CHAPITRE VIII
Des temples.— Ils ont été très-nombreux en Gaule , mais il en reste bien peu debout. — Leurs formes. — Dénominations sous lesquelles ils ont clé désignes, suivant la disposition de leurs colonnes. — Intérieur des temples. — Maison carrée et temple de Diane à Nismes. — Maison carrée de Vienne. — Temples de Saiutes . de Périgucux , d'Autun , d'Izernore ( Ain ) , de Riez ( Bases-Alpes ) , etc. , etc. — Autel d'Auguste à Lyon. — Vestiges et débris de temples reconnus sur un très-grand nombre de points divers.
Quoiqu'il nous reste aujourd'hui bien peu de temples à explorer , ils ont été extrêmement nombreux dans nos contrées, sous la domination romaine , après l'importation du polythéisme grec.
Deux formes étaient consacrées pour ces édifices religieux ; le carré long et la forme ronde.
La première était le plus ordinairement employée, et c'est à elle que se rapportent la plupart des monuments de ce genre observés en France.
Les temples avaient reçu différentes deno-
d'antiquités monumentales. 3 17
minations , suivant la disposition des colonnes qui les décoraient (1) : ainsi on distinguait :
Les temples à antes ,
Les prostyles f
Les amphiprostyles ,
Les périptères.
Les diptères »
Les pseudo-diptères ,
Les Hypèthres ,
Les monoptères.
Les premiers n'avaient que des pilastres à leurs encoignures de face , et une colonne seulement de chaque côté de la porte ;
Les temples 'prostyles offraient quatre colonnes à leur face extérieure , et n'en avaient point de côté ni par derrière (pl. XL , fig. 8) ;
Les amphiprostyles avaient quatre colonnes en avant et quatre en arrière ( fig. g ).
Dans les temples périptères , les colonnes entouraient complètement l'édifice ( pl. XL , fig. n); elles étaient au nombre de six dans les façades antérieure et postérieure (a).
(1) V. VI truie, architecture» li?. III.
(a) Dana les temples pe>tptèree ronds les colonnes formaient an cercle autour des murs (pl. XL, flg. 10) et supportaient un toit en coupole. Le dôme du Panthéon , à Paris , peut donner l'idée d'un temple de celte espèce.
3 1 8 cours
Los temples psendo-péiiptcres ou faux pcriptères différaient des précédents en ce que les colonnes étaient engagées dans les murs la téraux cl dans le mur du fond au lieu de sVn détacher (pl. XL. fig. i4).
Un double rang de colonnes faisait le tour des temples diptères , dont huit colonnes décoraient les façades.
Les temples pseudo-diptères ou diptères incomplets différaient des précédents en ce que les colonnes du second rang étaient engagées dans les murs du sanctuaire.
Les temples hypèthres n'étaient point couverts; on y voyait deux rangs de colonnes au pourtour extérieur v et un seul rang au pourtour intérieur (fîg. î a) : leurs façades recevaient dix colonnes de front (i).
(I) Hypasthroa rero decastylns est In pronao et postico. Rfliqua omnla cadera habet qus* dipteros, sed interiore parte columnaa in altitudiuc duplices , remoîas à parictibos ad cir cuitionem, ut porticua periatyliorum. Médium auront aub dif« est t aine tecto , adituaque valraruiu ex ut raque parle in pro nao et postico. Vttruve , architecture , lib. III , cap. I.
M. Quat réméré de Quincy , d'après an examen approfondi du texte de Vitrure relatif aux temples hypèthres, soupçonne que cet architecte donne aur ces temple» dea nnHont théoriques et non historiques; il pense qu'on doit regarder romm>' hasardées les applications qu'on en a faites à plusieurs templ*' M Quatremère démontre que plusieurs grands temple- périp-
d'antiquités monumentales. 3 19
Enfin un temple mqnoptère oflrait simplement une coupole portée sur des colonnes disposées en rond; le sanctuaire n'était point fermé. On a imité ce type dans les lanternes ou petits temples élevés pour la décoration de nos jardins.
Il résulte de ce qui précède que dans tous les temples , excepté dans les monoptères , on trouvait une partie fermée ou sanctuaire ; que dans beaucoup de temples il régnait autour de ce sanctuaire des galeries ouvertes , espèces de portiques pour la décoration extérieure de l1 édifice. La partie close était désignée sous
térea avalent dea colonnes à rjntérieor , mais qu'Ile ne devaient pua pour cela être dépourvue de toiture , comme on Ta anppoaé.
Les parole* de Vitruve elles-mêmes ne diaent pas qne le temple hvpèthre fût complètement découvert , mais seulement que le milieu était a ciel ouvert : JUtdlum autem tub divo ut sine tecto or , ces expressions n'établissent pas l'absence de toit pour la cella tonte entière.
Sans nier absolument qu'il y ait eu dea temples hypètbres M. Quatremère prétend que noua n'a ton a pas de preuves de la véritable disposition de ces temples dont Pausanias n'a rien dit et sur leaqnela le teste de Vitruve eat trop peu explicite ponr ne paa noua laisser dans une grande incertitude. L'architecte romain convient d'ailleurs qu'il ne connaissait paa de temple hypèthre à Rome, ha jus au/tm êxemplar Jtomœ non — V. Mémoire aur la manière dont lea temples antiqnes étaient éclairée , par M Quatremère de Quiney , mémoires de l'institut , tome III*.
3so couïis
le nom de cella ou de naos. C'était là que se trouvaient l'autel , et la statue du dieu en 1-honncur duquel le temple était élevé.
