‹ Cours d'anatomie médicale, ou, Élémens de l'anatomie de l'homme [electronic resource]Chapitre 11 sur 37 · DE LA N É V R O L O O I E · texte numérisé non relu

DE LA N É V R O L O O I E

liomboide aux glandes, et au tissu cellulaire de la •artie inférieure et latérale du cou.

tramvIr.J ? ' P^s«« entre les muscles

et grand compJexus , iuxquels elle ounnt des rameaux qu'on peut suivre Jans les muscles du dos ^ ces nerfs^ sont^ p relativement à ceux que la branche post£ eure d^ a cinquième paire fournit à la peau de k mrtie postérieure de l'épaule et du dos. ^

De la cinquième paire cervicale.

Elle est plus considérable que les r,rér^Al. . îlle passe entre les quatrième e^rTnn ^"f^"'

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828 A NATO MIE MÉDICAlî»

sous-épineux : deux plus gros rameaux se réunissent avec la sixième paire cervicale , et concourent su former le plexus cervico- brachial.

La branche postérieure de la cinquième paire , quii est très-petite, fournit des rameaux au muscle trans-y versaire épineux, au grand complexus et au splénius.. On peut suivre plusieurs de ses hlets dans la portioni antérieure du trapèze et dans la peau qui le recouvre..

De la sixième paire cervicale.

La sixième paire cervicale sort entre la cinquièraee €t la sixième vertèbre du cou.

Avant de se réunir avec la septième paire, sai branche antérieure communique avec la cinquième , avec le nerf grand sympathique , et quelquefois avec le nerf diaphragmatique j elle fournilt des filets au muscle long du cou, au scalène , au. deltoïde , au grand pectoral , au grand dentelé , au grand dorsal même : pkisieurs de ces filets accom-ipagnent les vaisseaux axillaires , et se plongent dani; les graisses de l'aisselle (i).

La branche postérieure de cette sixième paire esi^ très-petite; elle donne des filets aux muscles trans> versaire épineux et grand complexus. Après avoii[ traversé le splénius et le trapèze , elle va se distriij buer aux tégumens de la partie postérieure et supàl rieure du dos.

(i) D'après l'es communications de ces nerfs, on ne doit pfJ être surpris que les engorgemens des glandes axillaires soieio accompagnés d'un gonflement du cou et même de Li face.

DE LA NÉVROLOGIE. 239

De la septième paire cervicale^

La septième paire cervicale sort entre la sixième et la septième vertèbre du cou.

De ses deux branches , l'antérieure se confond avec celle de la sixième et de la huitième ou dernière paire cervicale pour concourir à la formation du plexus cervico-brachial.

Cette branche antérieure fournit un rameau, assez . considérable qui descend et se jette sous l'omoplate, en donnant des filets qui se dispersent dans le muscle grand dorsal.

On a vu cette même branche fournir quelquefois un filet au nerf diaphragmatique^ elle fournit aussi souvent un autre iilet qui se rend au grand sympathique , ou qui communique avec le filet de la septième ou de la huitième paire qui s'y rendent ensemble ou séparément.

La branche antérieure de la septième paire se porte ensuite en avant sous la clavicule, et s'enfonce dans l'aisselle pour y accompagner l'artère axillaire à laquelle elle donne des filets qui la suivent très-loin. Elle en fournit aussi aux glandes axillaires : quelquesuns de ces filets se rapprochent, et même se réunissent avec d'autres filets fournis par la sixième et par la huitième paire cervicale j quelc;ues autres filets se distribuent aux muscles grand et petit pectoral.

La branche postérieure de cette septième paire cervicale est très-petitejelle donne des filets aux ^rand complexus et transversaire épineux : après avoir traversé le trapèze, elle se termine , en se divisant, aux tégumcns de la partie postérieure et supéiieure du dos.

23o iVKATOMIi: M^DrCALE,

De la huitième et dernière paire cervicale.

Elle sort par le trou de conjugaison formé parr la septième vertèbre cervicale, et par la prenilèree vertèbre dorsale j elle se divise, comme les autress paires, en deux branches, pour se réunir supérieurement avec la septième paire cervicale, inférieurenient avec la première paire dorsale. Elle fournit près de son tronc , un filet qui parvient au nerft sympathique, ou au ganglion cervical inférieur.

Directement seule ou réunie aux filets de la septième paire cervicale , ou à ceux de la première; dorsale, cette paire fournit aussi antérieurement dess filets aux muscles scalènes , aux muscles grand ett petit pectoral, grand dentelé, au sous-scapulaire , aux glandes et aux vaisseaux ^axillaires , au grand dorsal.

C'est par la réunion des différentes branches de.': quatre dernières paires cervicales , et même de lai première dorsale , qu'e&t formé le plexus cervico-brachial ; nous en donnerons la description apress avoir donné celle du nerf diaphragmatique.

Des nerfs diaphragmatique s.

Ces nerfs n'ont été bien décrits que dans ce?! derniers temps ils tirent leur origine de diverf; rameaux qui leur sont fournis par le nerf vague j, 3'hypoolosse , le grand nerf sympathique, les bran ches antérieures des seconde , troisième et quatrième paires cervicales , et quelquefois par celles des cm quième , sixième , septième , huitième , et même de la première dorsale.

On peut diviser les rameaux qui forment le ner:

DE I. A N É V R O L O G I E. S.^l

îaphraginatiquc en trois séries, la supérieure, la iuoyeniie et l'inférieure. La supérieure est fournie par le nerf vague , l'hypoglosse , et par le grand iierf sympatliic|ue. Ces lilets nerveux se rendent séparément vers l'extrémité supérieure du nerf diaphragmatique , où ils communiquent souvent auparavant tous trois ensemble , pour ne former qu'un seul tronc qui s'y rend ; ou bien , deux de ces nerfs se réunissent seulement , et le troisième aboutit ou plus haut ou plus bas : leur volume et leurs communications sont très-variables. Ces nerfs sont aussi plus ou moins grêles; ce qui a rendu vraisemblablement leur dissection et leur connoissance difficiles (i).

( I ) II paroît que Galien est le premier qui les ait décrits : mais il vouloit que 1r nerf diapliragmatique ^înt de la paire cervicale, cinquième de Willis ou notre sixième ; et il est vrai qu'elle en provient dans le singe, comme Campe/- l'a remarqué. Vésale s'est contenté de dire que le nerf diaphragmatique reçoit des nerfs du cou. JSfervos à collo muttiatur *. Riolan a dit : In ter quartam et quintam colli l'ertebras utrim.que enatos **. Willis et Vieussens ont connu les rameaux que les paires cervicales troisième et quatrième fournissent au nerf diaphragmatique; mais Haller^ Meckel et T'Valther ont décrit ceux que le nerf vague , l'hypoglosse et le nerf sympathique lui donnent , ainsi que ceux qui, selon eux, lui sont fournis par les dernières paires cervicales et la première dorsale. Monro ne compte parmi les racines du diaphragmatique que le rameau de la^ seconde et de la troisième paire cervicale des nerfs, ch. CXII.

