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vieillards le cerveau est p,énéralpincnt très-compact (0 » et un ])eu moins vohiiiiiiieux qu'il ne l'est dans un âge moins avancé j ceponJant son volume ne diminue pas en proportion qu'il acquiert f\ti la (lensilé : peut-être que celte induration du cerveau cause la luiblesse ou la perte de la mémoire que les vieillards éproU-^ vent , qu'elle émousse la sensibilité des organes des sens , qu'elle diminue l'irritabilité du cœur; ce qui rend leur pouls lent , intermittent et fuible , énerve l'action, des muscles du tronc et des extrémités, et produit le tremblement des membres.
Les indurations squirreuses , stéatomateuses , pierreuses , ont été ti-ouvées dans des sujets qui avoient éprouvé des affections d'une nature bien diverse , tantôt agitations , convulsions , insomnies , tantôt stupeur, assoupissement (2), apoplexie complète (3) , d'antres fois des accès d'un délire mélancolique , soporeux (4) 5 ou l'épilepsie (5).
On a trouvé le cerveau endurci dans des personnes qui avoient éprouvé dçs douleurs aiguës de tèle (6), ou des douleurs gravatives (7). Certains avoient joui de toute leur raison; d'autres avoient été dans le délire le plus complet, avec fièvre ou sans fièvre : de sorte qu'à cet égard il y a de si grandes différences ^ qu'on ne peut absolument rien conclure de la connoissance des lésions cérébrales , pour ce qui regarde les altérations physiques ou morales qui auroient précédé la mort.
Cette différence dans les effets de l'induration du cerveau tient sans doute à diverses causes , quelquefois si cachées , qu'elles échappent à nos sens.
Ou a trouvé des indurations dans le cerveau de sujets qui n'avoient eu aucune incommodité ni physique ni ifnorale ; mais sans doute que , dans ce cas comme dans beaucoup d'autres ^
(1) Foycz les mémoires (V^drlet dans les 3Iémoircs de la. société des sciences ne Alontpellier ; et celui de iîiecfceZ, dans le vol. de i'Acad. de Turin, an 1760, t. XVI.
(i) Lieuiaïul , Hist. anat. med. lib. III. Obs. de Hdorgagtii , 86, 87, i)3 ,94; lie Sauvage, 98.
(3) De Sarrère, obs. 88, 89.
(4) Barrére , ihid. Obs. 88.
(."î^ 3Iorgagn.i et Lieiitaud ont cité divers excTiples d'cndiircîsscr x\u ccrvpau dans ilcs épileiuitiues ; Tissât en a aussi rapporté plusieurs
ipporté plusieurs dans
son Traité sur l'épilepsie.
(6) Barrorc, Hist. anat. de Lieutaiid, obs. 8g.
(7) Ibid. Qb«. 84.
une partie saine du cerveau supplée à celle qui est malade. C* qu 11 y a de bien certain , c'est qu'on a trouvé le corps callmx .
cervelet, dans des sujets cbez lesquels on n'eût pu croire' qu'U existât pareille lésion , leurs fonctions morales et physiques n'ayant été nullement altérées.
Souvent , quand il y a de grandes indurations dans quelque portion de la substance du cerveau, le reste de ce viscèie est aussi plus ou moins endurci; mais quelquefois, au lieu d'être endurci , sa consistance en est d'autaiit plus diminuée (i).
J'ai vu des cerveaux dont la substance corticale étoit endurcie, tandis que la substance médullaire étoit plus ramollie; elle étoit telle dans un enfant mort de la petite vérole après avoir éprouvé d'horribles convulsions] : mais plus souvent on trouve la substance corticale plus molle proportionnellement que la médnlLiire.
D'autres fois le cervelet est ramolli , quoique le cerreau ait conservé sa densité naturelle, ou même qu'il soit devenu plus dur. De pareils changeniens dans la densité absolue ou relative ont été bien constatés par des ouvertures de corps que j'ai soigneusement faites. Les vaisseaux sanguins du cerveau étant rétrécis, et même oblitérés dans le lieu de l'endurcisssment , la sang reflue dans ceux des parties voisines , les dilate, et souvent le sang ou la lymphe s'exlravasent en d'autres endroits du cerveau ; d'où peut résulter en elle un ramollissement plus ou moins considérable.
6°. Des abcès du cerveau .
Les abcès du cerveau sont superficiels ou profonds , ayant pins ou moins d'étendue, soit dans ses hcmisphèris, soit dans ses ventricules; ils existent aussi quelquefois dans le cervelet ou dans la moelle allongée , séparément ou à la fois. Ces abcès sont la suiie fréquente de l'inflammation du cerveau ; car on lésa souvent trouvés dans des individus qui avoient éprouvé , avant de mourir, tous les symptAmes aigus de l'in-flamniation , des douleurs de la lête^ vives ou gravatives , l'a fièvre aiguë qui les indique, le délire, etc. Cependant ces abcès se sont aussi formés
(i) Le corps calleux , 1* voÙTe à trois piliers, étoient très-ramollis rlniis im sujet mort à la suite, d'une asphixic par le niéphitisme du cliai-lion ; les liémisphères du cerveau ëtoieiit eiulurcis en quelques endroits, et la moitié gauche du cervelet ctoit d'une dureté sqiiirreuse, tandis que l'autre moitié étoit ramollie. Jllorgagni, Epist. I-Y, art. 30.
pu C E B. V E A ÎJ.
quelquefois sans qu'aucun des sytnptômes eigns ait eu lien 5 mais alors la mort a été ortlinairemeiit précédée par des stupeurs, des engourdissemens dans quelques parties, la paralysie d'un membre ou de tout un côté du corps, des convulsions, quelquefois même des ëpilepsies, et enfin par l'apoplexie.
Il panit, d'après cela, que les abcès du cerveau ne sont pas seulement la suite des inflammations de ce viscère , du moins aiguës, mais qu'ils sont encore l'effet de plusieurs autres causes.
ils ont été souvent l'effet de coups ou de chutes (1) sur la tête, qui ont occasionné la mort, quelquefois peu de temps après et d'autres fois si long-temps après , qu'on ne pou ^ oit pas présumer la cause de ces abcès , les coups n'ayant laissé aucune impression ni aux tégumens ni aux os ; cependant les raeni-<branes du cerveau ont été trouvées quelquefois très-affeclées sous l'endroit du crâne où le coup avoit clé porté, ou dans d'autres lieux éloignés , ainsi que dans la substance cérébrale, plus ou moins profondément.
On a trouvé des ab.cès dans le cerveau de quelques personnes qui avoicnt éprouvé, avant de mourir, desaccidens d'épilepsie (2), qui avoient été atteintes de paralysie (3) du côté opposé à celui où l'abcès étoit , ou qui avoient perdu l'usage d'un ou de plusieurs sens (4) , de la vue et de l'ouïe à la fois (5) , de la parole (6) , ou qui balbutioient (7); mais souvent , dans ces sortes d'abcès, les malades sont morts prompLement dans l'assoupissement profond, ou , après avoir passé par divers degrés de somnolence , ils ont péri d'apoplexie.
On a aussi trouvé des portions du cerveau atteintes de suppuration dans des individus qui avoient péri de fièvres malignes , lesquelles avoient même terminé par la gangrène de quelque partie
(1) F'oyez divers exetnples de ce genre dans les Mém. de l'^cad. des sciences, dans les Transact. philosoph. , dans V^cad. de chivur'rie de Piuis, dans Morgacni , Z)e sed. et caus. morbor. , dans Lieutaud "iï/if anat. med. part. IH , obs, io5, 107, 109, 114, 120, ia5, i3o, i34, iSs!
(2) Lieiitaud, Hist. anat. med. lib. III, obs. iS/; Baader, 106 ; Baulieu, ibid. 127, io5.
{^) .Schencltius, Lieutaiid , Hist. anat. med. part. III, obs. 117; Bar^ tholiiiy j3o.
(4) Obs. de Lieutaud , ibid. io8;
(5) Autre ob». ibid. 128.
(6) Ibid. Kalsaha , nbs.
(7) Lieutaud, ob«, ii.5 . lavj.
ANÀTOMIE MÉDICAtÉ,
extérieure. Morgagni a remarqué qu'après des chutes et Je», contusions sur la tête, et qui avoient plus ou moins altéré le cerveau , il s'étoit formé des escarres gangreneuses en diverses parties du corps et plus ou moins éloignées de la partie de U tête qui avoit été contuse : ces escarres gangreneuses avoirnt déterminé une mort prompte (0 ; d'autrefois la gangrène s'étoit formée dans les viscères intérieurs de la poitrine ou du basventre.
Il est quelquefois fort difficile de reconnoitre la réritable source du pus qu'on trouve dans le cerveau , soit qu'il soitt stagnant dans les ventricules , soit que ses substances en soient inibi— tées. On ne peut quelquefois découvrir dans ce viscère aucune; espèce d'érosion , quelquefois même aucune espèce d'engorgement.. C'est ce qui a fait croire en pareil cas que le pus avoit été déposé^ dans le cerveau par métastase. Et en effet, des collections de; jms ont été trouvées dans le crâne et même dans le cerveau aprèSi l'exsiccation de grandes plaies, ou de vieux ulcères tant internes? <[u'externes , des fonticules , des cautères , des vésicatoires , après^ la suppression des évacuations, d'anciennes diarrhées , et sur-tout; des dyssenteries opiniâtres , et il étoit survenu à ces maladeSi des convulsions ou des assoupissemens mortels.
