‹ Cours d'anatomie médicale, ou, Élémens de l'anatomie de l'homme [electronic resource]Chapitre 21 sur 37 · DE LA S P I. A N C H N O L O G I E · texte numérisé non relu

DE LA S P I. A N C H N O L O G I E

De la conjonctive (i).

Cette membrane forme la paroi postérieure des

Eaiipières, et recouvre plus de la moitié antérieure u globe de l'œil, en revêtant immédiatement la cornée transparente et une portion de la cornée opaque, auxquelles elle est attachée par un tissu cellulaire très-serré ; elle adhère supérieurement à la face postérieure du muscle releveur de la paupière supérieure, et inférieurement à la face postérieure du ligament palpé bral, moyennant du tissu cellulaire plus lâche.

Situation, étendue. Cette membrane s'étend de la partie antérieure du globe de l'œil jusque vers son tiers postérieur, d'où elle se réfléchit sous les paupières, et parvient jusqu'à leur bord libre, où elle s'unit aux cartilages tarses, ne formant dans l'état natiirel aucun repli sensible , excepté vers l'angle interne , derrière le sac lacrymal où elle est un peu plissée , même dans l'homme j car, dans quelques animaux, elle l'est tellement, qu'on en a fait une troisième paupière. On donne quelquefois à ce repli le nom de membrane semi-lunaire.

Structure. La conjonctive est mince et transparente sur la cornée transparente et sur la cornée opaque j elle est plus épaisse derrière les paupières, où elle est aussi rougeâtre 5 elle est formée d'un tissu cellulaire plus ou moins compacte et d'un trèsgrand nombre de vaisseaux sanguins très - grêles, dans l'état naturel, niais qui se clilatent dans l'inflammation par le sang qui les pénètre. La conjonctive reçoit aussi des vaisseaux lymphatiques, et beaucoup de nerls qui lui donnent la plus vive sen-

(i) Membrana adnata^ vel conjnnctîva , parce qu'elle réunit en queicjuc manière les paupiùres avec ie globa de l'œil.

A N A T O M I E M É D I C A L lî^'

sibllitéj quelques-uns deviennent très-mous, en sôi répandant sur cette membrane. Ces uer^s lui sonlN iournis par le frontal, le lacrymal et le nasal , ra-. meaux de la première branche des trijumeaux, etJ aussi parle rameau de l'oculo-musculaire commun J c[ui concourt à former le petit ganglion lenticulair'â iiiterrie, par l'oculo-musculaire interne, dont on peiii suivre quelques rameaux dans la cojijonctivc , éû encore par l'oculo-musculaire externe : de sorte qu'il n'est pas étonnant que la conjonctive soit si sensible^ On voit, par ce qui vient d'être dit, que la cotf jonctive sert non seulement à former la paroi po^^ térieure des paupières, mais encore à les réunir av^H le globe de l'œil dont elle couvre la partie antérieure^

Remarques. Nous ne nierôns pas qu'une partie de la liqueur lacrymale ne provienne du corps ou de la glande lacrymale ; nous dirons cependant que c'est de la conjonctive que découle la 2>lus grande quantité de cette humeur: elle s'exhale des extrémités artérielles , et est reprise en partie par les vaisseaux lymphatiques ou absorbans ; le reste coule dans les points lacrymaux, d'où elle parvient dans le nez.

Une légère augmentation de sensibilité de la conjonctive aug* mente la sécrétion des larmes; mais si cette sensibilité est trop grande 5 la sécrétion de cette liqueur diminue et cesse.

Les exhalaisons âcres de divers corps affectent la conjonctive, et font couler abondamment les larmes; la fumée, en général, les évaporations de l'oignon , de l'ail , de la moutarde , produi*sent cet effet, soit immédiatement par une suite de l'inipr^ssioU qu'elles font sur elle , soit uiédiatement par celle qu'elles font sur la membrane pltuitaire.

L'inflammation de la conjonctive étant souvent l'effet de l'extravasion du sang dans son tissu cellulaire , et dans celui cjui l'attache au globe de l'œil et derrière les paupières , il en résulte une o])hthalmie des plus violentes. Le sang passe alors aussi dans les vaisseaux lymphatiques , comme Vieusscns et Boerhaave l'ont d'abord dit ; et de-là Vcrror loci saTiguiriis dont on a tant 1 parlé dans les écoles.

