‹ Cours d'antiquités monumentalesChapitre 101 sur 126 · EX OFI CINA FER RONT FELIX VT ISTE LE CO · texte numérisé non relu

EX OFI CINA FER RONT FELIX VT ISTE LE CO

Cette inscription a déjà donné lieu à plusieurs interprétations différentes , que je ne crois pas devoir reproduire (i).

La position centrale de cette pièce communiquant avec l'extérieur par la porte E , l'impossibilité de l'éclairer autrement que par sa partie supérieure , le bombement du pavage et l'écoulement donné vers un point déterminé , le niveau inférieur à celui de tous les seuils voisins, som\ditM. deBoisvillctte, autant de motifs tendant à prouver que ce vestibule n'était point couvert; nous sommes très portés à adopter cette opinion, et en cela je trouve un rapprochement de plus à établir entre cette pièce et le n°. 3o de la villa de Woodchcster, que je crois aussi

(0 Quelques-uns ont tu ex officina Ferroni, Félix Utistelc conjugi. ;

avoir été à découvert au centre , et disposée comme un atrium tétrastyle.

De chaque côté de la pièce que nous venons d'examiner , et qui occupe , à 1' extrémité de la cour , la place du tablinum des maisons de ville, se trouvent deux appartements (3,6) , qui n'en étaient sépares que par des arcades, absolument comme les ailes d'un tablinum. M. de Bossvillette pense que des colonnes en marbre, dont il a trouvé les débris, ornaient l'un des côtés de chacune de ces ailes b b , et les arcades qui les réunissaient au n°. i •

Cettedernière pièce communiquait au cryptoportique ( 1 4) par deux petits vestibules de môme dimension (a et 7) , placés à droite et à gauche.

Les fouilles n'ont pas reconnu avec assez de précision les détails de chaque pièce figurée sur le plan , pour qu'on puisse déterminer avec certitude leur destination. L'appartement n°. 4 dont les fondations sont en partie recouvertes par des constructions modernes , ainsi que celles de quelques autres pièces voisines (ecc), étaient peut-être un triclinium ou une salle de conversation ; on pourrait attribuer le même usage à l'appartement n°. 10.

Les n°*. 8, 9, 1 2 , 1 3, pouvaient être des chambres à coucher cubicula.

d'antiquités MONUMENTALES. 1 3 1

Au-delà de P ouverture h ( i ) M . de BoisviUette a observé dans les pièces 16, 17, des bassins qui sembleraient avoir appartenu à des bains , mais qui ne sont point accompagnés des dépendances ordinaires ; les n°\ 18, 19, 20, 21, 22, peuvent être regardés comme les chambres ou logements de la famille du propriétaire.

La grande salle n.° 23 , terminée, d'un côté, par une abside circulaire dont le pavé est uu peu plus élevé que celui du parallélogramme , ressemble au n°. 1 8 de la villa de Bignor f par sa forme et la magnificence qu'on avait mise à le décorer ; on y a trouvé de fort belles mosaïques et beaucoup de débris de placages en marbre : un banc régnait tout autour de l'enceinte, et il y a lieu de penser que c'était un salon ou exèdre.

LesnM. 24, a5, devaient servir d'antichambre a cette belle pièce , et la salle n°. 26 était également destinée aux réunions , si l'on en juge par ses grandes dimensions.

Le8n°*.27î28,n'ayantrienoffertdeparticulier peuvent être considérés comme des accessoires de la salle précédente, et de celle qui suit n°. 29.

Là, M. de Boisvillettc place la bibliothèque :

(I) Il n'a pai été facile de déciderai ce passage «fait existé dana l'origine , ou a il résultait de dégradations anciennes.

i3a cours

elle se termine , comme tous le voyez , par un hémicycle : on y a remarqué les débris d'un trèsbeau pavé en mosaïque.

M. de Boisvillette place des bains dans un pavillon ou prolongement existant de ce côté, endehors de la cour. Le n°. 3 1 aurait , en conséquence, été un Apodyterium ; les bassins et les salles du bain auraient été dans ln pièce n°. 32 , et l'hypocauste ou prœfumium , vers le point n°. 33. Peut-être, dit M. de Boisvillette , une destination publique avait-elle fait placer ce bain hors de l'enceinte du palais , où d'ailleurs on trouvait d'autres bains moins considérables , si les pièces 16 et 17 renfermaient des piscines, comme leur forme l'a fait supposer.

Cette grande aile , exposée au midi , et près de laquelle coulait le Loir, était la plus importante de l'édifice ; la plupart des appartements pouvaient en être chauffes au moyen d'hypocaustes dont on a retrouvé les débris ; c'est de ce côté qu'étaient disposées les pièces principales et le plus ordinairement habitées.

Dans la grande ligne de bâtiments qui occupe la façade du nord , parallèle à la précédente , on peut placer , à partir de l'angle N. O. de la cour , un certain nombre de chambres cubicula , et des trtclinia d'été n°\ 36 ;

d'antiquités monumentales. i 33

les vestiges n'en ont pas encore été étudiés assez exactement pour que Ton puisse donner d'indications plus précises.

Il n'est pas aisé non plus de se prononcer sur la destination des appartements 35, 35. M. de Boisvillette pense qu'ils ont été voûtés.

La grande pièce n°. 34 , qui termine le bâtiment et forme l'angle N. E. pourrait avoir été une basilique, et vraisemblablement on y entrait directement du dehors par le petit vestibule D.

Je n'oserais rien dire de plus sur l'ensemble des appartements qui entouraient la cour de la villa de Mienne. M. de Boisvillette, qui continue ses explorations, et auquel je dois les renseignements qui précèdent , pourra bientôt donner des notions plus précises et plus satisfaisantes.

Le plan topographique, fig. 4, pi. XXXVII , montre la forme et l'étendue de la grande cour que nous supposons avoir contenu les écuries , les magasins , logements de domestiques et autres dépendances de la Villa agraria. On y voit aussi la petite place qui partage cette partie de l'établissement, de celle que nous avons examinée ; enfin, la position d'un temple péryptère et d'un champ de sépulture , dont je

parlais en commençant , et sur la présence desquels je me fondais pour dire qu'il n'y avait pas seulement à Mi cime une grande habitation > mats un village , une agglomération d'habitants.

La villa de Mienne n'est pas la seule dont on ait constaté l'existence dans* les environs de Châteaudun. M. de Boisvillette a découvert les vestiges de plusieurs autres habitations galloromaines moins importantes , dont il a pu reconnaître la forme et tracer le plan. L'une d'elles , à Thuy près de Marboué , offrait une disposition rappelant un peu celle de la villa de Mienne. - •

Villa de Thésée-sur-Cher (Loir-et-Cher).— La station indiquée sur la carte de Peutinger , sous le nom de Tasciaca , sur la voie de Tours Cœsarodunum à Bourges Avaricum ( Voir le fragment de cette carte , Pl. XV du Cours. ) , est évidemment représentée aujourd'hui par le village de Thésée-sur-Cher , dans lequel passe la voie romaine , où l'on a trouvé un grand nombre de médailles , et où l'on voit encore des ruines considérables d'un édifice galloromain (i).

(I) Thésée est à 2 lieues à l'Est de la petite ville dcMontrithard . sur la rite droite du Cher.

d'àNTIQUITÉS MONUMENTALES. I 35

Qoolque diverses opinions aient été émises sur la destination de l'édifice auquel ces ruines ont appartenu , je crois pouvoir le ranger dans la classe des villœ.

J'ai dessiné de deux cotés la façade de cet édifice; vous voye* suc la pl. XXXVIII » fig. i et 2 , une réduction de mon croquis ; et pour mieux faire comprendre la disposition du monument , j'ai tracé sur la même planche Ain plan visuel île l'ensemble des ruines. Ce plan vous montre un vaste bâtiment allongé AA f ayant en avant deux pavillons de grandeur inégale B B.

La cour qui précède est encore entourée d'un mur de 2 à 3 pieds de hauteur CGC , le long duquel on remarque à Test DD, des logements qui , vraisemblablement , avaient une plus grande étendue , et s'avançaient peut-être très-près de l'extrémité du grand bâtiment.

