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mente, on trouva (n°, i4)une chambre de 16 pieds, au milieu de laquelle existait un pavé en mosaïque , de 8 pieds en carré , offrant des compartiments rhomboïdaux et triangulaires.
Nous voici arrivés à Tune des pièces les plus remarquables de l'édifice , le n°. i5. Elle avait 1 9 pieds sur 3o, avec un enfoncement ou grande alcovede 10 pieds 10 pouces, ce qui donnait 3 1 pieds 1 1 pouces pour toute la longueur, du Nord au Sud. Le pavé était en mosaïque, et présentait des figures d'un assez bon goût. On y voyait deux compartiments circulaires , dont l'un avait 6 pieds 7 pouces de diamètre , et l'autre , 6 pieds» Le plus petit représentait l'enlèvement de Ganymède , aussi bien exécuté que la nature des matériaux pouvait le permettre. Une espèce de frette , et une bordure blanche et noire formaient l'encadrement.
Le plus grand compartiment circulaire contenait six petits cercles hexagones , de la même dimension et de la même grandeur , qui étaient tous bordés avec une espèce de frette ou de guillochure. Au centre de ces encadrements hexagones, on voyait des nymphes, dont le style était analogue à celui que présentaient certaines peintures romaines , découvertes en Italie. Aucune de ces figures n'était parfaitement cn-
d'antiquités monumentales. ii3
tière ; mais il en restait assez de cinq d'entre elles , pour que Ton pût facilement reconnaître leur attitude et leur costume. Elles étaient assez bien exécutées , seulement il y avait trop de raccourci dans leurs membres. Les angles du principal compartiment étaient remplis avec des guirlandes de feuilles de lierre. Le tout était encadré dans une très-large bordure moins soignée , et composée de dés en briques rouges qui faisaient ressortir les figures de ce pavé (i).
Au milieu de l'appartement , et au centre du plus grand compartiment circulaire de la mosaïque, on voyait une citerne formée de pierres blanches fort dures , ayant 4 pieds de diamètre et i pied 7 pouces i{4 de profondeur, avec une bordure large de 9 pouces ip. Au fond de cette cavité existait un trou , dans lequel était engagé un tuyau en plomb.
Les fragments de placages trouvés dans les
(I) Le volume des dés ou quadrilatères qui formaient cette mosaïque était d'environ un demi-pouce; mais ceux qui occupaient l'intérieur des cercle», n'avaient guère que l|3 de pouce , et ceux qui formaient les figures étaient encore plus petits. On en remarquait de blancs , de ronges, de faunes, de bleus, de gris-cendrés, etc. Les fragments bleus et gris*cendri<s étaient en Lias, pierre très-commune dans le Calvados, où nous la voyons aussi employée dans les mosaïques romaines. On avait employé la terre cuite pour les teintea rouge et brun-clair.
décombres , ont prouvé que les murs de cette salle étaient revêtus en stuc , et couverts de peintures. Ils avaient a pieds 6 pouces d'épaisseur au Nord , à l'Est et à l'Ouest , et 3 pieds au Sud. La muraille Ouest de Talcove n'était pas en angle droit avec celle du Sud. «Pai eu occasion de remarquer la même irrégularité dans un grand nombre de constructions romaines.
Ce bel appartement était chauffé par un hjpocauste , M. Lysons le regarde comme un tricUnium*
ATOuest du n*. i5 existait une autre pièce pavée en mosaïque (n°. 16) , ayant 20 pieds de longueur sur 9 pieds 9 pouces de largeur (1).
