X> E LA K É V R O L O G I E
Lg rameau interne du frontal passe par-clessus la poulie du grand oblique^ et fournit des lilets dont nuelnues-uns se réfléchissent sous le périoste de i orbite ; d'autres se rendent à la face interne du muscle orbiculaire des paupières, aux muscles du nez, - à l'occipito-frontal, vers le milieu du front (i); il y en a nn qui communique avec la branche nasale (2).
Le rameau externe du nerf frontal se relève en sortant de l'orbite, pour s'insinuer dans l'échancrure , ou dans le trou surcilier : je l'ai vu quelquefois double; aussi y avoit-il alors deux trous surciliers ou deux échancrures , ou un trou et une échancrure. Ce rameau externe qui est, à proprement parler, le vrai nerf frontal, fournit plusieurs fdcts à la portion du muscle qui recouvre le front.
De ces filets , les uns se portent dans la région temporale, les autres montent sur le sommet du
(1) J'ai vu dans un enfant , après une légère piqûre au frout avec la pointe d'un couteau , une coriviil^>iori considérable de la paupière supérieure , qu'une légère incision faite sur le lieu de la piqilre fit cesser : la paupière supérieure conserva ensuite ses mouveniens naturels.
(2) Et comme celle-ci communique avec le ganglion lenticulaire qui fournit la plus grande partie des nerfs ciliaires , il n'est pas étonnant que chez ceux qui ont eu des blessures au-dessus des orbites, de uiaaiùre que quelques brandies internes ou externes du frontal aient été affectées, l'œil lui-même ait été altéré. Les observations à'' Hippocrate y de Caincrarius ^ de Morgagni ^ rapportées par Sabatier ^ et d'autres qu'on pourroit citer à l'appui de celles-là , l'ont bien prouvé. Mais puisque l'œil peut souffrir de pareilles affections externes des nerfs par les correspondances qu'il a avec eux , ne pourroit-on pas au>si , par la même raison , lorsque l'œil est malade , employer utilement des frictions , dis commotions, des irritations de ces nerfs externes, pour exciter les nerfs internes des yeux ? Des observations de Vasalva y encore^ citées par Sabatier , semblent le prouver.
Crâne; il y en a qui communiquent avec le nerf*
frontal de l'autre côté. Quelques filets de ce rierff ^
se répandent aussi sur le muscle orbiculaire, et corn-, f
înuniquent avec ceux de la première branche de> \ ce même nerf frontal dont nous avons parle.
L'un des rameaux les plus constans de la branche: ||
externe du nerf frontal est celui qui communique; ^
avec des rameaux supérieurs du nerf facial (i). ^
Le jier£ lacrymal est quelquefois une production dui s
frontal, comme f^'inslow i'o. observé ; mais c'est fort; ^ rare : il sort ordinairement du tronc même de i'opli--
thalmlque de ff^i/lzs, se porte vers la glande lacry— ^
maie , en serpentant le long de la paroi externe de; j
l'orbite et du muscle droit externe de l'œil ; il parvient^, j. en se relevant , sur le corps gangllforme lacrymall auquel il donne des filets, dont quelques-uns le? traversent et forment aussi d'autres filets qui s'insi—
nuent dans un ou deux petits trous de l'os de la pom— ^ mette. On suit quelquefois ces petits nerfs dans le?
muscle crotaphite : il y en a un qui se réunit avec: ^
un filet du facial ; d'autres parviennent à la portioni ^
externe du muscle orbiculaire des paupières. 11 y ai ^
Tin filet qui se réunit avec un rameau que la deuxième? j
branche des trijumeaux ou le maxillaire supérieur" ^
envoie dans l'orbite par l'échancrure spliéno-maxil- j
îairc. Un autre filet se détache de ce nerf avant: ^'
d'arriver à la olande lacrymale, et il va se distribuer: ^ à la con)'onctive.
(i) On voit, par cette distirbution des nerfs sur le front, ett ^ «ai- leur connnimication avec ceux des yeux, et même du nez,, pourquoi une compression forte sur l'écliuncrure surciliaire peuti ' faire perdre la vue; pourquoi, pendaut la migraine, une douce; friction peut diminuer les douUurs ; pourquoi l'éternument a; qutlqncfois lieu après des irritations des branches du frontal ; pour- ^ quoi, dans des maladies de« yeux, des topiques sur les pau-'j pières paroissent avoir de très- bons effets.
DB LA KÉVUOLOCIB. 169
Le nerf nasal (i) est presque aussi gros que le frontal. Parvenu dans l'orbite, il se place entre la piemière brandie de roculo-musculaire commun et le nert* optique ; il se porte vers l'angle interne de l'œil, passant îjous le muscle releveur de la paupière supérieure, et sous le droit supérieur de l'œil , auquel il donne quelques filets. Ce nerf s'insinue ensuite sous le muscle grand oblique, et se rend au trou orbitaire interne et antérieur ; mais , avant d'y an iver, il fournit un où deux filets au nerf optique, qu'on peut suivre très en avant sur la sclérotique (2).
Le nasal donne sous le muscle grand oblique une branche courte et assez grosse, laquelle concourt à former conjointement avec le rameau delà branche inférieure de l'oculo-musculaire commun , qui se distribue au muscle petit oblique , \q ganglion appelé lenticulaire , quoiqu'il ait quelquefois la forme d'un petit carré , décrit par Zinnias et par Meckel , et aujourd'hui connu de tous les anatomlstes.
Ce ganglion est un des plus petits qu'on connoisse dans le corps humain ; il est placé au côté externe du nerf optiqxie , et songent il se trouve immédiatement sous le miîscle droit externe, plus ou moins loin du trou optique. La couleur de ce ganglion est d'un gris rougeâtre ; sa figure est celle d'un carré long, convexe vers le muscle droit externe de l'œil, et concave vers le nerf optique : divers rameaux nerveux proviennent du bord antérieur de ce ganglion , et la plupart se répandent dans le globe de l'œil qu'ils péîiètrent en divers endroits. Ces nerfs , ainsi que le ganglion, sont recouverts d'un tissu cellu-
(1) Naso-palpébral , Chaussier,
(2) N'est-ce pas par ce filet qu'on peut expliquer pourquoi Ton éternue quand les yeux sont frappés d'uae vive lumière ?
A Jf A T O M I E M É U I c A i E, J
.laire plein dégraisse, dont il n'est pas lacilo déle-''^ séparer.