Selon Sahatier , le nerf diaphragmatique vient principalement de la troisième paire cervicale 5 il s'y joint presque toujours un ou deux rameaux de la quatrième , et rarement de la seconde , souvent un nerf de l'hypoglosse. Sahatier n'a jamais vu des iverfs du ganglion cervical supérieur se porter au nerf diaphragmalique. 'Traité d' A nat. t. I , pag. 290.

Roland Martin a confirmé par ses observations presque en-

* De fabr. corp. hum. lib. III, p. 537. »* ^nthr. liy. m , ch. IV, p. aii.

S^DZ ANATOMII MÉDICALE,

La série moyenne vient de la troisième et de la quatrième paire cervicale ; le rameau de la troisième paire est un peu plus gros et plus court que celui de la quatrième.

La série inférieure vient des cinquième , sixième^ et quelquefois des septième et huitième paires cervicales, et même de la première dorsale j mais ces rameaux; sont ordinairement plus grêles que les supérieurs. Le premier ganglion tliorachique du grand sympathique donne aussi quelquefois des lilets au nerf diaphragmatique : mais que de variations n'y a-t-il pas dans la distribution de ces lilets! Elles sont très-nombreuses ; et c'est sans doute ce qui a donné lieu aux divisions des anatomistes.

Quoi qu'il en soit, le nerf diaphragmatique , qu'on ■pexLt considérer comme un composé de tant de rameaux, descend le long de la partie antérieure et latérale du cou, au-devant du scalène, à côté de la carotide, et pénètre dans la poitrine entre l'artère et la veine sous-clavières en se rapprochant du nerf vague.

Les nerfs diaphragraatiques se placent ensuite le long du péricarde , un à droite et l'autre à gauche.

Le nerf diaphragmatique gauche se porte pln^ en arrière que celui du côté droit qnî marche le long des veines caves. Ce nerf du côté gauche est aussi un peu contourné dans l'endroit où le péricarde correspoiid à la pointe du cœur (i).

tièrement l'opinion de Haller sur tous les rameaux du nerf diaphragmatique. De nervis 1 note 170, pag. 197; et nous pouvons pjouler qu'elles nous ont fourni des résultats presqvie semblables.

(1) C'pst ce qui a fait expliquer pourquoi, dans les fortes palpitations du. cœur, les ii>alades ressi-ntent une vive douleur près de l'orifice gauche de l'estomac, le cardia-^ mais cette^e.>c-. plication n'est-elle pas hasardée ? Monro , des Nerfs , noi. CXH,

DE LA NÉVROLOGIÏ. 233

Chaque nerf diapliragmatique est couvert de tissu cellulaire qui contient quelquefois beaucoup de <Traisse5 chacun distribue ses rameaux dans la porfion charnue de l'aile du diaphrap^me qui lui correspond, et non dans sa portion tendineuse, comme Charles Etienne l'a voit dit , et comme l'ont répète quelques anatomistes , même modernes.

Chaque nerf diaphragmatique distribue ses fdets dans le diaphragme , de manière que les plus petits sont en avant, et que les plus gros se trouvent en arrière. Il y a ainsi des nerls antérieurs et des x\ciï&postérieurs', ils s'éloignent lesuns et les autres de leur tronc en manière de rayons plus ou moins rapprochés , ce qui fait qu'ils forment en quelques endroits des espèces de plexus. 11 est de ces filets qui parcourent la face supérieure du diaphragme dans une assez, grande étendue, et d'autres qui percent bientôt ce musclç plus ou moins directement , et qui vont ensuite se répandre sur sa face inférieure.

Des anatomistes exacts ont avancé que plusieurs des ramifications du nerf diaphragmatique communiqu oient avec des rameaux du grand nerf sympathi' jue dans le diaphragme même 5 et , au rapport ùCHunauldy des rameaux du plexus rénal remontent dans ce muscle.

P\.cmarques. Il y a long-temps qu'on sait que le diapliragme reçoit (If.'S nerfs diapbragrnatiques la faculté qu'il a de se mouvoir. Calien l'avoit cru 5 mais Bellini le prouva dans la suite par des expériences faites sur des animaux vivans. Selon lui j une compression légère ralentit les mouvemens de ce muscle, une plus jorte les intercepte , et l'irritation les accélère. Voyez , à ce sujet , les niômoires de Haller , ainsi que les observations de van Swictai dans ses comraentairet> sur Boërhaave,

D'après les connexions des nerfs diapliragmatiques avec lea divers nerfs dont nous avoas parlé, il n'est pas étonnant que le» affections du diaphragme puissent occasionner des convulsion»

dans les muscles des lèvres , et qu'elles soient en effet souvent la suite des maladies de ce grand muscle : c'est ce ijue les modernes ont nommé le ris sardonien. En effet, les nerfs diaphragmatiques communiquant par des filets avec le nerf vague, et celui-ci avec le facial , qui répand ses rameaux dans les muscles des lèvres, leur convulsion peut être un effet de l'alfectiou du nerf diaphragmatique , qui communique aussi avec le facial , au moyen du plexus formé principalement par les quatrième et cinquième paires cervicales par lesquelles la majeure partie des nerfs diaphragmât! ques est formée.

On ne doit pas non plus être surpris que dans les maladies du foie et sur-tout dans l'inflammation de ce viscère, les malades se plaignent quelquefois d'une vive douleur à l'épaule droite, comme Charles Pison le remarque , et comme je l'ai observé wioi-même, si l'on se rappelle que des rameaux du nerf diaphragmatique sont fournis par les quatrième et cinquième paires cervicales , dont des rameaux considérables se distribuent aux muscles de l'épaule.

Ce que Camper attribue à ce nerf, relativement aux douleurs des phthisiques aux épaules , mérite quelques observations. Il est bien vrai que quelquefois les malades ressentent des douleurs dans tes muscles de l'une ou de l'autre épaule, et même dans les deux, mais cela n'arrive pas constamment 5 et vraisemblablement cette douleur n'a lieu dans ceriains phthisiques , que lorsque l'affection des poumons se fait ressentir au diaphragme , et que la phthisie est compliquée de quelque maladie du foie et du diaphragme qui lui est continu ( i ). Les douleurs les plus communes aux phthisiques sont celles qu'ils éprouvent entre les épaules : il faut eu chercher le siège principalement dans le plexus pulmonaire, qui communique , moyennant le nerf vague et le grand sympathique , avec les rameaux des nerfs intercostaux et avec les nerfs répandus entre les épaules (2).

Camper croit que les singes, ainsi que les autres animaux, sont privés du rire (3) , parce que chez eux le nerf diaphrag-

(1) Tels étoient les phfhisiques dont parle Aretée : Rideiitibus assiniU' lantur , liit-il, De niorhor. diuturnor. signis, cap. VIII.

(2) Voyez ce qui a été dit sur la nature rie ces douleurs dans le Traité de la phthiùe pulmonaire.

