‹ Cours d'anatomie médicale, ou, Élémens de l'anatomie de l'homme [electronic resource]Chapitre 16 sur 37 · DE LA N É V R O L O G I E. O.C · texte numérisé non relu

DE LA N É V R O L O G I E. O.C

Ce nerf ensuite se divise en deux ou trois rauoaux pour les orteils; savoir, un pour le bord Kterue du gros orteil, un autre pour le bord interne lu second orteil , un troisième pour son bord ex- .L i iie, et le quatrième pour le bord interne du troiième orteil. On peut appeler ces rameaux ne/fs 'jipérieurs.

D'où il résulte que les orteils, comme les doigts de a main, sont accompagnés dans toute leur longueur le plusieurs nerfs, dont deux sont plus près de la jlante des pieds ou de la paunje de la main , et l'autres sont plus près du dessus de la main et du pied.

Remarques- Les nerfs de la moelle épinière sont en général ilus gros que ceux du cerveau; ceux des extrémités le sont ■ncore davantage que ceux du reste du tronc ; ceux des extréliités inférieures sont bien plus gros que ceux des supérieures. \'est-ce pas par rapport aux mouveniens fréquens qu'elles sont tbligées de faire , et encore par rapport à la force que les muscles oivent avoir pour mouvoir et soutenir le corps , qus leurs lerfs sont d'autant plus volumineux ?

Ce qu'il y a de remarquable , c'est que les nerfs des muscles lu tronc et ceux du diaphragme ])roviennent , pour la macure partie , de la moelle épinière , et que ceux des viscères 'ieniient pour la plupart de la moelle allongée : ces nerfs, il est 'rai, communiquent ensemble, mais de manière que la jUupart le ceux des viscères sont cérébraux , et qu'il y en a très-peu !e spinaux au lieu que les nerfs des muscles du tronc et des :'xtrémités sont, pour la majeure partie , spinaux, ne recevant jue de petits filets de communication des nerfs cérébraux

Quelques physiologistes ont établi deux sortes de nerfs , le* jns pour la sensiliilité , les autres pour le mouvement. Ils ons Lvancc que la «en.sibilité provenoit des nerfs cérébraux, et la: nobilité ou l'irritabilité des nerfs spinaux ou vertébraux; mais, i cela étoit, les muscles des yeux et la plupart de ceux de la

:riptiori<j publiées par des anatomistes aussi exacts, ne prouveelle pns qu'il y a des variations nombreuses dans le» division* 't dans la distributi jn des rameaux des nerfs ?

fi9<5 ANATOMIE MBDICALE, face ne devroient être que sensibles et nullemsnt irritables, ou susceptibles de se contracter pour exécuter difïërens mouveniens; le cœur lui-même devroit être très-sensible et peu irrital)le , t t les muscles du tronc et des extrémités seroient à peu près seulement irritables ; ce qui n'est pas. Il- paroît que la sensibilité fies parties dépend des nerfs en général , soit cérébraux , soit spinaux : et soit que les uns ou les autres surabondent dans une partie, la sensibilité paroît être la même. Or, ne seroil-t-il pas convenable et plus naturel de croire que la sens.ibiliié est l apanage de la seule fibre médullaire des nerfs , et que la f iculté motrice est une propriété secondaire de la fibre musculaire , l'irritabilité dépendant de sa structure , influencée pafs | les nerfs. Ce qu'il y a de bien assuré, c'est que les muscles [ler-i i dent leur irritabilité quand les nerfs sont coupés ou fortemeni l comprimés.

Les nerfs de l'extrémité inférieure, qui ont beaucoup de rapport avec ceux de l'extrémité supérieure , tant par leur sortie du plexuaf t sacré, que par leur distribution dans la cuisse, dans la jainbe]! et dans le pied, sont plus gros qu'eux, non pas tant par la^ nombre excédent de leurs filets médullaires , que parce que leiirs^ enveloppes contiennent beaucoup plus de tissu cellulaire. Cesji enveloppes sont aussi pourvues de vaisseaux sanguins qui ea|» augmentent la grosseur, et par là elles sont plus sujettes auxt inflammations, le nerf sciatique sur-tout 5 d'où' résultent desli douleurs de la nature de celles du rhumatisme , qui caracté-jrisent la maladie qui porte le nom même du nerf sciatique, maladie très-souvent inflammatoire , et qui est quelquefois l'effet de] l'engorgement séreux du nerf j ce qu'il importe bien de distingxiei pour recourir ou s'abstenir des saignées , qui sont souvent les seul remèdes des rhumatismes. La sciatique peut occasionner , noi seulement la perte du mouvement des muscles , mais même leui ati'ophie ; ce qui prouve que les nerfs servent au mouvement à la nourriture des parties. fVartlion^ Afayow et G/isson-^ anatoluistes anglais, leur ont déjà reconnu cette faculté. Mais lesmo-dernes en ont peu parlé , quoiqu'ils nous aient si bien fait cori» îioître les propriétés des nerfs relatives à la sensibilité inhérente* en eux. î

On a conseillé divers remèdes contre la sciatique , entr'autrew l'application des sangsues à l'anus (1) pour diminuer la compressio.Ki

(i) D'anciens médecins de Paris prcscrivoient , en pareil ras , rnppîj"; cation des sangsues k l'anus après avoir l'ait d'autres saignôes : Sa.t^HH-^ ngis marginîbus ani scepiûs adinotis. Riolan, lib. \, caji. XLI.

