‹ Cours d'antiquités monumentalesChapitre 21 sur 126 · COUPS · texte numérisé non relu

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me borne à vous offrir une vue du cromleck de Boscawen en Cornouaille, et le plan d'un autre cercle druidique qui existe sur la colline de Fiddess , dans les hautes terres de l'Ecosse.Le premier est, comme beaucoup d'autres, composé d'un rang de peulvans et d une grande pierre centrale ( Pl. III , tig. 9 ).

Le second est un de ceux dans lesquels les pierres sont à plat au lieu d'être plantées verticalement, et où la principale pierre n'est point au centre, mais sur un des côtés de Fenceinte ( voy. pl. III , fig. 8 ). Il na que quarante -six pieds de diamètre et ne se compose que d'un petit nombre de quartiers de roches assez écartés les uns des autres ; mais sa forme circulaire est tracée en outre par deux petits fossés concentriques. Un autre fossé divise le cercle en deux parties inégales , et forme sur le côté une espèce de sanctuaire en avant de la pierre principale. ( voy. la fig.8 ).

Le Danemarck , la Norwège et la Suède contiennent un grand nombre de cromlecks ; ces enceintes le plus souvent circulaires ou elliptiques renferment ordinairement au centre un autel, et quelquefois une pierre dressée obliquement devant cet autel j d'autres fois deux autels sont érigés l'un contre l'autre.Enfin on y voit dans quelques endroits trois lieux de sa-

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crifice peu éloignés les uns des autres, et disposés de manière à former un triangle (i).

Les enceintes druidiques closes avec une levée de terre présentent moins d'intérêt que les autres , et Ton y a fait jusqu'ici peu d'attention. On en connaît plusieurs en Bretagne ; M, l'abbé Mahé en cite à Plandren , Bignon, Neuil- Jac , Groix , Mendon , et dans quelques autres localités du département du Morbihan ( i ). M. Gaillard en a remarqué une à l'extrémité de la pointe de Boudeville près Tancarville ( Seine- Inférieure ) , et Ton en trouvera sans doute plusieurs autres en Normandie , quand on aura exploré tous les lieux où elles peuvent se rencontrer ; mais il faut bien prendre garde de confondre avec elles certains emplacements de châteaux du moyen âge , dont il ne reste plus que des traces, que l'on pourrait méconnaître au premier abord.

Il serait fort curieux de comparer les enceintes druidiques de la Brétagne avec celles qui existent dans les autres parties de la France et en Angleterre; de savoir quelles sont leurs formes et leurs dimensions les plus ordinaires dans cha-

\t) Mémoire rorla ptui ancienne religion do Nord, traduit par "M. Dvppiog et imprimé dana le deuxième Toluroe de la soc. Roy, d«n Antiq. de Fiance.

( ) Et*ai iur les antiquité* de ce département , Pus$im.

cune de ces régions ; mais la statistique de ces monuments druidiques n'est pas assez avancée pour que je puisse vous communiquer sur ce point des données certaines; et il faut attendre le travail que M. J. Desnoyers nous fait espérer sur ce sujet important.

D'après le peu d'observations que j'ai pu comparer, il paraîtrait que les cercles de pierre seraient plus communs en Angleterre que sur le continent.

Destination. On regarde généralement les enceintes dont je viens de vous entretenir comme des temples. En effet , ces espèces de sanctuaires qui écartaient le vulgaire sans empêcher la vue de s'étendre au loin, étaient toutà-fait appropriés aux idées des druides qui nè voulaient point enfermer la divinité dans des murailles. La présence des dolmens et des autres pierres qui paraissent avoir servi d'autels au centre de plusieurs enceintes fortifie cette *x>njecture ; et d'un autre coté d'après les faits et les traditions rapportés par M. King , des victimes humaines auraient encore été offertes à Odin au milieu des cercles de pierre, vers la fin du IXe siècle dans les régions septentrionales de l'Europe (i).

(i) Muaimenta aatiqua , premier volume , p. a3I#

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Mais on croit aussi avec quelque fondement que ces monuments n'ont pas toujours servi uniquement à des cérémonies religieuses. Bans l'enfance des peuples les lieux consacrés au culte devaient servir en même temps de cours de justice , et Ton devait y tenir conseil sur les intérêts de la nation , y faire des élections, des inaugurations , etc. On suppose donc que les enceintes druidiques ont eu cette double destination , puisque les dm ides étaient prêtres et législateur , et qu'ils mettaient tous leurs soins à persuader que la loi venait immédiatement de la divinité.

Des rapprochements assez curieux viennent à l'appui de cette conjecture : Martin a remarqué dans les îles du Nord (i) quelques traces de la coutume de rendre la justice dans des enceintes en pierres , et l'historien du comté de Cornouaille rapporte d'après Wormius que dans le Nord les nobles se sont réunis en cercle sur des pierres , pour élire leurs princes , jusqu'au temps de la Bulle d or donnée par l'empereur Charles IV en i356 (2). Le cercle de

(1) Martin'* description of the Western islet» (a) Borlafe , p. ao5. — Worrnio» , p. 88*90. — Martin , p. a4l* Kjng't mnoimvota antiqoa , roi. 1., p. i4j.

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