‹ Cours d'anatomie médicale, ou, Élémens de l'anatomie de l'homme [electronic resource]Chapitre 30 sur 37 · DU LARYNX · texte numérisé non relu

DU LARYNX

Situation. Le larynx forme cette éminence qui est placée à la partie antérieure et un peu supérieuie du cou , au-dessous de l'os liyoïde , aù-dessus de la trachée - artère 5 cette éminence est en général plus apparente chez les hommes que chez les femmes , et chez les personnes maigres que chez celles qui ont de 1 embonpoint

Figure du larynx. Le larynx ressemble à une pyramide dont la partie large est en haut et la partie étroite en bas.

Structure générale. Le larynx est formé par cinq carulages, Je thyroïde , le cricpïde , les deux aryténoïdes et l'épiglotte. Ces cartilages sont unis par divers ligamcns j on y observe les cordes vocales, qui laissent entre elles un intervalle qui constitue la glotte.

Les cartilages sont nnis y les cordes vocales plus ou moins tendues, et la glotte rétrécie ou élargie par l'action de divers muscles.

La cavité du larynx est recouverte par une membrane qui contient plusieurs corps glanduleux et des follicules muqueuses : il y a aussi dans le larynx des glandes particulières , et toutes ces parties ont leurs vaisseaux sanguins, lymphatiques, et leurs nerfs.

Division. La face antérieure du larynx est convexe j sa face postérieure est, pour la plus grande partie , concave. Ses bords supérieur et inférieur sont échancrés j ses deux bords postérieurs sont

unis

On voit une gran

it, en considérant sa partie antérieure dans ide étendue, le cartilage thyroïde 3 infericu-

•DE LA SPLANCHNOLOCIE. 54 1

remeiit, le cartilage cricoïde : enrîe ces deux cartilages est un espace rempli par une expansion li^ra^ menteuse. ^

Si on examine la face postérieure du larynx , on y voit , dans Je milieu, la fkce postérieure large du cartilage cncoïde j sur les côtés, deux gouttières: plus latéralement, une portion du cartilage thyroïde extrémité supérieure du larynx répond à l'épiglotte et a l'os liyoïde : l'extrémité iniérieure est unie avec la trachée-artère.

, L'entrée de la cavité du larynx est bornée supérieurement et en avant par l'épiglotte , en arrière

elro,teen avam qu'en arrière, qu'on appelle &

et j autre mlerieur. Il y a de chaque côté pnr^» les l.ga,ne„s supérieurs les inférïurs ^Ùn^spaie auquel on a donné le nom de ven^ncu/. dularZT

Des cartilages du larynx.

De l'épiglotte.

Figure et division. L'ériiflotte m „ .m très-llexiUe, qui a la ^o.JaCX^X^I;::]^^. elle est naturellement relevée • on np,■,^ .r / ? ' dcuK faces deu. bords etTeure^'^r^LT""^'"^ ^ Ucs deux faces, l'épiglotte considérée relevée (.),

542 AlfATOMIE MÉDICALE,

l'une est antérieure et l'autre postérieure j les deux bords sont latéraux ; et des extrémités, l'une est supérieure , et l'autre inférieure.

La face antérieure de l'épiglotte devient supérieure dans le moment de la déglutition , car alors die est déprimée sur la ^^lotte : cette face est divisée par une émlnence longitudinale en forme de crête , plus saillante vers son extrémité inférieure que vers son extrémité supérieure où elle est presque effacée.

La face postérieure de ce cartilage toujours considéré dans son état d'élévation, est creusée; mais elle devient inférieure, et est à peu près plane lorsque, dans la déglutition, l'éfni^lotte est abaissée et épanouie sur la glotte, et que la langue est renversée.

Ses deux bords latéraux sont fort minces , arrondis, libres, et un peu recourbés sur eux-mêmes.

L'extrémité svipéiieure devient postérieure lorsque la glotte est abaissée; elle est libre, arrondie, mince et écliancrée dans son milieu.

L'extrémité inférieure est plus épaisse et un peu

Ï)lus large ; elle est attachée au boid supérieur de a face interne du cartilage thvroide, à la lace postérieure et interne de l'os hyoïJe , et à la base delà langue, par un rej>li triangulaire de la membrane interne du larynx.

Deux autres replis latéraux adhèrent au quart postérieur des bords de l'épiglotte , descendent en bordant latéralement et antérieurement l'ouverture de la glotte, et vont s'unir sur les cartilages aryténoïdes.

Glandes. L'épiglotte est percée de divers trous, par

la dépression de l'épiglotte 5 cppentlant je ne nie pas que , pendant la vie, TépigloUe ne puisse être renversée Jans la glotte i)ar son extréniilé postérieure : peut-être que des oriliopnées , des étonffemens momentanés ont eu lieu par uné pareille cause; heureusement qu'une quinte de toux, ainsi que quel(j[ue léger vomissement j sufûseut pour faire relever l'épiglotte.

DE LA SPLANCHWOLOGIE. 543

lesquels passent les canaux excréteurs cl'nne grosse glande, placée sur ce cartilage et à la base de la langue. Indépendamment de cette glande, connue des anatomistes , Bordeu croit ^ et son opinion nous paroît fondée, que l'enveloppe de l'épiglotte est pourvue de divers corps glanduleux (i).

Du cartilage thyroïde.

Le cartilage thyroïde est beaucoup plus grand que tous les autres j on a cru qu'il ressembloit à un bouclier , ce qui lui a fait donner le nom de scu^ trforme.

Situation. La majeure partie du larynx forme l'éminence qu'on voit au milieu du cou , et que le Yulgnire appelle la pomme d'Adam.

JUivisions. On peut y considérer deux faces et quatre bords j des laces, l'une est antérieure et externe, l'autre est postérieure et interne 5 des bords, l'un est supérieur, l'autre inférieur j les deux autres sont latéraux et postérieurs.

La face antérieure et externe de ce cartilage est convexe et plus élevée dans son milieu, où elle paroît un peu aneulaire.

l.a race postérieure et interne est concîive, surtout vers le milieu.

Son bord supéiicur est écbancré .principalement à sa partie moyenne j cette écliancrure a la forme d'un cœur. C'est à ce bord et à cette" écliancrure que s'attache une bande ligamenteuse qui fixe le larynx au bord inférieur du corps et des grandes cornes de l'os hyoïde.

Le bord inférieur de ce cartilage est aussi échancré dans son milieu, mais moins profondément j moyen-

Ci ) Recherches aiiat. sur h position des glandes et sur leur action , 1751 j iu-b".

liant une autre échancrure du cartilage cricoïcie ^ il en résulte un espace ovalaire, rempli par le ligament qui attache ce cartilage au cricoïde : à la faveur de cet espace, le thyroïde peut être renversé sur le cricoïde dans cpieiques mouvemens du larynx, et le cricoïde peut être un peu rappi'oché du thyroïde, sur-tout lorsqu'on rend des sons aigus.

Les bords latéraux et postérieurs du cartilage thyroïde sont droits, unis, et terminés par deux appendices supérieurs et deux inlérieurs, qu'on appelle les cornes du thyroïde.

Les appendices supérieurs sont plus longs que les inférieurs j ils sont attachés aux extrémités des grandes cornes de l'os hyoïde par un ligament qui a huit ou dix lignes de longueur : les appendices inférieurs sont articulés par une facette avec les parties latérales du cricoïde , qui est aussi pourvu de deux iacettes articulaires.