En avant de la cella , derrière les colonnes de la façade * était le pronaos ou vestibule, dans lequel était pratiquée la porte d'entrée : Vextrémité opposée du temple portait le nom de posticum ( pl. XL f fig. 9). Quelquefois on ménageait , a la partie postérieure de la cella, une pièce destinée à renfermer le trésor du temple , et qu'on désignait sous le nom d'opis thodomos (B, fig. 8).
Les colonnes étaient toujours en nombre pair dans les façades des temples; et suivant qu'on en comptait quatre, six, huit ou dix, les temples prenaient la dénomination de tetrastyles (à quatre colonnes ) , hexastyles (à six colonnes), octostyles { à huit colonnes)» ou de décastyles ( à dix colonnes ).
Dans les temples périptères, les colonnes latérales étaient en nombre impair ; et , selon Vitruve, les faces latérales de l'édifice devaient offrir deux fois autant dVntrecolonnements que la façade. Ainsi , un temple tétrastyle qui avait trois entrecolonnements à la façade , en offrait six dans les côtés , et par conséquent sept colonnes ; un temple hexastyle qui avait cinq cn-
d'antiquités MONUMENTALES. $21
trccolonnemcntsde face, en avait dix avec onze colonne», de cété ; un octostyle avait latéralement quatorze entrecolonaemcnts et quinze colonne» ; au reste , on n'a pas toujours suivi scrupuleusement cette règle , les colonnes de côté sont parfois plus nombreuses, on les trouve aussi en nombre pair ( i).
Les temples étaient presque toujours élevés sur des gradins , ce qui leur donnait plus de grâce et d'élégance.
Enfin certains temples étaient entourés d'une enceinte peribolos , ou précédés d'une cour fermée, quelquefois ornée comme un portique, et dans le pourtour de laquelle se trouvaient les logements des prêtre».
La cella avait habituellement en longueur > deui fois sa largeur (a) , mais on n'observait pas toujours cette proportion , et l'on a remarqué des variations très-notables dans les dimensions de cette partie des temples et dans celles du pronaos»
Nous avons vu que dans les temples hypèthres la cella restait à découvert ; elle était aussi plus longue que dans les autres temples , et chaque
(1) On appelait ailée , tes colonnade* lattoatea des temph*. (1) Vit rate, architecture, Ut. III.
extrémité avait une entrée et un pronaos. Les temples hypèthres avaient souvent à l'intérieur deux étages de colonnes , superposés , formant ainsi deux galeries , comme dans les basiliques.
L'intérieur des temples était en général plus simple que l'extérieur ; les murs de la cella peu chargés de sculptures , étaient quelquefois peints , ainsi que ceux du pronaos.
La statue du dieu , en bronze , en marbre ou en pierre , se trouvait au fond de la cella , sur un piédestal un peu plus élevé que l'autel , et faisait face à la porte d'entrée. En général , les temples étaient tournés vers l'orient , comme les églises chrétiennes ; Vitruve prescrit cette orientation du temple et de la statue , « afin , «r dit-il , que ceux qui prient ou qui sacrifient « au-dehors , envisagent tout à la fois le temple a et l'orient, en même temps que les dieux « sembleront se lever , et, comme des astres, « s'avancer de l'orient pour les regarder (i). »
On plaçait quelquefois , pour l'ornement ,
(t) Signum quod erit in cellA collocatum apectet ad t espertinam cœli regioncm ; et Ita rota auacipientea contueaotur atdetu et orieotem cœli ipsique ainaalacra videantur exorieolia intueri aupplicaiitca et aacriflcaotea. y arme , architecture lib. 111.
d'antiquités MONUMENTALES. 3:2.1
cl-ns la cW/rt ou dans le pronaos, des statues qui se rattachaient plus ou moins directement à la divinité principale.
Un grand nombre de voyageurs et d'écrivains ont pensé que les temples ne recevaient de jour que par la porte , et qu'ils étaient dépourvus d'ouvertures pour éclairer l'intérieur.
Le silence ganlé par Vitruve sur l'intérieur des temples , sur leur toiture , sur les moyens employés pour y faire parvenir la lumière , et Fétat de ruine dans lequel se trouvent la plupart de ceux qui nous sont parvenus , ont sans doute porté à admettre cette assertion ; mais , au lieu de la généraliser ainsi , il faut la restreindre aux temples dont la cella avait peu d'étendue.
M. Quat remère de Quincy a démontré par des autorités sans réplique et des exemples dont l'authenticité ne peut être contestée , que l'intérieur des grands et des petits temples circulaires était éclairé par des ouvertures dans la voûte, par des fenêtres , par des grillages , des treillis ouchlatra, et parla porte; que les petits tt les moyens temples quadrangulaircs ne devaient pas être plus obscurs ; qu'il s'en trouve aussi avec des fenêtres ; que ceux qui n'en ont pas ne présentent qu'une cella de modique étendue ; et que la porte de ceux-là devait , selon le pré-
cepte de Vitruve t avoir en hauteur près de deux tiers de la hauteur intérieure de la cella, c'està-dire ao pieds d'ouverture pour 35 d'élévation, et pouvait ainsi donner une clarté suffisante à des pièces qui, dans cette proportion, n'avaient pas plus de 3o pieds de profondeur (i).
