mérité le nom de sinus.
Tous ces vaisseaux sanguins de la moelle épinière ont des communications réciproques ; par les trous de conjugaison du canal vertébral , les veines en sortent et les artères y entrent, si on a égard à la circulation du sang : de cette manière il y a une communication entre les vaisseaux sanguins de l'in-
ques anciens anatomistes qui ont admis un canal au milieu ds la moelle épinière. Charles Etienne ^ en décrivant cette partie ^ dit qu'il y a un canal, qui se propage du cerveau dans la moelle épinière, et qui se remplit quelquefois d'une liqueur jaunâlre *. Columhns a comparé ce canal à une plume à écrire **. Piccolhomini ^ Bauhin^ JMalpighi ^ ont admis ce canal -
* Ceu ventriculus ipsus de dissecl, partium , p. 337. ** JJe re anal. p. iSq.
*»* Voyez notre Hist. de l'anat. t. VI, p. 348.
€4 ANATO mie" MÉDICALE,
térieur du canal spinal , et ceux du dehors , soit du cou, de la poitrine, du bas-ventre ou du bassin:: de sorte qu'il y a des communications nombreuses^ entre les artères et entre les veines. C'est par ces, mêmes trous de conjugaisons des vertèljres qui donnent^ passage aux vaisseaux sanguins , que les nerfsj vertébraux sortent du canal spinal pour se répandre; dans les muscles du tronc et des membres.
Le cerveau, la moelle allongée et la moelle épiïiière donnent naissance à tous ces nerfs, à l'exception du grand sympathique , que ces nerfs euxmêmes paroissent former. Nous ne nous permettronss pas d'indiquer ici leur origine en particulier, pourne pas répéter ce que nous avons exposé plus loini d'une manière assez détaillée.
Remarques sur la circulation du sang dans le cerveau et sur' le mouvement de ce viscère.
Les raisseaiix sanguins de la moelle épinière communiquantt avec ceux du cerveau, du cervelet et de la moelle allongée, ill en résulte qu'après que le sang a été apporté dans ces parties parbeaucoup d'artères, il coule dans les veines, et de ces veines! dans les sinus , les artères ne s'y ouvrant pas directement comme; les anciens anatomistes l'avoieiit cru. L'amplitude de ces sinus,, relativement aux veines et à leurs contours, pourroit faire croireque la circulation du sang s'y fait plus Irnfoment qu'ailleurs 1 d'oii paroîtroient aussi devoir provenir de fréquens engorgemensï «le sang dans le cerveau et dans la moelle épinière : mais heu-reuseraent aussi que l'on doit être rassuré à cet égard quand oni considère les nombreuses communications des sinus du ct^ry^am et de la moelle épinière entre eux, et avec les veines nombreuses i qui en exportent le sang.
Indépendamment des obstacles qui paroîtroiont devoir s'opposer à ce cours du sang daiis le cerveau et dans la moelle' épinière , il faut encore savoir que le sang éprouvant, pendant le temps de l'expiration, une grande difiicullé de couler dans la veine-cave supérieure , sa circulation s'arrête, ou du moins est diminuée dans ce gros vaisseau pendant ce temps de la respiration, , et qu'il reflue encore dans les veines sous-clavières et dans les veines jugulaires; d'où résulte un mouvement à chaque expira-tion avec gonflement apparent dans les veines du cou.
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îi i; c K n 'Vie A u. ' 65
. 'Le reflux (la sang veineux se propage jusque dans les Teilles et dans les sinus de la masse cérébrale qui est gonflée i au point de soulever le cràiie dans les portions où il n'est encore que carlilagincux , comme an» lonLaiielles des enfans, et de s'insinuer dans des irous contre natître s'il y en a , comme après l'opération du iTi'pan ou après certfl~i3<3s /raclures.
Les m(nivemens (lu cerveau ont été connus des anciens médecins , qui en ont d'abord attribué la cause à l'action de la duremère, mais sans aucun fondement , pisisqùe cette racraiirane n'est nullement nuisculiiiro , et qu'elle est adliérente à toute la surface du crâne; d'autres ànatomisles l'ont voulu trouver dans le m'-'uvement des artères (i) : mais cette opinion tombe d'ellemême , si l'on considère que les dilatations des ar ères sont beaucoup plus fréquentes que le soulèvement du cervedu n'a lieu f et que la dilatation de ces artères , comme Vicq-d'Azyr l'a remarqué , ne peut jamais être assez grande pour soulever la masse lu cerveau. . ■
Schliting ^ anatomiste hollandais , est le premier qui ait bien observé que le mouvement du cerveau avoit un tel rapport avec celui du poumon, qu'il se gonfloit lorsque celui-ci éioit rétréci jend Jnt l'expiration . et qu'il s'affaissoit lorsque le poumon étoit ^onlié; pendant l'inspiration (2 ) } d'oii il résulte, comme le remarque ce célèbre anatomiste, que les mouvemens du cerveau ;t du poumon sont liétérocrones.
Mais d'où peut provenir un tel mouvement dans le cerveau? Haller et Lamure en ont reclierclié la cause j et voici le résultat de leurs observaiions sur les animaux vivans. Ils ont prouvé par 2es expériences que le soulèvement du cerveau provenoit du re- Iwx du sang de la veine-cave supérieure dans les veines ju^uaircs, dans les veines el dans les sinus du cerveau (3). Le résultat [les recherches de ces deux anatomistes ayant paru à peu près lans le même temps, il est difficile de décider lequel des deux es a faites le premier , chacun les revendiquant en sa faveur (4).
(1) CharleloUf Zypœusy Coiter, Kicherand.
(?) De motu cerebri , 1744, Acad. des sciences, Mémoires des sa'.'ans Hrnngcrs , p. 1 13.
Lorry a admis deux mouvemens dansle cerveau , dont l'un répond à relui, lu tœur, et l'autre k celui de la respiration, ^cad. dea scietic. Mémoires dos savons étrangers , t. JII, p. 277.
(/)) Haller, Elément, physiol. T. IV, p. 711. Lamure , Mém. des savans UrnngerSf yicad. des sciences , 1749-
(I) Nous avons réitéré ces expôriencee en 177J, au collécre dcTrance,
66 A N A T O M ï E MÉDICALE,
Cependant comme le crâne est toujours rempli par le cerveau, et qu'il s'oppose à son expansion , les mouvemens de ce viscère ne peuvent avoir lieu que lorsqu'une portion de ses parois n'a pas assez de solidité jiour résister à son gonflement , ou qu'il y a quelque ouverture au crùne. C'est ce qui a fait dire à Fabrc que les mouvemens du cprveau n'avoient pas lieu dans l'état naturel CO-
Cette diversité d'opinions et l'importance du sujet m'ont déterminé à faire dès recherclies sur cet objet, ainsi que sur les. EQOUvemens qui pourroisnt avoir lieu dans la moelle épinière (2). Elles m'ont appiis que ce n'est pas le cerveau seul qui se gonfle ou tend à se gonfler pendant l'ejtpiration , mais que la moelle épinière se gotifle aussi.
J'ai vu un enfant né avec un spina biffïda ayant son siège à peu de distance du crâne dans la partie supérieure du canal vertébral; on y observoit manifestement un gonflement toutes, les fois qu'il expimit , et ce gonflement étoit d'autant plus grand , que l'expiration étoit plus violente. Cet enfant étant mort , je l'ouvris, et je trouvai dans le milieu de la moelle épinière un canal aussi gros que celui d'une plume ordinaire, plein d'une eau rousaàtre : il communiquoit avec le quatrième ventricule du cerveau , qui étoit rempli du même liquide , ainsi que les autres ventricules . de ce viscère.
En ouvrant avec précaution le canal vertébral à sa partie postérieure et supérieure, dans des cliiens et dans des chats qui vieimenC^j de naître, on peut observer, mais non pas à la vérité d'une ma-nière aussi apparente, ce mouvement alternatif d'affaissement: et de gonflement de la moelle épinière qui correspond à celui; du cerveau, et que l'on voit assez distinctement pour n'en pas; douter.
Ce mouvement de la moelle épinière ne paroît avoir lieu qu'âi sa partie supérieure , ou du moins je n'ai pu l'observer ni dansi le spina hifjîda survenu à des parties inférieures du canal ver-tébral , ni dans les animaux vivans lorsqu'on leur a ouvert lai colonne vertébrale au-dessous des trois ou quatre vertèbres cervicales supérieures.
Ne pourroit-on pas croire que ce mouvement a toujours lieui
et elles nous ont olfert les mêmes résultats. Voyez quelques expériencosi sur ce sujet tlaus le Précis de mon cours de phytiol. Méin. t. 11, p. 2^3.
(1) Essais sur diffûrens points de physiologie, in-8", 1770-
(2) F'oyezmes observations, ^cad. des sciences , 1767, et mon niémoir»' s\ir cet objet, lu à l'Institut national le 26 renfose au 4, et iuii<iimé d;m« t lo prsttiier volume ila la Sociéttt tl'cmtilatiou ilc médecine.
D U C E R V E A TJ. 6/
«lans l'état naturel? La moelle épinlère étant beaucoup moins volumineuse que le canal vertébral n'est ample , rien ne s'oppose à ce i;onflem«?nt.
Il n'eu est pas de même à l'égard du cerveau , qui remplit si exactement la cavité du crâne , sur-tout chez les enfans , qu'il n'y a pas d'interstice qui puisse en permettre le gonflement , lequel aussi n'a lieu que lorsqu'il y a quelque trou au crâne , ou lorsque ses parois sont restées amincies dans une certaine étendue par un défaut d'ossification.