Usages. Le thyroïde forme la plus grande partie du larynx et donne attache à des ligamens et à des muscles.

Ljigaîuens. Les cordes vocales , qui sont des espèces de ligamens, sont attachées à la Jace interne et concave du larynx; une bande ligaziieuteuse le fixe au bord inférieur du corps de l'os hyoïde, et il est attaché à ses grandes cornes jmr deux ligamens ronds et grêles \ il est uni au cartilage cricoïde par son bord inférieur, moyennant une expansion ligamenteuse; ses cornes inférieures sont fixées par deux capsules et par des ligamens courts , aux facettes latérales de la portion sigillaire du cricoïde.

Attaches des muscles. Le thyroïde donne attache aux muscles thyro-hyoïdiens par la ligne saillante qu'on voit sur sa face antérieure externe ; plus bas , cette même ligne donne attache au stenio-thyroïdien, aux crico-thyroïdiens ; par la partie latérale de son ]jord inférieur , au thyro-pharyngien ; par ses bords

DE LA SPLANCHNOJLOGIE.

latéraux aux deux thyro-aryténoïdiens par sa face interne.

Du cricoïde.

Situation. Ce cartilage, qui est le plus épais de ceux du larynx, en forme le contour inférieur : il est rétréci en avant et très-élargi en arrière; on a cru pouvoir le comparer à un anneau (i).

Divisions. On peut y distinguer une partie antérieure qui est rétrécie , et une partie postérieure qui est large, ayant la forme du chaton d'une bague , ou du sceau d'un cachet , et que Berlin, a , pour cette raison ^ appelée partie sigillaire.

Sa face externe est con vexe et unie ; sa face interne est concave et aussi unie ; son bord supérieur est écliancré antérieurement , et de cette échancrure résulte un interstice entre ce cartilage et le thyroïde, qui augmente ou diminue, comme il a été dit, dans différens raouvemens de ces cartilages ; le bord in-> férieur du cricoïde est plus uni et attaché au premier cartilage de la trachée-artère par le fourreau ligamenteux commun, et par de petits ligamens particuliers.

La portion postérieure ou sigillaire du cricoïde est non seulement plus large et plus haute, mais plus épaisse que le reste du contour de ce cartilage ; elle est placée dans l'interstice que les appendices inférieurs du thyroïde laissent entre eux. Sa face postérieure , qui est plus grande que l'antérieure , a une éminence longitudinale qui la divise en deux parties latérales un peu concaves. Son bord supérieur a deux empreintes articulaires convexes pour les cartila^^es aryténoïdes , et plus antérieurement sont deux autres

(0 V esale est le premier qui ai comparé ce cartilage à un neau; Turcaruin mnulo,,. Defabrica corn, human. p. 18".

empreintes pour son articulation avec les appendices inlérieurs du cartilage th-yroïcle 5 elles donnent insertion à des capsules ligamenteuses et à des ligamens courts qui fixent les cartilages aryténoïdes et thyroïdes au cartilage cricoïde.

Usages. Il forme, comme il a été dit, la partie inférieure du larynx, soutient les cartilages aryténoïdes, et c'est à ce cartilage que la trachée-artère est attachée.

Lîgamens. Il donne insertion , par son hord supérieur, antérieurement au ligament crico-thyroïdien , postérieurement aux ligamens crico-aryténoïdiens , et au iourreau ligamenteux qui les revêt j par son hord inférieur, à la hande ligamenteuse, qui l'unit au premier cartilage de la trachée-artère.

Attaches des muscles. La face postérieure de la portion sigillaire donne attache par ses facettes concaves aux muscles crico-thyroïdien s postérieurs , plus latéralement à quelques fibres des aryténoïdiens ; ]>ar les parties latérales de son bord supérieur, aux crico-aryténoïdiens latéraux , par les parties latérales de sa face antérieure, aux crico-thyroïdiens.

T>es cartilages aryténoïdes.

Nomhî^e et situation. Ils sont au nombre de deux, placés à côté l'un de l'autre à la partie postérieure du larynx, au-dessus de la portion sigillaire du cartilage cricoïde avec lequel ils sont articulés.

Leur Jîgure est presque triangulaire j leur pointe est en haut , et leur base en bas.

Division. Ils ont trois faces, dont l'une interne, presque plane , correspond à colle de l'autre aryténoïde ; l'autre , antérieure, concourt à former la cavité du larynx ; Ja troisième , postérieure et exteïne, est concave. Ces trois faces se rétrécissent à

DE LA SPLAKCHNOLOGIE. SJ^J

proportion qu'elles aprochent de la pointe du cartilage^ la base de ce cartilage est légèrement concave pour s'articuler avec les facettes supérieures convexes de la portion sigillaire du cricoïde.

Les pointes des cartilages aryténoïdes sont courbées en dedans. Elles sont, dans beaucoup de sujets, surmontées de deux autres petits cartilages y que quelques anatomistes ont appelés les petits cartilages aryténoïdes î mais ces cartilages ne sont pas constans.

Articulations. Les cartilages aryténoïdes sont articulés par la face concave de leur base avec les éminences supérieures de la portion sigillaire du cartilage cricoïde, et entre eux par leur lace plane interne.

Usages. Les aryténoïdes jouissent d'une grande mobilité. S'ils se renversent en arrière ils allongent et tendent les cordes vocales j s'ils se portent en avant, ces cordes sont relâchées 5 la glotte se resserre quand les aryténoïdes se rapprochent , et elle s'élargit lorsqu'ils s'écartent.

Ligamens. Les aryténoïdes sont attachés avec le cartilage cricoïde par une capsule lâche , qui permet des mouvemens en arrière, en avant, et sur les côtés, en glissant, comme par une espèce de diartlirose , sur les facettes convexes de l'extrémité supérieure de la portion sigillaire du cricoïde.

Ils peuvent aussi se mouvoir l'un contre l'autre, n'étant réunis que par deux capsules lâches et par des ligamens croisés , antérieurs et postérieurs , forts mais flexibles, et assez longs pour faciliter les mouvemens de ces cartilages , moyennant l'action des muscles si heureusement disposés pour l?s mouvoir.

Attaches des muscles. Les aryténoïdes donnent attache aux muscles aryténoïdiens , par leur face postérieure ; aux thyro-aryténoïdlens , par leur face antérieure j aux crico-aryténoïdiens latéraux, par la partie

externe de leur base; aux crico-aryténoïdiens postérieurs , par la partie postérieure de leur base.

Remarques. Les cartilagesdu larynx, quoiquesouples et flexibles dans la première jeunesse, ont cependant assez de solidité pour résister aux compressions extérieures, Cjui autrement occasionneroient très-souvent la suffocation. Ils sont en même temps articulés entr'pux et ont la plus grande mobilité, leurs articulations étant pourvues de capsules humectées par un suc synovial.

Combien les mouvemens de ces cartilages doivent être rapides dansun homme qui parle, ou qui chante, puisque les cordes vocales sont si souvent tendues et relâchées, et que la glotte est tantôt agrandie, et tantôt rétrécie par le rapprochement ou par l'écartemcnt de ces mêmes cordes; ce qui a lieu par l'approximation ou par l'éloignement des cartilages aryténoïdes du tyroïde, et par le rapprochement ou l'écart'"ment des cartilages aryténoïdes entr'eux !