(3) Monro : Des nerfs , CIII.

DE LA NÉVROrOOIE.

matiqne ne se réunit pas par des branches de communication arec le nerf facial.

La communication que les nerfs diapliragmatiques ont avec les nerfs vagues, et ceux-ci avec ie facial , qui communique encore Avec les trijumeaux , sert à expliquer pourquoi l'on éternue lorsque la membrane pituitaire est titillée par la barbe d'une plume , par le tabac , etc. Alais l'éternument peut dépendre aussi de l'irritation d'autres nerfs ; il survient souvent lorsqu'une vive lumière fi-appe les yeux; il survient encore lorsque les nerfs dittphragmatiques sont molestés , comme dans l'inflammation du diaphragme, ou dans celle des parties dont les nerfs communiquent avec les nerfs diaphragmatiques. Or, dans ces cas, les éternumens qui sont quelquefois très-fréquens ont été funestes , mais peut-être moins par le reflux et la congestion du sang dans le cerveau et dans le poumon , comme on l'a cru , que par la cause qui les produisoit , ayant son siège dans des organes essentiels à la vie : alors les éternumens sont un symptôme d'une grave maladie , et souvent se réunissent au hoquet , le précèdent , ou lui succèdent.

On peut aussi, quand on connoît la communication des nerfs diaphragmatiques avec les nerfs vagues qui envoient des rameaux aux muscles du larynx , expliquer pourquoi le hoquet survient lorsque le diaphragme est irrité, pourquoi le hoquet cesse aussi lorsqu'on irrite la membrane pituitaire, cm par la fumée d'un papier qui brûle, ou en faisant flairer de l'alkali volatil, ou, lorsque ces irritations ne suffisent pas^ en posant un vésicatoire entre les épaules.

Des nerfs cervico-scapuïaires et pectoraux externes.

Avant de décrire les plexus cervico-bracliiaux^ qui fournissent les nerfs du braS;, et qui sont formés par plusieurs paires cervicales, dont nous avons déjà fait connoître l'origine de la moelle épinière, leur sortie par les trous de conjugaison des vertèbres cervicales, leurs communications entre elles, avec le grand sympathique , et avec le nerf diaphragmatique 3 nous croyons devoir donner une description succincte des nerfs que ces mêmes paires fournissent, principalement à l'épaule et à la partie externe

Si36 ANATOMIE MÉDICALE,

de la poitrine , quoique nous ayons déjà fait mention de quelques-uns d'eux, à proportion que nous avons décrit les troncs dont ils émanent, mais d'une manière trop isolée pour qu'un examen plus général ne soit pas utile.

On peut réduire ces nerfs aux suivans j savoir, le sus-scapulaire , le sous scapulaire , les pectoraux antérieur , moyen et postérieur.

Le nerf sus-scapulaire est le plus postérieur et le plus externe : il sort de la partie postérieure de la cinquième paire cervicale , ordinairement par un filet , et quelquefois par deux qui se réunissent bientôt après leur sortie du tronc commun, et plus souvent le second filet vient de la paire cervicale suivante ou de la sixième.

Le sus-scapulaire descend ensuite en dehors sur l'épaule , et donne des rameaux aux muscles surépineux et sous-épineux et au muscle triceps brachial 5 on peut en suivre un rameau dans la peau qui recouvre ce muscle. Il donne un filet qui s'enfonce sous l'épaule , et se distribue dans le muscle sousscapulaire.

Après avoir fourni ces rameaux, le nerf sus-scapulaire passe dans le trou ou dans l'écliancrure du bord supérieur de l'omoplate, sous le ligament qui la complète î il fournit ensuite des filets assez nombreux au muscle sur-épineux , et continue son trajet à travers ses fibres , passe sous l'acromion , et se divise en cinq à six rameaux principaux qui finissent dans le sous-épineux et dans le petit rond.

Le nerf sous- scapulaire provient ordinairement de la réunion d'un rameau de la cinquième paire (1), et d'un autre de la sixième paire cervicale j quelquefois cependant il vient des rameaux du nerf

(i) II a été connu d'Eustachi.

^ DE LA NÉvnoLOoiE. iTy/

radial : le nerf sous-scapulaire passe , en descendant, entre le grand et le petit pectoral , et parvient sur le . grand dentelé et sur le grand dorsal où il se perd il donne dans ce trajet divers filets aux glandes axiUaires, et d'autres qu'on peut facilement suivre dans la peau qui recouvre le bras, tant en dedans qu'en deliors, et postérieurement (i).

Les nerfs pectoraux sont nombreux , se répandant extérieurement sur la partie antérieure , latérale et postérieure de la poitrine j ce qui peut les faire diviser en pectoral antérieur, moyen et postérieur.

Le nerf pectoral antérieur est ordinairement formé de deux racines , dont la supérieure sort de la réunion des branches antérieures des quatrième et cin- (jnième paires , et dont la seconde ou l'inférieure ])rovient de la cinquième et de la sixième paire cervicale séparément ou réunies.

Ce nerf pectoral , formé de ces deux racines , fournit quelques rameaux au scalène , se porte sur la poitrine , et donne un ou deux rameaux au sousclavier : parvenu sur le grand pectoral , il s'y divise en deux autres rameaux j l'un pour ce muscle , dans lequel il se divise en diverses fibrilles nerveuses ; et l'autre , qui est un peu plus gros, se porte dans le petit pectoral , et s'y perd (2,).

' Le nerf pectoral moyen (3) est f ormé par le tronc de

(1) La marche de ces nerfs est tous les jours démontrée par la communication des douleurs des mains , des bras, des épaules, des aisselles, et de la partie latérale et antérieure de la poitrine , à la suite des clous, des furoncles, des coups, des durelés , des contusions , etc. etc.

(2) Ce nerf communique avec plusieurs filets du nerf suscostal qui vont aux mamelles , ce qui fait peut-être que le cancer de <:es parties se propage si facilement dans les aisselles 5 car le cancer suit assez la direction des nerfs dans ses divers progrès.

(3) Eiistachi y planche XIX.

la quatrième paire cervicale 3 il sort de sa partie postérieure , et est assez gros pour être facilement remarqué î il reçoit fréquemment un filet de la troisième paire cervicale, et je l'ai vu aussi grossi par un filet de la cinquième paire cervicale , ainsi que par un autre de la sixième ; il descend derrière la clavicule , et fournit quelques fibrilles dans le creux de l'aisselle, se porte sur les vaisseaux axillaires, artériels et veineux , conjointement avec d'autres filets du nerf pectoral que je viens de décrire : il y en a aussi qui se plongent dans la graisse, et parviennent aux | glandes axillaires.

Le pectoral moyen se place sous le petit pectoraî et fournit des filets aux premiers intercostaux, descend : sur les côtes latéralement , et se distribue aux digita- ; tions du grand muscle dentelé : on peut aussi laci- i lement suivre plusieurs de ses rameaux dans le muscle sous-scapulaire et dans le grand dorsal , et même dans la peau qui revêt ce muscle.