Cependant à chaque expiration les veines cérébrales tendant à se gonfler, la substance du cerveau retenue par les parois du crâne seroit nécessairement comprimée , si le sang ne refluoit dans les veines vertébrales, et n'occasionnoit dans la moelle épinière, d'une manière effective, le gonflement qu'il ne peut produire dans le cerveau par rapport aux obstacles qui s'y opposent j ce qui diminue ainsi les effets de la compression de la substanc» cérébrale pendant l'ex])iration , et empêche que nous soyons aussi sujets à l'apoplexie que nous le serions sans cette admirable précaution de la nature. L'homme eût-il pu conserver^la vie qu'il avoit reçue d'elle, si elle n'eût prévu les funestes effets de la compression du cerveau contre les parois du crâne ? Or , c'est ce que fait le reflux du sang dans les veines vertébrales ; elles peuvent se dilater et gonfler eu même temps la moelle épinière dans la substance de laquelle elles sont placées , sans qu'elle ijprouve aucune espèce de compression , parce qu'elle est logée dans un canal qui en permet facilement la dilataiion 5 ce que le crâne ne fait pas à l'égard du cerveau, puisque celui-ci le remplit exactement. La nature est aussi admirable dans les moyens dont elle se sert pour conserver les êtres qu'elle a formés , qu'elle l'est dans ceux qu'elle emploie pour les produire.
De la sensibilité du cerveau , du cervelet , de la moelle allongée et de la moelle épinière.
Ces parties sont douées de la plus vive sensibilité, comme 'ont tant de fois prouvé les expériences que les anatomistes ont faites sur les animaux vivans , ainsi que les observations pathologiques recueillies par les médecins.
C'est de ces organes que la sensibilité s'étend dans les autres parties du corps humain par le moyen des nerfs qui en émanent et qui jouissent de la même sensibilité.
Cepentknt des deux ^substances corticale et médullaire du cerveau , de la moelle allungée , du cervelet et de la moelle
épinière , il n'y a que la médullaire qui soit réellement sensible ^ et l'oQ sait qu'elle seule forme les nerfs par ses divers prolongemens, et que parmi les parties sensibles du corps . cellfs qui reçoivent le plus de nerfs ou dans lesquelles ces nerfs sont plus à nu , jouissent d'une sensibilité bien plus exquise que h 9 autres.
La moelle allongée , formée par le concours de la substance médullaire du cerveau et du cervelet, est la partie du corps humain la plus sensible et celle à laquelle toutes les sensations, paroissent se rapporter. Y a-t-il quelque observation qui prouve qu'elle ait été altérée dans sa substance sans que la mort en ait été la suite ? et si le principe de la vie est concentré dans quelque partie du corps , n'est-ce pas dans la moelle allongée qu'il faut le fixer (i) ?
Gelte opinion nous paroît mieux fondée que celle de ceux qui ont voulu établir le siège de l'ame dans les anfractuosités (2) du cerveau , dans les corps calleux (3) , dans le scpiurn iHcidum (4) » dans la glande pinéale (5) , dans le pont de Varole (fi) , puisqu'on a souvent trouvé ces parties malades seules ou conjointeaient avec d'autres , sans qu'il y eût eu la moindre affection de l'ame , au 1 lieu que jamais la moelle allongée n'a été sensiblement affec- ■ tée , sans que les fonctions de l'ame n'aient été troublées , et que i la mort ne soit bientôt survenue (7).
Toutes nos sensations , et même les fonctions des diverse» i
(1) Lorry, u4cad. des sciences, Savanf ■étrangers , t. III.
(2) Columbus * a réfuté cette opinion. Si elle étoit vraie , dî.soit cet! aiiatomiste célèbre , les ânes, aiiroiont l'iinagination la plus biillante ,'. car ils ont les anfractuosités du cerveau les plus profondes. On ponrnritt ajouter que, dans les cnt'ans qui ont le plus d'imagination , les anfracituosités sont beaucoup plus superficielles que dans les Yieillanls, cliczles-quels l'iniagination est presque éteinte. \ ■ |
(3) Bontekoë , Oper. om. 1689, in-ij"- Lapeyronie , jicai. des sciences ,,1 J7j.2 ; Louis , £ssai sur la nature de l'ame : Paris, 1746, in-ia ; Godarc,, la Physique de l'ame, in-12; lyJO ; et autres.
(4) Duncan , Explicat. nouv, et mécanique des fonctions animales. Paris,. 1678 , in-12.
(5) Galien , Descartes,
(6) Molinetti, De sensibus, p. 90.
(7) Hippocraie regardoit le tcrvcau en général comme le siège de l'ame : De glandulis , lib. I. Platon disoit que les liens de l'anic etoiciU dans ],i moelle épiniére ; ^ristote préteudoit i|ue son siège ('toit dans la pni- • trine ; f^an-Helmont ** a fixe Je siège de l'ame ou de son ^rchée dans ia . tégion épigastrique. Fabre, dans le plexus solaire.
* De Pc anat, p. 190.
•» Oputc. med. 1644, in-8".
D ir C E R Y E A U". ^9
parties (lu corps , que les pliysiologistcs ont divisées en ritales, spirituelles et animales, sont des effets de la sensibilité.
L'état de veille consiste dans l'exercice des fonctions volontaires , pendant lequel les impressions des objets extérieurs se leprésentent à l'ame et en sont perçues : l'homme est à peu près deux tiers de sa vie dans cet état (i).
Pendant le sommeil , les fonctions volontaires sont suspendues ^ et l'ame ne perçoit plus l'impression des objets extérieurs; l'assoupissement raorbifique est un sommeil qui peut être plus ou moins profond et plus ou moins prolongé.
La mort est l'extinction de toutes nos fonctions. Dans l'aspliixie qui est l'image de la mort, il n'y a qu'une suspension de ces fonctions , du moins apparente.
Mais pour que le cerveau, le cervelet , la moelle allongée, la moelle épinière et les nerfs remplissent les éminentes fonctions auxquelles la nature les a destinées , il faut qu'ils soient dans leur état le plus parfait; la moindre lésion pouvant les troubler d'une manière plus ou moins grave. Nous nous bornerons à donner un précis des affections morbifiques que les ouvertures des corps ont fait reconnoitre dans ces parties.
Résultat de l'observation , par Fouverture des corps , des affections morbifiques du cerveau , du cervelet ^ de la moelle allongée et épinière.
1°. Des collections d'air, d'eau , et de matières gélatinifornies dans le crâne et dans le cerveau ;
a**. Des engorgemens des vaisseaux sanguins du cerveau, ou de* ëparchemens de sang dans ce viscère et dans le crâne ;
3". Des engorgemens composés de diverses substances}
4°. Du cerveau enflammé;
5°. Des indurations du cerveau ;
6". Des abcès ;
7°. Des ulcères ;
8". De la gangrène j
9°. Des plaies ;
(i) L'enfant tlort dix-huit à vingt heures sur vingt-quatre, les premiers mois de sa naissance , et peu k pou il dort moins ; vers l'âge de deux à quatre ans, il dort presque autant de temps qu'il veille; il ne dort que nerd a dix heures de quinze à vingt ans. Le reste de sa vie , l'homme prend sept a huit licurrs de sommeil sur vingt-quatre; dans la verte vieillesse , il dort cinq a six heures; mais dans k vieillesse décrépite, il dort presque coutmucucment.
10°. Corps étrangers trouvés dans le crâne et dans le cerveau; 11°. Auf^nieritation et diminution de volume du cerveau ; J2°. Changement de couleur 5
i3°. Quelques remarques sur les maladies plus particulières du cervelet 5
i4°. Sur celles de la moelle allongée ; j5°. Des lésions de la moelle épinière.
1". Collection d'air ^ d'eau ^ de matières gélatiniformes et' autres sur le cerveau^ le cervelet^ la moelle allongée , et dans l'intérieur de ces organes.
Les observations recueillies par les médecins et par les anatomistes ont prouvé que ces diverses collections pouvoient a\t>ir • lieu, et occasionner les accidens les plus graves, dont les convulsions et enfin l'assoupissement mortel étoient ordinairement le terme funeste.
Ces collections peuvent avoir divers sièges séparément ou plusieurs à la fois entre la dure-mère et l'arachnoïde , entre celle-ci et : la pie-mère, enfin dans les cavités de ce viscère, ou dans sa propre substance.
Collection d'air- Ce ne sont pas seulement les vaisseaux sanguins, artériels et veineux du cerveau, qu'on atrouvés pleins d'air j, on a encore trouvé de l'air entre les membranes qui recouvrent ce •■ •viscère , au point de les soulever et de les séparer l'une de l'autre; d'une manière remarquable.
Willis est un des premiers qui ait voulu qu'on distingUcàt ces collections d'air du simple goiilleraent des vaisseaux par l'airmême, elles observations ont réellement démontré qu'elles peu-vent avoir lieu séparément ou à la fois.
Ces collections ont souvent été compliquées de celles d'eau,, de sang et d'autres matières.
Selon J.ieutaud (1) , une fille qui avoit éprouvé une douleur de tête très-violente pendant une fièvre tierce, et qu'on croyoit: avoir guérie par des saignées copieuses, mourut subitement d'une: syncope dans le moment où elle paroissoit être dans le meilleur' état. On trouva les vaisseaux du cerveau pleins d'air , ainsi que? les plexus choroïdes. Morgagni a cité divers exemples de la collection d'air dans les vaisseaux du cerveau , entre ses mem- ■ branes, ainsi que dans ses cavités. \\
Cependant on voit, en lisant les ouvrages de Morgagni ^ de Lieutaud et d'autres anatoniistes , que presque toujours les collections aériformes dans les vaisseaux sanguins du cerveau ou
(1) Hist. anat. med. p. m, obs. 55.
DUCERVliA.r. 71
hors d'eux , ëtolent compliquées d'engorgemeus aqueux (1) , gélatiniformes ou sanguins , et même encore a-t-on. trouvé dans ces sujets des collections aériennes duns d'autres parties du corps , dans le cœur, par exemple, comme Senac l'a fort bien rew marqué.
Mais cet air s'étoit-il développé pendant la vie , ou ne s'étoit-il dégagé qu'après la mort, des humeurs dans lesquelles il étoit contenu? ce dernier effet a toujours lieu pendant la putréfaction : mais pourquoi l'air ne se ramasseroit ~ il pas dans quelques endroits du cerveau , puisqu'il se fait des collections d'air en d'autres parties du corps?