Chez les vieillards, les mouvemens des cartilages étant difficiles, par rapport à leur induration, ainsi que par celle de leurs ligamens , la voix est gênée, casse, foible. Dans la jeunesse, au contraire, toutes ces articulations étant très - souples , les musc es , (jui meuvent les cii tilagcs avec les cordes vocales jouissant de toute leur irritabilité, et les nerfs d'une très-grande sensibilité, la voix doit être très-flexible et bien modifiée.

Bordeu rapporte l'histoire de la perte de la voix par la luxation d'un cartilage aryténoïde , luxation qui fut sans doute occasionnée par une excessive conlraction de quelqu'un des muscles qui s'y attachent.

Les cartilages du larynx ont été rongés par des ulcères (i) des parties molles qui les revêtent, et même par la carie survenue immédiatement en eux, comme l'ont prouvé sur-tout les ouvertures des corps de ceux qui ont éprouvé, après des maladies vénériennes, des difficultés d'avaler et de parler. Le docteur /r«77^er rapportoit dans ses leçons l'observation d'un homme qu'on crovoit phthisique, mais qui fut guéri , une toux lui ayant l'ait expectorer un corps solide, qui fut reconnu dans la suite appartenir au cartilage crii.oïde (3ette observation a été citée par Cruickshank{:i).

J'ai vu les cartilages thyroïde et cricoïde , coupés en travers dans les animaux, se cicatriser bientôt; chez des hommes qui Rvoient le larynx coupe pnr un coup de sabre, la réunion s'est faite aussi heureusement et en peu de temps (3).

(0 Haller, Sist. anat. med. de Lieutaud, t. Il, p. 277, obs. 67. (a) Atwt. des vaisseaiu: absorb. p. 277.

<?,\ ^mbroise Paré, le père «le lu chirurgie française, a rapporté des eicMipies Ue plaies de ces cartilages et de leur guérison.

DE LASPLANCHNOLOGIE.

Les cartilages du larynx s'ossifient avec l'âge et quelquefois avant la vieillesse, à l'exception ceiienJant de l'epiglotle qui coa- «erve toujours à peu près sa flexibilité.

De la g-lotte.

C'est ainsi qu'on appelle l'ouverture qu'on voit à la partie interne du larynx, lacjuelle s'étend du milieu de la face interne du thyroïde à Ja face antérieure des cartilages aryténoïdes , et qui est bornée de chaque côté par les deux ligamens supérieurs et les deux inférieurs.

Figure. Cette ouverture est oblongue et étroite , mais plus antérieurement derrière le cartilage thyroïde , où les extrémités antérieures des ligamens se touchent toujours, qu'à la partie postérieure, vers les cartilages aryténoïdes, où les ligamens sont toujours plus écartés, lors même que les aryténoïdes, auxquels ils sont attachés j se touchent. Cet écartement est bien, plus grand lorsque les cartilages aryténoïdes sont portés sur les côtés par les muscles destinés à cet usage.

higamens. Des quatre ligamens qui forment la glotte, et qu'on appelle aussi les cordes vocales, deux sont supérieurs et deux inférieurs (i). '

Les supérieurs , un peu plus longs qtïe les inférieurs , viennent du tiers supérieur du milieu de la face postérieure interne du cartilage thyroïde;, ils sont , en cet endroit tellement rapprochés l'un de l'autre, qu'ils paroissent continus 5 chacun se porte, en descendant un peu ^ au cartilage aryténoïde

(i) C'est à tort qu'on a tlonnô la découverte de ces ligamens inférieurs à Runge ^ puisque plusieurs anatomistes, et particulièrement Arajttins ^ les avoient connus; cependant Kiijiire * les a plus exactement décrits. Cet aiiatoinisle croyoit que c'étoit par eux que les sons aigus étoient formés, et qiie les ligamens. supérieurs formoient les sons graves.

* Du voce ejusqjie orgaids. Leiilco, in- 4", 1753.

55o ANATOMIE MEDICALE,

de son coté , et s'y attache à la partie supérieure de sa face antérieure.

Les ligamens inférieurs de la glotte sont aussi attachés aux cartilages aryténoïdes , et antérieurement ils adhèrent au cartilage thyroïde , cinq à six lignes plus bas que les ligamens supérieurs.

Figure et structure des ligamens. Les quatre ligamens de la glotte sont larges, grêles et plats comme des bandelettes ; ils sont formés de fibres longitudinales, unies par des gaînes de tissu cellulaire mince, serré , et recouvert par la même membrane qui tapisse l'intérieur du larynx , mais qui est naturellement très- mince sur les ligamens de la glotte.

Remarques. L'ouverture de la glotte est plus large lorsque les cartilages aryténoïdes sont écartés l'un de l'autre 5 elle est rétrécie, presque effacée, lorsque ces cartilages se rapprochent par leurs faces internes, Dodart disoit qu'alors elle étoit entièrement effacée (1); ce qui n'est pas cependant parfaitement exact, les cordes vocales ne pouvant jamais être assez rapprochées postérieurement pour se toucher immédiatement : les ligamens de la glotte sont d'autant plus tendus, que le cartilage thyroïde est renversé en avant, et les aryiéiioïdes en arriére.

L'ouverture de la glotte est proportionnée à l'amplitude du larynx, de sorte que chez les hommes grands et gros la glotte est plus ample que chez ceux qui sont petits et grêles. Son ouverture reste en général très-petite jusqu'à l'âge de puberté ; mais, à cette époque, elle acquiert en très-peu de temps une amplitude remarquable. On assure que ceux qui ont été mutilés dans l'enfance par la castration, ont toujours la glotte rétrécie (2). Riolan croyoit que les femmes avoient l'ouverture de la glotte plus pelile que' les hommes (3) 5 et cela est vrai en général , parce que leur larynx est ordinairement moins ample.

C'est dans la glotte que l'air qui sort des poumons par l'ex-

(1) Acad. des sciences, 1700,

(2j Voyez les Observations de Richerand, bien connu des physiologistes i Société médicale d'émulation , t. III , p. 336.

(3) Voyez l'article des Muscles du. larynx , t. II ; Pt mon mémoire sur les 31aladies de la voix, Société mcdicule d'émulation, 1. 1.

DE LA SrLANCHNOtOGIE. 55t

piration devient sonore, et forme la \oix. On ne peut douter decette vérité , puisqu'une ouverture à la trachée-artère , qui détourne l'air de la glotte, supprime la voix.

Pour rendre raison de cette admirable et étonnante fonction de la glotte, qui peut être rétrécie ou dilatée par l'action des muscles , on l'a comparée à l'anche d'une flûte, d'un tuyau d'orgue ou autre instrument à vent (i).