De cesmêmesnerfsprovenantdu ganglion, quelquesuns fournissent des filets au nerf optique même a d'autres se répandent dans le globe de l'œil , en# se soudivisant en nouveaux filets j de sorte qu'aprèaf ^' quelques lignes do trajet à travers la sclérotique qu'ils percent de dehors en dedans , il y a dix ot douze de ces filets nerveux qui parviennent sur laface extérieure de la choroïde : ces filets se glissenîtl entre ces deux membranes de l'œil, la sclérotique^ et la choroïde , et se rendent au grand Lord dul corps ciliairc qu'ils pénétrent en se divisant encore r en d'autres plus petits filets.
Ces nerfs ont été appelés nerfs cilîaîres par dess anatomistes qui ont remarqué qu'ils étoient répanduss sur la face de l'iris, et qu'ils se tcrminoient danss les procès ciliaires : ils ont avancé que ces nerfsS ^ formoient les lignes blanchâtres qu'on y voit j mais^ une structure aussi subtile a échappé à nos recher çhes.
Indépendamment du rameau qui concourt à former le ganglion dont il vient d'être question, le3 nerf nasal fournit encore deux ou trois autres petitss rameaux qui se répandent sur le nerf optique, et se joignent aux nerfs ciliaires communs.
Le nerf nasal se divise en deux rameaux près dui trou orbitaire interne et antérieur (i) , dont l'un pénètre ce trou conjointement avec une petite artère? fournie par l'oplithalmique ) il va dans le crâne aprèss avoir parcouru ce canal court et étroit, formé par
(t) C'est par ces nerfs que l'on explique pourquoi l'œil s'enflamme quelquefois à la suite des plus légères contusions sur lai partie interne et supérieure de l'orbite.
IDE LA NÉVROI-OGIE. 1/1 coronal et par l'os ethmoïclej passe ensuite par lente etliinoïdale , et redescend dans le nez, le 3ng de la lace interne des os carrés, pour se perdre^ u bout du nez, en se réunissant aux rameaux du nerf icial, comme Ce? r^//z//i l'a bien remarqué. Quelques uteurs ont assuré (i) que des rameaux de cette ranclie nerveuse se réunissoient avec quelques filets u nerf olfactif; mais plusieurs des anatomistes Qodernes qui ont fait des recherches suivies à cet ■gard, n'ont pu voir assez exactement cette réunion )Our l'admettre (2).
L'autre rameau passe au-dessous de la poulie, et burnit quelques filets au muscle grand oblique, à a conjonctive, à la caruncule lacrymale, au sac acrymal, à la portion interne du muscle orbiculaire les paupières, aux muscles des sourcils et au frontal; :es filets s'anastomosent avec le facial et avec le rierf ious- or bi taire.
Remarques. Les filets nerveux que le ganglion lenticulaire répand ;ur le nerf optique et qui parviennent dans l'uvée établissent une correspondance entre elle et la rétine; ce qui fait que la pupille se resserre lorsqu'une lumière trop vive affecte la rétine : et sans doute que si certains animaux voient dans l'obscurité , c'est qu'ayant plus de sensibilité dans la rétine , il leur faut une lumière moins vive pour l'exciter.
Si dans certaines dispositions on ne peut distinguer les objets que dans les lieux peu éclairés, c'est qu'il y a trop de sensibilité dans la rétine , et la pupille est alors dans un état continuel de contraction ! au contraire , quand il y a peu de sensibilité dans la rétine, la pupille est toujours plus dilatée, et alors une quantité plus grande de rayons lumineux pénètre dans l'œil : lorsque la rétine a entièrement perdu sa sensibilité , comme dans la goutte sereine , la pupille eçt très-dilatée, et son ouverture n'est pas alors toujours circulaire,
(i) Particulièrement Winslow , des Nerfs ^ 11° /p , filets du nerf olfactif sur la lame cribleuse.
(3) Sabqtlcrj t. m, p. 314.
l'J-l ATIATaM*IE MÉDICAîLK,
Dans quelques maladies , la sensibilité de la rétine eiti tellfUK nt exquise , qu'jil y a des personnes qui voient dans l'obs-i curité aussi clairemwit que le commun des liomines y vhit plein jour-, tels sont souvent les liydrophobes , les maniaques.; les phréiiéijqi.ies ^ quelquefois même des individus atteints d«! fièvres ma'if^aes ou autres, comme j'en pourrois citer des exem-i pies que j'ai recueillis dans ma pratique.
Le nerf frontal communiquant avec le lacrymal et celui-ci avec le ganglion lenticulaire , on n'est pas étonné qiio dans certainetN migraines ou autres douleurs de tèle qui ont leur siège dan» le cuir chevelu, les yeux rougissent, s'enflamment, que lea larmes coulent, ou quelqu 'fois (|ue les malades ne puissent plusi percevoir l'impression de la plus foible lumière, et que les paU' pières soient pesantes , engourdies, ou qu'elles soient agitées pan des mouvemens involontaires.
On n'est plus étonné que des personnes ayent perdu la vue aprè! lin coup ou à la suite de la piqi^re du nerf frontal.
On n'est pas surpris non plus quand on connoit les comuni cations du nerf frontal avec le facial, qu'à la suite des piqûresi de ce nerf il y ait des convulsions des muscles de la face , dey trlsmes , etc.
Si les maux se transmettent par les nerfs , on peut aussi leuir porter du soulagement par ItiS mêmes conducteurs. On a faitt cesser des migraines par de douces frictions du front ; des douleurs, des convulsions des yeux, ont été guéries, en frottantt les tempes avec de la teinture d'opium , ou même par une mouche» d'opium sur le trou surcilier.
Deuxième branche des ?ierfs trijumeaux.
Nerf maxillaire supérieur (i).
Cette branche forme un angle plus aigu aycc lai première branche ou rophthalmique qu'avec la troi-sième ou la maxillaire inférieure ; elle est plus grosse; que la première branche , mais moins que la troisième : :
(.) Ainsi nommé par iVmslow ^ Lievtaud, Sahader^ Bojer}; branche sus-maxillaire, Cliaiissier.
DB LA NÉVIVOLOGIE.