Ce qu'il y a de bien assuré , c'est qu'on peut faire périr d'apoplexie des animaux en leur introduisant de l'air dans quelquesunes de leurs veines. C'est ainsi qu'a péri un chien , dans la veine jugulaire duquel je fis introduire de l'air (3). Wep/hr, Camerarius , Rhcdiy se sont convaincus que les animaux dans lesquels on introduisoit de l'air dans les vaisseaux sanguins , périssoient d'apoplexie.
Est-ce par une trop grande absorption de l'air atmosphérique par les poumons, que les vaisseaux sanguins s'en surchargent quelquefois? ou est-ce qtie cet air, sans être absorbé en trop grande quantité , pourroit, par une cause particulière , se dégager dans le cerveau ? Ces opinions pourroient trouver des partisans ; ou en a encore soutenu bien d'autres qu'on n'a pas mieux prouvées.
Collection d'air dans les \>entricules du cerveau. Les obser- Tations ont démontré qu'il y avoit souvent de l'air ramassé dans les ventricules du cerveau , d'où résulloit une gêne dans la circulation du sang 5 ce qui a fait que, dans de tels sujets, les vaisseaux de la tête en général, tt ceux du cerveau en particulier, en étoient plus ou moins pleins; mais, de plus, que cette collection d'air étoit réunie à celle de Teau infiltrée entre les enveloppes du cerveau ou dans les ventricules de ce viscère ; ce qui donne lieu à une compression ou à une distension de la substance cérébrale et de l'origine des nerfs : et de-là des affections soporeuses ou convulsives qui se succèdent , et qui sont Souvent réunies
Dans plusieurs cadavres disséqués dans mon amphithéâtre , j'ai vu l'arachnoïde soulevée et séparée de la pie-mère par de l'air ramassé sous elle , j'en ai trouvé dans les plexus choroïdes; mais comme presque toujours ces collections d'air existent dans des
(1) Morgafrni , lib. I, Epist. anat. med. art. 17.
(2) Voyez les Expériences de mon cours de physiologie au collage de France en 1771.
carlavres atteints de putréfaction, ces observations portent pnr de lumière sur la nature des maladies (i).
Collection d'eau. Elle peut avoir divers sièges, entre !a dure— mère et l'arachnoïde, entre celle-ci et la pie-ruère , entre cotre tuniqus et la substance du cerveau, dans la propre texture da ces menibrani s et dans celle du cerveau ou dans ses cavités.
Sauvent l'eau est renfermée dans des hyd.ifides nombreuses , éparses en divers endroits; mais plus fréquemment ces hydatidts ont leur siège dans les plexiis choroïdes.
J'ai trouvé des kistes de la grosseur d'un œuf de poule dans la substance du cerveau, du cervelet et de la moelle allongée} ils étoient pleins d'une humeur séreuse llmpiHe, et d'autres f:ns d'une humeur gluante, visqueuse, et d'une couleur plus ou moins brune.
J'ai vu des kistes, dont l'épaisseur des parois ëtoit de plusieurs lignes, et qui avoient la dureté de la corne 5 la membrane interne des ventricules du cerveau acquiert aussi quelquefois cette épais-seur et cette consistance.
Mais on trouve souvent un plus grand nombre d'hydatides dans les plexus choroïdes; leur nombre est quelquefois prodigieux , tt alors elles sont petites; d'autres fois moins nombreuses, elles ont la forme de grains de raisin plus ou moins gros , et souvent elles contiennent plus ou moins de liquide, sans qu'il y en ait una goutte d'épanchée dans les ventricules ni dans le crâne : cependant on a trouvé aussi des hydatides dans les plexus choroïdes di s individus dont les ventricules du cerveau étoient pleins d'tau.
Mais que ce liquide soit épanché entre les membranes du cerveau, dans les ventricules , dans sa substance , ou qu'élis soit renfermée dans des kistes , la substance médullaire est alors plus ou moins fortement cojnpriniée et plus ou moins vitej et les wymptômes qui sont la suite de cette compression surviennrnt j)ar conséquent avec pins ou moins de promptitude et d'intensit
Ces svm[)tômes sont les douleurs de tête plus ou moins violentes, des Tertiges, des mouvemens convulsifs (2) , l'épilepsie (5), l'engourdissement ou la stupeur, la paralysie (4) de quelque membre ou de la moitié du corps , souvent du côté opposé à l'endroit du cerveau malade.
L'iiydropisie du cerveati est extrêmement commune, sur-tout dans les petits enfans : il y a même des familles dans lesquelles
(1) Morgagni , De sed. et caus. morb, Epist. XII , art. i3,
(2) Lieutaud, obs. 32o , 323, 3fl4, 334.
(3) Ibid. Obs. 363.
(4) Sauvage, Nosol. Lieutaud, 378,
cette malaJie est si fùchpuse , qu'elle les enlève tous et à d^is époijues ])rtsi]iie fixes , à i'age de deux ans à deux ans et dtniij peiuliuit la dtntilion (i).
Elle existe souvent seule, sans qu'il y ait des infiltrations dans les antres parties du corps ; mais plus fréquemment elle eue compliquée avec elles , et souvent elle su va ienl lorsque celitis-ci cessent ou diminuent par une espèce de métastase.
Il est difficile d'évaluer la quantité d'eau qu'on a trouvée dans le cerveau des hydrocéphales (2), sur-tout dans les jeunes enfans, ])arce que les os du crâne , principalement ceux de la calolte j peuvent alors singulièrement s'agrani3;r, et les sutures s'écarter et laisser un intervalle plus ou moins graîid 5 la substance membraneuse du crâne n'étant point encore ossilîée , peut être plus ou moins bombée et soulevée par l'eau.
On en a trouvé environ une livre dans le crâne d'un prfant de sept ans (3), trente-six onces dans la tête d'un enfant d'un an (4) , six livres dans celle d'un de deux ans (5), chez lequel le cerveau ctoit extrêmement petit. La même quantité d'eau étdît contenue entre l'araclmoïde et la dure-mèie d'un enfant de treize mois (6).
On trouva huit livres d'eau dans les grands ventricules du cerveau d'un enfant dont la tête avoit acquis un volume incroyable, et qui éloit mort d'un sommeil léthargique (7) 5 la même quantité d'eau a été trouvée dans un autre enfant dont le cerveau étoit étonnamment gonflé (8). La tête d'une fille de onze ans contenoit dix livres d'eau (9) ; enfin, on en a trouvé jusqu'à treize livres dans un enfant de huit mois (10). Celte eau étoit ramassée dans les ventricules du cerveau , et les avoit tellement dilatés , que ce viscère formoit un sac dont les parois
(i) C'est ainsi que diverses familles ont perdu sous mes yeux plu<,if>nrs cnlans. ployez une observation propre k LieiUaud , part. ïll , SyS ; JJ» hydrop. cereùii. C. Ludw'sy^. Lips. 177.}.
(a) Kaltsclimidt , De hydiocephalo interna, 1742.
(3) ^cad. des scienc. Hist. anat. med. 342.
(4) Mélanges des curiéux de la nature. Lieutaud, 3 16.
(5) Transact. philosoph. Lieutaud, 333.
(6) Lieutaud, 341.
(7) Jbid. 327.
C*) Manget, ibid .33i.
(9) Manget, ibid 32i.
(10) Mùlatigcs des curieux de la nature, 32<k
74 An A TO MIE MÉBICALE,
«toient très - amincies 5 ses circonvolutions et ses anfracluosiléli étoient effacées (i).
Quoique dans <\\vers enfins rncliitiqnes les affections de l'ame ne soient pas émoussées , et même qu'au contraire elles aient souvent plus (rénergie , il y en a cependant qui deviennent stupides par des dégradations assez remarquables (2) dans les facultés intellecluellcs, et ils tombent dans l'engourdissement.
Cette Iiydropisie du cerveau a été souvent précédée de quelque vice scrojdiuleux , scorbutique, dartreux , psorique , de coups à la tête (3) , d'abcès supprimés en diverses parties du corps (4), delà plélliore sanguine (5), de catarrhes (6), d'une disposition caclipctique (7); cliez les enfans, elle est survenue après la suppression de la raclie, de la teigne , par des vices de la dentition, et souvent du rachitisme.
L'hydropisie du cerveau est aussi quelquefois la suite de l'inflammation de ce viscère , comme cela est bien prouvé par les résultats consignés dans les auteurs : il seroit ])eut-être inutile d'en rapporter des excm|)les. Je dirai cependant que j'ai vu deux malades atteints de la fièvre la plus aiguë avec délire , qui ont paru avoir été parfaitement guéris par des saignées copieuses , par des boissons humectantes et rafraîchissantes , par de doux purgatifs sur la fin de la maladie. L'un d'eux a, quatre mois après , éprouvé des étourdissemens fréquens , des vertiges , de la douleur gravative à la tête; l'enflure survint aux pieds j la vue s'affoiblit; il devint sourd, et mourut subitement.
On a trouvé dans le cerveau beaucoup d'eau épanchée , les plexus choroïdes contenant jilusieurs hydatides de différentes grosseurs. Il y avoit dans divers endroits de la substance cérébrale , sur-tout vers les hémisphères antérieurs , des indurations squirreuses.
L'autre malade , qui avoit été aussi atteint d'une inflammation du cerveau , périt un an après d'une affection comateuse. J'ai assisté avec Bonvart à l'ouverture de son corps, qui fut faite par Deidier ^ chirurgien, rue Montmartre; on trouva beaucoup
(1) Jhid, 334. Voyez les remarques ^ Hunauld , u4cad. des sciences, 1740»
(2) Liout.nul , Hist. anat. ined. obs. 328, 359.
(3) Obs. 343, 35o, 355, 356.
(4) Obs. 346.
(5) Obs. 34^, 345, 378.
(6) Obs. 383.
(7) Obs. 4o3.