De pareils dépôts purulens ont été aussi trouvés dans les cer-^veaux des phthisiques pulmonaires. Une femme qui avoit éprouvé' des douleuis de tête extrêmement violentes après la suppression.! d'un écoulement purulent par les oreilles , périt d'un dépAt des: plus considérables dans les venti-icules du cerveau ; on a aussîi trouvé de grandes collections de pus , soit entre le cerveau eCt ses membranes , soit dans les ventricules du cerveau, dans des» personnes auxquelles on avoit fait l'amputation d'un membre, et: qui étoient mortes subitement d'apoplexie après des diminutionsi promptes de la suppuration d'une plaie , ou après que la cicatricô» en avoit paru formée et très-bien faite (2).
D'autres dépôts purulens ont eu lieu dans le cerveau, sans; qu'aucune suppuration ou gangrène fût reconnue en d'autres par-ties du corps, par exemple, après des fièvres putrides et' malignes , qui avoient terminé par des mouvemens convulsifsi qui avoient précédé l'assoupissement, ou par l'assoupissement: sans aucun mouvement convulsif antécédent. Les auteurs;
(1) Morgagni^ Epist. art. 5i.
(2) Morgafrni et Lieutaud ont rapporté , soit d'après leurs observations , . soit d'après les auteur.s qu'ils ont .si bien lus, des exemples de toute», tes espèces de dépôts ptunilens daus le crâne ou dans le cerveau.
ont rapporté beaucoup d'exemples de celte nature , parmi lesquels je pourrois en citer aussi plusieurs que j'ai recueillis.
Quelquefois ces abcès ne produisent des accidens funestes que long-temps après que la fièvre est dissipée et que le malade en paroil parfaitement rétabli. J'en ai deux exemples, l'un sur un chapelier qui mourut subitement trois mois après être relevP d'une fièvre maligne, et dont il paroissoit entièrement guéri: j'assistai à l'ouverture de son corps , on trouva dans les ventricules latéraux du cerveau , un grand verre de pus blanchâtre. Un autre malade qui avoit eu une fièvre maligne ne put se rétablir enlièrement : plus de quatre mois s'écoulèrent ; on re- Igardoit sa convalescence comme pénible , mais on espéroit qu'elle termineroit par être heureuse : le malade devint sourd, sa vue s'affoiblit , et il mourut au moment oîi on s'y attendoit le moins; il y avoit une grande quantité d'un pus grisâtre dans les ventricules du cerveau , et dans les anfractuosités de ses hémisphères j
a. pie-mère en étoit soulevée , ainsi que l'arachnoïde.
7°. Ulcères du cerveau. Dans plusieurs sujets dont le cerveau contenoit du pus , on a reconnu de véritables érosions dans sa substance : elles étoient ou superficielles , ou dans les ventricules, quelquefois dans la propre substance des hémisphères, ou dans d'autres parties intérieures, telles que le cor})s calleux , la voûte à trois piliers, les corps cannelés, les couches optiques, enfin dans les diverses parties du cerveau , que je pourrois préciser
lar des exemples recueillis par des auteurs (i) ou que nia pratique m'a fournis , si je ne m'étois prescrit dans cet ouvrage des bornes que' je ne dois pas transgresser.
J'ai démontré , au collège de France en 1783 , dans le cadavre d'une femme dont les parties de la génération étoient couvertes de chancres vénériens , un idcère qui avoit son siét^e dans l'hémisphère droit du cerveau, et si considérable , qu'il y avoit une excavation dans laquelle on eût pu contenir le poin" • elle étoit pleine d'une humeur sanieuse , verdâtre et fétidp t^,?^; <jue le ventricule droit de ce viscère, avec lequel cette excavation joraniuniquoit 5 il y avoit aussi dans le ventricule gauche une quantité assez grande de la même humeur sanieuae.
(0 Morfragni, Epist. ^//af. med. IV ; UtnXwà , Hist. anat. med llb III. Uicu.s cl Closio ccrcbii. • « 1 .
iiicJitjnés par «les convulsions, par Tépilepsie (1), parla paralysie , par l'apopbxie. Quelquelbis les convulsions ou la paralysie ont eu lieu du côté du corps opposé à celui du cerveau , dans lequel on a trouvé l'ulcère 5 du cùlé droit, par exemple, lorsque l'ulcère éîoit dans l'hémisplière gauche (2), aiit v/'ce 'versd : il en est de ces ulcères comme des autres épanclienieiis et des con,",estions dans le cerveau ; ils peuvent produire la paralysie ou les convulsions des membres du cô é opposé à celui qui est affecté. Les anciens , et principalement Cassius, tt après lui Arétée , avoient fait cette remarque ^ et les modernes ont prouvé par beaucoup de faits bien observés, bien discutés et bien rapprochés, que ces accidens étoient très-cojnmuns et qu'il falloit en attribuer la cause à l'entrecroisement des nerfs dans la moelle allongée (3).
Ce qu'il y a de biea remarquable, c*est qu'en qtielques sujets les grandes ulcérations avec des excavations plus ou moins amples n'ont été indiquées que dans les dr-rniers temps de la vie, et que même on les a trouvées dans des sujets morts d'une maladie dont le siège n*avoit nullenaent paru être dans le cerveau , ou qui même sont morts subitement sans avoir paru être malades.
On ne peut s'empêcher d'être surpris, quand on considère les 1 grandes excavations de ce viscère produites par l'ulcération dee sa substance, de n'y point trouver de sang épanché, sur-toutt quand ces excavations sont ])resque vides de j)us comme j'enii ai vu ; et cependant les extrémités des artères dans les parois* de tels ulcères ne sont pas oblitérées , ou le sont bien peu ,, puisqu'on les dilate par l'injection sans faire aucun eilort. Sanss doute que la disposition à l'ulcération ralentit le sang dans less parties malades et qu'il se change en pus , à proportion qu'il abondee en elles. Morgagni ^ Lieutaud ^ ont cité des exemples remarquables d'ulcérations considérables du cerveau sans aucun épan— chement de sang (4).
On a trouvé les os du crâne cariés dans des sujets qui avoient: des ulcérations dans le cerveau 5 Lieutand en a rapporté uim exemple. Un sexagénaire, dit-il, perdit peu à peu la auéraoire,, la vue et l'ouïe, sans éprouver aucune douleur; il étoit devenuii liébété , et au moment où on s'y atlendoit le moins il raourutt
(1) Voyez le Traité rie Tissot sur cette maladie, (a) 0])S. de Kalsalva , Lieutand, lib. 111, obs. i38. (^) PFepfer, Lieutaud, oi)s. 117, 119.
(4") J^oyvz nos reitiarqncs sur les ulcérations du poumon , Ô£;alrnienft occasionnées ^jar des ulcères san* évacuation t!e sanj;. Trailé dû phlhisie pulmonaire.
r> U C JE R V E A u. 99
subitement. On trouva un abcès dans la substance mérlullaire del'héinispbèie droit, avec une carie des os voisins (i). Un autre homme Amt parle Bonnet^ devint aveugle après avoir éprouvé long temps de la douleur à la tète; il mourut , et l'on trouva'les éiui*riences manimilla res de l'hémisphère antérieur du cerveau atteintes de suppuration avec carie de l'os frontal.
J'ai trouvé dans le cerveau d'un homme mort d'apoplexie un abcès dans l'hémisphère gauche et l'os pierreux carié, quoique la dure -mère fût entière. On peut lire dans les auteurs divers autres exemples de carie d'os du crâne , avec des abcès ou des ulcères du cerveau. Dans quelques circonstances on a pu facilement s'assurer que la carie des os avoit précédé l'ulcération du cerveau , comme après des érosions des os des cavités nasales , ou autres par vice vénérien , scrophuleux , etc. Il ne faut pas cependant en pareil cas trop compter sur les apparences. On croyoit trouver ces hémisphères antérieurs du cerveau rongés de quel(|ue ulcère dans un homme mort à la suite d'une érosion vénérienne de l'œthtnoïde , dont la lame horizontale étoit même cariée ; je fis l'ouverture du crâne pour m'assurer de l'état du cervrau , que je trouvai sans altération manifeste, ainsi que la dure-mère qui le revêtoit sur l'endroit même, correspondant à la lame horizontale de l'œthmoïde rongée par la cane. Dans d'autres circonstances , on n'a pu décider si la carie du crâne avoit précédé l'ulcération du cerveau , ou si cette ulcération avoit précédé la carie. J'ai vu , dans un cadavre apporté au collège de France pour mes démonstrations anatomiques , ia portion pierreuse de l'os temporal cariée avec érosion de la paroi de la cavité du tympan, qui étoit pleine de sanie ; la dure-mère étoit rongée par-dessus , et la portion du cerveau qui y correspoiidoit contenoit un ulcère considérable.
8°. De la gangrène du oerveau. En même temps que les substances du cerveau sont très -ramollies , elles sont quelquefois imbibées d'une sanie fétide, rougeâtre, grise ou verdâtre , sanieuse et d'une odeur très-fétide. Or , une pareille allération ne peut être comparée qu'à la gangrène ou au sphacèle , quand elle est portée au dernier degré de corruption et de décomposition, et il faut l'avoir soi-même vue, pour se faire une idée du degré de putréfaction auquel le cerveau peut y)arvenir. L'odeur qui s'en exbale est quelquefois si fétide , qu'elle en est intolérable, et c'est alors bien le cas de dire avec Plippocrate : Corn/ptio optimi pess.inia.
La gangrène du cerveau a eu lieu après de longues douleurs
(i) Uisl. anat. mcd, part. III, obs. 108, i38.
