L. D. EX D. D
DEDIC X K. IVC 1VLIAN0 Il ET CRISPIKO COS.
Tutelœ Augustœ Caitu Octavius ritalis ex voto posuit loco dato decreto Decurionum dedicavtt deeimâ die Kalendarum Julii, Juliano iterum et Cnspinn consuhbus.
Plusieurs filles avaient des temples élevés a leur divinité tutélaire, ainsi que le prouvent des inscriptions trouves ailleurs , notamment à Périffueux.
d'antiquités monumentales. 34q
apside et au foiid duquel était un piédestal qui avait dû supporter une statue (i).
—On sait qu'à Clermont un temple avait été consacré à Mars ou à Mercure. Grégoire de Tours parle de sa magnificence (a). Il fut détruit à l'époque de l'invasion de Chrocus; et quoique 1 on ignore quelle en était la position , il est vraisemblable qu'il occupait le point culminant du monticule sur lequel Clermont est assis ; car on y a trouvé des tronçons de colonnes et d'énormes blocs de granité taillés et sculptés.
— Dans l'ancienne ville du Vieil-Evreux , M. Rêver a remarqué quelques vestiges d'un bâtiment pavé en mosaïque , qu'il croit avoir fait partie d'un temple periptère.
La statue en bronze doré découverte à Lille-
(0 Daaod , hUtoire des Sequsnoi».
(1) Grégoire de Tour» r.pporle que ce temple «tait .pDcJé
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1 eiténeur . Mlro enim opère f.etum fui» .,,„. ermstum,
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r,e«r« ; le p.ré même ét.il de merbre et I. carerture en Plomb: . .,„„.«„. ,er»m.riDore ,c „,„„„, ^ • P».m«.<um quooue «die ,»jrMore MrUoa rtei w„ . plumbo lectum. . Grég. , Bist. KrtDC. , „„. § £x
35o cocbs .
bonne , il y a quelques années , ne permet pas de douter que cette ville n'eût aussi des temples.
— On désigne le lieu appelé la Victoire , près de Valogncs , comme remplacement d'un temple de l'ancienne ville iïAlauna.
— Le marbre tiouvé à Vieux, et sur lequel Titus Sennius Solemnis est qualifie prêtre de Diane , de Mars et de Mercure , fait aussi penser qu'un monument semblable existait dan» cette cite.
Je ne finirais pas si je citais toutes les découvertes attestant l'existence de temples antiques dans nos villes d'origine gallo-romaine ( i ).
D'après Vitruve , on choisissait des emplacements différents pour les temples , suivant les divinités auxquelles ils étaient dédiés.
Les temples de Jupiter étaient généralement dans les parties les plus élevées des villes ; les temples de Mercure, près des places publiques , et dans les campagnes , auprès des grands chemins ; les temples d'Apollon étaient près des théâtres ; ceux d'Hercule , près des gymnases ,
(0 Oo sait que, dans chaque contrée , les premiers missionn*x<9 chrétiens troutsieut «les temples à détruire. L'étude des Rendes peut donc fournir aussi des renseîgnementa sur le nombre et la positioo des édifices religieux répandu* des* le* différente* parties de la France avant rétablissement du Christianisme.
d'antiquités monuwentalks. 35 1
des cirques et des amphithéâtres; les temples de Mars, de Vulcâin, de VénUs, hors des villes, près des portes , etc. , etc.
Les tcnjplesont été prodigieusement communs dans les campagnes mémo. On en a rencontré des débris sur un grand nombre de points. Des découvertes de vases précieu* sont venues aussi révéler l'existence d'édifices de ce genre dans des lieux où on ne les aurait pas soupçonnés.
Une découverte semblable a été faite ces jours derniers (i) , à Berthouville , aux environs de Bernay ( Eure ). Plus de soixante-dix objets en argent avaient été réunis dans une cavité que M . Le Prévost suppose , avec beaucoup de vraisemblance , avoir été pratiquée au centre même de la cella d'un temple , dont quelques débris de murailles paraissent encore indiquer les fondations. M. Auguste Le Prévost, qui vient d'annoncer cette importante découverte, et J]. Raoul Rochctte , membre de l'Institut , ne doutent pas que celte collection précieuse n'ait été enfouie dans le courant du ÎFI6. ou du IV*. siècle , dans l'intention de la soustraire au pillage dSine invasion des peuples du Nord.