La route actuelle , qui probablement remplace la route ancienne , borne cette cour du côté du sud ; mais on m'a dit que des constructions avaient été remarquées plus loin , jusque . dans les eaux du Cher , ce qui donnerait à penser que l'habitation que je décris aurait eu plus d'étendue qu'elle n'en présente aujourd'hui.

Quoi qu'il en soit , le grand bâtiment qui occupe le fond de la cour» est fort remarquable par l'élévation de ses murs et la bonne conser-' vation de leurs revêtements ; ce sont , comme tous le voyez par mon dessin, des murs en petit appareil , avec chaînes de briques , dans lesquels on remarque quelques assises de pierres inclinées en sens inverse , et formant ce que Vim est convenu d*àppelcr des arêtes de poisson. De vastes ouvertures à plein cintre , avec archivoltes formées de pierres cunéiformes séparées par des briques (i) , ont existé en A, au centre du bâtiment et à ses deux extrémités ( C fig. i et B fig. 2 ). Dans la partie supérieure des murs on remarque un certain nombre de fenêtres carrées , dont la voûte surbaissée était également mi-partie de briques et de pierres (V. la fig. 4, pl.XXXVIU).

Les grandes ouvertures À , B , C se trouvaient a une certaine hauteur au-dessus du niveau de la cour ; de sorte que plusieurs observateurs

(I) Les foutes de ces ouverture* ont été en grande partie détruites, et I on «oit à leur place de larges brèches, comme le montre le dessin ; mais il reste de chaque côté, à partir des impostes , quelques débris de ci u très qui indiquent comment le reste était établi. Ce mode de construction des archivoltes est d'ailleurs très-ordinaire dans les murs de petit appareil.

d'antiquités monumentales. i 37

les ont regardées comme des fenêtres , et non comme des portes. Il serait possible néanmoins qu'une pente douce, ou quelques marches, eussent rendu facile l'accès de ces ouvertures. Le pavé du pavillon, en saillie P, se trouvait d'ailleurs à deux pieds et demi environ audessus du sol de la cour. La porte qui servait à y accéder , et qui est encore assez bien conservée , avait aussi un seuil fort élevé (1).

Ce pavillon , dont je parle , et qui paraît avoir été une sorte de vestibule , a hors œuvre environ 12 pieds de saillie, et 19 k 20 pieds de largeur de Test à l'ouest. Le pavillon de l'ouest n'a guère que 7 pieds i\2 de saillie sur 11 pieds ija de largeur.

On remarque que le pavillon le plus grand (celui de l'est) n'était pas , comme l'autre , à l'extrémité du bâtiment; mais je serais assez porté à croire que la partie qui déborde ce pavillon (voir le planfig. 3, et l'élévation fig. i)est un peu moins ancienne que le reste ; en effet ,

(1) On trouve encore en Normandie , dans un grand nombre de fermes du XVI*. siècle , des portes dont le seuil est plus élevé que celui des cours, il parait que c'était très*anciennenient l'usage de les établir ainsi , soit pour éviter l'humidité, soit pour empêcher les animaux domestiques de s'introduire dans les appartements, lorsque les portes restaient ouvertes.

elle ne se lie point avec les autres murs, et Fon n'y voit pas de chaînes de briques.

Rien de plus simple que la distribution intérieure du grand corps-de-logis ; car on ne voit dans tout l'édifice qu'une division correspondant à la jonction de la partie que je signalais tout-à-l'heure comme pouvant être moins ancienne , de sorte que dans son état actuel lo bâtiment présente seulement deux salles » l'une ayant près de n3 pieds sur 4o , l'autre , i5 à 20 pieds sur 4o (V. le pl.). Une porte (p, fig. 2) mettait les deux pièces en communication. On voyait aussi , dans le mur de séparation , une très-petite fenêtre ou guichet , voûtée comme les autres ouvertures.

Quelques personnes ont pensé que cet édifice pouvait être la maison de poste de la station Ta&ciaca. Quoi qu'il en soit de cette opinion , qui sera discutée par M. de La Saussaye dans l'ouvrage qu'il doit publier sur les monuments de la Sologne et du Bloisois , le monument rentre toujours dans la classe des maisons de campagne ; car Thésée n'était vraisemblablement , sous la domination romaine , qu'une bourgade , un point de repos sur la route de Tours à Bourges. Ce que du reste on ne peut contester , c'est l'ancienneté du nio-

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nument : outre les caractère* que présente la maçonnerie , on a trouvé dans la cour , à diverses reprises, un assez grand nombre de monnaies romaines.

Nous allons maintenant examiner quelques villœ moins considérables , moins régulières et beaucoup moins riches que les précédentes , si Ton excepte celle de Thésée , telles qu'on en découvre assez souvent , et qui durent être en très-grand nombre sous la domination romaine.

Villa de Hérouville ( Calvados ). — Celle qui vient d'être explorée par M. de Magneville, à Lébisey * commune de Ilér ou ville , près de Caen (i) , doit être rangée dans cette classe. Elle était tournée vers le Sud-Est , et se composait , comme le montre ce plan que je dois à r obligeance de M. de Magneville (Y. la pl. XXXVIII n°. 5) , d'un grand bâtiment carré long, à la façade duquel étaient accolés, à

(1) Cette maison de campagne et celle dont 11 ta être parlé ensuite, n'étaient point découvertes lorsque j'ai profeaaé mon Cours en 1830 : j'ai cru devoir en faire l'objet d'une iotercalation dans le chapitre relatif soi villm avant de le mettre

droite et à gauche , des pavillons de grandeur inégale»

Au centre de cette façade on a trouvé les fondements du péristyle (n°. i ), par lequel on entrait dans le crypto -portique (n°. 2). Celui-ci occupait toute la façade de l'édifice entre les deux pavillons, et donnait accès aux principales pièces de la maison. L'appartement n*. 1 2 en face du péristyle , paraissait avoir été une sorte de tablinum ou salle de réception.

Ces pièces étroites et de même dimension , que vous voyez à droite et à gauche (n**. 1 3 et 1 4) , pourraient avoir été des ailes , pièces dépendantes du tablxnurrt , ou , ce qui est plus vraisemblable , des couloirs fauces pour accéder aux pièces 19 , 20, 21 , 22 , 23 et 24 , que l'on petit regarder comme des chambres à coucher cubicula ; le n°. 18 pourrait avoir été une dépendance du n°. 12.

Le n°. i5 était peut-être un œcus% et le n°. 16 un tricltnium. Cependant, comme on a trouvé, à l'angle bde ce dernierappartoment, un foyer construit avec des briques scellées dans du mortier, on pourrait aussi y placer la cuisine. Dans cette hypothèse , le n°. 1^ serait une office ou un magasin. Mais on trouvera peut-être plus naturel de placer la cuisine et

ses dépendances dans le pavillon gauche n°\ 6, 7 , io, ii.

Il serait difficile d'indiquer la destination précise de ces pièces , et de celles qui occupent le pavillon opposé (n0>. 3 , 4 » 5). Plusieurs appartements renfermaient des cendres et du charbon ; on a trouvé en G des débris de colonnes cannelées, dont le diamètre était de 20 pouces; ainsi , en supposant quelles appartinssent à Tordre corinthien , 1' élévation de ces colonnes était d'environ 17 pieds , et seulement de l 'ô , si elles étaient d'ordre dorique.

Les fondations de l'édifice étaient faites tout simplement avec des pierres calcaires de petite dimension , jetées confusément et sans mortier.

La commune d'Hérouville renferme sur plusieurs points des débris de tuiles à rebords , et des fondations. Plusieurs fois déjà on y avait trouvé des médailles romaines (1).

Villa de Pérennou (Finistère). — La villa découverte à Pérennou, par M. du Marhalla , offrait , quant à la forme générale , beaucoup de rapport avec celle d'Hérouville (V. la fig. 6,

(1) V. ma Statistique monumentale du Caltados , canton de Cmen.

pl. XXXVHI) ; elle en différait néanmoins par sa distribution intérieure: elle n'avait pas autant de profondeur, et les deux pavillons que Ton remarquait à droite et à gauche ( V. le plan) ne débordaient pas le bâtiment du fond , comme à Hérouville, et se liaient complètement avec . hii.