Il ne faut pas croire que les temples aient été très-vastes ; beaucoup d'entre eux avaient même de fort petites dimensions ; ce qui s'explique facilement par la connaissance des usages religieux et de l'exercice du culte chez les Anciens. M. Quatremèrede Quincy a trèsbien démontré qu'il n'était pas nécessaire que les temples fussent d'une étendue considérable , parce que l'exercice du culte était individuel ; que chacun avait ses jours de sacrifice ; tandis que dans le Christianisme l'exercice du culte est collectif. Ainsi donc , ajoute le savant académicien , c'était a briller , à paraître audehors , à frapper la vue par la décoration extérieure , que l'architecture antique faisait consister le principal luxe de ses temples ; parce que, d'une part, le plus grand nombre des cérémonies et des pratiques se passait en-dehors ,
(1) Mémoire cité, tome 3*. des mémoire! de l'Iottitut, Ctawe d'hlitoire.
et que , de l'autre , le culte intérieur n'admettait pas le concours du peuple (i).
Quelques temples étaient voûté»; d'autres avaient une charpente et un plafond en bois : le toit toujours à double égoût dans les temples carrés-longs , était formé de dalles en pierre ou en marbre , de tuiles , et quelquefois de plaques en métal. On sait que certains temples avaient des charpentes en bronze f et que plusieurs étaient couverts de plaques du même métal.
Tout porte à croire , comme je Fai déjà dit t que des ouvertures pratiquées dans les toits et les plafonds des temples , donnaient accès à la lumière dans l'intérieur de la eella.
(I) La plupart des temple* ne comportaient que ce que nous appellerions , relstlvemeot à nos usages, nne petite nef, et lorsqu'on retire de 1s dimension de ces édifices si majestueux à l'extérieur remplacement qu'occupait le pronaos, celui des ailes latérales, celui du posticum et l'espace consacré h la pièce opisthodomos, lorsqu'elle existe , 1s eella se trouve réduite a des proportions souvent bien inférieures à celles de noa petites églises, if. Quai remère de Qmncy , mémoire cité.
M. Quatremère fait Judicieusement remarquer que nous aurions moins de pertes a déplorer si ls disposition des temples payées avait permis de les faire sertir A la pratique des rites de la nouvelle religion. L'état d'abandon et d'inutilité où ils furent rédoits contribua beaucoup s leur destruction ; ils restèrent vacants et déserts , et nul intérêt actif et jouroslicr ne veillant a leur conservation, ils devinrent la proie du temps et des sgeus de destruction.
Examinons maintenant quelques-uns des temples antiques qui nous restent en France , et faisons l'application de ce qui précède sur l'ordonnance de ces édifices sacrés.
Maison caruéf di: Nijmes. — Le temple connu à Nismes sous le nom de maison carrée, est un temple pseudopériptère hexastyle , d'ordre corinthien ; en eflet on y voit six colonnes de face au péristyle ( fig. 1 3 ) , et les colonnes du pourtour sont engagées dans le mur de la relia. L'édifice a 72 pieds de longueur sur 36 environ de largeur. Les colonnes de coté sont au nombre de 1 1 , en comptant deux fois celles des angles; huit de ces colonnes sont engagées dans les murs de la cella ( V. la pl. XL , n°. 1 f\ ) , et trois qui soutiennent le pourtour du péristyle sont isolées ; ainsi la profondeur de ce dernier est de 3 entrecolonnements : on y monte par un escalier de 1 2 marches.
Le jïombrc des colonnes dans tout l'édifice est de 3o , dont 20 engagées dans le pourtour de la cella et 10 dégagées autour du pronaos(i). Elles sont ornées de 24 cannelures ; leur diu-
(I) Ce pronaos a dans œuvre enviroo 18 pieds de profondeur sur 29 Uc brgeur.
d'àNTIQUITÉS MONUMENTALES. 32-J
mètre eêt de 2 pieds 3 pouces et quelques lignes ; leur hauteur, de 27 pieds 9 pouces. Les entrecolonnements ont un peu moins de deux diamètres (1). Un stilobate continu , de 5 pieds de hauteur au-dessus du sol environnant , sert de piédestal aux colonnes latérales et à celles du posticum.
L'architrave présente trois bandes , au-dessus desquelles se développe une frise ornée de rinceaux. La corniche offre une singularité remarquée par tous ceux qui ont parlé de cet édifice , c^est que les modillons sont placés à rebours , et que le sculpteur a fait paraître en avant la partie par laquelle ils sont ordinairement attachés à la corniche.
La frise n'était point ornée de rinceaux dans la façade , parce qu'elle portait une inscription formée de lettres en bronze fixées sur la pierre au moyen de crampons faisant corps avec les lettres : les trous qui ont reçu les crampons sont visibles encore. M. Séguîer et quelques autres savants ont essayé de deviner , à l'examen de ces trous , quelles lettres étaient entrées dans
(I) L'cnt recolon nement au milieu de 11 façade cat un peu plus large que lea autrea, ainsi que cela a?ait lieu habituellemeut.
la composition de 1' inscription , afin de la rétablir (i).
La porte de la cetta es! haute de 22 pieds et large de 10 ; elle devait servir en même temps de passage à la lumière, à moins que Ton n'admette qu'il y avait une ouverture dans le toit , ce qui est douteux. Cette porte est ornée de pilastres, au-dessus desquels on remarque deux pierres saillantes percées chacune d*un trou , qui avaient , comme on le croit , servi à suspendre les battants de la porte antique ; les extrémités de la traverse du chambranle reposent sur deux consoles.
L'édifice parait avoir été couvert d'une charpente , et il n'y a pas Heu de supposer qu'il ait été voûté en pierre.