DUCERVEAIT. 7^
^Vau dans le péricarde , dans le cerveau , et on observa une induration squirreiise dans la moelle allongée.
L'iiydropisie du cerveau est aussi fréquemment réunie aux engorgemens : tantôt c'est la portion du cerveau qu'on nomme la glande piluitaire qui est plus compacte, seule, ou conjointement avec les quatre tubercules quadrijumeaux ; tantôt ce sont; la voûte à trois piliefs , les couches optiques , les corps cannelés , la protubérance annulaire, nu enfin diserses parties des héniispières du cerveau ou du cervelet, qui sont beaucoup plus durs que dans l'état naturel.
J'ai disséqué attentivement plusieurs cerveaux inondés d'eau > dont la substance étoit presque j)ar-lout très - ramollie : et cependant , au milieu de ces grands ramoUissemens , on trouvoit des indurations squirreuses plus ou moins grosses ; indurations qui pourroient être regardées comme la première cause de l'hydropisie , plutôt que la dissolution du sang, qu'on a si souvent supposée.
N'est-ce pas à l'induration qu'on doit aussi attribuer la cause de l'hydropisie du cerveau commune aux vieillards, jointe chez eux à la diminution d'irritabilité du cœur et des artères qui poussent le sang avec moins de force dans le cerveau que par tout ailleurs; non parce que ces artères sont dépourvues de fibres musculaires, comme on l'a dit, mais peut-être parce que ces vaisseaux y étant tortueux, nombreux, et la substance cérébrale qui les entoure, incapable, par son action, d'aider la circulation du sang , elle doit être singulièrement ralentie dans ce viscère.
J'ai plusieurs fois trouvé des indurations dans le cerveau de ceux qui avoient des concrétions stéatomateusps en d'autres parties du corps ; je ne doute même pas qu'il n'y en ait dans cet organe de la même nature, sans quelquefois qu'on puisse en découvrir ailleurs : et combien de maladies ne proviennentelles pas de l'induration vraisemblablement scrophideuse du cerveau ! Les épilepsies , les manies même, qui se transmettent dans les familles, ne viennent-elles pas de cette cause?
Les indurations du cerveau, du cervelet ou de la moelle allongée, sent tantôt avec diminution de volume de ces parties (i), et tantôt avec augmentation ; ce qui peut mériter quelque attention , comme on le remarquera plus bas.
On voit, par ce qui vient d'être dît, que la collection d'eau
(0 11 ne remph.ssoit pas la douzième partie du crâne dans un hvdroc«iphale dont ?FepJer ^ donné l'iiistoirc. Lieutaud, obs. 327, réduit presque à rien , ibui. 336. Notes de Leipsilt.
è,ins le crâne et dans le cerveau est l'effet de diverses cauies «?» lUaiit connoitre pour les combaitre, et pour les prévenir, i-d est possible 5 car quel remède seroit assez efficace pour guérir, des hydinpisies du cerveau, quand, iiidépenJamment de l'eau, 4U1 laoïuîe ce viscère, il est désorganisé dans sa substance, et; à un tel point, qu'il ne forme souvent qu'une masse moHe comme une bouillie, dans laquelle on ne peut différencier les tubstn nées corticale et médullaire?
I)'aiitr( s fois cette niasse cérébrale même est recouverte d'une sî i grand»- quantité d'eau, qu'on peut à peine la découvrir. Dans quelcp>?s hydrocéphales, les substances du cerveau sont ramollies eaieinbleou l'une d'elles seulement, sans circonvolutions extérieurerneut, ou du m^iins elles sont très-peu profondes (1), Les ventricule^ sont quelquefois siamp.les, et les parois du cervtau si amincies, qu^elles p-iroissent être détruites supérieurement ; la pie-mère eu forme seule la paroi : alors on ne pourroit faire la plus petite incision au3^^ membranes du cerveau, sans plonger l'instrument dans les ventricules latéraux du cerveau , qui soht excessivement amples et confondus ensemble, de manière qu'ils ne forment sou- \e;it qu'une seule cavité.
Quelques auteurs ont cru qu'en pareil cas on pourroit donner issiie à l'eau renfermée dans la tète par une ouverture faite au crùue. Mais comment conuoitre que la disposition des parties est telle, (ju'on puisse recourir à une pareille opération ? On ignore ssrémw souvent s'il y a épaiicliement : et si on croit en être convitincu , comment saura -t-ori où il est? Ambroise Paré^ qui no s'esi jamais laissé conduire par des conjectures , et sur-tout pn des cas graves, s'est fvirtement récrié contre ceux qui avoient projM>sè d'ouvrir le crâne en j)areil cas.
Cependant, nonobstant les remarques judicieuses de ce grand chirurgien contre cette o])éralion , on a cru devoir y recourir dans un enf.int; mais elle fut bientôt suivie de convulsions dont il périt peu de temps après (2).
Le cautère, qu'on a employé pour ouvrir le crâne d'un enfant hydrocéphale , n'a pas eu un plus heureux succès (3) ; et comment eût-il pu en avoir? L'affaissement seul de la substance mé^luUaire ( fût-elle bien saine) sur, elle-même ne produiroit-il pas la m.orl, ? l'évacuation d\ au qu'on procureroit par l'opération détruircit-elle les causes qui l'ont produite , et qui la reproduiront
(i) Obs. (l'flunaukl , Acad. des sciences, 17^0. (a) Schenhius , obs. ined. lib. I.
Grubel , Éphéin. des curieux de la nature, n" C. dec. a.
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rîe nouveau ? il n'en seroit peut-être pas de même dans de légères infiltrations du cerveau: le moxa pr:urroit peut-être èlre utile, et sur-tout s'il étoit secondé de reinèJos intérieurs appropriés à la cause du mal qui est si Variée et souvent si difficile à connoîire,
La qualité , la couleur et la consistance de l'eau épancht-3 dans le cràhe et dans le cerveau, ne sont pas toujours les mêmes.; car si l'eau est ordinairement douce au goût on plutôt sans saveur, d'autres fois elle a un goût véritablement salé. Elle aTOÏt' de l'acrimonie dans des sujets morts d'apoplexie ou de convul-sions , donc Morgagni (^\) ^ Lietitaud (2) et autres anatomistes nous ont transmis l'histoire 5 acrimonie qu'on a cru provenir, peut-être gratuitement , des maladies cutanées , telles que les dartres, la gale , les érysipèles , ou qu'on a attribuée k un reflux de bile du foie malade, à quelques abcès ou ulcère externe ou interne supprimés (3) , dont la matière a été transportée dans l'intérieur de la tète.
Mais ])lus souvent ces congestions aqueuses sont les effets d'une disposition scrophuleuse rachitique, et sur-tout chez les enfans et dans quelc|ues familles particulièrement, comme nous l'avons déjà dit ; quelquefois elles sont l'effet du vice artiiritique. - *-' J'ai reconnu l'odeur d'urine dans un épanchement d'eau qui s'étoit fait dans les ventricules du cerveau d'un homme mort d'une suppression d'urine.
L'eau épanchée dans ie crâne (4) et dans les ventricules , au lieu d'être diaphane, claire, est qtiel(]viefois trouble (5), jaunâtre (6) , rougeâtre , et quelquefois de différente autre couleur.
Engorgement du cerveau par des matières gélatinif ormes (7).
Au lieu (l'eau dans la cavité du crâne et dans le cerveau , on y trouve quelquefois une humeur géjatinifornie , d'un gris-blanc comme la gelée de yiande , et qui a j-lus ou moins de consistance.
'''(i) 'ï>e sed. et caus. morhor. Epist, XVIII, art. ii ; Epist. V, i3.
{■i) .4qua subsaha ; Hisu ariht. -'k-èdy bhs. 3i6. Seri subsaisi instU. ïîtmn. ibi<t. S'/o. 1 i ■.• ,.„ :, .
(3) Mes observations cliniques m'ont fourni dea exemples non équivoques «le ce genre. - ^ *
(4) Avec transparence du eràne. y4çad. des sciences. Lieutautl, obs. 319.
(5) ^qiiœ turbidœ plenissiina , .Morg^igni et LieuCaud, obs. 872.
(6) Barrcre, Lient and , obs. 382, 356.'
(7) Lieutmid a distingué pnr deuj: articles les conâestions elutinenses «les conoeshons muqucu.ses , n>.1is non pRv des signes assez caractiristiqucs : yalsali'a, Morg^i^'u, /f^cjijcr , les ont conloiulues.
J'ai vu plusieurs cerveaux qui en étoient recouverts, sans qu'il' y en eût dans les ventricules 5 j'en ai trouvé d'autres dont les ventricules étoient pleins d'une pareille humeur, sans qu'il y en eût entre les membranes de ce viscère; et quelquefois sa quantité est si considérable, qu'on en trouve au dehors comme au dedans du cerveau : de sorte qu'il y a à cet égard de grandes variations.
L'épanchement d'eau est fréquemment réuni à cette congestion gélatiuiforme , et il n'est pas rare que le sang soit en même temps épanché dans le crâne, et queues vaisseaux, etsur-tout les plexus choroïdes, en soient engorgés (1). Cette matière épanchée sur le cerveau , dans sa ])ropre substance , ou dans ses cavités , a quelquefois l'aspect de la graisse (2) ; mais elle ne s'enflamme pas jetée au feu : du moins c'est ce que j'ai observé en soumettant ù une pareille épreuve cette substance que j'ai trouvée dans le cadavre d'une femme, et qui, au premier coup d'œil , avoit une grande lessemblance avec la graisse.
Quelquefois cette matière ressemble à de la pituite épaissie (3), d'autres fois elle est de la couleur du jaune d'œuf (4) , avant la consistance et la couleur du plâtre. Dans deux personnes qui étoient mortes d'apoplexie à la suite d'une goutte répercutée , et que j'ai ouvertes , les ventricules du cerveau contenoient deux concrétions blanchâtres qui acquirent un surcroît de consistance dès qu'on les eut jetées dans de l'eau bouillante: ce qui me lit croire qu'elles étoient lymphatiques ; tandis que d'autres que j'ai égalemenr plongées dans de l'eau à peine chaude, s'y sont dissoutes , les unes en troublant la transparence du liquide, et d'autres sans le troubler : ce qui me donna lieu de penser que cette matière étoit de diverse nature.