A ces nerfs principaux , qui émanent du plexus cervico-scapulaire, et qui se distribuent sur la poitrine et sur le bras, il faut joindre encore les nerls pecto- 7'aux postérieurs qui sont fournis par les deux premières paires dorsales (1) , lesquels sortent de leur face postérieure peu après leur issue du canal vertébral , souvent séparément et quelquefois réunis entre eux par des rameaux collatéraux : ces rameaux vont se distribuer aux muscles du dos , de la poitrine et du bras.

Le premier nerf dorsal donne un rameau qui se réunit à celui du second nerf dorsal pour lormer un tronc, lequel se divise en trois à quatre rameaux, dont l'un se porte dans les glandes , dans la graisse et dans la peau de l'aisselle , l'aiitre remonte pour la

(1) Eustachi ^ planches XXI et XXIII.

' DB LA NÉVROLOGir.. 209

partie antérieure de l'épaule , et se réfléchit ensuite sur le bras. Le troisième , (|ui quelquefois est un rameau du second , donne des filets qui forment des espèces d'anses autour de la veine brachiale , et en. fournit d'autres qui se portent sur la partie interne du bras ju3(|u'au condyle et même plus bas, en accompagnant les veines , et se divisant et sousdivisant en filamens qui les entourent obliquement : ces nerfs cutanés se réunissent avec des branches du I cubital et avec d'autres branches du cutané interne (i). ! Un autre rameau , qui est fourni par la troisième I paire dorsale , envoie des rameaux au grand dorsal , idont émanent des filets qui montent sur la partie interne du bras et communiquent avec des filets du plexus cervico-brachial.

On trouve encore le long de la partie interne du bras un nerf qui est quelquefois un rameau du précédent , ou qui sort aussi d'autres fois du tronc même de la troisième paire dorsale , lequel se prolonge jusque sur la partie supérieure interne de l'avant^ bras , et se réunit avec les rameaux du précédent , ainsi qu'avec ceux du nerf cutané et du nerf cubital.

Du plexus cervico-brachial.

Il seroit plus facile de faire connoître ce plexus par de bonnes figures que par la description (2).

(0 On pique, ou coupe souvent l'un de ces nerfs dans la saignée <lu bras, ou lorsque l'on est obligé d'ouvrir la peau pour donner issue à quelque foyer purulent. Il n'en résulte aucun accident lorsque ces petits nerfs sont coupés entièrenjent ; mais s'ils ne sont que piques , il y a de vives douleurs qui se propagent dans les aisselles, dans les épaules, jusque dans le cou, et même à la partie correspondante de la tête.

Ces accidens sont survenus à un jeune homme qui avoit été piqué au poignet par une abeille.

(2) Lieutaud^ de la Névrologie , t. I, p. 665.

Eustachi yÇ,ïi a donné le premier uue figure asiez généralement

Il est formé par la réunion des branches antérieures des quatre dernières paires cervicales et delà première paire dorsale, tellement entrelacées entre elles, qu'il est presque impossible de dire comment se fait cet entrelacement.

Les nerfs qui composent ce plexus sont placés entre le premier et le second scalène dans un espace trian- 1 gulaire , plein de tissu cellulaire , à l'abri de la com- | pression , du moins dans l'état naturel. Ils sont placés • derrière l'artère sous- clavière , qui prend en cet en- j droit le nom dioccillaire. '

Les quatre paires cervicales et la première dorsalo qui forment le plexus cervico-brachial , sont beaucoup plus grosses que les autres paires spinales , Il l'exception des dernières paires lombaires et des premières paires sacrées. Ces quatre paires de nerfs cervicaux et la première paire dorsale sont presque employées à la formation du plexiis cervico-brachial, auquel il faut ajouter un petit cordon fourni par la quatrième paire cervicale, placé au-dessus du pre- \ inier des cinq gros cordons. Comme une partie de I ce plexus est placée au-dessus du scalène à la partie \ inférieure et latérale du cou , et que l'autre est placée 1 au-dessous de ce muscle à la par lie supérieure de l'aisselle , j'ai cru qu'on pourroit le nommer plexus cervico-brachial : ce nom lui convient encore par la raison qu'il fournit des rameaux à diverses par- : ties du cou , et que les nerfs du bras en sortent.

Haller croyoit distinguer dans le plexus cervicobrachial trois espèces d'entrelacemens qui formoient trois plexus, un supérieur, duquel, selon lui, sor-

exacte. Celle de Vieussene est moins fidèle; car on voit, par plusieurs rameaux dont il est formé , que les quatre dernières paires cervicales y sont représentées réunies en un seul tronc. On doit faire bien plus de cas des figures que Pierre Camper a publiées sur le même objet : Dcmonst, lih. /, de brach. hum.

DB LA NjéVROLOGIE. 3.4^

tcnt le nerf sus-scapulaire, le inusculo-cutané, ainsi qu'une racine du nerf" médian.

Le plexus moyen , selon Ilaller , fournit le nerf cubital, le nerf cutané, et une autre racine du médian; et le plexus inférieur, f[ui est moins séparé du moyen <iue celui-ci ne l'est du supérieur, produit le nerf 1 articulaire.

Mais une telle division n'est pas constamment ; exacte, ainsi que l'origine que Haller attribue aux nerfs qui en émanent : le médian , par exemple , sort quelquefois immédiatement de la sixième paire cervicale.

Ce sont les variations , peut-être jointes à la difficulté de la dissection de ces nerfs , qui ont donné lieu aux diverses idées que les anatomistes(i) ont eues :;r l'origine des nerfs composant le plexus cervicorachial. Quant à moi, je me bornerai à dire ce que j'ai le plus constamment observé.

Les quatre dernières paires cervicales et la première naire dorsale forment ce plexus; et c'est de lui que iroviennent le plexus cervico-scapuiaire dont nous avons déjà donné la description, et les six nerfs du bras, le musculo-cutané, le médian, le radial, i'axillaire, le cubital, le cutané interne.

La première branche du plexus répond à la cinquième paire cervicale; la seconde, à la sixième; la troisième, à la septième; la quatrième, à la huitième ; enfin, la cinquième branche est fournie par la première paire dorsale , qui sort du canal vertébral entre la première et la seconde vertèbre du dos.

(i) Voyez à ce sujet les ouvrages de Charles Etienne, de yésale y iï'Eustachi^ de Dulaurens ^ de Cheselden ^ de lVins~ low , de Lieutaud , de Haller^ etc. Tou$ ces anatoiuistes varieut dans la description de ce ple3,us.

AlfÀTOMIK BlKDTCAt-E,

Ces cinq branches qui forment le plexus, passent toutes entre la portion antérieure et la portion moyenne du scalène.