Elle communiquait avec le n°. 17 t qui avait 22 pieds sur 10 pieds 4 pouces et où Ton remarquait un pavé uni , formé de dés
(l)La mosaïque consistait en de ni compartimenta de b pied» 4 pouces sur 2 pieds 6 pouces; chacun de ces compartiments offrait deux guirlandes de feuilles de lierre sortant d'un petit Tase,entourées d'une bordure en gufllochis et d'une dentelure noire et blanehe. L'un des compartiments carrés renfermait une figure octogone, remplie de carrés rhomboîdans , dans lesquels étaient des frettee et des feuilles de lierrc.Geliilqui était placé au centre offrait une Inrgc rosr.Les antres présentaient une espèce d'étoile à douze rayons, au centre de laquelle une fleur était encadrée dans un petit carré formé de guillocbis. Le pourtour de la mosaïque était fait de qnadrilatères plus gros que les autres , comme dans la salle
D1ANTÏQUITÉS MONUMENTALES. II 5*
rouges. Il serrait d'antichambre à une magnifique salle n°. 18.
Ce bel appartement offrait un parallélogramme de 22 pieds sur 19 pieds 10 pouces , avec une abside semi-circulaire , dont le diamètre était de 10 pieds, ce qui donnait à l'appartement une longueur totale de 32 pieds.
Le pavé remarquablement riche présentait quatre compartiments. Celui qui occupait l'abside était semi-circulaire comme elle , et garni d'une élégante guirlande de feuillage sortant d'un vase. Au centre, on voyait une tête de femme , ornée de fleurs , et dont les cheveux formaient 'deux tresses tombant sur les épaules. Cette tète aux épaules nues , que M. Lysons regarde comme celle de Vénus , était entourée d'une auréole , comme on en a donné depuis à nos Saints.
Les trois autres compartiments étaient encadrés dans une bordure guillochée altermtivement blanche et noire. Le plus grand , de 1 3 pieds 6 pouces en carré . était au milieu des deux autres qui n'avaient que 3 pieds 6 pouces de largeur , sur une longueur de 1 3 pieds y pouces (1).
(I) Le grand compartiment carré renfermait une figure octogone, dans laquelle étaient encadrés 8 petits compartimenta
La salle, dont je viens de vous donner une idée d'après M. Lysons , aussi bien que l'appartement n°. 16, était échauffée par un hypocaustc, dont le prœfurnium était placé au pied du mur extérieur de cette dernière pièce. Ce prœfurnium était formé de deux murs épais de 9 pouces, présentant 16 pouces de saillie , et distants l'un de l'autre de 18 pouces , qui supportaient une petite voûte en brique. "
Le n*. 19 était fort encombré de débris. Autant qu'on put le reconnaître par les fondations,
ob longs qui se réunissaient au centre. Chacun de cea compartimenta oblongs avait 2 pleda 9 pouces sur 16'pouces. Deux d'entre eux étaient couverts d'Amours et de Géniea; et sur troia autres on pouvait encore distinguer l'attitude de plusieurs figures.
Les rides qui existaient entre l'octogone et le carre' , près dea angles de ce dernier, étaient remplis par des urnes et des cornes d'abondance pleines de frufta et de feuillages.
Le compartiment oblong , placé entre l'abside et le grand compartiment du centre , que je riens de décrire , était encadré dans nu guillochis ; il renfermait 12 figures de Génies habillés comme les gladiateurs , et représentant assez bien ceux qui étaient connus sous les noms de redarii et de stcutoresC).
On distinguait quarrea scènes différentes, dans lesquelles les mêmes personnages figuraient successivement. Dans la première, on les royalt préparés pour le combat; dans une antre, la lutte était engagée; dans la troisième, le sang coulait ; les combattans étaient renversés, désarmés et blessés dans la quatrième.
(*)H •«* question plut tard d«t tentant «r d« rttiarii k l'article Cirquet.
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c'était une petite cour atriolum , entourée d'un portique (D)* M* Lysons suppose que ce portique était orné de petites colonnes : effectivement on trouva sur Faire une colonne d'ordre dorique irrégulier , qui n'avait que 3 pieds 10 pouce» de longueur , quoiqu'il n'y manquât que la plinthe de la base et qui était semblable à une autre colonne qui fut découverte auprès de l'appartement n\ 41* cour et le portique occupaient un espace carré d'environ 3o pieds.