île marche de derrière en nvant et de dedans en elîors, pour gagner le grand trou rond du spliétioïde u moyen du;[viel elle soi i du crdiie. A peine en st-elL-^ sortie qu'elle founiit un rauicau qui s'insinue ans l'orbite le long <[u bord supérieur de Ja lente ihéno-maxillaire , le(juei donne des iilots à queltpies arties con renues dans Torbite , et fournit deux r.mclies , dont l'une s'unit avec un rameau du nerf acrymal , avec lequel il sort de l'orliite par un des rou's de la pommette , pour communiquer avec quelues filets du facial. L'autre branche pénètre la fosse smporale par la portion orbitaire cle l'os de la pommette , et va s'anastamoser avec une branche du nerf" naxillaire inférieur. Ils répandent conjointement ivers filets dans les muscles crotaphites, et comruuliquent avec le facial.
Après avoir fourni ce rameau, le nerf maxilaire supérieur s'avance vers l'ouverture postéieure du canal sous - orbi taire , et donne, avant le s'y insinuer , deux ou trois rameaux subalernes qu'il est très -essentiel de connoître. Ces raneaux se rapprochent, s'unissent, et aboutissent à m ganglion triangulaire rougeâtre, placé au côté iiterne du trou spliéno-palatin dans la fosse zygonaiique. Ce ganglion a été découvert et décrit par Meckel j anatomiste de Berlin, en 1747. Trois raneaux sortent de ce ganglion 5 le sphéno-paladn de ;a partie interne, le vidien de sa face postérieure, le oal-atin-postérieur de sa portion inférieure.
Le nerf sphéno-palatin pénètre dans les fosses nasales par le trou du même nom , et répand des rameaux dans la portion de la membrane pituitaire qui revêt a partie postérieure et supérieure de ces mêmes Ibsses. Ce nerf donne une branche qui^ de Ja partie postérieure de la paroi supérieure des Ibsses nasales, se porte à la cloison de leur cavité, et de là dans la yoùte palatine eu traversant le trou
iy4 A N A T O IVI î E M i D I C A t è,'
palatin antérieur, et va se terminer à la membrane
qui la tapisse (i).
Le nerf vidien s'insinue dans le canal creusé {
la base de l'apophyse ptérygoïde , et fournit , en
le parcourant, quelques filets qui parviennent danjijL,
la membrane qui tapisse l'arrière- bouche vers le:!
trompes EustacJii principalement. Parvenu à l'exv
trémité postérieure de ce canal, il se divise en deuj^
rameaux : l'un supérieur > plus petit, qui entre dan
le petit orifice de la face antérieure du rocher , appeU
hiatus Fallopii y pour pénétrer l'aquéduc, et dans ce ^
canal s'unir au tronc du facial. Le rameau inférieur"
beaucoup plus gros que le précédent, passe par L!
conduit carotidien, conjointement avec le nerf qui
communique avec l'oculo. - musculaire externe et 14f 1 -V- 1 • > • • 1 11''
2;rand neri sympathique, et s unit aussi avec ce cler-f
mer a peu de distance du ganglion cervical supérieur:
s'il ne va se jierdre dans ce même gan^^ilon.
La troisième branche du ganglion spheno-palatin la plus gi^osse des trois, ou le -nerï palatin y descend au-devant de l'apophyse ptérygoïde, parvient dam le canal palatin postérieur, et fournit, avant d'y pé? nétrer , deux ou trois petits nerfs qui passent paî les trous accessoires de ce canal palatin postérieur et qui vont se distribuer au voile du palais et à sê?: divers muscles. Le tronc du nerf palatin descenc. dans le conduit palatin postérieur, et parvient dan.i la bouche , oi-i il se divise en deux filets principaux l'un interne et l'autre externe. L'interne rampe h( long du voile du palais , et lui fournit des filets ; l'externe parcourt le sillon de la face interne de; alvéoles siq^érieures , et fournit des filets au tissus des gencives.
Le nerf maxillaire supérieur donne encore, avani
iiti
(i) Cene branche a ^fé découverte par Cotunni. Chaiissiec lui donne le nom àsnerf naso-palatin.
J) E LA N É V A O t 0 G I e; 1^5
le pénétrer le conduit sons-orbitaire , denx ou trois •aineaux qui se glissent dans des conduits creusés lansla paroi postérieure du sinus maxillaire, et se soulivisent à proportion qu'ils s'éloignent du tronc qui es a fournis ; quelques-uns se perdent dans la mem- )rane qui tapisse le sinus maxillaire , d'autres par- 'ienncnt dans les racines des grosses dents molaires. y est d'après cette distribution des nerfs dans les lents, qu'on les a nommés dentaires; ceux-ci ont les nerfs dentaires postérieurs , pour les disînguer des nerfs dentaires antérieurs, fournis par e tronc même du maxillaire supérieur. Ce tronc >arcourt le canal sous-orbitaire ; et , parvenu à sa[ )artie antérieure, il donne une branche qui fournit es nerfs dentaires antérieurs . Cette branche descend e long de Ja paroi antérieure du sinus maxillaire; ^lle fournit un filet de communication avec le nerf lontaire postérieur , et ensuite se divise en plusieurs ilets qui vont se rendre aux petites molaires, aux :anines et aux dents incisives. Le tronc sort par le rou sous-orbitaire, et forme une espèce de pate l'oie dont plusieurs filets se distribuent dans la lèvre upérieurej quelques-uns parviennent aussi dans la )aupière inférieure, et il y en a qui s'unissent avec me ou deux branches du nerf facial.
Kemnrqurs. On volt dans cette distribulîon de nerfs comment les douleurs de dents ;l la mâchoire supérieure occasionnent une ensation douloureuse , que les malades rapportent ])rofondément lans les os do la face , et qui est accompagnée d'enflure aux )aupières , aux joues , an nez et à la lèvre supérieure.
On voit pourquoi qiiel(|uefois l'inflammation primitive des )arties que nous venons dénommer, et la migraine même, sont ccompagnées de douleurs très-vives aux dents }
Pourquoi encore , lorsqu'une dent est gâtée , on sent de la Couleur dans d'autres dents voisines , ou même dans celles de 'autre càlù de la bouche 5
Pourquoi ceux qui ont des ulcères au palais ou à la lèvrs «iipérieure éprouvent des douleurs au nez ;
Ij6 AKATOMIE MÉDICALE,
Pourquoi la douleur des dents est quelriuefois si vive, qu'ell«^ »e transmet au-dessus des orbites, avec des mouvemens Conviilsifs des muscles dos paupières et des lèvres , et avec de cruelles douleurs , qui s'éteudciit jusque dans la région temporale , où les. nerfs du facial et la seconde brandie des trijumeaux se répandent.
C'est par celte communication des nerfs de la face avec ceux de la bouche qu'on a cru pouvoir expliquer comment le vice vénérien contracté par un baiser lascif se transmettoit au gosier,, et comment il s'y l'ormoit des ulcère» dans les parties molles ett la carie dans les os.