Cette maison de campagne était tournée vers le sud, et placée le long d'uncàteau, à 5o pieds au-dessus du niveau de la mer. A partir du point où s'élevait l'habitation , le terrain s'abaisse en pente douce jusqu'au bord de l'Odet qui baigne le pied de la colline ; et par-dessus les campagnes qui l'entourent on voit l'Océan s'étendre à l'horizon ( i ).

Nulle tradition ne rappelait l'existence de cet établissement. Les parties supérieures des murs avaient comblé les appartements de leurs débris ; quelques pouces de terre végétale les avaient recouverts. Un bois s'élevait sur cet amas de décombres. Dans les parties les plus dégradées , les murs n'avaient pins que trois pieds d'élévation ; ils atteignaient encore 8 à 9 pieds dans les parties les mieux conservées ; ils

(I, Notice «dressée à M. de Caumont par M. Do Marfaalla : cette notice paraîtra dans le Bulletin monumental.

étaient en petit appareil ; on n'y voyait point de chaînes de briques.

Comme le montre le plan , la villa de Perennou offrait un développement de 1 26 pieds de Test à r ouest , et une profondeur d'environ 28 pieds au centre de l'édifice. Les ailes , qui s'avançaient en saillie vers le sud , avaient 33 pieds de saillie sur a3 de largeur.

Un crypto-portique (1 1 1) régnait autour des bâtiments, et donnait accès aux différentes pièces. Vous serez frappés du rapport de position que présente la pièce D avec le n°. 1 2 de la villa d'Hérouville ; elle est au centre de l'édifice , comme le tablinum des maisons de ville. Près de cet appartement s'en trouve un autre plus petit C ; puis deux grandes pièces À , B , Tune de 43 pieds de longueur, l'autre de 5a , qui pouvaient être des salles de travail. La position de l'appartement E conviendrait assez a un triclininm, et l'on pourrait placer la cuisine dans les pièces F , G.

Les pièces K , H, se trouvaient à un niveau plus bas que les précédentes : on serait tenté de les regarder comme le logement du concierge préposé à la garde de la maison.

L'aile occidentale était à peu près distribuée comme l'autre ; on y voyait un appartement de

1 7 pieds sur 1 8 (0) , et deux petites pièces de deux pieds de long (PQ) , ayant , Tune 7 pieds , l'autre 10 pieds de largeur.

La pièce qui venait ensuite R , se trouvait comme les appartements R, H, occupant la même position dans le pavillon oriental , à un niveau plus bas que les chambres P, Q , avec lesquelles elle n'avait pas de communication» Cette différence de niveau entre les pièces K H , R occupant l'extrémité des ailes , et celui des autres , venait de la pente inclinée du terrain , dans le sens du nord au sud. Une portion de mur N fait supposer à M. du Marhalla qu'il existait., dans la direction delà ligne indiquée sur le plan , une terrasse que ce mur était destiné à soutenir. La cour avait été pavée en belles pierres de taille, dont quelques-unes furent encore trouvées en L ; en M on remar qua un canal creusé le long des bâtiments , et destiné à recevoir les eaux pluviales.

D'après les observations faites par M. du Marhalla , les murs étaient tapissés de a à 3 pouces de ciment ; la surface en était unie , et

(I) M. Du Marhalla ne parait pas éloigné de penser que des murs de séparation auraient primititement subdivisé cet deux grandes pièces el alors on aurait eu à leur place un certain nombre de petites chambres cubicula.

d'antiquités monumentales. 145

l'on j avait dessiné des panneaux de différentes grandeurs , dont les angles étaient Ornés de rosaces. On a tetrouré des peintures vertes bleue*, jaunes, noires, rouges ; et ces dernières «urtout conservaient encore un éclat remarquable. ' . ' ï .

La partie inférieure des aires ou parquets était formée d'un amas de pierres entassées sans ord*e. Une cOucbe de chaux mêlée de briques concassées recouvrait immédiatement cé stranimen , et constituait la partie supérieure du parquet. À lâ feaûtèur de cette couche , le mur subifedit tln retrait fv ét le ciment des revêtements KMto s^y&tor & saillie qui en résultait. Nous trouvons le même système d*endahs et de partfaets dans toutes les constructions gallo-romaines. T i 4

Au pied du côteau le long duquél était établie kr w/to Hè Pérennou, éf tuf le bord de rOdct, existait un boin ; dépendance de l'habitation , dont le développement était de 5g pieds sut 2 1 1 On montait par deux degrés èn pierres ai taille à la porte principale dii bâtiment, et Ton en-: trait dans un vestibule (\ fîg. 7, pl. XXXVIII) communiquant avec la pièce B (i). Les

(0 îi existait en C une petite caillé* dont il serait difficile d'indiqoer I'um**.

x^Q . • . j , - COURS ,*i ."«'*. •»

pièqca F>, E, Fuient à 3 pieds au-dessous des pi;écédcnlç8 ainsi il y avait quatre marches à descendre pour allej- de l'appartement B à ls| petite conr 0 dans laquelle on a rencontré les, débris d'un fourneau d'hypocauste an* Lee parties latérales de ce fourneau étaient formée* par- quatre gosses pierres posées de champ. Elles avaient été surmontées d?une vQÔte; en. briques, dont on voyait encore quelques pftrr ties (i). La chaleur de ce fourneau se répandait* sous le parquet des deux appartements dont Vun était probablement une étuve v V<9f*tx\ nn tepi<fariun\, Jjç* caves ou hypqc^uatft$'de:fe» pièces se çommuniquaieiit.paT les deux arcade*

L'appartement F avait nne porte donnant stir la salle G, que je serais tenté de regarder eomrofc un appdyterium ; cette salle était pflviée.de morceaux de marbre, la plupart triangulaire**»* en forme de lozanges,vçt, de couleurs variées^*)- Les murs en étaient, revêtus de marbre, blanc jusqu'à la hauteur de 1 8 pouces, puis décorés ** peintures, rougejs et vertes, l]n canal (1, M) * / / / .!., ..'> !) i!-:* ' ' nr-M ..î. % M

(ff 'ITim? fenêtre itaimlt en face do fournean. (3Ï M. Du Marh'lta a reconnu 15 capècea différente» de

marbre. .., i( > , .--sa i

d'antiquités monumentales.

vraisemblablement destiné à conduire Peau rejetée Oesbaignoir es du tepidorium, se prolongeait, à partir du aeliîl de la porte de Pappattement F , dans l'épaisseur d\mi mur «épaw*la pièce G d'une pièce plu* petite H, et tej<Biinaj^ à reiLtérieur par un; conduit «n pierre enterré dans le soL( V, , >l •; l j; illt,^ if ^Jl4«wier Appartement H t r«&coré <*>nime la pièce G f mais à un niye^ j*Mliaa , tarait

Les fiwJles dirigées à Pérennofc , par M. Du Marjialla , ont fait découvrir, au milieu des constructions , dixinxidaillefl en moyeji hronie;> de Tibère , Claude ; Fauatine , Antonin v Marc- Aurèle et Connnode (i).

Villa de Gbeàx WtTcowBEv^-La mlfa découverte par M.; Lysons , a Great Witcombe , en Angleterre ..offrait, comme celles qué je viens de citer, deux ailes formant safflie smrla façade (V. la %. , , pL XXXVJIUû). .

Cette maison romaine était assise sur un terrain ei* pente douce , an pied dW colline , tournée vers le sud-est , et bien abritée du vent

(I) Tons ces détails sont tirés d'une notice inédit* «ne Du Marhalla a bien voulu me communiqué,

parader ibbwc iUn mifcsefcu doutait toiit près d?etye* ro5a«tapo6ait>*ako¥d wrunrjajfcage agréable et varié V dt les montagnes kitftaincs qui se trouvent su» la rive opposée de la rivière de Savern ^ formaient un majestueux rideau qui faisait ressortir ricôessè <tës premiers plans du tableau (i). ^ > v *

: Les appartements «^. f i^iSi'TSttVrflWeDt Tieader«mali^iable;; ' : 1

Le n°. 3 était pavé de larges pierres , sur-lesqùeilcs on découvrit deux petites iwéules Jun naouiiniàbras. La muraille qui séparait cette pièce «de l'appartement nV5 > avait encore une hauKeurde 7 pieds , avec déui contrèfôrts trèssolides, évidemment construits1 (tour sôutëmr le mur , et le défendre contre la, poussée des térreài On trouva , près de ces contreforts , les débri* d^uûe colonne et d'un chapiteau.

l^n°. 4 parait avoir été une cour. Len°. 6 timnnuniquàit avec cette cour ,< et avec le corridor ri°. 8 , au moyen eViiné porté rf;

On remarquait, dans le* appartement* 5 et 7 , plusieurs' murs de refend, niais tjui prôbdblc-

(I) Cette position n'était qu'à 1}4 de mille de la roule romaine qui allait de Connu m (Cirenceater) à Clevum (GloccstetO, coloiite romaine tmporianfe ; elle âe trouvait à 11 milles de la première, et à 5 de I» seconde de ce* dciix ville*.