Les fouilles faites autour de la maison carrée , depuis 1821 jusqu'à ce jour , ont fait découvrir
(f)La version proposée par M. Séguier tend h établir que ce temple avait été dédié aux ûls adoptifs d'Auguste, Catos César et Luciua César , la première année de l'ère chrétienne; il résulte des corrections proposées par M. Auguste Pelet, à la version de M. Séguier , que l'inscription se rapporterait au contraire aux fils adoptifs d'Antonio , M irc-Aurèle et Lucius Vérua, ce qui s'accorde beaucoup mieux avec la date présumée de l'édittce. Son style annonce en effet bi en plutôt le temps de Marc-Aurèle que le siècle d'Auguste , et d'ailleurs on a la preute que l édiflce est fondé sur des constructions antérieures et qu'il n'a fait que succéder à d'autres.
d'antiquités monumentales. 329
les soubassements de diverses constructions , avec des bases de colonnes ; d'où il résulte que le temple qui subsiste était à l'extrémité d'une place carrée probablement entourée d'un portique , comme un forum.
Temple de Diane.— Nismcs possède un autre édifice que Ton désigne vulgairement sous le nom de temple de Diane ou de temple de la fontaine, parce qu'il est bâti au bord de la fontaine qui alimentait les thermes dont j'ai parlé précédemment (page 55 ) (1).
L'édifice est bâti en pierres énormes , sans ciment , et liées avec des crampons. Il a dans œuvre 42 pieds de longueur sur 39 de largeur. On y entrait par une porte cintrée haute de ao pieds et large de 1 1 , qui était surmontée d'une fenêtre carrée.
On avait pratiqué dans les murs latéraux du monument cinq niches hautes de 8 pieds , larges de 4 * et ayant un peu moins de 2 pieds de profondeur : elles sont surmontées de frontons alternativement arrondis et triangulaires. Deux autres niches semblables sont pratiquées
(I) Cette foutaise est au pied du côteau sur lequel s'élève la tour Magne.
COLRS
dans le mur en retour , des deux côtes de la porte d** entrée. Des colonnes composites décoraient le mur entre les niches ; elles étaient au nombre de 1 6 et supportaient un entablement et une corniche denticulaire. Ces colonnes étaient unies et sans cannelures; leurs chapiteaux variés se distinguaient tous les uns des autres par quelques différences.
L'édifice était voûté en demi-cercle; des arcs doublcaux , parallèles et massifs fortifiaient l'intrados de cette voûte ; l'extrados était recouvert de dalles habilement ajustées , et formait dos d'âne, de sorte qu'une partie inclinait en avant du temple et y déversait les eaux pluviales , et que Vautre partie inclinait en arrière.
Il parait que le pavé était en mosaïque. Enfin des deux cotés, sur chaque aile du temple, existait une galerie voûtée comme la partie centrale de r édifice , mais avec cette particularité que la voûte était divisée longitudinalemcnt en trois parties de hauteurs différentes (i).
(1) La partie de la voûte la pins rapprochée de la façade s'élevait à peu près au même niveau que la voûte centrale , c'était la plus longue; la seconde partie s'abaissait d'une toise j la troisième était plus basse encore. V. Antiquités de Msmrs par Mena ni.
d'antiquités moniimfntat.es. 33 I
En avant de la façade actuelle s'élevait un porche formé de trois portiques , dont l'un au centre correspondait à rentrée du monument , et les deux autres , à des niches pratiquées de chaque c^té de la porte et dans lesquelles étaient probablement des statues*
M. Grangeant, ingénieur en chef, qui a récemment dirigé les fouilles pratiquées pour reconnaître cette disposition , pense que la façade s'élevait au-dessus d'un perron auquel on montait par quatre marches. Elle était décorée de quelques colonnes dont j'ai vu les bases en place lors de mon passage à Kismes , et qui ont dû être mieux dégagées encore depuis cette époque.
Vous voyez par ce- qui précède , que cet édifice offre des dispositions , assez singulières et qui s'écartent de celles des temples : aussi plusieurs antiquaires Vont-ils regardé comme une dépendance des thermes qui se trouvaient près de la, ou comme une espèce de nymphœum (i).
(I) Les nymphées fur le*q'iol.i j'ai fort peu de détails , étaient dédiés aux nymphes el quelquefois à d'autres divinités; ils étaient souvent situés au pied des montagnes, et souvent on voyait jaillir des sources près de ces édifices qui imitaient parfois dea grottes.
Maison carré*: de Vienne. — La maison carrée de Vienne est , comme celle de Nismes , un temple hexastyle , d'ordre corinthien. Sa longueur est d'environ 60 pieds (1) , sa largeur de 4 1 (2), sa hauteur, jusqu'à l'extrémité du fronton , de 45 pieds. Les colonnes ont 3 pieds de diamètre, et 10 mètres 75 centimètres de hauteur , y compris le chapiteau et la base ; elles sont au nombre de 8 dans les faces latérales ; l'entablement a , de hauteur, 2 mètres 27 centimètres. Les colonnes furent engagées dans une muraille , lorsqu'on transforma le monument en église chrétienne (en ioi5). On ne se borna pas alors à cet acte de barbarie ; on rogna encore les fûts de manière à faire disparaître les cannelures dont ils étaient ornés. Le temple de Vienne , qui n'a pas la même élégance que celui de Nismes , a été f comme ce dernier, transformé en musée d'antiquités: on
(1) 19». M, d'après M. Bey.
(2) 13ra. 60.