L'engorgement ou'l'inflammation de la membrane pituitaire quii ^ tapisse le sinus maxillaire , produisent une douleur générale daasi les diverses parties de la face et un gouflement du globe de l'œil.
Une longue impression douloureuse d'une dent peut occasionneri souvent des contractions fréquentes et habituelles de quelques», uns des muscles des lèvres, qui se fortifient ainsi plus que Ifursi antagonistes : de là viennent des rétractions inégales ; ce qui faitt que les coins de la bouche ne sont plus dans le même niveau,, t;t que l'un est plus élevé que l'autre.
Dans les apoplexies et affections paralytiques , un effet con traire peut survenir aux muscles de la face ; ils peuvent éprouvtrt un tel relâchement, que les paupières et les lèvres soirnt consi-. dôrablement abaissées , que les paupières supérieures descendendl au point de couvrir le globe de l'œil , et que la lèvre supérieure» couvre, l'ouverture extérieure de la bouche : ces relàchemens sonti quelquefois les avant-court-ius ou lessuitesdes maladies soporeuses*
UfS observations ont prouvé que les blessures du nerf maxiU luire su|;érieur avoient été suivies de la paralysie des muscles de lai bouche du côté opposé.
De Haën et Petit ont fait avec succès la section du nerf maxil laire supérieur à s i sortie du canal sous-orbitaire, contre des douleurs de la face avec des convulsions des muscles. Cette sectiono n'a pas été aussi heureuse, au rapport de Sabatier ^ dans unsi autre circonstance.
T) s LA KETROL OGIE.
Troisième branche des trijumeaux.
Nerf maxillaire inférieur (1).
C'est la pins considérable des branches des nerfs trijumeaux. Elle parvient au trou ovale du sphénoïde de derrière en avant, et en s'inclinant de dedans en dehors , sans fournir aucun rameau à la dure-mère, comme l'ont remarqué Haller^ Lobstein et autres, contre l'opinion de plusieurs anatomistes , et notamment de Lieutaud (2) , qui ont souvent pris des vaisseaux de cette membrane pour des nerfs.
Cette grosse branche , à peine sortie du crâne par le trou ovale du sphénoïde , est placée près du mnscle ptérygoïdien interne. Elle fournit ordinairement quatre rameaux principaux , dont quelquesuns sont quelquefois réunis hors du crâne en un seul tronc ; mais quelquefois aussi ces rameaux sortent tous séparément de la branche maxillaire inférieure : ils ont reçu leurs noms des parties dans lesquelles ils se distribuent principalement; ces rameaux sont le massétérieri y les temporaux y le buc~ cinnteur y le ptérygoïdien,
1°. Le massétéjien passe sur le bord externe du muscle grand ptérygoïdien , s'insinue entre le petit ptérygoïdien et le tendon du crotapliite , répand quelques lilets très-petits vers la capsule articulaire de la mâchoire inférieure, dont quelques-uns parviennent à la partie inférierire et interne du muscle crotaphite , et d'autres se distribuent dans la j^land© parotide j et il se termine dans le muscle massëter.
(1) Ainsi iippelé par la plupart des anatomistes : branche maxillaire .) Chaussier.
(2) Toni. I , p. 624.
l^S ANATOMIE MÉDICALE,
2". Les temporaux sont distingués en profonds et en superficiels. I^es rameaux profonds (i) proviennent quelquefois d'un ou deux troncs, ou du massétérien , ou du buccinateur, ou de ces deux nerfs à la fois j ils parviennent au muscle crotaphite , pour y répandre divers filets , parmi lesquels on en remarque un qui communique avec un filet externe du nerf lacrymal,
Î)rès de la fente spbéno-maxillaire : il y a de nombreuses variétés dans la distribution comme dans l'origine de ces nerfs temporaux profonds.
Les temporaux superficiels (2.) sont distingués des^ autres par leurs ramifications , qui se distribuent aux parties Içs plus extérieures de la tête 5 mais ils tirent leur origine de la branche maxillaire inférieure , ainsi que les nerfs temporaux profonds., Quelquefois leur tronc est commun à ces derniers j; je les ai vus , tantôt au nombre de deux branchesi Lien distinctes, et tantôt au nombre de trois. L'une d'elles, qui est constante, marche de dedans en dehors, pour s'insinuer entre le condyle de la mâchoire inférieure et le conduit auditif externe, auquel elle fournit des filets dont quelques- un&s pénètrent l'os temporal.^
D'autres filets superficiels se répandent sur l'oreille, externe , d'où ils se portent fort au loin jusque sur la face antérieure de cet organe cartilaginomembraneux , et dans la peau qui le revêt.
Vers cet endroit une des branches du temporall superficiel donne deux rameaux remarquables ,, si elle ne les a fournis plus haut, ou si ces rameaux ne proviennent séparément du tronc dejs temporaux profonds, ou s'ils ne viennent du maxil laire même.
(1) Temporo-musculaires , Chaussier.
(3) Temporal cutariv-, ibid.
DE XA NÉVROLOGIJS. 17^
De ces deux rameaux, l'un assez court, se dirige vers le tronc du facial, en sortant du trou stylo-mastoïdien et communique avec lui : l'autre monte sur les tempes le long de la partie antérieure de l'oreille , à laquelle il donne divers petits filets 3 il se place sur l'aponévrose du muscle crotaphite sous la peau qui la revêt, en lui fournissant quelques autres filets, et en accompagnant les branches de l'artère temporale. Parvenu vers la partie supérieure des tempes, ce rameau, divisé en plusieurs filets, communique par quelques-uns d'eux ivec un rameau du facial, et avec un autre de la seconde paire des cervicaux (i).
3°. Le nerf buccinateur (2), l'un des plus gros des •ameaux du maxillaire inférieur , sort de son tronc lans l'endroit où il est légèrement contourné^ il Dasse entre les deux muscles ptérygoïdiens, et fournit uelquefois les temporaux profonds , et même le masétérien, ensemble , ou l'un d'eux seulement ; on l'a m lui-même être une branche de l'^in de ces nerfs : e qui fait que son tronc est plus ou moins gros. Ce nerf, en passant entre les muscles ptéryo-QÏiens , leur fournit des filets j il en donne aussi^ au muscle crotapliite , qui se perdent dans sa partie in- ■érieure et interne 5 il se porte ensuite au muscle Duccinateur, dans lequel il se répand en se divisant lans ce muscle en plusieurs autres filets qui s'écartent m forme de pate d'oie. On peut suivre quelques-uns l'eux dans les muscles triangulaire , canin dans la louppe du menton, dans les graisses des joues, dans es lèvres ; on suit encore un ou deux des filets de ce - lerf sous les veines labiales , où ils se soudivisent m d'autres filets y dont les uns descendent en accom-
(1) Voyez Haller, Elément, physiol. t. I , p. 220.