^ANTIQUITÉS t MONUMENTALES . 1 fa

mm a*aientft^^ et de*

tiné* à mainu?nit Jio .pBiÇubt ; 4* les intervalles qui régnaient entre eux étaient : remplis «wec de l'argile. r ■ *I» :\ '■ 1

Jl. Lysons , dans 6a notice fort courte , ne dit rien des pièces g> 10 r M , 1 x La chambre n°. i3 préseptait unc<t©go^krépiUèBs(dont le plus grand diamètre était 4&,piftls jp r« et le plus petit , de «5. Le p»vé corn* posait de pierres carrées de 6 pouces , en calcaire blanc et en lias bien , disposées en cçjûquier , et de quelque^ meneaux triangulaires. .- ... -, ■ t

Les appartements les plus curieux étaient ceux qui nous restent à examiner , depuis le n°. i5 jusqu'au n°. 24*. . } .

Le corridor n°. i5 avait 6 pieds de largeur. Les murs , encore hauts de 5 pieds ( étaient revêtus de placages couverts.de peinturée. On y voyait des panneaux bleu-clair et couleur «orange sur un fond blanc, entre lesquels étaient placées des guirlandes de feuilles de lierre. Des médailles du Bas-Empire , des têtes de bœuf et de chevreau et une ha ehc en for, furent découvertes dans ce passage qui décédait à la salle n°. 16. r, ■:

Celle-ci, qui n'avait pas de communication

i5o COURS

avec les autres , était entourée de murs parfaitement conservés , de 5 a .6 pieds de hauteur ; recouverts d'une couche de stuc épaisse de 2 pouces, et présentait des panneaux peints à fresque* Elle était pavée avec de larges pierres de grès rouge , telles » qu'on en trouve sur les bords de la Savernev Au centre du pavé ou voyait une espèce de cuvette ou de réservoir, ayant un diamètre de 20 pouces sur 22 pouces ip , et une profondeur de 2 pieds. Trois contreforts , qui s'élevaient jusqu'au sommet de la muraille , et reposaient sur une plinthe , garnissaient Pun des côtés de l'appartement (mur C).

M. Lysons suppose que cette salle servait au culte ; qu'une pierre marquée a près de la porte , et séparée du pavé par une bordure de briques , pouvait avoir été la base d'un autel, et que les niches placées entre les contreforts avaient été pratiquées pour recevoir des statues. 11 fait observer que la piscine était une dépendance ordinaire des temples. - • J ' ' % 1 ' •

Les appartements 19, 20 ; 2t , 23 , 24 présentaient toutes les dépendances d'un balnéaire Les murs s'élevaient de 4 a 5 pieds au-dessus des pavés * et l'on voyait les embrasures des

d'antiquités monumentales. i5i

portes formées par des pierres placées sur le champ. • >

La salle n°. 19 avait i3 pieds <5 pouces sur un sens , et 1 a pieds 1 o ponces sur l'autre. Les murs en étaient, revêtus de placages , et peints en oanneaux . • * 1

Des tuyaux de terre cuite f engagés dans les murs, servaient à répandre la chaleur dans toutes les parties de la salle. Les uns verticaux plongeaient dansPhypocauste ; les autres, placés horizontalement à 3 pieds au-dessus du pavé , communiquaient avec les premiers, et recevaient la chaleur par leur intermédiaire.

Cet appartement , pavé en mosaïque (1) , était sans aucun doute Yapodyterium ou chambre de toilette; il communiquait avec le bain froid et avec le bain chaud par deux porte? différentes. On trouva , dans la cour n*. 24 , au pied du mur G ; le fourneau de Phypocauslc qui présentait une ouverture cintrée, large de 3 pieds 4 pouces.

La salle n\ ao, ou bain froid, avait 19 pieds

(I) Le pavé en mosaïque était carré ; une urne remplie de feuilles de lierre en occupait le centre; on y voyait en outre neuf compartimenta octogones, dont ci nq étaient entouiés u cercle. Us des qui formaient cette mosaïque étaient de pierre calcaire blanche , de pierre brune argileuse , de lias et de brique à pfttc trèâ-flne.

i5a . ; cours

8 pouces sur 17 pieds 4 pouces ; et aussi un pavé en mosaïque ( 1 ),

Sur deux «étés étaient placés lès bdptisteria , où bains froids; Tun, semi-circulaire (a), ayant 8 pieds 6 pouces de diamètre , pavé en tuiks de 16 pouces sur 11 pouces \\* , et enduit de chaux tout autour; l'autre, en forme de carré long<6)^ ayant 19 pieds 8 pouces sur 7 pieds 5 ponces, et revêtu d'une couche de stuc épaisse de 8 pouces dans le fond, et de 2 pouces sur les cotés.

Dans la chambre n°. 31 on doit, selon toute apparence, placer le tepidariurn qui se trouvait ordinairement entre le bain froid et le bain chaud. On y voyait les débris d'un hypoçawte dont les piliers étaient en briques carrées dp 8 pouces. Le point g dans la cour n\ 2^ indique la position du prœfurnium*

Du tepidariurn on entrait dans une antichambre n°. 33 , puis dans Tétuve où Ton suait n°. 33 , qui n'avait que 8 pieds 1 o pouces sur 6 pieds 3 pouces. La porte qui communiquait de cette petite salle à l'appartement n°. 33 ,

(1) On 7 voyait des poissons et des monstres marin* de couleur bleue sur un fond blanc , le tout encadré par une double frette. Ce pavé était considérablement endommagé par de larges fentes résultant du peu de consistance du sol.

D'ANTIQUITES *K>NimENTALES. 1 53

n'avait que i pied 1 1 pouces de largeur, ; on y voyait , le long du mur n , une ëspèce de jsiége en briques , haut d'environ a pieds.

Ondescendaitpar dcsdegrésdans la baignoire du bain chaud (c) qui terminait le système ; elle avait 9 pieds 4 pouces ip sur 2 pieds 10 pouces , et communiquait avec l'étuve par une ouverture de 5 pieds. Tout autour de ce bain et de la salle des étuves , les murs renfermaient des tuyaux de chaleur qui communiquaient avec Fhypocauste.

Villa de Vaton pbès Falaisb. — La découverte de la villa de Vaton est due à M. Galeron, membre de la Société des Antiquaires de Normandie. D'après la description qu'il donne de ce monument (1) , et le plan qu'il en a publié (fig.5, pl. XXXVII), l'ouverture ou le portique de fhabitatiôn (A A) était au Sud-Ouest , au centre même de la routé actuelle de Falaise à St. Pierre-sur-Dive. En montant un ou deux degrés on se trouvait sous le péristyle (n°. i), d'où Ton passait dans une pièce de 20 pieds sur

LU

(f) V. Lettre a M. de Brébisson sur les constructions romaine* de Vaton.

i54 COURS

avec une autre grande pièce (n°. 3). M. Galeron regarde les appartements 4 i 5 comme ayant été affectés au logement dii concierge qu portier. Les pièces 6 , 1 1 , i a, 16 formaient une espèce de corridor donnant accès aux chambres 9, 10 , i3, i4« Selon M. Galeron, le n°. 7 était un atrium dont Y impluvium n°, 8 occupait près du tiers. En C aurait été un© cour découverte, avec une citerne seiniHîirculaire , alimentée par les eaux de V impluvium. Les appartements 17, 18, 19 , exposés au midi , devaient être le plus ordinairement habités. Le n°. 17, chauffe par un hypocauste dont le fourneau s'ouvrait en B dans le mur extérieur, pourrait avoir été le trieUnium d'hiver. M. Galeron a trouvé f dans l1 appartement voisin , la place drun âtre de forme carrée ; c'était vraisemblablement la cuisine * *

A l'extrémité opposée , le petit cabinet D , qui n'avait que 5 pieds sur tous sens , était trèssoigné à l'intérieur , garni de beaux enduits blancs , pavé de dalles piquées « et couronné « d'un plafond t où des lignes rouges et noires, « très-délicatement tracées, se mariaient, sur « un fond blanc, à quelques dessins à fresque « d'un bon goût. D'un des angles de cette pièce « partait un mur de 4<> pieds (n°. i5),.qui,

d'awtiquités monumentales. i55

« se coupant à angle droit , dans la direction « de l'est , avec un autre mur dirigé du sud a au nord, formait avec ce dernier la clôturé ce du jardin qui accompagnait l'édifice (i). * Une source abondante d'eau limpide sort à quelques pas des ruines, dans le hameau de Vaton. Tout porte à croire que ce point

bitation gallo-romaine.