ICO ANATOMÎE MIÈDICALE,
de tôle (i) lancinantes ou gravatives, générales ou partielles (2), avec un sentiment continuel ou momentané de batleraens violens, qui redoubloient lorsque le malade étoit couché ; ajjrès des insomnies opiniâtres , avec un pouls convulsif (3) ; après des vertiges (4) y on l'a observée à U suite du délire (5) , des convulsions , des accès d'épilepsie (6) 5 on l'a trouvée dans beaucoup de personnes qui avoient eu les membres paralysés (7), dans d'autres qui étoient mortes d'apoplexie (8), dans certaines qui avoient été atteintes de la vérole (9), ou d'une affection scorbutique (j o) , à la suite d'humeurs cutané» s répercutées, commeaprès la teigne (1 1), après la petite vé'-ole, la goutte , après des coups de soleil , des plaies au cerveau (i 2)5 toutes ces causes, qui ont pu produire l'inflammation, ont pu donner lieu à la gangrène : il est inutile d'en faire une ultérieure énumération. Nous ferons cependant remarquer que l'on a trouvé gangrené le cerveau de quelques sujets , sans qu'ils eussent éprouvé , avant la mort, aucun des symptômes connus de l'inflammation du cerveau (j 3j|.
9°. Les plaies du cerveau sont d'autant plus dangereuses , qu'elles sont profondes, et qu'elles approchent de la moelle allongée. Les anciens les ont d'abord crues essentiellement morteiles , mais pas aussi promptement que celles du cervelet; cependant par succession de temps on a recueilli diverses observai ions qui ont prouvé que des portions du cerveau assez considérables pouvoieut être détruites , non seulement sans que la mort survînt y mais même sans lésion d'aucune fonction : aussi les chirurgiens ne craignent plus, après l'opération du trépan, d'inciser la durejnère , l'arachnoïde et la pie-mère , ainsi que la substance du
(i) Lieutaud , Sist. anat. med. part. III, obs. 141. .(z) Ihid, obs. 145, 148, 149, iSç.
(3) Movgagni. T^oye:: Lieutaud, Hist. anat. med. obs. i5i.
(4) Ibid. obs. i55.
(.5) Ibid. 143.
(6) Ibid. 148, i52.
(7) Mor^agni. Voyez Lieutaud, Hist. anat. med. obs, i56, i6a.
(8) Guarinonius , obs. i53.
(9) Mélanges des curieux de la nat. Lieuttiutl , ibid. obs. 148. ^10) Saxonia , ibid. i58 , 161.
(11) Haller, ibid. iC'2.
(la) Voyez VHist. anat. de Lieutaud.
(i3; Fanion, obs. i58.
DU CERVF.AU.
cerveau, pour donner issue à un abcès bien reconnu (i) : on a coupé des portions de cerveau qui s'étoient insinuées à travers quelques trous du crànfi , soit après des fractures , soit après l'opération du trépan , et i[ui y souffroient quelque étranglement} on en a coupé qui étoient carcinomateuses (2).
On a remarqué , après certaines plaies de tête , que des portions du cerveau avoient été enlevées sans accident (3) : des expériences faites sur les animaux vivans ont prouvé qu'on pouvoit leur emporter de grandes portions du cerveau sans les faire périr (4).
Ces plaies sont souvent plus dangereuses par l'hémorragie qu'elles orcasionneiit que par la section de la substance cérébrale qu'elles opèrent, le sang épanché pouvant produire une compression mortelle de la substance médullaire et de la moelle allongée. On a aussi observé qu'on pouvoit percer le crâne de part en part avec une épingle ou avec un clou, aux poules , aux moutons (5) , etc. sans les faire périr.
10°. Corps étrangers. Divers corps étrangers, tels que des grains de plomb, des balles, la pointe d'une épée ^ ont été trouvés dans le ciàne, entre ses membranes et le cerveau , dans sa substance, et même dans ses ventricules, dans des sujets qui étoient moris subitement , après avoir éprouvé de violentes convulsions, des accès d'épilepsie , ou qui étoient morts d'apoploxie promptement, ou long-temps après (6). Ces sortes d'exemples ne sont que trop communs ^ les livres en sont pleins. Mais
()) Acad. de ckirur. t. I, ]>. 32i.
(2) Ibid. p. 323.
(3) Ibid. t. V, sur l'opération du Irépan.
(4) Williiî, De nioib. coiiv. Pc-iault, Iléconique des animaux. Boile De lUilUale ji/iys. ejperiineiU. Zimiiiis, Expeiiinent. Haller , EleniciUa pnysiol. t. IV, p. 340.
(.5) J. Bapt. Porta: I>e hunian. physionom. Goelicke , Hist. chirur. Mais il laut prpiuire j^ari'.e aussi qiK-Uiuelois que des faiseurs île tours, au lieu ilentoncer Tnistrauieut < aus le craiie, ne l'entuufcnt que dans les sinus irontaux, comme nous l'avons vu laire à Versailles par Tuimestrik, qui clisoit guenr toutes los plaies du cerveau avec un remède qu'il vendoit Voyez les Alémoires de L'Acnd. des icieiices , année 1771.
(6) Le docteur Ami m'.-» envoyé de la Guadeloupe le procès-verbal dressé au sujet d un nôore dans le crâne duquel , au rappirt de plusieurs personnes «le 1 art, on a trouve trois aiguilles vers le sinus lonj^iiudinal supérieur: on ne reconnut aucune pla.c m cicatrice au crâne qui pûr iudiquir la voie par tr^uv s' "^/»fP«., étrangers étoient parvenu^ dans le liiu où il, luren r?; 5 ; "'n'"'!^"^ ont Clé envoyés a l'Institut. Ce fait
«t trop extraordn.a.re pour qu'on n'ait pas de doule sur sa réalité dans tous ses pomts, ou du moins dans les conséquences qu'on en a tirées
102 ANATOMIE M^DICArE^ ce qui est rare , c'est qu'on ait trouvé , comme on l'a fait , des grams de plomb , des balles , des esquilles , très-profondément enloiices dans le cerveau de personnes qui n'avoiei.t éprouvé aucune maladie qu'on eût pu attribuer à une pareille cause. Nous renvoyons, pour cet article aussi curieux qu'important, aux grands ouvrages de cliirurgre , et sur-tout 2in^ Mémoires de L' Académie de i:liirurqi(!.
On lira aussi dans plusieurs ouvrages (i) l'histoire de vers de diverse nature et autres animaux vivans, trouvés dans le cerveau 5 mais ne s'y sont -ils pas développés après la mort, par l'effet de la putréfaction , par ie contact de l'air ? à l'ouverture du corps l'air n'tn a-t-il pas produit le développement? ne s'y sont-ils pas introduits par quelque voie , pendant la vie même, par les voi^-s nasales atteintes de carie, etc. ? Ces vers hydaiidiques trouvés dans IfS plexus choroïdes, existoient-ils aussi avant la mort ? Nous n'en sommes pas convaincus (2).
11°. Augmentation et diminution du volume du cerveau.
Il résulte des diverses altérations du cerveau dont je viens de donner un précis succinct, i» que le cerveau n'a pas quelquefois son volume ordin;:ire , parce qu'il est souvent comprimé par le crâne, qui n'est ])as naturellement assez ample pour le contenir, ou dont la capacité est diminuée en un ou plusieursi endroits par l'engorgement des membranes du cerveau , par des; excroissances polypeuscs, par des collections d'air, de sang, de' niat.èreslyniphatiqiies, gélatineuses, ou par des causes inhérentes eni lui; 2". que le vcdume du cerveau est tantôt augmenté et tantôtt diminué, etc.; 3". qu'il est tantôt plus dur et tantôt plus mou;; 4°. que sa couleur peut être altérée , et sa substance détruite par des ulcères , ou par la gangrène et le s])liacèle.
Les diverses congestions d'air, d'eau, de sang, de matièress gélatiniformes dans la substance du cerveau ou dans ses ventricules , augmentent nécessairement son volume : or alors oni comprend que nécessairement il y a une compression plus oui moins grande de ce viscère. *
Les indurations, le squirre , et antres affections du cerveau,, donnent quelquefois lieu à la diminution de cet organe ; mais trèssouvent aussi, en même temps que les parties du cerveau ses durcissent, elles se tumélieat , comme cela arrive dans certaines
(1) Sepulchr. anat. Sert.I, obs. 116, 117, 118; Lieulaud , part. III, ol)S. 272.
(2) F'oyez les savantes remarques de 3Iorg(îgni k cet égard j epist. I„ art. 8, 9.
BU CERVEAU- ^OJ
tumeurs : ainsi , quoii^ue ovJinairenient le cerveau perde de &on volume à proportion qu'il se durcit, il y a des circonstances dans lesquelles il devient en mèrue temps plus vo'umiueux (i>. Les suppurations et la gangrène en p.euvent singulièrement diminuer le volume.
La diminution de volume du cerveau par spasme , par contraction , ([u'on a supposé avoir lieu dans certaines jiaralysies ou apoj)l.'Aies qui sont survenues après des alfectiojis de i'ame^ non seulement nV-st pas démontrée; mais il a été prouvé, pnr beaucoup d'observations bien recueillies , qu'après de pareilles causes le cerveau avoit été trouvé plus volumineux, ses vaisseaux sanguins étant plus engorgés, ou même qitelquefois y ayant des épanciiemeiis de sang dans ses ventricules ou ailleurs. N'est-il pas plus uaiuiel d'attribuer la maladie, et la mort qui en est la suite après de fortes commotions de l'ame, à la contraction spasmodique des muscles du tronc, du bas-ventre et du dia- ])hragme, laquelle occasionne un rcllux de sang dans le cerveau; d'où résulte un gonflement de ce viscère, qui donne lieu à une compression plu-i ou moins forte, générale ou jtartielle; d'où résultent les divers accidens, l'engourdissement ouïes convulsions qui précèdent la mort?