Elle forme quelquefois des congestions globuleuses plus ou moins grosses , qu'on trouve dans le crâne ou dans les ventricules du cerveau: des concrétions pareilles exercent sur la substance du cerveau une compression funeste 5 et les nerfs qui en émanent en sont plus ou moins comprimés. On a observé que les sujets dans lesquels on a trouvé ces sortes de congestions, avoient éprouvé avant de mourir des douleurs de tête (.5) ou de la pesanteur (6), des vertiges , des étourdissemens , des vomisseniens ;
(1) Lieutaud , Hist. aiiat. med. ohs. 466 , 467 , 468.
(2) y^dipis quasi cemula. Borel , ohs. ^iji.
(3) Sonnet, Bontius , 485 , 487 , 478.
(4) Morgagni , 433.
(5) Lieutaud , mst. anat. med. part,, ni , d'après Morgagni , obs. 433.
(6) ^epfer, 471, 474, 478, 479- •
ils avoient Cru voir des mouches voler devant leurs yeux, oU même ils étoient devenus borgnes ou aveugles , sourds ou muets (i).
Il y en a qui ont éprouvé un flux de salive involontaire (2) } chez d'autres, la respiration est devenue difficile et laborieuse (3) , avec enflure aux extrémités.
Dans plusieurs malades, l'épanchement dans le crâne a été la suite de la leucophlegmatie (4) ^ d'autres ont éprouvé des convulsions générales ou partielles (5) , des paralysies plus ou moins étendues, des insomnies, le délire (6; ou des somnolences (7) ; ou en a vu rester stupides (8) ; quelques-uns sont devenus apoplectiques à la suite de la paralysie (9) , ou d'autres ont péri de l'apoplexie la plus foudroyante , sans qu'elle eût été annoncée par aucun des signes qui la précèdent ordinairement (10).
Dans la plupart de ces apoplectiques, le pouls est resté plein et embarrassé 5 rareiuent il est foible , intermittent et même inégal : presque toujours ces malades sont sans fièvre, ce qu'il y a de lacheux ; car la fièvre, comme Hippocrate nous l'a dit, peut être utile, mais cependant pas à un tel point , qu'elle sauve tous les malades : beaucoup d'apoplectiques périssent (11) après avoir éprouvé la fièvre la plus prononcée.
a''. Des engorgemens des vaisseaux sanguins du cerveau , et des épanckemens de sang dans le crâne et dans ce -viscère.
Quelque fréquens que soient les engorgemens des vaisseaux sanguins , et les épanchemens de sang dans le cràn« en général et en particulier dans le cerveau, on e;t étonné qu'ils ne le soient pas encore davantage , quand on réfléchit à la quantité énorme de sang qui y est apj)ortée par les artères carotides internes et par les vertébrnles ; quand on réfléchit aux nombreuses ramifications de ces artères répandues dans un viscère pulpeux , et qui doit plutôt
(1) F latents^ 486.
(2) Obs. 481.
(3) Vahalvuy obs. ù,-jq.
( 0 -^orgagni, 469.
(5) De Haé'n, obs. 47-^ •
(6) f^alsalva , obs. 467.
(7) Liuutaud, Hist. obs. 455.
(8; Obs, 466 , 469.
(y) PFepJ'ar , obs. 467.
(10) Fernel , obs. 488.
(11) Morgagni f obs. 469.
s'opposer à la circulation du saiia que la favoriser, sur-toiit dans^les vieillards, chez lesquels la masse cérébrale 'a une si grande consistance ; quand on réfléchit à la ténuité et à la petitesse des veines dans lesquelles les artères vident leur sang, et enfin quand on considère que les veines aboutissent dans des sinus amples , dans lesquels la circulation du sang ne peut manquer de se ralentir.
Heureusement la nature a su vaincre tous ces obstacles en rendant la communication de ces vaisseaux si facile par une prodigieuse quantité d'anastomosesentre pux, que si la circulation trouva quelque obstacle dans une partie du cerveau , le sang peut facilement couler dans les vaisseaux collatéraux plus libres ,"et parvenir dans les veines jugulaires internes par diverses ouvertures 5 ce qui en facilite le retour vers le cœur, dans le temps de l'inspiration principalement (1).—
Les observations recueillies par les médecins anatomistes ont prouvé qu'il n'y avoit pas de vaisseaux artériels et veineux , en y comprenant les sinus eux-mêmes, qui n'aient été trouvés gonflés outre mesure par le sang^ et qui niaient même été rompus: d'où il est résulté des épancliemens de sang entre les membranes qui revêtent le cerveau , dans ses ventricules et dans sa propre substance.
Il paroit cependant que parmi les épanchemens qui se font dans le crâne , le plus fréquent est celui qui est l'effet de l'ouverture des branches de la carotide interne qui correspondent à la grande échancrnre du cerveau appelée de Sjlvùis , dans laquelle est logée une grande partie de la petite aile du sphénoïde, ^ui peut, dans les grands coups ou violentes chutes sur la tête, porter si rudement contre les vaisseaux sanguins , qu'ils en sont déchirés. Ce n'est pns que quelquefois d'autres artères. du crâne ne s'ouvrentj comm« les troncs des Crirotides internes , la basilaire, l'extrémité supérieure des vertébrales et autres, séparément ou conjointement avec les artères même internes du cerveau. Cela est bien prouvé par les résultats des ouvertures de corps faites par les anatomistes; et je pourrois moi-même en citer plusieurs que j'ai faites.
Quelquefois ces effusions de sang se font en même temps dans ces divers endroits ; d'autres fois le sang s'extravase seulement entre les membranes du cerveau, ou entre elles et ce viscère, sans s'épancher dans ses ventricules , ou en s'y répandant en même temps; quelquefois c'est le contraire : les ventricules sont rem-
(1) T'oyez ce qui a été dit précétîemnient sur les tr.ouvi mens du c( rveau j p. 6j.
B tr c E n V E A - tr. St
Y>\is sang ou l'un d'eux seulement j tandis qn'il, '.éti à j^aa qui se soit écoulé entre le cerveau et ses membranes.
L'épancliement de sang a été queiiiUefois si considérable dafis les ventricules ou dans iNin d'rux seulement, qu'.rprès aVpir «té grandement dilaté, le ventricule S^est 'oiiVert pour' le laisser épanclier hors du cerveau , etitte ce vivéère êt stes niehibl'a'nes (r).
On a trouvé dans quelques cerveaux les vaisseaux d'Un liémisphère ou d'une portion seulemé'rtt , 'tï-èk^engbrgës • efc' coinme variqueux 5 tandis que l'autre hémis])liére ou une poiftipti du même hémisphère étoit dans l'état le plus naturel. .- • . '
Mais si de pareilles congestions' de saïig/oht été trolivébâ hbfs de leurs vaisseaux , ce qui arrive toujours tjiihnd elles s^int iiil'ipeu considérables > il en est dont le sang épaISbi forme des corj)s 'nbi>-3 et concrets, qui ont le volume d'un pois , d'une noisette ou même d'un petit œuf; leur forme d'ailleurs est variable et reiaiiyé àiix lieux dans lesquels ils se sont formés. ' •
Que de variations n'y a-t-il pas à l'égard de ces épànchemens tantôt il y a plus ou moins de sang qui s'est porté au cerveau en dilatant seulement ses vaisseaux , tantôt en les déchirant en plusieurs endroits selon qu'ils auront ])lus ou moins résisté à leur expansion et à leur rupture , par leur propre tèxfurjé , pai' la disposicion du cerveau, et par l'intensité des causés internes ou externes qui autont déterminé un plus grand influx de sang dans l'intérieur de la tête.
Les personnes qui périssent d'apoplexie conservent ordinai- »emeat long-temps après la mort leur chaleur naturelle , et leurs membres restent souples (2).
'Ces congestions de sang 9ont souvent précédées de douleurs à la tête (3) , gravatives ou lancinantes , d'un changement de couleur du visage, qui tantôt est pàle et tantôt r^uge, et qui conserve néanmoins quelquefois sa couleur ordinaire, quoique la plupart des auteurs assurent qu'il est rouge, et que ce soit même d'après,, cet
(1) Morgagtii a cité plusieurs exemples de cette sorte de. rupture des Vcuiricules , et nou.s en avons aussi observé dans plusienrs suîetS. Le ventricule droit étoit ouvert à son extrémité antérieure dans le corps de M. Bertrand, ancien major des Mouscluetaires gris, qui niourut d'apoplexit; des suites <l'une chute, eu faisant inauceuvror soTii' corps «levant Louis XV, dans une lête qui l'ut donnée lors du déchitreinetit. dû p'int de Neuilly. . ^
(2) Voyez ce que nous .ivons dit k ce sujet dans notre mém^irajsuï leS asphyxiés , ^c««fcmie des science», i^yS, et ailleurs.
(3) Lieutaud , Ilht. anat. ined. lib. ]I[ , scct. II, obs. Morgagin ^ Epist. anùt. med. Epist. V, art. i5 ; Dtilaurens^ ibid. obs. 5114, 274.