Le n°. 30 était un petit appartement de 8 pieds 2 pouces sur 1 2 pieds, qui avait deux portes , l'une donnant dans le portique de la cour n°. 19, l'autre communiquant avec l'antichambre n*\ 17.
Les appartements qui bordaient le cryptoportique , dans la direction du Nord au Sud , offraient plusieurs particularités très-remarquables. Le n°. 21 présentait une étendue de 4o pieds 4 pouces sur 1 7 pieds ; les murs avaient un peu plus de 2 pieds d'élévation au-dessus du pavé qui était en mosaïque; ils contenaient des tuyaux de chaleur communiquant avec l'hypocauste (1).
(I ) Le pavé de moaaïquc consistait en 4 compartiment», l'ui
Isa chambre n°. 22 offrait des restes de murs revêtus de stuc et peints en rouge , qui avaient encore, vers FEst, 2 pieds 10 pouces de hauteur. Le long de ce mur se trouvait une cheminée(/}, circonstance sur laquelle je réclame votre attention. Cette cheminée avait 21 pouces d^ouverture , et 17 pouces au fond ; sa profondeur était de 8 pouces. L'être était composé de 8 briques de 7 pouces en carré. Deux briques liées ensemble avec du fer , et fixées de chaque côté du foyer , formaient les parois latérales , comme dans les cheminées à la Rumford : malheureusement il ne restait plus rien du conduit qui avait été pratiqué pour la fumée.
Dans la chambre n°. s3 , qui avait 1 5 pieds i(a sur 16 , et qui était en partie pavée en mosaïque , on trouva une seconde cheminée., cons-
carré de 12 pieds 9 pouces, l'autre de 12 pieds 3 pouces ; le compartiment carré septentrional contenait quatre divisions octogones, dont chacune renfermait une étoile» formée par l'enlacement de deux carrés.
L'autre compartiment renfermait un cercle qui contenait lui-même huit divisions hexagones , formées par un guillo* rhis de couleur rouge , jaune, noire, blanche et bleue alternativement. Les espaces compris entre les divisions hexagones paraissaient avoir contenu nne inscription dont il ne restait plus que les lettres T R. Les quatre encoignures étaient ornées d'ovales , su centre desquels on remarquait des orne* nient*. L'un d'entr'eux présentait une téte d'enfant entre un faisan et une corne d'abondance.
d'antiquités monumentales. 119
truite de la même manière que la précédente (point c) ; elle était seulement un peu moins grande, et n'avait que 19 pouees 112 d'Wverture.
Les appartements tracés sur le plan , depuis le n°. 24 jusqu'au n°. 35, ne présentaient rien de bien remarquable , et il suffit de vous les indiquer ; mais il en était tout autrement des pièces 36 , 37 , 38 , 39, 4°> 4 1 et 42» «F» avaient fait partie d'un bain.
L'appartement n°. 38 contenait encore des portions considérables de mosaïque , reposant sur un hypocauste , qui communiquait avec celui de l'appartement voisin , au moyen d'une arcade en briques ayant 3 pieds 9 pouces de largeur , et 3 pieds 2 pouces de hauteur.
A l'Est de cette chambre, on trouva (n°. 39), les restes d'un grand hypocauste avec une abside serai-circulaire au Nord-Ouest. Tout annonçait que cet hypocauste avait appartenu à une étuve (sudatorium)^ qui avait été divisée en plusieurs compartiments.
Le prœfurnium était placé au Sud de l'appartement précédent (point G). Il se composait de deux murs de 2 pieds 9 pouces de hauteur , dont chacun était composé de 8 briques posées sur le plat ; d'autres briques de
1 1 pouces i[2 en carré formaient le toit et le pavé de ce petit fourneau.