2°. Ckangemeiit de couleur. La couleur des substances du cerveau - peut être changée; par l'effet des diverses altérations dont on a parlé 5 elle j'eut è:re plus ou moins rouge et même noire se on les divers degrés d'inlLimmation ; blanche lorsqu'elle est squirreuse; grise, brunâtre, si elle est recouverte de substance gélai inif )rme. On Ta vue d'un jaune plus ou moins foncé dans des sujets qui avoient péri ayant la jaunis.se; enfin les substances du cerveau sont plus ou moins ramollies, si elles sont infiltrées, abcédées , ulcérées, gangréuéts, sphacelées (a).
De simples commotions du cerveau, qui n'ont , été suivies d'aucun épanchcment, ont donné lieu à la mort. J'ai ouvert le corps d'un maçon mort après une cliute, lequel avoit éprouvé des convulsions affreuses : le cerveau parut intact ; il avoit son vol ume ordinaire et sa couleur naturelle.
(ij Le ti'lèbre Mead croyoit que le cerveau étoit susceptible de se {^onfier tlans ceriains temps de l'auiiép, pendant le printemps, par exemple; et IMov^agiii, qui rapporte cette opinion, ne t'ait aucune «lisciission , ni j)Our l'admettre, ni pour la combattre. Epiit. anat. rneJ. art. y.
(2) On pourroit trouver des observations sur ces diverses altérations du cerveau, mais bien éparses, dans le Sepiilchr. anat. de Bonnet^ dans les exccllens ouvrages de Morjra^ni et. de Itieiitand , que buw.s. fi vous cités tant fois.
On n'a pu encore parvenir à distinguer les altérations du cerveau qui produisent l'apoplexie, de celles qui produisent l'épilepsie , ui celles qui donnent lieu à l'imbécillité, de celles qui produisent la frénésie ou la» manie : sans doute que toutes ces iiialadits diverses dépendent d'affections cérébrales qui sont diverses aussi , mais dont la différence est si légère relativement à nous , que nous ne pouvons les distinguer ni par rapport à leur lieu et à leur espèce, ni relativement à leur intensité : on peut croire que leur dernier résultat est de comprimer la substance médullaire du cerveau et de la moelle allongée, d'où provient: la paralysie de quelques membres seulement ou l'apoplexie, qui; est la paralysie ia plus générale. Le premier accident a lieui lorsque la compression ne porte que sur quelques nerfs; l'autre' survient quand elle porte sur tous ou au moins sur le plus grandi nombre.
Les nerfs du cœur paroissent exceptés , puisque cet organecontinue de jouir de ses mouvemens à peu près naturels, peutêtre même quelquefois plus forts, si ou en juge par le pouls des i apoplectiques. Les maladies physiques et les maladies morales ont de si grands rapports entre elles, qu'elles se compliquent: souvent ensemble, ou que les unes succèdent facilement aux: autres. Enfin un épileptique, par exemple, devient aisément: maniaque , et un maniaque épileptique; la paralysie précède oui succède souvent à l'apoplexie , les convulsions simpifes et l'épi-lepsie sont une suite fréquente l'une de l'autre. Les convulsions; précèdent les maladies soporeuses ou en sont suivies , et le plus; léger assoupissement peut être suivi du pins profond.
Or à l'ouverture du corps des personnes qui ont péri de cesi diverses maladi:^s , on trouve souvent dans le cerveau les mêmes; altérations; on pourroit cependant peut-être dire que les unes; compriment la substance médullaire et les nerfs , et que les; autres les distendent et les irritent; que les maladies soporeuses; dénendent de la première cause, les convulsions de la seconde,, et'les affections de l'ame peut-être de toutes les deux; etqué' c'est des divers degrés de compression ou de distension de la; substance médullaire et des nerfs que proviennent les diverses; maladies physiques ou morales.
i3?. Quelques remarques sur les maladies du cervelet reconnues par les ouvertures des corps. i°. Comme le cerveau , le cervelet est exposé aux engorgemens par de l'air, de l'eau, des matières gélaliniformes, muqueuses, lymphatiques, et par du sang (i),,
(i) T^oyez Morgasîiu, Epist. ancit. med. /Tyf, Lieutaud, Mist. anat. med. Jili, m,' art. 21 , àa , 23» aj.
DU CERVEAU. lo5
îtc. lesquelles matières , si elles ne se répandent pas dans son issu , peuvent s'accumuler sur sa surface externe , et produire sur ui une compression plus ou moins forte , et d'autant plus , qu'il est )oarvu d'une plus grande quantité de substance grisâtre ou corti- ;ale que le cerveau, relativement à la quantité de sa substance nédullaire , et que cette substance corticale étant de sa nature )lus molle que la médullaire, résiste moins à la compression..
2°. Le cervelet est aussi sujet que le cerveau à l'inflammation, linsi que les ouvertures des corps l'ont tant de fois prouvé 5 au squirre 5 aux congestions stéatomaleuses , dont je pourrois citer les exemples que j'ai eus sous les yeuxj à la suppuration 5 aux lernies , c'esL-à-dire qu'une partie de la substance de ce viscère ieat s'insinuer dans les trous du crâne , quand il y a un défaut ie continuité dans ses parois , ou qu'il y en a une partie qui a'est pas ossifiée ou qui ne l'est pas complètement.
3°. Le cervelet peut aussi être blessé^ et ses plaies sont d'autant plus dangereuses que leur siège est plus rapproché de la moelle allongée. Cependant des anatomistes ont cité des exemples de guérison des plaies du cervelet dans l'homme (1), dans des chiens (2) ; d'autres n'ont été mortelles que plusieurs jours après, quoiqu'elles ne fussent pas seulement superficielles} mais ce sont de rares exceptions sur lesquelles onpourroit même élever quelques doutes.
Les plaies du cervelet de l'homme ont été presque toujours mortelles et en très-peu de temps (3), jjouvant être plus ou moins profondes, et l'épanchement de sang qui en. est la suite pouvant être plus ou moins considérable : d'où il résulte que la moelle allongée est plus ou moins affectée subitement ou consécutivement et dans un intervalle de temps qui n'est jamais bien long. Quoi qu'il en soit , les auteurs les plus célèbres qui ont cité beaucoup d'exemples de plaies du cerveau heureusement terminées, ont regardé celles du cervelet comme mortelles, et entr'autres Bohnius qui s'est beaucoup occupé de cet objet (4).
Dans quelques plaies du cervelet la paralysie et les convulsions sont sur venufîs du côté blessé et non du côté opposé, comme cela a eu lieu souvent dans les personnes dont le cerveau étoit blessé ; mais cela n'est pas suffisamment prouvé, pour être établi comme un point de doctrine démontré.
(1) Fallopc, De vubieribus , cap. VI. Keslingius ^ epist. i3, etc.
(2) On lir dans le mémoire de Lapeyrouie sur le Siù^e de l'ame , ydcnd. des sciences , ann^c; 1774, qu'un (.111011 auquel Fetit avoit coupé la iiluitié (lu cervelet, avoit vécu six jours.
(3) Petit en a cité un qui fut suivi de la mort quarante-trois heures après.
(4j De renunciat, vulnsi; Leps, 1689 , iu' 8°.
4°. Enfin les anatomistes ont découvert dans le cervelet 1er nièmes altérations que dans le cerveau et dont nous avons d.-nm ci-dessus un précis suffisant pour sVn former une idée. Mais cej altérations lorsqu'elles ont leur siège dans le cervelet, ne sontelles pas plus graves que dans le cerveau? Les anciens l'ont cru. et TVillis encore parmi les modernes en a été si persuadé, qu'il regardoit les moindres maladies du cervelet comme mortelles-; et il n'avoit pas les mêmes craintes pour celles du cerveau. lU étoit persuadé que le cervelet avoit une influence particulière suk les nerfs du cœur et sur ceux des organes de la respiration (i);; il croyoit que dans le sommeil et dans quelques maladies sopo-' reuses, comme le carus , il n'y avoit que le cerveau qui fût com-:primé, et que le cervelet étant plus dur, ne l'étoit point rce^ quifaisoit, disoit-il, que les nerfs du cœur et ceux des muscles intercostaux et du diaphragme, ainsi que les nerfs du poumom qu'il croyoit émaner du cervelet, restoient libres et intacts} d'otii il résultoit que la circulation du sang et la respiration coatinuoienjil de se faire librement.
Quant aux maladies soporeuses, dans l'apoplexie sur-tout , \i cervelet, suivant Willis ^ étoit comprimé; et c'est ce qui fait, dit-il, que dans ces maladies la respiration est difficile, sterroreuse , que la circulation du sang est troublée ; et qu'enfin, disoin WiLlis ^ que ces maladies sont mortelles. Cette opinion de IVillis. qui a été généralement adoptée dans les écoL's , en a été exclut depuis que les anatomistes ont connu la véritable origine des nerfi du cerveau, de la moelle allongée, et de la moelle épinière , e? que les ouvertures de corps tant multipliées, des personnes morteide maladies soporeuses, ont présenté des résultats contraires à l'opi-; nion de ce célèbre médecin , puisqu'on a trouvé le cerveau auss souvent affecté que le cervelet, ou ces deux organes altéréi ou comprimés à la fois. Or, d'après les résultats de ces ouver-r-l' tures des corps et d'après les connoissances anatomiques , lerJi modernes ont refusé au cervelet des prérogatives sur le cerveau.ij' que les anciens lui accordoient 5 et peut-être est-on tombé dan;;*' l'inconvénient de ne pas lui en accorder assez.