(2) Buccal Boyer. Bucco-labial , Chaussier.
l8o ANATOMIE MÉDICALE,'
pagnant ces veines , et les autres remontent en suivant d'autres veines.
L'un de ces filets se réunit, sur le masséter, à un filet du facial, et de cette réunion proviennent divers , autres petits nerfs qui se rendent encore dans les | muscles de la commissure des lèvres j et dans la peau j qiii les recouvre. J'ai aussi quelquefois suivi l'un de ^ ces nerfs jusque sur le triangulaire , où il se réunissoit , avec un filet du tronc du nerf maxillaire inférieur, près de sa sortie du trou mentonnier. D'autres j filets résultant de la réunion du nerf buccinateur et , du nerf facial , remontent en accompagnant les ar- ] tères et les veines de la lèvre supérieure , et se portent sur les parties latérales et inférieures du nez ; on peut les voir se réimir avec des filets de la seconde j brandie des trijumeaux. Plusieurs de ces filets' ner- j veux paroissent se perdre dans les tuniques des 5 vaisseaux sanguins , quelquefois après les avoir long- j temps accompagnés, placés à côté d'eux ou après ] les avoir entourés. , ^ 4° . Le nerf ptéry goïdien (1) est le plus petit et le plus | antérieur des nerfs que le tronc du maxillaire inférieur fournit. Supérieurement il passe entre le petit ] ptérygoïdien et le muscle péristaphylin externe, ou j le contourné du voile du palais ; il fournit des filets \ nerveux à ces deux muscles , en donne aussi plusieurs li au muscle grand ptérygoïdien où il se perd. si Indépendamment des rameaux fournis par le a maxillaire inférieur, à sa sortie du c^âne , le tronc i de ce même nerf produit, au rapport de Winslow (2), ti d'autres filets dont en particulier va gagner le ^ trou ptérygoïdien , où il se joint avec un filet du nerf
(i) Ptérygo-musculaire , CJiaussier.
(a) Traité des nerfs , n° 64.
DE LjL NÉVROLOGIE. l8l
maxillaire supérieur , et continue sa route pour aller se répandre dans la membrane pitmtaire.
' Après avoir fourni les rameaux que je viens de décrire, le nerf maxillaire inférieur, considérablement diminué de grosseur, marche de derrière en avant, de haut en bas et de dedans en dehors, entre le muscle ptérygoïdien interne et le ptérygoïdien externe : il se divise ordinairement entre ces muscles (i), et quelquefois après en deux rameaux , dont l'un antérieur et interne , qui se porte à la langue , est appelé le nerf lingual , et l'autre , postérieur et externe , qui eri paroît la continuation, par sa grosseur et par sa direction , s'insinue dans le canal de la mâchoire inférieure.
Le nerf lingual y peu après sa sortie du maxillaire inférieur , reçoit quelquefois un ou deux rameaux du même nerf: quelques anatomistes l'ont appelé le petit hypoglosse (2,) , pour le distinguer de la neuvième paire de JVillis ou du nerf grand hypoglosse , notre onzième paire ; le lingual fournit deux ou trois petits filets au ptérygoïdien interne , en passant à côté de lui.
Au-dessous de ce muscle , en s'approcliant de la lani^ue , le linsual est considérablement aupmeuté de grosseur par un nerf qui , par sa réunion avec lui, ibrme un angle aigu dont la pointe est tournée vers la langue. Ce nerf, fourni par la portion dure de la septième paire , se réunît avec le lingual après avoir passé par la scissure appelée ordinairement de Glaser , et après avoir traversé la caisse du tambour (3).
(1) Winslow, Des nerfs ^ n° 65.
(2) Winslow , idem.
(3) C'est par ce nerf qu'on explique le» rapports de la langue •ves l'oreille.
iSa A N A T O M I E MÉDICALE,
Le nerf lingual, après cette réunion, est placé» ' entre la mâchoire inférieure et le muscle grand pté-- ^ rygoïdien ; il s'insinue entre les muscles mylo-hyoï- ^ dien et le stylo-glosse, passe sur la glande maxillaire,, ' à laquelle il fournit divers iilets dont queloues-unss ^ réunis forment un petit ganglion (i) , duquel éraa- ^ nent d'autres petits filets qui pénètrent la mêraei ' glande : il a la forme et le volume d'une petite len- ^ tille ; il paroît un peu rétréci et à peu près divisé» \ dans son milieu
Après cela, le nerf lingual devient plus antérîeurr ^ et plus interne ; il est placé près du canal excréteurr ^ de la glande sublinguale, fournit à cette même? ' glande des filets nerveux, se divise, au-dessous,, ' en quatre ou cinq filets qui la pénètrent latéra- ' lement , en se distribuant d'abord dans les mus— ' cles^ stylo - glosse et génio - glosse pour se perdre? ^ après dans le corps même de la langue , dirigés^ ' les uns vers la pointe , et c'est le plus grand nombre ' les autres vers la base , quelques-uns vers le trou^ cœcum : divers filets vont aux papilles , et d'autres? 1 se réunissent manifestement avec des filets de l'iiy— poglosse. Meckel et d'autres anatomistes ont déjai vu cette réunion , et nous l'avons fréquemment!; démontrée ; mais nous n'avons jamais vu aucune; ' communication du nerf lingual avec des filets dui ' nerf vague , comme quelques anatomistes disentt ' l'avoir observé.
Le nerf maxillaire inférieur qui est descendu ài ' côté du lingual entre les deux muscles ptérygoïdiens,, rampe ensuite entre le grand ptérygoïdien et la mâ*clioire inférieure , se recourbe , et remonte iin peut '•■ pour pénétrer l'orifice postérieur du canal maxillaire;; " après avoir donné un rameau qui se loge dans leî i
0) Qu'on peut appeler maxillaire : Sabatier , t. III, p» 246--
DE LA N^éVROrOGIE. lOD
sillon creusé sur la face interue de la partie latérale du corps de l'os maxillaire iulérieur ius([ue vers l'angle de cet os, d'où il se rend à la glande maxillaire, aux muscles mylo-hyoïdlens et dans l'extrémité antérieure du muscle dii^astrique , après avoir jeté quelques iilets au périoste de la mâchoire inférieure et aux glandes suhlmguales , et dont quelquQS-uns se réunissent aux fdets fournis par le lingual à cette glande.