Après la salle des étuves Tenait celle du bain froid (n°.4o), qui avait 35 pieds sur 3o. Le pavé en était presque entièrement conservé , et se composait de pierres blanches et noires de 6 pouces sur tous sens, disposées en échiquier. Les pavés blancs étaient de la même pierre que les bords de la citerne du triclinum (n°. i5) , et les noires d'une espèce de schiste. Le long des murs on remarquait un rang de grandes briques de i4 pouces ï\2 sur 1 1.
Le bain se trouvait à peu près au milieu de l'appartement .C était un réservoir ayant presque 18 pieds de l'Est à l'Ouest, et 3 pieds 2 pouces de profondeur. On y descendait par trois marches du côté de l'Est , de l'Ouest et du Nord. Ces marches n'étaient pas égales en hauteur ; l'une avait i pied 8 pouces , une autre 3o pouces ip, et la plus basse seulement 6 pouces ; elles offraient î o à 1 1 pouces de largeur. Le fond du bain était composé d'une aire de 2 pouces , reposant sur des briques ; on trouva, parmi les décombres tombés dans le bassin , plusieurs fragments d'une corniche en pierre , ornée de moulures et large de 2 pouces.
La belle salle (n°. 40 » placée à l'Est de la
précédente , offrait un carré de 35 pieds , mais un peu irrégulier , à cause de la direction diagonale du mur de l'Est. On y remarqua un pavé en mosaïque mieux conservé que tous les autres (i).
On trouva sur ce pavé une colonne d'ordre dorique irrégulier , à peu près semblable à celle qui était dans la cour n°. 19 , et ayant le même diamètre (4 pouces 3|4)- l«e fût avait été fait d'une seule pièce; mais il s'était brisé , et avait endommagé le pavé en tombant. On remarqua , à quatre pieds plus loin sur le pavé t un enfoncement , qui paraissait avoir été produit par la chute d'une colonne semblable ; ce qui fit supposer à M. Lysons que deux colonnes avaient été appliquées contre le mur, des deux côtés de la porte qui communiquait avec le bain froid.
J'ai bien peu de choses à vous apprendre sur
(1) Ce pavé offrait un compartiment carré, dont la bordure était composée d'une frette rouge et d'un guillocbis. Un cercle, dessiné au centre du carré , et orné de dentelures, renfermait une tête de Méduse. Le reate du compartiment carré contenait 4 étoiles à 8 rayons , dont le centre était orné d'un cercle et d'un fleuron. Autour de la mosaïque étaient trois rangs de pavés carrés , de 6 ponces, alternativement rouges et noirs , et formsnt échiquier. Un quatrième rang, placé tout près de la muraille, était formé de briques ayant 15 pouces 1|2 sur 11 pouces.
la grande cour , placée à l'Est de celle que nous avons examinée. Elle était très-vaste , entourée de murailles assez épaisses , qui ne formaient roint un angle droit avec celles de la cour principale , et qui présentaient de l'irrégularité dans leurs directions. Le mur de l'Est avait 277 pieds 4 pouces de longueur , celui du Nord , 385 pieds , et celui du Sud, 3î2 pieds 8 pouces. On trouva dans cette cour plusieurs constructions d'une grande dimension; mais aucune ne présentait de peintures ni de pavés en mosaïque , autant qu'on put en juger par les fouilles qui furent pratiquées sur différents points. Ces constructions accessoires contenaient vraisemblablement les écuries , et les pièces que nous appelons des co tutti Utl s clans nos châteaux.
