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pierres dans lequel Ericus fut proclamé roi de Suède existe encore près dUpsal ; une large pierre en occupe le centre comme dans plusieurs autres enceintes du même pays. Un grand nombre de faits rapportés dans l'ouvrage de King prouvent que les mêmes usages se sont perpétués» pendant long-temps en Irlande et en Ecosse (i).

D'après ce que Ton a pu raisonnablement supposer des anciens usages relatifs aux cercles de pierres , il paraît que les membres d'un conseil convoqué pour une élection ou pour un jugement ou pour quelqu autre délibération y se tenaient debout devant chaque pierre,qu ils montaient dessus ou qu'ils s'en servaient comme de siège suivant la forme des pierres et leur dimension. Celui qui présidait l'assemblée se plaçait près de la pierre centrale. Enfin Von suppose que dans les grandes réunions certaines pierres servaient de piédestaux pour élever au-dessus des autres les personnes les plus distinguées (a).

Comme on sait par le témoignage de César que les druides enseignaient l'astronomie dans leurs écoles , quelques antiquaires ont pensé que les enceintes qui représentent des figures

(i) V. premier folûme , p. 147»

(*) Narri* Brvwer, p. 71*

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géométriques , telles que certains cercles de pierres dont les entrées sont orientées sur les quatre points cardinaux, et qui sont placées sur des éminences , pouvaient avoir servi à démontrer le cours des astres (1).

D autres enfin ont prétendu que les enceintes druidiques étaient des lieux de sépulture ; mais il est évident qu'elles n'eurent pas habituellement cette destination , car il n'est pas ordinaire d'y trouver des débris funéraires , et ceux qu'on y a découverts étaient peu nombreux ; d'où l'on peut supposer que la faveur d être enterré dans ces enceintes , était réservée aux ministres de la religion ou'à des personnages puissants.

Sang rapporte qu'en Angleterre et en Ecosse on a pendant fort long-temps conservé l'usage de danser en rond autour des cercles de pierres et il croit que cette coutume pourrait venir de quelqu ancienne cérémonie religieuse dans laquelle on se livrait à cet exercice. Sans adopter absolument son opinion , j'ajouterai qu'en

(a) King est de cette opinion ; il penie aussi que les eerelee dont le centre «tait occupé par une grande pierre levée étaient plus particulièrement destinés aua assemblées civiles, aux conseils , etc. ; au lieu que ceux dans lesquels on remarque un dolmen , ferraient aux cérémonies religieuses.

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France des traditions fabuleuses relatives à la danse des fées se rattachent à plusieurs cercles druidiques et même à quelques tumulus.

Des pierres levées plantées en terrefpeuhans) ou des blocs simplement posés sur le sol , composent les monuments de cette espèce.Les pierres alignées avec plus ou moins de régularité , et plus ou moins distantes les unes des autres , ne forment quelquefois qu'une seule file ; mais souvent on en rencontre deux , trois , quatre ou un plus grand nombre parallèles les unes aux autres. Ces espèces d avenues se dirigent ordinairement de l'Est à l'Ouest ou du Nord au Sud(i).

De même que dans les enceintes druidiques les pierres étaient quelquefois remplacées par des remparts ou fossés en terre ; on a aussi trouvé en Brétagne et ailleurs , mais assez rarement , des levées de terre parallèles dirigées de l'Est à l'Ouest et du Nord au Sud , qui offraient quant à cette disposition de l'analogie

tenir lieu.

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(i) M • Mahé > Estai iur let antiquité» du Morbihan

d'antiquités monumentales. iod

Localités. Les alignements de pierres les plus remarquables et les plus vastes que je connaisse sont ceux de Karnac et d'Àrdven dans le département du Morbihan; comme il ne ma pas encore été possible de les visiter , Je vais vous présenter la description qu'en a donnée M. de Freminville dans un ouvrage que j'ai déjà eu l'occasion de citer.