Le nerf maxillaire inférieur s'insinue dans le conduit de l'os maxillaire inférieur , accompagné de l'artère et de la veine maxillaires, en donnant quelques filets au tissu spt)ngieux de cet os 5 il fournit aussi , à proportion qu'il en parcourt le canal , des filets aux racines des dents , lesquels pénètrent leur cavité intérieure, et se répandent sur la membrane qui les tapisse , accompagnés par une artériole et une petite veine , filets qui soiU d'autant plus nombreux, que ces dents ont plus de racines.
Ordinairement le nerf maxillaire inférieur , en parcourant le canal , fournit aux deux ou trois dernières molaires; arrivé vis-à-vis le trou mentonnier, il fournit une branche qui continue à se porter dans le canal , et donne des filets nerveux .aux racines des deux premières dents molaires , de la canine , des deux incisives. La même distribution ayant lieu de l'autre côté de la mâchoire , il en résiilte une distribution complète de filets nerveux pour toutes les racines des dents inférieures.
Ensuite le nerf maxillaire inférieur sort par le trou mentonnier , et se divise en un grand nombre de rameaux qui vont se distribuer au muscle carré du menton, au triangulaire, aux extrémités inférieuresdes muscles zygomatique et buccinateur, et à la houppe de Lieutaud ^ au muscle orbiculaire, et à la membrane de la lèvre inférieure ; enfin à la peau
l84 A NATO M IK. MÉDiCArE,
du menton : ce nerf se réunit par quelques filets avec la branche inférieure du facial. j
Remarques. Ne peut-on pas, quand on connoît la distribution des nerfs que nous venons de décrire , quand on connoît leur* ' communications avec l'hypoglosse , avec le facial , expliquer pour-i? quoi les maladies de la langue sont si souvent accompagnées de celles des oreilles; pourquoi l'irritation des nerfs de la face est suivie d'un flux de salive; pourquoi un emplâtre d'opium sur les tempes, sur la partie latérale du menton, appaise les donleurs de dents ; pourquoi la brûlure ou la section de quelque» nerfs extérieurs de la face produit quelquefois la cessation des plus vives douleurs de dents , des convulsions des lèvres ; pourquoi le cancer des lèvres, de l'inférieure sur-tout, se propage si facilement dans la bouche, et notamment dans les glandes. On peut voir ce que Camper et Monro ont dit à cet égard. Monro, J)e$ nerfs , art. 89 et 90.
"VI. Du nerf oculo-musculaire externe, — • Sixième paire de fVillis (1).
C'est, après roculo-musculaire interne, leplusgrCIe des nerfs provenant de la moelle allongée. 11 n'est pas cylindrique, mais un peu aplati en forme de' ruban j il tire son origine du cerveau , par deux racines, dont Tune vient du corps pyramidal de la moelle allongée, et l'autre de la protubérance annulaire, mais SI près Tune de l'autre, que quelquefois elles paroissent d'abord ne provenir que d'une de ces parties seulement ; cependant quand on examine cette origine de près, on voit qu'il y a deux petits cordons assez séparés pour laisser un intervalle qui
(1) La sixième paire de JVilUsf de Vieussens ^ etc. Nprfs oculo-muscu illires ou moteurs externes de inslow , de Lieutaud t de Sahatier ^ etc.
Nerf adducteur de l'œil : Vicq-d'Azir Planches du cerveau, p. 49 > l'oculo-musculaire externe de Chatissier.
BB rA NÉVIVOLOGIE. 1^5
respond au sillon qui sépare le corps pyramidal la protubérance annulaire. Ces deux cordons ,.nt inégaux pour l'ordinaire, l'interne étant plus it quô l'externe ^ ils ne se réunissent quelquefois après avoir percé la dure-mère séparément (i). Uitour des racines de la sixième paire, il y a isieurs artérioles (2). ^ .
Les anatomistes ont attribué à ce nerf une origme n différente , peut-être parce qu'elle est variable , u peut-être parce qu'ayant plusieurs filets plus ou aoins grêles qui sortent de la protubérance annulaire t des corps pyramidaux et olivaires (3) , quelquesms peuvent facilement se rompre et échapper aux echerclies de l'observateur ; ou bien encore parce ue d'autres ont pris pour de petits nerfs de petits aisseaux sanguins.
Ce nerf, dirigé de derrière en avant, s'éloigne le celui du côté opposé, sous la protiibérance annuaire , pour gagner un repli de la dure-mère , place lerrière la selle turcique , au travers duquel il passe [uelquefois encore divisé en deux ou trois filets ; nais ordinairement il est réuni en un seul tronc j^ui traverse le sinus caverneux, dans lequel ce nerf
(1) Voyez Vicq-d'Azir., qui cite à ce sujet Soemmering ^ p. 53.
(2) Ces artérioles , fortsment dilatées , pourroient facilement orni)rimer ces racines médullaires , et donner lieu, ou à de* onvulsions , ou à des engourdissemens dans les parties où le nerf calo-muiiculaire externe se rend, comme au muscle droit externe e l'œil. J'ai trouvé ces artérioles très-dilatées et pleines de sang laiis un enfant, mort dans le travail de la dentition , qui avoit eu es convulsion! des yeux.
(}>) Vicq-d' Àzir a donné le résultat de ses dissections sur cinq njcis , dajis lesquels il a remarqué beaucoup de variétés.
(4) Voyez., à ce sujet, les opinions de Vieussens ^ àeMorgagni ^ le Santo/ini, de W inslow ^ de Lieutaud , de Sabatier , et leur approcLtmtnt dans Fivq-d'Azir ^ p. 53.
lOÔ ANATOMIE MÉDICA.LB,
est baigné et teint de sang ; il se place au côté externe de l'artère carotide, dont il est séparé pai du tissu cellulaire rougeâtrej et en cet endroit ce nerf paroît un peu plus gros , soit que cela provienne d'un léger écartement de ses Hbrillcs , ou d'un tissu cellulaire extérieur plus abondant.
