L. LVCRETI CAMPANI Iîïîil VIRI AVG. LVG
EVSEBES LIB» (l)
Les sévirs augustaux étaient des prêtres attachés au temple d' Auguste ; mais aucun auteur ne parle de l'institution de ces fonctionnaires dans les provinces. On croit que les sévirs étaient les six premiers prêtres choisis dans le collège des augustaux , et que ces officiers municipes présidaient au culte et aux jeux sacrés relatifs à ta divinité d'Auguste (2).
Plusieurs autres villes érigèrent, à l'exemple de Lyon , des autels à Auguste. N arbonne , une des premières cités de la Gaule , en eut un qui fut consacré huit ans après celui de Lyon ; cet autel s'élevait au milieu d'un forum , et l'on voit encore incrustées dans les murs de l'ancien palais
(0 DHs minibus L. Lucreti campani Seriri Augustalis Lugdunensis , Eusebes libertus.
(2) A Rome, rétablissement des compagnons Augattaux eut lieu un an après la mort d'Auguste, Tan 768 de Rome, idem anuus nova* et remontas accepit , addito soda hum sacerdotio ( Tacite ). Tacite nous apprend encore , en parlant de ces prêtres , qu'ils furent créés su nombre de 21 et tirés au aort parmi les gens les plus distingués de Rome.
épiscopal de cette ville , les tables votives rappelant la fondation , le rit et les sacrifices qui curent lieu lorsque Pautel fut consacré (1).
Ce qui précède démontre , de la manière la plus incontestable , que les croyances religieuses des Romains étaient partout répandues et adoptéesdans la Gaule, lorsque le Christianisme vint s'établir et renverser à son tour le polythéisme.
Jupiter , Diane , Mercure , Apollon , Castor et Pollux , Pluton , etc. , étaient en vénération chez nos ancêtres ; ils vouaient aussi un culte aux dieux mânes , aux déesses mères , aux sylvains , aux nymphes et au génie de chaque localité (a) : aussi trouvons nous dans les lieux les plus écartés des villes , jusqu'au fond des forêts, des inscriptions qui nous montrent combien s'étaient profondément infiltrées dans les Gaules les croyances religieuses des Romains (3). Sans doute cette révolution ne fut pas subite ; les croyances druidiques subsistèrent quelque temps
(î) Ce» curieuses Inscriptions ont élé publiées par Mlllin ; on y trou te des détails extrêmement intéressants sur la cérémonie qui accompagnait la dédicace des autels : on y voit que l'huile sainte jouait un grand rôle dans cette cérémonie: les anciens oignaient aussi les statues de leurs dit ioités lorsqu'ils les consacraient.
(2) Voyet Histoire des sciences , des srts, des lettres et de ta civilisation dans le pa) s Messin, par M. Bégio; in-8% Meta, 1829.
(3) Parmi ces nombreuses inscriptions , je ne citerai que
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encore après la conquête romaine , et le culte des divinités gauloises dut être confondu d'abord avec celui des divinités romaines ; mais si quelques-uns des anciens préjugés se maintenaient* encore , le polythéisme romain ne tarda pas a les modifier ou à se les approprier. Si les pierres druidiques furent toujours un objet de vénération , c'est que ces monuments pouvaient convenir aux nouvelles croyances aussi bien qu'aux anciennes. Le polythéisme montra d'ailleurs une grande tolérance pour les idées reçues , et les divinités indigènes des Gaulois furent souvent associées aux divinités romaines.
Il faut donc rejeter absolument l'opinion de ces antiquaires cellomanes qui n'ont pas craint d'avancer que chez nous le culte druidique avait régné seul jusqu'à l'établissement du Christianisme. Une pareille assertion ne peut provenir que d'une ignorance complète des faits attestes par une immense quantité de monuments et d'inscriptions. Le contraire est démontré jusqu'à l'évidence pour tout homme qui n'est pas complètement étranger à l'archéologie.
celle-ci qui se ?oit encore dans la forêt de Bellcme , sur le bord d'une fontaine :
APOnODlSlUM DUS I.VFËIV18 VEINERI MARTI MERCURIOQUK SACRUM*
D^AIITIQUITÉS MONUMENTALES.