,«2, AN A IV, O. M II; ï^t i D -1 C A I, K ,
i^dice q^J^iJs prescrixent les saignées plus ou moins aljondanto* o« qu'ils s'en abstiennent si le visage est jiâle (i). Ces malades éprouvent encore des éblouiijseinens (2) , des bruiis dans le; oreilles, la diaiinullon ou la perte de l'odorat (3), des iai^situdes (4) des foiblesses (5) ou des engourdissemens des bras et des jambes la dimiûulion ou la perte de la vue ; ou bien ils croient voir de; objets qui ne sont réellement pas sous leurs yeux (6), L'ouie esaussi chez eux alfoiblie ou viciée (7) ; ce qui faa qu'ils soni plus ou moins sourds , ou qu'ils croient entendre des soii« lor^-;. qu'il règne le plus grand silence autour d'eux. Leur parole ess aussi plus, ou moins affoiblie ou viciée ; certains malades peuvent ^ .ppipe parler assez haut pour se faire entendre , et d'autres on: tel changement dans la voix, qu'on ne pourroit plus la reconnoître 5 et il est des sujets qui ont une aplionie complète (8) \euT respiration est plus ou moins difficile; ordinairement nièmn pendant l'attaque de l'apoplexie elle est stertoreuse.
Le pouls n'est pas toujours fort ni plein , il est même quel-.-
(1) N(,>u.s avons prmiyé dans deux m<'moirei, l'un imprimé dans le vo liime lie l'Académie des sciences de 1781, et l'autre p'irini ceux de lins titiit que les signes d'a])rès lesquels on fondoit l'existence de l'apo-plexie séreuse et celle de l'apoplexie sanguine étoient ilhisoires, eti
'que c'étoit sans raison qu'on avoit plusieurs fois néf>ligé de saignen ces malades. Une saignée faite à M. ce Fauveau, âgé «le soixante-dix-iluiit ans, maigre, sec, pille, qui eut une attaque d'apoplexie après uii:i repas , le rappela à la vie , etc. Le célèbre ï)aubtnioii , âgé de qttatrr^-^-ingt-tquatr.-^ nn-i , atteint d'aiioplexie , dont le pouls étoit petit et peu fort,, et dont le visage n'étoit point rouge, ayant été ouvert aprè.s sa niori , . nous trouvâmes , Cwier , Piuel et moi , une très-grande quanrit • de sangi' dans W-s ventricules du cerveau. Peu de jours après, M. Leroy, â^é dee soixanto-dix-nenf ans, mon confiéreà l'Institut et à l'ancienne Acadéiniee
• des sciences , étant mort proniptement d'anoplexie, son corps fut ouvert,, et nous i;eccnnftnie.s , Laisns et moi , que les vi ntricutes du cerveau étnienlt pleins' de sang. Ces observations et beaucoup d'autres prouvent que l'apo^-
^leiip sanj. uine est très-cc^mmune dans les sujets mémè chez lesquels lès signes admis des pathologistes ne les indiquent pas.
'€"taud , Hist. anat. med. lib. III, obs. 277, 394.
(3) Morgqgni, Epist. anat. III, art. 26.
(4) Ibid.
(5) J/^ZJ. Epist. II, art. i3.
(6) Wepfer, HisU anat. med. obs. 25o.
(7) Licul.aud, Hist. anat. med. p. m.
(Syfîomfte la plupart, de-s patliologistes l'ont rcn;)prq,ué; voyez à çe sujet Morgagni, Epist. I,- art. 11; Liculaïul , obs. 297.
* Il se trouve d^ns le ]^eçMil'4&, mes mémoire^) t.. U.} X>'
B tJ C E B V E A U. 83
quefois foible(i), tjuoiqu'il y ait du sang dans le cerveau. Lps malades ont souvent des nause'ies ou même des voinissemens avant de tomber dans l'assoupissement (2) ; des convulsions précèdent ou accompagnent l'état soporeux (3) , et très-souvent Tépilepsie survient (4) : quelquefois ce ne sont que de lé{.'ères convulsions, telles que le rissardonien , des crampes aux extrémités , des espèces de frissons, comme MorgagniVa. remarqué; mais d'autres fois ces convulsions sont plus fortes. Il y a de vrais accès d'é])ilepsie avant que l'apoplexie survienne, ou que le malade soit atteint d'une paralysie plus ou moins étendue (5), laquelle est aussi fréquemment terminée par une apoplexie mortelle, quelquefois après le carus ou après la létkargie , selon que la congestion da sang produit une compression du cerveau plus ou moins forte.
Tous ces divers degrés d'intensité du mal tiennent à l'engorgement plus ou moins grand des vaisseaux sanguins , ou à une plus ou moins grande quantité de sang épanché.
Les engorgf-mens et les épancliemens de sang dans le cerveau sont aussi suivis d'un dérangement plus ou moins considérable des fonctions de l'ame (6) ; la mémoire s'affoiblit et s'éteint même quelquefois ; le malade délire , reste maniaque (7) ou même imbécille : le trouble qui survient dans l'esprit est quelquefois ua avant-coureur d'une apoplexie foudroyante.
Il n'y a point de vrais signes qui puissent nous mettre en état de distinguer l'épancliement de sang de la seule dilatation des vaisseaux , sur-tout quand cette dilatation est considérable ; leurs symptômes sont les mêmes , ainsi que le danger , et leurs causes sont communes.
Il est prouvé par les observations que l'engorgement des vaisspaux sanguins et les épanchemens de sang dans la tête sont l'effet, 1". de la pléthore de tous les vaisseaux sanguins en fénéralj 2°. de la seule pléthore des vaisseaux de la cavité du crâne, du cerveau, ou de quelques-unes de ses parties; 3°. de leur rupture par suite de leur gonflement ; de la dilatation
(1) Licutaud , obs. 3o4, pan. III; obs. de Morgagni.
(2) Lieutaud, ibid. 6\1s. 286.
(')) ff^epfer, obs. aSa.
(4) Morgagni, Lieulaud , citent dÎTcrs ea^empks de ce genrs, (.'j) TVapfer, Lieulaud, obs. aSo.
(6) AVillis, Hht. anal. d\h. aj'i.
(7) Lieiaaud, obs. a35.
<Ie leurs anastomoses , ou de leur érosion par quelque matière acrimonieuse.
Quant aux causes de la pléthore sanguine , personne n'ignore qu'elles sont non seiilenient le résultat des bonnes digestions . anî
tiennent à tant de conditions des voies a imonlairps et du cijrps
, qui.
cijrps .
eu général , soit du côlé moral , soit du cAl*^ pliysiqiie , mais -eucore que ia plétiiore provient d'une nioindrp perte d'humeurs par' les excrétions, qu'il ne se forme de sang : de ])!us , on sait que la-. surai>oadance de cè liqiiide tient à u!ie certaine disposition par-, ticulière du corps qui lui fait faire ])lus de sang qu'il ne convient^ ; car on ne peut disconvenir qu'il n'y ait des sujets chez K sqnels, le sang ne se forme en une quantité excédents , tellement , qu'elle : n'est plus en proportion avec celle des autres liquides du corps 5 , et ce sont sans doute de pareils sujets qu'on peut dire avoir un: tempérament sanguin.
A cette espèce de pléthore sanguine appelée vraie^ parce qu'il, y a réellement dans le corps ]>Uis de sang qu'il ne faut, oni ^pourroit joindre celle qu'on appelle fausse^ qu'on croit dépendre; non d'une augmentation réelle de ce liquide , mais de sa seule: raréfaction : ce qui feroit qu'alors il occtiperoit plus d'espace; dans les vaisseaux , les dilater'oit davantage , et pourroit rompre; leurs parois.
Les remèdes échauffiins , les liqueurs spiritueuses , les bainsi 'trop chauds , donnent lieu à cette pléthore nommée fausse , quîi produit l'engorgement du cerveau ; les coups de soleil en raré-liant le sang, produisent aussi dans cet organe une pléthore* locale , qui est bientôt suivie d'inflammation. Combien de mois-sonneiirs périssent tous les ans par une pareille cause ! Mais si -par cette congestion de sang, il survient quelque ruptures des vaisseaux, alors la paralysie et l'apoplexie auront lieu iné-- •Titabiement. Les poisons narcotiques ainsi que lo méphitisme; ■n'occasionnent - ils pas de même l'engorgement de ce viscère,, indépendamment de leur action délétère sur les nerfs et sur lesi muscles, qui détruit la sensibilité des uns et l'irritabilité desi autres ?
Mais, dans quelques sujets , sans qu'il y ait une surabondancede sang dans les diverses parties du corps en général , il peut y en avoir une particulière dans le cerveau, et cette pléthore peut' provenir de plusieurs causes idiopatliiques ou qui ont leur siège ^ dans le cerveau même.
Quelques individus n'ont -ils pas le cerveau plus ample et; d'une texture plus relâchée, et dont les vaisseaux qui sont plusi dilatés contiennent d'autant plus de sang? Tels sont ceux quil «ont atteints de quelque vice rachitique , scrophuleux : et îc«
DUCERVEAir. 85
apoplexies de famille, car il y en a, ne proviennent-elles pas d'une pareille cause ? - '\
Les fortes affections morales ne peuvent-eJles pas aussi attirer dans le cerveau une phis grande quantité de sang? les occupation» d'esprit trop long-temps continuées, comme les études, les méditations profondes, les pensées pénibles , ne produisent-elles pas le même effet , et ne sont-elles pas ainsi souvent la cause de l'engorgement de ce viscère ? Il est certain que l'apoplexie est plus commune dans les personnes studieuses ou qui son* portées à la méditation, que chez celles qui mènent une vie dissipée , tant du côté du moral que du cAté du pliysique. C'est par l'exercice des fonctions d'un iirgane que le sang y est attiré; pourquoi celui des fonctions du cerveau n'y produiroit-il pas le même effei ?
Mais souvent encore le sang se porte plus abondamment dans le cerveau par la difliculté qu'il a de circuler dans d'autres parties du corps , par rapport à la ciniipression ou au rétrécissement des arlères qui s'y rendent; et d'aiatres fois il se ramasse dans c<i viscère par rapport à. la compression des veines qui doivent l'en exporter et le conduire au cœur, lors même que les artères carotides, et sur-tout les vertébrales étant trop profondes pour, être comprimées ,, peuvent continuer d'y porter le sang.
On peut dire aussi que les indurations, de (ine]i[ues ])ortions du cerveau sont souvent cause des enaorgemens et même . de l'épancliement de sang dans l'un des ventricules de ce viscère ou dans la substance de ses liémisplières (i).