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^ue les vaisseaux hémorroïdaux trop pleins pouvoient faire sur 'origine du nerf sciatique.

On a aussi conseillé avec succès les douclies , les eaux minérales, l'usage intérieur et extérieur des apéritifs de divers genres, le l'aconit même, à la dose d'un grain tous les jours (1), l'usage iur-tout des antiscorbutiques et autres remèdes relatifs à la cause Je la maladie: mais le remède qui a eu le succès le plus constant , ce sont les vésicatoires , et , encore plus efficacement, la cautériiation. Caiiterium potentiale parti affectas admovebitur disoit Verne f et ulcus apcrtum diu tenebitur (2). liiolan vouloit qu'on fit la brûlure dans le pli de la fesse , et qu'on la tînt ouverte par un onguent épisastique. Les modernes ont souvent employé avec succès l'usage du moxa vers la tubérosité de l'ischion : plusieurs fois le célèbre Cotiinni a préféré de placer les vésicatoires à la partie supérieure et externe de la jambe, sur et derrière la tête du péroné , où se trouve la branche du nerf sciatique dont nous venons de parler , et qui est immédiatement sous la peau. Cotunni et d'autres anatomistes modernes pensent que l'évacuation de l'humeur séreuse qui engorge en pareil cas le nerf sciatique , et qui est produite par les exutoires , est la vraie causa de la guérison.

Quoique le nerf sciatique en sortant du bassin passe sous le grand ligament sacro sciatique', et qu'il paroisse dans les cadavres pouvoir être facilement comprimé par des causes externes , les chutes, les coups, il fnnt cependant remarquer qu'étant couvert de beaucoup de tissu cellulaire et de graisse, et encore du grand muscle fessier, les effets de cette compression sont rarement dangereux. J'en ai cependant vu un exemple dans un enfant qui , éta^it tombé d'une grande hauteur sur le pavé^ sur les fesses , et principalement sur la gauche , ne put se rele'/er : la douleur fut d'abord très-vive ; l'extrémité inférieure du même côté devint ensuite insensible, et s'atrophia malgré les remèdes les plus méthodiques, conseillés par les plus habiles médecins.

Quand on considère le grand nombre de nerfs qui existent sur le dos et à la plante du pied , ou ceux qui entourent les or-, tells , on ne doit pas être surpris de l'extrême sensibilité du pied, dans la goutte , par exemple, etc.

C'est par les communications multipliées dp ces nerfs que la douleur se transmet facilement d'un orteil à l'autre, du pied au

(i) Engelard , Dissert, aca.ii. de podaoïiil ^ 1780. (a) Falholorr. cap. XX, lib. VI, p. Sjy.

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genou , du genou à la cuissè-, et de celle-ci dans le hassin et dans hi autres cavités «îu corjjs. La matière arihritique se fait succe,s- j slvement ressentir à l'extrémité supérieure correspondante du i nerf qu'elle affecte ; et comme tous les nerfs spinaux communi-

puisse

parties du corps, et y produire des métastases souvent mortelles.

On comprend aussi, d'après cette cojumunication réciproque^* des nerfs, que-î'application des vésicatoires , delà moutarde , aux); ^>ieds, doit y attirer l'humeur arthritique, quand le corps est d'ail- }■ leurs bien disposé, souvent par des sangsues, si le sujet étoiti pléthorique.

Peut-on considérer le grand nombre des nerfs des pieds , pro-; fonds et superficiels, sans se récrier sur l'abus des chaussures! trop étroites, sur-tout chez les enfans; elles empêchent non-seU' Icment la nutrition et le développement des pieds, mais encore^ elk's les défigurent après avoir fait horriblement souffrir

Un« légère friction de la plante du pied dans les enfans peut' occasionner des convulsions générales, tandis que la moutarde, qui produit des douleurs bien plus vives , ne donne pas lieu aux! mêmes effets, j

L'hémiplégie ou la paralysie de la moitié latérale du corps est beaucoup plus fréquente que la paraplexie ou que la paralysie de la moitié inférieure du corps, et oïdinairement dans l'hémi-; ph^gie le malade recouvre plus tôt le mouvement et la sensibilité dans l'extrémité supérieure que dans l'extrémité inférieure ; cepen-* fiant ce n'est pas sans quelque exception , car nous avons eu de» rxPinples^contraires sous les yeux. Souvent aussi la paralysie de lai? iiioilié dn corps ou d'une extrémité seulement a eu lieu après des blessures, des coups, des contusions, de l'autre côté du corps ^ en y- comprenant la tête , mais aussi quelquefois du même cûté. Voyez plus haut nos remarques relatives à l'entrecroisement des nerfs de la moelle allongée.

Du nerf grand sympathique (1).

Nmas laisserons à ce nerf le nom àe grand sympathique que Winslow lui a donné, ainsi que plu-

(i) Les recherches de Meckel et de J. Th. Walter, anatomistes de Berlin , ont jeté le plus grand jour sur l'anatomie du nerf syrr.pathiqxie, mais ne l'ont p.is épuisée : cependant, comaie il est

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