.(i) Cette découverte eut lieu en 1830 , à peu près dins lë temps où cette leçon fut professée. . , .
COIÏRS
La plupart de ces vases portaient des inscriptions attestant qu'ils avaient été dédiés a Mercure , d'où Ton peut induire que le temple lui-même était consacré à ce dieu. Il avait à Bertbou ville le surnom de Cane tus (i).
En 1834 » on découvrit aussi à Parsac , arrondissement d'Aubusson (Creuse) , plusieurs statues en bronze , une Victoire en argent , une tète ailée du même métal , ayant probablement appartenu a une statue de Mercure, et plusieurs autres objets qui portent à croire qu5il y avait eu un temple dans eette localité*
Beaucoup de découvertes à peu près semblables ont eu lieu à divers endroits; et il parait que le culte de Mercure surtout , était fort réu dans les campagnes*
(1) V. le curieux mémoire publié sur ce eu jet , en 1831 , par M. Le Prévost.
Les inscriptions que portaient les vases étaient tracées arec un poinçon en lettres ponctuées Un grand nombre de ?ases semblables déposés dans les collections présentent des inscriptions tracées de la même manière : les raies ne recevaient souvent ces inscriptions que long-temps après aroir été fait* et lorsqu'ils étaient offerts et déposés dans les temples : alors on grara.it sur eux au poinçon la formule dédicatoire avre le nom du donateur ; M. de La Sausaaye vient encore d'observer une inscription pareille dans une collection d'Auvergne , sur une patère en argent , et elle est ainsi conçue :
Mauti R an dos ati Bassinus Bassini filius, V. S. L M.
d'antiquités monumentales. 353
Autels. — J'ai dit clans quelle partie du temple on plaçait les statues (p. 323 ); il me reste a parler des autels.
Il y avait entre eux des différences de forme , de matière t de proportions et d'usage.
La plus grande partie de ceux qui sont Tenus jusqu'à nous , sont de marbre ou de pierre : il paraît qu'on en construisait aussi en bois , mais ils étaient en moins grand nombre. Les autels en métal affectaient ordinairement la forme d'un trépied ; les autels en marbre et en bois étaient carrés, ronds, quelquefois triangulaires.
La hauteur des autels variait beaucoup ; quelques-uns n'atteignaient guère qu'un pied de hauteur : d'autres avaient trois pieds , et quelquefois davantage.
Les décorations les plus usitées dans les autels anciens , sont des tètes de victimes, des patères, des vases et d'autres instruments de sacrifice , entremêlés à des guirlandes de fleurs et de feuillage. Sur quelques autels , on lisait des inscriptions indiquant la date de leur consécration t le nom de leur fondateur , les motifs de cet acte de dévotion. Les plus beaux et les plus riches étaient ornés de bas-reliefs représentant la divinité qu'on avait voulu honorer , et quelquesuns de ses attributs.
354 C0UBS
On plaçait les autels au fond des temples , ou dans leurs péristyles; souvent même, ils étaient élevés en plein air. À Rome, dans les temples les plus Considérables , on voyait un autel au fond du sanctuaire au pied de la statue du dieu, et un autre devant la porte du temple ; il y avait parfois un troisième autel portatif appelé anclabris, sur lequel se déposaient lesoblations et les vases sacrés.
Enfin , comme nous l'avons annoncé , les autels n'avaient pas tous le même usage ; sur les uns , on brûlait de l'encens et on faisait des libations; sur les autres , on répandait le sang des victimes ; d'autres étaient destinés à recevoir les vases et les offrandes ; un grand nombre enfin n'étaient que des monuments de la piété de ceux qui les élevaient : on n'y faisait point de sacrifices , on n'y déposait point d'offrandes. Ces derniers ont été très-multipliés hors des temples : on dut les trouver dans les carrefours et sur les routes , à peu près comme on y place aujourd'hui des croix ou des images révérées.
L'érection de ces autels avait souvent pour but l'accomplissement d'un vœu , ainsi que l'attestent les inscriptions qu'ils portent encore ; nous en trou vous une grande quantité dans les collections publiques.
D^ANTÏQUITÉS MOMJMKNTÀLES. 355
J^ti figuré, pl. XL, n°. 6, un autel carre , (Pune forme assez ordinaire , que j'ai tiré du musée de Majencc , et dont la hauteur est de trois pied» environ.