J'ai vu une fois ce nerf divisé dans le sinus , eni deux cordons qui n'étoient réunis qu'à très- peu de distance du lieu oii ils fournissoient ou recevoienî le rameau intercostal. On assure (i) avoir vu ce' nerf toujours divisé en deux cordons, jusque danss le muscle droit externe, ou même l'on ne trou- "voit aucune réunion ; et alors l'un d'eux communiquoit par un rameau avec le grand nerf sympa— tique ^ ou tous les deux lui fournissoient un rameau séparément : mais ordinairement ce nerf n'est point divisé dans le sinus ^ et il communique par un oui deux filets avec le grand sympathique (2).
Après avoir fourni ce filet , l'oculo musculaire externe s'éloigne de la carotide , et pénètre l'orbite pan la fente spliénoïdale au-dessus de la veine ophthalmique : sa couleur n'est plus rougeâtre j il est d'abord!
(1) Lieutaud , p. 68.
(2) Quant à la question de savoir si l'oculo-musculaire exteruer envoie un ou deux rameaux au grand nerf sympathique, om s'il les reçoit de ce nerf , elle n'est pas facile à résoudre par la nature de l'angle qui résulte de la réunion du filet nerveux avec le tronc de la sixième paire, qui n'est pas toujourss le même , étant plus ou moins ouvert , mais cependant tel assez, constamment , que sa pointe est tournée vers l'origine du tronc de l'ocnlo-rauscuiaire externe. Quant à la différence de grosseur de ce nerf, soit avant, soit après le filet de communication , on ai soutenu l'une et l'autre opinion ; mais cependant il nous a toujours paru que la partie postérieure de ce nerf ou celle dm côté du cerveau , étoit plus grosse que l'antérieure ou celle dui côté de l'orbite : ce qui nous porte à croire que le filet de com-
DE LA NÉVROLOGIE. 187
uni par du tissu cellulaire avec l'oculo-musculaire commun et le rameau nasal de l'ophthalmique ; ensuite il en est séparé , et pénètre le muscle droit externe de l'œil à sa partie postérieure , en se divisant en deux ou trois petits filets (i).
Des anatomistes célèbres ont dit avoir observé , dans quelcpies sujets, des variations dans la distribution de ce nerf dans l'orbite. 11 est quelquefois divisé, selon eux, en pénétrant cette cavité, en deiix rameaux, dont l'un va au muscle droit externe, et l'autre se rend à la partie interne et supérieure de l'œil, pour se distribuer sur le globe et dans le muscle orbiculaire. Nous n'avons pas vu une pareille distribution.
Remarques. C'est par la communication de l'oculo-musculaire externe avec le grand nerf sympathique qu'on explique la correspondance des yeux avec les parties internes , qui est en effet telle , qu'indépendamment de la distribution des filets de l'oruloïuusculaire externe dans le muscle droit externe, on seroit porté à croire que ce nerf en fournit quelques-uns de plus petits au globe des yeux, dont certains anatomistes ont parlé, mais que nous n'avons jamais y\x'. Cependant on sait , d'après les expé-
munication descend plutôt de l'oculo-musculaire externe qu'il ne monte du grand sympathique.
Quant au filet de communication entre le ganglion de Meckel et le grand nerf sympathique, ne pourroit-on pas croire, avec quelque vraisemblance , qu'il provient de ce ganglion , puisqu'il est plus gros de son côté que vers le nerf sympathique ? Cela n'est cependant pas parfaitement démontré.
Le sinus caverneux est séparé du canal membraneux, qui loge la première branche des trijumeaux ou l'ophthalmique, par une cloison ; ce qui donne du poids à l'opinion de ceux qui nient que l'ophthalmique envoie quelques filets au grand sympathiq^ua dans ce sinus *.
(i) Voyez Lieutaud, à ce sujet, y^nat. hist. t. T , p. 628.
* Voyez, à ce sujet, Meckel, de QuiiUo pari neivoruin , p. 3o. Haller. Lobsteifi) etc.
l88 AWATOMIE MÉDICALE, ,
nences de Petit ( de Naraur ) , que lorsque le nerf vague est
coupé dans les animaux vivaiis , l'œil du même côté perd de s£i pellucidité , et la pupille n'a pas sa grandeur ordinaire. Feti. disoit qu'elle étoit en contraction 5 mais nos expériences noui: ont au contraire appris qu'elle étoit dilatée , ce qui est le contraire lorsque le nerf vague et le grand sympathique ont un sur-- ' croit de sensibilité.
On trouvera , à l'article du grand Nerf sympathique , d'autreîi remarques sur ces communications.
Du nerf auditif et du nerf facial , ou de la \\ septième paire de Wiliis en général. ^
On comprend généralement , sans raison, sous lai septième paire , des nerfs d'une nature bien difîérente, et qui ont des usages divers; savoir, l'auditifr jj ou la portion molle de PVillis , qui se répand dans> ^ l'intérieur de l'oreiîle , et qui est l'organe de la per~ ^ ception des sons, et le facial ou la portion dure quii va principalement dans les muscles de la face pour- • leur donner la faculté de se mouvoir et de sentir :; mais ce n'est pas seulement par leurs usages et parleurs terminaisons que ces nerfs diffèrent ; ils diffèrent encore par leur origine.
C'est par rapport à toutes ces raisons que nous; ne pouvons les confondre sous une seule paire : nous; croyons donc devoir les distinguer. La portion molles ou le nerf auditif ou acoustique forme notre septième paire ; la portion durq ou le nerï facial iormeia la. huitième.
'd\b I-A NÉVROtOGIS.
VU. Des nerfs auditifs {1).
Le nerf auditif ou acoustique est formé de plusieurs faisceaux de fibres médullaires qui naissent de la partie latérale et un peu postérieure de la protubérance annulaire de la moelle allongée , par plusieurs filaraens médullaires (2) presque aussi mous que ceux des nerfs olfactifs. Ceux de l'oreille droite et ceux de l'oreille gauche s''entrecroisent visiblement entre eux dans la moelle allongée j ils sont séparés du nerf facial par un interstice assez marqué, i
Le nerf auditif est formé ordinairement de deu:^) troncs très-distincts, chacun composé de divers autres filets médullaires j ces troncs forment par leur réunion une espèce de ruban qui est dirigé de derrière en avant , de bas en haut , et de dedans en dehors 5 il passe à travers un repli de la dure-mère , et parvient dans le trou auditif interne.
Sa substance en cet endroit est un peu plus compacte qu'elle ne l'est à la sortie du cerveau, et encore qu'elle ne l'est dans l'intérieur de l'oreille.