La conjonctive engorgée forme quelquefois divers replis qMi 1 empêchent les paupières de recouvrir le globe de l'œil; l^s paupières se renversent quelquefois alors en-dedans ; les cils irritent la

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njuriclivc, et en détermineiil l'inllammation. Ces sortes d'cngor- . liens de la conjonctive sont quelquefois iullauunatoires , sans ir cela qu'ils dépendent uniquennint d'un excès de sang, mais son acrimonie. Il y a des ophthalmies vénériennes, scrophu- Mises, scorbutiques, dartreuses , érysipélateuses , artliritiques , imutismales, catarrales , laiteuses, comme dans les femmes en iiclie et les nourrices, II y a des ophthalmies varioliques, moriilleuses; d'autres sont la suite des excès de boissons spiritueuses: 1 en est qui sont propres à quelques professions , aux verriers , uix forgerons, à ceux qui habitent des lieux pleins dépoussière, vinime les plâtriers, les grainetiers, les vanneurs, les cardeurs laine, les soldats qui marchent contre le vent entraînant ' s tourbillons de poussière , sur-tout dans des pays chauds , . urne en Egypte; la moindre petite pierre, un brin de paille, plume , l'extrémité d'une aile de mouche ( 1 ) , introduits ' re les paupières et l'œil, peuvent donner lieu aux plus vives hlhalmies. Or on voit, d'après les diverses causes de cette m Jadie , auxquelles on peut ajouter celles qui sont l'effet de» upiqûres, des plaies de l'œil et autres, combien leur traitement ''i>ilètre varié^ et dans combien de détails qui nous sont interdits il : droit entrer pour donner quelque jour à cette importante matière. La conjonctive forme quelquefois divers replis qui gênent le j. juvement des paupières et ceux du globe de l'œil, lorsqu'il y a quelque infiltration sangviinolente ou même de sérosité plu* ou moins acre, ou qu'il se fait quelque congestion dans le tissu cellulaire qui attache la conjonctive aux paupières et au globo dr; l'œil. Les oculistes, pour en opérer un dégorgement, font (les scarifications, et assez souvent ils emportent, par l'excision, ' s portions de cette membrane.

Un prolongement de conjonctive , en forme de croissant ou d'onglet renfermant une substance adipeuse , quelquefois aqueuse, f t d'autres fois contenant des veines variqueuses (2), a été sou» -ivent observée au grand angle de l'œil.

Des voies lacrymales.

Elles comprennent la glande et la caruncule lacrymales , les points, les conduits lacrymaux, et le sac lacrymal.

JDe la glande lacrymale.

Situation. La glande lacrymale est située à la

(1) Mori^afrni, epist. XIII, art. a3.

(2; Onyx, u/iguis, paiiusj plerjgiuni.

4oO ANATOMIE MÉniCArE,

partie supérieure , antérieure et externe de l'orbiteelle est logée en dehors et en liaut dans un enfbn' ceinent de l'os coronal ; en dedans et en bas , elle répond au globe de l'œil et au muscle droit externe.

Volume , structure. Elle est de la grosseur d'une petite fèvej en la considérant de près, on y voit plusieurs petits lobules entre lesquels serpentent de petites artérioles et quelques nerfs. Ces sillons sont si profonds, que Monro croyoit la glande lacrymale un composé de plusieurs glandes , dont chacune avolt un canal excréteur qui lui étoit propre (i). Dans divers sujets, la glande lacrymale a un prolongement considérable dirigé vers le fond de l'orbite, prolongement qui est quelquefois aussi gros que la moitié de la glande.

Remarques. Stenon se flattoit d'avoir découvert les canaux excréteurs de la glande lacrymale. C'est, dit ce célèbre anatomiste, en 1661 , que je suis parvenu à les découvrir; j'examinois à la clarté d'une lumière les tuniques des paupières d'un agneau, lorsque je les vis pour la première fois. Stenon croyoit que ces canaux excréteurs des larmes existoient dans PLomme (2); mais c'est sans raison qu'il s'attribue la gloire d'une telle découverte :

glande lacrymale et ses canaux excréteurs avoient été connus de Galien , de FrJloppe e t de Carcanus. Mais que cette découverte soit ancienne ou nouvelle, les anatomistes modernes ne sont pas d'accord sur l'existence même de ces canaux. On compte parmi ceux qui les admettent, Briggs, Santoriui^ Cassebohm^ Alexandre .Monro le fils. Hunier, et enfin Lieutaud , qui ne s'est pas contenté de les décrire, mais qui a encore donné le procédé de les découvrir , et nous croyons d'autant plus à l'exactitude de ce dernier, qu'elle nous a été très-connue. Cependant plusieurs anatomistes n'ont pu découvrir les canaux excréteurs de la glande lacrymale, parmi lesquels on doit compter Afor^a^/z/ (3), Zinnias ^

(1) Observ. a/zaA Edimbourg , 1/58, in-8°.