(3) La bibliothèque publique s'y trouve aussi placée. Les livres sont rangés sur une espèce de balcon qui fait le tour de l'édifice et auquel les lecteurs accèdent par un escalfer extérieur : c'est là qu'ils s'établissent pour travailler. Ce balcon produit le plus mauvais effet ; il faut espérer qu'on le fera disparaître et qu'on disposera pour les livres un local plus conunablc.
d'antiquités monumentales. 333
On croit que plusieurs autres temples existaient à Vienne : Yun cTcux devait être d'une grande magnificence , à en juger par une inscription bien connue , qui parle de tuiles en brome doré données par une flamme (i) avec des statues et divers ornements. De nombreux fûts de colonnes en marbre , trouvés sur un point de la ville où Ton pense que ce temple existait , sans aucunes bases ni chapiteaux , portent à penser que les chapiteaux et les bases de ces colonnes étaient en bronze.
Dans un autre quartier , Vienne possédait un temple de Mars et de la Victoire; des vestiges de ce monument ont été trouvés à diverses époques dans remplacement du cimetière actuel : en 1 817 , on tira encore de cet endroit plusieurs bases en marbre blanc, d^une grande dimension , et d'autres morceaux plus ou moins précieux (2).
(1) Femme d'un prêtre (lamine; les femmes des flamines étaient soumises a quelques devoirs particuliers ; elles figuraient dans la célébration de certaines cérémonies religieuses.
Voici cette inscription : >
D D FLAMINICA VÎKNNAE TBGVLA8 ABNEAS A V HATAS CUM CARPY8CVMS ET VE8TITVRI8 BASIVM ET SIGNA CA8TORI8 ET POIXVCIS CVM EQV18 ET 8IGIVA HERC\LI8 ET MERCVR1 !>. 8. D.
(2) M. Rey , Guide des étrangers h Vienne. — Suivant la lé-
334 cours
Temple de Saintes, — En 1816 1 radminiat ration municipale de Saintes ayant fait aplanir un terrain vague qui était compris dans l'enceinte de la ville antique , on mit à nu 1rs soubassements d'un temple, et Ton retrouva les premières assises des murs et des colonnes
de la ce lia.
Lorsque je passai à Saintes i4&ns après, il ne restait plus en place que cinq bases de colonnes ; les murs de la cella avaient complètement disparu. Ma première idée fut que ces débris, rangés sur la même ligne, avaient décoré extérieurement la cella d'un temple périptère ou pseudo-périptère (1) ; je nVem-
gende de St.-Sever, ce Mint aérait détruit un panthéon aor remplacement duquel aurait été élevée l'église de St.-Etienne, qui, démolie en partie, sert aujourd'hui de magasin à fourragea.
(f) M. de Crazannes dit positivement dans son outrage sur les antiquités de Saintes que ces colonnes décoraient Tintérieur d'une cella , et que ce temple étsit prostyle ( V. p 32 ). J'ai peine à me figurer qu'il en ait été ainsi et je suppose que le temple de Saintes étsit a peu près disposé comme celui disernore, dont il va être question tout-à-l heure. Au reste, c'est un doute que Je soumets h M. de Craxannes , n'ayant point visité comme il a pu le faire , les vestiges du temple à l'époque où l'on voyait les mura de la cella. Une chose A remarquer, c'est que l'intervalle entre les pilastres des angles et les colonnes latérales étsit d'un entrecolonnement 1|2 , écartement qui pourrait faire supposer qu'il y avait deux façades; peut-être le temple était-il pseudo-périptère amphiprostyle.
d'antiquités monumentales. 335
pressai de mesurer ces colonnes qui pouvaient disparaître d'un jour à l'autre (i) , et je kur trouvai 22 pouces de diamètre au-dessus des tores de la base , et 36 pouces y compris ces tores. Elles reposaient sur des massifs carrés de 3 pieds 2 pouce», en blocage , qui devaient être de niveau avec le pavé (2).
Aux encoignures , les colonnes étaient remplacées par un pilastre présentant un angle droit d'un côté , et de l'autre deux demi-colonnes ayant le même diamètre que les colonnes pleines (22 pouces). Je mesurai et figurai un de ces pilastres, que j'ai reproduit pl. XL bis , n°. 1 ; chose remarquable , il était fait de deux morceaux réunis par des tenons en queue d'arondc ( V. la planche ) , ce qui semble annoncer peu de soin dans le choix des matériaux. Les côtés droits de ce pilastre avaient 3o pouces de largeur (3).
D'après M .de Crazannes, qui avait vu les ruines de ce temple long-temps avant moi et à une
(1) Depuis cette époque tout a été enleré, malgré les réclamations de MM. de Crazannes et Moreau.
(2) Les entrecolonnements étaient de deux diamètres environ.
(3) Le but que l'on s'est pioposé en employant ces pilastres était de fortifier les encoignures. On en connaît plusieurs exemples.
époque où elles étaient moins dégradées , la cella aurait eu 5o pieds de longueur, et 4 colonnes un peu plus fortes que les autres décoraient le péristyle quixlevait être hexastyle en comptant les pilastres remplaçant les colonnes aux angles: l'édifiée était d'ordre dorique , ainsi que paraissaient l'attester des débris de frise et de chapiteaux trouvés dans le voisinage.
