BASILIQUES
Dans son Dictionnaire des beaux-arts , Millin donne une assez bonne définition des basiliques.
Comme il le dit, le mot basilique signifie maison royale : il désignait à Rome un bâtiment somptueux dans lequel les magistrats rendaient la justice à couvert , ce qui le distinguait du forum où les séances se tenaient en plein air. La forme des basiliques était celle d'un carré oblong avec un portique à chaque extrémité. 11 paraît que l'origine des basiliques est due à l'intention de mettre à l'abri la place libre qui se trouvait entre deux portiques parallèles , et qu'on la couvrit à cet effet d'un toit. Les basiliques étaient
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les lieux où les jurisconsultes répondaient aux consultations, et il y avait des salles où les jeunes orateurs s'exerçaient à la déclamation. La partie des portiques inférieurs était occupée par des marchands ; ainsi ces édifices étaient en même temps des lieux de commerce et de judteature et une espèce de bourse.
Quant à la disposition des basiliques t les églises modernes nous en ont transmis l'imita tion la moins équivoque , comme elles en ont conservé le nom. Les basiliques consistaient en une salle, trois fois plus longue que large, partagée par des rangées de colonnes , en plusieurs nefs. Il n'est pas sur que les basiliques aient été fermées de tous côtés par un mur; il y a lieu de penser que quelques-unes étaient ouvertes au moins d'un côté pour la plus facile circulation du peuple f et pour que les galeries communiquassent mieux avec la place publique ; ainsi , dans beaucoup de basiliques la façade principale n'avait point de mur , mais seulement une colonnade qui laissait la circulation libre au peuple. La basilique, en supposant qu'on y entrât par une de ses extrémité , se terminait dans l'autre par un demi-cercle où était placé le tribunal. Quelquefois le tribunal se trouvait hors de la basilique. Le premier
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ordre de colonnes des basiliques en supportait ordinairement un second , qui soutenait le plafond de l'édifice , et formait une galerie supérieure dans tout le pourtour, excepté du coté de l'hémicycle. Le second ordre se trouvait sépare du premier par une espèce de mur d'appui (pluteusj, a8&ei élevé pour cacher les promeneurs de la galerie à ceux qui étaient en bas( 1 ) , et formant en même temps piédestal ou stylobate continu pour les colonnes du second ordre (2). Rien de plus simple que la construction des basiliques : les colonnes de la galerie inférieure recevaient un plafond qui servait de plancher à la galerie supérieure ; celle-ci également plafonnée supportait le plancher de la grande nef et la pente du toit. Les jours étaient pratiqués dans l'épaisseur du mur d'enceinte et dans les entrecolonnements. Les galeries supérieures avaient aussi des fenêtres qui éclairaient l'intérieur de l'édifice. Il paraît que la seule1 partie du plancher de la basilique qui pouvait avoir la forme d'une voûte , était l'hémicycle ou
(1) Uti supra basilic» contignationem ambulantes ab negocialoribus ne conspiciaotur. ( ritruv., archit. , tiv. r, §. l,r. ).
(2) Dans quelques basiliques, il u'y a? ait qu'un ordre de colonnes le long de la grande nef, et dont le fat supportait ht plancher de la galerie.
le lieu où se tenait le tribunal ; encore n'étaitce qu'une portion tic voûte , une espèce de vaste niche , ce que les architectes appellent cul-defour(i).
D'après Vitruve , les basiliques devaient avoir en largeur au moins le tiers de leur longueur , et au plus , la moitié > excepté lorsque la disposition des lieux obligeait d'observer d'autres
là
Selon Vitruve , les basiliques prêtaient au développement de l'architecture la plus belle et la plus majestueuse : « J'en aj fait bâtir une , dit-il , en la colonie julienne de Fano, où j'ai observé les proportions qui suivent :
« La nef du milieu est longue de 1 30 pieds , et large de 60 (3) ; les portiques ou galeries qui sont à côté de la grande voûte , ont 20 pieds de largeur entre les murs et les colonnes. Les colonnes ont toutes 5o pieds de hauteur y compris les chapiteaux : elles ont derrière elles des pi-
(1) MiHin, dictionnaire des beaux-arts. — Long-temps 1rs église* chrétienne* ont présenté la même disposition : l'a pellicule était voûtée, le reste de l'édifice n'afait qu'un plafond en hois.