La cinquième et la sixième paire cervicale, ou la première et la seconde branche du plexus, se réunis- • sent au-delà et assez loin du scalène. j

La septième se réunit aussi à la sixième et à la huitième au-delà du scalène j mais cette dernière et i la première dorsale se réunissent derrière le scalène , presque en sortant du canal vertébral.

La cinquième paire cervicale (première branche du plexus) fournit une grosse bi-anche qui descend pour se confondre , à angle aigu , avec la sixième paire (seconde du plexus) : celle-ci descend obliquement après s'être réunie , comme on vient de le dire , avec la cinquième, pour se confondre plus bas avec la septième ( troisième du plexus ) ; et de leur i réunion réciproque résulte principalement un tronc : nerveux qui forme la partie supéiieitre du plexus, et dont une branche paroît former la ma-jeure portion du nerf musculo-cutané .

La septième paire cervicale (troisième branche dui plexus) fournit en descendant, à peu de distance de sa réunion avec la sixième, un cordon considérai /le qui se confond avec un autie cordon de la huitième, lequel, avec un antre cordon de cette huitième paire, forme le nerf radial. Cette branche fournit aussi un autre cordon postérieur (jul descend assez directement pour former le nerf.

La huitième paire cervicale (quatrième du plexus),, qui se réunit bientôt avec la première dorsale ( ciu-quième et dernière du plexus), va presque direc-tement vers l'aisselle; elle est unie par un autre; cordon avec la septième, et de cette réunion sortent: le nerf cubital , le cutané interne, et une branche: du nerf médian.

DE LA KIOVROLOGIE.

, Remarques. Il résulte de ^entrelacement des nerfs dri plexus Jivers avuritages qu'<m ne peut mécnnncritre. Nous pouvons tourner 'omoplate et la porter en haut , en bas , en dedans , en dehors , sans jut' les six cordons nerveux du bras soient molestés : toujours i l'abri de vives compressions ^ quelque violens que soient les naouveniens , aucun filet ne peut être plus fortement allongé l'un jue l'autre.

Ces nerfs sont d'ailleurs grossis par beaucoup de tissu celluaire qui contient plus ou moins de graisse ; ils sont toujours logés ;ntre les portions du scalène , qui laissent un interstice dans m creux formé par l'écartement de l'omopîat» du tronc, moyenlant la clavicule.

Dans les mouvemens de l'épaule et des bras , les plus grands ?t le plus souvent répétés, les seuls changemens que puissent fprouver les nerfs du plexus, c'est que leurs angles soient augnentés ou diniin\iés, mais sans tiraiilemens. De plus, comme lans chaque angle d'union des rameaux nerveux chacun se divise , l'effet de la distension est d'abord considérablement dininué j et comme après cette première division il s'en fait bientôt le nouvelles , l'effet de cette distension devient presque insensible.

Ces communications des nerfs, qui sont si nombreuses dans le îlexus cervico - brachial , se soutiennent en quelque manière lans le reste de l'étendue des six cordons ; dans le bras même, 'lies y sont encore très-nombreuses : d'où il résulte que les effets le l'extension des nerfs diminue en se distribuant entre eux , et C[ue la sensibilité s'y partage aussi. ^

Chacun de ces nerfs naissant pour ainsi dire des qiiatre derrières paires cervicales et de la première d jrsale , il en résulte jne réciprocité de communication qui fait qu'une piq^îre ou une brte compression d'un ou- même de plusieurs cordons du plexus» cervico - brachial n'occasionne pas toujours la convulsion ou la laralysie des bras : on est même quelquefois étonné du peu fie changement que de pareilles affections occasionnent dans les ojcuvemens ou dans la sensibilité de cette extrémité.

Mais si la situation du plexus cervico-braclual met ces nerfs naturellement à l'abri de beaucoup d'accidens , comme nous venons de le dire, il y a cependant des cas malheureux où toutes CCS précautions de la nature deviennent inutiles. Par exemple , 1rs luxations complètes de l'humérus, soit en dedans ou en dehors , ont été suivies d'accidens les plus furfbstes : dans les premières, le plfxus étant violemment comprimé 5 et 5 dans les secondes le nerf axillaire étant très- distendu , ainsi que d'autres branches du plexus cervico-hrachial.

Uippocratc a remarqué qu'il n'y avoit pas de luxations plua

î44 AîîATOMIK MÉDICALE,

douloureuses cpie celles des bnis. Ilcistcr , dans ces derniers» t«mps , a dit que les inflammations dans la régi on de ce plexnsi occasionnoieiit les douleurs les plus aiguës , en se propageant! dans toute l'étendue des bras.

La nature n'a pu mettre le plexus cervico - brachial à l'abri i des instrumens piquans. Il se forme aussi des concrétions squirreuses dans les graisses et dans les glandes axillaires } et alorjî les nerfs du plexus peuvent être affectés des douleurs les plu; ■vives , avec des convulsions qui se propagent dans les diverses parties] des bras jusqu'au bout des doigts : une compressioi lorte et plus étendue produit la stupeur et même la paralysie des bras.

Il faut , pour que la sensibilité et les mouvemens des bras aien i lieu 7 que la communication de leurs nerfs avec le cerveau soi libre ; et si, par quelque cause que ce soit , elle vient à êtrci gênée, interceptée, les mouvemens et la sensibilité sont viciés- «liminués ou supprimés : or, c'est ce que peuvent faire les inflammai tions , les engorgemens du p'exus , soit qu'ils aient lieu imraéi diatement , soit qu'ils ne vs'effectuent que par correspondancet Plus d'une fois les douleurs d'une tumeur cancéreuse dans le mamelles se sont fait ressentir, non seulement dans le plexu. cervico-bracbial qui leur correspondoit , mais même dans le parties les plus éloignées des bras et du dos. Les femmes qm ont des gerçures au sein, éprouvent quelquefois le long du brass de la poitrine et du dos, diverses douleurs (i).

C'est par les mêmes causes que la stupeur et la paralysie d bras ont eu lieu à la suite des congestions dans les seins ou ai 1 leurs, le long du trajet des nerfs qui communiquent avec ceu. du plexus cervico-bracbial. On peut lire, à ce sujet, des obsen Tations curieuses rapportées par JEtius (2).

Mais si les affections des parties extérieures de la poitrirn rsuvent se transmettre au plexus cervico-brachial pour se prrc pager de-là dans le tronc , les affections des parties internoi de cette cavité , dont les nerfs communiquent aussi avec plexus cervico-brachial , peuvent également s'y propager. Ce ce qu'on a vu dans des maladies du poumon qui sont accorn pagnéesde douleurs et de dépôts dans les aisselles : bien plus , on a >\

(i) Camper : Demonstr. anat. lib. I, note n.

(a) Let. IK, sect. IV ; et sur- tout pax van Sv/i&ten , cap. IV s Comnii iti Baerhaavii aph. t. I, p. 78a.

DK LA NKVROLOGIB. '

des imkdies du poumon se terminer lieureusement par des métastases dans les aisselles ou dans le bras même j on a vu le* bras se gonfler dans des fluxions de poitrine, s'engourdir et même tomber en paralysie chez des personnes dont les poumons tSloient engorgés ; ce qui n'a pu avoir lieu que par les affections des nerf» pulmonaires et de ceux du bras.