Tels sont , Messieurs , les renseignements que j'ai trouvés dans la notice de M. Samuel Lysons. H paraît certain que l'on n'a découvert qu'une partie du vaste monument de Bignor , qui sans doute servit de résidence à une personne fort riche. Cest un des édifi ces les plus remarquables de ce genre; M. Lysons suppose qu'il pourrait remonter a*i temps de Titus. Il base cette présomption sur le rapport que les mosaïques de Bignor présentent avec quelques autres que Ton croit du temps
de cet empereur , et qui ont été trouvées dans plusieurs pays. Il cite entre autres une mosaïque découverte à Avanches ( Aventictim Helvetiorum de l'itinéraire d'Antonin ) , et publiée par M. Schmidt , dans son Recueil des antiquités de la Suisse ; elle était tellement ressemblante à celles de Bignor , qu'on serait tenté de croire qu'elles avaient été faites par le même ouvrier. Il y avait à Avanches , dans une des salles, une citerne qui ne différait de celle du triclmium de Bignor que parce que sa forme était octogone, au lieu d'être hexagone. On voyait a Avanches , des figures de Bacchantes , exécutées dans le môme style et avec les mêmes défauts de dessin que celles du pavé de Bignor. On y trouva une tête de Bacchus, entourée d'une auréole, comme la tète de Vénus que nous avons examinée dans l'appartement n°. 1 8. M. Lysons tire encore quelques inductions en faveur de son opinion, de la ressemblance que les mosaïques de Bignor offraient avec celles de Pompéï, dont aucune n'est postérieure au règne de Titus.
Quelle que soit l'époque réelle de ces mosaïques , il est certain qu'elles différaient de la plupart de celles qui avaient été découvertes en Angleterre , en ce que le dessin était
mieux exécuté , et composé avec de meilleurs matériaux. M. Lysons suppose qu'elles étaient l'ouvrage d'artistes venus d'Italie.
Villa de Mienne près Marboot (Eure-et-Loir). La villa gallo-romaine découverte tout récemment à Mienne, à i lieue ij2 de Chàteaudun, par M. de Boisvillette , ingénieur des ponts-etchaussées , était plus vaste que celles dont je viens de présenter la description ; elle se composait en effet de deux grandes cours entourées de constructions et séparées l'une de l'autre par une petite place (voirie plan topographique figuré planche XXXVII) , et la moins vaste de ces deux cours avait environ 600 pieds de longueur , sur une largeur de plus de 3oo (1).
Cette importante habitation était agréablement située dans la riante vallée du Loir , et bornée , d'un côté , par cette rivière aux eaux limpides , de l'autre , par les collines qui en limitent le bassin , vers le nord. Une antique
(1) Renseignements communiqués par M. de Bois»iIlette. — La découverte de U villa de Mienne a eu lieu depuis 1830 , époque à laquelle ce Cours a été professé publiquement pour la première fois; J'ai cru néanmoins devoir intercaler Ici quelques détails sur cette villa, l'une des plus considérables qui aient été eiplorécs.
voie dont on a retrouvé quelques vestiges (voir le plan , fig. 4 > pl* XXXVII ) , fournissait un accès facile et tout concourait à rendre agréable le séjour de cette belle maison de campagne.
Quant à son histoire t elle est aussi obscure que celle de tous les monuments de ce genre ; elle paraît comme tant d'autres avoir été dévastée , puis incendiée , à en juger par des grains de blé , des bois et des ossements incinérés ou
combres (i).
Toutefois , on ne peut douter qu'il n'existât sur ce point un village gallo-romain ; M. de Boisvillette a reconnu à quelque distance de la villa , les vestiges d'un temple (sacellum ) , diverses constructions plus ou moins considérables , et un lieu de sépulture , qui annonce évidemment une ancienne agglomération d'habitants (s).
On sait d'ailleurs, d'apres la légende de St.- Avantin , rapportée par les Bollandistes , que cet évèque de Chàteaudun venant prendre possession de son siège s'arrêta à Mienne ; or , St.-
(l)Renieignements communiqué* par M. de Bois»illette.— V. aussi une Notice sur les ruines de Mienne , par M. Vcrgnaud- Romaguési , dans les mémoires de l'académie d'Orléans.
(î) Je croia deroir faire remarquer qu'un nom presque iden-
Avantin , cvéque de Dunois , assista en 5 1 1 au concile d'Orléans ( i ) et si le village de Mienne existait à la fin du V.a siècle on au commencement du VIe. , assurément son origine remontait
à des temps plus anciens , au temps de la do-
• • • minai ion romaine.