Or, le diamètre de 22 pouces tlonnerait pour la hauteur d'une colonne dorique un peu moins de i5 pieds ; en ajoutant 5 pieds pour l'entablement, nous aurions à peine 20 pieds pour la hauteur totale de l'édifice ; d'où nous pouvons conclure que ce temple n'était pas d'une grande importance. Je ne pense pas d'ailleurs qu'il fût aussi ancien qu'on le suppose (1) ; la plupart
(!) Plusieurs antiquaires se basant sur cette partie de l'inscription gravée sur l'arc de triomphe de Saintes : kvfvs
8ACFRDOS ROM/E BT AVGVSTI AD A RAM QVjE EST AD COK-
flvemtem, ont cru que le temple dont il fient d'être question était celui dont il est fait mention dans l'inscription. Mais vraisemblablement le temple et le confluent dont il est pnrltt n'appartiennent point à la Mlle de Saintes, mais à et lie de Lyon. La grande quantité d'inscriptions de Lyon , qui ae terminent de même ,1a célébrité de l'autel du temple de Koine Ct d'Auguste souvent désigné ad eonjluentem i , parce qu'on sous-entendait Ara ris et Rhodani, sont autant de preuves que cette dénomination était unique et appartenait eicluaiveinrnt au fameux autel de Lyon : aussi paralMl trèspiobable <\<te Tinscriptiou de Satutrs est relative à un certain Julirs llufu*,
d'antiquités monumentales. 337
des fragments que j'ai vus à Saintes ne sont pas, je crois, antérieurs aux Anton iris , et plusieurs doivent être d'une époque encore moins reculée*.
Le paré du temple était composé d'un ciment mêlé de brique pilée et recouvert cPon enduit de chaux. On a retrouvé sur ce pavé de nombreux morceaux de verre de différentes couleurs et des marbres, qui avaient été incrustés dans les murs de la cella. Ces murs étaient formés <Tun blocage à bain de chaux et parementés à lYxtérieur en moellon smillc. Ils avaient encore 4 pieds de hauteur , lorsque l'édifice a été déblayé en t8i6*
Des* chapiteaux corinthiens et diverses sculptures appartenant au même ordre, exhumés à différentes reprises , font supposer qu'il y avait d'autres temples dans la ville de Saintes.
Temple dIzernohe (Ain). — Les restes du temple d'Izernore (1) , département de FÀin , peuvent servir, je crois, à expliquer la dispo-
Intendant des travaux- ci tilt et militaires de ce pays» et prêtre à l'autel de Rome et d'Auguste à Lyon, au confluent du Rhône et de la Saâne.
(f) lzernore a dû être une ville d'ane certaine importance; on y. â trouvé de* mosaïques , des peintures à fresque , d<s bai us composés de plusieurs salles décorées de marbre , et pîusfeurs autres débris d'anciens édifices.
338 cours
sition âe celui de Saintes : les angles en étaient aussi composés de pilastres ayant leurs faces intérieures garnies de colonnes engagées (Voir la fig. 3, pl. XL bis). Trois de ces pilastres encore debout ont avec leur piédestal plus de vj pieds i\i de hauteur, non compris le chapiteau qui est détruit. On ne peut douter que le temple d'Izernore n'ait été périptère ; car des fouilles ont fait reconnaître le mur de la cella formant un carré au milieu des quatre pilastres angulaires du péristyle.
Tout porte à croire qu'il avait six colonnes à la façade , et qu'on montait a la cella par des degrés ; les colonnes du pourtour reposaient sur un stylobatc. La fig. a, pl. XL bis, offre le plan restitué de l'édifice : les bases des colonnes sont
d'ordre
Temple de Périgueux. — Ce n'est pas sans incertitude que je vous indique la construction circulaire connue à Périgueux sous le nom de tour de Vé&one , comme ayant été la cella d'un temple périptère rond, ainsi que M. deTaillefert l'a prétendu. Cependant» comme aucune autre destination n'a pu lui être assignée jusqu'ici , je ne crois pas devoir infirmer une opinion qui
d'antiquités monumentales. 339
parait avoir été généralement acceptée. Quant à l'époque à laquelle on doit faire remonter l'édifice , il m'est absolument impossible de tomber d'accord avec le savant antiquaire de Périgueux : loin que j'y voie un monument du temps d'Auguste, je ne doute pas qu'il ne soit de deux siècles au moins postérieur.
Le dessin que vous voyea pl. XL bis , fig. 4 — 5 , représente la tour de Vésone telle qu'elle existait lorsque je l'ai visitée , et je ne pense pas que depuis cette époque elle ait subi aucun changement notable.
C'est y comme vous le voyez , un édifice circulaire , offrant d'un coté une large brèche dans laquelle on suppose qu'était la porte précédée d'unj»ronao& ou péristyle surmonté d'un fronton, comme on en voit un au Panthéon de Rome ( 1 ) .
Cet édifice a 53 pieds de diamètre dans œuvre; il est construit en ample c ton avec revêtements intérieurs et extérieurs de petit appareil régulier (a). Les murs ont 5 pieds d'épaisseur.
(1) Le panthéon se compose, comme on le Mit, d'ant rotonde précédée d'un péristyle corinthien octostyle qui fat élevé par Agrippa , gendre d'Auguste; il était dédié à tous les dieux. C'est aujourd'hui une église. Le Jour entre dans ce temple par une ouverture circulaire de 2? pieds de diamètre t ménagée ait sommet de la rotonde.
(2) Quelques parties de la maçonnerie qui paraissent avoir été refaites , offrent des in uuifs de pierres et de hriques.