La fig. 7 , même planche t vous montre de quelle manière on pratiquait an dessus de» autels , une cavité pour recevoir les libations ou le sang de» victimes.
Les autels cylindriques sont moins nombreux que les autels carrés (i)*
J'ai vu plusieurs autels carrés dont les faces portaient chacune la représentation d'une divinité , et qui vraisemblablement étaient consacrés à plusieurs dieux . Vous en pourrez observer de semblables dans les collections publiques.
Enfin lesautefetauroboliquesrqui servaient au sacrifice appelé taurohole (a) r et dans lequel on
(1) Un auterdece genre sert de bénitier dans IVglise de Loches ( rodre-cl Loire ) ; il est couvert de bas-reliefr.
(2) La manière dont ce sacrifice a?ait lieu mérite d'être in* rliqoée. On creusait dans la terre nue fosse que l'on couvrait de planches percées ; Is personne en faveur de laquelle arait lieu le sacrifice descendait dans la fosse et recevait sur ses habita, sur la téte , sur les yeui, dans la bouche et dans les oreilles , le sang de ra victime qu'on immolait sur cette espèce de plancher à Jour. La victime égorgée, les prêtres en* levaient le corps, et le purifié sortait delà fosse couvert de sang ; dès-lors il était régénéré pour vingt ana. Quelquefois un faisait ce sacrifice pour le salut des empereurs afin d'obte*
sacrifiait toujours un taureau, étaient ordinairement d'une dimension assez considérable (4 à 5 pieds de hauteur) ; leur face antérieure était décorée d'un bucrane (tète de bœuf), et d'une tête de bélier , ceints de bandelettes. On y trouve aussi assez souvent représentés les instruments du sacrifice , notamment une espèce de grand. couteau, secespita , muni d'un crochet vers l'extrémité supérieure. Le cippe offrait en outre des inscriptions qui indiquaient dans quel but le sacrifice avait eu lieu et par qui il avait été fait.
On connaît plusieurs autels tanroboliques dans le midi de la France (i). Le musée de Lyon en renferme un superbe , qui a été plusieurs fois décrit et dessiné (a).
nir pour eux une fie longue et heureuse.
Eo 1705 , on trou? a sur la montagne de Fourrière* à Lyon , un autel taurobolique qui avait été élevé ainsi que l'atteste l'inscription l'an 160 de notre ère , sous le règne d'Anton iole-Pleux , pour 1s santé de l'empereur et de ses enfants.
Il paraît que l'usage des taurobolcs n'est point antérieur au règne d'Antonio.
(1) Celui de Die, département de la Drôtne, a été décrit par M. Drojat, dans le volume des Mémoires de la Société des Antiquaires de France : plusieurs autels tauroboltques sont décrits dans le voyage de Millin.
(2) Des vases de différentes formes et divers instrumenta servaient habituellement aux sacrifices, tels que des préféricules,despatèreaet différents genres de pocula, des couteaux,
d'antiquités monumentales. 357
Autel d'Auguste a Lyon, — Outre les autels ordinaires, il y en avait quelques-uns de dimensions colossales : tel était le célèbre autel élevé à Lyon en Phonneur d'Auguste (1). On sait que la consécration d'Auguste fut le premier acte de son successeur , et que le sénat , après avoir mis cet empereur au rang des dieux , établit des prêtres pour desservir ses autels. Mais les provinces avaient prévenu cette apothéose d'Auguste , et lui avaient rendu les honneurs divins de son vivant. Long-temps avant sa mort , Lyon lui avait érigé un autel ; des temples lui avaient été consacrés par la communauté des villes de l'Asie (2).
Trois ans après la bataille d'Acthim , Auguste
etc. Ce* objets ont été figurés en grand nombre par Mont faucon, dans le tome II , 1". partie, de l'Antiquité expliquée. La bel le collection de vases d'argent trouvée à Bertbou ville, montre quelles étaient les richesses des temples en vases et en patères.
(1) Elien dit qu'il y avait à Rome un grand autel dédié à Hercule: « Ara maiima (dit-il) sub dio est , ibi plu ri ma offe- « runtur sacrideia , non die tant uni 9 sed totâ nocte ardet. »
Plasienrs villes ont emprunté leur nom des autels qu'elles ont possédés: Ara LapideatMi\\e de Pannonie , Ara Tuttla, dans la Corse, Arœ Murtiœ, ville d'Etrurie, Ara Pairensis, Patras, etc. Il est probable que ces autels étaient remarquables par leurs dimensions.