(a) F^t licet aulem prœJicta vasa , non nid in brutis vidcrini quœ lamen hoinini sint coiicessa iiiiUiis diibitat.

(3) Voyez ^(/m-iar. einat. Morgagiii, t. I et IV.

3DI! LA SPLANCHNCLOGIE. ^Ot

iqui nous a donné un si bon traité sur l'œil; enfin Ifailer (i) luimême n'a pu les apercevoir, quelques moyens qu'il ait employés pour y réussir: ce qui est cepenflant bien extraordinaire, car on peut se convaincre de leur existence par divers moyens, au rapport de Monro y de Sabatier {%) de Gavard (3) et de plusieurs anatomisres modernes, aux observations desquels nous pourrions réunir les nôtres.

La glande lacrymale est quelquefois, par vice scrophuleux, plus grosse qu'une noisette , et alors elle fait uwe saillie en soulevant la paupière supérieure. Je l'ai trouvée squirreuie et même cancéreuse dans des cadavres, et encore dans une lemme qui avoit deux cancers aux mamelles, et chez laquelle, peu de temps avant sa mort, il se déclara une oplithalraie considérable , par un cancer dans la glande lacrymale.

De la caruncule lacrymale.

Figure. C'est un corps de figure pyramidale.

Situation. Il est situé dans les grands angles de l'œil , immédiatement derrière la commissure des paupières, de manière cjue sa pointe est en haut et en avant entre les points lacrymaux, et sa base en. arrière.

Structure. 11 est formé de plusieurs lobules arrondis , plus ou moins élevés, et dont le tissu paroît spongieux, comme celui des lèvres. On y découvre quelcjues Ibllicules dont le nombre ne peut être fixé.

Couleur. Ce corps est ordinairement rougeâtre.

Remarques. Il paroît que l'usage principal de la caruncule lacrymale est d'empêcber l'écoulement des larmes sur la face et de les diriger vers les points lacrymaux; il paroît aussi qu'elle sert à la sécrétion d'une humeur sébacée.

Le volume de la caruncule lacrymale est quelquefois consi-

(0 Elément, physiol. t. p. 3z7).

(2) Traite de splanchnologie , t. Il, p. 98.

(3) Traité de spUnchnologie , p. > j".

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- "'Ai- a":

^Oi ÀNATOÏWCIE MÉDICALE,

dérablemeiit augmenté sans qu'elle soie plus dure (i) ; elle est ordinairement pale dans les leucoplilogmatiques , et d'un rou^e ■vif dans les personnes très-sanguines : on voit à sa surface de petits poilii, dont le trop grand accroissement termine par donner lieu à une très-vive ophtLalmie , en irritant le globe de l'œil et les paupières.

On trouve quelquefois la caruncule lacrymale beaucoup plus compacte que dans l'état naturel : elle est tantôt cartilagineuse , et tantôt elle est pierreuse. Il se forme aussi en elle des abcès à la suite d'inflammations, et {quelquefois des excroissances qu'on est obligé de détruire.

Des conduits et des points lacrymaux.

Il y a deux conduits lacrymaux , et on désigne letirs orifices sous le nom de points Cacrymaiix,

Ils sont placés au milieu des tubercules quisontsitués sur le bord libre des paupières, dans l'angle interne de l'œil. L'un de ces orifices appartient à la paupière supérieure , et l'autre à la paupière inférieure j tous les deux sont d'un diamètre à peu près égal. Ils se touclient presque lorsque les paupières sont contiguës, et leur bord, sans être cartilagineux (a),, est assez dur pour maintenir l'orifice toujours ouvert. Là paroi de l'orifice eut pu s'affaisser si elle eût été membraneuse et souple comme l'est le reste du canal ; alors les larmes n'auroient pu pénétrer dans les conduits lacrymaux, et auroient coulé sur la face, comme cela survient lorsque les points lacrymaux sont obstrués.

Les conduits lacrymaux dont nous venons de décrire les orifices, sont membraneux, et d'une con-

'^\\) Celte augmenlation de volume étoit appelée des anciens, encanthis , et sa diminution , rhias.