34o COURS
A 1 3 pieds au-dessus du sol actuel se distingue une rangée horizontale de a5 pierres carrées de grande dimension , placées à des intervalles égaux , et qui suivent ce qui reste de la circonférence de Pédifice : à Pcxtérieur elles n'ont aucune saillie ( AA , pl. XL bis , fig. 4 ) » mais à Pintérieur ( BB même planche ) elles dépassent le parement du mur d'un pied et demi environ.
Plusieurs cordon9 de briques existent dans la maçonnerie : le premier se trouve à 43 pieds du sol ; il est formé de deux rangs de briques : immédiatement au-dessus de ce cordon s'étend une ligne de trous éloignés également les uns des autres, et qui ont environ chacun 22 pouces de profondeur, 16 pouces de hauteur et 14 de largeur, on en compte a3 (CC pl. XL £us,n°.4) parcourant à peu près les 3|4 àc la circonférence de Pédifice: M. de Taillefert croit que ces trous recevaient Pcxtrémitédcs poutres qui par Pautre bout reposaient sur les colonnes du péristyle circulaire^ b) , et qu'ils servaient ainsi à supporter
(1) Ces trous sont consolidés par de petites voûtes arec des clavaux alternatifs de pierres et de briques bordes d'un cordon en brique : uimî ou plusieurs briques horizontales supportent les quelques pierres reinpfissant le tympan de ces petites arcades. V. la flg. D, pl. XL bis.
Pentablement du portique. Au-dessus de cette rangée de trous existent quatre cordons de briques, à des intervalles inégaux ; entre le premier cordon au-dessous des trous dont nous venons de parler et le second E E , composé de deux rangs de briques, il y a 1 3 pieds i o pouces d'intervalle, 3 pieds 10 pouces entre le second et le troisième FF composé d'un seul rang de briques , 4 pieds io pouces entre le troisième et le quatrième G G , enfin 3 pieds 8 pouces entre le quatrième et le cinquième 1IH.
Si maintenant nous réunissons toutes les mesures qui viennent d'être indiquées, nous trouvons que le mur, à partir du sol actuel, 372 pieds de hauteur.
Depuis le premier cordon jusqu'au sommet du mur, on remarque une multitude de crampons disposés en lignes horizontales et à peu près parallèles. Ces crampons ont dû vraisemblablement servir à supporter un revêtement. Les débris nombreux de marbres de diverses couleurs trouvés dans les fouilles qui ont été faites , et mieux encore la découverte d'un fragment appliqué sur un enduit de ciment et retenu par deux ou trois crampons à côté de la brèche à l'extérieur de la tour , viennent confirmer cette opinion. On a trouvé des fragments de marbre
qui présentent une surface un peu concave , d'autres une surface convexe , d'autres enfin qui paraissent avoir appartenu à des carreaux. Il est permis d'induire de tous ces faits que le parement de Tintérieur et de l'extérieur de l'édifice était revêtu en marbre.
Les crampons dont nous venons de parler ne se rencontrent que sur le parement extérieur du mur , au-dessus du premier cordon de briques ; mais si l'on fait attention aux lignes de trous placés horizontalement, au-dessous de ce niveau aussi bien que sur le parement de l'intérieur , on est conduit a penser qu'il a dû exister des crampons partout ( i ). Plusieurs crampons offrent une double tète ou la disposition d'un T ; ils servaient sans doute à assujettir en même temps deux morceaux de marbre. Ces placages étaient d'ailleurs incrustés dans un enduit de ciment qui recouvrait tout l'appareil , et dont on voit encore quelques traces (a).
(1) Ce mode de fixer de* placages en marbre a l'extérieur de» mura a été rois souvent en usage pour l'intérieur des appartements (thermes, palais, maisons de campagne); il parait que la porte dorée de Fréjua , qui est en petit appareil comme la tour de Périgueux , avait aussi été revêtue de marbre fixé arec des crochet*. Millio rapporte qu'il a tu encore quelquesuns de ces clous dsns la maçonnerie de cette porte.
(2) Il est possible que les marbres du placage, dont on a
d'antiquités monumentales. 343
Les fouilles que Ton a faites au pied de l'édifiée ont amené la découverte d'un gros mur ou soubassement circulaire dont la construction est la même que celle de la tour , et qui a environ 6 pieds 2 pouces de largeur ; tout porte à croire que c'était le soubassement des colonnes du péristyle: en admettant que ces colonnes supportassent un entablement placé à la hauteur des trous dont nous avons parlé et qu'elles fussent d'ordre corinthien , elles auraient eu 4 2 pieds de hauteur sur 4 pieds 2 pouces de diamètre.
M. de Taillcfert pense que l'intérieur de la cella était divisé en deux étages, dont un aurait été à la hauteur des pierres en encorbellement BB/I1 fait à ce sujet des raisonnements que je ne crois pas devoir reproduire ici. Il importe seulement de vous faire comprendre la disposition de ce temple circulaire qui offre dans son état actuel une ruine assez importante enc ore.
Vestiges d'autres temples a Périgueux.— Une légende nous apprend qu'à la place où s'élève aujourd'hui l'église de St.-Etienne ,
trouvé plusieurs espèces au pied de la tour , aient été disposés de manière à former des zones horizontales de couleurs différentes.
existait autrefois un temple consacré au dieu Mars(i). On ne retrouve plus dans l'enceinte de l'église aucun vestige du monument ; mais , lors des fouilles qui furent faîtes en 1 8o5 , par l'acquéreur de la partie ruinée à l'ouest , pour extraire des pierres de taille , on fit la découverte d'une énorme quantité de matériaux antiques , parmi lesquels se retrouvèrent des fragments de marbre et de granité.
