ANATOMIE MKDXCAI,B
second^ parvenu entre le (juatrièuie et le cinquièino os du métacarpe , donne deux rameaux, l'un pour le côté radial du petit doigt , et l'autre pour le côté cubital du doigt annulaire.
Il y a, en outre, quelques rameaux du nerf cubital eurlaface dorsale de la main, qui se réunissent avec des rameaux du nerf radial pour former une espèce d'arcade dorsale j d'où il résulte qu'il y a de fréquentes communications entre ces nerfs et avec ceux du médian et du radial : de celte arcade , sorte différens filets pour les muscles interosseux.
JLe nerf cutané interne (i) n'est pas une branche du nerf cubital , comme quelques anatcmistes l'ont dit; mais il en est placé très près à son origine, puisqu'il vient , comme lui , de la dernière paire cervicale et de la première dorsale : il marcfie sous la peau du côté interne du bras, accompagne la veine basilique , en passant tantôt d'un côté et tantôt de l'autre , quelquefois par dessûs, et d'autres fois dessous cette veine.
Vers le pli du coude, ce nerf se divise en plusieurs filets dont un ou deux marchent encore quelquefois sous la veine médiane basilique (2)5 les autres, plus gros pour l'ordinaire, se prolongent plus ou moinf «ur la partie interne et ])ostérieure de l'avant-bras , k long des muscles qui s'y trouvent, auxquels il fournil quelques filets, qui parviennent sur le bord postérieui de la main tant intérieurement qu'extérieurement. Un de ces filets assez constamment rampe sur l'apO" névrose vers le milieu de la face interne de l'avant:' bras dans la direction du muscle palmaire grêle qu.ii
(1) Cubito-cutané , Chaussier.
(2) Gaîien^ comme l'a remarqué Camper^ avoit <léja fai. cette observation anatomique , et il avoit aussi attribué à M piiiArH dé ces nerfs dans la saignée les accidens qui en sont quell nuefois la suite II en est en effet de très- communs après \\i
DE LA NÉVROLOGIE. nBj
est logé SOUS cette aponévrose. Ces filets cutanés se réunissent entre eux en quelques endroits et avec quelques-uns des nerfs cutanés du cubital.
Remarques, On voit , par la description que nous venons de donner des nerfs de l'extrémité supérieure, que des six il y en a quatre, le médian y \e cubital^ le rat/ia/ et i'aa:/7/a/>tf , qui fournissent plus particHlièrement aux muscles 5 que le musculo-cutané et le cutané interne répandent principalement leurs filets dans la peau du bras et de l'avant-bras. 11 semble en effet que ces derniers nerfs sont plus circonscrits relativement aux mouvemens des muscles que pour la sensation du toucher, et que ce n'est pas seulement dans les houppes nerveuses de la peau qui recouvre les doigts qu'il en faut fixer le siège , ni dans la ressemblance qu'ont les doigts entre eux qu'il en faut trouver l'accord , mais dans les communications multipliées de ces nerfs dans toute l'étendue du bras , et encore plus dans le plexus cervicobrachial , duquel partent ces cordons nerveux qui vont jusqu'au bout des doigts pour y constituer le véritable organe du tact j 1 autres cordons qui en naissent sont plus moteursque sensibles. Cependant aucun de ces nerfs ne paroît jouir exclusivement d'une faculté qu'il ne jouisse aussi de l'autre ; tous fournissent des filets pour constituer l'organe sensible du toucher; tous en fournissent à l'organe moteur , aux muscles : aussi n'oserions-nous conclure pour l'opinion que des anatomistes ont cherché à émettre, de distinguer les nerfs en moteurs et en sensibles. Cependant il y a des malades qui perdent dans un membre la faculté de sentir sans perdre le mouvement , et d'autres qui perdent le mouvement sans perdre la sensibilité. Cette dernière espèce de paralysie est plus commune que la première, qui n'est Ci-pendant pas si rare que la plupart des médecins n'en voient des exemples. Courtivron et /a Condamine, mes anciens confrères de l'Académie des sciences , jouissoient de tous leurs mouvemens dans ua des bras , dans lequel ils avoient entièrement perdu la sensibilité.
saignée, auxquels surviennent des gonflemens avec des douleurs plus ou moins vives, quelquefois avec de la stupeur plus ou moins profonde. Voyez ce qui a été dit précédemment à l'égard du musculo-cutané, dont des fileta accompagnent la veine médiaa» céphalique.
rx58 ANATOMIE MÉDICALE,
Art. VI II. Des neifs dorsaux (i).