Des nerfs du bras.

On vient de voir qu'ils sont au nombre de six, le muscido-cutané j le médian , le j^adial y Vaxillaire ^ le cubital, et le uevi cu£a/ié interne (i).

Le nerï mu sculo- cutané {i) tire son origine de la branche que la cinquième paire cervicale donne au tronc de la sixième paire, et de lia réunion de cette sixième paire aveO la septième. Ce nerf reçoit quelquefois un cordon fourni par la huitièmç paire cervicale et par la première paire dorsale (3). Dès ([u'il est séparé du plexus cervico-brachial, il donne un cordon qui va s'unir au nerf médian après avoir passé devant l'artère axlllaire. Ce nerf, placé le long de la veine céplialique sous l'aponévrose du bice[)S , parcourt obliquement la partie interne du bras, en fournissant des rameaux qui se jettent sur les deux portions du biceps : ceux-là en fournissent d'autres, dont quelques-uns pénètrerrt l'humérus (4) à la partie supérieure. 11 fournit encore quelques

CO Cette dénomination est due à JDuverney. Voyez OEuvres posth. , t. Ij p. 109.

(2) Quelques - uns l'appellent musculo - cutané interne , et d'autres externe, selon qu'ils considèrent le rayon en dedans ou en dehors du bras. Camper, hum. fab. lib. IV, n» XIV.

(3) Il est marqué darï§ Eustachi , XVIII.

(4) Ces fibrilles nerveuses ont été remarquées par Muray g, dans sa dissertation de sensihilitate ossinm morbosa.

XNATOMÏE MÉDICALE,

filets à la partie supérieure du muscle coraco-bracliial , et le traverse vers son milieu en lui donnant deL rameaux (i) pour se placer derrière le biceps, auquel, il donne aussi des fdets qui communiquent avec le^ nerf médian.

Ce nerf se dégage de derrière le biceps vers la. partie inférieure du bras , passe sous la veine médiane céphalique , et fournit quelques rameaux aux. muscles situés dans la partie antérieure interne de l'avant-bras, où il se divise en divers filets qui' marchent sous la peau , et dont plusieurs se dispersent en elle. On peut suivre quelques-uns de ccss iilets jusqtie sur le dos de la main , sur le pouce „ et sur les deux autres premiers doigts. Il y a. aussi des filets qui accompagnent la veine céphalique ^t la veine médiane : quelques - uns d'eux, se réunissent avec des filets du cutané interne „ et d'autres avec les filets cutanés du radial et dui cubital.

Remarques. Ce nerf peut être piqué dans la saignée , et l'onn sait qu'alors il survient une vive douleur qui se prolonge , eni montant, jusqu'à l'épaule, dans l'aisselle même , et, en descendant,, aiix trois premiers doigts : quelquefois , au lieu d'une dou-leur , le malade éprouve de la stupeur ; c'est lorsque ce filett est coupé entièrement. Cette stupeur se guérit j)onr ainsi dire d'elle-même. Mais lorsque cette section totale du nerf n'a pafs lieu , alors les accidens les plus graves peuvent survenir : on les s fait cesser en coupant entièrement le nerf affecté , ou même quel-quefois en versant sur la piqûre de l'esprit de térébenlliine bien cHaud, ou aulre liqueur de cette nature. Ambroise Paré snWiW avec succès cette méthode sur Charles IX , qui avoit été blesseJ dans une saignée par Antoine Portail^ ou plutôt Portai.

Il se forme quelquefois des durillons dans les nerfs cutanée et dans las autres nerfs , qui ne deviennent pas jîlus gros qu'un

(i) Nervus perforans casserii.

DE LA NÉVROLOGIE. 3^7

pois. Pisi magiiitudincm non excedunty dit Camper. Ces durillons peuvent donner lieu aux douleurs les plus vives. Camper a cru devoir les extirper , et il l'a fait avec succès. Ces gant-lions coiiiif-ruient iniéri'^urenient une substance blanchâtre , et sont; renfermés entre les fibrilles des nerfs.

Le citoyen Leduc ^ un de mes anciens disciples , a guéri une

"emme qui éprouvait de fréqueus accès d'épilepsie , qui commençoieiit l'.ar de vives douleurs du pouce de la main droite , par

'extirpation d'un durillon près de l'articulation de la première avec la seconde plialange du côté de la paume de la main. La

jIus légère compression de ce durillon donnoit lieu à de vives douleurs et quelquefois à des accès d'épijepsie ; la dure - mère n'étoit point apparente. J'avois vu cette malade, et je lui avois

prescrit beaucoup de remèdes inutilement: les douleurs qui précédoieiit alors les accès épileptiques étoient beaucoup moins vives qu'elles lie le furent dans la suite.

Le. nerf médian {i) est sans doute ainsi nommé, parce qu'il est placé entre le nerf cubital et le nerf radial ; il est une production de deux nerfs qui en sont comme les racines , dont l'une est supérieure et l'autre est inférieure : celle-ci est assez souvent divisée en deux cordons.

La racine supérieure sort ordinairement du cordon nerveux supérieur ou du inusculo-cutané. La racine intérieure vient assez constamment d'un cordon qui réunit la huitième piiire cervicale et la première dorsale : bi cette réunion est double, l'une sort de la huitième paire cervicale et l'autre de la première paire dorsale.

* A cet égard, il y a de grandes et de fréquentes variétés, et de-là, sans doute , les diverses opinions des anatomistes. Le nerf médian.communique,en sor-

(i) C'est la troisième paire brachiale médiane de Duverney : OEiivrcs posthumes 1 t. I , p. 1 1 i . Le nerf radial de Monro ; de» Nerfs en particulier, CXXII. Le médian digital, Chaussiir.

tant du plexus, a^ec le nerf cubital (1), d'abord recou- Yert par le muscle petit pectoral j il descend ensuite jusqu'au pli du coude plus ou moins près de l'artère brachiale (a) et de ses veines collatérales, occupant le milieu de l'intervalle qui It.s sépare ; il s'enfonce derrière la veine médiane basili()ue près du condylç interne, et se place derrière la portion de l'aponévrose fournie principalement par le biceps ; il passe entre le brachial antérieur et le pronateur rond , auxfjuels il donne des rameaux , ainsi ([u'au radial interne, palmaire grêle, fléchisseur sublime et pro-

(1) Voytz les Figuras de Camper.

(2) C'est parce que ce nerf est très -rapproché de l'artère Lracliiaie , (jue quelques chirurgiens n'ont pu s'empêcher de le comprendre dans la ligature qu'ils ont élé obligés de fiiire en pr.iUquaut l'opération de l'anévrisme ou l'ampuiation du bras; mais d'autres fois ce nerf étant éloigné de l'artère , on a pu la lier sans comprendre le nerf dans la ligature : du reste ^ Molinelli n reniar(iué que les accidens qu'on avoit dit survenir après une pareille ligature des nerfs, étoient exagérés, hedran ^ qui comprennit dans la ligature l'arlère et le nerf médian , n'a point vu d'arcidens graves survenir * ; et Sabatîer est du même avis.