(2) V. Artaud , Recherche* sur les médailles au revers de l'autel de Lyoo. — Bouxignon , Recherches sur les antiquités de la Saintonge.
vint à Lyon y et créa cette ville métropole des soixante nations gauloises. A cette occasion on célébra des fêtes, on donna au peuple des spectacles , des jeux , et un autel fut érigé en son honneur par la reconnaissance d'uue ville qui lui devait l'importance dont elle venait d'être revêtue. Cependant la modestie ou la politique d'Auguste ne lui fit accepter les honneurs divins, qu'à condition que son nom serait associé à celui de la déesse Rotna , comme un symbole d'alliance entre le prince et la patrie.
L'autel de Rome et d'Auguste fut construit au confluent du Rhône et de la Saône , dont la jonction avait lieu à cette époque beaucoup moins loin du centre de la ville , et à peu de distance de l'église d'Ainay(i). Il n'y a peut-être pas de monument antique dont l'existence soit attestée par un aussi grand nombre d'inscrip-
(I) M. Artaud fait remarquer que le* temple* et le» autels des divinités totélairrs des provinces , regardés comme objets 1rs plus saints, étalent ordinairement situé* h l'entrée du pays et souvent dans des lies ou de» presqu'îles , au confluent de deux fleuves , afin de rendre les état» plus saerés et de les mettre à l'abri d'une invasion. De mon coté, j'ai soutent remarqué des ruines gallo-romaines au confluent de deux rivières, et il parait que nos ancêtres affectionnaient ces emplacements , peut-être aussi y attachaient-ils quelques idées superstitieuses indépendamment dea avantages que présentaient d'ailleurs de semblables positions.
d'antiquités monumentales. 35g
lions. Sirabon jmutIc de cet autel dans le passage suivant, relatif a la ville de Lyon.
« Lyon, bâti sur une colline, au confluent de <c la Saône et du Rhône , est sous la domination « des Romains. C'est la ville de la Gaule la « mieux peuplée après Narbonne ; elle se dis- « tingue par son commerce, et parce que les « gouverneurs envoyés de Rome y font battre « monuaie , soit en or , soit en argent. Devant « cette ville , à tendrait où la Saône se joint « au Rhône , est construit le temple que tous « les Gaulois en commun ont dédié à Auguste. « On y voit un autel magnifique sur lequel « sont gravés les noms de 60 peuples reprê- « sentés par autant de statues. Cet autel est « d'une hauteur considérable* On en voit « encore un autre qui est aussi très-grand* <( Lyon est la capitale des Segusii qui habitent c< entre le Rhône et la Loire (1). »
Il ne peut donc rester aucun doute , l'autel
(1) Post Narboncm , haec urbs maximè omnium Gailicarum , honinum frequentia pollet: prefeeti enira Roinanorum eo utuntur eroporio , monetamque ibi tàm aoream quàm argenteam cudunt : et templum ab omnibus communi aententiâ CaIJis decretum Caeiari Augusto, ante hanc urbem , ad concursum fluviorum est p* sitom. Aram habet hoc meinorabilem , eu m inscriptione geniiuui lx numéro, et imigincs singularum : item et aliam magnam. Strab,, liv. IV, §. 3.
3Go
avait été érigé avec le concours des 60 nations de la Gaule dont Lyon était la métropole ; ces nations étaient représentées par 60 statues. Il ne paraît pas douteux non plus , d'après le passage de Strabon qui vient d'être cite f qu'il n'y eût , au confluent du Rhône etcle la Saône, nonseulement un autel, mais un temple (1).
Quelle était la forme de l'autel ? comment était-il orné? Etait-il in aperto ou dans un édifice ? Voilà des questions bien naturelles et qu'il importe de résoudre ; des inductions puissantes nous permettront peut-être d'arriver sur ce point à une solution.
Quant à la forme de l'autel , rien ne saurait mieux nous éclairer que la médaille d'Auguste qui porte pour revers la représentation de ce monument. Elle montre aussi quelle était la disposition des ornements qui le décoraient. M. Artaud f après avoir soigneusement examiné
(I) On trouve sur les marbres et dans les auteurs anciens, ces différentes manières de désigner l'autel de Lyon : Sacerdos ad aram— ad aram Romœ et Augusti — ad aram Augusti — ad aram Çœsaris N. — ad aram Romœ et Augustnrum — ad aram Augustnrum — ad aram Cœsarum — ad aram ad confluent cm Araris et Rhodani — ad confluences Ara ri s et Rhodanl — ara Lugdunensis.