Ce nerf, en pénétrant le trou auditif interne, est plus postérieur et inférieur que le facial qui l'accompagne ; mais parvenus dans le conduit , ces deux nerfs se séparent l'un de l'autre , et pénètrent dans des canaux très-différens : on verra plus bas par quel canal le nerf facial traverse l'os temporal ; ici nous
(1) Pars mollior quinti paris. Vesale , De fah, corp. hum. lib. III ^ cap. VIII, portion molle de la septième paire de la plupart des anatomistes modernes. Les nerfs auditifs de yicq~ d'Azir^ p. 53 ; le labyrinthique , Chaussier.
(2) Vfrishercq et Vicq-cfAtir ont ^ indépendamment des deux portions molle et dure de la septième paire de J'Villis ^ observé entre elles, à leur origine, deux autres filets nerveux qui en étoient bien distincts , et dont ÏU ne connoissoieut pas bien la nature.
dirons que le nprf acoustique parvient dans la cavité ovalain- du conduit auditif interne , et qu'il s'y divise ' en plusieurs petits rameaux qui s'insinuent séparément 'Jans autant de trous pour se distribuer dans ' l'origan e intérieur de l'ouie. "
Les anatomistes ont fait des recherches multipliées pour pouvoir les bien décrire, et ils ont acquis, à cet égard, de grandes connoissances d'autant plus surprenantes, que ces nerfs sont très-mous et logés dans l'os le plus dur du corps humain , et qu'il faut ï cependant couper de diverses manières pour les bien r. voir sans les déchirer. Duvernej a parlé d'abord ' d'une division de ces nerfs en trois branches , et Cassebohni ensuite a distingué six rameaux principaux dans ces nerfs ; savoir^ pour le limaçon , pour \ le vestibule, pour les canaux demi-circulaires, dans r. lesquels ils se répandent en efïét de diverses manières. D'autres anatomistes ont donné des descriptions diliérentes de ces nerfs ; mais aucun n'en a parlé [ avec plus d'exactitude et de détail que le célèbre j Scmya (j). . ^ ^ \
Le nerf acoustique se divise en trois branches ^ p lesquelles vont dans le limaçon , le vestibule et " les canaux demi circulaires , où elles s'épanouissent ^ en une substance pulpeuse comme la rétine , sur la membrane interne qui tapisse les cavités. Ce qu'on \ a dit de plus précis sur le nombre et la distribution \ des rameaux que fournit ce nerf ne nous paroît \ pas encore assez bien prouvé. Nous n'avons jamais aperçu ce nerf contourné en spirale sur la rampe , comme quelques anatomistes disent l'avoir vu, ni les zones sonores dont Valsalva a parlé.
Indépendamment des nerfs mous qui se répandent dans le labyrinthe, quelques anatomistes ont cru que
(1) De structura fenestrac rotundae seu de tympano secundario... Mutinae 1772, in- 8®.
DE LA NÉVROrOCIB. IÇl
des rameaux du f acial y pénétroient aussi , et qu'ils se réunissoient à eux : c'est par cette communication qu'ils ont expliqué les effets du son sur les diverses parties de notre corps et qui sont réels ; mais cette communication n'est pas encore démontrée (i).
Remarques. Les effets des sons ne se bornent pas dans l'oreille, ils agissent encore snr toutes les parties sensibles et irritables de notre corps, qui les transmettent dans le cerveau , oii réside le principe sentant , lequel les perçoit , les distingue, les entend ; d'où résultent les effets les plus divers tant sur le physique que sur le moral. Ils accélèrent ou ralentissent la circulation , la respiration , les sécrétions , les excrétions : d'où il résulte que les forces du corps sont excitées ou diminuées; ils réjouissent l'ame ou ils la contristent. Quels effets la musique ne peut-elle pas produire sur nous? Il n'y a que ceux dont la sensibilité est émoussée ou dépravée, qui puissent ne pas l'aimer ou y être insensibles. Quelqu'exagérées que soient toutes les propriétés que les anciens ont reconnues à la musique pour exciter ou pour modérer et calmer les passions , on ne peut révoquer en doute qu'elle ne puisse produire en nous les effets les plus étonnans. J'ai plusieurs fois employé ttès-heureusement la musique contre les affections mélancoliques , et contre des insomnies opiniâtres. Ainsi il n'est pas douteux que la sensation des sons ne se transmette des oreilles dans le reste du corps, et qu'elle n'affecte les principes de ces sensations d'une manière bien diverse. Il paroit aussi que le son se transmet, de ces parties, à l'oreille , et sur-tout du nerf facial au nferf auditif (2) : son action sur le principe sentant en devient ainsi d'autant plus vive. En effet , les entrailles ne sont-elles pas émues par les sons bruyans , et n'entend-on pas bien mieux une montre quand on la met sur la tempe ou entre les dents , que lorsqu'on se borne à l'approcher de l'oreille sans qu'elle y touche (3) ?
CO « Auprès du trou , dit Berlin , qui est à l'ouverture interne »> de l'aquéduc de Faîlope , il s'en trouve un beaucoup plus petit, m qiii n'a été vu ni décrit par personne. C'est l'ouverture d'un » canal oblique, très-petit, qui reçoit un filet de la portion dure ; yt il s'ouvre dans un des canaux demi-circulaires, et y transmet » ledit filet» : Ostdol. t. II, p. 66.
(2) Dissertation anatomico-acoustique du docteur Perolle.
(?>) Voyez, pour tout ce qui concerne les effets de la musique sur le corps, At% mafrria lucis et uiiibrœ, de Kirclier. X)e v-j soni gt Tiiuuca Oi «ofp. in-8'>, Mouspelii, i/SS, de Royer.
Ne seroit-çe pas par la communication des nerfs auditifs av, des filets du facial qui pénètrent les oreilles, au rapport AeBertin , t^u'on pourroit expliquer pourquoi le bruit d'une lime pressée contre tlu fer rend un son si discordant , qu'il fait éprouver un sentiment désagréable dans les dents ; pourquoi les douleurs d'oreille sont accompagnées des contractions spasmodiques des muscles de la gorge 5 pourquoi, dans certains engorgemens des narines et de l'arrière-bouche , les malades entendent des sons désagréables dans les oreilles? J'en ai vu qui ont entendu ces sortes de bruits après des rhumes et des catarres, lesquels n'ont cessé que pendant les chaleurs de l'été suivant; d'autres qui ne s'en sont jamais délivrés. L^irritation des nerfs du conduit auditif externe fait tousser et quelquefois provoque le vomissement.