On a aussi remarqué, dans ces derniers temps, que les ligamens de la glotte étoient susceptibles de vibrations, et l'on n'a pas douté qu'elles ne fussent la cause des sons. En effet , lorsqu'on.. pousse de l'air dans la trachée-aitôre d'un animal ou d'uncadavre humain avec quelque force , et qu'on éloigne le cartilage thyroïde des arytéiioïdes (ce que les muscles du larynx peuvent et doivent naturellement faire ) , on voit les vibrations de ces ligamens ou cordes vocales, et l'on entend un son qui a> toujours quelque rapport à la voix de l'animal sur lequel on fait l'expérience : d'où l'on peut établir que la glotte est noa seulement un instrument à vent mais même à corde, comme l'a soutenu le célèbre Ferrein (2) avec autant de force que de justesse; opinion cependant qui n'a pas manqué de trouver des contradicteurs, à la tète desquels étoit le célèbre Bertin (3). Cependant les expériences de Ferrein^ que j'ai réitérées, m'ont; offert les mêmes résultats, soit au collège de France, soit à l'Académie des sciences (4) ' d'où il résulte que la voix est d'autant plus aiguë que la glotte est plus rétrécie , et que les cordes vocales font des vibraiions plus fréquentes; ce qui a lieu lorsqu'elles sont plus grêles et plus fortement tendues par leur muscles : dc-là vient que les enfans ont la voix plus aiguë que les adultes , et encore plus que les vieillards. Les femmes du même âge qui ont le larynx moins ample et la glotte plus petite que les hommes , ont aussi la voix plus grêle. Les contractions trop fortes des muscles de la voix ont pu seules occasionner tout-à-coup le muétisme, qui a aussi quelquefois subitement cessé.

(0 Galie.n , De usu parf.iiiiii, et, deimis, presque tous les anatoinisCrs ; Dodart sur-tout , Acaîi. des sciences, 1700.

(2) Voyez les Mémoires de l'Académie des sciences, 1.741 ; une tli^se Bouteuuc |)ar Monlagiiat : An. vox humana à sonoris fidibus , pleclro pneuviatico oriatiir'i Affirmât, 1744, in-4*'. etc.

(.')) Lettre a.ii'D.sur le nouveau , Système de la voix. A la Ha va, 17.^. yn-'à°. . j /t »

(4) J'ai réitéré ces expériences, aidé tle Pierre Portai, à TAcailémie des sciences, en présence au dernier empereur et de riuipérntrice de Russie, .-dors le comte et la comtesse du Nord. Voyez \e Recueil de nos mémoires , t. II, et nos Jijpt^rienccs physiologiques au collège de inaucu, 1771..

— ^ „^ ^ ^ ■^••«. -t. JJ i C. A i, ii j

On peut trouver, dans l'ëlat morblfique, de nombreuses preuves de 1 opinion des anatonjistes modernes sur la formation naturelle de la VOIX. La glotte est-elle abreuvée de beaucoup de sérosité, de mucosité, comme dans certains catarres, où la voix devient rauque , s afioiblit et s'éteint? est-elle au contraire privée de son humidité naturelle, comme cela, a lieu dans les inflammations, où la voix devient très-aiguë? C'est ce qui arrive dans l'esquinancie , comme Joseph de Jromatariis (i) l'a remarqué. C'est ce qui survient dans la phthisie pulmonaire , confirmée ou imminente ; et souvent même cette maladie est -elle annoncée par un cliangeinent de voix , long-temps avant qu'elle se manifeste par d'autres signes.

Les gonflemens qui se forment dans les parties internes du larynx , par les maladies de ses glandes, de sa membrane interne , de ses vaisseaux sanguins, peuvent considérablement clianger la Toix. Elle devient voilée, sombre, casse, dans les affections gangreneuses de cet organe, et lorsqu'il y a quelque iafiltraticn Ticieuse qui abreuve et relâche les cordes vocales ; elle est aiguë dans les maladies convulsives, les contractions des muscles de la voix devenant alors trop fortes et trop fréquentes.

La manière avec laquelle l'air est porté du poumon au larynx, moyennant la trachée-artère, doit aussi influer singulièrement sur la voix. Ceux qui ont des poumons bien conformi's et logés dans une ample poitrine, ont en général la voix plus forte que ceux qui ont de petits poumons et luie poitrine étroite. Les malades atteints d'un commencement d'infiltration dans les poumpns ont la voix grave, rauque même, ainsi que ceux qui ont dans ce viscère des congestions de mauvaise na'.ure, sur-lout des foyers de pus. Alors l'air n'est expulsé qu'imparfaitement ; la colonne de ce fluide , qui n'est poussée contre les cordes vocales que par unefoible et lente expiration, ne peut les vibrer que légèrement, et elles ne peuvent alors imprimer à leur tour aux molécules de l'air que de très -petites et de très-lenles vibrations, qui ne produisent que des sons foibles et mal organisés.

Les vices de la trachée-artère doivent aussi influer sur la formation des sons. On sait qu'elle se rétrécit j^ar les conctractions des fibres transversales de sa bande musculaire postérieure , et que la trachée-artère étant rétrécie , la célérité de la colonne d'air ^ui va frapper les cordes vocales est augmentée.

Mais si la trachée-artère étoit élargie par l'effet du relâchement de ses fibres musculaires , l'air n'étant plus alors poussé assez

(^i) Disp. de labie contagiosa. Venet, 1626, 111-4".

DE LA SPLANCIINOLOGIE. 553

forlement contre les cordes vocales pour les vibrer, la voix deviciulroit grave, rauque, ou même s'éteiudroit.

Les diverses affections morbifiques du larynx , de la trachéeartère, et des poumons, peuvent donc singulièrement influer sur la formation des sons dans la glotte. Sans parier encore des différences qu'il doit y avoir dans la voix relalivement à la nature de l'air, n'est-il pas plus sonore quand il est bien pur, que lorsqu'il est chargé de corps étrangers? dans l'hiver que dans l'été? quand il est sec que lorsqu'il est humide? 11 doit certainement y avoir de grandes différences à cet égard relativement à la formation ou cà l'émission des sons.

La cavité de l'arrière-bouche et de la bouche , tantôt allongée et tantôt raccourcie, et tantôt dilatée , et tantôt resserrée dans toute son étendue , uniformément, ou plus ou moins, en quelques endroits seulement, en augmentant ou diminuant l'intensité de la voix , la rend plus ou moins aiguë , plus ou moins grave ; et leurs altérations morbifiques doivent, ainsi que celle des voies nasales y occasionner nécessairement de grandes différences dans la voix.

La formation des voyelles dépendant principalement de la plus ou moins grande dilatation de la glotte , de l'arrière-bouche et de la bouche, et sur-tout de l'écartement plus ou moins grand des lèvres , il n'est pas douteux que les maladies qui troublent cette harmonie n'empêchent qu'elles ne soient mal prononcées. La formation des consonnes par la luette, le voile du palais, la langue, les cavités nasales, n'a pas lieu , ou se fait d'une manière imparfaite lorsque ces parties sont malades , et encore plus si quelques-unes d'elles manquent entièrement ou partiellement par un vice de naissance , ou par suite de quelques maladies.

Enfin , pour parler d'une manière moins vague , nous dirons que ceux qui ont la luette rongée par quelque ulcère ne peuvent prononcer la lettre i{; que ceux qui ont le voile du palais fendu semblent mettre des SS à chaque mot; que ceux qui ont les voies nasales bouchées ne peuvent prononcer convenablement les lettres iW, iV; que ceux qui, au lieu d'abaisser la poiate de la langue pour prononcer le /* , la relèvent , prononcent le T; enfin que ceux qui ont les muscles orbiculaires des lèvres jiaralysés ne peuvent pas bien prononcer les P, etc. Mais si ce» lésions particulières ne produisent que l'altération ou la suppression de ([uelqucs sons, c-lles qui ont leur siège dans le larynx changent la nature de la voix ou la suppriment. Les maladies convulsives la rendent très-aiguc , entrecoupée, rapide, et les nialadiers comateuses ou paralyticjues l'affoiblissent ou l'éteignent. On peut rapprocher de cet article nos remarques sur l'action dos muscles et bur celle des nerfs.