(?) lorsque la baiiliqnc avait en longueur des proportions plua rouaidérables , Vitruve conseille de faire des cateidiques ^cftpèt t* de vestibule*? ?) aux deui eit ré mités.
(3) Il s'agit toujours de pie i* romains.
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laslres de 30 pieds de hau^, larges de i pieds i|a, et épais d'un pied , qui soutiennent les poutres portant les planchers du portique : sur ces pilastres il y en a d'autres hauts de 1 8 pieds , larges de deux , épais d'un , qui soutiennent les poutresettout letoitdessecondsportiques(i). »
L'édifice était sur le bord d'une place publique , et servait en quelque sorte de vestibule a un temple , dans lequel était un tribunal de forme semi-circulaire. On entrait dam la basilique par un des grands côtés.
La façade ou principal accès des basiliques était tantôt placée de la sorte dans un des grands côtés t tantôt dans l'un des côtés les plus étroits. La disposition du local déterminait Tune ou l'autre disposition.
Les basiliques dépendant de maisons privées, comme on en voyait dans les grandes villes, ne différaient que par leurs dimensions moins grandes , des basiliques publiques , dont elles diraient en petit l'image.
On ne peut douter qu'il n'ait existé des basiliques dans les cités gallo-romaines ; mais il serait difficile d'indiquer remplacement qu'elles
(0 v. vitr., lii>. v.
occupaient , car elles ont pour la plupart complètement disparu. On peut conjecturer , comme nous l'avons dit , quelles se trouvaient le plus souvent près des places publiques. Nous avons cité à Arles , près du forum . les restes d'un édifice dans lequel M. Estrangin croit reconnaître une basilique. Plusieurs inscriptions trouvées à Périgueux et rapportées par M. de ïaillcfert , prouvent évidemment qu'il y eut au moins deux basiliques dans cette ville : il n'en reste plus aucun vestige debout , mais on conserve deux tambours de colonnes qui paraissent en être provenus (1).
On a trouvé dans plusieurs autres cités des
(1) Le premier, que ses dimensions font nécessairement rapporter à la plus petite des basiliques, est creusé de cannelures éfidées et parait appartenir à l'ordre Dorique. Oo voit d'un côté la naissance ù'un petit chapiteau ou pilastre réservé dans l'épaisseur de la pierre qui a s< rti à former le tambour de la colonne. C'était sur de pareils chapiteaux que portait «an doute tout le plancher des baa>côtés.
Le second tambour d'ordre Corinthien a 2 pieds 6 pouces de diamètre ( 5 pouces de plus que le précédent ) ; les cannelures sont remplies d'une baguette, ce qui annonce qu'il provient du bas de la colonne. Dans la basilique dont il faisait partie, on n'avait pas suivi la même disposition que dans celte dont il vient d'être parlé : dans l'une t c'était de simples chapiteaux ménagés sur le fût de la colonne; dans l'autre, ce sout de véritables colooncs , engagées de près d'un tiers dans les grandes , cl maintenues lisses dans le reste de
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fragments qui peuvent aussi avec quelque vraisemblance être attribués à des basiliques.
V estiges de divers édifices d'utilité publique. L'on a découvert encore dans les anciennes villes t des fondations de bâtiments assez vastes ,
des conjectures , faute de données suffisantes; On suppose qu'elles ont appartenu à des monuments d'utilité publique , qui avaient servi à divers usages , tek que des magasins , îles logements pour les troupes, des espèces de marchés couverts, etc. t etc. Les macella où l'on liait la viande , le poisson et diverses denrées, moins élégamment construits que les basiliques , étaient cependant parfois ornés de colonnes.
Nous n'avons pas non plus de vestiges authentiques des manufactures où l'on fabriquait des armes , ni de ces gynécées où l'on confectionnait des habits pour les troupes dans plusieurs villes de la Gaule (i)-
Irur contour?, V» Antiquités de résout, par M. de Taille* fert , tome M*.
(I) Telles étaieul peut-être ees construction* en petit appareil avec chaîne* de briques que l'un voyait autrefois à Metz et que Montfsucou- » fait graver, t. III , pl. 103 de l'Antiquité expliquée, aans donner aucun renseignement sur elles.