Pour le temple : Sacerdos ad templum Romœ et Augusti — ad templum Augusti — ad templum Romœ et Augusturum — ad templum Augustot um — ad templum Roma et Augg.
d' ANTIQUITÉS MONUMENTALES. 36 I
les médailles qui portent ce revers , et les avoir comparées les unes aux autres , est parvenu à acquérir des notions très-satisfaisantes sur l'autel d' Auguste.
C'était t à ce qu'il parait , un autel très largo et fort élevé, aux extrémités duquel étaient deux colonnes , surmontées de deux Victoires colossales de dix pieds environ. M. Artaud suppose qu'il n'avait pas moins de 30 pieds de haut. Vous vojex, pl. XL bis , fig. i , une représentation de cet autel restitué d'après les revers des médailles et l'examen de quatre colonnes placées dans l'église d'Ainay (i) , que l'on croit
(!) M. Artaud a mesuré lea colonnes de l'église d'Ainay , et leur a trouvé les proportions suivantes :
Le premier pilier doot le congé est antique , a en bas 3 pieds C pouces 6 lignes de diamètre , et en haut 3 pieds 5 pouces ; le second a en bis 3 pieds 3 pouces et en haut 3 pieda ; le troiaième a en bas 3 pieds 5 pouces 9 lignes et en haut 3 pieds t pouce; le n°. 4 a en bas 3 pieds 3 poucea, et en haut 2 pieds 9 pouces, y compris l'astragale qui eat antique.
Le premier pilier, y compris le congé et le filet du bas qui sont antiques, a 13 pieds 4 pouces 5 lignes de hauteur; le aecond a 13 pieds 7 pouces 9 lignes de haut ; le troisième pilier a 13 pieds I pouce 3 lignes de haut ; le quatrième pilier a 12 pieds 10 pour es ft lignes de hauteur. Eu rajustant ces quatre colonnes de manière h n'en former que deux, on trouve que l une aurait eu un fût de 20 pieda 2 pouces 6 lignes t et l'autre un fût dc2C pieds 2 pouces; que la première avait 3 pieds 4 pouces 7 lignes en bas , et 2 pieds 8 pouces en haut , tandis que la seconde avait 3 pieds 3 pouces 9 lignes à sa base,
formées des deux colonnes de l'autel d' Auguste , sciées par le milieu et divisées en deux parties.
Sur l'autel il y avait 8 trépieds, vraisemblablement d'un métal précieux , disposés symétriquement. Plusieurs de ces trépieds paraissent surmontés d'une pomme , les autres d'une couronne , symboles du culte d'Apollon ; deux autres au centre de l'autel supportent chacun une figure orbiculaire , qui 4 si l'on s'arrête à l'inscription de l'autel, Romœ et Augusto, parait signifier le partage de la souveraineté et de la divinité entre Rome et Auguste. Ces deux trépieds , pl. XL bis, figt 6, sont plus élevés que les autres; d'où on peut induire que le monétaire a voulu lelir donner une signification différente , ils occupent la place d'honneur et peuvent être considérés comme l'emblôme des deux divinités de Rome et d'Auguste. Ainsi les globes qu'ils supportent seraient l'image de la souveraine puissance et de l'empire céleste, tandis que les petits tré-
ra
jeux apollinaires ou augustaux (i).
et 3 pieds S pouces à 1s sommité.
II résulte de ces mesure* qu'il y a une colonne d'un diamètre un peu plus fort que l'autre : U longueur du fût de ces colonnes fait juger qu'elles sont d'ordre Corinthien.
Si J'osais émettre mon opinion , je dirais que je doute fort que tes colonnes dJmay soient telles de l'a util d'.lttgusêe. (I) Cette multiplicité de trepiedi ne doit point étonner
Sur le devant de l'autel , on voyait encore , d'après les médailles, deux trépieds et au centre la c ourorme de chéne entre deux branches de laurier , décoration qui se trouvait aussi sur la porte du palais impérial (i).