Lamorier^ chirurgien de Montj)e!lier , étoit d'avie d'attribuer à la ligature la cause des douleurs que les personnes auxquelles,, on avoit amputé un membre croyoïent ressentir aux parties les. plus éloignées , et qui cependant n'exisloient ])lus.

Quelques-uns des filets de ce nerf peuvent être lésés dans la saignée du bras; des douleurs vives surviennent alors^ «insi que la fièvre, des convulsions, et l'enflure du bras, qui s'étend dans, l'aisselle , dans le creux de laquelle ])lusieurs fois des dépôis sen sont faits à la suite de pareilles causes.

Le meilleur remède est d'agrandir la blessure pour couper le nerf affeclé , sur- tout si "l'on a inutilement versé sur elle de l'huile de térébenthine nu peu chaude: quelquefois cette hudefait cesser seule les accidens. Des embrocations , des bains émolliens et un trailenien. intérieur antiphlogistique m'ont réussi dans, doux ou irois circonstances de cé genre.

• Observ. t. I , p. 319.

DE LA NÉVROrOOÎE.

ihnd; il fournit im raineaik considérable, qui se trouve au-devant du ligament interosseux jusqu'au muscle carré auquel il donne divers iilets ; ensuite ce rameau passe dans une ouverture de ce ligament interosseux , et se perd d'une manière superlicielie vers la partie supérieure du dos de la main.

Le nerf médian descend ensuite entre le sublime et le profond, dans la partie interne et moyenne de l'avant-bras^ et se prolonge dans la paume de la ma*n j mais auparavant il fournit des filets (pii se répandent dans les muscles sublime , profond, radial interne , et dans la peau de la partie interne del'avant- bras et de la paume de la main.

Après avoir passé sous le ligament annulaire interne du carpe, et être parvenu vers l'extrémité supérieure des os du métacarpe, il se divise ordinairement en cinc} branches.

La première donne deux ou trois rameaux pour les muscles de l'éininence interne de la main.

La seconde branche marche le long du premier os du métacarpe ; elle fournit vers la première phalange du pouce deux rameaux , l'un pour la peau qui recouvre le côté externe du pouce : l'autre rameau yjasse sous la peau de la, face interne ou palmaire de ce même doigt, et se porte le long de son bord cubital.

La troisième hranche du nerf médian répand d'abord des rameaux dans la peau de la main et un ou deux filets dans le premier muscle lorabrical; elle se continue ensuite le long du bord radial de l'index.

La quatrième branche du nerf médian donne un filet à la peau et un autre au second muscle loinbrical^ elle se divise ensuite en deux branches, dont l'une parcourt le bord cubital de l'indicateur.

et l'autre rampe sur le bord radial du doigt du milieu. ï

La cinquième brandie du médian fournit, comme 'les précédentes, des lilets à la peau de la paume de la main et au troisième muscle lombrical ; ensuite elle se divise en deux rameaux, dont l'un parcourt le bord cubital du doigt du milieu, et l'autre le bord radial du doigt annulaire.

C''s rameaux dans leur trajet fournissent deux et quel(|uel'ois trois lilets , remarquables à proportion qu'ils avancent vers le bout du doigt : ces lilets se divisent en plusieurs autres qui deviennent très-mous, et ils concourent à Ibrmer avec les vaisseaux sanguins capillaires ces petites élévations mamillaires qu'on observe au bout des doigts.

Le nerf radial {\) est ainsi nommé par Dnverney y parce qu'il se distribue principalement le loiig du rayon , après être sorti du plexus. 11 est le plus gros de tons , et le résultat de la reunion des diverses branches du plexus cervico-brachial. D'abord, il est formé par la réunion de deux cordons produits par la cinquième et la sixième paire, et une autre réunion de la septième et de la huitième cervicale, ainsi que de la première dorsale : cette dernière racine est quelquefois encore ultérieurement divisée : il résulte que le nerf radial est formé de cinq branches qui lui sont fournies par tous les nerfs du plexus (2). Il se porte de l'aisselle vers l'humérus en descendant

(1) Radio-digital , Chaussier.

(2) Ce nerf communiquant avec le grand nerf sympathique, 1 n'est pas étonnant , comme l'observe Martin , et comme l'avoit remarqué Camper^ que dans la colique des peintres et autres affections des parties internes, la paralysie du bras ait heu : on peul en dire autant relativement aux autres nerfs du bras, qui communiquent aussi par Je plcius brachial avec le nen sympalJuque,

DE LA N il V R O X O G I E. ^31

de haut en bas et de dedans en dehors autour de cet os , en traversant la masse charnue du triceps |)rachial , auquel il fournit des branches qui se divisent en beaucoup de filets , et se perdent e.i elles.

Le nerf radial se trouve logé, dans son contour derrière l'humérus (i) , dans le sillon oblique qu'on y observe sous le muscle triceps qu'il parcourt postérieurement j il se place entre le muscle brachial interne et le long supinateur , sous le bord externe du biceps ; il fournit au- dessus du condyle externe et antérieur , une branche considérable qui passe sous le court supinateur, et qui , parvenue entre la tête du rayon et celle du cubitus, traverse le ligament interosseux, se colle ensuite sur la face externe de ce ligament en distribuant quelques filets au muscle extenseur commun des doigts , et se réunit inférieurement avec un rameau du médian qui rampe sur cette même face du ligament interosseux : ces deux nerfs réunis extérieurement fournissent quelques fdets qui parviennent dans la peau du dos de la main.

Le radial s'insinue ensuite entre le long supinateur et le premier radial interne , passe obliquement sur le radius et vers le tiers inférieur de sa longueur , se portant sur la face dorsale de l'avant- bras, mais avant, et quelquef ois plus bas ; il fournit un ou deux rameaux qui se portent vers la paume de la main, lesquels après avoir répandu plusieurs filets dans la peau de la face externe de l'avant - bras,, qu'on peut appeler les cutanés moyens j fournissent d'autres filets aux muscles sublimes et profonds : quelques-uns des filets cutanés ou externes passent sur le ligament annu-

(i) Eustachi a fait dessiner cette portion du nerf ratlial. Tab. XX,

202 A NATO M XK MEDICALE,

]aire interne , et viennent se répandre dans la paume de la main, tant dans les muscles qui s'y trouvent que dans la peau qui les revèc; ils se réunissent ensuite avec des filets du nerf musculocutané.