(2) On lit, dans les ouvrages à^Anel, que ce que l'on prend poni un spbiiicter, n'est autre chose qu'un petit anneau carlilagineiiX très-an-.inci , qui tient l'ovlfice de ce trou dilaté. Suile de Unouvelie inàthods d& guérir Us /îsiuk's tavrymales ,

DE LA SPLANCHNOLOGIE.

'•Istaiice moins ferme qiie celle des orifices ; kur iaino'tre est à pen près égal.

On introduit facilement utie sole ou un stilet •ans ces conduits-, lorsqi^'on à uïie fois fraiiclii iuur orifice.

Riolan a dit que le conduit inférieur étoit plus grand que le supérieur: selon Lieutdud,\QQ.xY\h\:<d de ces conduits eSt beaucoup plus considérable que le diamètre de leurs orifices. Morgagni avoit déjà soutenu la même opinion (i)*^ mais Helster ^ et quelques autres auteiu's qui ont écrit sur les yeux, ont été d'un sentiment différent.

I.es conduits lacrymaux , silUés entre la conjonctive et le muscle orbiculaire , se réunissent ordinairement pour n'en former qu'un seul de deux à trois lignes de longueur et tle largeur, avant de s'ouvrir dans le sac lacrymal : ce petit conduit est appelé conduit commun. Le conduit lacrymal supérieur est un peu plus long et plus grêle qUe l'iniérieuri

Lorsque les paupières ^ écartées, la direction de ces conduits est telle, que le supérieur descend presque verticalement dans le sac lacrymal, et que l'inférieur s'y porte àfpeu près transversalement. La direction de ces conduits est différente, lorsque les paupières sont rapprochées 5 le supérienr est alors moins vertical^ et tous les deux sont rapprochés du sac lacrymal.

Structurâ. Les parois des conduits lacrymaux; sont membraneuses, cependant assez (iompactes ; elles isont blanchâtres, et recouvertes d'une pellicule épidermoïciale de môme nature que celle des niembranes Conjonctive et nasale avec lesquelles elle se Continue. La caruncule lacrymale est placée entre eux.

Remarques. Galien a connu les points et les conduits lacrymaux \

(2.) Adversar. 4' Turin, i7i4«

4o4 Akatomie médicale,

on peut s'en convaincre en lisant ses ouvrages. Morgagni a recueilli divers fragmens très-intéressans des anciens auteurs, qui prouvent que (l) Caius Julius ^ médecin romain, a sendé les voies lacrymales avec un stilet, et que Platon les a injectées (2).

Cependant les Arabes , et principalement Avicenne^ ont mieux connu les voies lacrymales que les anatomistes grecs ; mais Falloppe a tellement surpassé ses prédécesseurs par les descriptions qu'il a données des points et des conduits lacrymaux qu'on pourroit lui en accorder la découverte (3). Les anato mistes italiens les ont décrits avec beaucoup plus d'exac- Hitude que les autres. Depiiis cette époque, Carcanus a aussi fait connoître la vraie position et la structure des points et de» conduits lacrymaux , et ses descriptions ont servi de modèle à beaucoup d'anatoraistes qui lui ont survécu. Cependant Anely qui s'est rendu si célèbre par sa méthode de souder les voies lacrymales, les a décrites avec plus de clarté et d'ordre que ceux qui l'a voient précédé (4).

Du sac lacrymal.

Le sac lacrymal est formé d'une double ineml^rane, dont l'une, externe, est plus ferme, et comme ligamenteuse; l'autre^ interne^ plus molle, qui lui est intimement adhérente, est une continuation de la. membrane piiuitaire.

On peut le considérer comme s'il étoit divisé en deux parties, l'une supérieure , l'autre inférieure. La première partie est plus ample, de figure à. peu j)rès ovale, irrégulièrement convexe; elle fait: une légère saillie sous la carunoule lacrymale, et. plus extérieurement elle est recouverte par le muscleorbiculaire : la seconde partie de ce sac est rétré- • oie, et forme le conduit nasal, qui est contenu!

(1) Voyez Advenar. 6, Animad. 64.

(2) Voyez VHistoire naturelle de Pline seconil , lib. VII, cnp. LIX,

(3) Voyez Ohserv, anat. p. 212.

(4) Observations sur la fistule lacrymale. Turin, iriS.

DE LA SPT. ANCIINOT. OGIE. 4°^

dans le canal osseux formé par la réunion de l'os ungiiis et de l'os maxillaire ; ce conduit parvient derrière le cornet inlérieur, où il s'élargit un peu, et où il se confond avec la membrane pituitaire. L'ouverture du conduit nasal dans les narines ^ est audessus de la partie antérieure du méat inférieur des f osses nasales , et elle est beaucoup plus élargie que le reste du conduit.