Ces nerfs sont au nombre de douze de chaque côté. M^inslo'W leur a laissé ce nom quoiqu'il iût persuadé qu'ils dussent porter celui d'intercostaux. Chacun de ces nerfs sort latéralement du canal vertébral par le trou de conjugaison formé par la réunion de deux vertèbres : le premier, entre la première et la seconde vertèbre dorsale j ainsi de suite , jusqu'à la dernière qui sort par le trou de conjugaison formé par la douzième vertèbre dorsale et la première lombaire.
Ces nerfs , en sortant du canal vertébral , sont fort gros relativement à ce qu'ils sont dans l'intérieur de ce canal j ils communiquent tous avec les ganglions du sympathique , interposés entre les apophyses transverses des vertèbres dorsales, et encore avec le tronc du grand nerf sympathique par un ou deux petits lilets (2.) , et entre eux par des rameaux qu'ils se donnent réciproquement.
(1) Winslow, Traité des nerfs ^ § 255.
(2) C'est par rapport à l'intime communication de ces nerfs entre eux , et de chacun d'eux ayec le grand sympathique, qu'il en résulte un si grand accord dans la contraction , et même dans le relâchement des muscles pectoraux, dans la respiration, dans la toux et dans l'éternument. C'est par cette communication des nerfs dorsaux avec le nerf sympathique qui fournit les principaux nerfs du plexus , qu'on peut expliquer les effets du cochemar et de certaines douleurs de poitrine dans la péripneumonie ec dans la phthisie ]nilmonaire , dans quelques asthmes dont le' principal siège est dans l'estomac , dans quelques péripnéumonies , épidémiques, quelquefois produites par des vers dans rœso])hage, i'estomac et dans les intestins, et qui n'existent ni dans le cœur, ni dans le péricarde , ni dans les poumons , comme on l'avoit imaginé et non observé *.
» Voyez Morm^rd, Epist. XXI, art. 45, 46; Lieataud, Ilist. anati^ iticd. part. II, o\)S. 36.
Les nerfs dorsaux communiquent tous ensemble par des branches qu'ils s'envoient en sortant du canal vertébral j et, à l'exception du premier, qui est beaucoup plus gros que tous les autres , les cinq à six suivans sont très-grêles , mais ils grossissent ensuite ; de sorte que les dernières paires dorsales sont beaucoup plus grosses que les premières (i).
Les nerfs dorsaux donnent généralement , en sortant du canal vertébral , deux branches , dont l'une est antérieure et l'autre postérieure : celle-ci fournit es filets aux muscles situés à la partie postérieure cie l'épine ; mais ceux qui viennent des trois premières paires fournissent des branches plus considérables au muscle grand dorsal, au sacro-lombaire, au long dorsal , et aux autres muscles du dos. Plusieurs de ces branches montent , et communiquent avec des nerfs du plexus cervico-scapulaire.
Chacun des nerfs dorsaux , après avoir fourni leurs branches postérieures aux muscles du tronc , communique par deux filets de la branche antérieure avec le grand sympathique , passe sous le bord, inférieur de la côte supérieure , entre le muscle intercostal interne et entre l'intercostal externe, accompagné de l'artère et de la veine du mêmé nom; mais à proportion qu'il avance avec ces vaisseaux vers la partie antérieure et qu'il fournit des rameaux, tant au muscle intercostal interne qu'au muscle intercostal externe , qui percent ce dernier muscle pour aller se distribuer aux muscles et aux
■ (i) Haller a appelé ces nerfs intercostaux. Il a, regardé le douzième nerf dorsal de V^insla w , cehii qui passe au-dessus de la dernière côte , comme un nerf lombaire. Il admet aussi six paires de nerfs lombaires au lieu de cinq paires admises par tous les anatomistes.
téguraens qui recouvrent la poitrine , ce nerf perd de son volume, et se rapproche de la côte inférieure, de manière qu'étant parvenu en avant avec les vaisseaux sanguins, il en est plus près que de la supérieure : arrivé auprès du sternum , il donne des filets qui se répandent dans la partie antérieure de la poitrine.
La branche antérieure de la première paire dorsale fournit des hlets au premier ganglion tliorachique du nerf grand sympathique , et à son tronc j on en voit aussi qui vont directement se mêler avec ceux que le nerf vague et le grand sympathique fournissent pour le plexus pulmonaire (i); elle est plus grosse que les autres et en diffère aussi par le grand nombre de branches qu'elle fournit, ce qui lui' donne encore plus de rapport avec les nerfs cervicaux. Cette branche antérieure fournit des filets qui vont se répandre sur la partie antérieure et supérieure de la poitrine ; elle s'unit ensuite au-devant du col de la première côte, avec la dernière paire cervicale , pour concourir à la formation du plexus cervico-brachial.