Lorsque j'indiquais tout-à-rheure les dimensions de la moins grande des deux cours composant la mlla deMienne, vous avez du prévoir que les constructions qui en formaient le pourtour étaient habitées par le maître ; que là , était la villa urbana, en nous reportant aux distinctions de Collumelle ; je vais m'attacher particulièrement à décrire cette partie de l'édifice en m'aidant des notes de M. de Boisvillette et du plan figuré sur la pl. XXXVII.
D'abord un crypto-portique formait en avant
tique, était suivant la tradition.celui d'un antre village galloromain, situé au Mtnoir , arrondissement de Bayeux , et que j'ai cité dans le 2 . volume de mon Cours, page 233. On appelle cet emplacement la ville delà Mionne; ce nom diffère bien peu de ceint de Mienne.
(t) V. Mémoire de M. de Boisvillette ; voici la traduction du passage de la légende qui atteste ce frit :
« Aventin se mit en chemin pour venir à Ghâteaudun... ...
mais étant près d'arriver à cette capitale du pays Dunois, et ae trouvant très-fatigué , il s'assit pour se reposer à une demilieue de la ville , en un lieu qu'on appelle aujourd'hui de Mienne, d'autres disent i\larl>oué «
d'antiquités monumentales. 127
des bâtiments, tout autour de la cour, une galerie continue ( 1 4*i 5) , qui n'était interrompue que par les issues A et B. Ce crypto-portique régnait encore à l'extérieur de l'aile méridionale de l'édifice , en regard du Loir eee.
La pièce n.° 1 , placée à l'extrémité de la cour et qui forme à l'extérieur une saillie à pans coupés , offre par sa position et par son importance plus d'un rapport avec le n*. 3o de la villa de Woodchester (v. la fig. 1 , pl.XXXVH).
On y voit encore aujourd'hui des murs qui conservent , dans toutes leurs parties , deux ou trois pieds de hauteur et dans lesquels les issues sont faciles à reconnaître ; des restes de peintures à fresque couvrent encore quelques parties de ces murailles. Le pavé qui est en mosaïque , se trouve à une hauteur de marche ( environ 7 pouces ) au-dessous de tous les pavages environnants.
Au lieu de présenter une surface horizontale, cette mosaïque est bombée en forme de segnu nt sphérique , avec une pente générale vers un caniveau qui , après avoir traversé le mur dans toute son épaisseur, débouche, à ciel ouvert , au niveau du sol extérieur (1).
(1) V. la notice de M. de BomUlettc.
D'après des notes qui m'ont été transmises par M. Vergnaud-Romagnési , les cubes qui forment la mosaïque , sont de quatre couleurs, blancs, jaunes, bleus et rouges.
Le dessin général produit par ces quatre couleurs est à la fois simple , riche et de bon gout , quoique l'exécution matérielle ne semble pas, au premier abord, répondre à l'ensemble (1). Une large bande rouge l'entoure ; vient ensuite un encadrement en grecques et plusieurs autres bordures enrichies de tresses , de dentelures , de cornes d'abondance , avec des oiseaux , des tortues , des scorpions , des poissons , etc. Le centre est occupé par un grand carré divisé en plusieurs autres , notamment à sa partie inférieure , où sont traces trois compartiments presque carrés et inégaux. Ceux de droite et de gauche sont remplis par des ronds enlacés , et celui du centre est remarquable par un cartouche ou écusson soutenu par deux figures ailées. Dans ce cartouche on lit une inscription dont les lettres ,
(1) Lt mosaïque ést établie sur une couebe de mortier de ciment de 3 ponces d'épaiêseur,où Ton distingue des fragments de chaux non éteinte. Snr ce ciment a été placé nn coulis plus fin de 6 lignes environ d'épaisseur dans lequel sont implantés les cubes ou fragments calcaires qui forment la mosaïquef. la Notice de M. FergnaudJ.
formées par des cubes blancs , sont difficiles a distinguer, et disposées à peu près de la sorte :