« Les alignements de Karnac sont situés dans « une vaste lande(voyez pl.IV.le plan dressé par « M. de Freminville ) , à un quart de lieue du « bourg de ce nom : ils consistent en plus de « douze cents pierres bintes sur onze files part rallèles , et s'étendent du Sud-Est au Nord- « Ouest sur une longueur de sept cent soixante- « trois toises et une largeur de quarante - sept « toises. A la tête des files , c'est - à - dire , vers . « l'extrémité Nord - Ouest , contre la métairie « du Menée, est un demi cercle formé de pierres « semblables, qui part de la première file et va « se terminer à la onzième (i), de sorte que, la « perpendiculaire à la direction des alignemens « forme son diamètre. Ce demi cercle qui tra- « verse la métairie est composé de dix -huit « pierres.

(0 Voycx ce cromleck au point nwqoé A sur la planchcl V.

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« J^a majeure partie , ou si Ton veut , les trois quarts environ des pierres qui composent le bizarre assemblage des monuments de Karnac , sont de véritables Menhirs- ou pierres plantées verticalement en terre , et dont les hauteurs varient autant que les formes. Les plus élevées ont dix - huit à vingt pieds de haut , beaucoup ont dix ou douze pieds, quelques-uns seulement quatre à cinq. D'autres enfin sont de gros blocs simplement posés , mais dont la masse est si énorme que, d'après le cubage , on évalue leur poids à soixante-dix ou quatre-vingt milliers.

« Quoique toutes ces pierres soient d'un granit fort dur , elles sont comme rongées par le temps ; leurs fissures y leurs accidents divers , la mousse ou plutôt les lichens d'un vert pâle dont leurs sommets sont couverts, leur donnent l'aspect le plus étrange. Ce qu'il y a de plus singulier , c'est qu'un grand jnombre de celles qui sont plantées en terre, le sont pour ainsi dire la pointe en bas, c'està-dire que leur volume est infiniment plus considérable à leur sommet qu'à leur base , et qu'elles paraissent portées comme sur pivot. Cette particularité paraît intentionnelle de la part de ceux qui les ont érigées , car

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« naturellement on eût du asseoir ces pierres cr sur leur extrémité la plus pesante et la plus « massive , afin de leur donner plus de sta- <r bilité ; mais il est impossible de deviner « quelle fut cette intention et quel eu fut lob- « jet.

« La main de l'homme qui seconde et hâte « souvent trop bien les efforts destructeurs « du temps , a renversé un grand nombre des « pierres de Karnac ; ce nombre était autre- « fois bien plus considérable qu'il n'est au- « jourd'hui , puisqu'il s'élevait à plus de trois « mille il y a environ soixante-sept ans. On en « a abattu et employé beaucoup pour des « constructions modernes. Dans plusieurs ence droits ces dévastations ont eu lieu au point « que les files sont interrompues et séparées « par d'assez grands intervalles. Mais on les « retrouve toujours à quelque distance dans « la même direction , jusqu'à ce qu'enfin « eues se terminent au Sud-Est au-delà du « moulin de Kervarv , en se dirigeant vers la « Trinité.

« On est frappé d'étonnement , ajoute M. de « Freminville , lorsqu'on aperçoit pour la pre- « mière fois la plaine de Karnac avec ses bru} è- « res sauvages , son horizon bordé de bois de

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« pins, et surtout avec cette phalange de pierres, a cette surprenante armée de rochers informes.

« Le nombre de ces pierres , leurs figures « bizarres , l'élévation de leurs pointes grises , « alongées et mousseuses , qui se dessinent « d'une manière trancliante sur la noire bruyère « dont la plaine est couverte , enfin la silen- « cicuse solitude qui les environne, tout frappe, a tout étonne l'imagination , tout pénètre lame « d'une vénération mélancolique pour ces an- « tiques témoins des événemens qui signalèrent « des siècles si reculés.