Ainsi tout s'explique dans cette décoration : les couronnes et les trépieds sont les emblèmes des jeux dont ils étaient les prix ; la figure de la Victoire, symbole agonal ou militaire , était destinée à redire aux siècles futurs la gloire d'Auguste ou celle des vainqueurs dans les exercices solennels. Les autres ornements rappe-
qusnd on se rappelle combien les ornements et les prit de ce genre étalent en honneur chez les anciens. Auguste Ut fondre des Mafues d'or et d'argent que ln flatterie lui avait érigées et les fit transformer en trépteis pour le» consacrer à Apollon. Virgile» Pline et Cicéron neus apprennent qu'on mettait plusieurs rangs de trépieds sur les autels en guise de candélabres; les trénieds devaient jouer un grand rôle dans les prli de poésie.
(I) On a été long-temps embarrassé pour se rendre compte de toutes les figures présrntaot entre elles de l'analogie qui ornaient le devant et la partie supérieure de 1 autel dans let médailles : leurs formes ne paraissaient pas présenter 4e otrac tère déterminé. Cependant on est enfin arriva comprendre que toutes ces figures semblables parfois* des comp.is plus ou moins ouverts, tantôt en guise de tables ou de niches plus ou moins arrondies, tantôt en forme de génies dont on croit voir la tétc, les bras et les jambe», ne sont que des variétés de trépieds gros?ièremeot indiqués, surmontés d'un globe , quelquefois d'une couronne , et souvent privés de l'un et de l'antre.
laient la puissance et les glorieux trophées des Empereurs.
La grandeur et la disposition de l'autel de Lyon font présumer à M* Artaud qu'il était disposé en forme de tribunal , sur lequel les juges pouvaient présider aux cérémonies des exercices littéraires , et distribuer publiquement les recompenses auxhiéronicesaugustaux( i ).L'action des deux Victoires surmontant les colonnes semblerait d'ailleurs l'indiquer. ( V. la figure 6 , planche XL ws ).
D'après la dimension présumée de Pautel d'Augustc,il serait difficile d'admettre qu'il fût à l'intérieur du temple dont parle Strabon ; il était très-probablement en avant de cet édifice. Selon toute apparence, le temple et l'autel se trouvaient renfermés dans une espèce de forum orné de portiques , et c'est peut-être une des causes qui ont fait souvent confondre le temple et l'autel d'Auguste (3). M. Artaud a essayé de rétablir le plan de ce temple et de cet autel , et quoique cette restitution soit peut-être un peu conjecturale , elle ne mérite pas moins cFêtre examû
(I) V. Mémoire cité sur les médailles au revers de l'autel d'Auguste.
(*) La plupart des antiquaires et des historiens ont confondu le temple et l'autel d'Auguste.
d' antiquités monumentales. 365
née : la voici telle que je l'ai tirée du plan général de Lyon antique dont je vous ai déjà parlé pl. XL bis , fig. 3.
Diaprés ce plan, deux statues équestres (s, s) s'élevaient sur le bord de la Saône, en avant de l'enceinte du temple. Puis venait le forum a, a, a, dans lequel on voyait le temple de Rome et d'Auguste (6) , et en avant de l'édifice , un autel(c).Un autre autel (d) se trouvait au-delà du temple que M. Artaud suppose avoir été périptère à deux façades. Ce dernier autel serait celui devant lequel on venait réciter des vers , et concourir au prix d'éloquence ou de poésie. Aussi a-t-on figuré derrière, des gradins disposes en demi-cercle , comme ceux d'un théâtre , pour les juges ou les auditeurs.
M. Artaud a très-bien démontré que , d'après Strabon, il y avait près du temple d'Auguste deux autels; car après avoir parle de celui dédié à llome et à Auguste, il ajoute : item et aliam magnam. Cet autre autel aurait, comme le pense M . Artaud, été élevé postérieurement au premier , après la mort d'Auguste. « Les habitants de « Lyon, dit-il, ou plutôt la communauté des « Gaules dut saisir l'occasion d'être agréable à <c Tibère , d'agrandir le culte de la divinité pro- « tectrice, et le local où les r< présentants des
30*6 cours
« soixante peuples devaient s'assembler tous les « ans , aux fêtes d'Auguste , pour la célébration « de leurs jeux fameux et la tenue de leurs foires « renommées ; ce ne serait que Tan 767 de « Rome , qu'elle aurait pu diviser le culte et la « dénomination de son temple et de son double « autel ; ce serait alors qu'elle aurait donné « plus d'éclat à ses fêtes augustales , à ses jeux « qui devinrent si fort a la mode sous Caligula , « et qui acquirent tant de célébrité à l'autel «c de Lyon. »
Ainsi l'autel le plus ancien était dédié a Rome et a Auguste , Romœ et Augusto ; le second , plus particulièrement a cet empereur. Dans la suite , l'autel d'Auguste devint celui des Césars ou des princes régnants ( 1 ) ; les augustalia furent aussi changés par Caligula en jeux gaulois ou jeux mêlés.