Tout paroit annoncer que le cervelet et le cerveau coopèremi ensemble aux mêmes fonctions. Ne sont-ils pas également pourvu.'; de substance corticale et médullaire ? ne sont-ils pas arroséf par les mêmes vaisseaux ? Or , à quelques modifications près
(i) Cet anatomiste distinguoit les fonctiniis tin cervpati (te cpIIps ''"ij cervelet. Selon lui , ihins le cerveau résidoit lo piintipp des fonctions vo l. lontaires, ei dans le cervelet celui ties fonctions involontaires, comme dec^V jjffOuvcniens du coeur, de la respiration j etc.
DU CBRVEAtr. 107
e conconrenl-ils pas à remplir dans l'économifî anîmalo 1rs icmes usages, et dans qtielcjiies circonstances ne peuvent-ils (,!S se suppléer l'un à l'autre. Leur substance corticale n'est-elle las éoalement l'organe sécrétoire de quelque fli-ide étliêrê^ élecriqi/e^ même galvanique si on le croit différent, enfin vital? t les /ibres dont leur substance médullaire est éf^aleaient com- ' )osée , sont -elles les véritables canaux de ces fluides subtils, [ui, par le moyen des nerfs, sont réfiandus dans tout le corps pour eur donner la sensibilité, et la distribuer à des degrés bien livers , pour fournir aussi aux muscles le principe de leur irriabilité, qui est plus ou ntoins grande?
L'excès de substance corticale du cervelet sur celle du cerveau elativement à la médullaire , pourroit laire croire , si l'on •pgarde cette substance comme l'organe sécrétoire du fluide vital, iw cette sécrétion est plus abondante dans le cervelet que dans e cerveau ; mais on ne peut donner à cet égard que des hypothèses. Qu'il nous sulfise de dire que les observations ont prouvé que es maladies du cervelet ne sont pas toujours mortelles comme )n l'a cru pendant long-temps, quoiqu'elles soient peut-être un peu ^lus dangereuses que celles du cerveau (i).
Les altérations du cervelet reconnues par l'ouverture des corps ont été annoncées par des céphalalgies , des convulsions , des accès épileptiques , ou par l'engourdissement, la stupeur, la paralysie , rass.iupissenient , les aliénations de l'esprit , enfin par les mêmes accidens qui accompagnent les lésions du cerveau : peut-être cependant qu'ils ont quelques degrés d'intensité de plus 5 mais ce n'est encore qu'une conjecture. Tout ce qu'on peut dire, c'est que les maladies de ces deux organes sont d'autant plus dangereuses que leur substance médullaire est plus affectée ; et comme cette substance est contiruie , il n'est pas étonnant qu'on n'ait pu souvent reconnoître, par des signes particuliers, quelle étoit celle des deux parties du cervelet ou du cerveau qui étoit; malade (2).
(1) Selon Ifallcr , le cervelet ne remplit pas dans l'écoiiomie animale <les usaj^es plus iniporrans que le cerveau *: il s'est assiué que les blessures du cervelet n'ôtoicnt, ))as ])lus danfroreuses que celles du cerveau; re qui est très-contraire i» l'opinion lie Galion, de PFiUis, et des chirurgiens Bieiiaise , Kerduc ,^etc.
(2) Morgagni , Epist. anal. med. Il, art. 25 , rogrrtte beaucoup qiie Kalsalva n'ait pa.s lait jjurt de quelques conuoissaaces qu'il avoit à cet égard.
* Elément, phydol. t. IV, p. 714, 737, ibid.
108 ANATOMIK MEDICALE,
^ Ce qui rend encore cette connoissaiice pins difficile cà acquérir,, c est qu'il est très-rare de trouver l'un de ces viscères parfaiteraent sain lorsque l'autre est malade. On ne comprend pas pourquoi Lieutaud (i) a plutôt placé parmi les maladies du cervelet que parmi celles du cerveau l'observation de Morgagni sur une femme morte de suffocation, et dans laquelle on a trouvé à. la vérité la substance du cervelet très-ramollie , mais dans laquelle? aussi les vaisseaux du cerveau étoient très-gorgés de sang ; ni encore; pourquoi Lieutaud a placé parmi les maladies du cervelet l'obspf-. \ation d'un cuisinier qui étoit mort à Paris après avoir éprouvé desi douleurs de tête horribles , à la suite desquelles la foibiesse des^; facultés intellectuelles, et ensuite la fièvre et le délire, étoient: survenus, et dans lequel on a trouvé le cervelet à moitié sqiiir-leux , mais dans lequel aussi la substance du corps calleux étoitt très-relâchée et les ventricules du cerveau étoirnt pleins d'eau.
On ne sait, quand on rrfléchit à ces altérations trouvées dans, le cerveau et dans le cervelet, pourquoi Lieutaud a placé plu'.ôt ces observations parmi celles de ce dernier organe que parmi celles du cerveau, dans lequel la cause de la maladie pouvoit résider également, puisque ces deux organes ont été trouvés altérés dans les mêmes sujets; sur-tout encore quand on sait que dans d'autres individus qui n'avoient éprouvé aucune maladie, on a trouvé le cervelet squirreux dans une très-grande étendue (2), et quand on sait qu'on a trouvé un abcès très-considérable dans, le cervelet d'un homme mort d'une fièvre maligne sans avoir éprouvé de délire (3).
La suppuration du cervelet a été, reconnue dans des malades c]ui avoient éprouvé, avant de mourir, de vives douleurs de tête : l'un d'eux, dont il est question dans les Transactions philosophiques , mourut d'une lipothymie après s'être j)laitit d'une douleur gravative de tête. On trouva un ahcès au centre du cervelet, et le sinus latéral gauche ouvert. N'est-ce pas à ce dernier accident autant qu'à l'affection du cervelet qu'il faut attribuer la lipothymie dont cette homme est mort? Un autre, dans lequel on a aussi trouvé un abcès dans le cervelet, a péri d'assoupissement ayant conservé son pouls comme celui d'un homme eu santé (4).
(1) Hist. anat. med. t. II, lib. III, obs. 189.
(2) Voyez VHist, anat. ilc LieiUaud , art. des Maladies du. cen'elet.
(3) Cftte observation, rapportée par Lieutaud, est du célèbre JV/z/^-Zç, lib. III, obs.
(4) rdvat. cité par Lieutaud, lib. III, obs.. i8{.
DU CERVEAi;.
140. Affections morbifiques de la moelle allongée. Des trois ..rties du cerveau, c'est celle dont les lésions sont le plus danereuses; elle est entièrement formée de substance médullaire, t elle est plus sensible que le cerveau et le cervelet; et comme c est 'elle que partent la plupart des nerfs ^ et qu'ils ont des communiations multipliées avec le grand nerf sympathique et avec ceux e la moelle épinière , il n'est pas étonnant que les moindres ésions de la moelle allongée occasionnent une grande diversité e maux si funestes dans toute l'économie animale.
Les ouvertures de corps ont prouvé que son volume pouvoit ugmenter ou diminuer , que sa substance pouvoit devenir plua ure ou se ramollir, qu'elle pouvoit être atteinte d'inflammation ,
parti
Itérations que le cerveau et le cervelet.
Qu'on lise les observations publiées par les médecins anatonistes , et l'on s'assurera que tel est le résultat des ouvertures les corps ; mais les affections morbifiques peuvent être ou borlées à quelqu'une de ces parties seulement ou se trouver dans ;)lusieurs, ou même affecter toute la moelle allongée. Ainsi on i trouvé des altérations particulières dans les corps cannelés y es couches optiques , le corps pinéal , les tubercules quadriumeaux, la tige pituitaire , dans les prolongemens du cerveau !t du cervelet, ainsi que dans le pont de Varole ; et chacune de ces affections a été suivie d'accidens particuliers.
La privation totale de l'odorat, anosmia^ a été la suite des obstructions, indurations (1), infiltrations, ulcérations des corps cannelés, des hémisphères antérieurs du cerveau , ou des nerfs olfactifs qui en émanent. Cette sensation n'a été lésée que dans une narine par la maladie du corps cannelé du même côté qui lui correspondoit. J'en ai vu un exemple. Morgagni a rapporté l'histoire d'un enfant dont une des narines étoit entièrement privée de la sensation de l'odorat , par rapport à la compression des nerfs olfactifs dans leur passage par les trous de la lame horizontale de l'œthmoïde , occasionnée jjar le renversement de l'apophyse du cris ta galli (2) .
La lésion des deux couches optiques a donné lieu à Vamaurose ^
(1) Lieutaud, Hist, anat. nied. Obs.de Garnier, 5 {9 -, de Bonnet, 555.
(2) Morgafini, Eput. anat. med. XII, ait. 2,'), pai-le d'un hoinnie qui perdit l'odorat après avoir éprouvé une hémorragie énorme du nez, et qui eut ensuite des attaques ri'apoploxie.
irapro-rement goutte sereine des deux yeux. Mais l'affectioH morbifîque d'une seule couche ou d'un seul nerf optique a été cause de l'altération dans la vue de l'œil du même côté , ou qui lui correspondoit (1)5 cxx les nerfs optiques ne s'entrtcroisent pas sur la selle turcique, comme l'ont cru quelques anatoîiiistes ; mais la substance blanche dont ils sont formés paroît s'entrecroiser avec celle de la moelle allongée dont ces couches font partie.
Le corps pinéal a été trouvé plein de concrétions pierreuses (2) ^ gonflé , rapetissé , ramolli , endurci , comme ulcéré , couvert de ■^'aisseaux variqueux dans des sujets dont les fonctions de l'ame n'a voient point été altérées et qui n'avoient éprouvé aucune affection morbifiqxie (3).
Les altérations des productions médullaires du cerveau et du cervelet, ainsi que Cv->lles de l'éminence annulaire qui lesréunity ont presque toujours été reconnues dans des sujets qui avoient eu des convidsions , des assoupisseniens , ou des aliénations d'esprit les plus funestes. La plus légère piqûre de ces parties dans les animaux vivans, donne lieu à des convulsions qui sont le prélude d'une mort prochaine.