554 A N A T j&^l lE MÉDICALE, ^ Plusieurs enfans sourds de naissance , réputés muets quoiqu'ils émissent des sons, à la mérité non organisés, sont parvenus â prononcer des lettres, des mots, à parler même dès qu'ils ont connu la manière dont il falloit qu'ils contractassent uu relâchassent les muscles de la langue , ainsi que ceux de la bouche , en élevant ou abaissant plus ou moins le larynx, vite ou lentement, etc. Je pourrois, à ce sujet , citer d'heureux exemples.

Mais quelle patience et quelle habileté ne faut -il pas pour une pareille éducatio*h ! Un jeune garçon de neuf à dix ans me fut adressé de Namur, il y a deux ou trois ans. Il étoit sourd et réputé muet; cependant il rcndoit quelques sons non organisés. Nous concertâmes, son instituteur et moi^i), qu'après l'avoir instruit des signes par lesquels les sourds rendent leurs idées et répondent aux questions qu'on leur fait, on lui feroit comprendre que la formation de telle ou telle lettre dépendoit de l'ampliation plus ou moins grande de la bouche, des lèvres, de leur mouvement plus ou moins rapide, ainsi que de ceux de la langue , de l'élévation ou de l'abaissement du larynx , de l'expiration plus ou moins forte, etc. etc. , et qu'une fois qu'il seroit instruit de ce mécanisme par une imitation de son maître, il pourroit parvenir à la prononciation de quelques lettres et à la modification de divers sons, co qui, a été si heureusement fait par cet habile instituteur, que quelques mois après il me ramena ce jeune enfant , qui me salua en me disant à très-haute et intelligible voix : bon..> Jour... mon... sieur... For... tal. J'ai vu cet enfant quelques mois après, et je l'ai entendu prononcer plusieurs autres mots. M Salvan l'a conduit à l'Institut où il a décliné un nopi , conjugué les trois premiers temps d'un verbe, et lu à haute Toix quelques phrases manuscrites. Ce fait me donne lieu de croire qu'on pourra parvenir à faire parler un très-grand nombre d'cnfans sourds de naissance, qui ne parlent pas, non parce qu'ils sont muets, mais parce qu'ils ne savent pas se servir des instrujnens de la parole qui ne sont pas viciés. Cette éducation ne seroit-elle pas une extension bien précieuse de celle des signes que V&hhé de l'Epée et M. Sicard, ont portée, dans ces derniers temp^, à un si grand degré de perfection? L'abbé Salvan croit, et je le crois aussi , que sur cent enfans sourds de naissance et réputés muets, on pourroit parvenir à en faire parlêr plus de quatrevingt-dix : ce qui prouve combien est avantageux l'art enseigné et mis en pratique, d'abord par Pierre PontiuS) bénédictin es-

(i) M.^rt/ra/i, élève de l'abhé de VEpée, adjoint de mon célèbre et «'siiniablc confrère l'abbé iikaidj\ ui'anicuu ce jeune jnalatle pour lueconsulter sur sa santé.

DE LA SPLAlSfCHNOXOGIE. 555

pagnol , par Ramirès (le Cardon , et ensuite par JValUs , Amman ^ Perdra., etc. etc. (i), et aujourd'hui dans des établissemens publics à Berlin et à Vienne (2).

Des ventricules du larynx.

Situation et figure. La nature a formé deux cavités remarquables de chaque côté dans le larynx, entre les ligamens de la glotte ou les cordes vocales j elles sont de forme parabolique.

Divisions. Oq peut y considérer quatre faces et deux extrémités 5 la face supérieure est formée par la bande ligamenteuse supérieure de la glotte j la face inférieure par la bande ligamenteuse inférieure : la face latérale externe répond au cartilage thyroïde du larynx , et l'interne à la glotte : celle-ci est plus rétrécie 5 de ses extrémités, l'une est antérieure, et l'autre est postérieure.

Capacité. Les ventricules du larynx sont si petits dans les fœtus, qu'on peut à peine les apercevoir; ils sont plus profonds dans les enfans^ plus développés dans les adultes , et beaucoup plus amples chez les vieillards. Je les ai examinés dans divers animaux , et j'ai remarqué en général qu'ils sont très-profonds dans ceux qui rendent uu son fort grave , comme dans le bœul', etc.

Structure. Les ventricules du larynx , dont les parois sont en partie cartilagineuses et en partie ligamenteuses , sont recouverts par la membrane commune du larynx , laquelle est, à cet endroit, pour-^ vue de glandes lymphatiques. On y voit les orifices

(1) Voyoï Hallor, Elément, physiol. t. III, ctVHist. de l'anat'.an. surl'ail de Jaire parler les muets , t. VI , p. 557.

(2) M. l'abbé Sicard a. aussi fait parler quelques enfans sourds de naissance et réputés muets. Il s'occupe aujourd'hui à perfectionner et à répandre cet art utile.

556 ANATOMIE MÉDICALB,

de quelques lacunes , desquelles découle une matière viqueuse plus ou moins abondante.

Remarques. Galien leur a donné le nom de ventricules du larynx , et les a décrits. Eustachi^ Pineau^ Casserins , eu ont aussi parlé (i). Cependant des anatonjistcs qui lui ont succédé, le plus grand nombre n'a fait aucune mention de ces ventricules ; Morgagnien a en quelque manière réhabilité la découverte (2). Ces ventricules sont pleins d'une humeur gliitineuse chez ceux qui sont morts de suffocation après des catarres , des maladies de poitrine ; ils sont remplis de sérosité écumeuse dans les noyés , et souvent on y a trouvé des corps étrangers qui s'y étoient insinués , et avoient donné lieu à la suffocation. Ces corps étrangers peuvent aussi s'arrêter à l'ouverture de la glotte et l'oblitérer : ou ils la franchissent , et descendent plus ou moins bas dans la trachéeartère, selon leur volume et leur poids (3).

Dans plusieurs individus <[ui avoient craché du vrai pus, on a reconnu , par l'ouverture du corps , uue vraie exulcération de la membrane des ventrifcules du larynx et des parties voisines , sans qu'il y tût aucune trace de pus dans les bronches ni dans les poumons j mais très-souvent ces parties, ainsi que le larynx et la trachée-artère , sont à la fois affectées d'érosion (4).

De la membrane interne et des glandes du larynx.

La membrane qui tapisse la trachée - artère , le larynx, les ventricules et les cordes vocales , est continue , et est tissue de corps glanduleux bien distincts les uns des autres; il y a' en outre deux glandes bien apparentes , situées, l'une à droite et l'autre à gauche, dans la face antérieure des cartilages aryténoïdes ; elles ont la figure d'un L romain. Morgagni les a connues sous le nom de glandes ary-

(1) Voyez, dans Morgagnj : De sed. et caus. morb. lib. H, episi. XV, art. M , des observations furieuses sur des attoclious morbifaques dont la eause paroissoit résider dans les ventricules du larynx.