Péri gueux dut encore renfermer d'autres temples : nous voyons par la légende de saint Clair que, outre celui de Mars, il y en avait un dédié à Jupiter (2). Une foule de débris trouvés lors de la démolition de l'église St. -Silvain et ceux nue l'on rencontre dans le cimetière actuel de
la ville ont fait supposer l'existence d'un temple antique dans chacune de ces deux localités.
Temple a Âutun. — On montre à Autun un édifice ruiné, construit en pierres de petit appareil , et que l'on désigne sous le nom de temple
(1) Martia templum vanis auia idoli* ipoliatuu.... protomirlyris Stcpbaoi cullui ceasit. Gall. ecclea. hist. , t. 2, cap. 13, fui. 25.
(2) SanctusClaraa.. In Aquitaniam proIlciscena.Petrocoriorum urbem adiit... delubra etersit, sacriflculoa qui Jovis i»t Mirlis nccrabilfin cultum cxcrccbant , aller HclUs , zcta'or dinn* gracias de medio sustulit. Jeta sa net or um BuUandtnna , c. I-
d'antiquité monumentales. 345
de Janus. Cette ruine, assez considérable, consiste/ en deux murs assez élevés qui ont formé deux côtés ( sud et ouest ) d'un carré , et dans lesquels on voit des fenêtres assez remarquables et évasées à l'intérieur. Millin , qui a visité et décrit ces murailles il y a plus de 20 ans (1) , reconnut alors que la principale entrée devait être à Test ; on a découvert des marches par lesquelles on montait à la cella. Du reste , il est impossible de dire comment l'édifice était décoré à l'intérieur et à l'extérieur ; seulement on a trouvé dans le voisinage bon nombre de débris de placages en marbre. Cette construction me paraît, comme la tour de Vésone à Périgucux , devoir dater des bas tempsde l'ère gallo-romaiue. Plusieurs autres temples existaient à Àutun ;
WË.
A Riez, département des Basses- Alpes, on voit debout quatre belles colonnes corinthiennes en marbre blanc , surmontées de leur entablement. D'après l'examen de ces colonnes et le retour des archivoltes sur les angles , il paraît qu'elles ornaient la façade d'un temple tetrastyle : leurs fûts sont d'un seul morceau (2).
(1) V. Voyage dans le Midi de la France, tome !•*., chap. XXII et la pl. XVtll de J allas.
(2) V. Monuments de la France, clam'a chronologiquement,
346 cours
Temple du Mont-d'Or. — On a découvert au Mont-d' Or des débris d'un édifice appelé Panthéon qui existait encore en grande partie, en 1740 ♦ en face des anciens thermes romains. La forme du monument était celle d\in parallélogramme , et il parait que sa façade était décorée d'un fronton soutenu par six colonnes. Les débris que Ton a pu examiner portent à croire que ce temple datait du Bas-Empire. En effet , on y remarque une grande profusion d^ornements , le tiers inférieur des colonnes était couvert de sculptures , comme dans les édifices des IIP. et IVe. siècles (1).
On peut affirmer que toutes les villes galloromaines avaient des temples , et les découvertes faites à différentes époques ne permettent pas d^en douter.
— La démolition totale du temple de Tutclc à Bordeaux fut ordonnée en 1677 , pour dégager le glacis du château Trompette , et c'est ainsi
par M. le comte de La Borde.
A peu de distance de ce péristyle on remarque huit colonnes antiques de granitc surmontées de chapiteaux en marbre qui soutiennent les murs modernes d'une chapelle circulaire.
(I) Mémoire de M. Roui Met , sur les monuments du Puy-de- Dômc. — Voyage dans l'ancienne France, par MM. Nodier» Taylor et de Cailleux.
d'antiquités monumentales. 347
qu'une quantité considérable d'édifices de construction romaine ont disparu , à diverses époques , et que les villes ont sacrifié ce qu'elles avaient de plus précieux , leurs monuments antiques, pour se procurer des places plus vastes et des rues plus larges.
Ce temple était situé à l'extrémité occidentale de la grande terrasse du théâtre , vis-à-vis la rue Mautrec. D'après Eiie Vinet, il reposait sur un soubassement au centre duquel était une cavité voûtée.
Le monument avait de longueur 86 pieds et 63 de largeur : il était orné de 24 colonnes cannelés, dont 16 décoraient les murs latéraux, et huit la façade et le posticum. Dans les travaux qui furent exécutés en 1 826 , sur le quai, situé devant les Quinconces, on a retrouvé des débris provenant de la démolition du temple ordonnée par Louis XIV , et dont on s'était servi pour construire le quai : entr'autres f des tambours de colonnes cannelés , qui ont 2 pieds de hauteur et 4 pieds i|2 de diamètre , des fragments de chapiteaux Corinthiens et des restes de Caryatides.
On s'accorde assez généralement à penser que ce temple était consacré à la déesse tutélaire de la ville : plusieurs autels trouvés non
loin de là, et qui étaient consacrés à cette divinité, rendent cette opinion très-probable (i).
— Sur le forum de Besançon était un temple dédié à Mercure ; on a des raisons de croire qu'il était périptère. Une inscription trouvée dans le siècle dernier apprend que ce dieu portait à Besancon le surnom de Gssonius.
On découvrit aussi sur la place Neuve un temple en forme de carré long , terminé par une
(1) Voici deux de ces inscriptions :
TVTBLAB
AVG
LA8civos ( pour Lascivus ) cantil.