Les longues compressions des veines du cou , quoique légères, par des cols, produisent quelquefois de très -mauvais effets. Mo«/-o rapporte dans son Traité sur l'iiydropisie ^ que des soida-ts qu'on forçoit de porter des cravates tr'op serrées sont morts d'apo|)lexie , après avoir été atteints de bouffissures au visage'; des goitres considérables, et plus fréquemment les embarras (V^ poumon, ont donné lieu aux congestions de isang dans le cerveaw*':.. aussi combien de plithisiques ont éprouvé des affections CG>àia- Icuses et des épilcpsies ! ; j i ,-:c r. j.r.t , ;':riT.
De fortes contmctioiis du' cœur par des cai|.^és pîiysiqW.s''ét morales ont poussé une si grande' quantité de ^sanïT^ rtf^iii''lfc cerveau , qu'il (,t a été promptemeïit' engorgé , ettiiie'fefMëxïfesuhite est survenue. ' ' i- t' . n^ji:!;.;.j
Le goiifloment excessif de Testomae par'd'es aliVnetis' a'pïuk
(i) J.isrx h rn Qiijnr Ips ti'ivarses ob'sërfalîôns^ rapporlii-es c!l4ns l'J^^^^ «'tai.. 7//ci. de Liculaud
d'une fois été suivi de l'engorgpment des vaisseaux sanguins du cerveau, et de répanchement du sang dans ce viscère.
Combien de femmes ne sont pas mortes d'apoplexie pendant le cours de leur grossesse par l'influx plus considérable du sang dans le cerveau , occasionné par la compression de la matrice aut les va.'§seaux du bassin !
Les malades qui portent de grosses tumfurs dans le bas-ventre, ceux même qui sont atteints d'ascite , périssent quelquefois d'apoplexie. Cette maladie a été aussi occasionnée par le développement trop grand de quelque viscère, du foie, par exemple, lequel , occupant trop de place, comprime alors les artères qui doivent: porter le sang dans les parties inférieures , et en détermine une plus . grande quantité à se porter vers la tête.
Les froids trop violens, en resserrant Tliabitude extérieure dai corps, refoulent le sang de l'extérieur à l'intérieur, et il enparvientt plus dans le cerveau que dans toute autre partie, parce quéî ses vaiïseaux sont plus nombreux , plus amples , et que la tcx-ture de ce viscère est plus molle.
La suppression des excrétions est quelquefois suivie de l'en-gorgement du cerveau 5 celle de la transpiration, de Turine (1),, d'un écoulement catarrlial , d'une diarrhée , même d'un iluxc dissentérique abondant, d'un flux hémorroïdal , des règles, deslochies , produit souvent l'apoplexie , et on peut dire qu'il n'y a aucun médecin praticien qui n'en ait observé provenant de? cette cause.
On peut ajouter àl'histoire des engorgemens sanguins ducerveau ,. produits par des suppresions d'évacuations naturelles , celle des; grandes suppurations , d'un vésicatoire supprimé , ou d'un cautère.' tari.
Personne n'ignore que l'engorgement du cerveau est très-souvent l'rffet des métastases dans ce viscère , des hiimcurs érysirpélateuses , psoriques , des pétéchies (2) , de la rougeole , de la petitfiJ vérole, et enfin de l'humeur rhumatismale ou arthritique.
Combien d'exemples n'avons- nous pas vus nous-mêmes de cer; métastases sur le cerveau , et sur-tout de la goutte^ que nous avou?quelquefois cependant rappelée aux pieds par des saignées réi térées , et par le sinapisme , sans recourir uniquement auii remèdes toniques ; méthode bien différente^ de celle de certain 1 praticiens, qui n'emploient alors que ces Tcmèdes , et même le" sudorifiques, souvent au grand détriment du malade?
(1) Lieutaud, Hist. anat. mcd. part. J, obs. 658, JSÔû. (2} Ibid. part. II, obs. 602.
D U C E R V E À ir. 87
L- S engorgenien-s et les épancheiheiis de sang ^lans la tète ont été observés plusieurs ibis par les anatornistes , après des fièvres cojitiniies et même intermittentes 5 et cela ne doit pas paraître extraordinaire aux médecins praticiens qui voient, tous les jours dans de pareils malades l'aisoiipissement survenir , et si profondément , qu'ils ont de vraies attaques d'apopli-xie à cFiaque redoublement dans les fièvres continues , ou pendant l'ac<ès si les fièvres sont intermiuentes 5 accident si dangereux, (ju'ii peut être mortel. Il est quelquefois bien difficile de~ ne pas confondre le premier assoiipissement fébrile avec line véritable apO|)lexie.
A cette longue ënumération des causes qui peuvent ôccasicinner les cngorgemens sanguins dans le cerveau , nous ajouterons celles • qxii sont la suite des violens efforts; et dans combien de personnes mortes d'apoplexie , ])ar une pareille cause , n'a-t-oii pas trouvé les vaisseaux du cerveau pleins de sang ou même rom'ptfs (1 )'?^' Quelques anatornistes célèbres ont cru que ces épanchemciis , pâi< ^ pareille cause , étoient plus fréquens dans le ventricûle droît^' du cerveau que dans le ventricule gauche , et que cêîa' pouvoir venir de cfi qwe les muscles du côté droit exercent '{Jrtlihiiiii-ê^' ment des mouveniens plus violens. ' '
La position liOrizoiitule du corps est riùisible à ceux qUi soM atteints de quelque engorgement dans le cerveau , parce bjiie ^é'' sang se porte alors en plus grande quantité dans ce viscère : 1I7 faut donc , autant qu'il est possible , leur tenir la tête levée. Oh' a vu plusieurs fois ce moyen faire cesser les saignfemens du nez , et diminuer 1rs douleurs de tête.
Il n'est pas étonnant, d'après cela , que les engorgemehs eï'sur-tout Ih rupture des vaisseaux sanguins n'aient occasionné i'apo.. plexie de beaucoup d'individus pendant qu'ils étoient coucliés, principalement pendant le sommeil , parce qu'alors le cerveau est plus engorgé , et par l'effet de la situation horizontale du corps , et par celui du sommeil même , sur-tout après un repas copieux , où , après avoir bu beaucoup de vin , le sang s'y porte davantage ; et s'il étoit' déjà engorgé , le plus léger surcroît d'engorgement peut devenir funeste : c'est ce qui fait que ceux qui parojssent le mieux se porter , sont quelquefois très-p-ès de l'apoploxie (2) , et que des niouvcmens, sans parokre trop violens, produisent cci)endant quelquefois des engorgeme.ns ou des épancheniens mortels dans le cerveau , dans le cervelet et daus la moelle allongée, à la fois ou séparément 5 car, dans quelques
(i) Morfrngrii et Ziez/fuMiZ rapportent diverses observations de ce genre, (a) IbiU. Epist. ^naf. med. art. a3 , m ; arr, jj.
Od A N A T O M I E M É lî I C A i I,
rarties qu'ils aient leur siège , ils sont si fâcheux , qu'ils sont le plus souvent mortels.
3". Des engorgemens composés de diverses substances.
Il est rare qi>e les collections dont on vient de parler, aériennes , sani^mnes , lyinpLaliqiies , gélati ni formes , soient simples, ou qu'elles ne soient pas réunies (i). On trouve fréquemment du sa,ng, épanché dans les ventricules du cerveau , tandis qu'il •y a plus ou moins d'eau épanchée sur la surface externe de ce viscère (a)? ajit vice versn\ bien plus, quelquefois un ventricule est .plein d'eau , et l'autre de sang : c'est ce qui a eu lieu dans des enfans, morts d'apoplexie après de vives convulsions, que j'ai ouverts. Très -souvent les vaisseaux du cerveau sont gorgés de- sang , et sur- tout les plexus choroïdes (3) dans des cer-. . veaux qui sont d'ailleurs pleins d'eau. Les congestions gélatiniformeç sont aussi fréquemment accompagnées d'épanchemens aqueux (4) Çt sanguins} mais les congestions de sang dans les vaisseaux du cerveau , sans rupture, sont très-fréquentes : cependant qu9iqniQi, dans beaucoup d'épanchemens dans le crâne et dans le cerveau, les substances épanchées soient ainsi mêlées, elles le so^),t.gotrvent en de telles proportions, que 1' une d elles prédomine sur l'^iliiJrç : aussi s'cst-on souvent contenté de dtîsigner l'épanche- Tn;en-t par l^i matièie prédominante , comme si cet épancliement eût . ét|é simple.
IVIijiis quelle est la matière qui a commencé par se ramasser et par s'épancher dans les cavités du cerveau ou dans celle., du crâne? C'est ce. qu'il est impossible de décider. Warrive-t-il pas quelquefois que des hydatides pleines d'eau donnent .liru; à ,ua engorsement dé sang dans les vaisseaux vf)isins ^. et même-. ; à t pn-iépanchement de ce liquide, et que de même i'engor- j çement des vaisseaux sanguins, et cela est très - fréquent y ■ donne lieu à un épanchement d'eau ou même de matières muqviei'ses ? ■
On, potjrroit en dire autant des congestions nëriennes qui peu vônt être l'effet ou la cause des autres épanchemrns , seulement \ par la seule compression qvie les parties engorgées excitent surltn j pf^rfiessài/nes du cerveau ,. si souples , et si faciles à être comprimées
4i) Moifioigni,. Episti Anat. ned. V, art. 19. Lienlaudflibillly ictt^ (2) Morgagni,, Episr....Y,. ait, i.T.
DUCERTEAU. ^9
Les congestions de toutes ces humeurs en général sont indiquées par les signes généraux que nous avons exposés ci-dessus. Il n'y en a pas qui puissent nous faire distinguer ceux du simple engorgement des vaisseaux du cerveau, des épanchemens dans se» cavités, qu'ils soient légers ou qu'ils soient considérables. Il n'ea est pas non plus qui puissent nous faire distinguer ceux de sang de ceux de la lymphe , et ceux-ci de ceux de l'air ou des matières gélatiniformes , muqueuses , gypseuses , purulentes.