{2) Adversar. anat. t. VII.

(••5) Voyez les mémoires de Louis «ur l'opération de la broiicUotoinie , t. IV, p. 44.'5- (4) De vocis organi vitiis^ lib. XIV, cap. XII.

r> E LA SPLANCHNOXOGIE. 55'/

ténoïiliennes. Il y a aussi des glandes dans les ventricuies du larynx, (jui se voient quelquefois Irès-manifestement.

Vaisseaux et nerfs du lar^ynx. Les artères thyroïdiennes et les veines du même nom se répandent dans le larynx , ainsi que les branches des pharyngées , des linguales et des vertébrales on peut aussi y distinguer des vaisseaux lymphatiques. Quant aux nerfs, ils viennent du glosso-pharyngien, du tronc du nerf vague , principalement des nerfs récurrens et aussi du grand nerf sympathique.

Kemarcjues. Galien a d'abord parlé des glandes du larynx d'une manière vague , mais, par succession de temps , elles ont été mieux connues et mieux décrites. Carpi et Charles Etienne ont insisté particulièrement sur les glandes de l'épiglotte 5 Verrheyen et Morgagni ^ sur celles des cartilages aryténoïdes.

Ces glandes versent une humeur onctueuse , synoviale , qui entretient la souplesse et la mobilité de diverses parties du larynx. Elle les garantit des effets de l'air qui passe sur elles, tant en entrant pour l'inspiration qu'en sortant par l'expiration.

Les glandes du larynx sont sujettes aux engorgemens dans les catarres; elles s'engorgent aussi par vice scropliuleux ou vénérien. On les a trouvées engorgées seules dans des sxijets issus de parens morts de la phtliisie pulmonaire , et qui auroient vraisemblablement péri eux-mêmes de la même maladie. Dans d'autres espèces de phlhisies pulmonaires , les glandes du larynx ont été aussi trouvées affectées avec celles du pouKionj quelquefois celte allérationu a paru être secondaire à celles des glandes lymphatiques du poumon, et d'autres fois primitive. J'en ai vu qui avoient acquis le volume d'un pois, et dont plusieurs étoient atteintes de suppuration, et aussi avec érosion des parties voisines, même des c irdes vocales, avec un commencement d'érosion de l'épiglotte et de carie des cartilages' du larynx.

Cep sortes de phthisies laryngées ont ordinairement une marche très-lente , quoique souvent avec des quintes de toux cruelles et très-longues; mais enfin , pour l'ordinaire, le poumon termine par

(1) Vovz nos Obsaiv. sur la phlhisie pulmonaire. Hov^apiù , ^nat. med. epiji. JiLi.ll, ait. aj.y

ANATOMIE MÉDICAI.T

s'altérer secondairement , et alors la maladie fait des progrès bien plus rapides.

Les vaisseaux sanguins du larynx sont si apparens après quelques vives inflammations , que toute sa membrane interne est d'un rouge plus ou moins foncé , quelquefois comme si le sang étoit exiravasé dans son tissu. On y a observé des espèces àViémorroïdes , par suite de l'inflammation , ou sans inflammation qui eiit précédé, lesquelles ont été indiquées par des crachemens de sang presque périodiques, effets de la pléthore locale , après des suppressions de saignemens de nez , d'hémorroïdes, etc. Les crachemens de sang quj sont la suite de ces espèces d'hémorroïdes laryngées ou trachéales , sont beaucoup moins dangereux que ceux qui dépendent des vices du poumon ; cependant ils le sont beaucoup , non pas par rapport à l'évacuation du sang qui a lieu , mais parce que ces hémorragies , devenues presque liabituelles , terminent souvent par diminuer ou par se supprimer : d'où résulte bientôt une pléthore locale , qui se fait ressentir dans les poumons , et donne lieu à la phthisie pulmonaire.

La membrane interne du larynx et de la trachée-artère est quelquefois le siège d'une érosion qui fournit des crachats purulens , qu'on peut croire sans raison provenir des poumons. Mais ces espèces de phtliisies laryngée et trachéale ne sont pas si dangereuses que la véritable phthisie puhnonaire, quoiqu'elles le soient encore beaucoup : aussi les auteurs citent-ils quelques exemples de leur heureux traitement.

L'inflammation de la membrane du larynx donne lieu à une espèce d'esquinancie qui exige des saignées d'autant plus abondantes et répétées, que l'inflammation est vive '. mais quelquefois cette membrane est gonflée par un excès de sérosité ou d'humeur gluante, muqueuse, comme dans les rhumes et dnns les catarres : et alors rarement la saignée est nécessaire ; plus fréquemment même elle est nuisible , sur-tout s'il y a des signes de putridité , comme le disent les praticiens. Alors les glandes bronchiques elles-mêmes sont engorgées de pareille humeur 5 ce qui produit la difficulté de respirer , le changement de la voix , qui devient plus ou moins rauque , la difficulté de cracher d'abord , à laquelle succède une abondante expectoration , surtout quand un léger mouvement de lièvre accélère l'excrétion de cette humeur catarrale.

Cependant quelquefois cette humeur s'épaissit à un tel point , qu'il en résulte ime fausse membrane plus ou moins épaisse et dense , qui adhère plus ou moins intimement aux cordes vocales et au reste de la cavité interne du larynx et de la trachée-arlère : d'où proviennent des toux violentes , l'oppression , et la mort par la suffocation.

Ï)E LA SrLATÎCHNOtÔGIE. 6S<)

On a vu des malades qui avoient rendu par les crachats des . portions considérables de fausses membranes , qu'on avoit prises sans raison pour des fragmeris de la vraie membrane interne du larynx ou de la trachée-artère (i).

Les enfans sont très- sujets à un mal de gorge provenant de l'épaississement de l'humeur laryngée , appelé le croops par les Anglais , et que MicJiaelis a nommé ajigina mcmbranosa. Cet te maladie est extrêmement dangereuse, et d'autant plus, que les enfans ont l'ouverture de la glotte très-petite.

Les vomitifs sont ordinairement les seuls remèdes contre cette espèce d'angine , qu'il ne faut pas confondre avec celle qui est inflammatoire , dans laquelle ils seroient mortels ; il ne faut pas non plus confondre celle-ci avec les maux de gorge qui surviennent fréquemment dans les printemps et dans les automnes chauds ou pluvieux, et qui sont souvent réunis à des fièvres putrides: les vomitifs , le quinquina , les amers et les purgatifs, sont alors les meilleurs moyens curatifs.

Quels soins et que de lumières le médecin ne doit-il pas apporter dans l'administration des remèdes dans ces diverses espèces d'esquinancies , puisque ceux qui sont utiles dans l'une seroient meurtriers dans l'autre !

Il y a peu de temps que l'anatomie a donné quelques notions sur le siège et les espèces de ces maladies , quoique les médecins eussent bien distingué les maladies inflammatoires de ces organes , de celles qui ne le sont pas (2).

Ce ne sont pas seulement des concrétions membraneuses qui se forment dans le larynx en particulier et dans les voies aériennes en général 5 il s'y forme aussi de vraies concrétions polypeuses , qui sont plus ou moins grosses , et qui adhèrent à leurs parois • des malades en ont rendu des portions plus ou moins considérables par l'expectoration , et plusieurs même ont terminé par périr de suffocation (3).