J'ai maintenant à dire un mot des villœdont les trois plans sont figurés n°*. 6, 7 et 8, pl. XXXVII. Deux de cet villœ ont été découvertes en Angleterre ; la troisième a été exhumée Tannée dernière (1829), à Clinchamps, près de Vieux , arrondissement de Caen.

\ïlue de Mànsfield.— Le plan fig. 6 est celui (Tune villa découverte en 1 786 \ prés de Mansfield PProadhou$e% dans le comté dé Nottingham, et dont M. King a publié la description (2). L'entrée devait se trouver au milieu d'un crypto-portique (nA. 1) , qui s'étendait au milieu de l'édifice sur une longueur de 54 pieds.

ItOO.

(2) V. Mummtnta antiqua , tome 11 , p. 176»

l56 COURS

Oa y vojaif encore dm restes de mur* peinjs a fresque. Le pavéétait fait en mosaïque , offrant îles compariitaeafed'enviran i pied carré* Au

rrr

ri

(n°. a) de ao pieds 5 pouces sur. 19 pieds, qui pouvait aypir été un trtcliniwn , et dans laquelle on trouva un élégant pavé en mosaïque (1). Le bas de la muraille i que l'on voyait encore , avait été peint en handea rouge*, jaunes ot vertes. A droite dp, cet appartement on en voyait u|i autre (p°. 3) de 19 pieds sur 14.; puis un second, delà même dimension (n°. 4).

A gauche il s1 en trouvait également deux ; le premier (n°. 5) ayant 17 pieds sur 9 , et Je second (n°. 6) 19 pieds sur 18. , ■ , '

Près de chaque extrémité du crypto-portique étaient deux petits cprps«en saillie sur la façade , .comme des ailes. Celui qui était à droite (n°. 7) renfermait qn appartein#it de 16 pieds 8 polices sur ia. pautre (n°. 8) offrait les mômes dimensions. Le pavé reposait sur unhypocauste dont le foyçr s'ouvrait dans la muraille,

(1) Cette mosaïque n'était pas carrée comme l'appartement , mais plus longue que large ; de sorte qu'il restait à droite et à ganefae deux espaces ou* tondes pavés* d'une autre manière. M. King suppose que ces espaces étaient recourerts par Ica lits des convUot.

D^ÀNTIQUITÉfrrMOlfUMENTALES .

eh H. On y â trouvé une petite ireàdeiqpii pour rait être à volonté fermée par unie tuile mobile. Un monceau de cendres* étoii à oAté de ce fourr

A gaùch*1 dé cette pièce s'en trouvaient dey* autres , do«t> k première (n°. 9) n'avait que it pieds ^or c) ; la seconde (i*) en avait a4 sur tous sensv On remarquait , k deuw ou Uois riîace# , sfcr le pa*é donne* ar^rtettient » des tracés: tnantfestesvde feu , dToù l?ôir> a conclu que ce pouvait être une cuisine, tes autres apr p*rfHxiBmt\ tiôntîtes murailles avaient été p(*iritéî^, paraissaient avoir été chauffés par Phypocau^té vMsIn < orf pat* un (àyèt placé dans un réchauel au milieu des appartemeats>(t ) j

> Le |>lan fig. 7 est celui d'uqe autre villa trouvée' ^dahaMlg* voisinage de la précédente. On y» voyâat1 8 appartements formant une demeure compacte , avec des pavés en mosaïbjuë ët des murs peints * ce <pii senfnSlë indique* ttfélë>ifyWd& à ftisagë tfu maître. [ An milieu de cet édifice , dans le coté ouest

(I) Cet usage ciistait dans les plus anciens temps, — V. Jérémle, ch. XXXVI, rer.M-23. r , ' (

i58 ■ coims i .

de h cour, était une pièce (n°. i)de, 18 pieds sur 17, dont les murs avaient été peinte, et offraient encore deacouleurs très-fraîches, A cAtc de cet appartement on trouvait une chambre (n°. 3) de 17 pieds sur 1 1 , , ayant aussi des nturs peints et ime aire en stuc ; et du coté opposé , ùtle autte chambre {n?. a) de, 17 pieda:«uf 9 . dont les mors notaient pas peints* : >

En airière de ce» tro» appartements Qnjbrpuvait trois; autres, pièces , qui en étaient /séparée? par un mur plus épais que ceux du pourtour ; celle dix milieu (n°. 4) avait 1 1 pieds sur 17' , et les deux autres (n°*. 5 v 6)>. 1 1 : pieds en carré!- Pe chaque côté de rentrée de la salle l tfàffy deux petite corps aya&céa, comme dans la.wgix précédemment décrite, contenant chacun une pièce de . 11 pieds sur 8». Enfin sur le. côté gauche de la maison on remarqua U une petite pièce •extérieure accolée , de i 1 pieds i\i sur 6 pieds 112 (n°, 9). s r

A l'autre extrémité de la cour (à Pes^sq.trpuvait un maire groupe départements ; savojr,: la pièce centrale n°. 10, ayant 1 3- pieds en carré et dont les murs étaient peints; une autre pièce (n\ 11), de i3 pieds sur 12, et un appartement correspondant (n°. 12), chauffé par un hypocauste. .

d'antiquités monumentales. i-f>9

De chaque côté de ce oorpenle logis oriental existaient deux ailes plus allongées que celle* du bâtiment opposé f Pune contenant un second hypoeauste (npi r 3) , avec son propnigeum (n\; 1 4) et communiquant à la pièce (n°. 1 1). À cette dernière pièce était aussi accolé un petit bâtiment (n°. 1 5) de ? 8 pieds 6 pouces W 3 pieds a pouces v renferniànt un bain chaud de 5 pieds sur 3, On y voyait un conduit de plomb , qui amenait Teau dans une, sorte de cavité ou d^auge placée dans la muraille .,*= et ayant 7 pieds de longueur sur a de largeur* L^autte: aile, renfermait trois petites pièces (n°\ 16 , 1*7 ,18) , dorit Me avait 8 pieds sur g , et les deux autres 8 pieds sur 4' '

; Villa, de Clikchamps (Calvados), — Cette villa a été découverte tout récemment (1829) près de l'église de Clinchamps, a i lieue delà ville de Vi eux , sur la pento d?un petit côteau exposé^ au midi , prè* duquel copie un n«V seauJ Les murs furent trouvés" à trois pieds de, profondeur; ils étaient composés d\m blocage à bain de chaux et de ciment , ; revêtu en pierres de petit appareil , au milieu desquelles on remarquait des cordons de grandes briques, Lcpaisseur de quelques-uns de ces murs était de 4

pieds ; ils «.'élevaient a 3 ou 4 pieds an-dessus du pavé des appartements , et leurs fondations n'avaient pas moins de 4 à 5 pieds de profondeur. J'éprouve un regret bien vif d'avoir été informé de cette découverte trop tard ; pour surveiller les travauï ; on n'avait exhumé les murs romains qu'afin de se procurer dés matériaux pouto bâtir une grange , et je trouvai une grande partie des excavations déjà comblées , lorsque j^allai à Clinchamps. Toutefois; j'ai fait lever le plan de ce qu'on voyait encore' i pour conserver le souvenir d"unè découverte qui serait demeurée inconnue, si jo*e l'avais signalée dans le temps* à. la Société des AttliF quaires(i). ; - m'; i. - •

Ce plan que voici (pl. XXXVII, fig. 8) vous monlred'abord un àflrmtn(n0. i ) ; le long duquel $e trouvaient des chambres à peu près carrées (n°\ 6,7 , 8, 9). Le seuil des appartements et l'embrasure des porte* (n°\ 6, 7) existaient encore. La piécé (n°é . 4}<, au i°nd de la cour , pourrai* avoir été le,liea de réunion def la-fan mille i bu lé tricUnium de la* maison. Les our vriers m'ont assure que la pièce ri0. 3 conter, v m if'., v ."■ ■;> î';.r n;ï ,r t. '\ tif«v; - »

(1) V. dans le journal de Caco lé compte-rendu de la péance 4u 6 ndTcmbre 1829. • - m. \

nmt les débris d'un foyer , dont il ne restait plus aucunes traces à mon arrivée. Cette déclaration , sur la véracité de laquelle je n'élève aucun doute, me porte à croire que là était la cuisine , dont le cabinet n°. a peut être regardé comme une dépendance.