« D'un peu loin ces pierres plantées debout « apparaissent au voyageur comme l'assem- « blage informe des ruines d'une ville. Mais « lorsqu'en approchant on remarque la disa position régulière de leurs masses brutes « elles perdent cette apparence pour prendre « celle d'une cohorte de géans pétrifiés.

— « Les alignements d'Àrdven sont disposés a régulièrement sur neuf files parallèles, se di- « rigeant encore du Nord au Sud dans un es- « pace de près d'une demi-lieue d'étendue. Ces « rangés de pierres présentent quelquefois des « lacunes , parce qu'ici comme à Karnac on en « a détruit beaucoup. Quelquefois aussi elles « se trouvent interrompues par une haie , un

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« fossé , un sentier , mais elles se retrouvent « au-delà exactement coïncidentes et se conti- « nuent ainsi jusqu'un peu au-delà du village « de Kercouno , près des bords d'un étang. 11 « est à remarquer qu'en cet endroit , c'est-à- « dire vers leur extrémité Sud , les alignements « qui d abord étaient directs , dévient un peu « de cette direction et prennent une courbure « sensible vers l'Ouest

« De toutes les pierres qui les composent , « les unes sont des Menhirs verticalement plan- « tés en terre, d'autres d'énormes blocs posés « simplement sur le sol. Si dans leur totalité « ces pierres sont plus nombreuses qu'à Kar- « nac , elles sont aussi en général moins éle- « vées. Les plus hautes se voient aux deux ex- « trémifés des files, et n'ont guèi-e plus de dix « ou douze pieds y mais elles sont fort grosses.

« Le monument de Karnac nous offre la « même singularité, les plus hautes pierres « s'y voient aux deux extrémités des alignea ments.

« On a vu qu'au commencement des aligne- « ments de Karnac était une rangée de pierres a disposées en demi-cercle, on n'en trouve pas « de pareilles à Ardven ; mais on y remarque « une autre particularité , c'est une Kgne droite

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« diagonale qui part de la première pierre de « la tète des files et se dirige vers le bourg « d'Ardven. Cette rangée diagonale est compo- « sce de gros blocs de pierre posés à nud sur « le sol, et à chacune de ses extrémités on « trouve un menhir. »

Tels sont, Messieurs, les alignements les plus compliqués que je puisse vous signaler. Pour vous donner une idée des avenues plus simples et seulement composées de deux rangs de pierres, je vous présente (pl. III.fig.io) une vue de celle de Plouhinec ( Morbihan ) que j'emprunte encore à TouvragedeM.de Freminville.

Elle se compose de pierres brutes assez régulièrement alignées dont les unes sont plantées debout et les autres simplement posées sur la surface du sol , comme à Karnac et à Ardven. Les deux files se dirigent du Nord au Sud sur une longueur de trente-cinq pas, et il règne entre elles un intervalle d'environ dix pas.

M. de Gervile a découvert à Tourlaville dans l'arrondissement de Cherbourg , une avenue de pierres , également composée d'un double rang de pierres brutes dirigé de l'Est à l'Ouest et long de cinquante pieds (i).

Dans le Cornouaille, en Ecosse, dans la Scan-

(i) Archives Koriuandes , premier volume , pi 160.

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dinavie , le Nord de l'Allemagne et en Russie , il existe des alignements de pierres à peu près semblables à ceux que l'on rencontre en France.

Destination.On ne peut former que des conjectures sur la destination des alignements; quelques personnes pensent qu'ils servaient comme les enceintes aux cérémonies religieuses et aux grandes assemblées politiques ; d'autres les regardent comme des tombeaux réunis dans une espèce de cimetière.

Enfin Borlase croyait que l'on avait voulu consacrer , par de semblables monuments , la mémoire des guerriers tués en combattant ; mais ces opinions diverses ne reposent sur rien de certain.

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