L'anévrisme de l'artère basilaire a causé la mort après avoir excité les convulsions les plus affreuses. J'ai trouvé plusieurs fois la substance du pont de Varole très-endurcie dans des sujets qui étoient morts d'une inflammation cérébrale, par l'effet ou à la suite des fièvres malignes , après avoir éprouvé le délire le plu» affreux; elle a été trouvée endurcie dans des maniaques, et dans une jeune fille de quatorze ans, qui avoit beaucoup d'esprit, laquelle devint stupide et tomba dans une atrophie générale avec une fièvre lente nervale dont elle mourut. A l'ouverture du corps de cette jeune personne , qui futfaite ^at A^arquais^ habile chirurgien de Paris, et à laquelle j'assistai, on trouva la moelle allongée très-dure dans toute son étendue, mais sur-tout dans sa portion appelée le pont de Varole , qui étoit en même temps très-gonflée. 1^ J'y trouvai la moelle allongée couverte d'un lacis vasculaire dilaté dans plusieurs endroits, comme s'il avoit été injecté; et dans des sujets dont je ne connoissois pas la cause de la mort, je l'ai aussi trouvée pleine de corps granuleux très-durs; enfin
(1) Morgagni, Epist. anat. tned. XIII, art. 5.
(2) GunzLus , obs. Circa hipillos glandulœ pinealis , ohs. jjSi^.Kùiffi,, dbs. sur la glande pinéale : 2"iansact. philosopfi. 6'àC^. JHor^agni et Lieiitaud ont aussi parlé des ahératious ue la glande pinéale.
(3) Voyez Morgagni , De sed. et caus. morh. en divers endroits imliqTiés . dans la bonne table île ce grand otnrage. Lieutaud, Hist, anat. med. lib. III , p. 188 , et alibi. Haller^ Elemènt. phjsiol, t. IV.
!> V CERVEAU. 111
cette partie , commune au cerveau et au cervelet , est sujette aux mêmes altérations que ces organes.
Une jeune femme qui étoit devcntu' sourde à sa première couche^ aveugle à sa seconde, périt quelque temps après d'apoplexie; 0:1 trouva la moelle allongée très- endurcie. J'ai toujours cru que ces accidens n'auroieiit pas eu lieu , si la jeuae femme avoit été saignée plusieurs fois (\\ns ses grossesses.
On a aussi reconnu daub des sujets qui avoiient perdu l'ouïe , que les nerfs acoustiques ou les uerfs mous de la septième paire étoient comprimés par des vaisseaux sanguins très-pleins de sang, ou par ce liquide épanclié hors de ses vaisseaux, ou par d'autres matières. Dans la plupart fie ces individus , on a trouvé la moelle allongée altérée du côté opposé à celui du corps qui avoit été affecté; ce qui , moyennant l'entrecroisement des nerfs , donne l'explication de divers faits pathologiques. Les Mémoires de l'Académie de chirurgie, et en particulier les ouvrages de Aforga^ni , de Lieutaud ^ et de beaucoup d'autres, contiennent des exemples de ces sortes d'altérations du cerveau trouvées du côté opposé à cehii du corps qui avoit été affecté de convulsions ou de paralysie.
i5°. Des lésions de la moelle épinicre. Elles ont la plus grande ressemblance par leurs symptômes avec celles du cerveau, comme les ouvertures des corps l'ont bien prouvé ; et cela n'est pas étonnant si l'on considère que la moelle épinicre n'est qu'une extension de cet organe, laquelle est contenue dans le canal vertébral et qui fournit les nerfs au tnmc et aux extrémités, lesquels communiquent en une multitude d'endroits avec ceux du cerveau ou de la nvielle allongée; lesquels ont aussi une correspondance entre eux et avec le grand sympathiqjie qui réunit tous les nerfs.
La compression de la moelle épinière est la cause la plus fréquente de ces maux, et elle peut être comprimée de différentes manières , par le rétrécissement du canal vertébral , occasionné par quelque exostose vénérienne, scorbutique, rachitiiiue ou scrophuleuse ; par des inflexions violentes de l'é[)ine après de grands elforts; par le gonflement des corps cartilagineux intermédiaires aux vertèbres ; par l'accroissement vicieux de quelque vertèbre , comme dans Uis rachitiques, ou par le raniollissementde quelqu'une d'elles; par le gonflement du fourreau ligamenteux qui revêt l'intérieur du canal vertébral, et par celui de la dure-mère, de l'arachnoïde, de la pie-mère ; car ces ligamens , ainsi que les membranes , peuveiit être tuméfiés dans le canal vertébral comme dans le cerveaij
La moelle épinière peut aussi être comprimée par des engorgem'jns, des inflammations , ou par d'autres congestions de sang ,
tels que les anévrismes des artères spinales , les varices de» ■veines, et les dilatations des sinus vertébraux, par des infiltration» ou par des hydatides.
Souvent encore la moelle épinière est comprimée et même rétrécie par des humeurs épanchées dans le canal vertébral entre ses membranes , ou engorgée dans sa substance. Or parmi ces humeurs on doit compter l'eau, le sang, les matières lymphatiques , muqueuses , gélatiniforrnes , stéatomateuses} le pus ou les matières ichoreuses peuvent être le résultat d» quelque engorgement inflammatoire local, ou peuvent être portée» par des métastases des parties les plus éloignées : divers coi-p* étrangers ont été trouvés dans le canal vertébral , tels que la pointe d'une épée, des esquilles des vertèbres, une balle, etc.
La moelle épinière peut être elle-même affectée dans son tissu j et parmi ses maladies propres on doit compter l'induration , Je ramollissement, l'inflammation, la suppuration, l'ulcéiation , la gangrène, les plaies, les contusions; enfin, il n'est pas douteux que la moelle épinière ne puisse, comme le cerveau, éprouver la commotion. Nous avons observé plusieurs de ces lésions , mai» malheureusement plus souvent dans des cadavres portés dans les amphithéâtres, que dans des sujets dont nous ayons connu la maladie 5 cependant nous avons recueilli plusieurs faits de ce genre bien intéressans , mais que la nature de cet ouvrage nous empêche de détailler. Qu'il nous suffise de dire seulement un mot sur les maladies de la moelle épinière; elles ont la plus grande alfinité avec celles du cerveau , et sont plus fréquentes qu'on n& le croit généralement ; on en seroit bien convaincu si l'on ouvroit plus fréquemment le canal vertébral qu'on ne le fait. On peut cependant croire , avec une apparence de vérité , que les maladies^ de la moelle épinière sont moins communes que celles du cerveau , peut être parce que la moelle épinière est pins à couvert des injures des corps extérieurs, peut-être, parce que, ne remplissant pas aussi exactement la cavité du canal vertébral que le cerveau remplit celle du crâne, il faut une cause plus violente pour la comprimer; peut-être encore parce que la plus légère lésion du cerveau, qui fournit les nerfs aux viscères les plus essentiels à la vie, a par cette raison des suites plus promptement funestes.
Les accidens qui sont les suites ordinaires des lésions de la moelle épinière, sont l'irritation et les convulsions , l'engourdissement et la paralysie des diverses parties du tronc et desextrémités, auxquellesles nerfs de l'épine vont se distribuer, ainsi que de plusieurs des parties internes, dont les nerfs cérébraux communiquent plus ou moins immédiatement avec les nerfs spinaux.
Il eu est à l'égard des maladies de la moelle épinière comme
D ir C E R V E A TJ. 1 13
ie celles du cerveau. Les convulsions et l'engourdissement de» parties se succèdent souvent l'une à l'autre j mais tout tend à prouver que, lorsque la conapression de la moelle épiniôre est légère , les convulsions arrivent, et que , si elle est forte, la paralysie a lieu : mais si cette compression augmente graduellement , alors de légère elle devient forte ^ les convulsions précèdent la paralysie, et souvent la gangrène leur succède.
Les affections immédiates du cerveau et celles de ses nerfs se transmettent à la moelle épinière, ainsi qu'aux nerfs qui en ])roviennent 5 de même les affections aussi immédiates de la moelle épinière et de ses nerfs affectent ordinairement plus ou. moins vite le cerveau et ses nerfs : de sorte que les maladies cérébrales et les maladies spinales sont souvent comme une extension les imes des autres; cependant l'influence des maladies cérébrales est plus grande, plus rapide sur la znoelle épinière, que ne l'est celle des maladies spinales, sur le cerveau 5 la convulsion ou la paralysie des parties dans lesquelles les nerfs vont se distribuer, en est le résultat ordinaire.
Le trouble dans les fonctions de l'ame est un effet fréquent de l'affection du cerveau ; et si , après les maladies de la moelle épinière , le moral souffre, c'est que le cerveau est affecté secondairement : lors, par exemple, qu'il se fait un épancKeraent dans le canal vertébral à la suite d'un coup, d'une chute, ou par quelque autre cause. Si cet épanchement a lieu dans la partie supérieure du canal vertébral , les muscles des extrémités supérieures, ceux du tronc et des exirémités inférieures, ainsi que plusieurs des parties contenues dans la poitrine ou dans le bassin , sont atteints de convulsion ou de stupeur. Les uns sont quelquefois en convulsion lorsque les autres sont engourdis, constamment ou par intervalles : mais si cet épanchement se fait plus bas dans la portion dorsale ou lombaire du canal vertébral , les exirémités supérieures peuvent rester libres, et toutes les parties inférieures sont agitées par des convulsions ou tombent en paralysie. Dans tous ces cas , la tète peut rester libre , le malade voir, entendre, parler; mais si la matière de l'épanchemenC augmente , et parvient à se former dans le crâne et à comprimer la moelle allongée, la raison se (rouble, les convulsions sont générales , et le malade tombe dans un assoupissement mortel , qui succède à ces convulsions ou qui survient sans qu'elles aient eu lieu (1).