Les branches antérieures des seconde et troisième paires fournissent, vers le bord antérieur du grand dentelé, un rameau qui perce les intercostaux externes pour se porter dans le creux de l'aisselle, où il communique avec un filet du cutané interne, et va aux téguuiens delà partie postérieure externe du bras } celui de la seconde descend quelquefois jusqu'à, l'avant-bras.
La bi'anche antérieure de la onzième paire dorsale
(i) Un. malade qui avoit un anthrax au dos du côté droit,, d'une énorme grosseur, se plaignoit de vives douleurs dans; l'épaule du même côté, qui se propageoient sur lout le bras,, qui iie tarda pas à s'enfler.
DE LA NÉVROXOGIE. l6l
fournit des filets nerveux à la partie inférieure du
diaphragme (i). ^ ^ .
La branche postérieure de la douzième paire dorsale, après avoir traversé le muscle carré des lombes et les aponévroses des muscles transverse et petit oblique du bas-ventre, s'insinue entre les muscles dentelé postérieur et inférieur et le muscle grand dorsal^ auxquels elle fournit des rameaux qui parviennant vers la partie supérieure de l'os sacrum ; et, après s'être divisée en trois à quatre autres,. elle se termine par divers filets dans les muscles fessiers et autres de la partie postérieure et supérieure de la cuisse.
La branche antérieure de kette douzième paire fournit des filets grêles au diaphragme, qui le percent de bas en haut après avoir serpenté entre ses fibres musculaires î plusieurs sont accompagnés des filets de la onzième paire.
Cette branche antérieure passe ensuite au-dessus de la partie supérieure et au-devant du muscle carré des lombes, se porte vers le cartilage de la douzième côte, et descend en traversant les muscles du basventre, le transverse , le petit et le grand oblique ; d'où elle se répand sous la peau jusqu'à la ligne blanchè en donnant des rameaux dans la région épigastrique , et sur la partie inférieure et antérieure de la poitrine (2) , communiquant par des filets avec ceux des
(1) Hallera. remarqué que les paires 4 ? 9 8, sont phis petites que les 5 , 7 et 9. Lieutaud remarque que, dans les femmes , les rameaux qui vont aux mamelles, fournis par les seconde, troisième et quatrième paires , sont très - considérables , sans pour cela que les troncs qui les produisent aient plus de grosseur que les autres.
(2) Les succès des vésicatoires sur la partie latérale et postérieure de la poitrine, dans les inflammations du diaphragme, après les saignées nécessaires , ne dépendent-ils pas de la communication de ces nç;rfs? l'irritation artificielle extérieure ne diminuet-elle pas l'irritation morbifique des nerfs diaphragmatiques 1
nCz ATSTATOMIE MÉDICALE,
nerfs lombaires supérieurs , d'où résulte un lacis de nerfs extrêmement fins.
Remarques. C'est par les communicaLions des divers nerfs dorsaux avec le grand sympathique, dont les rameaux se répandent dans les viscères abdominaux , qu'on peut expliquer pourquoi les muscles du bas -ventre se contractent dans le ténesine, dans les coliques, dans l'accouchement, lorsqu'on vomit, qu'on va à la garde-robe. N'est-ce pas encore par rapport aux communications des nerfs extérieurs abdominaux avec ceux du canal alimentaire , de l'estomac et des intestins , que l'on peut expliquer pourquoi, par de légères frictions sur la région ombilicale, on détermine des individus à aller à la garde-robe. Une dame que j'ai connue s'est plusieurs fois purgée par ce moyen , et a évité de prendre des potions purgatives que je lui avois ordonnées. L'onguent arthanita y dont on frotte le bas-ventre pour exciter les selles , n'agit-il pas en produisant sur les nerfs extérieurs une irritation qui se communique aux nerfs des intestins? ou bien les particules purgatives absorbées par les pore» de la peau vont -elles stimuler direciement les nerfs intérieurs? Des frictions sur le bas -ventre des enfans avec de l'huile , leur font quelquefois rendre des vers : c'est ce qui fait aussi que le plus léger cliatouillement dans les régions lombaires, sur-tout chez les enfans, donne lieu à desagacemens douloureux qui pourroient aller jusqu'à la convulsion.
Des onctions d'un liniment sur ces endroits de la peau ne pourroient-elles pas calmer l'irritation des parties internes? Les médecins font tous les jours mettre des emplâtres de thériaque sur la région épigastrique pour calmer les vomissemens. Les linimens d'opium ont aussi arrêté, suspendu, guéri même des accès d'épilepsie. Roncal rapporte que des malades qui portoient une amulette d'arsenic éprouvoient des foiblesse-; et des syncopes graves dont on ne connoissoit pas d'abord la cause 5 elles cessèrent lorsqu'on leur eut ôté les amulettes d'arsenic qu'ils por-p toient sur le corps. L'onguent de la gale avec l'arsenic n'est-il |)RS dangereux ?