Les observations ont appris d'une manière bien précise que le pouls quelquefois n'étoit pas plus plein ni plus dur dans les engorgemens sanguins du cerveau que dans les engorgemens d'eau ou de toute autre matière ; que la couleur de la face n'avoit pas été plus rouge que dans l'état naturel dans plusieurs sujets morts d'apoplexie sanguine, ni plus pâle dans d'autres qui ont péri d'apoplexie aqueuse.
La disposition du sujet , ainsi que les maladies qui ont précédé la convulsion ou l'assoupissement, pourroient peut-être fournir dfs indications moins équivoques.
. Les engorgemens sanguins du cerveau , reconnus par les ou- Tertures des corps , ont été ordinairement précédés de la dureté et de la plénitude du pouls, de maux de tête, de pesanteur, d'engourdissement dans les membres , de la suppression de saignemens de nez , des hémorroïdes , des règles, des lochies: ils produisent subitement des accidens graves.
Les engorgemens aqueux du cerveau sont des effets plus ordinaires des cachexies , des infiltrations et des hydiopisies même , avec épanchement dans d'autres parties , de la débilité, de la foiblesse du corps , d'une disposition au rachitisme , aux écrouelles } ils peuvent être en général considérés plutôt comme chroniques que comme aigus , à moins qu'ils ne soient un effet de l'engorgement sanguin , comme cela arrive , ainsi qu'il a été prouvé ci-dessus , et alors ils peuvent se former plus rapidement.
Les engorgemens gélatiniformes , stéatomateux , sont les effets naturels du vice scrophuleux 5 les squirreux succèdent quelquefois aux inflammations , ainsi que les dépôts purulens : mais ceux-ci peuvent aussi être l'effet des métastases des parties du corps plus ou moins éloignées , etc.
4°. Le cerveau ev flammé.
On dit qne le cerveau et ses diverses p,arties sont enflammés lorsqu'ils sont rougis par le sang, lequel peut être en même t'-'mps contenu dans leurs vaisseaux , ou extravasé hors d'eux dans If'ur substance, dans leurs cavités, ou dans celle du crâne. Quel(|ucfois l'inflammation du cerveau durcit certaines parties qui
restent blanchâtres, tandis que les parties voisines sont d'une couleur rouge, |>lus ou moins foncée par rapport à l'engorgement des vaisseaux sanguins,
La mort tlts individus , à la suite de l'inflammation du cerveau , du cervelet , et de la moëlle allongée , a été précédée ( i ) de douleurs de tête plus ou moins aiguës ou gravatives , quelquefois avec des battemens violons , et avec une chaleur brûlante dans toute l'habitude du corps, à l'exception des extrémités, qui ont quelquefois paru très-froidas au tact quand les autres parties étoient brûlantes.
Les malades éprouvent dans la tête des baltemens plus ou moins violens. Ils croient entendre quelquefois des bruits qui troublent leur imagination; leurs yeux sont fixes et enflammés , ne pouvant supporter la pins foible lumière ; leur langue est plus ou moins rouge, tremblante ; ils ont la bouche sèche ; ils sont tantôt dans une extrême agitation , et tantôt dans un assoupissement profond. J'en ai vu qui étoient dans un délire obscur, et d'autres dans un délire furieux ; souvent leur transpiration est supprimée, et leurs urines sont peu abondantes et claires. Je les ai vues dé[ioser une substance de la couleur d'un rouge grisâtre, avec rémission de» symptômes : les urines noires sont d'un trèsmauvais présage.
Le pouls varie beaucoup; il est d'abord dur , fréquent , serré, et avec des inégalités et intermittences plus- ou moins rapprochées. C'est d'un bon augure s'il devient plus souple , moins fréquent , et sans intermitttnces.
Les ouvertures de corps démontrent quelquefois que le cerveau est très-rouge dans quelques endroits très-peu étendus , d'autres fois dans de grandes portions , et même dans la totalité de ce viscère , sans épanchem«at de sang , ou aveo des épanchemens plus pu moins considérables , mais sans autre altération , ni endurcissement , ni suppuration , ni adhérences.
On trouve aussi les vaisseaux du cerveau plus ou moins engorgés de sang dans les personnes mortes d'apoplexie , de fièvre maligne, du méphitisme , ou qui ont été empoisonnées par des narcotiques : or, une telle pléthore produit le délire , l'agitation et l'assoupissement , qui surviennent alors : de tels accidens , avant l'éruption de la rougeole et de la petite vérole, se dissipent promptement quand elle a lieu. '
50, Zj' indu ration du cerveau par suite de l'inflammation est très-commune; mais elle peut aussi être l'effet d'autres causes,
(1) royezles observunons Ae Morgngni, de Lieuîaud, et celles de tant d'autre* anatomistes célèbres»
BtfCERVEAU. 9^
: . avoir divers sièges , tantôt dans Tune des deux substances seulement , tantôt dans toutes les deux , avec ou sans altération dans les membranes du cerveau.
Nous ne craindrons pas de répéter ici que les membranes qui revêtent le cerveau , la dure-mère , l'arachnoïde, la pie-mère, qui sont naturellement distinctes et séparées les unes des autres , et liumectées d'une sérosité limpide, sont quelquefois collées ensemble et même avec la substance cérébrale par l'effet de l'inflammation.
Quelquefois la surface des membranes est recouverte d'une humeur visqueuse , blancliàtre, en forme de gélatine , laquelle se condense au point d'acquérir la dureté de la corne , et quelquefois de répaisseur de plusieurs lignes, dans une étendue plu^ ou moins grande, en contractant souvent des adhérences avec les parties voisines ; de manière que 1% dure-mère adhère avec l'arachnol(de , celle-ci avec la pie-mère , pour des trois membranes n'en former qu'une seule , mais qui est bien plus épaisse que les trois ensemble ne le seroient dans l'état naturel , par rapport à l'humeur qui s'y est fixée (i) et endurcie. Ces membranes Ont quelquefois bien plus d'épaisseur que n'en a un écu de six livres; elles deviennent si compactes, qu'on a de la peine à les couper avec un scalpel ou avec des ciseaux.
La pie.-mère , après s'èlre plus ou moins épaissie et endurcie par la collection du suc lymphatique qui se trouve entre les lames du tissu cellulaire dont elle est composée , contracte des adhérences avec la substance cendrée du cerveau qu'elle recouvre , ainsi qu'avec sa substance blanche dans laquelle elle s'enfonce, et qu'elle accompagne , au point de faire corps avec elle , d'où résultent des indurations plus ou moins étendues et plus ou moins profondes. J'ai vu la portion de la pie-mère qui soutient les plexus choroïdes dans les grands ventricules , endurcie comme de la corne , et j'ai trouvé presque toute la membrane du ventricule gauche dans le cadavre d'un vieillard , de l'épaisseur d'un parchemin ordinaire ] dans un autre , la lame membraneuse qui revêt les couches optiques et les corps cannelés avoit une extrême consistance : or si l'on réunissoit ce que les auteurs ont observé à cet égard , on verroit qu'il n'y a pas de partie de la dure-mère, de l'arachnoïde , de la pie-mère, qu'on n'ait trouvée épaissie et endurcie.
Quelquefois cependant ces membranes sont saines , quoique
(i) 7^ lyezce qui a été dit prcccdemment sur \»s atiections morbifiniies des mtuibi'aues.
les substances cérébrales soient très - endurcies après de vives inflammations.
D'autres indurations ont été trouvées dans des sujets que n'ayoiert éprouvé aucune iiiflanmiation du cerveau , ou qui du ïnoins n'avoit été annoncée par aucun des symptAmes qui l'indiquent; et parmi de tels sujets , on a cependant trouvé le cerveau , le cervelet, ou la moelle allongée , considérablement endurcis , quelquefois presque dans toute leur totalité , et ayant la dureté du plâtre (i).
On ne peut cependant disconvenir que ces endurcissemens ne soient bien différens , et par leur nature , et parles causes qui les ont prodiàits : car , comme on vient de le voir , les uns sont l'effet de l'inflammation , et méritent peut-être spécialement le nom de squirre ; d'autres sont le résultat d'un vice scrophuleux , et ces indurations sont bien plus conimunes qu'on ne croit» D'autres sont produits par une humeur arthritique, et paroissent plâtreux , pierreux et osseux ; d'autres sont l'effet de l'âge.
Cette distinction des espèces d'endurcissemens du cerveau est d'autant plus essentielle à établir , qu'elle peut conduire à la connoissance de diverses maladies qui en sont les causes, et donner des idées heureuses sur leur traitement : quelques-unes de ces indurations ne se terminent - elles pas plutôt que d'autres par la suppuration , par l'ulcération, et par le cancer, et n'en est-il point qui se transmettent dans les familles^ et celles-là ne sont-elles pas scropliuleuses ?
J'ai plusieurs fois trouvé de telles indurations plus ou moins considérables à l'ouverture du corps de personnes mortes après avoir éprouvé des épilepsies, des apoplexies, ou des accès de manie.. J'ai aussi observé que plusieurs de ces sujets avoient des concrétions dans le mésentère ou dans les autres parties contenant des glandes et des vaisseaux lymphatiques ; d'où il résulteroit que le vice scrophulcux seroit la cause première de plusieurs, maladies héréditaires du cerveau , comme il Fest d'une espèce de phthisie pulmonaire qui se transmet aussi dans les familles, etc.
Mais ce qu'il y a de plus étonnant , c'est qu'on a trouvé des indurations très-considérables du cerveau dans d'^s suif^ts qui n'avoient éprouvé, comme on l'a déjà dit, aucune affection jîiorbifique , ni dans le physique , ni dans le moral. Dans les
(i) LieiUaud pnrle dan-, un seul article de toutes ces ioduralioiis , rtuoiq^ii* très-tlitférentes. Cciebri duiitfes y \ïh. III, p. i65.^