On a trouvé, à l'ouverture de leur corps, de pareilles concrétions adhérentes par un ou plusieurs pédicules à la membrane interne du larynx ou de la trachée-artère.

Il ne faut pas confondre le$ concrétions polypeuses qui se for-

()) Riiyscli, Thes. anat. a cité l'exemple de l'excrétion ,1'nnc portion «le la membrane interne des voies aériennes. J^ernage, Marco relie en ont ius'^enrnaTurelkr" '''' '^"^ ^«"^r^^tions ineuibranci»«es

(2) Voye7 Mornagni, De scd. et caus. viorb. lib. V, Be addehd. evUt anat. med. LXIII, art. i5, 16, 17. e/Jiif.

(^) Voyez nos Obser,'. sur la phihisie pulmonaire. Voyez aussi plus ba« nos Remarques iiatholotriquen sur le poumon. ' *

S6o A N A T O M I E MÉDICALE, nient dans le larynx avec les engorgemens des glandes laryngées , qui ont lieu , comme nous l'avons déjà dit , dans les phtliisies scrophuleuses on vénériennes.

Il n'y a point de partie plus sensible que la membrane interne du larynx et de la tracliée - artère : divers rameaux de nerfs dont on a précédemment donné la description, s'y répandent après s'être dépouillés d'une partie du tissu cellulaire qui les revêt ; ce qui fait qu'ils sont très-susceptibles de sentir les plus légères impressions des corps étrangers qui s'insinuent dans le larynx.

Le contact de l'air froid excite la toux -, une goutte d'eau qui pénètre les voies aériennes pendant la déglutition , donne lieu à des quintes convulsives , et elles seroient bien plus violentes si , au lieu d'une liqueur douce , c'étoit une liqueur acide , comme le vinaigre ou autre stimulant , qui s'y fût insinuée , ou encore plus si (juclc[ues corps durs pénctroient les voies aériennes , comme des parcelles d'alimens solides , mais sur-tout s'il s'y introdulsoit des corps étrangers non digestibles.

Il est vrai que la toux à laquelle l'irritation de ces corpg donne lieu tend à en déterminer l'expulsion , qui a lieu quand ils ne sont pas extrêmement adliérens à leurs parois , ou qu'ils ne sont pas trop pesans pour pouvoir êlre soulevés par l'air qui sort des poumons pendant l'expiration : mais ce résultat n'est pas toujours aussi heureux. Combien de fois n'a-t-on pas été forcé de faire une ouverture à la trachée-artère , la broncholoraie , ou plutôt la tracliéotoniie , pour donner issue à des corps éti-angers , soit que l'air la favorise en les soulevant vers l'ouverture artificielle , soit que le chirurgien l'achève par leur extraction! et «lônie , en pareil cas, il ne faut pas trop attendre de recourir à la plus salutaire des opérations, et qui est toujours sans danger.

Comme les nerfs de l'organe de la voix sont nombreux et qu'ils communiquent encore avec un si grand nombre d'autres qui se répandent en diverses parties du corps, la voix peut êlre affectée, non seulement dans les maladies qui sont propres à son organe, mais encore dans beaucoup d'autres qui ont un siège très-éloigné. Elle est en général plus aiguë, plus intense dans les maladies convulsives , plus grave et moins forte dans les affections soporeuses. L'une et l'autre affection des nerfs , portées à un certain degré, peuvent produire l'extinction de la voix; et les mêmes maladies de la voix peuvent quelquefois provenir de causes qui paroissent opposées (j ). Le développement des parties génitales , à l'âge de

(0 y^phonla paralytica , qui a souvent lieu dans ceux qui sont atteints de quelque ail'ectioii apoplectique ou paralytique , comme l'ont si souvent

DE LA SPLANCHNOLOGIE. 56l

puberté (i), produit un changement de voix remarquable 5 elle étoit aiguë et grêle, et devient plus ou moins grave : c'est pour la conserver dans le premier état qu'on a imaginé de pratiquer la castration.

Les filles et les femmes hislériques sont sujettes à éprouver des changemens étonnans dans la voix (2) , et quelquefois une aphonie complète. Les ivrognes perdent souvent la voix jusqu'à çe. que leur ivresse soit passée, et sans doute par l'effet de la compression qu'éprouTent dans le cerveau les nerfs qui fournissent ceux delà voix : ce qui a lieu tant que la pléthore vineuse des vaisseaux cérébraux continue. On a cependant vu qu'à force d'ivresses répétées, l'aphonie avoit été permanente, et presque toujours avec une telle foiblesse d'esprit , que de pareils sujets étoient dans l'imbécillité, et même dans la démence la plus complète , souvent dans un âge peu avancé. Les jeunes filles ont quelquefois une aphonie complète ou incomplète à l'approche de leurs règles, ou parce qu'elles ne sont pas réglées. J'ai vu l'aphonie survenir à des femmes qui av oient cessé d'être réglées 5 d'autres ont eu, le reste de leur vie, une voix très-foible. Les maladies du poumon sont fréquemment annoncées par des maux de gorge opiniâtres, quelquefois avec des changemens singuliers dans la voix , tels que les malades paroissent avoir celle de quelque animal, principalement des loups ou des chiens : ce qui a fait donner à cette maladie le nom de lychantropie ou de cynanthro-. pie. Quelques personnes n'ont perdu que quelques tons de leur voix , qu'elles ont quelquefois terminé par recouvrer (3).

observe les praticiens; elle a eu lieu dans une femme k la suite de ses couches; je l'ai traitée avec succès ; elle joiiissoit au reste d'une parfaite santé. Uaphonie convuhive a été remarquée dans des femmes liistériques', et dans des personnes qui avoient l'ait de grands efforts de la voix. J'ai obscné aussi l'aphonie dans deux hommes par suite de la colique des peintres ; et en pareil cas , soit dans celle produite par les convulsions , soit dans celle qui tient de la paralysie, on ne trouve souvent , à l'ouverture des corps, aucune alfection niorbilique remarquable dans les organes <lc la voix ni dans les voies de la respiration.

(1) Voyez ce que j'ai dit plus liaut dans les Remarques sur la glotte.

(2) Voyez, dans mon Mémoire sur.les affections de la voix , l'histoire d'une femme qui eut , dans son temps critique, une telle affection de la voix, jqu'elle sembloit aboyer comme un chien , et qu'elle rendoit sourent de piireils sons involontairement, maladie de la voix qui m'a paru dépondre (le la convulsion des muscles , et que des remèdes adoucissans et relàchan* ont guérie. Mém. de P Institut , t. II.

(3) On en trouvera nn exemple remarquable dans notje Jllémoire sur quelques maladies ds la voix; Mém. delà Société médicale d'émulation

S6'Z AKAtOMlÊ MÉDICALE,

On n'est pas surpris quand on connoît la communication des nerfs récurrehs avec les plexus pulmonaires, que ces nerfs soient plus ou njoins molestés dans les maladies du poumon ; que les nerfs de la voix soient aussi affectés dans les maladies du cerveau, l'apoplexie, la paralysie , l'épilepsie ; que les coups à k tète, qui troublent la pensée, l'imagination, la mémoire, soient aussi souvent accompagnés d'une telle affection des nerfs de la voix, que les malades rendent les sons les plus singuliers , quelquefois d'après leur imagination déréglée.