L'appartement n°. 5 se trouvait en communication avec le triclinium n°. 4- Je n'oserais indiquer la destination de la grande pièce n°. ii , ni de celle qui Pavoisinait n\ 10, parce que ces constructions se liaient vraisemblablement à d'autres sur la disposition desquelles on n'a pas de données. Les fouilles n'ont pas été poussées assez loin pour que Ton ait pu rechercher si les constructions s'étendaient' à l'ouest dans le jardin voisin J , J t comme le fait supposer l'exhaussement du terrain de ce côté.

Les pavés de presque tous les appartements demeuraient encore en place. Ils étaient carrés, en pierre de Quilly , et peu différents dé ceux que Ton empldie aujourd'hui ; ils ' reposaient sur une couche 4e ciment mêlé de brique pilée , au-dessous de laquelle existait un blocage fort épais à bain de chaux. Dans presque tous les appartements, on a trouve un grand nombre de placages recouverts de peintures; on y remar-

quait surtout des panneaux et une sorte de dessin écossais formé de bandes rouges sur un fond blanc. Le vert tendre , le jaune terne et le gros bleu étaient ensuite les couleurs dominantes. Si j'en juge par les débris qui m'ont été présentés » quelques murs étaient peints en bleu et parsemés de bouquets de feuillages très-grossièrement exécutés.

Je citerai en terminant quelques maisons de campagne qui n'ont pas été explorées en entier , mais qui paraissent assez importantes; telles sont :

i°. La villa de Cerquigny (Eure), dont quelques pièces ont été décrites par M. Auguste Le Prévost (i) , et dans les ruines de laquelle on a trouvé de nombreux placages de marbre blanc , du marbre vert antique , des fragments de statues, etc., etc. , qui annoncent un édifice trr&important; il est à désirer que des fouilles dirigées par le savant qui nous a révélé l'existence de ces curieux débris , fassent connaître Pensembic de la riche maison de plaisance dont ils ont fait partie.

(I) V. Mémoires de ta Société des Antiquaires de Normandie, t. VI, p. 184 et suif.

D^ANTIQUITÉS MONUMENTALES. l63

2°. La villa d° Arcisse près de Mauves (Orne) , dont une partie a été déblayée par ordre de M. Dureau de la Malle , membre de l'Institut , propriétaire du terrain (1).

3°. La villa des Arènes, sur la route de Saintes à Bordeaux, à une lieue et demie de la première de ces deux villes. L'étendue de cette habitation devait être considérable ; car beaucoup de fondations se rencontrent autour de la maison moderne établie sur les ruines romaines. Elles ont offert des pièces dans lesquelles on a cru reconnaître des salles de bains (a). Une partie des murailles antiques est encore apparente, et se lie à la maison actuelle des Arènes : cette partie présente on bâtiment de 5o à 6o pieds sur 3o, haut de 4o pieds, revêtu extérieurement en pierres de petit appareil régulier dans lequel on remarque quelques chaînes de briques. La fig. 2, pl. XXXVIII bis, montre une portion de ce mur antique. Vous y remarquez une arcade bouchée, dont Farchivolte est mi-partie de pierres et de briques.

4°. Les ruines de>la villa dite du Miroir , dans

(1) V. la note que je donne sur cette construction dans le tome VI des Mémoires de !s Société des Antiquaires de Normandie , p. 437.

(2) Renseignements communiqués par M. Moreau de Saintes.

164 couns

l'enceinte du Couvent de sainte Colombe, sur la rive droite du Rhône , près de Vienne (Isère). On y a trouvé une énorme quantité de beaux fragments de corniches et de placages en marbre , des fûts de colonnes , des chapiteaux , plusieurs statues d'un travail remarquable, etc. , etc.

5°. La villa de Marccy (Vienne) , sur laquelle je dois quelques renseignements à M. Le Cointre , de Poitiers , et qui devait être considérable , si Ton en juge par les découvertes faites il y a quelques années (i).

6°. La villa d'Andillé (même département), signalée par M. l'abbé Gibault (2).

70. La villa reconnue à une lieue de Lillebonne, dans la commune de St.-Jean de Folleville , par M. Gaillard ; elle était pavée en mosaïque.

8°. Les villœde Cailly et de Sainte-Marguerite (Seine-Inférieure). Je ne doute pas, en effet, que la mosaïque trouvée à Cailly , près Rouen < enfermée dans une enceinte de murailles , n'ait appartenu à une [villa , plutôt qu'à tout autre édifice, aussi bien que celle de Sainte Marguerite près de Dieppe (3).

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(l) On a troufé des inscriptions dans les rojoès de la

villa rte Marccy.

(7) V. Mémoires de la Société académique de Poilier*. (3) Les petits cnbes qui composaient ce dernier paré, étaient

d'antiquités monumentales. i6j

90. Les villas de Sainte-Croix-sur-Aiziers et de la forêt de Brotonnc (i).

ri

Cette villa n'a jamais été signalée ; j'en ai découvert les soubassements sur la voie romaine de Tours à Thésée et à Bourges , dont j'ai déjà parlé , à peu de distance de Chisseaui , vers Montrichart. Ces vestiges couronnent l'escarpement qui domine le côté gauche de la route tout près d'un petit vallon latéral dont ils suivent le contour , et le long duquel les murs

en terre cuite de plusieurs couleurs (ronges , jaunes, blancs» bleua , violets) et disposés de manière à dessiner des cercle* concentriques formant des rosaces dont le diamètre était de 10 ponces. Ces rosaces étaient placées Fane Jr coté de l'autre , et les intervalles compris entr'elles formaient des losanges dont les côtés étaient courbes par l'effet delà convexité des cercles entre lesquels ils se trouvaient encadrés. La mosaïque de St#. Marguerite paraissait fort étendue, mais on n'a pu en voir qu'une petite portion , le propriétaire du champ où elle est située s'étant opposé à ce qu'on fit des fouilles. On Ignore quel était le nombre dos appartements qui composaient cette maison de campagne.

(t) M. Rêver a observé à S^.-Croix-snr-Àiriers , sur la rive gauche de la Seine , des restes de constructions annonçant plusieurs maisons d'une certaine importance , et M. Fallue a constaté l'existence d'un assez grand nombre de villte dans la forêt de Brotonne qui parait s'être élevée sur un sol autrefois cultivé et parsemé d'habitations.

M. Fallue doit faire imprimer dans les Mémoires de la Société des Antiquaires , le compte-rendu de ses curieuses explorations daus la forêt de Brotonne.

l66 COURS

étaient garnis de contreforts encore visibles. Le plateau sur lequel devaient s'étendre les constructions , est aujourd'hui planté de vignes ; il est couvert de fragments de tuiles à rebords (i).

On a reconnu, sur plusieurs points de la Touraine, de l'Orléanais, du BLaisois, etc., etc., des vestiges de constructions semblables , qui évidemment avaient fait partie de maisons de campagne gallo-romaines ; dans les départements du Midi , en Bourgogne , en Franche- Comté , en Auvergne, bref, dans toutes les parties de la France , on a fait de semblables découvertes , à diverses époques , mais sans pratiquer de fouilles régulières , et le plus souvent sans lever le plan des parties mises à nu.