Il n'en est pas de même à l'égard des affections de la moello
(1) F'oycz une c\])6iiei)ce à ce sujet sur un cijien vivant. Cours ctê pkysiol. erpùrim. iminiiin; ii la suito de mes Ménu t> Il , p. aSo.
Il4 ANATOMIE MÉDICàLE,
Allongée et de ses nerfs. Sa compression médiate ou immédiate suspend dans l'instant ses influences sur toutes les parties internes «t sur les externes , et il n'est pas nécessaire que la matière épanchée s'écoule dans le canal vertébral pour la comprimer , et détruire son actjon sur le tronc et sur les extrémités : d'oii il suivroit que le cerveau peut vivre sans la moelle épinière, et non celle-ci sans le cerveau.
Plus le siège des maladies de la moelle épinière est élevé ou proche de la moelle allongée , plus elles sont dangereuses ; et cela peut-il être autrement, puisque non seulemeut les nerfs de la partie dans laquelle réside le siège de la maladie sont affectés , mais encore tous ceux qui proviennent de la portion de la moelle épinière au-dessous du mal ? D'ailleurs , dans ce cas , la moelle allongée est plus susceptible d'être promptement affectée.
Le rétrécissement du trou occipital produit l'apoplexie dans quelques vieillards. Des engorgemens dans la portion cervicale de la moelle épinière ont caiisé la difficulté d'avaler, de parler: c'est ce qui a fait croire que la difficulté d'avaler les liquides qu'éprouvoient les hydrophobes , venoit de la même cause (i), l'affection morbifique de la moelle épinière.
\^çs fractures des vertèbres occasionnent les convulsions ou la paralysie des muscles du tronc et des extrémités (2) , quelquefois les convulsions des uns et la paralysie des autres ; accidens qui sont ordinairemont suivis de l'écoulement involontaire des urines, de l'évacuation des matières fécales, quel(|uefois encore de vomissemens, de palpitations du cœur, enfin de l'épilepsie , à laquelle succède une apoplexie mortelle.
Quant aux compressions de la moelle épinière par cause de luxa' tion des vertèbres , et dontles anciens chirurgiens ont tant parlé , elle n'a jamais eu lieu sans rupture des liganiens ou sans fracture de ces os ; car les vertèbres sont tellement liées entre elles, qu'elles ne peuvent point se désunir, pas même la première. On en a cité bien des exemples; mais la vérité ne nous en paroît pas bien constatée. Qxiant à la compression de la moelle épinière par la luxation de l'apophyse odontoïde de la seconde vertèbre après la rupture des ligamens qui l'attachent à l'os occipital, et celle du ligament transversal delà première vertèbre, elle peut avoir eu lieu dans quelques pendus , sur lesquels l'exécuteur de la
(i) C'étoit l'opinion de Salin ^ ancien doyen de la Faculté dp médecine «le Paris, opinion 411'il l'appuyoit de plusieurs ouvertures de corps.
(a) Voyez Hippocrate , qui ayoit fait cette remarque dans son excellent Traité des fonctions.
DU CERVEAU
justice a, en même temps de la suspension clu corps par la coiile , employé des moyens violens pour Jeur ployer le cou : autrement la luxation n'a pas eu lieu dans ceux qui ont péri par le même su[iplice (i). On ne trouve donc point de luxation de la seconde vertèbre dans ceux qui se sont pendus eux-mêmes.
Les plaies de la moelle épinière sont aussi suivies de convulsions et de paralysie, qui sont mortelles plus ou moins vite selon que l'affection de cette substance est plivs ou moins près de la inoelle allongée, mais peut-être pas aussi promptement que les anciens l'ont cru; car divers sujets, profondément blessés dans la moelle épinière , ont encore vécu plusieurs jours. Ferrein rapporte qu'un homme avoit été blessé dans cette partie vers les vertèbres dorsales inférieures , de telle manière que la pointe d'une épée qui avoit pénétré le canal vertébral , avoit percé la moelle épinière et y étoit restée, l'épée s'étant cassée par la violence du coup; cet homme cependant , après avoir éprouvé quelques mouveniens convulsifs et des douleurs aiguës , termina par n'en ressentir que de très-légères ; il marcha , continua de vivre en remplissant ses fonctions , et mourut quelques années après. On se convainquit , par l'ouverture du corps , que la moelle épinière étoit blessée, et que la pointe de l'épée étoit dans son milieu. Quelques auteurs ont cité des exemples d'autres lésions de la moelle épinière sans accidens mortels , celui d'une balle passée à travers la colonne vertébrale , du côté droit au côté gauche de la région rénale (3) , dans un homme qui vécut encore plusieurs niois^ sans même éprouver aucune affection morbifique (3).
On a cité divers autres exemples de celte nature pour prouver que les i>laies de la moelle épinière n'étoient pas aussi fâcheuses qu'on le croyoit généralement : mais dans la plupart de ces cas cités, ou la moelle épinière n' avoit pas été atteinte , ou ne l'avoit été qu'à SX partie inférieure , et longitudinalement ; de manière que les filets de sa substance médullaire^ de ses nerfs, avoient été vraisemblablement plutôt désunis que coupés.
Les plaies de la moelle épinière au-dessous de la première vertèbre lombaire ne sont pas aussi graves que celles qui ont leur siège au-dessus ; car la moelle épinière ne se prolonge pas au-dessous : il n'y a dans la portion lombaire vertébrale que la
(1) Voyez \m mémoire ti ès-intéressant de Louis suv une question relative à la jiiri.5])iiulencc, etc. pour distinguer, a l'inspection d'un corps trouvé pendu, les signes d'un suicide d'avec ceux de l'assassinat Paris 176;}, in-b". . ■ '
(2) OIjs. de Marcellus Liicius , citée par Morgngni, epist. LIV.
(:») Voyez la préiacc du Traité des maladies des ut, far Duuemey.
il6 ANATOMIB MÉDICAXÏ,
queue à cheval dont les nerfs laissent des interstices assez grand* pour qu'un instrument pointu puisse passer à travers sans les ' couper ; niais en quelque endroit que ces plaies aient lieu , si le» nerfs sont coup«^s, la paralysie a lieu dans les parties où ces nerfs se distribuent. Deux hommes que j'ai vus 6ont morts après avoir été affectés de convulsions, et enfin de la paralysie des extrémités inférieures. Ils avoient les vertèbres lombaires cariées par le vico vénérien (i). Plusieurs observations nous ont démontré ces effets provenant de la maladie vénérienne 5 nous les passerons sous silence , ayant traité ailleurs cette question.
Dans la maladie vertébrale des enfans , l'épine se ploie de manière qu'elle forme un angle presque aigu postérieurement y communément vers les dernières vertèbres dorsales; les convulsions et la paralysie surviennent. On trouve , à l'ouverture du corps, les vertèbres cariées, le canal vertébral irès-rétréci , et rempli en cet endroit d'une matière ichoreuse; la moelle épinière est aussi plus o\i moins atteinte de putréfaction.
Une femme grasse et forte éprouvoit pendant long-temps de vives convulsions dans l'extrémité inférieure gauche , toutes les fois qu'elle étoit au moment d'être réglée; elles ne cessoient que lorsque les règles avoient coulé assez abondamment : les règles cessèrent vers l'âge de quarante ans ; alors cette extrémité devint entièrement paralysée. Les saignées, les vésicatoires, et autres remèdes , furent inutiles. On avoit le projet d'envoyer la malade aux eaux de Bourbonne , lorsqu'elle éprouva des convulsions du bras du même côté dont l'extrémité inférieure étoit parâlytique : elle périt d'une affection comateuse. J'en fis faire l'ouverture : nous trouvâmes la membrane arachnoïde et la pie-mère enflammées vers les dernières vertèbres dorsales et les premières lombaires. La moelle épinière étoit très-rouge , ramollie du côté droit ; mais elle paroissoit saine du côté gauche dans toute son étendue. Cette observation prouve que la lésion d'un seul côté de la moelle épinière , comme de la moelle allonf^ée , peut donner lieu à des convulsions ou à la paralysie de l'autre côté du corps.
A ces observations sur les lésions delà moelle épinière, j'en joindrai une autre qui m'a paru bien intéressante à noter. Le ci-devant marquis de Causan ^ d'un tempérament soc et très-sensible j éprouva d'abord des fourmillemens dans les doigts de la
(1) Obs. sur le rachitisme, p. 20.