Pour revenir au plan restitué par M. Artaud ; à droite et à gauche de la place qui renfermait le temple et les auteb , étaient deux cirques ou
ce
tu
du corps.
(f) On ne peut douter que l'autel et le temple de Rome et d'Augure n'aient été appelés dans la suite autel et temple des Augustes ou des Césars ; on en peut trou fer la preuve dans ce qui est cité en note , page 360.
d'antiquités monumentales. 367
Le forum et* le temple d'Auguste devaient être situés tout près de l'église d'Ainay; et les blocs de pierre antiques employés dans la partie basse 'de la façade de cette église , pourraient même provenir des ruines du monument romain auquel elle a succédé (1).
Des fouilles pratiquées dans la Saône près d'Ainay , et dont M. Artaud a rendu compte dans un mémoire, prouvent d'ailleurs qu'il existe encore de précieux débris le long de cette rive. Cest là que fut trouvée aussi , dans le siècle dernier, la jambe de cheval en bronze que l'on voit au musée de Lyon , et qui provient, selon toute apparence , d'une statue équestre.
Vous trouverez peut-être trop longs , Messieurs , les détails dans lesquels je viens d'entrer sur l'autel d'Auguste à Lyon ; mais ce monument a joué un si grand rôle dans l'histoire de la Gaule , que j'ai cru devoir vous faire connaître en quoi il a dû consister. L'autel d'Auguste se rattache à la consécration des assemblées re^-
(1) Ces pierres sont évidemment antiques et portent encore la trace dea tenons qui servaient à les lier plua solidement : 00 croit généralement que les débris du temple d'Auguste ont été employés dans le moyen Age aux fondations des églises d'Ainay, de St.- Jean, de St.-Pierre , et à celles du pont de pierre.
308 cours lt
présentantes qui eurent lieu dans les Gaules durant l'ère gallo-romaine. Après la tenue de celle où les députés des provinces rendirent un décret pour consacrer en commun un autel à Auguste , Tan de Rome 741 , il y eut souvent des réunions du même genre; et si elles se tinrent quelquefois dans d'autres villes, tout porte à croire au moins qu'elles avaient lieu habituellement à Lyon, où se tenaient des foires célèbres , et où des fêtes et des jeux attiraient un grand concours d'étrangers. Plusieurs savants ont pensé que chaque année les soixante cités de la Gaule étaient représentées par des députés , aux fêtes qui se tenaient au mois d'août devant l'autel d'Auguste ( 1 ) , et qu'ils délibéraient sur leurs intérêts communs. Quoi qu'il en soit, plusieurs inscriptions attestent que dans ces assemblées les provinces des Gaules décernaient des récompenses nationales. C'est dans une pareille réunion que fut autorisée l'érection d'une statue en l'honneur de Titus Sennius Solemnis, prêtre de Mars, île Diane et de Mercure , dans la ville de Vieux , sa
(I) D'après M. Artaud , une inscription curieuse trouvée au Jardin des plantes de Lyon, atteste que les 60 nations Gtoloites, représentées chscune par trois députés , avaient leurs plicea marquées dana Tain phi théâtre de cette rille.
^ANTIQUITÉS MONUMENTALES. 36l)
patrie. Le marbre qui servait de piédestal à cette statue, et que j'ai déjà plusieurs fois cité dans nos conférences , fut retrouvé à Vieux dans le X\ I*. siècle ; les curieuses inscriptions qui le couvrent ont été plusieurs fois publiées (i); le marbre lui-même est aujourd'hui dans la ville de St.-Lo, entre les mains de M. Clément , ami des arts> qui le conserve religieusement.
Vous trouverez souvent t Messieurs , dans les inscriptions turaulaires, le titre de Sévir augustal attribué au défunt comme un titre très-honorable* Entre cent autres inscriptions, je citerai
(t) L'une de ces inscriptions atteste que les trois pro rinces de U Gaule avaient décerné ce monument à Titus Sennius Sole unis dans la cité de Vieux.