Il serait trop long et d'ailleurs inutile d'ana-

(1) Le bourg de Chisscaux, dont l'église parait très-ancienne, renferme beaucoup de débris de tuiles à reborda et des fondatiooa de maisons gallo-romaines ; dans des excavations faites sur le bord de la route , H y a deux ans, on découvrit des niédaillea et des objets en bronze que j'ai tus. Grégoire de Tours cite Chisseaux au nombre des lieux dans lesquels saint Martin construisit des églises après avoir détruit l'idolâtrie : tn vicis quoque, id est, Àlingavtensi , Solonacensi , Amba* ciensi, Cisomagensi , Tomomagenci, Condalensi , destructif delubris baptisutisque gentibus , ecclesias adificavil ( Greg. Turon, 11b. X). (1 fallait donc que cette bourgade eût dèa cette époque une certaine importance. ,

d'antiquités monumentales. 1G7

lyscr les notes qui ont conservé le souvenir de ces nombreuses découvertes , et qui se trouvent dans différents recueils ou mémoires.

Ces débris encore si multipliés , quoique depuis des siècles on en ait fait disparaître un si grand nombre , pour en employer les matériaux à divers usages, montrent combien la Gaule était riche en constructions privées. L'exploration de ces ruines , dont beaucoup encore ne sont connues que des laboureurs dans le terrain desquels elles existent , pourrait fournir de grandes lumières sur la statistique de nos contrées sous la domination romaine.

Mous venons d'examiner des villœ de différentes dimensions, et par suite, de formes diverses, depuis les grandes habitations de Mienne, de Bignor , de Woodcheater , jusqu'à celles de Pérennou , de Mansfield et de Clinchamps. Il y en avait de plus petites encore , dont quelques-unes n'étaient que de simples pavillons divisés en trois ou quatre pièces ; je ne crois pas devoir vous entretenir de ces constructions rustiques v qui offrent peu d'intérêt sous le rapport de l'art.

Vous avez dû remarquer que les villœ dont je vous ai présenté le plan , étaient disposées ,

comme je l'ai dit en commençant cette leçon , d'après un patron uniforme; vous avez été frappés des rapports que présentaient dans leur forme générale, toutes celles que Ton peut considérer comme étant de la même importance , telles que les villœ de Mienne , liignor , Woodchester , du premier ordre ; celles de Lébisey , Vaton , Pérennou , d'un ordre secondaire. Je pourrais citer bien d'autres exemples de ces analogies ; et dès que Ton voudra rechercher et étudier sérieusement les débris des villœ qui existent , on acquerra des notions précises sur leurs distributions les plus ordinaires : malheureusement on n'a encore presque rien fait en France sur ce sujet, et je crois être le premier qui aie essayé de comparer les uns aux autres un certain nombre de plans de villœ.

Une grande erreur , qu'il importe de vous signaler, a d'ailleurs retardé jusqu'ici les progrès de nos connaissances à cet égard : la plupart des Antiquaires ont conclu de la présence des hypocaustes placéssouslcpavédesapparlcments que les ruines au milieu desquelles ils se trouvent avaient appartenu à des bains , sans prendre garde que, depuis le temps de Néron, l'usage de chauffer de cette manière tous les appartements était devenu général , d'après Sénèque (ép. 90).

D^ANTIQUITÊS MONUMENTALES. l6g

Pline dit , vous le savez , que sa propre chambre était ainsi chauffée (page 98, n°. 34). Or, si Pline , dans le doux climat de PItalie , avait recours à un hypocaustc pour chauffer son appartement, les habitants de la Gaule durent bien plus fréquemment user de ce moyen pour adoucir la température de leurs maisons.

Il est à remarquer que dans les grandes villœ les proportions de V atrium sont beaucoup plus considérables que dans les maisons de ville ; ainsi , à Mienne, à Woodchester et à Bignor , cette cour occupe toute la longueur de la maison de maître , et correspond ainsi aux parties publique et privée des maisons de ville. Toutefois Vatriolum qui se trouve à P extrémité opposée à Pentrée , et qui devait avoir accès sur les jardins, parait , ainsi que les pièces qui Tavoisinent , représenter cette partie secrète.

Cicéron nous apprend , dans une de ses lettres a son frère , que cet atriolum ne se plaçait ordinairement que dans les villœ qui avaient une grande cour ou atrium majus (1);

(1) Heque enhn satis loci esse videbatur atriolo : neque /ère sotet, nisi in kis œdificiis fieri, in quibus est atrium majus; nec habere poterat adjuncta cubicula et ejusmodi membra. Cic. , epist. 1 , lib Ili. — Dans cette lettre très-intéressante pour notre sujet , Cicéron rend compte à son frère des changements qu'il aiait fait faire dans sa maison de Puteol ; on y

telles que celles de Mienne et de*Woodchester. Aussi avons-nous remarqué que ce petit atrium est remplacé , dans les villœ moins importantes , par un pièce ou petit salon placé absolument comme le tablinum dans les maisons de ville (tttZ/œdeLébisey, de Pérennou,de Clinchamps, etc. , etc.).

Ainsi f Messieurs, ces observations confirment ce que nous avancions d'après Vitruve (pag. 89) , que les maisons de campagne se composaient à peu près des mêmes parties que les maisons de ville , mais différemment disposées.

Tout porte à croire que la plupart des villœ , même les plus opulentes , avaient une élévation peu considérable ; qu'elles ne se composaient guères que d^un rez-de-chaussée; un grand nombre de passages d'auteurs anciens portent à le faire supposer; et vous vous rappelez que Pline parle de deux parties exceptionnelles de sa villa de Laurente , qu'il appelle des tours ,

toit avec quelle attention 11 surveillait le travail de son architecte. Pour lui apprendre à mieux prendre ses mesures ♦ Il fit démolir et refaire des colonnes qui n'étaient ni droites ni bien alignées. Colutunas neque rectas , neque e regione & phi /us coltocarat , cas silice demolietur. Atiqtumdo perpendiculo et tinca discet uti.

d'antiquités monumentales. 171

quoiqu'elles fussent moins életées qu'une de nos maisons modernes , puisque chacune d'elles n'avait que trois étages ( 1). Pline ne fait aucune mention d'escaliers dans sa maison de Laurente , d'où nous pouvons conclure qu'elle n'avait qu'un étage; au contraire , dans sa villa de Toscane il y avait des escaliers et une suite de chambres au-dessus du rez-de-chaussée.

En considérant aussi le grand nombre de villœ possédées par Cicéron (2) , telles que ses maisons de Tusculum , tfAntium* tfAstura, tfArptnum, de Formia , de Cuman , de Puteol et autres, jusqu'au nombre de 18, suivant quelques écrivains , et la rapidité avec laquelle trois de ces maisons , qui avaient été démolies pendant son exil , furent rebâties , on peut conclure qu'elles n'avaient aussi qu'un rez-dechaussée.

L'examen attentif des vestiges de nos villœ gallo-romaines porte à croire que beaucoup d'entre elles n'ont été construites en pierre que

(1) V. pages 95 et 96, lei paragraphes 24, 25.

(2) Oo peut tirer des renseignements sur les maison» de campagne de Cicéron , d'une grande quantité de passages de

ses ««pitres à Atticus, â son frère Quint us et h Brut us ; il fait même quelquefois mention de ses villœ, dansées oufrages philosophiques.

jusqu'à une certaine hauteur au-dessus du pavé des appartements , et que le reste des murs était en clayonnage ; car on trouve souvent des placages , des charbons tombés sur les pavés , annonçant que l'édifice s'est affaissé ou qu'il a été ruiné par un incendie, sans laisser autre chose que quelques décombres. On voit alors la base des murailles solidement construite , et conservant un niveau constant.

Mais si l'on peut dans certaines localités tirer quelques inductions de cet état des lieux , il ne faut pas oublier que l'abondance ou la rareté des matériaux a souvent fait varier le mode de construction ; que d'ailleurs , dans beaucoup d'endroits, les murailles des villœ ont été démolies, et leurs débris employés dans des constructions modernes; que quelquefois même on a rasé les murs pour que la charrue pût se promener plus librement dans la terre qui recouvre les fondements de ces anciens édifices.