Le tronc du nerf radial parvicr t sur la face externe de l'avant-bras vers le tiers inférit ur du rayon, comme nous l'avojîs dit, passant d'abord entre les tendons du long supinatear et ceux du premier radial externe , ensuite sur les tendons du loue et du court abducteur du pouce, à coté duquel il fait un certain trajet, placé alors immédiatement sous la peau (i). Parvenu à peu de distance de la grosse extrémité du rayon , environ au tiers inférieur de l'os , ce nerf se divise d'abord en deux branches, dont l'une rentre en dedans le long de la face interne de l'avant-bras jusqu'à la paume de la main , et parvient vers le carpe où il fournit plusieurs filamens a.ux muscles internes de l'avant - bras , et un autre assez constant qui se porte de dedans en dehors vers la face dorsale de la maip , et qui se réunît avec un rameau du tronc dans l'interstice du premier os du métacarpe avec le second.

Après avoir fourni ce rameau , le tronc du nerf continxie son trajet sous la peau et jusque sur le dos de la main vers l'interstice qui sépare le premier os du métacarpe du second , où il est encore divisé en plusieurs rameaux , dont les uns se répandent sur le l)ord cubital du pouce et sur le

(i) Un étudiant, qui siûvoit mes leçons, ne craignit pas de le couper dans un liomme qui éprouvoit des accès li'épilepsie annoncés par une vive douleur à Vindex. Cette douleur se propageoit le long du bras jusqu'à l'aisselle ; le malade toniboit dan» l'accès d'épilepsie le plus fort : la section du nerf radial le guérit. Willis et Tissot rapportent d'autres exemples trè8-reniiirquahle& de ce genre.

DE LA NKVROLOGIB. 253

bord radial de l'index, les aui:res sur Je bord cubital de l'index et sur le bord radial du doigt d.u milieii : il y a encore un ramean qui vient de cette branche ou qui sort directement du tronc, et qui se répand sur le bord radial du doi^L annulaire.

Le nej'f axiîlaire y articulaire ou circoiiflexe (i) , est le moins constant dans son origine , qui est tantôt plus élevée et plus près des vertèbres cervicales, et tantôt plus basse et plus près du bras; et , dans ce cas , ce nerf sort plutôt du nerf radial , qu'il ne provient du plexus cervico-brachial : mais quand son origine est plus élevée , alors il sort de ce plexus par deux cordons, dont l'un vient de la dernière paire cervicale uniquement, et dont l'autre est formé par un autre rameau de cette même paire , qui se réunit à la première paire dorsale , et forme le cordon inférieur. Ce nerf marche entre les muscles grand et petit rond, et de dedans en dehors, d'où il parvient (2) au col de l'humérus, et se termine au deltoïde par beaucoup de rameaux : dans ce trajet, il fournit aussi plusieurs rameaux aux muscles grand et petit rond, au sous-scapulaire , au triceps brachial ; il donne plusieurs rameaux à la peau, qui se répandent fort loin sur le bord interne du bras.

Le nerf cubital (3) est presque toujours la

(1) Scapulo-huméral , Chaussier.

(2) Voyez une bonne figure de ce nerf dans Eustachi , table XIX. Camper : De Nervis brachii demonstr. lib. I , tab I fig. I. ■ >

(3) C'est la quatrième branche bracliiale ou cubitale de Duveniey y t. 1 , p. wx.

La quatrième branche brachiale à.'Eustache^ iV Albinns - Je cubital de mnslow, de H aller ^ de Lùmtaud , de Ma/ùm: lalnaire de Moiuo , CXK. Voyea Camper.

continuation du tronc combiné de la huitième paiie il cervicale et de la première dorsale : si on le considère: avec ses branches de coimnunication avec^le radial €t le médian , il est la continuation du troisième plexus cervical dont HaLler a parlé. Il est réuni, en sortant de ce plexus, avec le rameau inférieur du nerf" médian , avec lequel il formé une' espèce de croix j il descend tout le long de la portion interne du trice])S brachial , placé entre l'artère et la veine brachiales, sans Iburnir de rameaux, bien apparens à ce muscle, du moins ordinairement,, ni aux autres voisins , mais seulement quekjueçi filets qui se répandent sur les vaisseaux sanguins.. 1 J'en ai quelquefois vu et démontré qui se prolongeoient dans les parois de l'artère brachiale. p

Ce nerf passe dans la gouttière du condyle in- u terne, et ensti'te le long de l'olécrâne , où il est seu- fi lement recouvert par une expansion ligamenteuse et. r; par la peau (i). \

Ce nerf passe à travers la portion supérieure du. muscle cubital interne ; il l'accompagne ensiiite jus- l qu'au poignet en kii fournissant quelques iilets,, i ainsi qu'au jnuscle profond : on trouve attssi que!-- i queibis des filets de communication entre ce ne^f' \ et le médian. Il devient inférieurement plus super-- J fîciel j et comme l'aponévrose brachiale est dansJ cet endroit moins épaisse, on le voit marcher sous elle jusqu'au tiers inférieur de l'avant - bras , trois travers de doigt au-dessus du ligament annulaire

(i) C'est ce qxiî rend les coups sur le cou<]e, ainsi que lai compression de cette partie, si sensibles , qu'ils sont suivis d'nm engourdissement qui se prolonge jusque ,dans les deujc derniers doigts. Monro dit avoir vu l'utrophie des parties auxquellesle nerf cubital se distribue dans l'avant-bras , survenir à la suite; d'une blessure faite ù ia partie interne et inférieure du bras.

DE LA NÉVROLOrrIE.

interne du poignet , où il se, divise en deux brandies, qucl(|ueiois cependant plus haut.

L'une de ces branches^ qu'on peut appeler palmahe, est la plus grosse j l'autre, qu'on pautiiomraer dorsale, est un peu plus petite.

La branche palmaire, après avoir passé à côté de l'os lenticulaire ou pisiforme, sous le ligament transversal , s'insinue entre le petit muscle app,e]é métacarpien et le petit fléchisseur du petit doigt , auxquels fournit quelques filets. Elle donne d'al)ord un rameau superficiel à la paume de la main. Ce rameau donne des filets au court fléchisseur et à abducteur du petit doigt.

Le tronc se divise ensuite en trois rameaux. Le remier donne d'abord un filet, lequel , en se réunissant avec celui que le radial fournit , concourt à former une espèce d'arcade nerveuse palmaire. Ce rameau donne un filet au quatrième muscle lombrical.

Le nerf cubital se divise en deux rameaux : 'un pour le côté cubital du doigt annulaire , lequel donne des filamens qui vont sur la face dorsale et dans la face palmaire de ce doigt; l'autre rameau du nerf cubital parcourt le côté radial du petit doigt.

La seconde branche du cubital se distribue uniquement sur le côté cubital du petit doigt ; elle fournit quelquefois un rameau, s'il ne vient du tronc même du cubital, qui se distrilîue au muscle flécliisseur du petit doigt et au métacarpien.

La branche dorsale du nerf cubital , après avoir passé sous le muscle cubital interne, parvient sur e dos de l'avant-bras^ S^S^e face dorsale de la main , où il se divise en deux rameaux principaux : e premier, pour le bord cubital du petit doigt ; le

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