(a) Voyez les observations que nous avons rapportées sur cet objet <îans le Traité du rachitisme , \>. 1^.1. Voyez les ouvrages de X P. Petit et plusieurs iuUies auteurs anglais qui oût traité de cette maladie yerté- ,bj>ile 4'après de Ubnnes obseiTatioiM.
duceuvbait.' 117
waîn droite, ensuite dans ceux du pied du même côtf^ ; cea doigts devenoient moins sensibles , et conservoient cependantr leur mouvement. L'insensibilité se prolongea à la main et au pied. Ces parties maigrirent et se refroidirent} le mal augmenta graduellement des mains à l'avant-bras , du pied à la jambe: cependant le malade marchoit encore 5 le bras , la cuisse de ce côté s'atrophièrent , et M, de Causan resta plus d'un an dans cet état , marchant encore dans son appartement avec une crosse qu'il plaçoit sous l'aisselle du côté malade. Cependant les extrémités des doigts de la main gauche et ceux des doigts du pied du même côté commencèrent à s'affecter comme avoient fait ceux de la main droite et ceux du pied droit ; le mal augmenta de même do ce côté que de l'autre. Le malade fut enfin forcé de rester dans son lit , privé de toute espèce de mouvement dans le tronc et dans, les extrémités. Cependant il respiroit et avaloit assez facilement» Les autres fonctions continuèrent pendant quelque temps de se faire sans aucune lésion ; mais peu à peu la vue s'affoiblit et s'éteignit en même temps que l'ouïe devenoit dure, et celle-ci termina par être aussi entièrement détruite. Le malade pronoaçoit encore des sons mal articulés et avaloit quelques cuillerées de bouillon ou de gelée } le pouls étoit fort lent, assez dur et im peu inégal; la respiration étoit libre : mais la déglutition termina par devenir de plus en plus difficile , le pouls très^lent , ainsi que la respiration. On ne comptoit que quarante , trente « dix pulsati(ms par minute; je n'ai jamais trouvé un pouls aussi lent ; enfin la vie du malade s'éteignit.
A l'ouverture du corps, qui fut faite en ma présence par Dejean , cliirurgien du ci-devant prince de Conti ^ nous trouvâmes toutes les parties du corps, même le cerveau, dans l'état naturel; mais la^ portion de la moelle épinière contenue dans les vertèbres cervi» cales étoit très-endurcie , ayant une consistance cartilagineuse : les membranes qui la revêtent en cet endroit étoient très-rougea et comme enflammées.
Autre exemple d'une maladie de l'épine , que j'ai recueilli : Un domestique du ci-devant duc de Crouy fut atteint d'un engourdissement des extrémités inférieures , et enfin d'une paralysie (le ces mêmes extrémités ; elles devinrent œdémateuses , s'enflèrent considérablement : les extrémités supérieui-es s'engourdirent et perdirent l'usage du mouvement ; elles s'enflèrent aussi beaucoup , ainsi que tout le corps. Cependant le malade urinoi& assez copieusement , ne se plaignoit pas de la soif , sa respiration étoit encore libre ; il tomba dans l'assoupissement , et ïnourut.
A l'ouverture du corps , à laquelle j'assistai j on trouva beau-
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coup d'eau épanchée dans le cerveau et dans le canal vertébral ; les ventricules du cerveau en étoient pleins , et Ja moelle épiîiière en contenoil aussi dans sa substance. On vit dans so« milieu un canal qtii se prolongeoit jusque vers la troisième vertèbre dorsale , dans lequel ou eût pu introduire une grosse plume à écrire (i ).
Dans le spina hifjida^ il y a aussi bydropisie de la moeli» épinière avec défaut d'ossification du canal vertébral, dont lesapophyses épineuses, ou du moips quelques-unes, manquent : la moelle épinière sortant alors par le vide des vertèbres , formeune espèce de hernie qu'on appelle jpZ/za hifjida (2), dont nous avons sommairement parlé ailleurs.
Quelques résultats. Il résulte du précis des observations que nous avons rapportées , que les diverses altérations observées par les anatomistes dans le cerveau , le cervelet, la moelle allongée , ont été annoncées aux médecins par l'assoupissement , lea convulsions, et les aliénations de l'esprit.
L'assoupissement a ses degrés. S'il est profond , qu'on ne puisse réveiller le malade , qu'il ait en outre la respiration sterto^ reuse , avec résolution ou relâchement des membres, c'est l'apoplexie.
Dans le carus , l'assoupissement est profond , mais moins que dans l'apoplexie 5 la respiration n'est pas gênée.
Dans la léthargie l'assoupissement a lieu , mais avec moins d'intensité que dans le carusj le malade répond quand on l'appelle ; il sent si on l'irrite , mais il y a une perte singulière de mémoire.
Or l'anatomie a appris qu'on avoir trouvé dans les personnes mortes de ces maladies les mêmes altérations dans le cerveau , le cervelet , la moelle allongée , et même quelquefois encore dansi la moelle épinière, et que si on y avoit observé quelques différences , ce n'étoit que du plus ou du moins d'intensité de lésions dans ces organes , mais qu'elles étoient de la même nature.
On a reconnu que la paralysie complète ou incomplète , les tremblemens et la débilité des membres , étaient aussi l'effet des mêmes altérations, mais à des degrés inférieurs , et dans des parties plus ou moins éloignées du lieu où les nerfs sont le plus, réunis , de celui qu'on peut considérer comme le sensorium corn-
(1) Voyez ce qui a été dit de ce canal , à l'article de la 3IoeUe épinière.
(2) Voyez ce qui a été dit sur cette maladie dans le Traité d'ostéologie y ft à l'article l'odlus^
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mune^ la moelle allongée, et plus particiilièreraeTit le pont de Varole : mais comme ces diverses affections morbifiques peuvent au£;uienter en étendue et en intensité, l'assoupissement se joint à ia paralysie , et fréquemment l'apoplexie mortelle les termine; comme aussi , si celle-ci éprouve quelque diminution , ce n'est seulement souvent que pour laisser une paralysie de quelque membre, qui doit donner encore de l'inquiétude sur le retour de l'apoplexie.
Les anatomistes ont aussi appris d'après les nombreuses ouvertures des corps , dont nous venons de rapporter les principaux résultats, que les altérations qu'on avoit reconnues dans le cerveau, le cervelet , la moelle allongée, la moelle épinière , oii dans les nerfs de ceux qui étoient morts après avoir éprouvé de simples convulsions , ou même les plus graves, les épilepsies , les divers tétanos, le chorea sancti Withi^ les simples crampes , étoient les mêmes que celles qu'on avoit découvertes après les maladies soporeuses , et que si on y remarque quelque différence , ce n'est que dans leur intensité. Or, d'après cela, il n'est pas étonnant que ces maladies terminent ordinairement par l'apoplexie. En effet, combien de malades paralytiques ou atteints de convulsions ne sont point morts d'apoplexie! ou, pour mieux dire , tous ne finissent-ils pas par cette maladie ou par le carus? U extase , la catalepsie ^ qui, par leur nature, tiennent des affections soporeuses et des affections convulsives, terminent comme ces maladies quand elles font d'ultérieurs progrès, par l'assoupissement profond.
Nous ajouterons qiîe les diverses maladies de l'esprit qui ont lieu quelquefois conjointement avec les affections soporeuses ou convulsives , ou qui existent sans elles , sont les effets des mêmes altérations dans le cerveau , le cervelet , la moelle allongée et épinière; et cela a été si constamment observé, que j'aimerois mieux croire à l'insuffisance de mes sens , si je ne découvrois aucune cause matérielle morbifique dans le cerveau , que de croire que la maladie de l'esprit a pu exister sans aucun désordre physique dans ce viscère , ou dans quelques-unes de ses appartenances. L'homme a naturellement ou est du moins susceptible d'avoir d'autant plus d'énergie dans l'esprit , qu'il a son cerveau mieux conformé ; sans nier cependant que des causes étrangères, en agissant sur les parties éloignées du cerveau , n'en puissent troubler les fonctions médiatement , mais avec d'autant plus de difficulté cependant, qu'il est naturellement mieux disposé.
Les causes des maladies du cerveau paroissent donc se rapproelier singulièrement entre elles. Lisez ea effet les no&ologies j.
et vous verrez qu'il y a des apoplexies , des carus , des léthargie»; * des épilef.sies, des tétanos , des délires, doux ou furieux, pléthoriques, histériques , mélancoliques, vermineiix, exhantématiques , etc. qui sont également survenus par le défaut d'une éruption qui devoit avoir lieu , et qui a été diminuée , arrêtée , ou par la disparition des maladies de la peau, la gale , les dartres ; par le transport de la matière arthritique sur le cerveau , du lait chez les femmes en couche ; ou par le vice scrophuleux , véné- J rien , scorbutique. Ces maladies diverses par leurs symptômes ont aussi été les effets de rnéphitisme , des plaies même du cer^ veau , et des nerfs dans diverses parties du corps plus ou mouis éloignées : or, toutes ces causes ont également produit les ' maladies soporeuses les plus graves, les convulsions les plus ' affreuses , et les maladies de l'esprit les plus déplorables. Ce i qui feroit croire que quelques degrés de plus en intensité dans l'altération de l'organe cérébral suffisent pour produire ces maladies , et qu'ils peuvent être si légers, que souvent nous ne puissions pas en observer les. différences par l'ouverture des corps. !Ne peut-il et ne doit-il pas se faire aussi qu'une altération dans une partie du cerveau, visible à l'anatomiste , en produise dans d'autres parties de ce viscère même avec lesquelles elle correspond , mais si peu apparentes , qu'on ne puisse pas les observer? Cela est d'autant plus probable, que les affections des parties les plus éloignées du cerveau peuvent se transmettre à cet organe par les nerfs ; car , qui ignore que les affections soporeuses , convulsives et maniaques , ont souvent leur premier siège dans les viscèies contenus dans la poitrine, dans le bas- ventre , ou que leur cause réside dans le tronc ou dans les extrémités ? n'a-t-orî pas vu des épilepsies occasionnées par des douleurs dans le» doigts du pied ou de la main , ou dans d'autres parties du tronc, par quelque humeur acrimonieuse, par des esqujJles ,• par de^ ganglions , etc. , qui ont cessé dès qu'on a coupé , ou engourdi avec les caïmans , les nerfs par lesquels les parties souifrantes çbinmuniquoient avec le cerveau (i) ? quels avantages la médecin© ne pourroit elle pas retireç des connoissances. ^natomiques , si elle savoit bien s'eri servir !
(i) Voyez mes Observations sur l'éjnlepsie, Méjn., t. II.
Ï)E LA NÉVR-OLOGIE.