Hippocrate^ qui avoit si bien interrogé la nature pour connoître les maladies et pour les mieux traiter , a tiré de grandes lumières des divers changemens de la voix. S'éteint-elle dans une fièvre aiguë avec des syncopes et des," lypothimies? c'est un signe mortel , s'il ne survient de la sueur 5 mais si cette excrétion a lieu , la maladie sera longue. Si la voix s'éteint après un frisson , et qu'il survienne un tremblement, l'aphonie est favorable. Si un homme qui jouit d'une bonne santé vient à éprouver un mal de tête et à perdre subitement la parole , il meurt dans l'espace de sept jours, à moins qu'il n'ait la fièvre : alors il peut guérir. Le méutisme qui survient dans les maladies soporeuses est du plus mauvais augure.

Combien ces maximes sont importantes ! Ce que nous venons de dire suffit pour faire connoître les correspondances que l'organe de la voix a avec les diverses parties du corps.

Jûe la glande thyroïde.

Situation^ C'est ainsi que l'on nomme ce corps glanduleux , qui occupe la partie antérieure et moyenne du cou. Il est placé devant l'extrémité inférieure du larynx , et devant les trois ou quatre premiers cartilages de la trachée-artère 5 il recouvre les muscles tyro-liyoïdiens, les crico-thyroïdiens , et il est recouvert par les muscles sterno-thyroïdiens , sterno-hyoïdiens , omo-liyoïdiens , et par le muscle peaucier.

Figure. Ce corps glanduleux, considéré par son

t. I. On y trouvera aussi d'autres faits qui intéressent le traitement des iMaladies de la voix : on y verra qu'on l'a rendue tantôt par des exciians, et tantôt par des remèdes contraires.

DE LA SPLANCHNOI.OGrE. 563

bord supérieur, a la forme irrégtilière d'un croissant , dont les côtés s'éJèvent en manière de cornes qui recouvrent une partie du cartilage thyroïde ; il paroît composé de deux parties réunies qu'on pourroit comparer à deux lobes : ce qui avoit fait croire à Vesale qu'il y avoit deux glandes thyroïdes. Eus,» tachi a dit qu'elle étoit divisée en deux lobes.

Volume. Ce corps glanduleux est en général plus considérable chez les femmes que chez les hommes , sur- tout dans celles qui ont fait plusieurs enfans ou qui ont eu des acouchemens laborieux.

Structure. Le tissu de ce corps glanduleux est rougeâtre , et l'on n'en connoît point la structure. Quand on le coupe par le milieu , on y découvre plusieurs cellules plus ou moins grandes (i), et qui communiquent ensemble. Ces cellules contiennent une humeur onctueuse plus ou moins abondante ; observation qui a sans doute donné lieu aux anatomistes d'attribuer à la glande thyroïde des canaux excréteurs qu'ils n'ont jamais vus. Morgagiii conjectura que cette glande en étoit pourvue d'un qui s'ouvroit dans la trachée-artère ou dans le pharynx (2}. Heister pensoit qu'elle avoit deux canaux excréteurs qui aboutissoient dans le trou cœcum de la langue , et divers anatamistes s'en sont rapportés aux opinions de ceux que nous venons de citer ; mais il est à craindre que la nature ne leur ait point révélé ses secrets.

' J'ai cherché très-souvent ces prétendus canaux excréteurs sans pouvoir les découvrir : ce n'est que par l'analogie qu'on a supposée entre la thyroïde et les

(1) Elles ont été décrites par Morgagni. Adversar. anat. t. III.

(2) Suivant Galien^ la glande thyroïde verse une humeur dans le larynx qui lubrifie ses cartilages et facilite la voix : De us» partium corporU , lib. VU.

autres glandes , qu'on les lui accorde ; mais en anatomie on ne doit admettre comme réel que ce qu'on peut bien voir et démontrer.

Remarques. La thyroïde est susceptible d'un grand accroissement , et sa substance peut s'altérer diversement. Le gnî;re y a son siège , quelquefois sans aucune aliération , dans les glandes lymphatiques qui y sont inhérentes. J'ai trouvé ces dernières landes pleines d'une substance stéatomateuse , la glande thyroïde tant parfaitement saine.

Dans ceux qui sont véritablement atteints de goitre , c'est la glande thyroïde qui est gonflée , et souvent pleine d'une humeur stéatomateuse, de couleur et consistance différentes j comme je m'en suis plusieurs fois convaincu par la dissection.

J'ai trouvé la totalité de la thyroïde endurcie comme un cartilage, d'autres fois seulement altérée dans son centre , et quelquefois à sa circonférence 5 j'y ai aussi trouvé des concrétions qui ressembloient à de vraies ossiffications.

Les vaisseaux sanguins et lymphatiques de la glande thyroïde sont souvent alors plus dilatés; les veines sanguines y paroissent quelquefois variqueuses ; et même dans l'intérieur de cette glande on trouve quelquefois une matière noirâtre , comme du vrai sang veineux un peu concret.

Les altérations de la thyroïde existent quelquefois seules , sans qu'il y ait aucune affection morbifîque , ni dans les glandes , ni dans les vaisseaux lymphatiques des différentes parties du corps. Cependant les maladies de la thyroïde sont réunies fréquemment à celles du système lymphatique.

Le goitre réside donc toujours dans la glande thyroïde ; c'est sans raison qu'on lui a donné le nom de hronchocèle. On a trouvé dans des sujets qui étoient morts de suffocation, les cartila£;es thyroïde , cricoïde , et les anneaux cartilagineux de la trachéeartère , rongés par la carie , à la suite d'un abcès dans la thyroïde. Valsalva^ Morgagni^ Lieutaud (1), ont cité de pareils exemples dans leurs ouvrages.

Les habitans des vallons , au bas des Pyrénées et des Alpes , sont très-sujets au goitre. Sonl-ce les seules eaux de neige qu'ils boivent qui en sont l'unique cause, ou n'est-ce pas aussi l'humidité de l'air, et les fréquentes variations de l'athmosphère én chaud et en froid , mais toujours avec plus ou moins d'hu-

(1) Hist. anat. tnad. t. ÏI, p. 3o3.

CE LA SPLANCHNOLOGIE. 565

Eiidiié ? Les alimens incrassans dont ces habitans usent assez souvent ne concourent-ils pas encore à produire cette maladie ? Ce qu'il y a de certain , c'est qu'elle peut provenir de plusieurs autres causes. Elle est survenue à des femmes après des couches y à d'autres après une suppression de règles , de fleurs blanclies. ■Lieiitaud a cité l'exemple d'une fille qui fut atteiate d'un goître après la suppression de ses règles , occasionnée par la peur du tonnerre qui tomba près d'elle. Tontes ces causes font sans doute que le g(3Ître est plus fréquent chez les femmes que chez les hommes , comme Morgagni (i) l'a remarqué.

On cite plusieurs exemples d'cxtirpalioii partielle et même totale de la glande thyroïde (2) ; les disciples de Desscult parlent d'une pareille opération faite par cet habile chirurgien.

(1) De sed. et caus. morb. Epist. L, art. 3/.

(2) J H. Freytag nous en a transmis un exemple : ^nat. pathol, Ludwig. p. 19.

Fin du quatrième volume.

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