La face externe du sac lacrymal et du conduit nasal adhère dans toute son étendue, par du tissu cellulaire très - rapproché , au périoste qui tapisse le canal osseux : on ne peut découvrir dans le sa^ lacrymal , ni dans le conduit nasal, aucune fibre musculaire; il n'y a point non plus de valvule ni de sphincter.

Nous ne pensons pas que les larmes parviennent dans le sac lacrymal par d'autres voies que par les points et les deux conduits lacrymaux que nous avons décrits, quoique 3io/.Hnelli et Gu?izius aient avancé qu'il y en. avoit d'autres.

Remarques. C'est par les points lacrymaux qu'est absorbée (i) la trcs-grande partie de l'hiimeur qui s'exhale de la conjonctive^ et celle qui paroît découler de la gUnde lacrymale , hunicuf «ju'on appelle les larmes. Après avoir pénétre dans les points l.icrymaux, elle passe dans les conduits lacrymaux, dans le sac lacrymal, et dans le conduit nasal. Ce n'est que lorsque les larmes sont trop abondantes, et qu'elles ne peuvent plus être entièrement absorbées par ces points , qu'elles découlent sui* le visage par le grand angle de l'œil : c'est ce qu'on appelle pleurer } effet ordinaire des chagrins , s'ir-tout chez les enfwis. Mais , dans les amcs fortes, les chagrins font moins souvent couler les larmes fiue ne le font les sentiniens d'admiration et d'étouue-

(i) On a comparé les voies lacrymales à un syphon. Transact. philosovb^ en 1735.

■mer.t, Les mélancùliij^ues et les femmes liisléiiqiies pUurcnt fa« tilemt'iit.

Pour que les larmes puissent couler de l'œil dans le nez pir •leurs conduits naturels , il faut qu'ils ne soient oblitérés ni rcs-r serrés dans les points ni dans les conduits lacrymaux , dans le sac lacrymal ni dans le conduit nasal : celte oblitcralion , ainsi que le resserrement, peuvent avoir leur siège sci,)lrm('iit dans quelques-unes des parties des voies lacrymales ou dans toute leur étendue.

Les points hcrymaux sont fréquemment ohlitérés à la siiits

des pt-tites véroles , des rougeoles et des oplitliahnies^ par iliversi s

.çauses , sur-tout par les yiees vénérien , scorbutique , dartreux ,

psorique , etc.

Les conduits ont été quelquefois rétrécis par le gonflement de la paroi osseuse du canal qui les renferme, ou bien ils ojit été obstrués par l'épaississement même de la matière des larmes, ou par nne trop grande quantité de l'humeur qui s'exbale de U nis parois internes , après s'être accumulée ou épaissie eu cu:3i.

Des polypes dans le nez ont plus d'une fois donné lieu à la compression du sac lacrymal ou du conduit nasal , et ontempèclié les larmes d'avoir un libre cours dans le nez ; il s'est même quel(|uefois formé des excroissances polvpeuses ainsi que des ulcérations dans le sac lacrymal et dans le conduit nasal.

L'absorption deslarraes ne s'opéraut que par l'effet d'une certaine sensibilité des vaisseaux lynqiliatiques Pt des conduits destinés à cot ïisage, il n'est pns douteux que, s'ils la peidoient entièrement, co.'nme cela a lieu dans certaines affections paralytiques, elle ne fût din:inuée, intèrrorapue, supprimée; comme aussi l'absorption d(,ç larmes seroit troublée ou n'auroit plus lieu d'une manière convc-. nable , si cette sensibilité devenoit trop grande : de sorte qu'on peut établir que si qut Iquefois les injections et les lofions tonic|nes des f.aux de balaruCf de quinquina^ etc. peuvent être u'ilt^^, d'autres fois il faut leur préférer celles qui sont relàcliantes , adoucissantes, comme l'eau de mai^ve , les anodins , les préparations d'opium, etc. Voyez dans les ouvrages de chirurgie tout ce qui a été dit sur la manière d'injecter les points lacrymaux par Ant'l ^ et sur la méthode de désobstruer ie conduit nasal pur Cabanis^ nar Méjtan : voyez sur-tout, cà ce sujet, Xa^ Mémoires de l'Académie dç çhirurgie > t. II ; et, pour ce qui concerne l'bistpiîe de

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