11 est certain, du reste, que les Romains employèrent souvent pour leurs maisons des matériaux peu durables, et qu'ils étaient habiles dans l'art de décorer les murs le plus simplement , le plus légèrement construits, au moyen de placages et d'enduits peints à fresque. Nous avons parlé de ces enduits dans la 2\ partie du

Cours. Dans les villas les plus soignées, comme dans celles que Pline possédait en Toscane , un placage en marbre formant bordure salerait parfois jusqu'à hauteur d'appui ; au défaut du marbre se trouvaient jusqu'au plafond , des enduits peints , offrant des panneaux, des dessins réguliers, ou, comme dans lamaisonde Pline, des feuillages, des oiseaux, des guirlandes, le tout si bien exécuté que cette décoration ne le cédait pas à celle que Ton obtenait avec le marbre (1).

D'après nos observations et celles qui ont été faites par d'autres, si Ton excepte quelques villœ, la plupart n'offraient que des appartements d'une petite dimension. En réfléchissant qu'elles n'avaient qu'un étage, on se convaincra que même lorsqu'elles occupaient une asser grande étendue de terrain, elles fournissaient moins de logement qu'on ne le croirait au premier abord ; et l'exiguïté que l'on trouve dans la plupart des maisons de Pompéi , se remarque aussi dans beaucoup de nos villœ. Ce fut sous les Àntonins, époque à laquelle les

constructions privées , comme les constructions

(!) Est et ttliud cuôiculam à proximn platano , viride et umbrosum , maemore txcttUum podio tenus : née cedit gratiœ marnions ramos , insidentesque ramis aves imitaia pi dura f eut .wbest fanticuIus.-Wmil epist. , lib. V , cp st. VI.

publiques, acquirent le plus d'élégance, que durent être élevées dans la Gaule les plus belles villœ.

Nous devons ajouter, pour compléter cet aperçu des villœ urbanœ, qu'elles étaient ordinairement accompagnées de jardins plus ou moins recherchés et plus ou moins spacieux. Pline donne des renseignements fort précis sur ce goût pour les jardins qui régnait de son temps. Nous voyons que le buis servait à border les allées; que parfois même on le taillait, de manière à obtenir des pyramides et l'image de différents animaux, à peu près comme on le faisait dans nos jardins dans le siècle dernier. Voici ce qu'il dit à ce sujet , dans la lettre où il décrit sa maison de Toscane :

ce Au-devant de la galerie on voit un parce terre , dont les différentes figures sont tracées « avec du buis. Ensuite est un lit de gazon peu « élevé , et autour duquel le buis représente « plusieurs animaux qui se regardent. Plus bas « est une pièce toute couverte d'Acanthes si ce douces et si tendres sous les pieds qu'on ne « les sent presque pas. Cette pièce est enfer- . « mée dans une promenade environnée d'arec bres , qui , pressés les uns contre les autres , « et diversement taillés, forment une palis-

d' ANTIQUITÉS MONUMENTALES. ^5

« sade. Auprès est une allée tournant en forme « de cirque , au-dedans de laquelle on trouve t< du buis taillé de différentes façons, et des ar- « bres que Ton a soin de tenir bas. Tout cela « est fermé de murailles sèches, qu'un burç « étagé couvre et cache à la vue (i). »

Pline décrivant une autre partie de ses jardins de Toscane, dit qu'on y voyait des allées contournées, au milieu d'allées droites plus larges, et Le buis était taillé en mille figures c< différentes, quelquefois en lettres exprimant « tantôt le nom du maître , tantôt celui de l'ou- « vrier(a). »

Les jardins étaient ornés de statues , de sièges en marbre et de bassins d'eau vive. Nous avons

(1) Traduction de M. Lemaistre de Sac?,

Ante porticum xystus concisus in plurimas species , distinctusque buxo ; demissus indè pronusgue pulvinus , cui bestiarum effigies invirem adversas buxus inseripsit. Aeanthus in piano mollis, et , peme dix cri m , liquidas. Ambit hune ambulatio pressis varié que tonsis viridibus inclus a : ab his ges* tatio in modum circi , quœ buxum multiforme!» , kumihsque et retemtas manu arbusculas circumft. Omni a maetrid mu* niant ur : kane gradatu buxus operit et subtrahu. Plioif , epiMolarura , lib. V , epist. VI.

(2) Alibi pratulum , alibi ipsa buxus intervenit in formas mille descripta , litteris interdum , quœ modà nomen domini dicunt , modo artificis. Ibid , ibid.

Les esclaves qui avaient fait de cet art une étude parttcu* lié e, s'appelaient topiarii.

remarqué que la plupart des villœ découvertes en France , se trouvaient près d'une rivière ou d'un ruisseau. Dans les terrains qui étaient privés d'eau , on en amenait quelquefois de trèsloin , par des conduits de plomb ou de terre cuite (1). :

Je n'ai point parlé des parties appelées agrarùe et fructuariœ dans les de campa-

gne , parce qu'elles offraient beaucoup moins d'intérêt sous le rapport de Part. Ce serait principalement comme faisant connaître les procédés en usage, sous les Romains, pour l'exploitation des terres , que je pourrais vous en entretenir. Mais ce sujet, tout important qu'il est , nous entraînerait dans des détails étrangers à celui qui nous occupe ; je vais donc me borner à indiquer les principales dépendances d'une grande ferme ou villa agraria.

Au centre de la cour , on voyait comme dans nos fermes , une marre ou compluvium pour baigner les bestiaux (2). Autour de la cour étaient disposés la cuisine , les logements pour les esclaves , les étables à bœufs fbubiliaj (3) ,

(1) Mucebaiur p<r canaUs , vel fistulas aquarias , per tubos plumbeos vel fictiles uu testaceos. — Pline XVI , kl , «. 81. -XXXI, 6. 8. 31.

(2) Columelle. 1. 1 , 6. Vairon , R. R. ! , 13.

(3) Vitruve recommande dans ton livre VI , §. * , de placer

à hrebis(pnUaJ; les ècmicsfequiliaJ.On trouvait aussi dans la basse-cour les poulaillers ( gallinaria), des établcs à porcs fharœj.

% Quelques villœ avaient encore un leporarium, lieu où Ton élevait des lièvres , un glirarium pour élever de* loirs , un apiarium où Ton disposait des ruches pour les abeilles , un cochlearium où Ton nourrissait des escargots.

On peut citer comme dépendances de la villa fructuaria, qui était tantôt séparée, tantôt unie à Yagraria, les celliers ceflœ , les greniers à blé horrea, les fruitiers apothecœ, etc., etc.

Le vivarium , qui est parfois confondu avec le leporarium, parce que d'abord on n'y avait élevé que des lièvres (i), était une espèce de parc où Ton nourrissait desdaims et dWres animaux sauvages , et qui avait parfois plus de 5o jugera (i a hectares 64 centiares). Il faut seulement remarquer que cette dénomination de vivarium s'étendait aussi aux viviers ou réservoirs à poisson.

Les fenilia ou magasins à foin étaient parfois détachés de l'habitation principale , ainsi que

1rs étables à bœufs près de la cuisine et de tourner les mangeoires Tera l'orient et vers le foyer, parce que , dit-il , lea bœufs qui voient la lumière et le feu ne dépérissent paa. (I) Varr., R. R. 3, 12.

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certains magasins dont le voisinage eût été clangereux en cas d'incendie (i). Je n'ai pas besoin d'ajouter que ces diverses dépendances d'une exploitation agricole, recevaient plus ou moins d'étendue , suivant l'importance de la terre ; et que dans les habitations moyennes , Vagraria pouvait se lier à l'habitation du maître, et n'of- Xrait pas toujours la disposition symétrique des grandes exploitations.

Nos ahbnyes avec leurs bâtiments claustraux représentant Vurbana ou prœtorium , au milieu desquels on voit le cloître et le préau , frappante imitation d'un portique et d'un xystc ; avec leur basse-cour comprenant tout ce qu'exige une exploitation , et de vastes magasins pour serrer les récoltes ; avec leur parc entouré de murs , etc. , etc. , offrent une image des grandes villœ romaines , dans lesquelles l'exploitation rurale était réunie m prœtorium.

(1) V. Antiquités romaines, par Alex. Adam , t. second.

En lisant Collumelle, on remarque bien des rapporta avec le système de culture suivi en Gaule; la disposition de linéiques parties de nos fermes rappelle , à beaucoup d'égards , celle adoptée du temps de la domination romaine.

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